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Les Wallons et les Bruxellois de langue française, otages de la haine Michel – Magnette

lu sur le site de l’hebdomadaire « Le Vif – L’ Express » du samedi 18 avril 2015. Nous remarquerons que journaliste (Thierry Fiorelli) et professeur d’université (Christian Behrendt) parlent toujours d’Etat fédéral belge là où leurs collègues flamands considèrent que celui-ci a vécu pour faire place à un Etat confédéral. Le fait qu’un décret wallon ou flamand vaille une loi fédérale n’est-elle pas un marqueur fondamental, parmi d’autres, pour que l’appellation contrôlée de l’ Etat belge soit le confédéralisme ?

« Il y a, en Belgique, une perception un peu idéalisée de ce que doit être l’Etat fédéral. On se dit qu’il doit être parfait, fonctionner sans aspérités entre les différentes entités. Toute divergence de vue est dès lors considérée comme un dysfonctionnement. » Dans l’entretien qu’il nous accorde, Christian Behrendt calme les esprits de façon plutôt pertinente

Le constitutionnaliste ne nie pas les tensions, très vives, entre le gouvernement fédéral et l’exécutif wallon, depuis le début de la législature, il y a six mois, mais il les considère  « inéluctables », en raison de l’essence même du fédéralisme et de l’ équivalence des normes propres au système belge : « Un décret wallon vaut une loi fédérale. » Autrement dit, à ses yeux, le duel que se livrent les deux échelons de pouvoir, à distance comme lorsqu’ils sont face à face, illustre « le test de maturité » que passerait pour l’instant notre fédéralisme.

S’agissant de la confrontation entre Charles Michel et Paul Magnette, qui s’apparente de plus en plus à une guerre de personnes, Christian Behrendt prône le calme, là aussi :  » La démocratie, c’est le conflit des idées », rappelle-t-il. D’accord. Mais on aurait tort de le réduire à une simple péripétie, finalement saine pour l’action politique, tant fédérale que régionale.

Il y a bien plus que de la divergence d’idées, d’idéologies, entre ces deux-là. Bien pire pour le fonctionnement du pays et de la Wallonie, il y a ce qui est devenu une véritable et profonde aversion réciproque.

Parce que le conflit qui oppose les deux chefs de gouvernement semble dépasser celui des idées. Notre dossier (dans le Vif de cette semaine) décodant la haine viscérale que se vouent mutuellement le Premier ministre MR et le ministre-président PS l’illustre : il y a, finalement, bien plus que de la divergence d’idées, d’idéologies même, entre ces deux-là. Il y a bien pire, pour le fonctionnement du pays et de la Wallonie. Il y a ce qui est devenu une véritable et profonde aversion réciproque. Charles Michel et Paul Magnette ne se supportent pas. Charles Michel et Paul Magnette s’insupportent l’un l’autre.

A un point tel que, pour l’instant, rien ne semble pouvoir les amener à jouer de façon totalement loyale la concertation, à laquelle ils sont pourtant tenus. Parce qu’un Comité ad hoc est institué pour que le fédéral et les trois Régions puissent y dialoguer, entre adultes, et gérer d’une certaine façon conjointement les effets de la dernière réforme de l’Etat en date – qui demande des  » ajustements » négociés, au vu des nombreux nouveaux transferts de compétences et de leurs conséquences sur la gestion de chaque entité et sur les décisions qui y sont associées.

On est actuellement très loin du compte. Chaque décision du gouvernement Michel est suspecte d’être dictée au moins en partie pour déstabiliser le gouvernement Magnette et son chef de file en particulier. Et chaque réaction du gouvernement Magnette semble guidée, au moins partiellement, par l’intention de nuire au gouvernement Michel et en priorité à son leader. Dans les deux cas, tant pis pour les Wallons. Tant pis pour tous les francophones, même : déjà otages de l’asymétrie des majorités (le MR au fédéral, le PS et le CDH en Wallonie et à Bruxelles, où les FDF viennent en sus), les voilà aussi prisonniers d’une lutte farouche entre individus.

Au vu des urgences, à tout niveau, auxquelles sont confrontés le pays et les Régions wallonne et bruxelloise, il n’est par conséquent pas déplacé de réclamer que l’intérêt commun ne passe en aucun cas après les règlements de compte personnels.

Traitement du SIDA : l’espoir vient de Montpellier

Lu sur le site de France 3 Languedoc – Roussillon

FRANCE 3 LANGUEDOC-ROUSSILLONUne équipe du CNRS de Montpellier vient de mettre au point un nouveau médicament pour lutter contre le VIH. La molécule ABX464 est révolutionnaire : elle paralyse le virus présent dans l’organisme des patients atteints du SIDA et ce, même après l’arrêt du traitement.

  • Par Valérie Luxey
  • Publié le 18/04/2015 | 12:18
Le Virus de l'Immunodéficience Humaine ou VIH, en Anglais HIV © F3 LR

© F3 LR Le Virus de l’Immunodéficience Humaine ou VIH, en Anglais HIV

Mémorandum de l’ AWF

REJOIGNEZ L‘ALLIANCE WALLONIE FRANCE !

Mouvement de citoyens libres et informés        

                  La démocratie ne s’arrête pas avec les élections                          

C A P   2 0 15

En Belgique, durant la dernière campagne électorale, jamais l’hypothèse du rattachement de la Wallonie à la France n’a été évoquée par les partis politiques traditionnels. Il faudra attendre que les centres d’études des partis de pouvoir mesurent l’impasse dans laquelle les a plongés l’option d’une Belgique confédérale pour la Wallonie, spécialement sur le plan budgétaire.

En France non plus, la question « belge » n’est guère évoquée : non-ingérence reste le maître mot de la plupart des responsables politiques français.

En Belgique, le débat est dominé par deux questions :

→ La Flandre va-t-elle poursuivre son chemin vers l’indépendance ?              

OUI ! (toute question traitée au niveau fédéral a un caractère institutionnel : le survol des avions, la construction d’une tour à Ruysbroeck, un stade de foot, les avions militaires…)

→ La Wallonie dispose-t-elle de ressources financières suffisantes suite à la réforme de l’Etat belge de 2013, et pourrait-elle vivre de manière indépendante ?             

NON !

Des analyses de plus en plus précises qui vont dans le sens d’un rattachement de la Région wallonne à la France :

– celles du Professeur Jules GAZON, qui démontrent la non-viabilité économique d’une Wallonie indépendante, mais en revanche la praticabilité financière réelle d’une réunion à la France, scénario qui profiterait aux deux partenaires;

– celles de Monsieur Jules GHEUDE, dans un livre et dans des articles récents  (« Chronique d’une mort annoncée », Le Figaro 4.08.14, L’Echo 12.08.14, L’Echo 9.12.14) qui retracent l’évolution inéluctable de la Wallonie vers la France;

– celles aussi de Monsieur Jacques LENAIN, haut fonctionnaire français, qui a développé et illustré judicieusement le concept d’ « intégration-autonomie » de la Wallonie à la République Française.

Le choix d’une communauté de destin avec la France s’impose comme un choix de raison.

La Wallonie a aussi la chance de partager avec la France une langue internationale présente sur les cinq continents : cette francophonie est porteuse de grands espoirs.

L’Alliance Wallonie France veut un Plan F :

De Namur à Liège, ou de Charleroi à Nivelles, les confidences faites à l’AWF par d’anciens responsables politiques wallons de premier plan restent cachées sous le manteau. Nous voulons que la question du rattachement de la Wallonie ne soit plus soutenue par le seul élan d’émotions, d’états d’âme, ou de sentiments francophiles, mais soutenue par une argumentation objective et claire qui emporte la conviction.

Une « intelligence territoriale », autour des grandes Villes, dans une Europe rééquilibrée :

                                                                               BRUXELLES

DUNKERQUE   LILLE      TOURNAI          VALENCIENNES                 MONS     CHARLEROI                      NAMUR                       LIEGE                    VERVIERS                                                                                                 REIMS                                      LUXEMBOURG                                          METZ                      NANCY

PARIS                                                   STRASBOURG

La Wallonie n’arrivera pas en France les mains vides : elle est riche de son passé, de son présent et de son avenir ! Une Région de France à statut spécial comparable aux autres régions :            

                                                                      Nombre habitants       Superficie (km2)

1.Ile de France (Paris)                                            12                         12.000

2.Auvergne-Rhône-Alpes (Lyon)                        7,8                        43.000

3.Aquit.-Lim.-Poit.-Char. (Bordeaux)                5,9                       66.000

4.Nord-Pas de Calais-Picardie (Lille)                6                           12.000

5.Langu.-Rous.-Midi-Pyr. (Toulouse)                5,7                       66.000

6.Prov.-Alpes-Côte d’Azur (Marseille)              5                           31.000

7.Als.-Champ.-Ard.-Lor. (Strasbourg?)            5,6                       76.000

8.Pays de Loire (Nantes)                                     3,7                        32.000

9.Normandie (Caen?)                                         3,3                         29.000

10.Bretagne (Rennes)                                         3,3                         27.000

11.Bourgogne-Franche Comté (Dijon)            2,8                         47.000

12.Centre-Val de Loire (Tour)                           2,6                         81.000

+ 13. Corse

(source : Le Figaro 15 avril 2015)

+ Région wallonne (Namur)           3,5                                17.000                 

Région de Bruxelles (Brux.)           1,15                                     162                        

Les Provinces wallonnes pourront sans problème « suivre » la réforme des Départements français annoncée pour l’après 2015. Nous souhaitons que la Wallonie, de facto à défaut de l’être de iure, se considère comme « partenaire » privilégié de la France et multiplie les accords de coopération dans tous les domaines : armée, enseignements, stages, accords culturels, échanges francophones, jumelages de communes, échanges touristiques, hôtellerie, monde des affaires, coopération internationale, développement, stages d’étudiants des pays ACP, harmonisation des calendriers des fêtes… Il y a lieu de mettre en application rapidement les décrets signés entre la France, la Wallonie, et la Communauté Wallonie-Bruxelles.

Notre programme 2015

Nous entendons agir en Wallonie, à Bruxelles, et en France pour qu’apparaisse ce mouvement pluraliste de citoyens porteurs de débats publics transparents sur l’avenir des relations entre la Wallonie et la France. Avec des citoyens, des artistes, des syndicalistes, des économistes, des journalistes, des universités, des grandes écoles…Toute une société qui se met en route pour une société avec plus de justice, plus de fraternité et plus de solidarité. Le concept d’un rattachement de la Région wallonne à la République maintenant pour nos régions une certaine autonomie nous convient. Nous jouirons ensemble d’une plus grande solidarité et nous serons citoyens français tout en restant « Wallons toudi » !   Comme les Bretons, les Basques, les Alsaciens, les Corses ou les Savoyards, il y aura des citoyens français d’identité française, wallonne ou belge, selon les sensibilités de chaque citoyen.                                                    

REJOIGNEZ-NOUS !                                              

Paul Durieux, Président   pauldurieux2003@yahoo.fr   04 263 69 17 ou 0476 654 329   

Secrétaire : Marie Malotaux   marie.malotaux@gmail.com    081 583 743

Trésorière : Renée Decroisson    renee.decroisson@live.be   04 3804063   0499 381 084

Administrateurs :                                                                                                    

Alain Balsat  a.balsat@skynet.be  04 2635418  0496 515045   

Louis Nisse     nisselouis@gmail.com 04 22337780   

Louis Cartilier   cartilouis@yahoo.fr   04 2655944   0476 266 924   

Adrien Lhomme  alh11api@gmail.com  02 325 7015   0497 486 467 

Georges-Henry Simonis ghsimonis@voo.be   071 611274   0485.535 623   

Michel Pierret  pierret.michel@skynet.be  0495 214 370  

Philippe Fery  philoufery@gmail.com  0476 249 840  

Paul Melot  paulmelot1@gmail.com  0497 6O6 094                                  

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Quand le fédéralisme était une utopie

Kroll, confédéralismeMalgré les efforts sincères et honnêtes d’hommes politiques tant flamands que wallons et bruxellois, le passage de la Belgique unitaire à la Belgique fédérale aura été une suite de compromis laborieux plus proches souvent de compromissions qui ne pouvaient déboucher que sur l’échec que nous connaissons aujourd’hui. La cause en est simple : côté flamand, mu par un ADN nationaliste, le fédéralisme n’était qu’une fusée à étages multiples qui devait conduire la Flandre à l’autonomie, dernière étape vers l’indépendance. Côté wallon, c’était une finalité qui permette à une « Belgique nouvelle » de trouver un équilibre qui soit bénéfique à chaque communauté et région.

Lorsque les partis nationaux se sont scindés l’un après l’autre pour devenir des partis responsables devant leur seule communauté, la messe était dite. L’implosion de la Volksunie qui a produit un essaimage nationaliste flamand dans tous les partis du nord a été un autre événement majeur. Le retour à une circonscription nationale où des élus de chaque région et/ou communauté seraient responsables devant l’ensemble des Belges est une chimère, une illusion, un mirage parce que l’immense majorité des Flamands n’en veut pas. 

Là, nous toucherons à tous les aspects de la sécurité sociale et la population wallonne percevra toute la perversité d’un Etat belge à domination flamande dont la première préoccupation sera tout sauf le sort de la Région wallonne. M. Di Rupo sera-t-il encore là pour énoncer le slogan qui l’avait porté au pouvoir : « mon parti, c’est mon pays » ! Tout comme pour le sort de ses citoyens exclus du chômage, il n’aura plus que ses yeux pour pleurer et la prise d’anxiolytique pour assurer ses nuits de sommeil.

Ce qui me chagrine est de constater que le monde décisionnel wallon reste imperturbablement muet devant un scénario écrit d’avance pour tout citoyen qui s’intéresse un tant soit peu à l’évolution de ce pays. Comment est-il possible qu’une seule voix se fasse entendre : « nous croyons au fédéralisme d’union » !

Les médias belges de langue française, malgré certains éclairs de lucidité, portent dans cet état de chose une grande responsabilité. Mais existe-t-il encore un média qui porte la voix de la Wallonie ?

Paul D.

11/04/15 à 08:55 – Mise à jour à 16:00

Source : Le Vif/l’express

François PerinPlusieurs écrits de François Perin, l’un des artisans de la transformation de la Belgique en un pays fédéral, sont réédités. L’occasion de redécouvrir cette figure majeure du mouvement wallon, dont les idées ont inspiré les fondateurs d’Ecolo.

Une démission-désertion, du dépit, et même un soupçon de dégoût. Le 11 juin 1985, François Perin claque la porte du Parti réformateur libéral et met un terme à sa carrière politique. L’intellectuel liégeois justifie son acte en déclarant ne plus pouvoir « cautionner la politique conservatrice » menée par la coalition Martens-Gol, qui rassemble sociaux-chrétiens et libéraux. L’ancien ministre reproche à son président de parti, Louis Michel, de s’éloigner du libéralisme des Lumières pour lorgner la droite dure, incarnée au Royaume-Uni par Margaret Thatcher. Mais la motivation profonde de sa décision réside ailleurs : esprit caustique, inclassable, Perin éprouve le besoin de recouvrer une totale liberté de pensée.

Son geste de 1985 est, à vrai dire, le prolongement d’un autre, survenu cinq ans plus tôt. Le 26 mars 1980, François Perin démissionne, à la surprise générale, de son mandat de sénateur. En plein débat sur la création des premiers gouvernements régionaux, il laisse apparaître l’énorme scepticisme que lui inspire l’avenir du pays. « Je ne parviens plus, en conscience, à croire en l’avenir de notre Etat, lâche-t-il. Il est difficile de rester parlementaire d’un Etat auquel on ne croit plus et dont le système politique paraît absurde. » Au cours de sa brève allocution, le sénateur expose les trois maux, « incurables et irréversibles », dont souffre selon lui la Belgique : le nationalisme flamand, la particratie et le pouvoir exorbitant des syndicats.

La Belgique, François Perin ne l’a jamais beaucoup aimée. En revanche, il a longtemps cru que le fédéralisme serait à même de donner au pays un nouveau souffle, une nouvelle cohérence. Cet espoir déçu le fera basculer vers un rejet total de l’introuvable patrie belge, comme l’illustre un florilège de ses écrits, aujourd’hui réédités et commentés par l’essayiste Jules Gheude. « J’ai cru qu’une réforme institutionnelle de type fédéral serait de nature à garantir la cohabitation paisible des deux grandes communautés du pays et je me suis investi politiquement dans ce sens, confessera Perin en juin 2013, trois mois avant sa mort. Mais j’ai compris très vite que le fédéralisme, que nous considérions, nous les francophones, comme un aboutissement, n’était pour les Flamands qu’un moyen de progresser plus vite sur la voie de l’indépendance. »

Ecolo et le fédéralisme radical

De 1974 à 1976, Perin intègre le gouvernement Tindemans II, où il obtient le portefeuille des Réformes institutionnelles. Peu après, il se rapproche des libéraux. A la même époque, un bouillonnement nouveau gagne les sociétés européennes. Un peu partout, et notamment en Wallonie, les pionniers de l’écologie politique s’organisent. Cette préhistoire du parti Ecolo est racontée par Benoît Lechat, ancien journaliste à l’agence Belga, dans un livre publié en janvier dernier, quelques semaines avant son décès. L’un des grands mérites de l’ouvrage est de montrer à quel point les écologistes wallons ont été imprégnés par les thèses fédéralistes.

Le père fondateur d’Ecolo, Paul Lannoye, a lui-même été l’un des dirigeants du Rassemblement wallon. Ce physicien namurois, assistant à l’ULB, partage avec François Perin l’idée que la particratie gangrène la Wallonie et que la région a besoin d’un sursaut. Même si les deux hommes se sont distanciés au début des années 1970, leur diagnostic reste identique. « Nous prenons conscience que le combat est d’abord un combat contre nous-mêmes, professe Perin. En Wallonie, que de conservatisme de tout bord, que de bornés et d’aveugles, que de sclérose et de vieillissement ! D’une certaine façon, nous devons être reconnaissants à l’égard des Flamands tentés par l’égoïsme et le goût de l’hégémonie de nous faire sortir de notre inertie ! »

Ironie de l’Histoire : c’est à peu près au moment où François Perin quitte la politique que le parti se rallie à des positions plus conventionnelles, ou plus réalistes, et délaisse le fédéralisme radical de ses débuts. La fin d’une utopie.

Le silence et la grande abstention des politiques

Le point de vue de Georges-Henry SIMONIS Colloque Prospective-Parlement Wallon-2014-11-27

« Comme c’est bizarre, comme c’est étrange, et quelle coïncidence… » : pour une fois, en Belgique comme en France, tous les partis s’interrogent en même temps sur leur avenir et sur leurs programmes.

En Wallonie, c’est le P.S., titillé par la gauche, qui dit vouloir ouvrir un large débat; c’est le c.d.H qui fait un appel aux idées nouvelles; c’est ECOLO qui recherche une nouvelle radicalité; seul le MR, englué au sein de l’Etat Fédéral dans les conditions que l’on sait, semble gérer les affaires sans grande ligne directrice autre que l' »accord gouvernemental » qui lui a été imposé pour prix de son retour au Pouvoir Fédéral.

En France, le P.S. oscille lui aussi entre sa politique de rigueur actuelle et celle qui est proposée par les contestataires de gauche, frondeurs ou extérieurs; à droite, on s’apprête à choisir l’homme providentiel avant de trouver un programme suffisamment novateur et crédible; chez EELV (les Verts), on hésite entre radicalisme et participation gouvernementale…

En démocratie, c’est évidemment une bonne chose qu’il y ait une culture du débat, et une recherche de solutions nouvelles aux problèmes des citoyens.

Ceux-ci commencent à s’inquiéter fortement : trop nombreux sont ceux qui vivent dans une grande précarité, ou dont les conditions d’existence sont insuffisantes pour mener une vie décente, pour ne pas dire heureuse et normale. En Wallonie, les craintes dépassent le saut d’index, la diminution des allocations familiales, ou la diminution drastique des soutiens financiers régionaux.

En matière financière, les problèmes qui opposent les Régions et le pouvoir fédéral vont au-delà des difficultés comptables qui font qu’on recherche les millions manquants… Elles illustrent ce que de nombreuses personnes avaient pressenti lors de la 6ème Réforme de l’Etat : il n’y a pas assez d’argent dans l’enveloppe allouée aux Régions lors des transferts de compétence.

En outre, l’Etat flamand continue de mépriser quotidiennement la Wallonie : en matière de transports ferroviaires, la grille 60/40 entre Flandre et Wallonie, déjà inacceptable en elle-même en raison de la disparité des contrées à desservir, n’est plus respectée et le rail wallon continue de souffrir alors que tout le réseau flamand se modernise à une vitesse très élevée; la ligne moderne Bruxelles/Luxembourg, attendue depuis si longtemps, est encore aux oubliettes, tandis que les travaux de la périphérie sud de Bruxelles connaissent de nombreux retards… Quant à la suppression du THALYS vers PARIS, des techniciens du chemin de fer nous disent que c’est purement politique, en dépit des prétendues allégations d’ordre technique ou financier.

Sur le plan routier, la Nationale 4 est le plus souvent en travaux, et la mise aux normes européennes de la Nationale 5 vers la France avance à une allure d’escargot, le contournement de CHARLEROI n’étant même pas commencé, alors que, du côté français, entre ROCROI et RETHEL, des travaux de grande envergure avancent à une vitesse impressionnante. Rien non plus pour relier enfin CHARLEROI au réseau autoroutier français qui va s’arrêter à MAUBEUGE, à la frontière belge : il manque une quinzaine de kilomètres depuis des années…

L’électricité, les assurances, l’informatique, les téléphones… Tout continue d’être moins cher en France, de même que le « panier de la ménagère » : TEST ACHAT a parlé de 18 % de différence sur certains articles… La caissière, belge, de l’Intermarché de GIVET estime que plus de la moitié de ses clients sont belges… Au passage, allez voir combien cette petite Ville de Givet se modernise agréablement : le contraste avec nos banlieues est saisissant…

L’objet de ce billet pascal n’est cependant pas de redire une nouvelle fois ce qui a déjà été dit tant de fois sur les raisons qui militent en faveur d’une réorientation de la Wallonie vers la France.

Ce qui étonne, et est inacceptable, c’est la persistance du silence des politiques, et des médias belges et français, sur l’intérêt qu’il y a à étudier de près un retour à la France.

Le concept d’intégration-autonomie de la Région Wallonne vers la République Française a été largement étudié. Il nous convient.

Les hypothèses chiffrées sont difficiles à mettre en œuvre dans la mesure où les « vrais » chiffres sont tenus sous le manteau, ou sont publiés avec des retards considérables.

Certes, la République n’est pas en grande forme, et la relance tarde à s’y manifester.

Il est toutefois légitime de penser que l’apport de près de 4 millions de citoyens supplémentaires donnerait à la FRANCE un élan renouvelé; en même temps, il offrirait aux Wallons des perspectives nouvelles, avec une solidarité élargie considérablement. On ne peut admettre que les gouvernants, les partis politiques, leurs centres d’étude, les syndicats, les universités, ou les Centres de Prospective en tous genres continuent à ne pas mettre en chantier des études approfondies sur ces questions.

En Wallonie, les questions institutionnelles et économiques ne manquent pas.

Le bourgmestre de Liège parlait récemment (Le vif /27 mars 2015) de la suppression de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la fusion des CPAS et des services sociaux des Villes, et de la suppression des Provinces : voilà des réformes qui devraient se faire en fonction des compétences redéfinies des départements au sein de la France régionalisée (en France, les Régions disposeront de pouvoirs décentralisés considérables, et les Départements gardent des compétences importantes : le social, la culture, l’entretien des routes départementales et en matière  d’enseignement les Collèges (les 3 premières années de l’enseignement secondaire)).

Enfin, proclamons l’état d’urgence : des décisions engageant l’avenir à long terme sont en train de se prendre de manière irréversible, comme le rattachement de la marine belge à la marine hollandaise (ce qui peut se concevoir aisément sur le plan géographique). Mais pourquoi pas, en revanche, le rattachement de la Force aérienne belge à la France ? Pour rappel, l’avion américain que veulent acheter les Flamands coûte 130 millions d’euros à l’achat, par appareil, hors frais de maintenance… Les Wallons ne peuvent accepter ce choix flamand alors que leur performante industrie aéronautique pourrait se charger de la maintenance si on achetait le « Rafale » français.

Par ailleurs, pourquoi ne pas négocier un accord bilatéral entre la France et la Wallonie pour que les jeunes Wallons qui le souhaitent puissent être engagés dans l’armée française, sans être envoyés nécessairement dans la Légion étrangère ?

Plus largement, la Wallonie est à la veille d’une procédure de divorce.

Il est important de prendre ce que les juristes appellent des mesures urgentes et provisoires pendant l’instance : elles contribuent à éviter les problèmes, et à faciliter la phase ultérieure qui est celle de la liquidation de la communauté.

Ainsi, il faudrait qu’une sorte de notaire, commis à cet effet, prenne note des dépenses actuelles ou futures prises par l’un ou l’autre ex-partenaire contre les intérêts de l’autre. Ainsi, il faudrait prendre note en toute transparence des dépenses extraordinaires effectuées par l’une ou l’autre Région contre l’avis de l’autre, comme par exemple celles qui excèdent 1 milliard d’euros ! (C’est le quart du coût des avions, et je ne connais pas celui des navires…).

Le problème du partage de la dette de l’ex-Belgique pourrait être abordé sans attendre, en ces temps où les intérêts sont historiquement bas, la répartition devant se faire selon un coefficient de 2/3 pour le Nord, et 1/3 pour le Sud, que l’on prenne en compte le critère de l’importance des populations, ou celui de l’impôt des personnes, ou encore le « Produit National Brut » des régions concernées. Les trois critères conduisent à la même clé de répartition.

La Wallonie a besoin de la France,

La France a besoin de la Wallonie.

La persistance de l’absence de tout débat public sur le réunionisme et l’intégration-autonomie de la Wallonie à la France est insupportable. Les partis disent qu’ils attendent des idées : en voici une, à mettre en pratique de toute urgence !

Lettre de Jean Jaurès aux instituteurs

Cette lettre s’adresse aussi bien aux enseignants du fondamental de Wallonie que de France.

A l’heure où nos enfants  profitent de quinze jours de vacances, je trouve que cette lettre de Jean Jaurès garde toute sa beauté, toute sa pertinence, mais aussi toute son actualité dans un monde où les nombreux conflits et la violence ne peuvent susciter chez chaque citoyen responsable que réflexion et action. Les instituteurs et autres professeurs des écoles sont en première ligne pour mener ce combat de la pensée et de l’esprit. Nous ne pouvons que regretter que notre société ne leur réserve plus la place qui devrait être la leur. 

Paul D.

Jean JaurèsVous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie.

Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire, à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confèrent, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fermeté unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.

Eh ! Quoi ? Tout cela à des enfants ! – Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler… J’entends dire :  « À quoi bon exiger tant de l’école ? Est-ce que la vie elle-même n’est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d’une démocratie ardente, l’enfant devenu adulte, ne comprendra pas de lui-même les idées de travail, d’égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? » – Je le veux bien, quoiqu’il y ait encore dans notre société, qu’on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d’abord, amitié avec la démocratie par l’intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment ou une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à nos cœurs  tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité.

Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Tout d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus l’oublier de la vie, et que dans n’importe quel livre leur œil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout… Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble.

De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! Et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine ! Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il ne faut pas qu’il récite le soir ce qu’il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu’il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain qui, trompé par les yeux, a pris tout d’abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l’infini de l’espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! Sans doute, avec la fatigue écrasante de l’école, il est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d’une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l’ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous.

Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement aux enfants que de le rapetisser. Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes de commencements d’idées. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre ; il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.

Je dis donc aux maîtres pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque, d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront.

Jean Jaurès dans La Dépêche de Toulouse,
le 15 janvier 1888

Présidence des départements, où sont les femmes ?

Je dédie cet article à celles et ceux qui aiment affirmer que la France est un pays incapable de se réformer et je dis : « vive les binômes ». La parité est une réalité dans les assemblées départementales. Il appartient maintenant aux élues de prendre la place qui doit être la leur.

Paul D.

Lu sur le site de l’Obs

Publié le 03-04-2015 à 09h50

Avatar de Julia Mouzon

Par 
« Femme et Pouvoir »

LE PLUS. Pour voir autant de femmes que d’hommes présider les conseils départementaux, il faudra encore attendre. Si ces assemblées sont désormais paritaires, seules dix représentantes de la gente féminine ont été élues à la tête de ces assemblées, sur 101, jeudi 2 avril. Pourquoi un tel blocage ? Éclairage de Julia Mouzon, fondatrice de « Femme et Pouvoir ».

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NathalieSarrabezolles a été élue présidente du conseil départemental du Finistère, le 2 avril 2015 (F.TANNEAU/AFP).

Pour la première fois de l’histoire mondiale, les élections départementales françaises des 22 et 29 mars ont imposé l’élection d’un binôme de candidats de sexe opposé. Cette loi controversée lors de son vote du 17 mai 2013 a été appliquée avec succès.

Quelles en sont les conséquences ? 4 points clés à retenir :

1. Des femmes présentes mais encore effacées

Pendant les campagnes, les candidats masculins ont systématiquement été mis en avant : par les médias, par leur entourage et par leur famille politique.

À côté d’hommes souvent très expérimentés en politique, les femmes ont peiné à faire entendre leur voix et à prendre toute leur place – à de notoires exceptions près. Dans la majorité des cas, c’est à l’homme que revenaient les questions ainsi que le titre de « candidat n°1 ».

Et quand le binôme n’est pas élu, les partisans reçoivent un mail les remerciant d’avoir suivi un duo, un mail au nom des élus mais signé…par le représentant masculin.

2. Des assemblées qui changent : la photo se féminise

Grâce à cette loi, pas d’arrangements comme aux élections sénatoriales où l’on a vu des hommes du même parti constituer plusieurs listes pour avoir plus de chances d’être élus : à l’inverse, la photo de tous les conseils généraux a changé depuis lundi et certains conseils généraux où ne siégeaient aucune femmes sont désormais paritaire.

Le bénéfice majeur de ce changement est que les femmes sont désormais pleinement aux commandes de la décision publique, et ce dans toutes les assemblées locales. La loi contraint en effet les conseils municipaux, régionaux, et départementaux à être pleinement paritaires.

3. Cette loi change la politique politicienne

En faisant appel à des femmes qui étaient pour la plupart déjà élues, mais qui restaient parfois discrètes, la loi a contraint à un renouvellement bienvenu de nos assemblées départementales.

Terminées, les campagnes où seul le statut de dinosaure et de mastodonte de la politique prévaut : les conseils généraux sont plus jeunes (hommes et femmes y ont également contribué, avec des moyennes d’âges respectives de 55 ans pour les hommes et 52 ans pour les femmes, alors que la précédente moyenne d’âge étaient de 61 ans et 10 mois pour des hémicycles remplis à 81 % par les hommes).

En lieu et place de règles politiques qui privilégient l’ancienneté, l’assise, et la capacité à communiquer, on a désormais affaire à un duo de tête recruté sur un impératif de renouvellement salutaire pour notre démocratie, et certainement plus compétent puisque plus issu de la cooptation dans des réseaux de pouvoir fermés !

 4. Le plafond de verre politique résiste au choc

Sur les 101 départements qui ont vu leurs conseillers généraux renouvelés dimanche dernier, seuls 10 seront dirigés par une femme pour les 6 prochaines années. Un plafond de verre politique qui perdure malgré une base désormais paritaire.

Comment expliquer cette très faible pénétration des femmes à la tête des exécutifs ? D’une part, par le maintien d’une tradition masculine malgré un taux de renouvellement assez fort : par exemple, M. Baylet, ex-président du Tarn et Garonne, vient d’être remplacé par Christian Astruc, un agriculteur apolitique de 66 ans.

Et surtout, les femmes restent largement moins présentes à la tête des fédérations locales des grands partis politiques. En résumé, et comme il est usuel, les élus implantés depuis toujours sont favorisés au détriment de figures moins connues, mais peut-être prometteuses.

Une étape décisive

Finalement, la loi sur le scrutin binominal a porté des fruits avec un renouvellement très large de l’ensemble des conseillers généraux. Grande première électorale, ce test grandeur nature va permettre dans les prochaines années un changement culturel important en implantant des femmes au sein de ces exécutifs incontournables et sur une élection binominale, et non de liste.

Le plafond de verre résiste encore et toujours à l’envahisseur, l’envahisseuse en l’occurrence ; mais ce n’est que partie remise pour les femmes politiques françaises qui ont marqué là une étape décisive.

 

Cette semaine dans ‘t Pallieterke

Pour la rubrique « Op de praatstoel » du journal flamand « ‘t Pallieterke », Frans Crols, l’ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Trends-Tendances » a choisi d’interroger Jules Gheude sur sa vision de l’avenir de la Belgique.

Jules Gheude« La Wallonie doit rejoindre la République française »

Jules Gheude voit approcher la fin de la Belgique de manière irréversible. Son espoir, pour la Wallonie, est une réunion avec le voisin méridional, la France. Et cela avec un statut particulier comme les régions de Corse et d’Alsace-Moselle. Cette réunion sur mesure permet d’ancrer plus solidement le rattachisme dans la réalité.

Jules Gheude (68 ans) n’a pas une crinière sauvage ni des allures révolutionnaires, mais plutôt le rayonnement d’un prêtre. Entre ses milliers de livres apparaît le buste de Richard Wagner, une passion musicale qu’il partage avec son ami, mentor et testateur politique François Perin (décédé en 2013). Avec un sourire, il se souvient : « François Perin et moi aurions aimé assister au Festival de Bayreuth. Mais nous n’avons jamais réussi à obtenir des places. »

Jules Gheude reste une exception : un Wallon qui jongle avec plaisir avec le néerlandais, tant au niveau de la conversation que de l’écriture. Avec son épouse italienne, il réside dans une villa blanche sur les hauteurs de Namur, ville qui connut jadis un rebelle : le graveur et peintre Félicien Rops et son œuvre érotique (que l’on commémore en ce moment par le biais d’un événement en duo avec Jan Fabre, son pendant contemporain).

Jules Gheude vient de publier son onzième livre : « François Perin – Une Plume / L’œuvre écrite » et cette passion pour l’écriture lui procure un tremplin  dans les médias francophones. « Le combat que je mène depuis des années pour l’intégration de la Wallonie en France ne m’a pas relégué intellectuellement dans la marge. Je n’ai pas à me plaindre de l’attitude des médias. Ils me donnent régulièrement l’occasion de m’exprimer. »

Jules Gheude publie des textes sur le site de Knack et il fut récemment l’orateur principal d’une journée de réflexion du Mouvement Populaire Flamand à Beveren. Les participants furent ravis par l’élégant et néanmoins radical « réunioniste », ainsi qu’il aime se qualifier aujourd’hui : « Dans le dialogue avec des amis français, les choses ont pris une tournure plus concrète quant à la manière dont la Wallonie pourrait se réunir à la France. C’est ce que nous symbolisons aujourd’hui avec la formule ‘union-intégration’. Nous y allons en douceur, selon un scénario sur mesure, un statut particulier. La Constitution française est suffisamment souple pour accorder de tels statuts : c’est le cas avec la plupart des collectivités d’outre-mer, ainsi qu’avec la Corse ou l’Alsace-Moselle. La Wallonie pourrait ainsi conserver sa spécificité. L’ex-droit fédéral, à quelques exceptions près, serait également conservé et placé sous la responsabilité du législateur français, qui reprendrait le rôle du législateur belge. Et notre système de sécurité sociale serait adossé au système français. »

Bien qu’il parle avec passion des liens naturels (langue et culture) avec la France – il a passé une grande partie de sa jeunesse à Paris, où son père travaillait pour l’agence commerciale de la SNCB -, Jules Gheude n’a jamais idéalisé les Etats-Nations : « Lorsqu’on plonge dans l’Histoire, on constate que les Etats se sont formés au travers des guerres et des mariages princiers, sans la moindre intervention des peuples. Marguerite Yourcenar a fort bien décrit cela : Les princes s’arrachent les pays comme les ivrognes à la terrasse se disputent les plats. Avec le temps, les Etats sont devenus des nations. Mais avec la philosophie démocratique actuelle, les peuples peuvent désormais décider de leur avenir. Les Etats ne sont pas immuables. Voyez ce qui se passe avec la Catalogne, l’Ecosse ou la Flandre, avec un sentiment identitaire fortement présent. Si demain le Parlement flamand devait proclamer l’indépendance de la Flandre, on ne pourrait pas s’en offusquer. Ce parlement tire en effet sa légitimité du suffrage universel.»

‘t Pallieterke : Pourquoi optez-vous pour la réunion de la Wallonie à la France ?

Jules Gheude : « Jour après jour, je vois le démantèlement de la Belgique progresser comme un processus irréversible. Si un peuple ou une nation belge n’est jamais parvenu à germer, en revanche, il y a bien une nation flamande. Cela figure d’ailleurs expressément dans le « Manifeste pour la Flandre », que le Parlement flamand a adopté en 2012. Si la Belgique se scinde, je vois trois scénarios pour la Wallonie : 1° une Wallonie indépendante ; 2° la réunion de la Wallonie et de Bruxelles en un Etat, le fameux WalloBrux ; 3° une réunion de la Wallonie à la France.

« Une Wallonie indépendante serait très rapidement confrontée à une situation à la grecque – pauvre et chancelante. Quant au WalloBrux, ce n’est qu’une chimère, comme l’a fort bien décrit François Perin : nous aurions une Belgique en réduction, aussi médiocre que l’autre, avec les Saxe-Cobourg en prime ! D’une enquête de Rudi Janssens (VUB), en 2013, il ressort d’ailleurs que les Bruxellois ne veulent pas s’engager avec une autre région : 4% seulement d’entre eux seraient prêts à lier leur sort à celui de la Flandre et 4,6% à celui de la Wallonie. Par conséquent, il ne reste logiquement comme meilleure solution qu’une réunion de la Wallonie à la France. (il rit) C’est la France que la Wallonie doit rejoindre et non l’Allemagne, comme l’a un jour suggéré Paul Magnette. Notre langue et notre culture sont communes et elles constituent donc la base idéale pour un tel scénario. Nous avons d’ailleurs été Français durant vingt ans, fin du 18e, début du 19e siècle. »

‘t Pallieterke : Ce schéma est logique et convenable. Mais cadre-t-il bien avec les chiffres, avec la réalité ?

Jules Gheude : « Une scission, par exemple, de la dette de l’Etat, sur base des chiffres macro-économiques de 2010 – ce sont des données incontestables –  et avec un taux d’intérêt de 3,6% pour la dette publique belge, absorberait 22% des dépenses publiques wallonnes.

« Mais la Wallonie serait rapidement confrontée au marché des emprunts internationaux, nécessaires pour financer son déficit. Avec des taux d’intérêt de 12%, comme pour la Grèce, on atteindrait un solde net à financer correspondant à 37% des dépenses publiques. Impossible à digérer, on irait vers un bain de sang social ! Au sein de la France, la dette wallonne (18,6 milliards d’euros) serait marginale. Jacques Attali, l’ancien conseiller du président François Mitterrand, l’a bien compris : le prix à payer pour la France serait sûrement plus faible que ce que cela lui rapporterait. C’est un beau débat. Qu’il commence ! »

‘t Pallieterke : Le parti rattachiste de Paul-Henry Gendebien, le « Rassemblement Wallonie-France », n’a pas obtenu 0,5% des voix en mai 2014. Qui est donc favorable à ce scénario ?

Jules Gheude : « La création de ce parti, en 1999, ne fut pas une bonne idée. François Perin a d’ailleurs tenté vainement de dissuader Paul-Henry Gendebien de concrétiser le projet. Aussi longtemps que la Belgique existera, les Wallons continueront à voter pour les partis traditionnels.

« Mais la situation changerait avec la scission du pays. En 2008, « Le Soir », conjointement avec « La Voix du Nord » à Lille, a réalisé un sondage pour savoir comment les gens envisageaient les choses en cas de disparition de la Belgique. 49% des Wallons voyaient l’avenir de leur région en France. Un sondage Ifop / France-Soir en 2010 a révélé que 66% des Français, et le taux atteignait même 75% dans les régions frontalières, accueilleraient favorablement la réunion de la Wallonie. »

‘t Pallieterke : Pourquoi êtes-vous partisan de cette intégration sur mesure ? Pourquoi pas une assimilation directe ?

Jules Gheude : « Les études que nous avons réalisées pour les Etats généraux de Wallonie de 2009 ont fait apparaître des différences sensibles avec la France : notre système d’enseignement avec le Pacte scolaire, le fait que nos syndicats paient les allocations de chômage. Les mutuelles françaises n’ont rien de comparable avec les nôtres, car en France c’est l’Etat qui est compétent pour le remboursement des soins de santé.

« Nous avons fait alors la connaissance du Français Jacques Lenain, l’un de ces brillants « commis d’Etat » comme la France en compte tant. Il était à la tête des hôpitaux de France et il avait lu un ouvrage de Gendebien. Lenain part du principe que ni le monde politique wallon ni les syndicats ou les mutuelles n’accepteraient une assimilation qui leur ferait perdre leurs prérogatives. Il défend donc une forme d’intégration, l’union-intégration, qui permet de maintenir la spécificité de la Wallonie. Pas besoin, dit-il, que les Wallons se présentent nus devant Marianne pour revêtir ensuite l’uniforme français.

« La Constitution française n’est pas une armure en acier. Elle peut accorder à la Wallonie un statut propre qui lui garantit sa spécificité et son autonomie. En ce qui concerne l’ex-droit fédéral belge, il est conservé, à quelques exceptions près, et placé sous la responsabilité du législateur français. En échange, la France compte sur une gestion wallonne sérieuse et efficace, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. »

‘t Pallieterke : Un classique, et Bruxelles ?

Jules Gheude : « Une large majorité opte pour une forme d’autonomie. Un district européen, comme l’envisageait Louis Tobback, n’est pas une option réaliste. On ne voit pas, en effet, se profiler une forme d’Etats-Unis d’Europe. Les 28 Etats membres n’y sont pas prêts.

« Je vois plutôt Bruxelles évoluer comme une Cité-Etat, abritant le siège des institutions européennes, de l’OTAN et de nombreuses organisations et entreprises internationales. Ce scénario s’écarte de Washington DC. Tous les habitants pourraient ici prendre part aux élections pour constituer la représentation parlementaire. »

‘t Pallieterke : Avez-vous des craintes en voyant la N-VA être la plus grand parti de Belgique, avec comme but de supprimer le pays ?

Jules Gheude : « La N-VA a du talent pour gérer la Flandre et le pays. Au sein du gouvernement flamand, le ministre Philippe Muyters est parvenu, cinq années de suite, à maintenir le budget hors du rouge. En Wallonie, c’est impossible. On reporte systématiquement le retour à l’équilibre.

« Le Mouvement flamand craint une « belgicisation » du parti nationaliste. Je crois que Bart De Wever est trop perspicace et trop habile pour cela. Il a souligné que la position actuelle, avec un arrêt communautaire, était provisoire. Dans cinq ans, le parti retrouvera sa liberté communautaire.

« Dès que la dette de l’Etat aura diminué – l’une des priorités de la coalition suédoise -, la question de la structure de l’Etat sera de nouveau abordée. De Wever sait que le démantèlement de la Belgique est irréversible. La Wallonie, Bruxelles et la Flandre ont donc tout intérêt à ce qu’aucun moment de la scission, la dette publique soit la plus petite possible. »

‘t Pallieterke : Sur le plan pratique, comment voyez-vous la concrétisation de ce réunionisme ?

Jules Gheude : « Je suis un démocrate. Les Français et les Wallons devront donc décider par référendums, l’un ici, l’autre en France. Comme je l’ai déjà dit, une majorité est prête en France  à accueillir les Wallons. Mais la question demeure : dans quelles conditions ? Un statut de large autonomie pourrait en effet rendre d’autres régions de France jalouses. »

‘t Pallieterke : Vous dites que, dans la pensée wallonne, le réunionisme a toujours été une constante ?

Jules Gheude : « Paul-Henry Gendebien a été, durant plusieurs années, Délégué général de la Communauté française à Paris. Dans l’un de ses livres, il explique qu’il a eu l’occasion de recevoir le Liégeois Jean Gol, qui constatait que même les libéraux flamands étaient devenus nationalistes.

« Lorsque Léo Tindemans torpilla en 1978 le Pacte d’Egmont, François Perin tenta de réunir la « famille » libérale autour d’un projet communautaire commun. Mais il se heurta à l’intransigeance des libéraux flamands, notamment Herman Vanderpoorten. Gol était convaincu que la Belgique n’avait plus d’avenir et que la France était l’unique solution pour la Wallonie. Sur un sous-bock, raconte Gendebien, il se mit à compter le nombre de parlementaires wallons qui siègeraient à l’Assemblée nationale. Les deux hommes évoquèrent aussi les scénarios possibles, en particulier celui de l’Alsace-Lorraine.

« Le lendemain de cette rencontre, Gol eut des contacts au plus haut niveau avec des cercles politiques parisiens. Je rappelle aussi qu’après la Seconde Guerre Mondiale, un Congrès wallon s’est prononcé pour le réunionisme, avant d’approuver l’option fédérale. Aujourd’hui, vous trouverez des réunionistes au sein de tous les partis wallons. »

« La N-VA est un partenaire gouvernemental loyal »

On s’attendait à des tensions entre la N-VA et le MR. Le gouvernement Michel est principalement confronté aux bisbilles entre la N-VA et le CD&V. Quel est votre sentiment à cet égard ?

« La N-VA est un partenaire loyal, mais son objectif demeure l’indépendance de la Flandre. Siegfried Bracke l’a rappelé récemment : cette indépendance est une évolution logique, tout comme les lois de Darwin. La N-VA ne bazardera pas ses objectifs et le CD&V réagit comme un concurrent électoral de la N-VA.

« Je pense au Pacte d’Egmont en 1978, lorsque la Volksunie et le FDF étaient ensemble dans le gouvernement Tindemans. Le démocrate-chrétien Léo Tindemans est allé remettre sa démission au roi, renvoyant ainsi, nus devant leurs électeurs, la VU et le FDF qui s’étaient entendus au départ de concessions réciproques.

« Ce ne sera pas le cas aujourd’hui. Le CD&V ne peut pas refaire ce show en pointant du doigt le concurrent comme parjure. Les deux partis ont, en effet, clairement dit qu’ils voulaient la paix communautaire durant cinq ans.

« Le CD&V joue aujourd’hui le rôle du PS, selon la presse francophone. Ce faisant, il nage à contre-courant de la Flandre. La prospérité de la Flandre n’est pas le fait d’une politique de gauche, mais bien d’une vision de droite qui a donné ses chances aux petites et moyennes entreprises, lesquelles constituent plus que jamais l’épine dorsale de l’économie flamande.

« Si le gouvernement Michel devait chuter avant son terme de cinq ans, la N-VA reprendrait ses billes et nous irions sans doute encore plus vite vers le confédéralisme.

« En 1962, après la fixation de la frontière linguistique, François Perin écrivit que la Flandre était devenue un Etat dans l’Etat. Cette phrase montre sa clairvoyance : Si aucune révision constitutionnelle n’intervient à temps, l’éclatement du pays pourrait se solder par des institutions centrales très simples : des délégués des gouvernements wallon, flamand et bruxellois se concertent d’une manière régulière au sein d’un conseil fédéral et passent des conventions entre Etats pour la gestion d’intérêts communs. (…) Les trois parties gardent la plénitude de leur souveraineté : seules des conventions entre voisins régleraient les problèmes auxquels ils seraient inévitablement confrontés. C’est une formule de confédération centrifuge. »

Le Thalys wallon vu par M Belgique

Le Thalys wallon, symbole d’une réforme de l’Etat masquée (MBelgique du 21/03/15)
31 mars 2015, 17:04

C’est bien connu: un train peut en cacher un autre. “E pericoloso sporgersi”. Danger: derrière le Thalys wallon, c’est le train fantôme des volontés flamandes qui déboule. Plus que du simple communautaire : comme une sorte de réforme de l’Etat masquée qui postulerait un tout nouveau rôle pour la Région wallonne : suppléer le fédéral.
Vous avez assurément entendu souvent, dans la bouche de politiques flamands de tous horizons politiques, cette maxime récurrente: “Ce que la Flandre fait elle-même, elle le fait mieux”.
Evolution récente, N-VA aidant, la formule soudain se complète désormais d’un : “Ce que nous, au gouvernement fédéral, n’avons plus envie de faire, faites-le donc vous-même, mes p’tits wallons…”
C’est une ministre francophone, Jacqueline Galant, qui stoppe le Thalys wallon mais incite le gouvernement wallon à le reprendre à son compte.
C’est la même Galant qui entend supprimer des lignes de la fédérale SNCB puisque les TEC wallons n’ont dès lors qu’à acheter des bus en plus…
« Back to the future »

C’est du “back to the future”, retour à ce qui se passait dans les “secteurs nationaux” dans les années 80, lorsqu’un Luc Van den Brande (CVP, aujourd’hui CD&V)) s’exclamait froidement: “Si les wallons veulent aider leur sidérurgie, ils n’ont qu’à payer eux-mêmes”.
Certes, on pressentait déjà bien, à l’époque, que l’avenir de la sidérurgie wallonne ne serait pas rose. Ce qui n’allait pas, que c’est que des dossiers flamands tout aussi peu enthousiasmants comme ceux du textile, de la construction navale ou d’autres aussi pourris que celui des charbonnages du Limbourg (qui coûtèrent des flopées de milliards à l’Etat belge) étaient traités, parce que concernant le Nord, avec une fluidité exemplaire, les grandes entreprises wallonnes ne recevant que des portions congrues.
Les choses ont-elles tellement changé? Certes, d’importantes réformes de l’Etat sont passées par là, certes les Régions se sont emparées d’importants leviers économiques mais on voit toujours aujourd’hui des ministres fédéraux s’en allant chanter, non plus seulement le paisible Vlaams Leeuw, mais bien les partitions nationalistes de la « Zangfeest »qui dénotent pour le moins avec le concept de la “loyauté fédérale”.
Lequel postule, par exemple, que dès lors qu’une décision de compétence fédérale pourrait avoir des conséquences pour la Wallonie (ou Bruxelles et la Flandre) il y ait à tout le moins “concertation”. (le Comité ad hoc a d’ailleurs depuis été saisi d’office par le Gouvernement wallon).

Le Thalys Vande Lanotte : 1% depuis Ostende

Petit résumé pour ceux qui auraient loupé ce wagon tout chargé de communautaire. En février, le gouvernement se penche sur le “Thalys Vande Lanotte”, du nom du ténor socialiste flamand, surnommé l’ “Empereur d’Ostende”, et qui a voulu et protégé pendant des années l’arrivée d’un Thalys quasi vide dans sa cité balnéaire, « Reine des Plages ». Officiellement, on ne vous le racontera pas comme ça, mais la pièce s’est jouée ainsi : le sp.a remballé dans l’opposition, ses copains N-VA mettent en exergue le flop : le tronçon Ostende-Bruges affiche un taux d’occupation de …1%. (chiffre officiel)
Donc, décide le gouvernement, il sera suspendu jusqu’à examen dans le cadre du “plan de modernisation et d’efficience de la SNCB”.
Mais c’était sans compter sans un de ces coups fourrés qui donnent décidément toute sa saveur à la solidarité flamande, surtout depuis l’arrivée au pouvoir de la N-VA. Puisqu’une décision politique arrêtait le Thalys du Nord, il fallait évidemment stopper itou le Thalys du Sud.
En y mettant les formes en communication, c’est à dire en parlant d’abord d’une “suspension” pour l’installation du système de sécurité ECTS (sur un tronçon de la dorsale wallonne). Alors que c’est bel et bien d’une suppression définitive dont il est question.
Pas plus fine psychologue que mathématicienne, la démonstration en a été faite par la ministre Jacqueline Galant elle-même, qui n’avait évidemment aucune raison de tant s’embrouiller dans des chiffres de déficit s’il ne s’agissait que d’une simple et inoffensive suspension technique, comme la dorsale wallonne en a déjà connu par deux fois.

140.000 passagers l’an

Le hic, c’est que la fréquentation du Thalys du Sud est tout de même largement différente : là, on en est à des taux de remplissage de 50%, voire de 60% le week-end.
Pas de quoi crier au succès mais, mine de rien, le temps a fait que de plus en plus de passagers ont découvert la ligne. Sous le gouvernement Verhofstadt, une véritable concertation s’était d’ailleurs tenue entre ministres fédéraux et régionaux qui s’étaient accordés à donner du temps à la liaison : non sans résultats, le Thalys wallon affichant désormais 140.000 passagers l’an. Soit 5,7 mio€ de recettes et effectivement, un déficit de 4,5 mio€ l’an.
Sur ce dernier chiffre, Jacqueline Galant de Jurbise ne se trompe point : le léger problème est qu’elle ignore tout du fond du dossier. A savoir que si 5 mio d’€ ce n’est pas rien, c’est tout de même quasi rien dans le budget SNCB et que c’est le prix à payer pour continuer d’exister sur la carte européenne du train à grande vitessse.

On oublie le grand consensus d’il y a 25 ans

Passons le fait que pratiquement quasi-toutes les lignes de la SNCB sont forcément déficitaires (ça s’appelle un service public), passons le fait que ledit déficit était tellement connu qu’il était prévu dans le Contrat de Gestion SNCB.
Ce que tout le monde a omis de dire et qu’il faut rappeler c’est que, jadis, avant le Thalys, de multiples lignes internationales reliaient, lentement, les grandes villes de Wallonie à Paris (jusqu’à sept trains par jour).
Et qu’on a oublié un peu vite le grand consensus politique qui s’était noué il y a 25 ans, lorsqu’il s’était agi d’abandonner irréversiblement toutes ces liaisons à l’ancienne et de de positionner la Wallonie, et sa capitale namuroise, sur le réseau européen des trains à grande vitesse. Histoire de doper, comme ce fut le cas pour Lille, le développement économique.
Ce ne fut d’ailleurs pas évident: il a fallu se battre pour que les lignes à grande vitesse s’installent en Wallonie et les permis de construire furent un feuilleton sans relâche.
Si on n’y prend garde, à force d’en sourire, on en arriverait, avec le folklore mathématique de Jacqueline Galant, à en oublier l’essentiel : à savoir que, jusqu’à nouvel ordre (ou nouvelle réforme de l’Etat), les trains sont financés également par les Wallons. Et que ce cela postule des retours pour la Wallonie.

Le flop du Fyra, vite résolu

Paul Magnette, le Ministre-Président wallon, ne s’est ainsi pas privé de rappeler que lorsque la Flandre s’est retrouvée confrontée à l’historique flop du Fyra (ce train de conception italienne à très relative haute vitesse -108 km/heure à peine- qui n’a roulé que six semaines vers les Pays Bas avec un important arrêt à Anvers), il n’a fallu que peu de temps pour trouver, avec l’appui wallon, un accord financier ad hoc et mettre en place un service Intercity de remplacement.
On verra ce qu’il adviendra du sort final du Thalys wallon, de toute façon à l’arrêt au 1e avril. Une certitude : tandis que la Wallonie n’a rien à dire sur le“plan de transport” qui multiplie à l’infini les colères des navetteurs, la Flandre a développé un bien meilleur réseau ferroviaire, notamment IC, avec une offre conséquente.

Clair de lune à Maubeuge

Ce n’est d’ailleurs pas un événement anodin que le Premier Ministre luxembourgeois soit venu, l’autre jour, à la tribune du Parlement Wallon s’inquiéter de la panne des investissements sur la mythique ligne 162, celle qui tortillarde de Bruxelles à Luxembourg.
Pour les wallons, la suspension/suppression du Thalys, c’est la crainte d’un retour à une provincialisation, alors que, partout en Europe, les compagnies de chemins de fer dépensent des sommes pharamineuses dans l’interconnexion des villes.
On l’a vu dans le débat au Parlement wallon : au delà d’un classique conflit Nord/Sud sur les ressources, c’est le MR, seul partenaire francophone du gouvernement, qui est accusé “de n’avoir pas tenu bon face à la Flandre.”
Le libéral Jean-Luc Crucke a eu beau plaider “pour qu’on extirpe la liaison Belgique-France du monopole du Thalys” et proclamer sa foi dans une alternative qui passerait par le clair de lune de Maubeuge et la gare de Valenciennes, il n’a guère convaincu. Pire: ses petits camarades se sont amusés à lui mettre sous le nez de mâles mais périmées déclarations d’autres libéraux quant à la sacro-sainte défense du Thalys wallon.

La régionalisation du rail, objectif flamand

Va-t-on vers un confédéralisme larvé dont le sort du Thalys wallon serait un des signaux d’alerte? Il est clair ici qu’on a appliqué la fameuse “théorie du gaufrier” c’est à dire supprimer le Thalys du Sud pour compenser la suppression du Thalys du Nord.
Et il ne faut jamais perdre de vue que, depuis longtemps, tous les partis flamands ont demandé la régionalisation du rail, la Flandre souhaitant, avec des nuances, gérer toute sa mobilité.
Steve Stevaert, l’ancien président des socialistes flamands, entendait ainsi financer des “lignes locales d’un rail purement flamand”. Ou décrocher, à défaut plus que l’actuelle clé 60%/40% des investissements ferroviaires…
Suspendu ou définitivement arrêté ? Le sort du Thalys wallon jouera en tout cas à coup sur l’image du MR en Wallonie.
Chacun sait désormais qu’il y a un prix à payer pour tout politique francophone qui entend accéder à la fonction de Premier Ministre.
Le montois Elio Di Rupo paie cash aujourd’hui ses concessions aux partis du Nord sur les allocations d’insertion et les exclusions du chômage.
S’il ne redémarre pas, le Thalys wallon pourrait conduire à cette question ennuyeuse pour le Premier Ministre, le Wallon Charles Michel : son pouvoir fédéral s’arrête-t-il à Wavre?

« L’album Perin » à Télévesdre

Télévesdre (TV communautaire de Verviers qui couvre également la Province de Luxembourg) a invité Jules Gheude à réaliser l’émission « L’album Perin ».

C’est un merveilleux témoignage au départ de photos et documents divers. C’est toute une partie de notre histoire mise en relation avec l’actualité politique. C’est un document fidèle et instructif sur la personnalité incomparable qu’a été François Perin.

C’est une vidéo que tout Citoyen qui se veut éclairé se doit de voir et d’apprécier comme on le fait d’ une chose rare.

Paul D.

http://www.televesdre.eu/www/l_album_jules_gheude_ecrivain-86613-999-138.html

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde