Archives pour la catégorie Editorial

Pierre Hazette sur le « Pacte d’excellence »

Il y a une semaine, le magazine Le Vif/L’Express publiait une carte blanche signée Pierre Hazette, qui exerça, faut-il le rappeler, les fonctions de ministre en charge de l’enseignement. Voici ce que cet homme sage, qui soutient l’AWF, a éprouvé le besoin d’écrire à propos du « Pacte d’excellence ».

Pacte d’excellence: « Prétendre à l’excellence sans mobiliser le travail, c’est mentir »

Peut-être s’est-il rouvert le champ des alternatives aux propositions accumulées dans ce qu’il est ou était convenu d’appeler le pacte d’excellence.

J’en salue la possibilité et je m’autorise quelques observations et suggestions que m’inspire l’expérience.

Je ne me réfère pas à un titre académique en psychologie, pédagogie ou psychopédagogie. J’ai été professeur, parlementaire, puis ministre dans le gouvernement de la Communauté française en charge de l’enseignement.

Cela, j’en conviens, il y a bien longtemps ! 

Voici une observation qui ne m’appartient pas en propre : elle s’impose en de multiples milieux ; elle est véhiculée par des institutions internationales : en Communauté française de Belgique, l’enseignement, quoique souvent réformé, va de mal en pis.

Aux résultats catastrophiques de nos étudiants en première année de l’enseignement supérieur, et singulièrement à l’université, s’ajoutent aujourd’hui les contreperformances des écoliers qui peinent à sortir du primaire.

Bref : cela ne va pas ; il faut faire mieux.

Il me semble que ce n’est pas en répétant de réforme en réforme les mêmes erreurs que la solution se fera jour. Mais où serait la solution ? Cherchons-la du côté de la vérité.

Le temps de travail proprement scolaire, c’est-à-dire le temps passé par l’écolier ou l’élève avec un instituteur ou un professeur s’est dramatiquement réduit. En deux générations, l’enseignement obligatoire est passé de 400 demi-jours par an à 180 jours qui comprennent les après-midis de congés, les journées blanches d’après examen, et les heures passées à la salle d’étude, faute de professeur remplaçant.

Or, il faut du temps pour enseigner, comme il faut du temps pour apprendre.

Conclusion

Il faut ajouter du temps au temps.

Je propose d’admettre dans l’enseignement primaire les enfants de cinq ans qui y resteront sept ans. Pour le reste, ce ne peut être le secteur des loisirs, ni l’industrie du tourisme, ni les centrales syndicales qui doivent dicter ou le moment, ou la durée des vacances scolaires. C’est tout simplement l’intérêt général, dont est dépositaire le gouvernement.

L’école est le lieu de la transmission des savoirs.

C’est dans ses murs que se situe l’apprentissage de la langue française, telle que nous l’ont livrée des auteurs exceptionnels, telle que l’ont préparée, pour les générations montantes, des grammairiens de génie.

Il n’y a pas de multiculturalisme qui tienne devant l’obligation qui s’impose à une communauté de langue et de culture françaises : la priorité, c’est la maîtrise de la langue, son respect, l’explication de ses subtilités, l’assimilation des particularités de son orthographe. C’est aussi l’ardente nécessité de faire naître et d’entretenir le plaisir de lire et de vérifier la compréhension du texte lu.

Un enseignement de qualité part de là. Comment concevoir, en effet, la compréhension des consignes en mathématiques ou en sciences, si le vocabulaire fait défaut, si les articulations du texte ne sont pas comprises ?

Dès lors qu’aucun compromis, aucun renoncement n’est admissible sur ce chapitre, il faut ouvrir le champ des possibles.

Enseigner aujourd’hui ne peut plus se concevoir sans une attention portée en permanence à des formes d’intelligence qui ont été ignorées ou méprisées par l’école traditionnelle.

A côté des enfants qui vont exceller dans l’usage de la langue ou que l’arithmétique fascinera, d’autres dessineront avec talent, trouveront à s’exprimer dans le travail du bois, les montages électriques ou les manipulations du clavier d’ordinateur, d’autres encore chercheront leur plaisir dans la musique ou les exercices sportifs. Les formes d’intelligence sont multiples et chacune peut ouvrir la voie à l’épanouissement personnel. Il n’y faut qu’une condition : L’enseignement fondamental, dès les premiers jours, doit être organisé pour les révéler toutes et leur assurer la même considération.

Mais « ouvrir le champ des possibles », c’est aussi offrir aux enfants, aux adolescents qui n’ont pas le français comme langue maternelle, qui ne le parlent pas et ne l’entendent pas à la maison, un enseignement qui tienne compte de ce handicap et s’emploie à le résorber par un horaire différent de celui appliqué aux autochtones. Sur ce point aussi, le renoncement est coupable même s’il se drape dans les plis d’une mixité sociale artificielle qui bafoue les libertés de choix de l’école, prérogative de la famille, contestée par l’idéologie régnante.

J’ai évoqué mon expérience ministérielle. Je puis, à ce titre porter témoignage. Des dizaines de professeurs du secondaire m’ont dit lors de ma tournée des écoles de Wallonie et de Bruxelles : 

– De grâce, Monsieur le Ministre, mettez un terme au passage automatique de première en deuxième année du secondaire.

Je les ai écoutés.

Or, l’orientation du prétendu pacte d’excellence allonge le tronc commun jusqu’à la fin de la troisième année du secondaire, avec l’intention de réduire les redoublements budgétivores.

Je suis convaincu que, sur rapport des instituteurs et au départ des observations fournies par les CPMS, tout le monde gagnerait à orienter les élèves vers des enseignements adaptés à leurs aptitudes. Il n’y a que du profit à tirer d’un adolescent bien dans sa peau devant un banc de menuisier, un banc de montage électrique, un bac de pâte à pain ou un plan de cuisine. C’est là que réside la solution au problème réel des redoublements excessifs.

Faut-il attendre que l’ado ait quinze ans et ait traîné son ennui, quand ce n’est pas sa rébellion, de classe en classe avant de lui ouvrir le champ des possibles ?

Faut-il imposer aux professeurs de cours généraux de freiner la marche de la classe pour tenter que des jeunes sans motivation rejoignent le groupe à l’arrêt ?

Faut-il continuer à sacraliser l’enseignement général et, par le fait même, mépriser les formations techniques et professionnelles, alors que la société prouve tous les jours leur utilité et leur nécessité ?

La vérité a des droits: un passage de classe se mérite, comme se mérite la rémunération d’un travail bien fait, mais on ne demande pas à un poisson de grimper à un arbre, ni à un oiseau de traverser un fleuve à la nage.

Imaginons donc des élèves bien dans leur classe, bien dans leur peau.

Tous les problèmes ne sont pas, pour autant, derrière nous.

Il est une équivoque qu’il faut lever.

La relation au savoir

Les connaissances ne sont pas figées ; elles évoluent à notre époque plus vite qu’à n’importe quelle autre. Les matières enseignées à l’école évoluent également. Il appartient au professeur d’assurer les connaissances de base indispensables à chacun, connaissances autour desquelles gravitent les innovations. C’est la mission fondamentale de l’enseignant. C’est en l’assumant qu’il établira les bases de son autorité. C’est la qualité de son savoir et la maîtrise de sa communication qui lui permettra d’intégrer les jeunes dans la continuité de la génération qui les précède, en d’autres termes de faire d’eux les acteurs en devenir de la société où ils sont appelés. Il ne s’agit pas d’endoctrinement, mais de susciter une adhésion critique, raisonnée, argumentée.

Le seul engagement requis des enseignants, c’est le ralliement, l’adhésion aux libertés constitutionnelles et aux droits de l’homme. Il n’y a là non plus aucun renoncement tolérable.

C’est là que se situent les réponses aux questions que lui poseront ses élèves, parfois désemparés par les problèmes de notre société.

Ceci posé, il appartient au gouvernement de restituer le professeur dans sa mission de transmission des savoirs et, par voie de conséquence, de l’aider, de l’inciter à construire sa personnalité, son identité professionnelles en s’intégrant lui-même dans un processus d’apprentissage tout au long de la vie.

La relation de l’école au pouvoir

La Communauté française a la compétence d’organiser l’enseignement francophone. Dépourvue du pouvoir fiscal, elle dépend pour son financement de l’Etat fédéral. Elle subventionne les écoles qu’elle n’organise pas elle-même. La loi de financement a été conçue pour contraindre la Communauté à une organisation moins coûteuse, en dépit même des évolutions, notamment dans l’enseignement supérieur, qui annonçaient des charges croissantes. Les difficultés financières sont récurrentes.

La suppression annoncée des provinces jette un éclairage nouveau sur la question. Si le pouvoir fiscal des provinces devait être transféré à la Région wallonne, la compétence de la Communauté en matière d’enseignement pourrait suivre la même voie.

Il y aurait dans cette réforme des moyens nouveaux affectables en Wallonie, tout au moins, aux besoins les plus évidents du secteur : les traitements, l’équipement, les bâtiments.

Je conclurai en citant un vieux sage Yazidi : « We have no other way to survive except through learning. »

Pierre HAZETTE, écrivain et ancien ministre de l’Enseignement de la Communauté française

Une avicultrice prend la parole

Notre amie Henriette Havelange tient à remettre les choses en place.

Chers amis,
que de bavardages sans connaître le monde de l’aviculture! Vous dites ne manger que des œufs 0 ou 1. Savez-vous pourquoi les éleveurs ont dû employer un produit plus performant ? Rappelez-vous le mois de juin, il fait très chaud et l’AFSCA demande aux éleveurs de confiner leurs poules (la grippe aviaire). Or, imaginez-vous le sol des poulaillers couvert de poules qui salissent partout jusque dans leurs mangeoires! Ajoutez la chaleur, les poux rouges se multiplient rapidement et infestent la volaille. Alors que faire ?

Et c’est alors que passe un démarcheur qui a belle allure et qui vend un produit bio, le remède miracle… 

Vous connaissez la suite. Et bien moi je vous dis que mes poules en cages répondent mieux à tous les critères d’hygiène et de salubrité que l’on est en droit d’attendre actuellement. Tout le bavardage et les avis de GAIA and co ne sont qu’un écran de fumée, une tromperie diffusée par nos médias à l’affût des événements sensationnels.

Et pourquoi ne poursuit-on pas les coupables au lieu de promettre un dédommagement avec l’argent public ?

A bon entendeur… salut,

Henriette Havelange

Joyeux enfants de la Bourgogne…

Par Georges-Henry Simonis

On ne connait pas suffisamment l’importance des liens qui unissent la Wallonie et la Bourgogne, spécialement en Entre-Sambre-et-Meuse.

Sans remonter à Philippe le Bon, ou aux foires médiévales qui attiraient nos ancêtres à Dijon ou à Troyes, je constate les liens qui se sont tissés grâce à de nombreux jumelages : Philippeville  avec  Saulieu, Couvin avec Montbard, Walcourt avec Chatillon-sur Seine, Ciney avec  Semur-en-Auxois, Florennes avec Longvic (Dijon), Silenrieux (Cerfontaine) avec Recey-sur-Ouche, Tamines (Sambreville) avec  Nuits-Saint Georges

L’amour du bon vin n’y est certainement pas étranger avec, dans ce domaine aussi, une différence bien belge entre les Flamands, plus attirés par les vins de Bordeaux qui leur parvenaient par bateaux, et les Wallons plus proches de ces routes terrestres devenues pour beaucoup des itinéraires de vacances classiques par Couvin, Charleville, Poix-Terron, Mazagran, Vitry-le-François…

Il est une autre raison, non moins honorable : au début de la guerre de 1914, de nombreuses familles wallonnes ont fui les hordes allemandes qui faisaient preuve d’une violence inouïe. On n’a pas assez parlé des massacres de Dinant ou de Tamines qui ont fait des milliers de morts, hommes, femmes et enfants…  Les Wallons ont trouvé en Bourgogne  une hospitalité exceptionnelle qui a laissé de nombreuses traces dans le cœur des gens. D’où tous ces jumelages plus que folkloriques. Les territoires ont de la mémoire…

Aujourd’hui, enfin, les Wallons s’émancipent peu à peu de la Belgique artificiellement créée au XIXème siècle pour se rapprocher de leur mère-patrie. Il ne me déplairait pas que les maires des communes concernées, et les comités de jumelage, participent à ce rapprochement en marche. Qui plus est, pourquoi la Région wallonne, et son nouveau gouvernement impromptu, ne pourrait-elle encourager ces rapprochements et en susciter d’autres, spécialement avec les Régions françaises les plus proches et les métropoles voisines ?

Ainsi, si Liège est déjà jumelée avec Lille et Nancy, et Tournai avec Troyes, Charleroi aurait tout à gagner à se rapprocher rapidement de Reims et de Dijon, en profitant de l’amélioration sensible des liaisons routières qui se profile enfin vers le Sud et, espérons-le, demain à l’Ouest vers la Haute Sambre, Maubeuge et les autoroutes françaises.

Qu’on se le dise ! Vive la France et vive la Wallonie !

Prix du gaz et de l’électricité en Wallonie

Les énergies que nous payons en Wallonie (gaz et électricité) ont un prix parmi les plus élevés d’ Europe. Lisez votre facture en détail et vous constaterez  que le coût de l’électricité et du gaz représente en soi, surtout pour l’électricité, moins de 50 % de la somme qui vous est réclamée.

La cause en revient à la société, différente selon le lieu où vous résidez, qui assure la distribution et le transfert de l’énergie. Ce sont ces sociétés qui se sucrent en vous facturant la location du compteur, la distribution de l’énergie, le transport de celle-ci, une redevance fixe, une taxe CV offshore. Votre facture se met alors à flamber d’autant plus que vous verrez des taxes venir s’ajouter : une cotisation (j’adore ce mot tellement mal choisi en l’occurrence) fédérale belge, une cotisation énergie et une redevance raccordement. N’oubliez pas d’y ajouter 21 % de T.V.A. et vous obtiendrez deux énergies particulièrement onéreuses.

Comment s’étonner dès lors que certaines couches de la population parmi les plus pauvres  peinent à régler le montant de leur facture ?

L’affaire se corse lorsque nous apprenons que ce sont nos fournisseurs, la société que vous choisissez (Engie-Electrabel, Lampiris, Luminus-EDF etc…) qui supportent la facturation de la totalité du prix qui vous est réclamé et donc les impayés.

Si le recours introduit par la Febeg, Engie et Lampiris pouvait aboutir, il serait bien que la région wallonne mette de l’ordre dans les prix prohibitifs réclamés par les sociétés qui assurent la distribution et le transport du gaz et de l’électricité. Ce serait tout bénéfice pour le citoyen wallon.

Paul D.

Lu sur 7s7
1/08/17 – 10h31  Source: Belga
Les recours sont introduits par la Febeg, la fédération belge des entreprises électriques et gazières (Febeg), par Engie Electrabel, et enfin par Lampiris.Les fournisseurs d’énergie ont introduit trois recours devant la Cour constitutionnelle contre un article du décret wallon prévoyant que tous les coûts liés à l’électricité et au gaz soient regroupés dans la facture du client final, rapporte mardi L’Echo.

Les recours sont introduits par la Febeg, la fédération belge des entreprises électriques et gazières (Febeg), par Engie Electrabel, et enfin par Lampiris.

Ils déplorent qu’en Wallonie, moins d’un quart des factures d’électricité concernent encore l’électricité proprement dite. Le reste couvre la distribution et le transport (41%), les certificats verts et les taxes et autres prélèvements.

Tous les risques
C’est pourtant le fournisseur qui est chargé de faire tout le travail de facturation vis-à-vis du client, en assumant les risques en cas de défaut de paiement.

En 2013, la Febeg avait chiffré les frais irrécouvrables supportés par les fournisseurs à 37 millions d’euros.

Pour une refondation du parti socialiste wallon

Le parti socialiste est malade et le mot est faible. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Un ami socialiste me disait récemment : il n’y a pas si longtemps, avant une élection, nous nous posions la question de savoir si le P.S. dépasserait en Wallonie la barre des 40 %, puis la question fut de savoir si le P.S. dépasserait ou non les 30 %. Aujourd’hui, la question est de savoir si le P.S. atteindra les 20 % …  Tout est dit !

Ce qui est nouveau est la rapidité de la dégringolade depuis qu’Elio Di Rupo règne sans partage à la tête de son parti. Rappelons-nous son fameux « mon parti, c’est mon pays (entendez la Belgique)« , ou encore « en devenant premier ministre belge, j’ai sauvé la Belgique ». Son belgicanisme aura été et est toujours sans limite.

Paul D.

Willy Burgeon nous livre ses réflexions quant à l’avenir du P.S. wallon. Rappelons qu’un article signé n’engage que son auteur.

1. (En écrivant ces lignes, j’ai une pensée militante pour LIU XIAOBO, Prix Nobel de la Paix, mort dans les prisons chinoises parce qu’il défendait la Liberté.)

2. PS, 2 JUILLET : LE CONGRES DES TABOUS

2 juillet ! C’était le week-end du début des vacances. Comme d’habitude, après un mois de juin estival, la loi des vexations jouant, c’était le vent, la pluie et le crachin qui s’abattaient sur le site des lacs de l’Eau d’Heure. Pas bon signe !

Les congressistes étaient venus nombreux pour assister aux funérailles du parti historique, le PS, jusqu’ici et plus pour longtemps, premier parti de Wallonie et de Bruxelles.

On savait que le seul point à l’ordre du jour était le décumul financier ou intégral et le PS, influencé par le purisme ambiant, se divisa lamentablement en deux parties presque égales, permettant à la vindicte populiste, aidée par les médias, de traquer les élus pour toutes sortes de raisons raisonnées et déraisonnables.

3. Les tabous

Fort opportunément, la presse avait publié la veille un sondage qui abaissait le PS wallon de 32 % (2014) à 16 % et le PS bruxellois de 25,5% (2014) à 10,9 %. A la Chambre, le PS passerait ainsi de 23 à 11 Députés (pas de réaction des jeunes parlementaires ?!).

Le 19 juin, le Président du CDH, Benoit Lutgen, avait « enlevé la prise » pour reléguer le PS dans l’opposition en Wallonie. Mr. Lutgen a profité du déclin du PS pour se permettre une telle incartade, qui affaiblira la Wallonie et il revient maintenant à un petit parti de décider, sans élections, de quoi notre sort sera fait. La coprésidente d’Ecolo osa même l’insulte : « geste de salubrité publique » sans que cela n’amène la moindre réaction du Boulevard de l’Empereur au nom des 90.000 affiliés socialistes.

L’attaque frontale du CDh et le sondage ne furent jamais évoqués par personne au sein du congrès. Incroyable ! Ils étaient les sujets tabous. Courage, fuyons ! Le PS planait sur le nuage noir de sa division.

Le congrès aurait eu un sens si Elio Di Rupo et les responsables du gâchis avaient fait « un pas de côté ». Il n’en fut rien.

Au contraire, le personnage central de ce congrès fut celui qui incarne le plus le « cumulard-parvenu » typique, parce qu’il est, faut-il le rappeler :

  • Président du PS ;
  • Député ;
  • Bourgmestre de Mons ;
  • Il est le doyen des Présidents de parti du pays : vive la jeunesse !

Et comme charité ne commence jamais par soi-même, gageons qu’il fera tout pour se maintenir à ces postes, même s’il faut changer les statuts, ça s’est déjà fait.

4. Analyse des causes du déclin du PS

Rétablissons un certain nombre de vérités .

– Le PS est en déclin depuis les élections communales de 2012 où il a perdu 2% en Francophonie mais 7% en Hainaut et 10% dans le Canton de Mons, le fief d’Elio Di Rupo qui était Premier Ministre. Il y a donc belle lurette que le ver est dans le fruit et bien avant Publifin. Et puis ce fut la déglingue, jamais le PS n’avait perdu de voix en étant dans l’opposition (1).

– Si Elio Di Rupo avait fait son travail de Président, il aurait su ce que gagnaient les mandataires, y compris ceux des intercommunales, puisqu’ils doivent verser 10 % de leur salaire à l’ASBL Fonsoc, instance financière du PS. Un simple contrôle comptable aurait suffi.

– Le PS a reçu deux coups de Jarnac résultant de deux pathologies. Le premier provient de l’exclusion des jeunes chômeurs du paiement des allocations d’insertion (2). Aujourd’hui, ils sont 37.007 dont 67 % de jeunes Wallons. Plutôt que d’accepter cette humiliation et cette injustice, il fallait quitter le gouvernement pour que la misère ne s’étende pas. Mais la pathologie du pouvoir, ça existe ! Le second, les affaires du Samusocial qui heurtent et sont impardonnables pour toute conscience socialiste. La pathologie du fric !

 5. Et l’avenir ?

Le sommet du PS table sur le congrès de réflexion du 24 septembre pour se refaire une virginité. Le Parti continuera à sombrer si c’est la génération actuelle qui s’en occupe car elle n’est plus crédible au sein de la population. Et puis tout sera écrit pour ne pas déplaire à la belgitude qui a été encensée par le tout dernier Premier Ministre socialiste…

Il n’y a plus rien à perdre : le PS doit avancer des idées nouvelles qui rompent avec le conformisme issu du néo-libéralisme et qui renouent avec le Socialisme qui représente, dans son essence même, la dignité de l’humanité.

Le PS aura un avenir si :

  • Le Président actuel démissionne.
  • Le congrès de réflexion est reporté au printemps 2018.
  • Si un plan de relance est élaboré qui se base sur la mobilisation des moyens disponibles qui existent (la preuve : 35 milliards ont été trouvés pour amortir la crise financière de 2008, les multinationales ne sont imposées qu’à raison de 7%, la fraude fiscale n’est pas sérieusement combattue etc…etc…), sur la planification et l’initiative publique industrielle pour promouvoir l’emploi, le social et l’écologie et, de façon transversale, la formation, l’éducation et la culture.

L’expérience positive du Plan Marshall sera intégrée dans le plan.

6. Le plan fera appel à la créativité de l’Action Commune Socialiste avec recours à la citoyenneté

Un Congrès des socialistes wallons est convoqué (étouffé par Elio Di Rupo depuis son accession à la Présidence : on mesurera, plus tard, combien ce dernier a négligé la Wallonie et appauvri intellectuellement le PS au profit de la communication tout à son service) pour dégager des priorités pour la Wallonie dans tous les secteurs, avec référence au plan de relance, et réfléchir particulièrement sur le sort de la Wallonie après la cessation du mécanisme de solidarité interrégionale en 2025, en n’éludant aucune question notamment le rattachement de la Wallonie à la France.

Cette liste n’est pas exhaustive.  L’Action Commune Socialiste et la société civile seront sollicitées en veillant à ce que l’imagination et la libre expression soient au pouvoir.

 7. Conclusion

Je n’ai jamais cessé de dénoncer ce qui animait Elio Di Rupo : les motifs personnels, pas le bien public, ni l’idéologie socialiste.

En décembre 2011, j’ai refusé de voter, j’étais le seul, son projet gouvernemental au congrès d’approbation du PS. Aujourd’hui, les faits me donnent raison et je n’en éprouve aucun plaisir.

Si le PS et l’Action Commune Socialiste veulent survivre (car leurs destins sont plus liés qu’on ne le croit), il faut une mobilisation de tous les socialistes pour repartir sur d’autres bases. Il n’est pas question, dans mon esprit, de « putsch » mais plutôt de révolution silencieuse. Même pour cette dernière, il faut du courage.

Enfin, Elio Di Rupo doit comprendre qu’il est temps qu’il parte s’il ne veut pas être chassé dans l’indignité. De toute façon, l’Histoire le jugera !

Le 17 juillet 2017,

Willy Burgeon

Militant socialiste (section de Leval-Trahegnies)

Président honoraire du Parlement Wallon

(1) J’ai connu, au Bureau du parti, tous les Présidents du PS depuis Léo Collard, dans les années soixante, jamais ce ne fut aussi catastrophique qu’aujourd’hui. Je garde un très grand souvenir d’André Cools et de Guy Spitaels.

(2) Cfr la brochure produite par l’IWEPS : « Allocations d’insertion- Témoignages, mondes vécus et systèmes, recueil et analyse de témoignages de personnes exclues des allocations d’insertion ».

Des questions (et des réponses)

Nous reprenons ici la réaction de Valmy à l’article précédent.

Permettez-moi d’avancer les interrogations suivantes :

La Flandre a-t-elle besoin du cadre belge pour investir en Wallonie?

Non.
Les traités européens permettent la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes. De ce fait la Flandre investit aussi bien en Wallonie qu’en France. Ainsi, la France détient le monde bancaire et l’industrie de l’énergie en Belgique. Sans oublier la présence wallonne dans le parc immobilier flamand.

A quoi tient l’indépendance de la Flandre?

La question de l’indépendance de la Flandre et du confédéralisme « belge » tient essentiellement aux traités européens qui permettent ou non l’émergence d’une ou de plusieurs nouvelles entités étatiques issues de la partition d’un Etat signataire des dits traités. D’où l’intérêt flamand pour les cas de l’Ecosse et de la Catalogne.

La NVA joue-t-elle un jeu hypocrite?

En fait, personne ne pourrait reprocher à un parti politique dominant de s’inspirer de la duplicité d’un Louis XI. Toutefois, sauf miracle électoral, la NVA compte sur l’appoint du Vlaams Belang pour imposer sa politique sécessionniste. Dans ce cas de figure, qui oserait jurer que le Vlaams Belang laisserait la NVA hésiter au dernier moment à détruire la Belgique? L’essence même du Vlaams Belang, comme celle du VVB, repose sur la haine de la Belgique!

Quels problèmes à prévoir ?

Pour problématiques qu’elles soient, les partitions possibles de l’Ecosse, de l’Irlande du Nord ne bouleverseraient pas l’ordre européen établi. Par contre, le cas de la Catalogne énerverait la France (protection de sa frontière pyrénéenne et crainte de répliques sur son territoire) et l’Italie ( la question de la Lombardie, du Haut-Adige et peut-être du Val d’Aoste).
Par contre, la disparition de la Belgique réveillerait l’Histoire diplomatique du XIXe siècle et ses fantômes, la trahison de M. de Talleyrand et la Belgique tête de pont et carpette britannique sur le continent (toujours valable aujourd’hui malgré le Brexit).

Existerait-il une solution pragmatique pour l’Europe?

Oui et assez simple.
L’Europe pourrait accepter le séparatisme de la Flandre mais lui imposer la création d’une grande confédération néerlandaise avec la Royaume des Pays-Bas. L’institution actuelle de Benelux offre le cadre à une telle solution. Ni le Vlaams Belang ni le VVB ni l’intelligentsia flamingante ne repousseront cette offre car elle répondrait à leurs vœux.
La France pourrait ainsi s’inviter à prendre la Wallonie sous son aile et les Wallons n’auraient pas d’autre choix. Question d’homogénéité linguistique et culturelle.
La « Belgique orientale » aurait le choix entre la RFA et le Grand-Duché de Luxembourg.

Que pourrait faire la France?

Comme le proclamait Charles Plisnier lors du Congrès National Wallon de 1945, la France n’est pas impérialiste. D’ailleurs, Charles de Gaulle ne conseilla-t-il pas aux Wallons d’appeler la France « au secours! » le jour où ils seraient représentés par des institutions politiques légitiment élues? Quant au Président Macron jusqu’où pousserait-il son caractère « jupitérien »? Rien n’exclut à ce jour de penser que sa vision d’une Europe renforcée ne l’impliquerait pas dans la « question belge ». La France n’a-t-elle déjà pas averti qu’elle reconnaîtrait le nouvel Etat de Flandre en cas de dislocation de la Belgique? Si elle accomplissait cette démarche vis-à-vis de la Flandre, elle ne pourrait pas laisser la Wallonie voguer en apesanteur dans la constellation européenne.

A quoi donc tient l’avenir de la Wallonie?

Aux politiques wallons et à eux seuls !
Charles Plisnier, lors du Congrès National Wallon de 1945, terminait ainsi son harangue : « Camarades wallons, nous aurons peut-être un jour besoin de la France, lorsque nous aurons fait cette expérience ultime qui nous est demandée, lorsque nous l’aurons faites dans un sacrifice à la raison et au sens des réalités politiques. Lorsque nous aurons fait cette expérience ultime et si, comme je le crains, cette expérience avorte, alors – j’entends le dire aujourd’hui – nous serions justifiés à nous tourner vers la France et aucun reproche ne pourrait nous être adressé, car cet expérience, nous la ferons en toute loyauté et sans arrière-pensée d’aucune sorte.« 
En conclusion : les wallons supportent le poids de « l’expérience ultime » depuis septante-deux ans. A bien observer « den eerste minister » Michel et la pétaudière gouvernementale en Wallonie, le peuple wallon n’a pas encore atteint la quatorzième station de son chemin de croix.

Valmy

La Wallonie promise… à la France

Le mouvement réunioniste est absent d’une campagne électorale où il aurait pourtant sa place. Cela ne signifie pas qu’il renonce à faire entendre sa voix. Les circonstances lui donneront peut-être même le devoir de le faire…

En attendant, nous demandons à nos lecteurs de bien vouloir excuser le manque de réactivité de ce site. C’est qu’avec le temps, nous avons un peu trop l’impression de nous répéter. L’article qui suit a certes été écrit il y a deux ans mais il n’est pas tout à fait hors sujet…

 Par Georges Régibeau

On nous promet une autre Wallonie.

Au-delà du renversement de majorité voulu par Benoît Lutgen, les sondages annoncent l’effondrement du parti socialiste et celui-ci cherche à se sauver par une sévère correction de son mode de gouvernance. Ecolo, courtisé par le MR et le cdH, réclame une nouvelle façon de faire de la politique.

Cela bouscule à tous les étages. Pour mesurer l’ampleur du séisme, il y aura d’abord les élections communales. Autant de citadelles à prendre. Ou à perdre. Et puis, dans moins de deux ans auront lieu les prochaines élections fédérales et là, il faudra s’entendre avec les partis flamands pour encore une fois prolonger l’existence de la Belgique.

En un sens, la Belgique est déjà confédérale. Elle ne peut se maintenir que par consentement mutuel, aux conditions des uns et des autres. Après le blocage de 2007-2008, après la paralysie interminable de 2010-2011, après l’arrivée au pouvoir de la N-VA en 2014, on peut raisonnablement se demander si les élections de 2019 ne conduiront pas à une impasse, à l’impossibilité de former un gouvernement fédéral, et donc à un « divorce de velours », comme entre les Tchèques et les Slovaques il y a 25 ans.

Certes, pareille question, sur la fin prochaine de la Belgique, est totalement évacuée du débat politique. Certains la jugeront même incongrue. Il est bien connu que les Belges ont un sens du compromis très supérieur à celui des Tchèques et des Slovaques, surtout quand cela permet de multiplier les mandats politiques et les complexités en tout genre. Mais il y a quelques raisons de penser que, chacun jouant son rôle, en fonction de ses priorités, la conclusion s’imposera d’elle-même. En couverture du magazine Le Vif/L’Express, cette semaine, la question qui fâche est formulée en ces termes : « scandales + PTB = pays explosé dans deux ans ? »

On a beau chanter la brabançonne avec la main sur le cœur, boire une chope en mangeant des frites, nier, résister, dire quelques mots en flamand, rien n’y fait : la dynamique de l’état belge est centrifuge et, au vu des réactions de l’opinion publique en Flandre et en Wallonie, on semble au bord de la rupture. Il importe peu que le PTB soit un parti resté « national », unitaire, imperméable aux tensions communautaires, uniquement sensible à la lutte des classes : son envol en Wallonie confirme à souhait le diagnostic posé et répété par Bart De Wever : des deux côtés de la frontière linguistique, il y a deux cultures politiques étrangères l’une à l’autre. Après tout, c’est ce que Jules Destrée écrivait déjà en 1912, à une époque où la langue française était pourtant commune aux bourgeois de Flandre et de Wallonie.

Ce 10 juillet 2017, veille de la fête de la Communauté flamande, Geert Bourgeois ne manque pas l’occasion de le marteler aux auditeurs de la Première : « Il y a vraiment deux démocraties en Belgique ». Conclusion du chef de l’exécutif flamand : que chacun s’occupe de ses affaires, « …il nous faut plus de compétences, de vrais leviers sur le plan fiscal, (du) marché du travail, (des) soins de santé, des compétences homogènes ». En Wallonie, on se montre agacé par la rengaine de la N-VA. « Beaucoup de francophones ne disposent pas de lunettes jaunes et noires seules aptes à déceler ces deux démocraties si chères à la N-VA », écrit-on dans le journal Le Soir quand il s’agit de commenter « le navrant folklore nationaliste » associé à la célébration du 11 juillet.

Comme d’habitude, on sous-estime la dynamique flamande en se persuadant que la Belgique est faite pour durer, qu’on peut même inverser la tendance en renforçant l’autorité fédérale sans nuire aux intérêts des francophones. Le contexte actuel n’est pourtant pas favorable aux protestations belgicaines, ainsi que l’écrit Jan De Troyer dans La Libre. Les socialistes flamands tiennent à marquer leurs distances avec leurs homologues francophones. Et quand le Washington Post compare le système politique belge à d’anciens régimes africains peu démocratiques, avec un désordre institutionnel savamment entretenu qui profite à des barons locaux, surtout à Bruxelles, il y a tout lieu de penser que la N-VA marque à nouveau des points auprès des électeurs flamands, sans doute indignés d’être ainsi confondus avec les magouilleurs qui sévissent au sud de la frontière linguistique.

Et voici que la N-VA contre-attaque dans le dossier du survol de Bruxelles, encourageant les compagnies aériennes à ne pas payer les amendes imposées par la Région bruxelloise en cas de dépassement des normes de bruit. L’aéroport national situé en Flandre et les avions envoyés au-dessus de Bruxelles pour ne pas déranger les électeurs flamands : c’est une parfaite illustration du fédéralisme à la belge. Et il n’y a pas de raison que cela cesse, avec ou sans la N-VA qui demeure, et de loin, le premier parti de Flandre, une position qu’elle gardera sans doute en 2019, quoi qu’il arrive –y compris une hypothétique victoire des Diables rouges à la prochaine coupe du monde de football.

Pour faire encore exister la Belgique, sous une forme ou une autre, il faudra composer avec de nouvelles exigences flamandes. En Wallonie, on fait semblant de rien mais il faut supposer que, dans les centres d’étude ou les milieux académiques, il y a des experts qui s’ingénient à tracer les contours de ce que pourrait être une septième réforme de l’état belge. On n’entend personne remettre en cause l’obligation de s’entendre avec la Flandre, aux conditions qui seront les siennes. Il est vrai que les francophones auront aussi leur mot à dire. On doit atteindre un certain consensus pour réviser la constitution. Ce n’est pas gagné mais on fait comme s’il n’y avait pas d’alternative.

La Wallonie avance dans le brouillard. Nombreux sont les élus qui ont la fâcheuse habitude de ne réagir aux circonstances que lorsqu’ils ont le nez dessus. La règle est plutôt de s’installer dans le confort du pouvoir aussi longtemps que les problèmes ne s’imposent pas. A supposer même que ces élus soient lucides et responsables, il n’est pas sûr que leurs électeurs leur pardonneraient d’envisager maintenant la fin de la Belgique. Il ne faut pas réveiller les vieux démons communautaires. On est tous supporters des Diables rouges, olé, olé, olé. Mais le processus de démantèlement de l’état belge est une pente naturelle et peut aussi faire penser à des sables mouvants : quand on veut s’en extraire, on s’enfonce.

Paul-Henry Gendebien, dont nous saluons la clairvoyance, aime rappeler cette phrase de Marx : « Les hommes font l’histoire mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font ». Les attentes des électeurs, le jeu politique, tout peut conduire à des effets non contrôlés. Les manœuvres actuelles, en Wallonie, n’ont rien à voir avec le rattachement à la France, même si elles peuvent avoir été influencées par la façon dont Emmanuel Macron a rebattu les cartes en France. Il n’en reste pas moins que, même à son corps défendant, la Wallonie penche vers la France, et de plus en plus, parce qu’elle est culturellement attachée à la France et que le fédéralisme belge est centrifuge. On voudrait nous faire croire qu’en Wallonie on n’aime pas ce qui est simple et cartésien, et qu’on revendique une identité particulière avec le droit de garder une frontière là où elle est la moins naturelle. Une identité surréaliste ou, disons, schizophrène qui se manifesterait par une résistance irrationnelle à la perspective d’intégrer la République française.

Cette prétendue aversion pour la France nous semble exagérée, superficielle, provoquée, entretenue.

Demain ne sera pas comme hier. La Wallonie est secouée en profondeur par le coup de poker de Benoît Lutgen autant que par les dernières « affaires ». Une bonne partie de la classe politique, intimement liée à la société wallonne par une multitude de réseaux, de piliers, de relations clientélistes, est désormais désavouée. Aux yeux des électeurs, la politique semble avoir perdu ses lettres de noblesse et, dans une ambiance de fin de régime, la classe politique elle-même est poussée à réclamer la fin de ses privilèges, devenus insupportables, indéfendables.

On nous promet une autre Wallonie.

Nous ne sommes pas sur une île, au milieu de nulle part. Ce moment de crise est également le produit d’une évolution plus large de la démocratie. Ailleurs aussi, la politique est désormais confrontée à un impératif de rationalisation, de transparence. Il est permis de penser que la politique est devenue un marché comme un autre et que la plus haute ambition de la démocratie est de casser les situations de monopole, et qu’il suffit d’une saine concurrence pour sanctionner la mauvaise gestion, les profits abusifs, les arnaques en tout genre. A l’inverse, on peut se faire à l’idée que la grande faute de la politique est d’avoir perdu le sens de sa mission, de l’intérêt général, d’avoir perdu ses repères et, à force de céder à la culture de l’argent, d’avoir baissé pavillon devant le monde des affaires, en se ménageant parfois des opportunités de profit moralement discutables. Il est certain que la politique ne peut pas tout laisser faire en se contentant de célébrer la liberté individuelle : elle doit garder la main pour que soit garanti le contrôle effectif des citoyens.

Quoi qu’il en soit, on nous promet une autre Wallonie.

On nous annonce une réforme de la pratique politique mais cela ressemble à du sauve-qui-peut. De son côté, le Président Macron s’engage à réduire le nombre de parlementaires et surtout à réduire le nombre de cumuls dans le temps, de manière à ce que les élus de la République ne soient plus en situation de confisquer le pouvoir à leurs électeurs. Chacun peut juger souverainement cette évolution de nos démocraties et gloser sur les intentions des uns et des autres. Il apparaît néanmoins que ce contexte, en Wallonie, crée une instabilité nouvelle. En Wallonie et en cfwb, la classe politique est fragilisée et rien ne dit que les institutions pourront fonctionner normalement d’ici aux prochaines élections régionales, du moins si les majorités sont différentes en Wallonie et en Région bruxelloise.

Avec les difficultés qui s’annoncent, certains régionalistes entrevoient une avancée majeure vers une suppression de la Communauté française mais, parce que la complexité des institutions n’est pas un gage de bonne gouvernance, on finira tout simplement par liquider la Belgique et, sur cet ancien champ de bataille de l’Europe, on fera de Bruxelles le siège unique des principales institutions européennes.

Car au niveau européen aussi, on voudrait en finir avec les solutions alambiquées. Il faut du temps pour que les lignes bougent mais la répétition des mêmes exigences indique le sens de l’évolution la plus probable. On entend régulièrement des voix dénoncer l’obligation faite aux députés européens de se réunir à Bruxelles et à Strasbourg. Cette fois-ci, il semblerait que ce soit la CDU, le parti d’Angela Merkel, qui plaide en faveur d’un siège unique du Parlement européen à Bruxelles, à côté du siège de la Commission. Cela renforcerait l’Union européenne, et c’est là une des priorités du président français. L’abandon de Strasbourg pourrait se faire en échange du déménagement de l’Office européen des médicaments qui, suite au Brexit, doit quitter Londres pour une autre ville européenne. On peut imaginer les résistances françaises, même si, dans l’entourage d’Emmanuel Macron, il y a d’anciens eurodéputés qui ne cachent pas leur préférence pour un siège unique du Parlement européen à Bruxelles.

Et si, du même coup, la France s’agrandissait de la Wallonie ?

Voilà qui mettrait la France aux portes de Bruxelles.

Et si le président Macron, qu’on se plaît à comparer à l’un ou l’autre Bonaparte, faisait en sorte que le drapeau français flotte à Waterloo?

La France a-t-elle renoncé à tout sentiment de grandeur ?

N’abandonnez pas la langue française

Par Jean-Luc Lefèvre

« Avec le Brexit, le français est plus important que jamais, pour les Allemands comme pour les autres Européens », affirme Florentine FRITZEN dans les colonnes de la Frankfurter Allgemeine Sontagszeitung  le 21 mai dernier (Courrier International, n°1391, 29 juin- juillet). Elle poursuit : Parler français, c’est faire renaître l’idée européenne, c’est le monde libre, la liberté de penser. C’est une langue pour ceux qui souhaitent contrecarrer les courants politiques qui prospèrent actuellement en Europe comme aux Etats-Unis. Le français est l’ambition, le désir d’avoir un bon travail, bien rémunéré. Et il peut même sauver le monde : il est parlé dans de très nombreux Etats d’Afrique, dont les populations croissent rapidement. Avant de conclure : « Les enfants, le français, c’est l’avenir. N’abandonnez pas, lancez-vous ! »

Un enthousiasme excessif ? Peut-être, mais il est aussi lucide : avec le nouveau couple franco-allemand, « la France et l’Allemagne sont les deux noyaux de l’Union européenne qui ne peut fonctionner sans elle » et il est urgent en R.F.A. de convaincre ces nombreuses écoles fondamentales qui ont choisi l’anglais d’en revenir aux classes bilingues franco-allemand.

Mesurons-nous, en Belgique, ce basculement du centre de gravité sur le continent européen pour ce qui concerne, à la fois, la formation des jeunes générations et la future implantation des institutions européennes à rapatrier de Londres ?

L’attachement de la classe politique francophone pour sa langue maternelle n’est pas de nature à nous rassurer. Trop souvent, jusqu’ici, elle a brillé par son absence lors des sommets de la Francophonie, trop souvent aussi, par confinement intellectuel et frilosité communautaire, elle a plaidé pour l’enseignement du néerlandais dans nos écoles. Sera-t-elle capable d’anticiper des tendances rendues inéluctables par l’America first de Trump et la décision de Londres de quitter l’Union européenne ?

De mes Cévennes, je suis  régulièrement, entre autres, l’actualité wallonne et belge. Merci à Jean-Luc Lefèvre de m’avoir envoyé l’article qui précède. Après un problème de mot de passe réglé par notre Maître-Toile et un échange de courriels entre nous, l’article a pu être publié rapidement. Je le trouve rempli de bon sens. Et vous, chers lecteurs, qu’en pensez-vous ?

Paul Durieux

Crit’air : précisions

Par Pierre ANDRE, animateur du blogue « Liège 28 ».
 
Hier soir, sur le coup de 22h29, mes « honorables correspondants » ont reçu un article de la Dernière Heure stipulant :

« Si vous partez en France cet été, il est grand temps d’acheter votre écovignette (…) Tous les véhicules, motos, voitures ou utilitaires, qu’ils soient immatriculés en France ou à l’étranger sont concernés. Cette vignette ronde les identifie selon leurs émissions polluantes (oxyde d’azote, particules). Depuis le 1er avril dernier, elle est obligatoire également pour les conducteurs étrangers. La vignette, d’un coût de 3,70 euros (4,80 € frais d’envois inclus vers la Belgique), peut être obtenue sur www.certificat-air.gouv.fr. Si vous n’en êtes pas équipés et que vous vous faites contrôler, il vous en coûtera pas moins de 68 € d’amende et même 135 € pour les poids lourds. »

Cet article me parait prendre de larges libertés par rapport à l’Arrété du 21 juin 2016 instituant la vignette « Crit’air ».
En effet, on lit dans les commentaires : « C’est une démarche volontaire, qui peut donner des avantages aux conducteurs, mais chacun est libre de prendre un certificat ou non ». Tout le monde est concerné.
 
Crit’Air n’est pas obligatoire pour utiliser son véhicule. Pour la majorité des automobilistes français il constitue un outil pédagogique destiné à développer le véhicule propre.
Les collectivités rencontrant des problèmes de pollution aiguë pourront s’appuyer sur les certificats « Crit’air » afin d’adapter la circulation et améliorer durablement la qualité de l’air. Dans ces cas particuliers, le certificat pourra devenir indispensable pour circuler. Crit’Air est avant tout un outil au service des collectivités locales qui engagent des mesures volontaristes en faveur de la qualité de l’air. (…) Confectionné à la demande, le certificat est délivré par voie postale, à titre individuel, à chaque propriétaire ou locataire longue durée de véhicule qui en fait la demande. Il est fabriqué sous quelques jours puis expédié à l’adresse qui figure sur le certificat d’immatriculation du véhicule (anciennement dénommé « carte grise »). En cas de déménagement, il est donc indispensable que cette adresse ait été mise à jour avant de faire la demande de certificat qualité de l’air.
 
Le prix d’un certificat est de 4,18 €, payable en ligne. Ce prix couvre les frais de fabrication et d’envoi du certificat, ainsi que les frais de gestion, dont le centre d’appels. Il ne s’agit pas d’une taxe et il n’y a pas de recettes pour le budget de l’État.
Une fois la demande effectuée, le demandeur reçoit par courrier électronique un récépissé attestant la catégorie de son certificat, en attendant de recevoir son certificat par la poste. (…)  Le certificat qualité de l’air est obligatoire pour circuler dans les zones à circulation restreinte instaurées par certaines collectivités (Paris) ou pour circuler lorsque le préfet instaure la circulation différenciée lors de certains épisodes de pollution.
 
Autrement dit, ce n’est que si vous circulez ces jours-là sans vignette ou sans vignette appropriée,  que les sanctions tombent.
Conclusion de l’AWF : Que ne ferait pas la DH pour éloigner les Wallons de la France ?

Jean-Alexis D’Heur

Nous apprenons le décès de Jean-Alexis D’Heur, notre cher aîné, homme d’esprit, de culture, qui pratiquait l’humour avec délicatesse et vivait son engagement pour la France comme une passion.

La passion, c’est à la fois de l’enthousiasme et de l’intransigeance. De la chaleur et de la sincérité. « L’engagement rattachiste est radical parce que l’honneur, la liberté et le bonheur d’un peuple ne se négocient pas », écrivait-il dans le texte qu’il nous proposait au moment de la création de l’AWF, en 2011.

Voici l’intégralité de ce texte.

Ce qu’il faut dire

Par Jean-Alexis D’Heur

« Il n’y a pas de Belges mais des Wallons et des Flamands », écrivait Jules Destrée en 1912.

Une évidence cachée aux Wallons par les profiteurs francophones du régime belge mais qui ne l’est pas au Nord tendant à donner un Etat à la nation qu’il est déjà.

Les Wallons doivent choisir leur avenir politique en dehors du cadre belge qui « s’évapore » davantage chaque jour.

Les Rattachistes veulent aider les Wallons à sortir de l’Etat Belgique comme on sort d’une maison qui s’effondre.

Ils continuent le combat entamé par le Mouvement wallon depuis plus d’un siècle et demi.

Libérés de l’Etat belgo-flamand tellement meurtrier pour eux, les Wallons vont se choisir le destin nouveau qui leur assurera la dignité et la prospérité qu’ils ont connues.

Les rattachistes leur proposent le grand destin qu’ils méritent dans la France retrouvée, cinquième puissance mondiale, dans une France décentralisée soucieuse du bonheur de toutes ses régions.

Les déroutes, les humiliations, les gifles, les capitulations qu’ont toujours permises les trahisons répétées de ceux qui devaient défendre les Wallons,

C’EST  FINI !

Le peuple wallon se lève.

Rien ne peut arrêter le destin d’un peuple dont l’heure a sonné.

     VIVE LA WALLONIE FRANCAISE.

     Ce que nous voulons 

1.  Dans l’ordre politique.

        Les rattachistes veulent le retour de la Wallonie dans la France.

        En conséquence, ils récusent tout projet de réforme des institutions belges qui ne ferait que prolonger la vie d’un Etat qu’ils ne veulent plus.

         Le statut de la Wallonie française sera négocié avec le Gouvernement de la République.

2.  Dans l’ordre moral.

         Les rattachistes suivent la direction morale et civique du service au peuple wallon.

          Cette fidélité exige un enrôlement, un ordre de marche, la volonté de se battre et de vaincre.

3.  Dans l’ordre social.

        Les rattachistes exigent le grand dégagement de chaleur sociale qui donnera aux Wallons le pacte social qui leur assurera une sécurité vitale minimum et améliorera le sort des plus déshérités d’entre eux.

        Les rattachistes proclament que la richesse d’un Etat est la richesse sociale.

4.  Dans l’ordre démocratique.

        Les rattachistes veulent tous les renouveaux, dont ceux de l’esprit démocratique et de liberté comme aussi celui du sentiment de responsabilité chez le citoyen et dans les institutions.

La mentalité citoyenne gouverne toutes les activités publiques et individuelles.

5.  Dans l’ordre de l’enseignement.

        Parce que, comme le social, l’enseignement est la richesse d’un peuple, il est l’objet de la plus grande sollicitude.

        Il doit permettre à chacun d’acquérir les connaissances qu’il veut avoir.

        Aucun obstacle, y compris financier, ne peut arrêter la progression vers les savoirs.

        Dans chaque niveau d’enseignement seront présents un mécanisme de rattrapage et/ou de réajustement qui aideront à le franchir ainsi que les passerelles qui faciliteront le passage de l’un à un autre.

6.  Dans l’ordre culturel.

        Le public et le privé collaborent:        

       –  pour améliorer l’apprentissage de notre langue française et sa pratique correcte.

       Le niveau social et intellectuel du peuple s’élève avec la possession des richesses de sa langue.

        –  pour maintenir les parlers wallons qui colorent notre français et reflètent la mentalité des populations wallonnes

        –  pour développer l’étude et la pratique des arts, en faire connaître les œuvres et pour améliorer les conditions de vie de ceux qui les font.

7.  Dans l’ordre économique.

        Les rattachistes veulent l’économie qui amène la production grandissante de richesses profitables à tous les citoyens.

        L’enrichissement collectif devra s’accompagner d’une croissance sociale et d’une progression de l’emploi.

        La réalisation de ces objectifs liés doit amener de nouvelles égalités dont celle des sexes.

        Le développement économique respectera les équilibres naturels.

8.  Le préalable mobilisateur.

       Le préalable à tous les renouveaux de la Wallonie est son affranchissement de l’Etat belge.

      Dans sa lutte pour le conquérir, les rattachistes et les indépendantistes sont des alliés.

9.  La Wallonie dans la France.

Dans la France, la Wallonie française jouira du statut qu’elle aura négocié avec les autorités françaises.

        Les négociateurs wallons exigeront qu’aux acquis obtenus par les Wallons dans leurs luttes sous l’ancien régime belge et maintenus dans ledit statut s’ajoutent ceux gagnés par leurs nouveaux compatriotes dans leurs propres luttes.

10. Nature de l’engagement rattachiste.

        L’engagement rattachiste est radical parce que l’honneur, la liberté et le bonheur d’un peuple ne se négocient pas.

11. L’avenir de la Région bruxelloise.

        Les rattachistes wallons respecteront le destin que la Région bruxelloise se choisira.

        Ils souhaitent qu’elle partage le destin français de la Wallonie.

        Quel que soit son choix ils l’assureront des solidarités qui lui seront nécessaires.

        Le choix de la Région bruxelloise ne pourra ni retarder ni modifier celui que la Wallonie aura décidé pour elle-même.