En passant

La Belgique se chauffera bientôt au gaz de schiste américain

Un ami nous envoie une information issue du site de la RTBF

Le gaz de schiste suscite une grande polémique en Europe.

 

Le gaz de schiste suscite une grande polémique en Europe. – © JEFF PACHOUD – AFP
RTBF Publié à 09h38

Pour nous chauffer, il y a le mazout, l’électricité et le gaz. Et bientôt, en Belgique, le gaz de schiste. Le transporteur de gaz Fluxys va approvisionner le royaume en gaz de schiste américain.

Le gaz de schiste est un gaz naturel enfoui le plus souvent à très grande profondeur, entre 1500 et 3000 mètres, dans des roches compactes. Des méthodes d’extraction bien spécifiques sont nécessaires, et c’est là que naît la polémique. Car percer ou faire exploser la roche pour extraire le gaz peut provoquer des dégâts sur le plan écologique.

Comment ce gaz va-t-il traverser l’Atlantique?

26 cargos de gaz naturel liquéfié seront transportés jusqu’à Dunkerque. Le transport choisi dépend d’un contrat entre EDF et le groupe américain Chenière. Or Fluxys est relié à ce terminal de Dunkerque. Laurent Remy, porte-parole de Fluxys, s’en réjouit :  » Ce qui est bien sûr très bon pour la sécurité d’approvisionnement du pays. Et c’est bon pour la compétition aussi. Finalement, cela va faire baisser les prix à terme pour le consommateur final. D’autre part, ça réaffirme aussi la position de plaque tournante pour le réseau belge. « 

Ce gaz pourrait transiter vers l’Allemagne. L’approvisionnement du terminal de Dunkerque devrait débuter dans quelques mois.

Parce que ma voix compte

Notre ami Marcel Cools attire notre attention sur une déclaration du Président islandais au forum de Davos. Ce qui est vrai pour l’attitude à adopter face aux banques doit aussi l’être pour tous les sujets abordés dans une vraie démocratie (NOTRE VOIX COMPTE).
 
Ne sommes-nous pas loin du compte ? Quel poids a encore notre voix dans nos démocraties ?
N’assistons-nous pas entre un écart insupportable entre ce que veut le citoyen et les décisions prises par des décideurs qui pratiquent de véritables copier-coller que leur suggèrent ou imposent les lobbyings ?
 
Paul D.
Photo de Parce que ma voix compte.
 

Anne Hidalgo : « Pourquoi nous accueillons Tel-Aviv à Paris Plages »

LE MONDE | 11.08.2015 à 12h42 • Mis à jour le 11.08.2015 à 16h21

Par Anne Hidalgo, maire de Paris

Depuis treize ans déjà, Paris Plages offre des loisirs à tous les Parisiens et permet d’envisager, le temps de l’été, notre ville sous un aspect plus ludique que d’ordinaire. Pour que Paris Plages garde son attrait, nous y invitons des villes ou des pays étrangers pour des animations ou des événements. Après Athènes, des villes du Brésil ou de Polynésie, nous avons décidé d’accueillir Tel-Aviv durant la journée du 13 août.

Cette idée, finalement banale pour qui aime les villes au bord de l’eau, est née autour d’un déjeuner que les élus des deux villes ont partagé lors du déplacement du Conseil de Paris en Israël et en Palestine que nous avons effectué au mois de mai.

Pourquoi Tel-Aviv ? D’abord, parce qu’elle est une ville balnéaire appréciée des noctambules du monde entier, ce qui lui vaut son surnom de « Ville qui ne dort jamais ». C’est surtout une ville avec laquelle nous échangeons régulièrement dans les domaines de la culture et des nouvelles technologies. Elle organise une déclinaison locale de Nuit Blanche depuis neuf ans déjà et nous sommes en train d’associer nos incubateurs pour que des start-up de Paris et de Tel-Aviv puissent profiter à moindre coût des ressources disponibles dans chacune des deux villes.

Lire aussi : « Tel-Aviv sur Seine » : la mairie de Paris ne renonce pas, malgré la polémique

Une ville progressiste

Même dans le contexte enlisé et violent du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants.

C’est à Tel-Aviv qu’ont eu lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l’enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques. Et c’est de là-bas que, le 1er août, son oncle a pris la parole pour s’adresser à la foule venue partager sa douleur.

Au-delà, comme maire et comme femme politique engagée en faveur de la paix et du vivre ensemble, je ne saurais rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement. Ce serait mépriser la démocratie locale et donc la démocratie tout court.

S’agissant ici de la première ville d’opposition en Israël, ce serait au mieux grotesque, au pire contre-productif. On peut condamner la politique du gouvernement Nétanyahou sans punir la population israélienne et nous punir nous-mêmes en refusant tout échange permettant d’apprendre à nous connaître.

Echanger plutôt que boycotter

Nos pactes d’amitié avec Tel-Aviv ou Haïfa ne nous ont pas empêchés en tant que ville, de reconnaître la Palestine avant l’Etat français ; d’être solidaires de la population de Gaza en mobilisant des aides d’urgence après les destructions de l’été dernier, et surtout d’avoir avec des villes palestiniennes, comme Jéricho et Bethléem, parmi nos plus importantes coopérations décentralisées en cours dans le monde.

Au Moyen-Orient comme ailleurs, la doctrine de Paris est intangible : elle consiste à encourager plutôt qu’à réprimander, à échanger plutôt qu’à boycotter, à dialoguer plutôt qu’à excommunier et de ce fait, à voyager tant en Israël qu’en Palestine et à entretenir des liens avec tous ceux qui œuvrent au rapprochement. Je crois en la diplomatie des villes, à même d’avoir un temps d’avance sur les Etats dans le rapprochement entre les peuples.

En invitant Tel-Aviv sur les berges de la Seine, le 13 août, Paris est fidèle tout à la fois à l’aspect ludique de Paris Plages et à ses valeurs d’échange et de tolérance. Notre ville contribue ainsi à une culture de paix et à dépasser les préjugés.

C’est dans cet esprit que j’invite les Parisiennes et les Parisiens à venir nombreux.

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Google devient Alphabet

Lu sur le site du quotidien « Le Monde »

      

Google Inc. devient Alphabet Inc. ! Lundi 10 août, la société de Mountain View a annoncé un changement majeur – et surprise – de sa structure d’entreprise. Le moteur de recherche va devenir une filiale d’une nouvelle entité, baptisée Alphabet. Cette dernière sera dirigée par Larry Page, le cofondateur et actuel directeur général de Google. Sergeï Brin, le deuxième fondateur, occupera le poste de président. Eric Schmidt sera président exécutif du conseil d’administration, poste qu’il occupait déjà chez Google. La société sera cotée en Bourse, en lieu et place de la précédente.

SUNDAR PICHAI, NOUVEAU PATRON DE GOOGLE

« Alphabet est une collection d’entreprises, explique M. Page dans un message publié sur le blog officiel de Google. Google est la plus importante. Mais ce nouveau Google va être allégé : les entreprises éloignées de nos principaux produits Internet seront désormais regroupées dans Alphabet. » Concrètement, cela signifie une séparation claire entre le cœur de métier de Google et tous ses projets annexes. Il s’agit de Google X (projets futuristes), de Calico (santé), de Sidewalk Labs (logistique urbaine), de Nest (objets connectés), de Fiber (fibre optique) et de Google Ventures et Google Capital (investissements).

Le nouveau Google conservera le moteur de recherche, les activités publicitaires, la plate-forme de vidéos YouTube, le système d’exploitation mobile Android, la cartographie Maps, la messagerie Gmail et tous les autres services Internet et applications mobiles. La filiale aura aussi un nouveau directeur général : Sundar Pichai, l’étoile montante de l’entreprise. Responsable d’Android et du navigateur Web Chrome, il avait été nommé l’an passé vice-président en charge des produits. Pour de nombreux observateurs, il était ainsi devenu le numéro deux de l’entreprise.

Lire son portrait : Qui est Sundar Pichai, le nouveau directeur général de Google

Les pays émergents rachètent des fleurons de l’économie en Europe

5 Août 2015

Par Charles-André Aymon Terre industrielle devenue paradis des investisseurs, le Vieux-Continent constitue le terrain de chasse des milliardaires venus de pays émergents. Tour d’horizon.

Fusions et acquisitionsLes perles industrielles et emblématiques de l’Europe pleuvent sans discontinuer dans l’escarcelle de nouveaux riches venus de Chine, du Qatar, d’Indonésie, de la Russie, de l’Inde et d’une nuée de pays émergents. Ils semblent aussi avides des richesses symboliques de l’Occident que de véhicules d’investissement.

France

En janvier 2015, l’emblématique Club Med passait sous pavillon chinois. L’entreprise a été rachetée par le milliardaire de 47 ans Guo Guangchang. Surnommé le «Warren Buffett chinois», ce self-made-man, qui a passé sa jeunesse dans une ferme, multiplie les acquisitions en Europe et aux Etats-Unis.

Le secteur viticole français attire lui aussi l’Empire du Milieu. Le 6  janvier dernier, le rachat de Château Renon a porté à 100 le nombre de domaines du Bordelais détenus par des Chinois. L’investisseur, le milliardaire James Zhou, a fait fortune dans les emballages agroalimentaires et veut faire découvrir les vins liquoreux à la Chine.

L’hôtellerie française fait elle aussi l’objet de convoitise. Alors que onze des douze palaces parisiens sont déjà détenus par des groupes étrangers, l’InterContinental Paris Le Grand est passé aux mains de Constellation en mai dernier. Derrière ce groupe, on trouve le fonds d’investissement d’Etat qatari.

Italie

Depuis la crise, d’importantes entreprises italiennes ont été rachetées, totalement ou partiellement, par des hommes d’affaires des économies émergentes. C’est  le cas des deux équipes de foot de Milan: le 15 octobre 2013, Massimo Moratti, président de l’Inter, annonçait la cession de 70% du club au milliardaire indonésien Erick Thohir, fondateur de Mahaka Group, géant du secteur des médias. En juin dernier, le magnat thaïlandais Bee Taechaubol, qui dirige le groupe financier Thai Prime, a déboursé 480  millions d’euros pour obtenir 48% de l’AC Milan.

Mais l’intérêt des investisseurs ne se limite pas qu’au sport. La griffe Gianfranco Ferré a été rachetée en 2011 par Paris Group, société de Dubaï contrôlée par les hommes d’affaires Abdelkader et Ahmed Sankari. En 2012, le fonds d’investissement anglais Permira a vendu la célèbre marque de mode Valentino à l’émir du Qatar, Hamad bin Khalifa al Thani (via la société Mayhoola for Investments) pour 700  millions d’euros.

Allemagne

Les investisseurs issus des pays émergents sont aussi attirés par le prestige du label «made in Germany». Liang Wengen, président du fabricant de machines-outils chinois Sany Heavy Industry, s’est ainsi offert le puissant groupe Putzmeister, fabricant de pompes à béton, en 2012. Putzmeister passait pour l’un des joyaux du «Mittelstand» allemand – cette clé de voûte de l’économie germanique, constituée de sociétés familiales aux technologies innovantes capables de dominer des marchés de niche.

Toujours dans le secteur de l’industrie à haute valeur ajoutée, le groupe chinois CNBM, géant des matériaux de construction, s’est offert successivement plusieurs sociétés allemandes spécialisées dans les films photovoltaïques: CTF Solar en 2012, puis Avancis l’an dernier.

L’énergie attire, elle aussi, les investisseurs: en mars dernier, un consortium mené par le milliardaire russe Mikhail Fridman a racheté Dea, filiale d’extraction pétrolière et gazière du groupe RWE, deuxième producteur d’électricité en Allemagne.

Grande-Bretagne

Ces dernières années, certaines des marques britanniques les plus emblématiques du royaume sont passées sous contrôle étranger. Le géant indien Tata s’est ainsi offert la marque de thé Tetley en 2000 et le prestigieux constructeur automobile Jaguar Land Rover en 2008. Dans le domaine de la distribution, la célèbre enseigne Harrods a été rachetée en 2010 par Qatar Holding, la société d’investissement du fonds d’Etat qatari.

Les groupes chinois ne sont pas en reste. La chaîne de grands magasins House of Fraser a été rachetée en 2014 par Sanpower, dirigée par l’homme le plus riche de l’Empire du Milieu, Yuan Yafei. Ancien homme politique local reconverti dans les affaires, Yafei envisage d’ouvrir plus de 1100 grands magasins en Chine.

Les plus grands clubs de football attirent eux aussi les convoitises des pays émergents. Le club de Chelsea a été racheté par le milliardaire russe Roman Abramovitch en 2003, tandis que Manchester City, autre club de Premier League, a été racheté en 2008 par le cheikh Mansour, membre de la famille royale d’Abu Dhabi.

Espagne

Il y a deux ans, une analyse de BNP Paribas annonçait que l’Espagne allait devenir, à la faveur de la crise, un terrain de chasse pour les groupes étrangers. Voici quelques-unes des acquisitions les plus symboliques.

En janvier dernier, le Chinois Wang Jianlin, 42e entrepreneur le plus riche au monde, est rentré au capital du club de football Atlético de Madrid à hauteur de 20%. Mais c’est l’acquisition de l’immeuble historique madrilène Edificio España, pour un montant de 265 millions d’euros, qui l’a amené à la une des journaux espagnols.

En 2011, la société International Petroleum Investment Company (IPIC), détenue par l’émirat d’Abu Dhabi, a acquis 100% de la Cepsa, la deuxième compagnie pétrolière espagnole. Déjà sponsor maillot du FC Barcelone, via Qatar Airways, le fonds qatari est aussi devenu propriétaire de deux hôtels de luxe de la région: l’Hôtel Renaissance et l’Hôtel W, rachetés, respectivement, pour 78,5 et 200  millions d’euros.

UN OUVRAGE DE REFERENCE POUR LES « REUNIONISTES CANADIENS »

Un de nos membres français attire notre attention sur un livre bien intéressant de la journaliste canadienne Diane Francis. C’est un ouvrage de référence pour les  » réunionistes canadiens », mais je dirai que ce livre est également très utile  dans le débat sur l’avenir du Canada et particulièrement de nos amis québécois. La relation avec le débat indispensable du réunionisme wallon dans le projet d’intégration-autonomie de la Wallonie dans la République française est évident.

Notre ami français nous écrit ce qui suit :

« Chose peu connue en Europe : le courant canadien dit « annexionniste », partisan d’un rapprochement avec les États-Unis, est pour ainsi dire aussi ancien que le pays lui-même.

En 2013, une étape a été toutefois franchie, avec la publication de : Merger of the Century : Why Canada and America should become one Country, de Diane FRANCIS, journaliste canadienne née à Chicago en 1946, de tendance conservatrice modérée (éditions HarperCollins Publishers Ltd).

Dans ce livre, l’auteure rappelle brièvement les profondes similitudes entre les deux pays, qui partagent la même civilisation nord-américaine, au-delà des histoires politiques et étatiques particulières. Les échanges commerciaux, culturels, artistiques, ou tout simplement humains (migrations quotidiennes ou définitives) sont d’ores-et-déjà considérables. Mais elle actualise les arguments en faveur de l’union.

L’objectif affiché est très « américain » : il s’agit de conserver ou de retrouver une place prépondérante dans le monde, si possible la première, pour la technologie, l’énergie, l’agriculture (et l’agro-business), l’industrie (notamment automobile), ou encore la monnaie.

Cette intention se veut une réponse à un contexte international où se mêlent considérations économiques et géo-stratégiques. Certains gouvernements sont clairement désignés : la Chine, la Corée du Sud, l’Arabie Saoudite ou le Qatar mènent des politiques visant à contrôler des ressources ou des activités en fonction de leurs intérêts propres. Achats massifs de terres agricoles à travers le monde (exemple de Madagascar), participations directes ou indirectes via des fonds d’investissements dans des secteurs stratégiques (mines, énergie) : l’Amérique du Nord est l’une des cibles de cette « offensive » relevant du « soft power » (action stratégique par des moyens non-armés). Le Canada est vulnérable en Arctique, où les Russes cherchent à élargir leur influence. Souvent, l’Amérique du Nord fait preuve de naïveté, et a du mal à répondre à ce « capitalisme d’Etat » offensif, dont D.FRANCIS constate l’efficacité.

La fusion est donc un moyen de faire poids et d’imposer des règles de bonne conduite équitables à l’échelle de la planète, ce que les instances internationales sont aujourd’hui incapables de faire.

Mais devenir une seule nation présenterait également des avantages domestiques. Tout au long de la frontière, d’est en ouest, les contrôles douaniers, délais d’attente, files interminables, problèmes d’infrastructures etc… engendrent des surcoûts importants. La gestion de certains points de passage est désastreuse, comme entre Detroit (E.-U.) et Windsor (CAN). Le tourisme souffre aussi de la situation. Le « 11 septembre » n’a rien arrangé, en entraînant une « militarisation » relative de la zone frontalière états-unienne.

Pourtant, des dossiers tels que le terrorisme, l’immigration ou les drogues auraient intérêt à être gérés de façon davantage coordonnée. Plus généralement, les différences dans les politiques menées entravent souvent les relations bilatérales, même si des convergences législatives ont été observées (sécurité, usage du cannabis…). Au final, selon D.FRANCIS : « la seule solution est d’effacer complètement la frontière ».

Elle se penche sur les modalités concrètes de la fusion, en présentant pas moins de cinq options, avec des degrés d’intégration plus ou moins poussés, sans se focaliser sur un seul choix. Elle raisonne par analogie avec les fusions du monde de l’entreprise, et n’hésite pas à aborder les aspects financiers.

L’environnement juridique et constitutionnel n’est pas un obstacle insurmontable, dans la mesure où les institutions sont des deux côtés fédérales. Cependant D.FRANCIS évoque, pour le Québec, un statut de « Commonwealth » semblable à celui de Porto Rico, capable notamment de préserver l’usage de la langue française. Point de vue respectable, mais qu’un francophone n’est pas obligé de partager…

Il est tout à fait possible d’appliquer au Canada les catégories politiques états-uniennes (Démocrates et Républicains), sauf que les idées démocrates y ont un net avantage : il faut donc insister sur les effets stratégiques, économiques et territoriaux pour séduire le camp républicain « US ».

Diane FRANCIS fait preuve de lucidité et d’honnêteté intellectuelle, en soulignant les défauts de ses deux patries, et en ayant le souci de prendre le meilleur des deux systèmes. Elle dénonce ainsi le coût et l’injustice du système de santé états-unien (la réforme Obama mettra des années à porter tous ses fruits), le poids excessif de l’appareil militaro-industriel, et critique la tendance de ses voisins à se voir comme une « nation élue ».

En conclusion, voici donc un essai de bonne facture, très « américain » dans la forme : style simple et direct, nombreuses données chiffrées et factuelles. Les quelques réserves légitimes s’agissant de l’avenir du Québec ne doivent pas empêcher un échange d’idées et d’expériences entre ce réunionisme là et le nôtre.

Piqûre de rappel pour Wallons toujours ensablés

Bart De Wever veut une vraie petite révolution

07/08/15 à 09:45 – Mise à jour à 09:45

Source : Le Vif/l’express

Dans la revue interne de la N-VA, le dirigeant nationaliste flamand estime que le gouvernement fédéral, même s’il reflète les aspirations flamandes, n’offre pas une solution structurelle pour l’avenir de la Flandre.

Bart De Wever veut une vraie petite révolution

/ © Belga

« Vakantie ». Bart De Wever n’a pas voulu lâcher les militants N-VA sur les routes sans une piqûre de rappel administrée via la revue interne du parti. Pas d’euphorie : la Flandre n’est pas au bout de ses peines, car « elle n’a pas son avenir en main ».

Sans doute, concède le président de la N-VA dans son billet d’humeur un brin maussade, « l’actuel gouvernement fédéral reflète les aspirations flamandes, mais il n’est pas une solution structurelle ». Le bout du tunnel ne sera en vue que « lorsque les entités fédérées détermineront leur propre politique, avec leurs propres moyens et sous leur propre responsabilité ».

Ce qui exige une vraie petite révolution. « Il faut inverser la logique : les entités fédérées doivent percevoir les impôts et verser une dotation à l’Etat fédéral pour son fonctionnement. »

A côté de ça, le tax-shift était une promenade de santé.

Pierre Havaux

Ce n’est pas la fin des remous pour la Suédoise

Un de nos membres, Jean-Marie Derwa, attire notre attention sur un article qui ne manque pas d’intérêt.
Olivier MoutonOlivier Mouton Journaliste politique au Vif/L’Express

06/08/15 à 13:49 – Mise à jour à 13:49

Source : Le Vif/l’express

Malgré le tax-shift, Charles Michel n’est pas au bout de ses peines… Quinze jours après l’accord fiscal, le CD&V est au bord de la rupture.

Ce n'est pas la fin des remous pour la Suédoise

© Belga

La promesse a été tenue, oui. Mais l’édifice reste fragile. Le gouvernement Michel a bouclé le 23 juillet dernier un ambitieux tax-shift, d’une hauteur de 7,2 milliards. « De par son envergure, ce n’est pas une opération classique se félicitait Charles Michel au lendemain de l’exercice. Je n’en ai vu aucune d’une telle ampleur à la Chambre ces dernières années. » Rideau. Depuis, le Premier ministre profite de vacances bien méritées – il a mis le cap sur le sud de la France, dans la maison familiale, avant une escapade en moto.

Sans doute se doutait-il que deux semaines après l’accord, la perception changerait, surtout au nord du pays. « Au moment de la communication du tax-shift, tout le monde était euphorique au sujet de l’efficacité du gouvernement Michel, reconnaît Carl Devos, politologue à l’université de Gand. Mais aujourd’hui, on s’aperçoit que l’accord fragilise fortement le CD&V, ce qui est une très mauvaise chose pour la coalition. » L’histoire agitée de la Suédoise n’est donc pas finie, même si l’équipe Michel a déjà initié la plupart de se réformes structurelles et impopulaires.

Un tax-shift ambitieux ? C’est pourtant ce que le CD&V réclamait depuis des semaines. « On avait demandé une solution avant les vacances, ce qui a été le cas », se félicitait d’ailleurs son vice-Premier ministre Kris Peeters. Depuis, le constat est unanime. « Le parti qui a le plus insisté pour un tax-shift est celui qui a le moins pesé sur le résultat », analyse Dave Sinardet, politologue à la VUB. « Le parti pivot des coalitions est seul responsable de la situation infernale dans laquelle il se trouve, prolonge Pascal Delwit (ULB). Bien sûr, au CD&V on a le sens du sacrifice. Donc, on boira le calice jusqu’à la lie. » « Le CD&V est ultra-dominé dans un gouvernement à consonance très libérale, acquiesce leur collègue gantois Carl Devos. Avec l’Open VLD, le MR et la N-VA, c’est du trois contre un ! Le CD&V avait fait de nouvelles promesses sociales très ambitieuses après la formation du gouvernement, mais elles sont impossibles à tenir. Le tax-shift devait être pour lui la compensation des mesures antisociales comme le saut d’index ou la réformes des pensions, mais c’est loin d’être le cas. »

Les messages se multiplient pour atomiser les chrétiens-démocrates au sein de ses piliers et jusque dans ses propres rangs. « C’est un glissement fiscal dans le porte-monnaie des gens, les capitaux échappent une nouvelle fois à la danse », grince Patrick Develtere, président de Beweging.net, nouveau nom de l’ACW (Mouvement ouvrier chrétien), en référence à l’augmentation minime du précompte immobilier et à la création aléatoire d’une taxe sur la spéculation. » « Avec moins de moyens, nous ne pourrons pas faire davantage », râle Luc Van Gorp, le nouveau patron des Mutualités chrétiennes : le CD&V avait promis que l’on ne toucherait plus aux dépenses sociales, mais les mutualités doivent contribuer à l’effort global à hauteur de 100 millions d’euros. « Nous restons sur notre faim au vu des résultats de la négociation », soupire Wim Soons, président des jeunes du CD&V, en regrettant la contribution minime du capital, mais aussi l’annonce d’une nouvelle régularisation fiscale.

Olivier Mouton

« La structure du modèle belge n’est pas démocratique »

Ci-dessous, le point de vue de Remi Vermeiren qui fut l’inspirateur de « in de Warande » et le directeur de la très flamande banque KBC pendant 43 ans. Dire que son carnet de contacts avec le monde politique et décisionnel flamand est imposant serait un euphémisme.

 

03/08/15 à 09:45 – Mise à jour à 09:45

Source : Belga

Remi Vermerein, ex-banquier flamingant et séparatiste, retape sur le clou indépendantiste : « Belges, finissons-en ! » Le plus vite sera le mieux. Pour les Flamands comme les Wallons… 

"La structure du modèle belge n'est pas démocratique"

© iStock

Il y a dix ans, il allumait le feu avec un manifeste indépendantiste dont il était l’inspirateur pour le compte d’un think tank nommé « in de Warande. » Aujourd’hui, son nouveau plaidoyer en faveur de l’indépendance de la Flandre ne fait plus que lever ou froncer quelques sourcils. Signe que l’idée fait son chemin dans les esprits…

A 75 ans, Remi Vermeiren, 43 ans passés au service de la KBC dont il a été le président, ressort son plan B qu’il a remis au goût du jour. L’ex-banquier séparatiste n’a rien du flamingant exalté. A grand renfort de chiffres, de graphiques et de tableaux, son analyse mène à cette conclusion prémâchée, qu’il expose sobrement, cliniquement : la Belgique est un échec économique et démocratique cuisant et le restera. Puisque tout sépare Flamands et Wallons, finissons-en. Et au plus vite.

Le Vif/L’Express : by-bye Belgium, « there is no alternative » ?

Remi Vermeiren. Je ne crois pas effectivement qu’il y ait une meilleure alternative. Pour la Flandre mais aussi, en fin de compte, pour la Wallonie et pour Bruxelles. Compte tenu, cela va de soi, des conditions qui seront liées à une telle séparation.

Cette séparation serait une opération win-win pour les Flamands et pour les francophones ?

La Flandre, selon moi, n’a rien à gagner à rester dans cette constellation belge qui ne produit rien d’efficient pour elle. Le nord du pays n’en a pas besoin économiquement et à terme, il gagnera en ouverture et en assurance à être indépendant. Mais ce constat n’est pas nécessairement désavantageux pour la Wallonie et Bruxelles : dans le cadre d’un accord, le sud du pays pourra être financièrement aidé.

La structure du modèle belge n’est pas bonne, elle n’est pas démocratique, elle est trop complexe et par conséquent inefficiente. Il existe un déficit de responsabilité financière dans le chef des entités régionales, qui dépensent de l’argent qu’elles ne doivent pas collecter. Il est toujours facile pour un homme politique d’annoncer des dépenses quand il ne doit pas annoncer des impôts pour les financer. Et la sixième réforme de l’Etat ne modifie pas ce fait. Je ne le reproche pas au PS ni aux Wallons en particulier.

Tout de même, la Wallonie va mieux. Cela ne change pas la donne ?

Non. Le fossé entre Flandre et Wallonie reste très important. Si la Wallonie va sans doute mieux, cette amélioration est limitée et sera peut-être temporaire. Et quand bien même : cette amélioration n’est pas un argument suffisant pour maintenir la Belgique.

Dans ce cas, la Wallonie, voire Bruxelles, pourraient vouloir rejoindre la France…

Ce serait le droit le plus strict des Wallons d’exprimer ce souhait. Reste à vérifier si les Français se montreront enthousiastes à cette perspective. Bruxelles, c’est autre chose : la Flandre devrait pouvoir s’opposer à cette perspective. Je ne vois d’ailleurs pas l’avantage que Bruxelles aurait à rallier la France, elle y perdrait son statut de capitale de l’Europe. Bruxelles doit devenir une sorte de Washington DC, au-dessus de la mêlée des Etats.

Tout en restant, logiquement selon vous, la capitale de la Flandre…

Psychologiquement, les Flamands auraient du mal à abandonner Bruxelles. La Flandre pourrait décider que Bruxelles reste sa capitale juridique, le siège de son gouvernement et de son administration. Même si Anvers est incontestablement plus importante pour la Flandre que Bruxelles, dans bien des domaines. Aux Pays-Bas, La Haye est la capitale juridique, alors qu’Amsterdam est la capitale économique. Libre aussi à la Wallonie de faire de Bruxelles sa capitale.

Bruxelles deviendrait ainsi une ville-Etat, elle s’enrichirait à devenir une ville trilingue. Une cogestion de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie ne serait pas une situation saine. Un politicien de Bruges ne doit pas se mêler de la gestion des affaires bruxelloises.

La N-VA pourrait connaître le même sort que la VU ?

C’est possible. Je le crains, sans pouvoir dire si cela se produira.

Vous avez l’occasion de discuter de votre position, au sein de la N-VA ?

Je connais bien certaines personnes au sein du parti, qui apprécient mon point de vue.

Jan Jambon, ministre N-VA de l’Intérieur, et son chef de cabinet, Herman De Bode, ont jadis signé le manifeste indépendantiste de la Warande. Ils partagent toujours votre dernière analyse ?

Herman De Bode, qui est un ami, certainement. Probablement aussi Jan Jambon, avec lequel je n’en ai pas discuté. Mais il est aujourd’hui un homme politique, il doit être réaliste et prudent, vis-à-vis de ses électeurs comme à l’égard à sa fonction ministérielle.

Le Mouvement flamand ne respire plus la forme…

Il paraît en effet fatigué, il s’éparpille, il est un peu groggy.

Vous agissez dans la coulisse pour rallier les entrepreneurs flamands à vos vues ?

Je vais parler là où on m’invite. Vous savez, les patrons ont bien d’autres chats à fouetter que de lire mon livre. La plupart éprouvent une sympathie de base pour ma thèse mais les entrepreneurs sont avant tout des gens pragmatiques. Ils pensent à l’intérêt de leur entreprise dans les trois, quatre ou cinq ans à venir. Ils sont rarement attirés par la politique, ils préfèrent garder leurs distances.

Ne devriez-vous pas commencer par convaincre les acteurs politiques et économiques wallons ? A moins que ce ne soit mission impossible ?

Je le crains (sourire.) J’ai 75 ans, je ne me sens pas l’âme d’un missionnaire. Je me contente de donner mon avis. Mon livre n’est d’ailleurs pas connu dans les milieux wallons.

Vous pourriez le faire traduire en français pour éclairer les francophones…

Une version française de mon ouvrage existe mais je n’ai pas trouvé d’éditeur francophone intéressé. Je pourrais le faire imprimer à mes frais, mais comment le distribuer ? Si vous avez une piste à me suggérer…

Pourquoi ne vous êtes-vous pas engagé en politique ?

Je n’ai pas le caractère à faire de la politique. Il est difficile d’y rester intellectuellement intègre. Je suis peut-être trop individualiste pour cela.

Votre analyse est la vision d’un homme d’affaires. La Belgique n’est-elle rien d’autre qu’une question d’argent ou est-elle aussi affaire de sentiments ?

Je peux fort bien comprendre que certains soient sentimentalement attachés à la Belgique, comme on peut l’être tout autant à la Flandre. Mais l’enjeu n’est pas tant économique qu’une question de démocratie. Politiquement, le statut de minorité protégée offre aux francophones une position de force trop importante.

L’indépendance est un principe démocratique, et ma démarche est fondamentalement démocratique. Dans mon schéma de séparation, toute personne de nationalité belge pourra choisir la nationalité wallonne, flamande ou bruxelloise, indépendamment de son lieu de naissance ou de son lieu d’habitation au moment de faire son choix.

La vision francophone d’un nationalisme flamand égoïste vous irrite?

Nationalisme ? Je n’aime pas ce terme pour sa connotation égoïste, sectaire. A mes yeux, un nationaliste veille à ses intérêts et aux intérêts de sa propre famille, sans être pour autant contre les intérêts des autres. Penser à ses propres intérêts, écouter sa population, n’a rien d’inhumain. Tous les Etats de l’Union européenne continuent de défendre leurs intérêts nationaux.

Auriez-vous raison trop tôt ?

Je n’en sais rien. Le jour où deux tiers des Flamands seront pour l’indépendance… Je ne l’exclus pas un jour. Le Flamand est souvent tourné sur lui-même. Les régimes étrangers qu’il a connus, espagnol, autrichien, français, néerlandais, expliquent sa méfiance et son rejet de l’autorité publique et sa posture défensive.

Je pense d’ailleurs que si un jour il y a séparation de la Belgique, l’initiative viendra de Bruxelles ou de la Wallonie. C’est une question de mentalités. Les hommes politiques francophones sont plus assertifs, ils regardent plus loin, font davantage bloc lorsqu’il est question de communautaire. Ce n’est pas illogique, ils sont moins nombreux, ils sentent qu’ils doivent s’unir face à une majorité. l

Remi Vermeiren, « België, de onmogelijke opdracht. Vlaamse onafhankelijkheid. Recht, behoefte en noodzaak » éd. Pelckmans,2014.

Dans Le Vif/L’Express de cette semaine, l’autre partie de l’entretien : « Toute la dette publique est dues aux déficits wallons »

Créactivez-vous !

« Mettons nos idées en commun et concrétisons-les en français ».

C’est avec cette invitation que Liège accueille le 2e Forum mondial de la langue française du 20 au 23 juillet. SAM_2330

Liège nous invite à « créactiver ». Liège, ancienne capitale, alliée traditionnelle et passionnée de la France, a de l’ambition pour elle-même et la langue française. Elle n’est pas une princesse endormie, elle a du caractère et « le caractère le plus fixe de Liège, à coup sûr », c’est « le mouvement », écrivait Jules Michelet. « La petite France des bords de Meuse », ainsi que l’appelait ce grand historien du XIXe siècle, est « une ville qui se défait, se refait, sans jamais se lasser ».

« Créactiver », c’est faire le choix de la vie, oser la métamorphose en restant soi-même. Liège « sait bien qu’elle ne peut périr », écrivait encore l’historien romantique. « Ses fleuves lui rapportent chaque fois plus qu’elle n’a détruit; chaque fois la terre est plus fertile encore, et du fond de la terre, la Liège souterraine, ce noir volcan de vie et de richesse, a bientôt jeté, par-dessus les ruines, une autre Liège, jeune et oublieuse, non moins ardente que l’ancienne, et prête au combat. »

Liège la rebelle, l’ardente, l’audacieuse, était à l’avant-garde de la révolution industrielle au XIXe siècle. Aujourd’hui, elle reste un poste avancé de la francité, connectée au nord de l’Europe et, de plus en plus, au monde entier. Le monde évolue mais, plus que jamais, pour s’y faire une place, il faut pouvoir compter sur des partenaires et, qu’on le veuille ou non, la langue est un puissant facteur d’intégration.

Liège est donc, pour quelques jours, la capitale de la francophonie. Aucun doute, la langue qu’elle utilise pour penser l’avenir est le français. Bien sûr, il y a quelque chose d’incongru à voir flotter le slogan Liege together sur les ponts de la ville, mais c’est le prix de l’ouverture au monde. Il paraît qu’un peu d’anglais sur la carte de visite, c’est comme un mot de passe pour accéder à la reconnaissance internationale. On fait pareil en France, alors…

G.R.

Pour le programme de ce Forum mondial de la francophonie, consulter le site de l’organisation .

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde