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Jour J + 2

élections 2014Un minimum de recul était nécessaire pour réagir aux faits marquants d’un week-end électoral crucial, dont la tension dramatique a été renforcée par un attentat dont nous ne savons pas s’il est le symptôme d’un mal qui ronge nos sociétés démocratiques.

Autre symptôme inquiétant, la poussée en Europe des listes eurosceptiques, nationalistes, extrémistes… ne peut laisser personne indifférent. Les raisons de ce vote de rejet ne sont pas toutes identiques mais il ne suffira pas d’une condamnation morale pour en venir à bout. Force est de constater que, de plus en plus, l’idéal européen fait place au désenchantement, voire à la colère, au ressentiment. Ce terreau-là convient trop bien à la culture de la violence.

Il ne faut toutefois pas tout mélanger : un démocrate a le droit de critiquer le projet européen, surtout dans sa forme actuelle. Ainsi, quand la Confédération européenne des syndicats se donne pour objectif de « promouvoir le modèle social européen… combinant une croissance économique soutenable accompagnée de niveaux de vie et de travail en hausse constante y compris le plein emploi, la protection sociale, l’égalité des chances, des emplois de bonne qualité, l’inclusion sociale et un processus de prise de décisions politiques qui implique pleinement la participation des citoyens », on se demande pourquoi ce discours reste à ce point sans effet. (Voir ici un film d’animation de la CES dénonçant la politique européenne.)

Bien sûr, pour nous qui voyons la Wallonie associée à la France dans l’Europe et le monde de demain, la progression du FN est un sujet particulier d’inquiétude. Parce que nous préférons l’analyse aux slogans, nous dirigeons nos lecteurs vers un article du Monde (les décodeurs) et un autre, avec une approche différente, du site d’information Atlantico (décryptage). Pour le reste, on ne nous en voudra pas de nous concentrer sur la situation politique de la Wallonie… en Belgique.

Belgique, stop ou encore ?

Alea jacta est, comme aurait dit César au moment de s’avancer vers Rome avec son armée. C’était le début d’une guerre civile. Alea jacta est, a répété Bart De Wever, dimanche, en sortant du bureau de vote où il avait convoqué l’histoire. Après le décompte des voix, il apparaît qu’un Flamand sur trois le presse d’accélérer le démantèlement de la Belgique Bart De Wever 25 maimais le leader nationaliste a le triomphe modeste car, même porté par cette vague, il n’est pas incontournable. Sa volonté de rupture se heurte au positionnement de ses concurrents sur la scène politique flamande.

Kris Peeters et le CD&V entendent bien garder les mains libres et se replacer au centre du jeu politique : pas question de se lier à la N-VA en Flandre avant de voir comment on pourrait former (ou pas) un gouvernement fédéral avec les francophones. Non à de nouvelles avancées institutionnelles immédiates, priorité absolue au socio-économique, c’est-à-dire à des réformes structurelles améliorant la compétitivité de l’économie en Flandre. A chacun sa partition. Jo Libeer, administrateur-délégué du Voka, au nom des entreprises flamandes, monte au front pour réclamer des mesures fortes : entre autres une baisse significative des charges salariales et un gel des dépenses publiques. On peut supposer que cette exigence ne sera pas vraiment négociable. Ce sera le prix à payer pour garder la Flandre aux côtés de la Wallonie.

La partie d’échecs a commencé. Nommé informateur par le roi, Bart De Wever peut difficilement engager la N-VA dans une alliance avec le PS, et réciproquement. Ce sera lui ou Di Rupo. Les libéraux et les sociaux-chrétiens sont en position de choisir leur partenaire au gouvernement fédéral. Une coalition N-VA/MR/CD&V/Open VLD/CDH serait soutenue par 65 députés flamands mais seulement 29 parlementaires francophones. En revanche, le MR et le CDH se partageraient la moitié des postes ministériels (et pourquoi pas celui de premier ministre si Bart De Wever veut se montrer « magnanime » ?).

La reconduction de la majorité sortante, avec un Di Rupo II, est une autre option, plus facile à défendre en Flandre qu’il y a quatre ans puisqu’ensemble, le CD&V, l’Open VLD et le SP.A, obtiennent 45 sièges sur 87 dans leur groupe linguistique. Mais ce gouvernement continuerait à pencher vers la Wallonie et le PS : pour le faire accepter en Flandre, il faudrait plus qu’une victoire finale des Diables rouges à la coupe du monde au Brésil (mais il n’est pas dit que le football n’influencera pas l’opinion publique et donc le climat des négociations politiques à venir).

Tous les regards sont dirigés vers Kris Peeters. Lui-même issu des milieux patronaux flamands, il s’est toujours profilé comme un vrai confédéraliste et, s’il doit se démarquer de Bart de Wever pour faire exister le CD&V, cela ne fait pas de lui un allié naturel des socialistes francophones. Il devra, le cas échéant, prouver que l’intérêt de la Flandre est de s’entendre avec le PS, dont beaucoup de Flamands veulent se débarrasser pour aller de l’avant. Revenir sur ce que les socialistes ont dû concéder pour permettre à Elio Di Rupo de former un gouvernement en 2011, il n’en sera évidemment pas question. Si Di Rupo veut rester au 16, il devra assumer de nouvelles réformes qui affecteront surtout son électorat.

Le PS, désormais attaqué sur sa gauche par le PTB, n’en reste pas moins la première force politique en Wallonie et à Bruxelles et, sans trop se soucier du message envoyé par la Flandre, envisage de former des majorités « progressistes » là où il a la main. A ce stade, on ne sait pas comment va évoluer la position du Parti socialiste mais il est bon de se rappeler ces propos de Nico Cué, secrétaire général de la FGTB Métal, dans le Vif du 21 février passé : « On a sacrifié notre modèle social pour un pays qui risque de ne pas tenir la route. » Plus proche du PS et des lieux de pouvoir, Thierry Bodson, secrétaire général de l’Interrégionale wallonne de la FGTB, ne dit pas autre chose quand il s’adresse à des militants socialistes (lien) : pour ce leader syndicaliste wallon attaché à la figure d’André Renard, pas question d’accepter des réformes antisociales (visant particulièrement la Wallonie) sous prétexte de conserver la Belgique encore un peu.

Rappelons aussi que les Tchèques et les Slovaques, en 1992, se sont séparés quand leurs représentants politiques ont fait le constat qu’ils ne pouvaient pas s’accorder sur l’essentiel.

Signalons enfin que, du côté de la Communauté germanophone, le parti autonomiste Pro-DG progresse de 17 à 22 % et devient le parti le plus important de la coalition sortante.

La Wallonie est à la croisée des chemins.

G.R.

A lire : les réactions de la presse flamande au tout début des négociations (sur le site du Vif/L’Express).

J’ai choisi la France

 Discours introductif d’Adrien Lhomme, administrateur de l’AWF pour la Province du Brabant wallon, lors de la conférence-débat du 20 mai 2014

Bonjour et bienvenue à toutes et à tous.

Ce soir, nous sommes doublement heureux.

France heureuseTout d’abord, nous avons le plaisir de recevoir Claude Javeau et Marc Ronvaux. Le premier va nous présenter son livre sur la France et la Wallonie. Le second va nous présenter son livre sur les Français et les Wallons. Que demander de plus quand on est soi-même obsédé par l’avenir de la Wallonie et l’amour de la France ?

Mais ce soir, nous célébrons aussi une naissance. L’Alliance Wallonie-France est déjà implantée dans les provinces de Liège, de Namur, du Luxembourg et du Hainaut. Ce soir, elle essaime dans le Brabant wallon.

Alors, quoi de plus naturel que de commencer nos travaux par la profession de foi d’un Wallon désireux de retourner dans sa mère patrie ?

J’ai choisi la France, parce que la Flandre s’est érigée en nation contre la Wallonie. Se donner un ennemi est un redoutable moyen de cohésion. C’est un procédé politique bien connu. Bismark a forgé la nation allemande en déclenchant la guerre de 1870 contre la France.

J’ai choisi la France, parce que la Flandre ne sera jamais satisfaite. Elle a besoin de conquêtes pour maintenir sa cohésion.  Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à toi est à nous. Si on la laisse faire, elle ne s’arrêtera qu’après avoir englobé Bruxelles et colonisé la Wallonie.

J’ai choisi la France, parce que la Flandre veut m’entraîner dans un modèle économique, social et culturel anglo-saxon et parce que je préfère le modèle de société solidaire à la française.

J’ai choisi la France, parce que la Flandre nous larguera tôt ou tard et parce que Bruxelles prend de plus en plus conscience de sa spécificité et de son destin international.

J’ai choisi la France, parce qu’une fois orphelins de la Belgique, nous ne pourrons jamais rembourser notre dette et parce que notre isolement sera tel que nous ne réunirons même plus les critères pour adhérer à l’Union européenne.

J’ai choisi la France, parce que j’ai été nourri par Descartes, Pascal, Molière, Racine, Montesquieu, Rousseau, Voltaire, Hugo… Et parce que Guido Gezelle et son poème « Gij bad op enen berg » me laisse complètement indifférent.

J’ai choisi la France, parce qu’on veut me rendre bilingue français-flamand pour me permettre d’occuper un job subalterne dans une région de 13000km2, peuplée seulement de 6 millions d’habitants.

J’ai choisi la France, parce que sur notre frontière Sud se trouve un pays de 65 millions d’habitants, dans lequel je peux travailler, penser, me cultiver et m’épanouir dans ma langue.

J’ai choisi la France, parce qu’au-delà de la France vivent 200 millions de francophones dispersés dans 25 pays, membres d’une francophonie négligée par notre Premier Ministre.

J’ai choisi la France, parce qu’à la fin du siècle, la démographie galopante de l’Afrique aidant, nous serons  600 millions de francophones dans le monde et mes arrière-petits-enfants y trouveront un job plus facilement qu’en Flandre.

J’ai choisi la France, parce que sa Constitution lui permet de nous accueillir avec un statut particulier sans chambarder nos lois et nos coutumes : l’Alsace-Lorraine, la Corse et 18 territoires d’Outre-mer témoignent de cette souplesse constitutionnelle.

Que ceux qui refusent la réalité continuent leur voyage dans ce train fou qui nous conduit droit à la ruine et à la perte de notre identité ! Nous, à l’Alliance Wallonie-France, nous allons tout faire pour décrocher notre wagon et reprendre le chemin de Paris.

Adrien Lhomme, le 20 mai 2014

Les funérailles du démineur

funérailles dehaeneL’instrumentalisation du décès puis des funérailles de Jean-Luc Dehaene a quelque chose d’indécent. En fait, il s’agissait de créer un élan émotionnel en Flandre qui soit relayé par le monde médiatique et politique wallon et bruxellois en vue de renforcer le CD&V aux dépens de la N-VA.

Nous avions lu il y a quelques mois : « Les Diables Rouges, arme anti-NV-A ». Les sondages  nous ont montré, comme nous le soulignions à l’époque, que « Le Vif » se mettait le doigt dans l’œil.

L’effet Dehaene aura-t-il une incidence sur les résultats du 25 mai ? Plus que deux jours à dormir avant de le savoir !

Paul D.

Le CSA censure les spots de l’UWE

uweDéni de démocratie en Wallonie : le CSA a censuré les spots de l’UWE. Il est étonnant que la presse écrite n’en ait dit mot.

Le tout comporte 7 spots. Ils sont visibles sur le site www.wallonie-forte.be

Le premier concerne la compétitivité, le 2è « l’industrie » et… le 7ème la « simplification ». Nous laissons à nos lecteurs le soin de juger du bien-fondé de ce qu’affirme l’UWE.  

 

José Happart le confédéraliste

Envoi N° 264 du 23/05/2014

PENSEZ-VOUS QUE LA N-VA FERA LE CARTON ANNONCÉ ?

José Happart«Le décès de Jean-Luc Dehaene va lui coûter 5 pourcents. D’autant que les autres exploitent bien la situation, avec un enterrement avec faste vendredi. La N-VA sera tout de même loin devant, mais le CD&V va réduire l’écart. Ceci dit, c’est bizarre que tout le monde en parle et fasse sa pub. Moi, quand je suis contre quelqu’un, je n’en parle pas.»

FAUT-IL CRAINDRE SON SUCCÈS, SELON VOUS?

«C’est Jean-Luc Dehaene et son parti qui ont le plus creusé le fossé avec la Wallonie. Ils l’ont bien mis profond aux Wallons, comme on dit. Le CD&V est tout aussi flamingant que la N-VA. Ce n’est pas un problème pour moi, qui suis wallingant. Mais il faut arrêter de dire que la N-VA ne serait pas un parti démocratique. Ou alors il faut avoir les attributs masculins nécessaires avant les élections et les faire interdire de présenter des listes!»

PEUT-ON S’ALLIER AVEC LA N-VA APRÈS LE 25 MAI ?

«Je suis un profond démocrate. Si c’est le premier parti de Flandre, il faudra écouter la voix des Flamands et accepter de discuter avec elle. Qui serions-nous pour juger la façon dont l’électeur flamand s’est exprimé ? Et accepterions-nous que le PS soit le premier parti wallon et ne soit pas associé aux discussions ? Non, hein ?…»

UN ACCORD EST-IL POSSIBLE AVEC LES NATIONALISTES?

«Je crois que oui, si le programme final négocié est correct. De toute façon, après les élections, tout le monde écrème son programme et se rabat vers le centre… Et je suis persuadé que le confédéralisme est la seule façon de sauver la Belgique…»

IL FAUT ENTRER DANS CETTE DEMANDE DE LA N-VA ?

«Si c’est un confédéralisme à trois, oui bien sûr. Le seul casus belli avec eux, c’est le statut de Bruxelles. Mais en attendant l’Europe des régions, faire la Belgique des régions ce serait une belle avancée.»

LES PARTIS FRANCOPHONES MANIFESTENT LEUR REFUS DE NÉGOCIER AVEC ELLE…

«Oui, et cela me pose question en tant que démocrate. Les Flamands sont la première communauté de Belgique. Et quoi ? On leur dit: on s’en fout de votre avis, c’est nous qui décidons ? Bien sûr qu’il y en a qui négocieront avec elle après les élections! C’est évident!

Vous savez, dimanche soir, la campagne sera finie. J’ai entendu aussi les coups de gueule entre PS et MR avant la formation de ce gouvernement-ci, hein… En politique, il faut s’attendre à tout…»

BART DE WEVER FERAIT-IL UN PREMIER MINISTRE ACCEPTABLE?

«S’il fait des concessions suffisantes pour avoir une majorité parlementaire, il pourra être Premier ministre, oui. J’ai déjà entendu la même polémique quand il briguait le mayorat d’Anvers, et il l’a décroché. La démocratie, c’est d’avoir une majorité derrière soi, point. J’ai assez souffert de la négation de ça à Fourons…»

QUELLE EST, CÔTÉ FRANCOPHONE, LA MAJORITÉ LA PLUS SOUHAITABLE À VOS YEUX ?

«Sur le plan économique, PS-MR. Ce serait la plus forte. Et quand il y a trop de partis, ce n’est pas bon, on doit faire tellement de compromis que plus aucun programme électoral n’est respecté.»

QUEL PARTI FLAMAND A LE MOINS VOTRE CONFIANCE ?

«Le CD&V! Il a toujours travaillé pour la Flandre, au détriment de la Wallonie! Et il a toujours été le plus prompt à vous planter un couteau dans le dos!»

IN SUDINFO ce 22/05/2014

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec les propos de José Happart. La démocratie ne se trafique pas. Et personne ne peut accuser la NV-A de ne pas être un parti démocratique.

« Vivre en Wallonie » ASBL

Cet article peut être repris dans son intégralité ou en partie, à condition d’en citer la source. Votre avis, vos critiques, vos commentaires nous intéressent. Vous pouvez nous adresser ceux-ci à : vivwal@outlook.be

 

Que penser du voyage de Kris Peeters en Wallonie ?

La naïveté du journal bruxellois Le Soir et de certains de ses journalistes m’esbaudira toujours.

Peeters SirrisDans le numéro de ce mercredi 21 mai 2014, nous avons droit à un compte-rendu tout rempli du miel de ce que Monsieur Peeters* a dit lors d’un déplacement en Wallonie.

A moins que l’article en question ne soit qu’un copié-collé du texte remis à la presse.

Prenons le contrepied de cet article, de manière réaliste… et disons haut et fort que ce miel est en réalité de la vaseline.

Les dirigeants politiques flamands et nombre de ses dirigeants d’entreprises ont en effet une motivation permanente : transférer compétences et activités de production de la Wallonie vers la Flandre.

Monsieur Peeters n’a pas visité d’entreprises lors de cette journée. Non, il a visité des centres de recherche.

Ne prenons comme exemple que le cas de Sirris : Sirris est le centre de recherches privé d’Agoria (ancien Fabrimétal) dont les membres sont, aujourd’hui, à plus de 80% flamands. Ses dirigeants « nationaux » sont donc flamands.

Le site de Liège, le seul en Wallonie, est dynamique, a bonne réputation.

Il finance ses recherches essentiellement par des budgets venant de la Région Wallonne et de l’Europe.

Si Monsieur Peeters a visité ce centre, ce n’est certes pas pour vanter la Wallonie… mais parce qu’il espère/veut que l’expertise de « l’impression 3D », dans laquelle Sirris est actif depuis au moins 20 ans, soit transférée en Flandre avec les emplois industriels espérés.

Il est venu voir ce qui sera un jour la base d’une production flamande par des membres d’Agoria Vlaanderen.

Ce souci de récupérer ce qui se fait de performant en Wallonie n’est pas incompatible avec la peur qui pourrait l’animer, lui et son parti, de voir cette (future) colonie interne qu’est la Wallonie leur échapper.

Peut-être a-t-il pris conscience que la prochaine réforme de l’Etat sera l’union/la réunion/ le rattachement/ la réunification/ le retour (que le lecteur choisisse le terme qu’il préfère) de la Wallonie à la France ?

Michel Pieret

NDLR : Kris Peeters est le premier ministre de la Région flamande.

J – 4 : l’AWF réaffirme qu’elle est un mouvement de citoyens

Réuni hier, mardi 20 mai, le Bureau Exécutif de l’Alliance Wallonie France tient à rappeler ce qui suit :

1. L’AWF est un mouvement de citoyens qui regroupe des membres et sympathisants du PS, du MR, du cdH, d’Ecolo, du FDF, du RWF, du RW, de Vega, du MG, du PP, du PTBgo et de citoyens non encartés.

élections2. Il ne nous appartient pas dès lors de donner des consignes de vote à nos membres et sympathisants, qu’ils soient membres déclarés publiquement ou sympathisants qui désirent, pour des raisons que nous comprenons, garder la discrétion.

3. Nous connaissons assez nos membres et sympathisants pour savoir que plus que tout autre citoyen, ils sont au fait de la vie politique belge et qu’ils connaissent les enjeux importants des élections du 25 mai.

4. Nous savons qu’au lendemain du prochain scrutin, nous pourrons compter sur eux pour intervenir au sein de leur parti et dans la société civile pour que l’option de l’intégration de la Wallonie dans la République française fasse partie du débat politique.

5. Avec les nuances qui s’imposent pour un mouvement citoyen comme le nôtre, nous tenons à réaffirmer que l’analyse de nos membres et sympathisants se rejoint sur les 3 points suivants :

a) La fin de la Belgique est inéluctable à court ou à moyen terme.

b) Une Wallonie indépendante n’est pas viable au niveau de ses finances publiques. Un Etat « Fédération Wallonie-Bruxelles » ne l’est pas plus pour des raisons politiques.

c) Par défaut et quel que soit l’attachement que certains d’entre nous ont pour la Belgique, la communauté de destin avec la France s’impose. C’est le choix de la raison, de la solidarité interrégionale et du refus de sacrifier deux générations de Wallons.

Pour le B.E. de l’ AWF,

Paul Durieux

Les faibles arguments des amoureux de la Belgique

Lu sur le site de la Libre :

Une opinion de Felice Dassetto, sociologue et professeur émérite de l’UCL.

Felice DassettoLes arguments de ceux qui disent tenir à notre pays sont bien faibles. On gère vaille que vaille la vieille idée de la Belgique. On fait dans l’anecdote, l’absurde ou la négative. Très insuffisant ! La campagne électorale, qui se déroule dans l’attente des résultats de la N-VA, laisse entrevoir que le débat sur le devenir de la Belgique aura bien lieu après les élections. Faut-il une nouvelle réforme pour l’avenir du pays ? Quelle réforme ? Fédéralisme ? Confédéralisme ? Ce débat risquera de montrer la faiblesse des arguments de ceux qui disent tenir à l’avenir de la Belgique.

1. Comme toute réalité sociale, les idées qui sous-tendent les ensembles politiques sont des constructions consolidées, plus ou moins rationnelles ou émotionnelles, qui se disent à travers des narrations entre passé, présent et avenir, à travers des concepts, des symboles, des valeurs, des connaissances concrètes. C’est la force des idées. Cette force est tout aussi fondatrice que les mécanismes institutionnels et les logiques d’intérêts. Tout Etat – unitaire, fédéral ou confédéral – suppose des idées qui argumentent et justifient la cohabitation des composantes dans une entité politique et dans un territoire. La force de Bart De Wever consiste dans le fait qu’il a une narration, qu’il avance des concepts qui fondent la raison d’être du projet de dissolution de l’Etat belge : les deux langues, les deux pays, le gommage de Bruxelles. Cette narration, vraie ou fausse, peu importe, fait sens pour une partie significative des Flamands, probablement bien plus largement qu’aux oreilles des seuls électeurs de la N-VA.

2. Quelle est la prise en compte de la force des idées de ceux qui disent tenir à la Belgique ? Du côté flamand, Bart De Wever énonce son projet avec radicalité et veut le voir réalisé dans des temps courts : tout de suite le confédéralisme, et un peu plus tard, la séparation de la Belgique. « Nous ne sommes pas révolutionnaires », dit-il. C’est sa narration pour l’avenir de la Belgique. Est-il exagéré de dire que dans d’autres partis on pense plus ou moins la même chose, que la narration n’est pas fort différente de celle de la N-VA sauf qu’elle diffère dans l’agenda et est actuellement plus attentiste ? Il y a quelques années, Patrick Dewael parlait avec le sourire de « l’évaporation de la Belgique ». Quelques politiciens et partis flamands pensent autrement, mais leurs arguments sont faibles tout comme ceux des francophones. Des Bruxellois flamands, tout comme les francophones, parlent de la Belgique mais en regardant avant tout Bruxelles et son existence impossible sans Belgique. Des intellectuels du monde artistique flamand, bien plus que le monde universitaire, ont exprimé leur idée de la Belgique. Quelques sportifs internationaux également. Et qu’en est-il des gens et surtout des jeunes générations ? A quel sondage faut-il se fier ? Manifeste-t-on un attachement belge ? Difficile à dire, surtout si on va au-delà de l’opinion et que l’on essaie de cerner les arguments, les raisons de leurs références positives à la Belgique.

3. Et quels arguments avance-t-on du côté francophone pour penser la Belgique ? S’y exprime avant tout une position de résistance. « Nous ne sommes demandeurs de rien ! On va parler de socio-économique ! » Mais cette résistance est une ligne Maginot. Le retranchement dans le socio-économique, l’attention exclusive aux mécanismes institutionnels, sous-tendus par la mésestime des logiques de l’esprit et de la force des idées, laissent croire qu’on peut se dispenser de penser la nouvelle Belgique. On manque de narrations, de concepts, de valeurs au sujet de la Belgique actuelle et future. Au journaliste de VTM, lors de l’émission retransmise par RTL ce mardi 13 mai, qui demande à Paul Magnette pourquoi les francophones parlent avec autant d’émotion de la Belgique, le président du PS répond : « Mais c’est parce que c’est notre histoire. » L’histoire est importante, mais elle ne suffit pas pour fonder un projet d’avenir, et elle suffit d’autant moins que, depuis des décennies, du côté flamand, on a raconté une autre histoire du pays. Tout comme ne suffit pas l’argument qui dit vouloir maintenir la sécurité sociale car c’est le lien entre les personnes du pays. Oui, mais qu’en est-il si la force des idées amène à penser qu’il n’y a pas de raisons de maintenir l’unité entre les personnes de ce pays ?

4. Autrement dit : les débats actuels, mais ils durent depuis des années, montrent la carence de pensée autour de la Belgique, de la nouvelle Belgique. On en reste, parfois avec embarras, au passé, au tricolore, à l’hymne national et à la monarchie. Les régionalismes aux teintes nationales du nord et du sud, une pensée réductrice limitée aux institutions et à l’économie ont amené à penser qu’il n’était plus nécessaire de penser la nouvelle Belgique, d’en faire une narration, de réinventer des symboles, de refonder des valeurs, de formuler un projet. Et il ne suffit pas, comme des intellectuels le font, de penser la Belgique par la négative : elle existe parce que c’est impossible de la diviser, en raison de Bruxelles, de la dette, de l’Union européenne, ou, mais de moins en moins, de l’institution monarchique. Il ne suffit pas non plus d’argumenter par l’absurde : l’identité de la Belgique est celle de ne pas être, celle de l’identité floue et surréaliste… Autant d’idées qui peuvent nourrir des conversations de cafés branchés mais qui ne permettent pas de fonder un avenir politique.

5. Et parallèlement, les francophones ou flamands qui disent tenir à la Belgique, n’ont pas mis des énergies et quelques moyens pour expliquer, argumenter, justifier, refonder dans les esprits la nouvelle Belgique, tant au sein des Flamands que des Francophones. On a fait une narration – et quelle narration exaltée ! – des entités fédérées, en croyant que cela pouvait remplacer celle relative à la Belgique. La pensée sur la nouvelle Belgique reste timorée et dominée par la pensée sur les entités qui la composent. Le futur est aux régions. Pour la Belgique, on gère vaille que vaille la vieille idée du pays. Ou on fait dans l’anecdote : évoquer le foot ou le croisement des vacanciers dans les Ardennes et à la Côte ne suffit pas. Si on parle de la Belgique uniquement dans ces termes, c’est qu’on a bien peu d’arguments. On n’a même pas su transformer la fête que l’on persiste à appeler « nationale » en une fête « fédérale », car on ne pense pas que les symboles ont une force. Ou bien, du côté francophone, on continue à penser que l’idée de Belgique « va de soi », alors que ce n’est pas vrai du côté flamand et cela commence à ne plus l’être du côté francophone. Les derniers parmi les Flamands qui ont encore quelques références à une Belgique sont en train de sortir de scène. Les nouvelles générations, comme Wouter Beke, diront que pour eux « le biotope naturel » est la Flandre casée dans l’Europe. C’est normal : depuis qu’ils sont nés, ils n’ont entendu que cette narration. Ce propos n’est pas génétique, c’est une construction. Et bientôt ce sera le cas aussi pour les jeunes Wallons. On a voulu faire une autre Belgique, non plus nationale mais fédérale. Mais on n’a pas produit de narration de cette Belgique-là.

Conférence-débat en Brabant wallon

Rappel :

Nous tenons à vous rappeler la tenue d’une conférence-débat qu’organise l’AWF le mardi 20 mai 2014 dès 19.00 à l’auditoire du motel Nivelles-Sud, 22, Chaussée de Mons à 1400 Nivelles.

Thème : Wallonie-France : une question de survie ?

Prendront la parole : Paul Durieux, président de l’ AWF

Javaux-RonvauxClaude Javeau, professeur émérite de sociologie à l’ULB, auteur du livre « La France doit-elle annexer la Wallonie ? »

Marc Ronvaux, juriste et écrivain, auteur du livre « Français, Wallons, manuel de survie ».

La conférence  est ouverte à tout citoyen intéressé par l’avenir de la Wallonie. Elle sera suivie du verre de l’amitié et, sur réservation, d’un lunch convivial. En ce qui concerne ce dernier, vous aurez le choix entre :

1. le cabillaud sauce beurre blanc

2. suprême de volaille sauce provençale

3. steack tartare

Ces 3 plats seront accompagnés de légumes saisonniers et/ou de frites selon votre désir.

Le prix pour cette restauration sera de 15 € boisson non comprise.

Si vous souhaitez participer au repas, la réservation sera effective après versement de la somme de x X 15 € selon le nombre de participants sur le compte IBAN n° BE26 0682 4499 3129 de l’AWF à 4130 Esneux pour le 19 mai au plus tard avec en communication 1, 2 ou 3 selon le plat choisi.

Pour des raisons d’organisation, nous vous prions de bien vouloir nous communiquer votre présence en vous adressant à Paul Durieux par courriel (pauldurieux2003@yahoo.fr) ou par téléphone mobile (0476 654 329) ou fixe (04 263 69 17). Merci d’avance.

Et Chevènement, il en pense quoi ?

Il n’est plus tout jeune, Jean-Pierre Chevènement, mais en homme de conviction, l’actuel sénateur du Territoire de Belfort continue à nourrir le débat politique en France. De ce socialiste atypique, autrefois très à gauche, on a dit qu’il était le « dernier des gaullistes ». (On sait qu’il a toujours été un chaud partisan du rattachement de la Wallonie à la France.) Son étiquette souverainiste (il préfère celle de républicain) ne l’empêche pas d’avoir un discours nuancé sur l’Europe. Voici un extrait d’une interview qu’il vient d’accorder au journal Le Midi Libre.

Chevènement(…) Il y a un lien entre le déclin démographique, économique, politique de l’Europe et “la guerre de 30 ans” qui éclate en 1914 et finit en 1945. Mais l’Union européenne actuelle et son magma d’impuissances est aussi le fruit de la façon dont on a fait l’Europe sans les nations, voire contre elles, selon la méthode Monnet. C’est d’abord une Europe qui a fait sien les dogmes du néo-libéralisme en privant les Etats de leurs capacités stratégiques. La France n’est plus un Etat stratège, c’est un Etat mendiant qui n’a plus les moyens d’une politique.

D’autre part, c’est une Europe qui a abandonné la démocratie. Ses institutions – la Commission, la Cour de Justice, la banque centrale – sont technocratiques et ne rendent compte devant aucune instance élue. (…) L’Europe est devenue un système d’évitement de la démocratie et des souverainetés nationales.

Que préconisez-vous ?

Il faut réformer les règles de l’Euro pour permettre aux pays de l’Europe du Sud d’être compétitifs sans passer par des expériences douloureuses de caractère déflationniste. (…) On nous vante le miracle espagnol au prétexte que l’Espagne a réduit ses coûts de production alors que 50 % des jeunes sont au chômage. Au contraire, il faut une politique monétaire plus souple, un Euro moins surévalué.

La France a un potentiel de croissance de 2,5 %. Il faut redonner le moral au pays. Et ne pas construire l’Europe comme un substitut à la France. Ne pas gommer la France. Je suis pour l’Europe des nations et des peuples. La morosité vient beaucoup du fait qu’on a privé nos concitoyens de leurs repères traditionnels, d’un récit national qui est ce qu’il est, avec ses ombres et ses lumières. Il faut remettre en cause, non pas l’Europe, mais la manière dont on l’a faite.

Les élections peuvent-elles faire avancer vos idées ?

Je l’espère, mais il faudrait qu’il y ait débat. Et ce dernier n’existe pas. On est enfermé dans une politique monétaire ultra-orthodoxe, déflationniste. Pour que ce débat ait lieu, il faut des acteurs et donc des forces politiques qui renouent avec un patriotisme républicain. Je préfère parler de république que de souverainisme. D’abord parce que ce terme vient du Québec et qu’il est aujourd’hui manipulé. Mon discours n’est pas anti-européen. Je suis très européen, mais pas européiste. Notre pays a besoin d’un sursaut républicain et pas d’un spasme rétrograde comme le voudrait le FN.

Croyez-vous à la fin de la monnaie unique ?

Je ne dis pas il faut sortir de l’Euro. Mais il faut revenir à l’essentiel : en privant un pays de sa souveraineté monétaire, on ne règle pas ses problèmes. Il faut oser toucher à l’Euro, revenir à une certaine souplesse dans une idée de monnaie commune. (…) Je m’interroge sur la manière de frayer la voie aux idées que je crois justes et de fournir aux jeunes générations les repères qui aujourd’hui leur manquent.