La stratégie de la N-VA

L’article ci-dessous a été publié dans la dernière édition du Monde diplomatique, celle de novembre 2017. Il a été écrit par Paul DIRKX. Enseignant-chercheur à l’Université de Lorraine (Nancy), Paul Dirkx a notamment écrit La Concurrence ethnique. La Belgique, l’Europe et le néolibéralisme. Il s’intéresse également aux relations entre la France et la Belgique, notamment dans le champ culturel francophone.

L’autre laboratoire européen du séparatisme

En Belgique, le poker menteur comme méthode de gouvernement

Depuis qu’ils détiennent les principaux leviers du pouvoir, les nationalistes flamands ont mis en sourdine leur projet de scission de la Belgique, peu populaire dans l’opinion. Préférant parler de « confédéralisme », ils ont élaboré une nouvelle stratégie : démanteler l’État de l’intérieur en arguant de la nécessité d’économies budgétaires et semer la zizanie dans le camp francophone.

par Paul Dirkx

Le mouvement séparatiste flamand s’est toujours heurté à un obstacle majeur : comme le confirment l’ensemble des études universitaires, les Belges rejettent massivement la partition de leur pays (environ 95 % des francophones et 90 % des néerlandophones, des chiffres stables depuis 1995). Entrée au gouvernement en 2014, l’Alliance néo-flamande (Nieuw-Vlaamse Alliantie, N-VA), le principal parti nationaliste, a entrepris de contourner cet écueil.

Née en 2001 sur les cendres d’une formation autonomiste jugée trop à gauche, poussée par les nouvelles élites financières du Nord, la N-VA s’est imposée dès 2010 comme le parti le plus important du royaume. Son programme conservateur dénonce les « scléroses » du « labyrinthe » belge : au nom de l’ »efficacité », tout ce qui est encore fédéral, c’est-à-dire géré par l’État central, doit « devenir la propriété de la Flandre et de la Wallonie » (la Sécurité sociale, la justice, etc.) ou être supprimé (les allocations « non rentables », etc.).

Les élections législatives de 2014 lui donnent l’occasion d’appliquer ses recettes à l’ensemble du pays. Ce scrutin place en effet la N-VA en tête, avec 32,4 % des voix néerlandophones, soit 20,33 % des suffrages à l’échelle nationale. Arrivés en cinquième position, les libéraux francophones du Mouvement réformateur (MR) s’allient avec les indépendantistes flamands en tant qu’unique parti francophone (représentant seulement un électeur francophone sur cinq). Ils mettent alors un terme à vingt-six ans de participation du Parti socialiste (PS) au pouvoir fédéral. Avec l’appui de deux formations néerlandophones — les Libéraux et démocrates flamands (Open Vlaamse Liberalen en Democraten, Open Vld) et les Chrétiens-démocrates flamands (Christen-Democratisch en Vlaams, CD&V) —, le tandem N-VA – MR promet de « mettre le communautaire au frigo » jusqu’aux législatives de 2019, c’est-à-dire de mettre entre parenthèses les conflits d’intérêts entre représentants des Communautés francophones et néerlandophones. Tout en s’octroyant la plupart des ministères-clés, les nationalistes cèdent le poste de premier ministre au président du MR, le jeune Charles Michel. Car, pour eux, ce gouvernement est moins voué à réussir qu’à montrer que la Belgique est composée de « deux démocraties », devenant de ce fait ingouvernable. Ainsi M. Michel apparaît-il, selon la formule du principal quotidien néerlandophone, comme l’ »homme de paille de la N-VA ».

Ici comme ailleurs en Europe, les « ethnonationalistes » (volksnationalisten, en néerlandais), acquis à l’axiome « Un peuple = un État-nation », savent que tout est affaire de temps et de perception. Bénéficiant d’une fascination médiatique et considéré comme le vrai chef du gouvernement, le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers Bart De Wever ne manque jamais de pointer les dysfonctionnements du système fédéral, y voyant chaque fois une preuve de la nécessité d’évoluer vers le « confédéralisme » prôné par son programme.

Reprise en boucle par les commentateurs mais rarement analysée, cette notion est ressentie par nombre d’électeurs comme le gage du maintien de l’échelon belge. En réalité, tel que la N-VA le conçoit, le confédéralisme implique un séparatisme de fait : il prévoit la suppression des institutions démocratiques belges (Parlement, Sénat, etc.) et la création de deux États souverains qui se partageraient Bruxelles et organiseraient simplement une conférence diplomatique mensuelle affublée du nom de « Parlement belge » et consacrée à la cogestion de quelques dossiers. La N-VA ne cesse ainsi de jouer sur les mots, quitte à dérouter jusqu’à ses propres membres. En 2016, M. De Wever a exclu deux députés fédéraux qui avaient critiqué la « com » du parti et évoqué dans la presse une voie plus directe vers le « séparatisme ».

Plutôt que d’employer des termes devenus tabous, la formation nationaliste préfère parler de l’ »assainissement des finances publiques ». Depuis le basculement, dans les années 1960, du centre de gravité économique du pays – des industries wallonnes vieillissantes vers les nouvelles zones portuaires flamandes–, les politiques économiques ont toujours été sciemment articulées au processus de bipartition du pays. Ainsi, les mesures de rigueur de l’actuel gouvernement servent mécaniquement les desseins séparatistes : elles frappent surtout la Région wallonne, plus fragile, accentuant les tensions avec sa voisine flamande. La N-VA espère qu’à force d’économies, aussi providentielles dans le Nord que douloureuses dans le Sud, tout le monde voudra rouvrir le « frigo communautaire » : c’est ce que M. De Wever appelle « déloger les francophones de leur tanière ». Parallèlement, le parti nationaliste met à profit les postes qu’il contrôle pour démanteler de facto l’État belge. Au ministère de la sécurité et de l’intérieur, de nombreuses tâches de la police fédérale sont en voie de privatisation (sécurisation de bâtiments publics, encadrement de détenus, etc.), tandis que des départements essentiels dans la lutte contre la criminalité internationale (notamment informatique et financière) sont « décentralisés ». À la défense, alors que le budget d’investissement en matériel est revu à la hausse à la demande de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), il est prévu de réduire les effectifs de 19,5 % et ceux de l’état-major de 32 %. Les dernières institutions culturelles et scientifiques fédérales, déjà sévèrement délabrées, sont frappées par des coupes budgétaires de 20 %. La justice enfin, laissée au CD&V, est tellement appauvrie qu’en 2016, un an après un appel à la nation de ses confrères, le plus haut magistrat du pays accusait la « logique d’économies » d’être responsable d’une « pathologie de l’ensemble du système judiciaire » mettant en danger l’État de droit, et l’État tout court.

Le chantage des nationalistes

Unique ombre au tableau : de nombreuses enquêtes montrent que, en dépit de sa gestion musclée de la crise migratoire, la N-VA risque de voir refluer une bonne part de ses électeurs vers leur parti d’origine, le rival d’extrême droite Intérêt flamand (Vlaams Belang, VB). Déterminé à « tout faire » pour conserver ces voix vitales, la N-VA se comporte en « parti de la loi et de l’ordre ». Tout en continuant de lisser sa communication pour se démarquer de la sphère séparatiste d’extrême droite – que M. De Wever et nombre de ses proches connaissent bien, pour en être issus –, le parti laisse son secrétaire d’État chargé de l’asile et des migrations, le très populaire Theo Francken, embarrasser régulièrement le premier ministre Michel en éreintant par exemple, en mars 2017, les organisations non gouvernementales (ONG) actives en Méditerranée. De même, « communautaire au frigo » oblige, le ministre de l’intérieur Jan Jambon évite désormais de dire : « Sortez les Wallons de leurs hamacs ! » – rien ne l’a toutefois retenu d’affirmer qu’ »une partie significative de la communauté musulmane dansait » après les attentats à Bruxelles en mars 2016…

Depuis longtemps, la cible principale des séparatistes est la Sécurité sociale, l’un des socles de l’État belge, que la coalition précédente, menée par le Parti socialiste (PS) de M. Elio Di Rupo, avait déjà commencé à transférer aux Régions (allocations familiales, soins de santé, etc.). Plus ses décisions (notamment une forte diminution des cotisations patronales compensée par des hausses d’impôts et de la taxe sur la valeur ajoutée) suscitent la contestation, plus l’actuel gouvernement contourne le modèle de concertation belge fondé sur le consensus entre partenaires sociaux. La fédéralisation n’ayant pas compromis l’unité des puissants syndicats du pays, la N-VA clame qu’ils sont foncièrement différents: frondeurs dans le Sud, coopératifs dans le Nord. En réalité, leurs revendications ne varient pas face au gouvernement le plus contesté de ces vingt dernières années, notamment par des manifestations qui, comme en novembre 2014 (130000 personnes), en octobre 2015 (100000 personnes) ou en mai 2016 (60000 personnes), ont toutes lieu dans la capitale. Mais la N-VA peut compter sur la plupart des médias. Stimulés par une presse internationale qui ne cesse de s’indigner de la prétendue incurie belge face au terrorisme islamiste, ces derniers rangent la contestation parmi les symptômes d’un « État failli » et multiplient les dossiers censés démontrer que « la Belgique s’effrite ».

En mars 2017, M. De Wever a annoncé qu’il mettrait le confédéralisme sur la table à l’issue du scrutin fédéral de 2019. Au cas où l’électeur rendrait alors la gauche francophone « incontournable », il a précisé qu’il n’entrerait « jamais avec elle dans un gouvernement qui n’exécute pas intégralement [son] projet institutionnel ». Dans un livre paru en mai, le leader flamand expose en détail sa stratégie : continuer de susciter un « appétit communautaire » en Belgique francophone à travers une politique de réformes intransigeante et en excluant aussi bien toute consultation populaire que toute nouvelle réforme négociée de la Constitution. Le PS de M. Di Rupo refuse ce « chantage » et rejette le confédéralisme, qui « conduira à la disparition du pays ». De concert avec son homologue néerlandophone, il dit préférer défendre la solidarité sociale entre tous les citoyens, d’autant plus qu’il est menacé sur sa gauche par le Parti du travail de Belgique (Partij van de Arbeid van België, PTB-PVDA). Revendiquant une ligne proche de Podemos en Espagne ou de La France insoumise, cette formation bilingue et probelge s’oppose au communautarisme flamand-wallon, qui ne sert selon elle qu’à voiler d’encombrantes oppositions sociales telles que travailleur-patron ou riche-pauvre. Depuis quelques mois, les oracles des sondages donnent ce parti en nette progression, surtout en Région wallonne.

Vers un nouveau patriotisme ?

Ainsi, la N-VA parvient à rendre toujours moins aberrant le scénario confédéraliste en enfonçant inlassablement le clou des « deux démocraties ». Ce fut notamment le cas lorsque, en octobre 2016, les trois Parlements de Wallonie, de Bruxelles et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où le PS est majoritaire, ont refusé de voter la ratification de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (CETA, selon son acronyme anglais). La virulence des réactions nationalistes n’a eu d’égale que le verrouillage des médias. Certaines rédactions ont affirmé que, dans ce dossier, M. Paul Magnette, alors ministre-président socialiste de la Région wallonne, n’avait réussi qu’à « donner un visage au confédéralisme ». En tout cas, la N-VA a montré ses priorités en conspuant des entités politiques qui avaient usé d’un droit de veto inscrit dans la Constitution belge… à la demande des nationalistes flamands !

La stratégie de la N-VA commence à porter ses fruits en Belgique francophone, où, devant tant d’arrogance « flamande», décideurs et commentateurs se mettent à douter de la pertinence de la Belgique. Paradoxalement, l’attachement au pays se fait le plus entendre en Flandre. M. Kristof Calvo, le très jeune président (bilingue) du groupe écologiste au Parlement fédéral et principale figure de l’opposition, prône un nouveau patriotisme belge. Toutes les formations politiques (sauf la N-VA et VB) envisagent désormais une possible « refédéralisation » de certaines compétences.

16 réflexions sur « La stratégie de la N-VA »

  1. Un peu hors sujet mais URGENT Charles Michel avait choisi comme
    porte parole un flamand le nommé BAREND LEYS déjà scandaleux
    mais cet individu vient d’ètre condamné à Bruges pour parjure
    et faux en écritures.

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  2. Mais, comme les « Belges », les Tchèques et les Slovaques ne désiraient pas se séparer. Il fallut la rencontre de deux dirigeants Vladimír Mečiar et Václav Klaus à Bratislava pour s’accorder finalement sur la séparation du pays. Or, en België, tout le monde s’accorde à affirmer que ce scénario ne peut réussir à cause de Brussel-Bruxelles. Pourtant, selon une proposition de François Perin, si Bruxelles devenait un ville-région autonome au sein de la Flandre l’obstacle disparaitrait. Mais pour autant que la liberté européenne de déplacement des gens et des capitaux subsiste. Quel Wallon et quel Flamand oseraient entrer dans l’Histoire ? Talleyrand n’est plus là pour leur proposer des ponts d’or !

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  3. « si Bruxelles devenait un ville-région autonome au sein de la Flandre l’obstacle disparaitrait. »

    L’obstacle disparaitrait tout aussi bien, et même moins difficilement, si Bruxelles devenait un ville-région autonome au sein de la France, avec la Wallonie et tout comme la Wallonie, qui en serait devenue une « région autonome ».

    En quoi la Flandre serait-elle un meilleur Etat pour Bruxelles et les Bruxellois « francophones » que la France ? Il est pourtant clair que la Flandre déteste Bruxelles la « francophone », et que la France l’adore ! Les régionalistes et réunionistes wallons peinent à comprendre cela…

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    1. Un fait est plus important qu’un Lord Maire.
      La France commettrait une grave erreur de vouloir à nouveau se saisir du territoire de l’agglomération bruxelloise.
      Bruxelles n’est qu’un « champignon vénéneux ». La France l’a appris à ses dépens notamment au dix-septième siècle et cela reste vrai aujourd’hui.
      Les coalitions punitives ne déplacent plus des armées, elles règlent leurs comptes en coulisses par des torpillages politico-financiers bien plus destructeurs.
      Tout d’abord, Bruxelles est, à l’origine, une agglomération composée de localités brabançonnes donc thioises, bas allemandes, flamandes selon l’appellation actuelle. La francisation de la population bruxelloise est toute récente par rapport à son existence millénaire puisque le recul massif du dialecte flamand ne commença que dans la seconde moitié du XIXe siècle.
      Il n’existe qu’un peuple flamand avec une identité commune comprenant les Flamands de Bruxelles. On ne peut nier aux députés flamands de Bruxelles une légitimité bien antérieure à celle de leurs confrères « francisés ».
      Cette francisation a non seulement meurtri des générations de brabançons flamands mais encore créé des « francophones » aux caractère très particulier, aisément détectable au sein de la mal dénommée « Communauté française / Wallonie-Bruxelles ».
      Les Bruxellois ne s’identifient pas à la Wallonie et, pire, de nombreux descendants d’immigrés wallons ne s’identifient plus à la Wallonie.
      Par voie de conséquence les Wallons ne considèrent pas que les Bruxellois francophones forment avec eux un seul et même peuple. Il s’agit bien d’une réalité humaine sur le terrain. N’importe qui peut être francophone mais tout le monde ne peut pas être wallon.
      A cela il faut ajouter que pour le mouvement flamand, dont la devise est « de taal is gans het volk », il faut obligatoirement être « vlaams voelend ». Cela implique qu’un Bruxellois francophone ne peut pas être catalogué comme Flamand francophone mais comme élément à « bilinguiser ». Le plus gênant, lorsqu’un Bruxellois est ou devient bilingue, il se ressent comme Belge donc non intégré au peuple flamand et non intégrable aux Wallons. Cela engendre que nombre de Wallons manifestent une hostilité grandissante et non déguisée à l’encontre de la « Communauté française / Wallonie – Bruxelles » perçue comme trop bruxelloise et trop belge.
      La politique ressemble souvent à un jeu d’échecs. Pour réussir, il faut parfois sacrifier un pièce. Ainsi, la France qui, de toute façon, soutiendrait l’indépendance de la Flandre, pourrait lui abandonner Bruxelles sur un plateau comme cadeau d’amitié indéfectible pour l’avenir.
      En permettant à la Flandre de récupérer les territoires perdus, une ère de réconciliation et d’amicale coopération pourrait s’ouvrir avec la France, après des siècles de combats générés par la présence espagnole puis autrichienne dans les Pays-Bas méridionaux.
      Cela semble, aujourd’hui, bien plus important que de perpétuer l’animosité de la Flandre à l’encontre de la République.
      Si la France a pu réussir « l’entente cordiale » avec la Grande-Bretagne et « l’amitié » franco-allemande, pourquoi ne pas choisir la voie de «l’ amitié » franco-flamande puis franco-grand-néerlandaise afin de réussir ce que Richelieu et Mazarin ne parvinrent pas ?

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      1. >>>>N’importe qui peut être francophone mais tout le monde ne peut pas être wallon.

        Voilà une phrase primordiale qu’il faut penser dans ses ultimes conséquences.

        Hélas, si les Bruxellois ne s’identifient pas à la Wallonie, les Wallons, eux, se soucient davantage de Brussels que de leur propre région. Demandez autour de vous : les Wallons se sentent avant tout belges et donc, ils adoptent un point de vue bruxello-centré. Sur RTC Liège, chaîne soi-disant régionale, la météo est annoncée depuis… Bruxelles ! Et c’est un exemple parmi d’autres…

        Le point positif quand un bruxellois ou quand un Wallon part vivre en Flandre, c’est qu’il devient un Flamand… sinon, il sera réexpédié chez lui. Il devra intégrer le logiciel flamingant et ânonner des « Ig houde van deux keau-nin-gue », cela ne passe pas très bien de l’autre côté de la frontière linguistique. :—-)

        Le niveau de connaissance des langues étrangères des Bruxellois est d’ailleurs bien en-dessous de ce qu’ils voudraient nous faire croire. Je peux vous garantir d’expérience (je parle le néerlandais) que leur pseudo-bilinguisme fait hurler de rire les Flamands.

        Et le niveau d’enseignement des langues est exécrable aussi bien à Bruxelles qu’en Wallonie. D’ailleurs, si les « francophones » ne parlent même pas un français correct, alors, imaginez-les parler une langue étrangère…

        Quant à l’amitié franco-flamande… Le Vlaams Belang voudrait récupérer une partie des Flandres françaises, il me semble. En fait, les Flamands veulent le beurre, l’argent du beurre et continuer à nous baratter la figure.

        L’hypothèse d’une alliance Flandre-France n’annonce rien de bon… Les Flamands sont capables des pires turpitudes, des pires bassesses et comme les Wallons restent aux abonnés absents, la France ne viendra pas à leur secours. La France pourrait même négocier les prolongations de l’entité belgicaine avec le concours des Flamands qui continuerait à profiter de la situation.

        Il est d’ailleurs paradoxal que les identitaires français n’entretiennent des contacts qu’avec la Flandre, notamment à Gand où ils ont été reçus à l’université, je crois. Ce paradoxe s’explique aussi par l’absence d’un mouvement identitaire wallon, comme il en existe *partout ailleurs* en Europe. Mais pour ça, on sait qui remercier…

        Les identitaires et nationalistes français n’ont qu’un seul discours à notre égard : « aide-toi et le ciel t’aidera. » C’est loin d’être anecdotique. Car si même les nationalistes français, les plus sensibles aux questions identitaires, ne lèvent pas le petit doigt pour nous, alors, imaginez le reste de la classe politique française.

        Baudelaire le leur avait bien dit : ne touchez pas à ce bâton m…

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      2. Valmy,
        Lors de la disparition de l’Etat belge, chaque région reconnue constitutionnellement, choisira son destin, c’est à dire son Etat, successeur de l’Etat belge. La Région Bruxelles aura ce droit, comme la Wallonie et comme la Flandre. Pour que ce choix s’impose, il faut qu’une majorité, absolue ou relative, se dégage au sein du corps électoral bruxellois. Cette décision va dépendre avant tout du point de vue des milieux dirigeants et influents bruxellois, et des offres qui seront faites à Bruxelles, par la Flandre (« un joli statut d’autonomie en Flandre » ), par la Wallonie (« une jolie union à deux ») et par la France (« un joli statut d’autonomie en France »), auxquelles s’ajoutent une option indépendantiste (le rêve du « paradis fiscal ») et une option européenne (le « district » européen). J’ai exposé ces cinq hypothèses dans mes écrits. Et je défends que, du point de vue de l’intérêt bruxellois, la solution « France » est la meilleure, et j’explicite pourquoi.
        Maintenant, à l’heure d’un grand choix, une population se trompe souvent…
        Quant à l’intérêt de la France, comme Français, je ne balance pas une seconde entre, d’une part, une amitié fausse avec la Flandre et la Hollande (à part faire des affaires, je ne vois rien que la France puisse faire durablement de particulièrement positif avec ces deux pays, au tropisme anglo-saxon ancien et très prononcé, et à la dimension germanique atavique et puissante), et, d’autre part, le gain que la France tirerait d’une Bruxelles devenue pleinement française (symbolique sur le plan politique, stratégique dans sa dimension géopolitique, et substantiel en matière démographique et économique). La grosse cerise bruxelloise sur le gros gâteau wallon.

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    2. Il est également clair que la Wallonië et Bruxelles la Francophone déteste Bruxelles Flamands et Les Flamands aussi. Rêve bien,
      Nous, Français, On ne veut pas La Wallonië, et pas Bruxelles!!!

      Beaucoup de salutations

      Patrick, Saint – Etienne

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  4. A la lecture de l’article de M.Paul DIRKX, on peut aussi déduire qu’en Flandre, le citoyen électeur peut suivre la voie de l’indépendance nationale (nationaliste rappelle trop certaines dérives du XXe siècle) ou choisir la politique traditionnelle, tout en n’ignorant pas que cette dernière profite sournoisement de la première. En Région bruxelloise, les pensées n’évoluent qu’au coup par coup selon la perte des repères belges. Les repères se racrapotent comme peau de chagrin à l’arrière d’une sorte d’une sorte de « rempart » dont les portes ne bloquent qu’au sud. Repères belges qui fondent aussi comme sucre dans le café, de plus en plus serré, de l’immigration d’où l’engouement pour une monarchie « Barbie », adulée sur la « Place royale », qui subsistera le temps d’un vote contraire au Parlement.
    En Wallonie, l’engouement similaire pour une monarchie « Barbie » étonne et peine les Wallons qui vécurent les années cinquante comme acteurs ou comme jeunes témoins. Mais, quel politique parle encore de la Wallonie en termes valeureux et héroïques ? Personne ! Tous se taisent honteusement attendant, peut-être une sorte de réveil catalan au sein de la population. Mais le réveil catalan, comme d’autres réveils similaires, ne s’obtint qu’à force de persuasion d’hommes et de femmes politiques fiers de leur Histoire. Ce matin, du 27/11/2017, sur les ondes de RTL, le président Di Rupo a vanté une refondation du PS, une réécriture de la Charte de Quaregnon, mais de l’avenir de la Wallonie pas un mot. Or, ce texte n’a d’avenir qu’en Wallonie car la Flandre n’en a cure même au SP et au PVDA ( PTB, si vous préférez). Certes, il serait aisé de rappeler la « wallonité » trop fraiche du Sieur Di Rupo mais que dire de Paul Magnette, de Charles Michel, de Benoît Lutgen, de Patrick Dupriez et de Raoul Hedebouw ? Tous des sourds et muets ! Nous n’avons plus qu’à espérer la victoire de la NVA associée, de près ou de loin au VB. Mais le miracle pourrait peut-être éclater comme un rayon de soleil à travers la nuée si la Wallonie se dotait, en 2019, d’une gouvernance de gauche trop écœurante pour la Flandre. Espérons le !

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    1. Une gouvernance de gauche pour écoeurer la Flandre ? Mais qu’ont-ils encore de marxiste ou de socialiste ? Le PS, on le connaît depuis longtemps et le PTB ne vaut guère mieux.

      Pour rappel, le PTB dont la base est flamande (comme par hasard) n’es pas opposé à la monarchie. Un comble quand on se prétend communiste.

      Et comme par hasard, depuis le grotesque épisode catalan, depuis que l’hypothèse d’une indépendance de la Flandre s’éloigne (pas fou le Bart), le PTB accepte de monter au pouvoir, ce qu’il refusait jusque-là, de peur de précipiter une scission.

      Cette gauche de vendus négociera avec la Flandre sans aucun problème : toujours plus de migrants en Wallonie et pour le reste, la soupe populaire dans les communes fera diversion.

      Et avec une population droguée, alcoolisée (Belgian Beer Lover Festival), sous-éduquée (le niveau scolaire au plus bas), infantilisée par la Dutroux-manie, communautarisée par l’immigration (70 ans après, certains parlent toujours leur langue d’origine), ce sera un jeu d’enfant de leur faire gober n’importe quoi. .

      Les repères se racrapotent, dites-vous ? Au contraire, le belgicainisme n’a jamais été ***aussi fort et aussi dégoûtant*** en Wallonie depuis la montée en puissance de la NVA. Un belgicanisme qui se passe désormais de toute références historiques, même bidon.

      Le drapeau belge sur tous les produits alimentaires ! La réduction de tout à la mayonnaise, avec les ignobles pseudo-comiques bruxellois… Cela s’appelle du Titytainment et c’est signé Trilatérale. Pas très catholique, comme méthode.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Tittytainment

      Croyez-moi, ça peut encore durer longtemps, très longtemps… Le Kali Yuga c’est long surtout vers la fin.

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      1. Bien merci pour l’information, je ne connaisse l’expression « tittytainment ». Mais ce  » mot-valise désignant un sous-système similaire aux Pain et Jeux » doit coûter cher à la longue et les tenants du libéralisme n’apprécient pas les dépenses inutiles. Cela peut impliquer une fin comme l’histoire de la Rome antique nous la montré. Je pense aussi à la masse d’immigrés dont la patience ne tiendra pas longtemps s’ils ne perçoivent pas les dividendes de leurs envies matérielles délirantes. L’Occident ne pourra pas jouer au paradis éternellement.

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  5. C’est cela…La lente déliquescence de l’Etat belge peut continuer encore longtemps, jusqu’à sa fin, certes inéluctable, mais alors éloignée, ou bien être interrompue, à tout moment, soit par l’impatience d’une des parties, soit par le blocage du « système fédéral » du fait de leur mésentente totale.

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  6. Et les Flamands ne sont pas dupes une seconde du PTB qui noyaute la FGTB pour mieux pourrir la situation en Wallonie.

    Le PTB : grattez la coque du Potemkine et vous trouverez un sous-marin jaune.

    Je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes et je n’aime pas les communistes parce qu’ils sont communistes. (De Gaulle) Et la belgitude c’est le communisme des imbéciles.

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  7. Je suis française mariée avec un Wallon. J’ai dit à mon époux que la Flandre ne veut absolument pas son indépendance. L’objectif des flamingants est de coloniser à terme la Wallonie. Preuve, depuis plusieurs années, colonisation des Ardennes par les flamands et néerlandais (hollandais). Mon frère est sur Bordeaux (je suis de Bordeaux à l’origine). Dans la société où travaille mon frère, il y a un flamand. Ce flamand passait son temps à dénigrer les Wallons. Il expliquait à ses collègues français que les Wallons sont des fainéants, paresseux, etc, et que les flamands ne veulent plus payer pour les assistés Wallons. Un jour, mon frère en a eu assez, et il a dit ceci à ce flamand : vous les flamingants vous avez une grande gueule, vous ne faîtes que brailler à longueur de journée que vous voulez l’indépendance, mais, vous ne faîtes rien pour devenir indépendant. Depuis, ce jour là, ce flamand ne dit plus rien sur les Wallons à mon frère et aux autres collègues. Les flamands lorsqu’ils sont en France, ils se taisent et parlent français. Je vis en Wallonie depuis plusieurs années, les Wallons sont tellement accueillant, j’aime beaucoup la Wallonie. J’espère voir un jour, la Wallonie devenir région de France. Mais, je vous avoue que la colonisation de la Wallonie par la Flandre, me fait hélas douter sur une Wallonie française.

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  8. C’est rare de lire sur un forum des textes d’intervenants sensés qui ne débitent pas des sottises. Tout n’est donc pas foot festivals et ferien (vacances en allemand pour dire d’avoir trois f). Rassurant!

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    1. Merci, Monsieur Berger. Vous aimez les textes d’intervenants sensés qui ne débitent pas de sottises. Votre place est alors parmi nous. Retenez dès à présent la date du samedi 28 avril 2018 dès 10.00 au Palais des Congrès à Liège. L’ Alliance Wallonie France y tiendra son Assemblée Générale Ouverte à tous les Citoyens soucieux de s’informer. Vous serez surpris par la qualité des interventions des orateurs qui prendront la parole, mais d’ici là, vous recevrez bien sûr une invitation avec le programme complet de la journée.

      Paul Durieux
      Président-fondateur de l’ A.W.F.

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