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Une Flandre inachevée, une Europe inachevée

Toujours à l’affût, Valmy nous envoie la communication de la N-VA suivante :

Les événements en Catalogne ont mis les questions d’autodétermination, d’autonomie régionale et de nationalisme à l’avant-plan du débat politique. L’histoire du Mouvement flamand est décrite dans Onvoltooid Vlaanderen (Une Flandre inachevée), un livre paru en néerlandais au cours du premier semestre de cette année.

Dans son essai « D’une mobilité sociale à une démocratie bloquée », le Président de la N-VA Bart De Wever dresse des parallèles entre présent et passé. Il décrit également comment le Mouvement flamand s’est transformé au fil des ans et démontre que son influence reste importante.

Sander Loones, Député au Parlement européen et Vice-Président de la N-VA : « Pour des générations entières, le blocage de leur mobilité – le fait que l’ascension sociale est entravée à cause de la langue – était le moteur le plus puissant du mouvement flamand. Aujourd’hui, il s’agit bien plus d’une démocratie bloquée : le fait qu’il existe une fracture croissante entre les structures politiques existantes et les choix démocratiques que notre communauté veut poser. »

Il y a beaucoup de malentendus concernant le régionalisme.

Sander Loones : « C’est pourquoi nous avons décidé de faire traduire cet essai. Il ne s’agit pas de revendications historiques, ou de vouloir garder notre argent pour nous, il s’agit bien plus de pouvoir décider nous-même de notre propre futur. Nous souhaitons expliquer à la communauté internationale qu’il s’agit réellement d’une question démocratique et d’avoir notre place dans le processus décisionnel. Si les institutions européennes n’arrivent pas à saisir l’opportunité des demandes d’autonomie régionale, c’est la démocratie elle-même qui en souffrira. La concurrence entre villes, régions et nations a toujours été l’un des piliers de la réussite européenne. En acceptant la concurrence et une flexibilité accrue, l’Union européenne sera plus forte dans le monde, unie dans sa diversité. »

La stratégie de la N-VA

L’article ci-dessous a été publié dans la dernière édition du Monde diplomatique, celle de novembre 2017. Il a été écrit par Paul DIRKX. Enseignant-chercheur à l’Université de Lorraine (Nancy), Paul Dirkx a notamment écrit La Concurrence ethnique. La Belgique, l’Europe et le néolibéralisme. Il s’intéresse également aux relations entre la France et la Belgique, notamment dans le champ culturel francophone.

L’autre laboratoire européen du séparatisme

En Belgique, le poker menteur comme méthode de gouvernement

Depuis qu’ils détiennent les principaux leviers du pouvoir, les nationalistes flamands ont mis en sourdine leur projet de scission de la Belgique, peu populaire dans l’opinion. Préférant parler de « confédéralisme », ils ont élaboré une nouvelle stratégie : démanteler l’État de l’intérieur en arguant de la nécessité d’économies budgétaires et semer la zizanie dans le camp francophone.

par Paul Dirkx

Le mouvement séparatiste flamand s’est toujours heurté à un obstacle majeur : comme le confirment l’ensemble des études universitaires, les Belges rejettent massivement la partition de leur pays (environ 95 % des francophones et 90 % des néerlandophones, des chiffres stables depuis 1995). Entrée au gouvernement en 2014, l’Alliance néo-flamande (Nieuw-Vlaamse Alliantie, N-VA), le principal parti nationaliste, a entrepris de contourner cet écueil.

Née en 2001 sur les cendres d’une formation autonomiste jugée trop à gauche, poussée par les nouvelles élites financières du Nord, la N-VA s’est imposée dès 2010 comme le parti le plus important du royaume. Son programme conservateur dénonce les « scléroses » du « labyrinthe » belge : au nom de l’ »efficacité », tout ce qui est encore fédéral, c’est-à-dire géré par l’État central, doit « devenir la propriété de la Flandre et de la Wallonie » (la Sécurité sociale, la justice, etc.) ou être supprimé (les allocations « non rentables », etc.).

Les élections législatives de 2014 lui donnent l’occasion d’appliquer ses recettes à l’ensemble du pays. Ce scrutin place en effet la N-VA en tête, avec 32,4 % des voix néerlandophones, soit 20,33 % des suffrages à l’échelle nationale. Arrivés en cinquième position, les libéraux francophones du Mouvement réformateur (MR) s’allient avec les indépendantistes flamands en tant qu’unique parti francophone (représentant seulement un électeur francophone sur cinq). Ils mettent alors un terme à vingt-six ans de participation du Parti socialiste (PS) au pouvoir fédéral. Avec l’appui de deux formations néerlandophones — les Libéraux et démocrates flamands (Open Vlaamse Liberalen en Democraten, Open Vld) et les Chrétiens-démocrates flamands (Christen-Democratisch en Vlaams, CD&V) —, le tandem N-VA – MR promet de « mettre le communautaire au frigo » jusqu’aux législatives de 2019, c’est-à-dire de mettre entre parenthèses les conflits d’intérêts entre représentants des Communautés francophones et néerlandophones. Tout en s’octroyant la plupart des ministères-clés, les nationalistes cèdent le poste de premier ministre au président du MR, le jeune Charles Michel. Car, pour eux, ce gouvernement est moins voué à réussir qu’à montrer que la Belgique est composée de « deux démocraties », devenant de ce fait ingouvernable. Ainsi M. Michel apparaît-il, selon la formule du principal quotidien néerlandophone, comme l’ »homme de paille de la N-VA ».

Ici comme ailleurs en Europe, les « ethnonationalistes » (volksnationalisten, en néerlandais), acquis à l’axiome « Un peuple = un État-nation », savent que tout est affaire de temps et de perception. Bénéficiant d’une fascination médiatique et considéré comme le vrai chef du gouvernement, le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers Bart De Wever ne manque jamais de pointer les dysfonctionnements du système fédéral, y voyant chaque fois une preuve de la nécessité d’évoluer vers le « confédéralisme » prôné par son programme.

Reprise en boucle par les commentateurs mais rarement analysée, cette notion est ressentie par nombre d’électeurs comme le gage du maintien de l’échelon belge. En réalité, tel que la N-VA le conçoit, le confédéralisme implique un séparatisme de fait : il prévoit la suppression des institutions démocratiques belges (Parlement, Sénat, etc.) et la création de deux États souverains qui se partageraient Bruxelles et organiseraient simplement une conférence diplomatique mensuelle affublée du nom de « Parlement belge » et consacrée à la cogestion de quelques dossiers. La N-VA ne cesse ainsi de jouer sur les mots, quitte à dérouter jusqu’à ses propres membres. En 2016, M. De Wever a exclu deux députés fédéraux qui avaient critiqué la « com » du parti et évoqué dans la presse une voie plus directe vers le « séparatisme ».

Plutôt que d’employer des termes devenus tabous, la formation nationaliste préfère parler de l’ »assainissement des finances publiques ». Depuis le basculement, dans les années 1960, du centre de gravité économique du pays – des industries wallonnes vieillissantes vers les nouvelles zones portuaires flamandes–, les politiques économiques ont toujours été sciemment articulées au processus de bipartition du pays. Ainsi, les mesures de rigueur de l’actuel gouvernement servent mécaniquement les desseins séparatistes : elles frappent surtout la Région wallonne, plus fragile, accentuant les tensions avec sa voisine flamande. La N-VA espère qu’à force d’économies, aussi providentielles dans le Nord que douloureuses dans le Sud, tout le monde voudra rouvrir le « frigo communautaire » : c’est ce que M. De Wever appelle « déloger les francophones de leur tanière ». Parallèlement, le parti nationaliste met à profit les postes qu’il contrôle pour démanteler de facto l’État belge. Au ministère de la sécurité et de l’intérieur, de nombreuses tâches de la police fédérale sont en voie de privatisation (sécurisation de bâtiments publics, encadrement de détenus, etc.), tandis que des départements essentiels dans la lutte contre la criminalité internationale (notamment informatique et financière) sont « décentralisés ». À la défense, alors que le budget d’investissement en matériel est revu à la hausse à la demande de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), il est prévu de réduire les effectifs de 19,5 % et ceux de l’état-major de 32 %. Les dernières institutions culturelles et scientifiques fédérales, déjà sévèrement délabrées, sont frappées par des coupes budgétaires de 20 %. La justice enfin, laissée au CD&V, est tellement appauvrie qu’en 2016, un an après un appel à la nation de ses confrères, le plus haut magistrat du pays accusait la « logique d’économies » d’être responsable d’une « pathologie de l’ensemble du système judiciaire » mettant en danger l’État de droit, et l’État tout court.

Le chantage des nationalistes

Unique ombre au tableau : de nombreuses enquêtes montrent que, en dépit de sa gestion musclée de la crise migratoire, la N-VA risque de voir refluer une bonne part de ses électeurs vers leur parti d’origine, le rival d’extrême droite Intérêt flamand (Vlaams Belang, VB). Déterminé à « tout faire » pour conserver ces voix vitales, la N-VA se comporte en « parti de la loi et de l’ordre ». Tout en continuant de lisser sa communication pour se démarquer de la sphère séparatiste d’extrême droite – que M. De Wever et nombre de ses proches connaissent bien, pour en être issus –, le parti laisse son secrétaire d’État chargé de l’asile et des migrations, le très populaire Theo Francken, embarrasser régulièrement le premier ministre Michel en éreintant par exemple, en mars 2017, les organisations non gouvernementales (ONG) actives en Méditerranée. De même, « communautaire au frigo » oblige, le ministre de l’intérieur Jan Jambon évite désormais de dire : « Sortez les Wallons de leurs hamacs ! » – rien ne l’a toutefois retenu d’affirmer qu’ »une partie significative de la communauté musulmane dansait » après les attentats à Bruxelles en mars 2016…

Depuis longtemps, la cible principale des séparatistes est la Sécurité sociale, l’un des socles de l’État belge, que la coalition précédente, menée par le Parti socialiste (PS) de M. Elio Di Rupo, avait déjà commencé à transférer aux Régions (allocations familiales, soins de santé, etc.). Plus ses décisions (notamment une forte diminution des cotisations patronales compensée par des hausses d’impôts et de la taxe sur la valeur ajoutée) suscitent la contestation, plus l’actuel gouvernement contourne le modèle de concertation belge fondé sur le consensus entre partenaires sociaux. La fédéralisation n’ayant pas compromis l’unité des puissants syndicats du pays, la N-VA clame qu’ils sont foncièrement différents: frondeurs dans le Sud, coopératifs dans le Nord. En réalité, leurs revendications ne varient pas face au gouvernement le plus contesté de ces vingt dernières années, notamment par des manifestations qui, comme en novembre 2014 (130000 personnes), en octobre 2015 (100000 personnes) ou en mai 2016 (60000 personnes), ont toutes lieu dans la capitale. Mais la N-VA peut compter sur la plupart des médias. Stimulés par une presse internationale qui ne cesse de s’indigner de la prétendue incurie belge face au terrorisme islamiste, ces derniers rangent la contestation parmi les symptômes d’un « État failli » et multiplient les dossiers censés démontrer que « la Belgique s’effrite ».

En mars 2017, M. De Wever a annoncé qu’il mettrait le confédéralisme sur la table à l’issue du scrutin fédéral de 2019. Au cas où l’électeur rendrait alors la gauche francophone « incontournable », il a précisé qu’il n’entrerait « jamais avec elle dans un gouvernement qui n’exécute pas intégralement [son] projet institutionnel ». Dans un livre paru en mai, le leader flamand expose en détail sa stratégie : continuer de susciter un « appétit communautaire » en Belgique francophone à travers une politique de réformes intransigeante et en excluant aussi bien toute consultation populaire que toute nouvelle réforme négociée de la Constitution. Le PS de M. Di Rupo refuse ce « chantage » et rejette le confédéralisme, qui « conduira à la disparition du pays ». De concert avec son homologue néerlandophone, il dit préférer défendre la solidarité sociale entre tous les citoyens, d’autant plus qu’il est menacé sur sa gauche par le Parti du travail de Belgique (Partij van de Arbeid van België, PTB-PVDA). Revendiquant une ligne proche de Podemos en Espagne ou de La France insoumise, cette formation bilingue et probelge s’oppose au communautarisme flamand-wallon, qui ne sert selon elle qu’à voiler d’encombrantes oppositions sociales telles que travailleur-patron ou riche-pauvre. Depuis quelques mois, les oracles des sondages donnent ce parti en nette progression, surtout en Région wallonne.

Vers un nouveau patriotisme ?

Ainsi, la N-VA parvient à rendre toujours moins aberrant le scénario confédéraliste en enfonçant inlassablement le clou des « deux démocraties ». Ce fut notamment le cas lorsque, en octobre 2016, les trois Parlements de Wallonie, de Bruxelles et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où le PS est majoritaire, ont refusé de voter la ratification de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (CETA, selon son acronyme anglais). La virulence des réactions nationalistes n’a eu d’égale que le verrouillage des médias. Certaines rédactions ont affirmé que, dans ce dossier, M. Paul Magnette, alors ministre-président socialiste de la Région wallonne, n’avait réussi qu’à « donner un visage au confédéralisme ». En tout cas, la N-VA a montré ses priorités en conspuant des entités politiques qui avaient usé d’un droit de veto inscrit dans la Constitution belge… à la demande des nationalistes flamands !

La stratégie de la N-VA commence à porter ses fruits en Belgique francophone, où, devant tant d’arrogance « flamande», décideurs et commentateurs se mettent à douter de la pertinence de la Belgique. Paradoxalement, l’attachement au pays se fait le plus entendre en Flandre. M. Kristof Calvo, le très jeune président (bilingue) du groupe écologiste au Parlement fédéral et principale figure de l’opposition, prône un nouveau patriotisme belge. Toutes les formations politiques (sauf la N-VA et VB) envisagent désormais une possible « refédéralisation » de certaines compétences.

L’état en faillite parmi les plus riches du monde

Vu le 11 juillet 2017 sur le site newsmonkey.be :

Après le New York Times, c’est au tour du Washington Post d’épingler la Belgique et son clientélisme.

La crise politique que vit le pays , et singulièrement le monde politique francophone, a largement dépassé nos frontières.

Il y a quelques semaines, c’est le New York Times qui décrivait la Belgique comme étant « l’Etat en faillite le plus riche au monde ».

Le Washington Post vient en remettre une couche et compare notre système politique à ce qui se passe en Afrique. Bref, encore un bon coup de pub pour le pays du surréalisme.

Les scandales Publifin, du Samu Social et du Kazakhgate ont dépassé nos frontières. Le 13 juin dernier, le New York Times épinglait la démission d’Yvan Mayeur et « la complexité de gouverner en Belgique ».

C’est maintenant au tour du Washington Post de s’interroger sur nos institutions et nos dirigeants, dans des propos repérés par “La Libre”.

Le journaliste se demande d’abord comment un pays de 11 millions d’habitants peut compter autant d’élus ? « La Belgique compte 11 millions d’habitants mais est gouvernée par six gouvernements et six parlements. »

Très vite, l’auteur s’attarde sur le cas particulier de Bruxelles : « Bruxelles est encore plus complexe. Elle a un gouvernement, un parlement, 19 assemblées de communes indépendantes, six zones de police distinctes et 33 sociétés de logement. Au total, avec une population d’un million d’habitants, Bruxelles compte plus de ministres, bourgmestres et conseillers communaux, que Berlin et Paris réunis. » Et encore, ils ont oublié des institutions comme la Cocof (Commission communautaire française), la Cocon (flamande) ou la Cocom (commune).

Utiliser le désordre pour mieux régner

Une telle complexité favoriserait le clientélisme du fait de la multiplication des structures et des zones d’ombre. Une complexité qui empêcherait qu’un contrôle efficace se fasse et qui profiterait à nos dirigeants.

L’auteur se base pour cela sur un ouvrage en sciences politiques qui date des années 90. Le titre de cet ouvrage est éloquent: « l’Afrique est partie : du désordre comme instrument politique ».

Oui, le Washington Post est en train de comparer notre régime politique à ce qui se faisait en Afrique. Selon les deux auteurs de l’étude, Patrick Chabal et Jean-Pascal Daloz, ces systèmes politiques complexes qui multiplient les couches de pouvoir permettaient aux leaders africains d’utiliser le désordre pour mieux régner. Ces « grands hommes » étaient capables de s’attacher leur électorat en accumulant et redistribuant les ressources, le clientélisme et les contrats.

Opportunités et clientélisme

 A nouveau, c’est le cas de Bruxelles qui est mis en avant: « Les services publics de Bruxelles sont assurés par près de 200 agences qui emploient un personnel pléthorique. Pour le public, cela crée une masse opaque dans laquelle il est très difficile de se retrouver. Mais pour les “insiders”, autrement dit les partis politiques au pouvoir, cela signifie qu’il y a un énorme réservoir de jobs à distribuer. Bruxelles est donc une excellente opportunité pour le clientélisme et pour l’enrichissement personnel. »

Bref, « dans la politique du désordre, le pouvoir donne accès à un grand réservoir de ressources qui permet de développer un large réseau de clientèle. » Ça fait mal mais c’est pourtant exactement ce qu’on est en train de vivre ici.

« J’ai mal pour la Wallonie gastronome »

Vu ce 21 novembre sur le site de RTL :

Le guide Michelin crée des tensions communautaires. Le nouveau guide sort cette semaine et 3 nouveaux restaurants décrochent leur 2e étoile… Tous situés en Flandre. 14 obtiennent leur première étoile, dont 12 situés côté flamand. Faut-il en conclure que les restaurants wallons sont moins bons ?

Apparemment, ce ne serait pas une question de qualité, mais plutôt de moyens. Il y a plus d’argent en Flandre, dit Jean-Luc Pigneur dans les colonnes de « l’Avenir » ce matin.

Il est le porte-parole du mouvement Génération W, une association qui défend le patrimoine culinaire wallon. Il explique que les Flamands vont davantage au restaurant, ce qui facilite « l’ouverture d’établissements de qualité », ajoute-t-il. (…)

« J’ai mal pour la Wallonie gastronome »

Dany Lombart, le seul candidat wallon à la dernière finale des Bocuse d’or, pousse un coup de gueule sur les réseaux sociaux. Il explique que les chefs flamands reçoivent des subsides pour mettre en valeur leur gastronomie, alors que ce n’est pas le cas en Wallonie.

« Je trouve qu’en Belgique wallonne, il y a beaucoup de talent au niveau de la gastronomie et je m’étonne et je m’inquiète pour notre métier, a-t-il expliqué ce matin sur Bel RTL. Il ne faut pas se leurrer, à l’heure actuelle, on a quand même encore besoin de ce genre de petit coup de pouce pour dire d’augmenter un peu la fréquentation du restaurant. J’ai mal pour la Wallonie gastronome ».

Pas de polémique communautaire pour le chef du restaurant le Val d’Heure a Montignies-le-Tilleul, mais juste l’envie de valoriser le patrimoine culinaire wallon. Il note sur Facebook, un certain déséquilibre. « Sortie du guide Michelin aujourd’hui, et sur pas loin de 20 restaurants titrés, 1 seul en Wallonie, à Braine-le-Château. Je pense que nos politiciens feraient bien de se réveiller, nos « compatriotes » flamands, eux, ont tout compris, en octroyant des subsides pour faire grandir La Flandre gastronomique », écrit-il.

Après l’armée et la SNCB, la poste…!

Après l’armée et la SNCB, voici la poste qui s’inscrit dans l’avant-garde d’institutions qui s’inscrivent dans une stratégie bénéluxienne d’intégration dans laquelle la Wallonie deviendra, comme je l’écrivais dans ma lettre au Président Macron, une véritable région colonisée.

Qu’attendent donc les dirigeants wallons pour activer les accords bilatéraux signés avec la France en 1999 sous l’égide de  Pierre Hazette et en 2004 sous l’égide de J-C Van Cauwenbergh ? Qu’attendent encore les dirigeants français de la SNCF et de la BANQUE POSTALE afin de prendre, aux côtés des Wallons, la place qui leur revient en Wallonie ?

Et que dire des jeunes Wallons qui voudraient embrasser une carrière militaire ? Leur avenir se situe-t-il dans une armée belge aux couleurs bénéluxiennes ou dans l’armée française ? Poser cette  question est y répondre. Et je n’envisage pas ici les énormes économies d’échelle et les retombées industrielles que représenteraient pour la Wallonie cette dernière solution !

Paul D.

Lu sur le site de la RTBF ce jeudi 16 novembre :

L’opérateur postal PostNL annonce jeudi l’ouverture de deux nouveaux dépôts, dont un à Namur, son premier en Wallonie. L’entreprise néerlandaise a vu le nombre de ses colis livrés en Belgique bondir de 30% au cours des neuf premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2016. PostNL dispose déjà de centres de distribution à Wilrijk, Vilvorde, Sint-Niklaas, Roulers et Saint-Trond. Un autre dépôt ouvre également à Wommelgem, près d’Anvers. L’entreprise entend devenir « l’opérateur de référence pour les services logistiques dans le Benelux ». Son concurrent bpost a essayé d’acheter PostNL à trois reprises en 2016, mais la direction néerlandaise avait à chaque fois regimbé face aux avances belges.

Polices spéciales ?

Par Jean-Luc Lefèvre
Une fois de plus, Francken témoigne d’une imagination délirante.
Parce qu’il espère qu’une police spéciale, labellisée « étrangers », osera se frotter à des émeutiers, ce que la police ordinaire n’ose plus, parfois ? Parce qu’il croit que cette police sera capable d’un tri sélectif de nature à séparer le bon grain (des extrêmes gauche et droite) du mauvais (basané), parce qu’il s’aventure, dans le cadre d’un régime démocratique, sur les pas d’un étrange (pour un nationaliste N-VA) communautarisme : demain, une police des mœurs pour sanctionner, comme en Iran, les agressions sexuelles en rue, demain, une police consacrée aux dégradations syndicales sur la voie publique, demain une police chargée de réprimer les nuisances sonores des plus jeunes pour garantir la sérénité vespérale des aînés…? Demain, peut-être, pour mieux spécialiser les forces de l’ordre, des « bataillons de la mort », des « sections spéciales », comme en Argentine ou dans la Grèce des colonels ?
Au secours ! Ce bonhomme est vraiment dérangé !

Le 11 novembre, la Flandre indépendantiste s’exprime

Lu ce 11 novembre sur le site de la RTBF : 

Le président du parlement flamand, Jan Peumans (N-VA) a critiqué l’Europe samedi lors de son discours annuel prononcé à l’occasion du pèlerinage de l’Yser à Dixmude à la suite de la crise en Catalogne, pointant surtout du doigt la non-reconnaissance par l’Union européenne de la région espagnole comme nation.

Ce pèlerinage, qui rend hommage aux soldats morts pendant la première guerre mondiale, est aussi un rassemblement traditionnel des indépendantistes, qui y voient une occasion de saluer les soldats flamands envoyés à la mort par un état-major francophone.  » (…)

« Le gouvernement Rajoy nie les aspirations démocratiques de 7,5 millions de Catalans d’une manière qui nous rappelle ce qui est arrivé à la Flandre il y a environ 100 ans, lorsqu’elle a réclamé davantage d’égalité,(…). (…). »

M. Peumans a également critiqué l’attitude de l’Europe. (…) « (…) une nation qui se sépare de son Etat central disparaitraît automatiquement de l’Union européenne. De telles menaces traduisent une approche de la carotte et du bâton, insufflée par des dirigeants réactionnaires. (…) Visiblement, cela ne correspond pas à la vision de la génération actuelle des dirigeants européens, (… )Leur politique mène à une suprématie malsaine de quelques grands blocs de pouvoirs en Europe », a-t-il conclu.

Le président du comité de pèlerinage, Paul De Belder, s’est également exprimé et a tracé un parallèle entre la Flandre de 1917 et la Catalogne actuelle. « Aux demandes des Flamands pour plus d’égalité,  la réponse de l’ancien establishment belge a été la même que celle de l’Espagne actuelle soi-disant démocratique : la répression, rien de plus ».

M. De Belder ne comprend pas pourquoi l’Europe n’agit pas davantage. (…) (…) (…) « Elle risque de perdre sa dernière once de crédibilité. »

Il a également prié le ministre-président flamand, Geert Bourgeois (N-VA)   de ne pas succomber aux diktats belges. « La Belgique n’a ici aucun droit moral à s’exprimer car elle est elle-même le résultat d’un putsch violent, commis par une minorité complètement illégitime, à l’encontre de toutes les constitutions possibles et des normes de droit international, sans le moindre référendum préalable ». (…)

Où en est le rail wallon ?

Un an après, qu’en est-il de l’analyse reprise ci-dessous ? Où en est le RER wallon ? Où en est la modernisation du rail wallon ?

La SNCB, dirigée par les Flamands roule pour la Flandre en dilapidant le rail wallon, nuisant gravement aux intérêts de la Wallonie.

Et ce, avec la complicité passive des administrateurs wallons de la SNCB et des politiques wallons paralysés par la peur du séparatisme et de la régionalisation de la SNCB.

La seule fois où le gouvernement wallon avait osé critiquer officiellement la SNCB, il a été vite contré par son propre président qui avait mis en garde contre une probable réplique flamande qui entraînerait la régionalisation / scission de la SNCB. 

Profitant de la paralysie des Wallons, les Flamands s’approprient la SNCB, tout à leur profit. Des dizaines de milliards sont investis à Zaventem vlaanderen (diabolo) et à Antwerpen (tunnel Liefkenhoeck). La SNCB investit pour soutenir le trafic marchandises des ports flamands. Elle s’endette pour moderniser les gares et le réseau flamand. Le RER flamand est fini depuis longtemps et, un luxe, il est à 4 voies. Les lignes flamandes sont démultipliées pour relier toutes les villes flamandes via un maillon ferroviaire et modernisées pour être plus rapides. 

Pendant ce temps, où en est le RER wallon ?

La SNCB voit grand dans le projet d’union entre la Flandre et la Hollande, un Grand Pays-Bas néerlandais ferroviaire sur le dos des Wallons.

Sous la volonté des Flamands, la SNCB isole le rail wallon de ses pays voisins en ne lui laissant qu’une seule issue : la Flandre. 

Mais le pire est à venir. 

La Flandre prépare son union avec la Hollande, au travers d’un grand projet : « le Rhin d’Acier » qui vise un grand réseau marchandise Flandre & Hollande  & Allemagne & Luxembourg. 

Ce projet flamand dit de niveau « fédéral », est financé, comme le tunnel d’Anvers et comme le Diabolo de Zaventem, en dehors de la clé et donc au détriment des 40 % wallons de la clé 60/40, (40 % de « plus grand chose » = quasi plus rien). 

Le Rhin d’Acier va permettre aux marchandises flamandes de contourner la Wallonie, signant ainsi la mort des gares de tri et du réseau marchandise wallon. 

Syndicats, administrateurs et politiques wallons sont au courant. 

Hélas personne ne bouge et tous se taisent pour ne pas provoquer la séparation.

Mais de quoi nos politiques ont-ils peur ?

La SNCB ne rapporte plus grand-chose à la Wallonie. Au contraire, elle nuit à nos intérêts.

Les chiffres et les arguments que ses dirigeants présentent sont ceux trafiqués par des managers membres du Voka (organisation patronale flamande) ou du « In De Warande « (organisation flamande) ou encore membres du Borenbond.

Leur objectif : garder la Wallonie sous leur coupe, afin de la soumettre aux volontés flamandes et surtout persuader les Wallons qu’il ne leur reste que la Flandre vers qui se tourner.

Cette peur panique, entretenue par la Flandre, est irrationnelle car en fait, au point où nous en sommes avec la SNCB, nous n’avons plus rien à perdre.

La SNCB nuit à nos intérêts. Alors prenons un autre partenaire ferroviaire.

Le plus indiqué par sa taille et surtout par sa proximité : la SNCF.

Bien sûr, la Flandre et même le tout Bruxelles y mettront leur véto.

Mais ne sommes-nous pas dans un pays confédéral où c’est chacun pour sa Région ?

La solidarité flamande et bruxelloise n’existe plus. 

Si les Wallons veulent s’en sortir, ils doivent oublier la Belgique flamande pour se recentrer sur leur avenir. 

C’est seulement en créant une collaboration avec la SNCF que les Wallons pourront sauver et développer le rail wallon. 

Nous n’avons plus rien à perdre, mais au contraire, tout à gagner !

Claude Roland

Barcelone mérite mieux…

Pierre Hazette
Pierre Hazette
Sénateur honoraire, ancien ministre MR

Une opinion publiée sur le site du Vif/L’Express

Deux romans viennent de nous rappeler les beautés de Barcelone  : Dan Brown situe dans la capitale catalane une part importante de son chef d’œuvre « Origine » et dans « Le bourreau de Gaudi », Sainz de la Maria nous fait découvrir au fil d’une histoire haletante, les merveilles architecturales dont le maître a enrichi sa ville.

Malheureusement, l’actualité politique fait de l’ombre à ces deux pièces maîtresses de la littérature de cet automne.

Il est curieux et inquiétant de lire les déclarations des uns et des autres à propos du conflit qui oppose la Catalogne à l’Espagne. Que les choses soient claires : nous ne sommes pas les spectateurs d’un western. Nous sommes les témoins d’un affrontement dangereux pour la démocratie.

Essayons de poser le problème en termes mesurés.

L’Espagne est une monarchie constitutionnelle. Elle s’est dotée d’une Constitution qui respecte la séparation des pouvoirs. Le pays n’est pas monolithique. On l’a vu naguère avec la revendication du Pays Basque. Les passions y sont parfois violentes et la guerre civile de 1936 à 1940, puis la dictature franquiste restent douloureuses dans la mémoire du peuple espagnol. Les régions constitutives du Royaume sont hérissées de châteaux et de forteresses qui rappellent les luttes intestines. L’Andalousie porte les traces de la conquête arabe. La Galice évoque son passé celtique. Les Asturies s’enorgueillissent d’avoir lancé la Reconquista. La Castille étale la richesse qu’elle doit à l’empire sur lequel  le soleil ne se couchait pas.

La Catalogne ne le cède en rien à ses voisines. Elle est riche. Elle est glorieuse. Sa capitale éblouit.

Toutes ces Régions ont négocié une forme d’autonomie avec le pouvoir central. On parle le valencien à Valence et le catalan en Catalogne. On le parle, on l’enseigne, on l’utilise dans l’administration régionale.

L’autonomie, quoique partielle, est une réalité : la Généralitat a son Parlement et son Gouvernement.

L’application de la Constitution est contrôlée par la Cour constitutionnelle, pour les matières qui relèvent du pouvoir central.

En 2015, les élections régionales ont donné des résultats qui ont permis la coalition de partis favorables à l’indépendance. Le gouvernement, s’appuyant sur une majorité en sièges au Parlement, à défaut de l’avoir dans la population, a décidé d’organiser un référendum sur la question de l’indépendance. Madrid a soumis à la Cour Constitutionnelle le projet de référendum et les juges l’ont estimé contraire à la Constitution. Carles Puidgemont, le leader catalan, n’en a pas tenu compte et a fixé au 1er octobre la date du vote. Madrid a interdit l’opération, fait fermer des mairies, détruit le matériel électoral et, finalement, a amené en Catalogne des forces de police pour faire respecter la Charte fondamentale de l’Espagne.

L’usage, parfois démesuré, de la force au service du droit a suscité quelques froncements de sourcils internationaux, mais au sein de l’Union européenne, Mariano Rajoy ne compte que des soutiens officiels.

Après que l’indépendance a été proclamée, sur la base du scrutin contesté du 1.0, comme on dit en Espagne, des ministres régionaux ont été arrêtés et le Premier d’entre eux s’est réfugié à Bruxelles, au plus près des institutions européennes, où il est, semble-t-il, ignoré. Il ne l’est pas de la justice belge tenue de l’entendre sur la base du mandat d’arrêt européen délivré à la demande du gouvernement espagnol.

La question se pose donc : quelle est la légitimité de Carles Puidgemont, en face du juridisme dont ne se départ pas le pouvoir de Madrid ?

Son gouvernement a le soutien de son parlement régional. L’indépendance qu’il réclame a été approuvée par un référendum, certes contesté. Sa qualité de représentant élu et de ministre en exercice devrait lui assurer l’immunité.

Deux logiques sont, dès lors, confrontées : le gouvernement espagnol a le devoir de préserver l’intégrité du territoire national. Il s’y emploie.

Le gouvernement régional catalan met en oeuvre le mandat reçu de son peuple : il proclame l’indépendance.

Le souverain espagnol a commis une erreur en prenant publiquement parti pour son Premier Ministre. Le silence qu’il aurait dû garder lui permettrait, aujourd’hui, de convoquer en son Palais les responsables de toutes les Régions d’Espagne et de négocier avec eux les termes d’une collaboration interrégionale, repensée au vu des revendications raisonnables.

C’est aussi l’erreur qu’a commise Puidgemont : il aurait pu jouer ce rôle et gagner à sa cause des régions qui, aujourd’hui, semblent peu disposées à le soutenir. Un projet confédéral aurait vraisemblablement convaincu certains Premiers ministres régionaux.

L’Union européenne pourrait, à tout le moins, proposer à Madrid d’accueillir une mission d’observation qui, avec diplomatie, pourrait proposer une formule d’arbitrage.

On ne gagnera rien dans un conflit en voie de pourrissement. Ni la Catalogne, ni l’Espagne, ni l’Europe.

Commentaire de l’A.W.F. : comme il en a l’habitude, Pierre Hazette apporte un  éclairage sage,  fort bien documenté et articulé  sur le conflit qui se joue entre la Catalogne et l’ Etat espagnol. Pousser Madrid à accepter d’accueillir une mission d’observation nous semble en effet la seule solution pour sortir de ce conflit par le haut.

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