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L’ « Objectief V » de la N-VA

Vendredi, le quotidien flamand de Morgen a publié une note apparemment rédigée par Bart De Wever après le départ des députés Hendrik Vuye et Veerle Wouters.  Cette note est disponible (en néerlandais) sur le site de la RTBF. Nous reprenons ici un extrait de l’article écrit par le journaliste Pierre Magos.

La stratégie communautaire de la N-VA, imprimée noir sur blanc

« Nous n’avons pas mis le communautaire au frigo, mais bien dans le four, et nous le ressortirons quand la température sera bonne. » Tout ne serait pour l’état-major de la N-VA qu’une question de patience. La stratégie est, noir sur blanc, de mettre les francophones en situation de demandeurs. Et la N-VA ne cache pas que son action au sein du gouvernement fédéral est destinée, aussi, à y parvenir. Elle sert, dit la note, à la flamandisation de l’État. Mais, manifestement, rendre les autorités fédérales plus flamandes, a comme principal objectif d’attirer celui qui pourrait être son interlocuteur incontournable en 2019, le Parti Socialiste, autour d’une table de négociation… « pour éveiller l’appétit du PS » à franchir une nouvelle étape dans la réforme de l’Etat.

C’est cette déclaration qui avait, à l’origine suscité l’agacement d’Hendrik Vuye et Veerle Wouters, ainsi que du Mouvement flamand qui estimaient que si cette stratégie ne fonctionnait pas, cela signifierait automatiquement la reconduction de l’actuelle coalition fédérale, avec le seul MR du côté francophone, et un nouveau renoncement de 5 ans à une réforme de l’État, donc le renvoi aux oubliettes du confédéralisme.

Que nenni! affirme dans le document la direction de la N-VA : le prix à faire payer aux francophones dont les électeurs permettraient un retour du PS, c’est la mise en œuvre du confédéralisme. Mais avec ou sans PS, la N-VA mettra de toute manière son ambition confédéraliste sur la table.

L’Europe existe-t-elle vraiment?

« Voter Oui au Traité de Maastricht permettra de faire le poids face aux Etats-Unis. » C’était une affiche du Parti socialiste français.

Vingt-quatre ans après, le désenchantement est profond, et ce n’est pas sans raison. Pour s’en convaincre, il suffit de lire ici la carte blanche que Pierre Defraigne a publiée dans La Libre.

L’industrie européenne prise dans l’étau américain

L’Europe n’est-elle pas simplement en train de construire un jardin à la française où ses concurrents américains et chinois déambuleront à loisir pendant que les entreprises et les régulateurs européens ratisseront les allées ?

UNE OPINION DE PIERRE DEFRAIGNE, DIRECTEUR EXECUTIF DU CENTRE MADARIAGA-COLLEGE D’EUROPE ET DIRECTEUR GENERAL HONORAIRE A LA COMMISSION EUROPEENNE.

Au moment même où ils négocient durement le TTIP, les Américains qui viennent d’obtenir de l’OMC une sanction de 12 milliards contre Airbus au titre d’aides illégales, soumettent l’Europe à la double pression de l’extraterritorialité et du pouvoir de marché de leurs « superstars » (1). Voici l’Europe placée entre le marteau et l’enclume.

Des dizaines de milliards de dollars

Le marteau est constitué par la juridiction extraterritoriale exercée par les départements de la Justice et du Trésor américains ou du procureur de New York dans des affaires de mauvaise pratique financière (Deutsche Bank), de non-respect des embargos de l’Iran ou de Cuba (BNP), de corruption dans des marchés publics de pays tiers (Alsthom) et de fiscalité. L’extraterritorialité n’est certes pas neuve. Ses proportions vont toutefois grandissant. Les confiscations imposées à des banques ou des groupes industriels européens s’élèvent à des dizaines de milliards de dollars et sont décidées dans des deals négociés hors cours par les avocats d’affaires pour éviter des jugements susceptibles de ruiner l’entreprise européenne.

Le dernier cas en date est constitué par la faramineuse amende de 14 milliards réclamée à la Deutsche Bank (18 milliards de capitalisation boursière) par le département de la Justice, pour son activité illégale dans l’affaire des subprimes, signe d’une saine rigueur certes, mais de toute évidence hors de proportion avec les sanctions imposées à ses concurrentes US. Deux poids, deux mesures ! On est en plein nationalisme économique. On est surtout face à un privilège impérial, insupportable à l’endroit d’un allié stratégique et d’un partenaire économique comme l’Europe. Cette menace d’amende pèse en effet comme une épée de Damoclès sur tout le système bancaire européen. L’intention agressive est évidente.

Autre exemple : dans une lettre à Angela Merkel, 130 CEO de multinationales, appuyés par le Trésor US, s’expriment contre la décision courageuse de la Commissaire danoise Vestagher d’exiger de l’Irlande qu’elle récupère 13 milliards de taxes dont elle avait indûment exempté la firme de Cupertino. Cette offensive américaine contre la souveraineté fiscale en Europe, doit être prise très au sérieux. Que cette lettre soit adressée à la chancelière allemande n’est pas une erreur de destinataire : l’Allemagne est à la fois l’Etat leader en Europe et un partenaire européen très dépendant des Etats-Unis pour sa sécurité; elle est donc la voie d’entrée idéale pour contourner la Commission et diviser le Conseil européen. On n’est plus dans la guérilla traditionnelle entre partenaires transatlantiques. Il s’agit d’autre chose.

Une politique de la puissance totale

L’enclume de son côté est figurée par le phénomène de concentration qui caractérise plusieurs secteurs, de l’agrochimique au numérique et à la finance et qui crée des structures de marché oligopolistiques extrêmement rentables (2). Ces fusions et acquisitions s’inscrivent dans une double logique : tantôt, elles répondent à la décélération de la croissance économique mondiale et à la perspective de ce que Larry Summers appelle une stagnation séculaire à l’Ouest, ainsi qu’à la montée de la Chine en puissance; tantôt, elles sont le produit de l’avance prise par le Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) dans la révolution numérique, initiée et soutenue, il faut le rappeler, par le Pentagone et qui s’étend aujourd’hui, notamment avec l’uberisation, à la numérisation en aval de toute l’économie mondiale.

L’Amérique entend non seulement que l’Europe se plie à cette double stratégie de puissance, mais aussi qu’elle lui serve d’alliée obligée dans son dessein d’un ordre international qui assoit à la fois ses principes et ses intérêts au sommet des institutions et des marchés internationaux. C’est une politique de puissance totale qu’elle poursuit, à la fois économique, financière, technologique et militaire, redoutablement efficace et complètement étrangère aux vues et aux moyens de l’Europe. Elle est poursuivie avec constance par Washington depuis le système multilatéral de Bretton Woods (1945) et à travers le Consensus de Washington jusqu’en 2008. L’Amérique, déjà investie du « privilège exorbitant » du dollar, combine plus que jamais supériorité stratégique et avance technologique pour promouvoir la prééminence de ses firmes et de sa finance sur les marchés mondiaux. Cette synergie de la puissance publique avec ses énormes moyens économiques, stratégiques et culturels, et des grandes firmes oligopolistiques exerce un impact irrésistible sur l’Europe dont le retard technologique va croissant.

Le triple piège

L’Europe est ainsi prise dans un triple piège. Sa dépendance stratégique d’abord : comment parler sur un pied d’égalité avec Washington, sans défense commune ? Ensuite, ses investissements croisés avec les Etats-Unis l’ont jusqu’ici empêchée de définir une préférence communautaire pour les véritables entreprises européennes. Enfin, le retard numérique de l’Europe la place devant un dilemme : faut-il tenter de rattraper les géants du numérique américains ou chinois, ou jouer plutôt la numérisation de tous les secteurs en aval en misant sur des réseaux ouverts, un accès aux big data, la libre circulation des données, une protection de la vie privée minimum ? Mais l’Europe, avec son projet de marché digital unique sans stratégie industrielle, n’est-elle pas simplement en train de construire un jardin à la française où ses concurrents américains et chinois déambuleront à loisir pendant que les entreprises et les régulateurs européens ratisseront les allées ?

Si l’objectif de l’Europe est de revenir à 20 % de valeur ajoutée industrielle dans le PIB en 2020, sera-ce par des segments de haut de gamme de ses propres chaînes globales ou sera-t-elle confinée dans le moyen et le bas de gamme des chaînes de production globales des grandes firmes multinationales US, voire chinoises ? Sans groupes industriels et financiers transnationaux de taille globale, l’UE ne préservera pas son modèle et n’accédera pas à l’autonomie stratégique. Et le TTIP compliquerait irrémédiablement leur émergence.

(1) C’est ainsi que « The Economist » du 16 septembre qualifie les nouvelles firmes globales oligopolistiques américaines.

(2) Aux USA, la rentabilité des firmes oligopolistiques américaines serait de 40 % supérieure à ce qu’elle est dans le reste du monde.

Le bonheur d’être en Belgique

Selon un sondage récent dont il a été récemment question sur le site de La Libre, 9 Wallons sur 10 se sentent d’abord belges, mais le sondage ne dit pas combien de Flamands se sentent d’abord belges.

Voici ce qu’on pouvait lire ce mercredi 28 septembre sur le site de la RTBF :

Messines, la Flamande, ne veut pas des camions wallons sur son territoire

Messines a fait installer des blocs de béton en travers de la route pour empêcher le passage.

Pour faire simple, les Flamands ne veulent pas des camions wallons sur leur territoire. D’abord, il faut dire qu’on est à la frontière entre la Wallonie et la Flandre. Dans une commune à facilités, l’entité de Comines, en Hainaut.

L’origine du mécontentement, ce sont les travaux chaussée d’Ypres du côté wallon. C’est la Région wallonne qui la répare. Du coup, on n’y circule plus pour l’instant. Seulement, cette route est un axe important entre Ypres et toute cette zone située à la frontière française. Une zone où on trouve aussi l’entreprise Clarebout Potatoes, dans l’entité de Comines (une usine de transformation de la pomme de terre), qui envoie beaucoup de camions sur les routes.

Alors, pour éviter les travaux, les camions, les tracteurs et les voitures ont le choix : faire un détour de 40 kilomètres ou passer par la Flandre. Et traverser Messines, qui est interdit aux plus de 7,5 tonnes.

Guéguerre politique entre Messines et Comines

Messines, la Flamande, ne veut pas des camions wallons qui prennent cette déviation sur son territoire. Comines, la Wallonne, veut elle éviter à tout le monde de faire 40 kilomètres de détour.

Messines a fait installer des blocs de béton en travers de la route pour empêcher le passage. Mais les camions arrivent à se faufiler pour l’instant. Prochaine étape : Messines promet des caméras et des contrôles de police. ET sans dialogue, on risque bien l’escalade.

Turbulences à la N-VA

Les tensions à la N-VA ont déjà fait couler beaucoup d’encre. En Flandre et au gouvernement fédéral, il s’agit quand même du parti dominant, porté au sommet par un raz-de-marée jaune et noir, mais ce parti, qui existe avant tout pour conduire la Flandre à l’indépendance, ne cesse à présent de reculer dans les sondages, essentiellement au profit du Vlaams Belang, plus radical, dont il avait réussi à siphonner beaucoup d’électeurs soucieux de voter « utile » et de mandataires attirés par la perspective du pouvoir. Installée au sommet de l’Etat belge, la très flamande N-VA y imprime sa marque et donne à certains de ses membres une visibilité qui les rend populaires mais, même dans un gouvernement fédéral dominé à 80 % par la Flandre, elle doit s’attendre à ce que l’exercice du pouvoir se paie électoralement. Bart De Wever, qui a longtemps été la seule figure de la N-VA, est soumis à une pression nouvelle et son repositionnement stratégique est commenté diversement par les médias.

Il s’agit d’une question existentielle, tant pour la N-VA que pour la Belgique. Avec sa verve habituelle, le chroniqueur Marcel Sel a écrit ce qu’il en pensait sur son blogue. Nous y renvoyons nos lecteurs. Voici notamment ce qu’on peut y lire :

Si la N-VA reniait le nationalisme, elle perdrait donc sa nature et finirait par s’évaporer, comme ce fut le cas de la Volksunie quand il se mit à trop « coopérer » avec la Belgique honnie. Et ses électeurs si peu indépendantistes ? Au minimum, ils ne sont pas dérangés par son profil ethnique et nationaliste, tout comme ceux du Vlaams Belang en 2004 (24 % des électeurs flamands) n’étaient pas dérangés par son fascisme et son racisme. Mais bien entendu, ils attendent nettement plus d’un parti politique qu’une simple idée nationale. Le génie de Bart De Wever est d’avoir « rempli » les cases manquantes du programme par le socio et l’économique. La rencontre entre lui et l’électorat de droite s’est conclue parce qu’ils partageaient un goût prononcé pour le conservatisme rigide et autoritaire.

Quant à l’ADN, face à la nécessité de contenter des électeurs pas forcément ou pas uniquement nationalistes, les ténors du parti se répartissent les rôles. Ainsi, Jan Jambon rappelle régulièrement que la Republiek Vlaanderen est la raison d’être du parti. Mais c’est à moyen terme. Siegfried Bracke répète tout aussi régulièrement que l’important, c’est le socio-économique. Tout en rappelant que lui aussi rêve d’indépendance — mais les rêves, c’est du long terme. Les leaders Geert Bourgeois et Bart De Wever unifient le message, comme le dernier l’a fait au micro de la VRT le weekend dernier. Je résume et traduis : « le programme N-VA est toujours le même, il est nationaliste et séparatiste, mais en 2019, on verra quelle partie de ce programme on appliquera (avec le MR) ; si jamais on m’imposait une négociation avec le PS, ah ! malheur ! je serai obligé de mettre tout le bazar sur la table. »

Pire : si la N-VA ne prévoit plus l’indépendance ou la république flamande à court terme, le confédéralisme n’est rien d’autre qu’une indépendance impérialiste. Dans cette perspective, les autres entités de la Belgique sont mises au service de la Flandre, la partie richissime du pays. Elle peut donc dicter ses conditions à l’autre partie, exsangue. Et elle ne reconnaît pas à Bruxelles, pourtant région à part entière, le droit de choisir son destin : elle sera, dans le plan N-VA, une capitale partagée. Sachant que c’est le moteur économique du pays, on peut se demander qui prendra la meilleure part de ce gâteau-là. En général, c’est le plus riche.

Impérialisme et autoritarisme, encore, quand Bart ne se gêne pas pour influer sur les choix des électeurs wallons par un chantage radicalement antidémocratique. C’est « soit, vous votez MR, soit je fais péter le bazar et vous n’aurez plus rien ». Il faut considérer son « peuple » comme immensément supérieur pour s’autoriser une telle dialectique. Mais cette attitude musclée séduit son public antisocialiste voire antifrancophone. De quoi rappeler à ceux que la méthode socioéconomique de Bart fascine au Sud du pays qu’ils ne sont pas concernés par le formidable progrès qu’il veut offrir, exclusivement, aux Flamands.

Kroes, Barroso, Van Overtveldt

Cela nous rappelle Michael Moore et son Capitalism : a love story.

L’Europe vendue à l’argent, c’est un peu l’impression qu’on avait déjà, non sans quelque dépit, mais on n’osait pas imaginer que c’était à ce point-là. Et voilà qu’on apprend que « l’ancienne commissaire européenne à la Concurrence Neelie Kroes, chargée à ce titre de surveiller le monde des affaires, a été directrice d’une société aux Bahamas pendant son mandat, et ce au mépris des règles européennes ». Et voilà qu’on apprend aussi que celui qui dirigeait alors la Commission européenne, le transparent Manuel Barroso, était comme d’autres un affidé de la banque Goldman Sachs, dont les dirigeants « faisaient parvenir au cabinet de Barroso de manière confidentielle des propositions sur des changements à apporter aux politiques de l’Union européenne ».

Evidemment, des « propositions », ce ne sont pas des ordres, mais quelle idée Barroso se faisait-il de son rôle à la tête de l’Union européenne ? Au-delà d’un idéal européen totalement dévoyé, c’est carrément la démocratie qui est foulée du pied. Reconnaissons toutefois que l’Europe ne peut pas être accusée de tous les maux, puisqu’elle dépend largement de la volonté de ses Etats membres. A ce sujet, il n’est pas inutile de rappeler ce qui suit. Cette information a été publiée le 18 juin 2016 sur le site du journal L’Echo.

La directive contre l’évasion fiscale bloquée par la Belgique

La Belgique a empêché la conclusion d’un accord clé sur la lutte contre l’évasion fiscale. L’Europe est suspendue aux lèvres de Van Overtveldt: s’il ne dit rien d’ici lundi minuit, le texte sera adopté.

Le gouvernement belge peut-il se permettre d’empêcher l’Europe d’accomplir son premier pas dans la lutte contre l’évitement fiscal ? Personne ne veut y croire, mais l’attitude que le ministre des Finances belge Johan van Overtveldt  a adoptée à Luxembourg vendredi pose question. À la surprise générale, la réunion de l’Ecofin  n’a pas accouché d’un accord sur la directive anti-évasion fiscale.

En cause : des règles ciblées sur la limitation des intérêts que la Belgique serait forcée de revoir. Alors que tout le monde autour de la table s’accordait sur une période de transition de cinq ans, le siège belge a fait de la résistance : impossible pour nous d’accepter un échéancier. « Pour les autres, c’est inacceptable parce que cela permettrait deux systèmes différents en parallèle pendant une période indéterminée, ce qui mènerait simplement à de la planification fiscale », a expliqué le président de la réunion, Jeroen Dijsselbloem (Pays-Bas). Le délai de cinq ans, c’était déjà « un compromis énorme » pour certains a souligné le Néerlandais.

La Belgique s’est donc vue accorder un temps de réflexion: si elle ne se manifeste pas d’ici lundi minuit, l’accord sur la directive anti évasion fiscale sera adopté par le Conseil. Ce sera un premier pas important dans la lutte contre l’érosion fiscale, même si le texte initial proposé par la Commission a été significativement affaibli. L’accord en suspens prévoit notamment une imposition à la sortie pour l’entreprise qui transfère ses actifs vers un pays à faible imposition. Il plafonne le montant des intérêts que le contribuable a le droit de déduire. Il prévoit aussi une clause anti-abus générale, qui permet aux États de prendre d’autres dispositions pour s’adapter à de nouveaux dispositifs fiscaux agressifs. « Nous venons d’une époque où les États membres se livraient à une très forte concurrence fiscale et nous allons vers une ère de coordination et de standards internationaux », résume Jeroen Dijsselbloem. Mais l’effet concret de telles mesures est difficile à prédire, admet le ministre néerlandais, qui se dit convaincu qu’il sera important. « Je ne crois pas que les entreprises vont cesser leur planification fiscale, mais elles vont certainement l’ajuster. »

Reste que pour l’heure, « nous sommes là entre les mains de nos amis belges… », constate le ministre Luxembourgeois Pierre Gramegna. Parmi les déçus du jour, le commissaire français Pierre Moscovici, qui a initié le texte en janvier. Il était arrivé à la réunion « confiant » dans la conclusion d’un accord vendredi: « Nous ne pouvons pas nous dérober à cette volonté citoyenne de voir les entreprises se conformer à une éthique fiscale à laquelle les gens ordinaires se conforment. » La procédure d’approbation tacite suit son cours. La Belgique a jusqu’à lundi minuit pour lever le petit doigt.

RAPPEL : ANNULATION DE CONFERENCE

Je lis dans le n° de septembre 2016 du trimestriel « 4Millions7 » l’annonce de la conférence-débat reprise ci-dessous. Je ne voudrais pas que des citoyens prennent le chemin de Lodelinsart ce soir pour constater  que cette conférence-débat a été annulée dès le 20.09.16 suite aux problèmes qu’ont rencontrés Hendrik VUYE et Veerle WOUTERS avec leur parti.

Paul D.

Communiqué de presse de l’AWF du 20.09.16

En accord avec Monsieur Hendrik VUYE et Madame Veerle WOUTERS, tous deux députés N-VA. , ainsi qu’avec Monsieur Jean-Claude Van Cauwenberghe,

l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE a décidé de reporter la conférence-débat prévue pour le 5 octobre 2016 à LODELINSART.

Il s’agissait d’entendre, à titre d’information, les positions de la N-VA sur le confédéralisme tel qu’envisagé par ce parti et d’en débattre avec les citoyens qui nous auraient fait l’honneur de venir nous rejoindre.

Vu les mouvements en cours ces derniers jours au sein de la N-VA, ils nous a paru plus sage de reporter la discussion à une date ultérieure.

L’AWF, mouvement citoyen pluraliste, maintient sa volonté de dialogue avec toutes celles et ceux qui se préoccupent de l’après-Belgique, qu’ils soient Wallons, Bruxellois ou Flamands.

Toute nouvelle manifestation sera annoncée sur ce site.

Charleroi, le 20 septembre 2016.

Paul Durieux                                        G-H SIMONIS

Président de l’AWF                         Administrateur                                                                            pour Charleroi

Voici ce qu’on pouvait lire aujourd’hui sur le site du « Vif-L’Express » :

Les déboires d’Hendrik Vuye et Veerle Wouters ne sont pas finis : ils débattront bientôt avec Jean-Claude Van Cauwenberghe

20/09/16 à 11:13 – Mise à jour à 16:23

Source: Le Vif

Le régionalisme est-il un ciment ? A moins que le statut de paria ne fédère ? La Ruche Verrière, à Lodelinsart, dont l’ASBL de gestion est présidée par l’ancien échevin des sports carolos Claude Despiegeleer, aura somme toute des allures de refuge pour politiques aux abois, le 5 octobre prochain, à partir de 18h30.

Les déboires d'Hendrik Vuye et Veerle Wouters ne sont pas finis : ils débattront bientôt avec Jean-Claude Van Cauwenberghe

Jean-Claude Van Cauwenberghe. © Belga

La Ruche, vénérable écrin édifié par les verriers à l’aube du siècle dernier, accueillera un débat organisé par les rattachistes de l’Alliance Wallonie France.

La conférence sera animée par un ancien bourgmestre de Charleroi et ministre-président wallon, et pas n’importe lequel : Jean-Claude Van Cauwenberghe. Deux députés fédéraux, et pas n’importe lesquels, viendront exposer le projet de leur parti -pour autant qu’ils ne l’aient pas quitté d’ici là, et pas n’importe lequel, pour la Belgique : il s’agit d’Hendrik Vuye et Veerle Wouters.

Comme s’ils avaient déjà synchronisé leurs agendas communautaires, les trois participants, le monsieur loyal wallon et ses deux invités flamands ont vécu un lundi difficile. Alors que, le matin, les deux flamingants se faisaient suspendre du bureau de leur parti, le soir, le wallingant se faisait rudoyer par ses camarades du comité fédéral de l’arrondissement de Charleroi. Amer signe des temps : c’est son ancien échevin Jean-Pol Demacq, et son ancienne collaboratrice ministérielle Latifa Gahouchi qui se sont montrés les plus circonspects devant l’initiative de Van Cau.

Wallonie schizophrène

Être ou ne pas être… Notre époque est de nature à susciter un tas de questions existentielles.

En Wallonie peut-être un peu plus qu’ailleurs.

Ce sont les fêtes de Wallonie. Les médias francophones ont rappelé combien les Wallons sont attachés à la Belgique. Aux yeux des Wallons, les tensions communautaires ne sont que des jeux politiques insignifiants, elles ne disent rien du « pays réel ». Pourtant, ces mêmes Wallons sont de plus en plus nombreux à sanctionner le parti d’Elio Di Rupo, qui aurait concédé trop de mesures antisociales à la Flandre (alors même que celle-ci était minoritaire au gouvernement, ce qui a radicalement changé). Une part significative de la Wallonie se cramponne à une politique de gauche autant qu’à un état belge de moins en moins solidaire essentiellement contrôlé par une Flandre au profil très à droite et très flamand. Plus la Belgique se détricote et plus on voudrait s’y sentir au chaud et plus on la fantasme. Wallonie schizophrène qui chérit la Belgique au-dessus de tout mais accuse le gouvernement fédéral de vouloir « mettre la Wallonie un genou en terre ».

Ce sont les fêtes de Wallonie et on a le droit d’être un peu fou.

Cela mange et cela boit mais la Wallonie existe ailleurs que dans un verre de pékèt, on vous l’assure et on va le prouver, quitte à fâcher la Flandre ou à réjouir sa frange indépendantiste, quitte à désobéir aux instances européennes, dont la politique n’est pas du tout sociale et protectrice et efficace. Ainsi monte et monte la parole de Paul Magnette, chef du gouvernement wallon mais aussi bourgmestre en titre de Charleroi. La Wallonie existe au moins dans les discours. Fini de tout accepter. La fermeture de Caterpillar-Gosselie pose encore une fois la question du pouvoir des Etats dans un monde globalisé dominé par les marchés financiers. A quoi peut servir la politique si le vrai pouvoir est ailleurs ? Que représente la Wallonie ? Et que représentent ceux qui la représentent ?

Force est de constater que de grands partis de gauche ont accompagné cette évolution qui les place aujourd’hui dans un inconfort croissant. Aveuglement, posture schizophrène : on ne peut pas vouloir tout et son contraire. Mais l’enjeu de la mondialisation dépasse évidemment la Wallonie et le Parti socialiste. Au cœur du problème, il y a la place laissée à la politique, à la démocratie, aux citoyens.

Voici ce qu’on pouvait lire hier sur le site Atlantico.fr, un site d’information généralement catalogué « à droite ». Les personnes interrogées, Xavier Timbeau et Sylvie Matelly, sont des experts en analyse économique. Ils ne se sont pas exprimés sur le cas particulier de la Wallonie mais on peut au moins retirer une chose de leurs propos : dans la nouvelle configuration du monde, la Wallonie ne s’en sortira pas toute seule. On le savait. (G.R.)

Morceaux choisis :

Atlantico : Quel est véritablement le pouvoir d’un Etat dans l’économie du XXIe siècle ?

Xavier Timbeau : La globalisation est l’histoire de la remise en cause des pouvoirs des Etats dans l’économie du XXIème siècle. Ce qui peut être fabriqué ailleurs dans de meilleures conditions de coût, de sécurité juridique, d’accès au marché le sera. Les Etats sont donc en concurrence pour attirer la production. Pourtant ils gardent de nombreux instruments, de la production de réglementations à la fourniture d’infrastructures ou d’une main-d’œuvre qualifiées.

La fiscalité est aussi centrale, d’autant que si la production des biens matériels peut être délocalisée, la vente et les services associés sont encore presque complètement liés au territoire de consommation. Seuls quelques services dématérialisés échappent à cette contrainte. Le pouvoir des Etats dépend en fait beaucoup de leur taille et plus précisément de la taille de leur marché (…). La construction européenne est une tentative, pas encore aboutie, pour que ce pouvoir contesté des petits Etats soit reconstruit au niveau d’un ensemble d’Etats. Lorsque la Commission Européenne demande à l’Irlande de taxer Apple rétrospectivement de 13 milliards d’euros d’impôts sur les bénéfices, elle traite à fois des grandes entreprises dans la globalisation et leur capacité à échapper au pouvoir coercitif des Etats et aussi de la concurrence (fiscale) entre les Etats. 

Sylvie Matelly : La question n’est pas tant celle d’un Etat dans l’économie du XXIe siècle car dans l’absolu il peut tout faire, ce sont des choix politiques. La limite est posée par les engagements de cet Etat d’une part et l’insertion de l’économie nationale dans l’économie globale d’autre part. (…) Une économie qui est fortement dépendante de financements extérieurs, qui attire les investissements étrangers, qui commerce beaucoup avec le reste du monde (exportations et importations) n’a pas intérêt à s’exonérer du respect des règles libérales qui régissent cette économie globale.

A. : Peut-on dire que les dirigeants ont laissé le pouvoir, en laissant de côté certains de leurs pouvoirs, ou s’agit-il de contraintes réelles, conséquences de la mondialisation ?

X. T. : La mondialisation a bousculé en profondeur les Etats sociaux-démocrates. D’abord, la mutation économique qu’elle a déclenchée a fait des gagnants (les consommateurs, les producteurs à haute valeur ajoutée, les plus qualifiés) mais aussi des perdants. Les compenser ou les accompagner est difficile sans leur donner le sentiment qu’ils ne deviennent dépendants. Ensuite, tout le monde est exposé aux chocs planétaires. (…) Face à ces chocs, les Etats doivent apporter une assurance mais il devient difficile de le faire pour les petits Etats très ouverts. (…) Les petits Etats sont à la peine dans cette mondialisation pour assurer ces fonctions. Enfin, la mondialisation pose frontalement la géographie de la production. Si la division du travail implique la spécialisation, la spécialisation d’un petit territoire peut poser beaucoup de problème comme la correspondance entre la qualification de la main-d’œuvre et le tissu productif ou l’exposition à des chocs lorsqu’on est trop spécialisé. L’Etat stratège au XXIème siècle c’est celui qui s’insère dans la mondialisation mais qui diversifie ses spécialisations tout en organisant la redistribution nécessaire (soit des productions, soit des revenus) entre les territoires.

S. M. : La question de la politique industrielle est une vraie question, souvent posée ces dernières années et pas seulement en France. Sauf qu’une politique industrielle, c’est une réelle stratégie, avec des objectifs et des enjeux, des moyens financiers et humains etc. pas des réactions au cas par cas en fonction des polémiques et scandales. Pourquoi vouloir maintenir des compétences industrielles nationales? Cette question est fondamentale et la réponse n’est jamais fournie par les décideurs politiques. Ce peut être pour des raisons stratégiques (conserver des savoir-faire importants pour préserver notre souveraineté nationale, préserver un système national d’innovation en maintenant les bureaux d’études d’entreprises de pointe par exemple), pour des raisons sociales (préserver l’emploi dans certains bassins d’emplois sinistrés – il n’est d’ailleurs pas dit que le meilleur moyen d’y parvenir soit en maintenant les entreprises qui y rencontrent des difficultés… une politique d’aménagement du territoire peut aussi être une forme de politique industrielle !), pour des raisons politiques, culturelles ou autres. Tout cela relève toutefois plus d’un choix politique qu’économique ! (…)

A. : Outre sa mission d’encadrant et son rôle de protecteur, de quels outils l’État dispose-t-il pour assurer aussi bien que faire se peut une mondialisation participant au bien commun ? Quels sont les dispositifs les plus efficaces pour faire face aux défis de demain ? 

X. T. : La question des outils est centrale. Les petits Etats n’ont souvent pas beaucoup de choix ouverts (…). La collusion d’Etats est le moyen de définir ses propres règles quant aux échanges, quant à la fiscalité, aux normes ou encore les choix stratégiques que l’on veut suivre. Prenons un exemple. Si un petit Etat veut participer à la production d’avions dans la compétition mondiale, il sera contraint d’être moins cher, et de prendre moins de risque d’innovation. Il ne pourra pas user de la commande publique pour soutenir son champion national sans risquer d’être capturé par les actionnaires de ce producteur. Un grand pays (ou une collusion d’Etats), pourra dicter ses conditions en matière de concurrence déloyale (en bloquant son immense marché s’il pense qu’il y a subvention indue), de normes, de sécurité. Il pourra organiser une commande publique (en favorisant les producteurs nationaux) en ménageant la concurrence sur son territoire plus grand. Il risquera moins d’être capturé et en même temps pourra diversifier les risques d’innovation. Au final, il aura les moyens d’une stratégie de long terme sans risquer de tomber dans l’inefficience.

S. M. : Le rôle de l’Etat dans un monde global est clairement à redéfinir. Les politiques économiques classiques fonctionnent mal, se révèlent coûteuses (politique budgétaire) ou risquées (politique monétaire). Même le rôle protecteur de l’Etat est discutable au vu de l’ampleur des inégalités et/ou des niveaux de chômage. Pour autant, une économie sans Etat c’est encore plus d’inégalités, des crises etc.

L’Etat doit déjà fixer des règles et un cadre et faire respecter ces règles. Cela paraît une évidence mais la tendance a été plutôt à la suppression d’un certain nombre de régulations jugées pénalisantes ces dernières années (…).

Le contexte est également important. L’Etat peut financer des infrastructures, routes, autoroutes, connexions et réseaux dans les régions isolées etc. Regardez l’impact positif qu’a pu avoir le TGV ou la fibre dans certaines régions françaises. Enfin, l’Etat doit continuer à assurer son rôle de protecteur (c’est un amortisseur social), mener une politique industrielle etc. mais il a dans un monde global un impératif de résultats. Il doit donc savoir pourquoi il le fait, comment il le fait et s’adapter au cas par cas en fonction du contexte. La limite de cela relève probablement du fait que le temps politique ne coïncide jamais avec le temps économique…

Il y a encore beaucoup de travail

Indemnités de maladie rabotées : qui est concerné et dans quelle mesure ?

Indemnités de maladie rabotées : qui est concerné et dans quelle mesure ?

Lu ce mercredi 14 septembre sur le site du Vif/L’Express :

Source: Le Soir

La ministre des Affaires sociales, Maggie De Block (Open VLD), envisage de revoir le mode de calcul des indemnités de maladie. Certaines indemnités pourront être diminuées, d’autres augmentées. Les réformes devraient être applicables dès le 1er octobre. Le point sur ses conséquences.

Pourquoi cette réforme ? 

« Il s’agit d’une opération de simplification et d’harmonisation, devant le nombre et le caractère très hétéroclite des primes », indique la porte-parole de la ministre dans Le Soir et La Libre Belgique de ce mercredi.

En quoi consiste-t-elle ?

Dans le système actuel, l’indemnité maladie est calculée sur base du dernier salaire. En vue de réaliser des économies, la ministre souhaite déduire de celui-ci certaines primes, comme celles liées à l’ancienneté, les cadeaux de l’entreprise en nature, en espèces ou sous forme de bons de payement, ou encore les heures supplémentaires (si elles représentent au moins 10% de la rémunération). Les primes de tutorat pour former les jeunes travailleurs sont également concernées ajoute Le Soir.

Qui sera touché et dans quelle mesure ?

« Difficile de dire dans quelle mesure chaque allocation va baisser, cela dépend des primes que chacun touche », a commenté le cabinet ministériel qui souligne que certaines personnes vont aussi voir leur indemnité augmenter. C’est le cas des travailleurs qui sont passés à temps partiel avant de devoir interrompre totalement leurs activités professionnelles.

Concrètement : « Pour le calcul de l’indemnité, on ne prendra plus le dernier salaire moyen. On va remonter d’un trimestre », indique le cabinet de la ministre. Dans le système actuel, un certain nombre de salariés malades ne travaillent plus qu’à temps partiel avant de cesser complètement leur activité en raison de leur maladie. Leur indemnité est donc basée sur leur dernier salaire, donc sur un temps partiel. Avec la réforme, on remonte d’un trimestre, ce qui laisse plus de chances que le calcul soit effectué sur base d’un salaire à temps plein. « Nous avons voulu éviter que des personnes qui ont fait l’effort de rester dans leur entreprise soient pénalisées », indique encore le cabinet. Une thèse que ne partagent pas les syndicats, qui estiment que ce calcul pourrait lui aussi conduire à des baisses dans certains cas.

Quand cette réforme entrera-t-elle en vigueur ?

L’entrée en vigueur de cette réforme est déjà prévue pour le 1er octobre prochain, pour les cas de maladie constatés à partir de cette date. Aucun malade ne verra donc subitement son allocation baisser.

Et pour les malades de longue durée ?

Par ailleurs, Maggie De Block a dans ses tiroirs un plan pour augmenter les contrôles auprès des malades de longue durée à partir du 1er octobre, rapporte aussi Het Laatste Nieuws. L’Inami va mettre sur pied une équipe de médecins qui accompagnera les malades dans leur retour sur le marché du travail. Après un mois, ces derniers, à l’exception des maladies graves, devront répondre à un questionnaire visant à déterminer leur chance de retour à la vie active.

Que disent les syndicats ?

La proposition a été discutée ce mardi matin au comité de gestion de l’Inami. Les syndicats ont remis un avis négatif. Pour la FGTB, cette réforme est inacceptable. Le secrétaire fédéral de la FGTB a qualifié la mesure de « nouvelle précarisation des travailleurs avec un genou à terre. » Contacté par Le Soir, il précise : « Ce ne sont pas de petits montants. Si on peut retirer jusqu’à 10 % d’heures supplémentaires de l’allocation, cela peut atteindre des montants très élevés. » Le gouvernement doit à présent trancher.

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