En passant

Après Jean-Emile Humblet, une autre grande figure wallonne disparaît

2015 n’épargne pas la Wallonie. Après la disparition de Jean-Emile Humblet, une autre grande figure du mouvement wallon nous quitte.

Notre ami Adrien Lhomme nous livre le texte suivant qui, au travers de Jean Louvet, se veut être un message d’espoir en un sursaut wallon.

Jean-Louvet-1140x300

A Jean Louvet,

Un chantre de l’identité wallonne contestée dans un pays qui n’a jamais existé.

Une œuvre littéraire gigantesque imbibée de cette âme wallonne que, depuis 1830, l’on s’efforce d’éradiquer.

Une bouteille d’espoir jetée dans la Sambre et recueillie sur les bords de la Meuse.

Et dans cette bouteille, un message que nous promettons de conserver et de diffuser pieusement.

La Wallonie ne survivra pas si un projet culturel ne se développe pas en même temps qu’un projet économique.

La Wallonie ne survivra pas si elle ne se réapproprie pas son histoire : ses combats sociaux, ses sculpteurs, ses peintres, son cinéma, ses chanteurs, ses écrivains, ses inventeurs, ses scientifiques…

La Wallonie ne survivra pas si l’on continue à qualifier de « belges » ses succès et de « wallons » ses échecs.

La Wallonie ne survivra pas si les medias francophones l’ignorent systématiquement alors même qu’elle contribue à leurs subsides.

La Wallonie ne survivra pas si elle ne se sépare pas d’une Communauté française qui la bride et la saigne, alors même que son Ministre Président la fait connaître dans la Francophonie en s’y exprimant en néerlandais.

La Wallonie ne survivra pas si elle ne s’ouvre pas activement au Monde en général et à la Francophonie en particulier.

Bref, redécouvrir la fierté de soi ou disparaître.

Adrien Lhomme, 1er septembre 2015  

Diversité : l’électrochoc des excuses socialistes

Source : Le Vif/l’express 31/08/15 à 10:40

Jean-François Istasse, ancien président du parlement de la Communauté française, a fait son mea culpa pour la gestion clientéliste de la diversité dans son parti aux élections communales de 2012 à Verviers. Un électrochoc. 

Diversité : l'électrochoc des excuses socialistes

 

Molenbeek-Verviers, même combat ? Dans ces deux communes, un socialiste moustachu et professeur d’histoire (ULB, ULg) a dominé entièrement la vie locale durant deux décennies. Leur majorité a été renversée aux élections communales de 2012, après une campagne marquée par de multiples crispations identitaires. Les présidents de partis, Charles Michel (MR) et Benoît Lutgen (CDH), y ont veillé personnellement. Philippe Moureaux et Claude Desama ont ainsi perdu leur sceptre. L’assaut de la rue de la Colline, le 15 janvier dernier, a renforcé leur gémellité apparente. Si la cellule djihadiste démantelée était composée de jeunes Molenbeekois d’origine marocaine, c’est à Verviers qu’ils avaient établi leur safe house. Fâcheuse coïncidence, car cette ville wallonne de moyenne importance (56 000 habitants) est aussi connue pour abriter des extrémistes de tout poil, en raison, notamment, de la proximité des frontières néerlandaises et allemandes.

Quand Jean-François Istasse (PS), ancien président du parlement de la Communauté française et ancien échevin, redevenu simple conseiller communal de Verviers, homme policé entre tous, présente des excuses, dans La Meuse (19 août), pour la manière dont son parti a conduit les élections de 2012 et laissé les communautés vivre côte à côte sans s’intégrer, cela crée des remous en bord de Vesdre. D’une part, les politiques n’ont pas l’habitude de faire leur mea culpa et, d’autre part, ses propos résonnent comme la fin officielle de l’ère Desama. Extrait. « La position du PS durant la campagne électorale portait sur le « vivre ensemble » mais elle a été mal exprimée par le PS verviétois, en général, et par Claude Desama, en particulier. La construction même de la liste, avec telles places réservées aux Marocains, telles autres places aux Turcs, était elle-même une erreur politique. Cela a été très mal interprété par la population, qui s’est sentie envahie par les personnes d’origine étrangère. C’était une mauvaise campagne électorale. Ma position est de dire que nous devons nous excuser auprès des Verviétois et leur proposer une nouvelle vision, une nouvelle politique. »

Sans inventaire de l’héritage de Claude Desama, de fait, plutôt complaisant à l’égard des minorités, point de salut pour le PS verviétois. « Si je me suis excusé, précise Jean-François Istasse au Vif/L’Express, ce n’est pas parce que nous aurions commis une faute éthique, mais plutôt parce que nous n’avons pas réussi à expliquer aux Verviétois ce que nous voulions faire ni répondu à leurs attentes. Ces excuses, c’est une manière de promettre de faire mieux à l’avenir, pas de renoncer à des échevins qui se sont montrés très compétents, comme Assan Haydin ou Malik Ben Achour. Nous ne voulons pas être seulement le parti qui protège les personnes d’origine étrangère mais également celui qui demande des efforts à tous les Verviétois, aux uns, de connaître notre langue et notre culture, aux autres, d’accepter leurs concitoyens sur pied d’égalité. Nous devons construire une nouvelle ville, moins compartimentée et, je le dis en tant que laïque, nous ne pouvons pas tolérer des musulmans ce qu’on a refusé aux catholiques. »

Comme libéré, l’ancien échevin de la Culture et des Finances propose que les compétences de la culture traditionnelle et de l’intégration convergent au sein d’un échevinat du Vivre ensemble et que l’enseignement se batte « dans chaque classe, chaque école » pour amener les élèves au meilleur d’eux-mêmes. Le ton est grave, rassembleur.

Marie-Cécile Royen

L’Arlésienne namuroise

Lu sur le blog de Debout la Wallonie française

ligne 154C’est passé un peu inaperçu dans la torpeur de l’été : fin juillet, le ministre wallon Prevôt annonçait le déblocage par la Région d’un budget qui servira à financer le RAVeL entre Anseremme (Dinant) et Waulsort (Hastière). Et qui dit RAVeL dit désaffection totale et définitive de la ligne ferroviaire Dinant-Givet ! Il n’y a guère que la fédération provinciale des FDF à s’en être émue sur son site internet. Cependant, on aura quand même noté la réaction dans le quotidien Vers l’Avenir (29/7/15) du maire dinantais Richard Fournaux qui, tout en comprenant la démarche sur un plan purement touristique, prévenait : « Attention à l’erreur stratégique au niveau économique. La réouverture de la ligne, c’était la création d’un axe Namur-Dinant-Givet-Charleville-Paris. Vu les enjeux, ne serait-il pas utile de réunir les forces vives de la province ? ». Et l’édile MR d’ajouter que lorsque la ligne sera démantelée, il sera trop tard…

Longtemps  le projet de réouverture de la fameuse ligne 154, fermée en 1989, est pourtant resté dans les projets de la Région wallonne, il figurait même dans le SDER. En termes de tourisme, il aurait pu pourtant être envisagé en première étape une réouverture du tronçon Dinant–Hastière, conjointement avec le RAVeL et avec une électrification du tronçon entre Dinant et Hastière afin de pouvoir offrir des trains directs vers Bruxelles.

On rappellera  que les Français étaient prêts, bien au-delà de leur territoire, à largement financer la réouverture de la ligne. Leur argumentaire s’appuyait d’abord sur le fait que la ligne 154 est le seul lien ferroviaire entre la Belgique et la France sur une distance de plus de 200 km, elle est donc stratégique d’un point de vue géographique. Ils soulignaient également que la remise en état de la ligne Dinant-Givet permettrait l’ouverture du département des Ardennes vers le Nord (Namur, Bruxelles, aéroports…) en rappelant par ailleurs que Givet serait alors orientée vers Dinant et Namur, distantes de 20 et 50km, alors que Charleville est à plus de 60km. Enfin, à prendre en compte également l’impact touristique : située le long de la rive gauche de la Meuse, la ligne 154 est l’une des plus pittoresques du réseau belge, notamment en raison de la présence de nombreux ouvrages d’art (viaducs, ponts, tunnels).

Il ne peut cependant y avoir succès de pareille entreprise sans réelle volonté politique, qu’elle soit fédérale ou régionale. En l’espèce, le Gouvernement wallon en place va ainsi collaborer avec le fédéral  pour  définitivement clore le chapitre « ligne 154 »…

Philou

Solidarité France – Kurdistan

maire kurde

La co-maire de Nusayibin, (photo prise dans son bureau l’été dernier) élue du HDP, a été arrêtée par la police turque comme 7 co-maires du HDP et 1400 élu-es mis en détention.

 Samedi 12 septembre à 18 H, sur le stand de France-Kurdistan, avenue Che Guevara, village du monde de la Fête de l’Humanité rendra un HOMMAGE AUX FEMMES KURDES, ACTRICES DE PAIX ET DE REVOLUTIONS.

Pire que le séparatisme, le colonialisme !

Nous tenons à reprendre en article le commentaire de M. Roland Claude, tant nous trouvons que sa courte analyse est pertinente

Pire que le séparatisme se profile le colonialisme. Si la Flandre devient de plus en plus indépendante, ce n’est pas le cas de la Wallonie. Nous sommes englués dans le wallo-brux et déjà les Flamands veulent étendre leurs avantages bruxellois (super-droits et sur- représentation) sur la Wallonie. Plus fort, la Flandre qui construit son union avec la Hollande veut y inclure Bxl et la Wallonie. Car Flamands et Néerlandais ont besoin des territoires wallons pour leur agriculture, leurs entreprises et leurs loisirs. Déjà nos Ardennes deviennent néerlandaises et ce sans réaction. Ce qui me fait peur, c’est que nos politiques misent sur cette néerlandisation pour sauver Bxl et une pseudo-Belgique dans un bloc des grands Pays-Bas.

Daech – Le ‘coup de gueule’ de Tahar Ben Jelloun

Paris : L’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun s’insurge contre ‘l’inaction du monde’, contre l’inefficacité de l’ONU : ‘‘ce ‘machin’ qui pèse des tonnes et qui coûte des milliards’’.

Au risque de nous faire passer pour d’affreux islamophobes (c’est  à la mode chez les bien-pensants), nous faisons suivre l’article que nous envoie notre ami Marcel Cools.

D’autres me diront : « mais que vient faire cet article sur un site qui prône l’intégration de la Wallonie dans la République française ? »

Je réponds à ces derniers : « que deviendrait notre projet si l’islamisme politique et terroriste se développait en France ? » De plus, tous les « infidèles » de tous les pays ne sont-ils pas touchés par ce virus et nous particulièrement, la Belgique étant une plaque tournante du phénomène ?

L’islamisme de Daech et des autres organisations islamistes qui pratiquent les mêmes méthodes est un fascisme qu’il nous appartient de combattre.

Félicitations à Tahar Ben Jelloun  pour son courage et pour sa lucidité.


TAHAR-BEN-JELLOUN2En effet, Tahar Ben Jelloun a déploré que face à daech, ses meurtres, ses horreurs, ses catastrophes… l’humanité certes « meurtrie », demeure « absente » et indifférente.

Dans une tribune qu’il a signé au magazine français Le Point, l’écrivain marocain a dit ne pas comprendre comment les grandes puissances mondiales, (USA – Europe) se permettent leur silence et l’inefficacité de leur actions, face à un groupe terroriste qui :

‘‘Progresse, avance, occupe des villes, pille des banques, …. détruit des musées, tue femmes et enfants et ne rencontre presque pas de résistance efficace face à ses ambitions’’.

Pour Tahar Ben Jelloun, le monde entier paie aujourd’hui, la politique excessivement prudente jusqu’à la paralysie, de Barack Obama et de ses suiveurs Européens.

Les occidentaux, déplore Ben Jelloun, se sont contenus à des politiques de petits intérêts, dépourvus de vision, des politiques ‘‘sans envergure, sans ambition noble’’. Résultat, daech se renforce, occupe les vides, prolifère dans les têtes d’une jeunesse en rupture et qui est facilement apte à se déshumaniser.

Ben Jelloun en a dit :

‘‘Des jeunes abandonnent leurs études, leurs familles, acceptent d’échanger l’instinct de vie avec celui de la mort facilement accueillie, voire désirée, une mort qu’ils donnent et qu’ils ne craignent aucunement.’’

L’auteur poursuit :

‘‘Des jeunes convertis, des musulmans ensorcelés, des enfants bien éduqués, cultivés, ayant … de quoi vivre bien, s’engagent, les yeux fermés, l’esprit changé, lavé, vidé puis rempli de formules toutes faites.’’

Tahar Ben Jelloun a regretté que face à un tel fléau, le monde soit en manque d’outils de réponse.

L’ONU, selon lui, qui aurait pu enquêter pour découvrir les financeurs nourriciers de daesh, ceux qui l’arment et l’aident dans ses avancées en Syrie, en Irak ou en Libye, cette organisation n’est qu’un ‘‘ machin « , qui pèse des tonnes et qui coûte des milliards … qui ne doit fâcher personne’’ et qui , ajoute-il, ‘‘à force de faire des calculs … de la diplomatie au lieu d’agir…. s’avère sans efficacité.’’

Ben Jelloun s’est demandé en fin, s’il n’existait plus dans le monde de grandes puissances responsables ? Il s’est interrogé que face à ce chaos :

‘’Allons-nous proclamer officiellement … que la barbarie a gagné et que nous devons nous soumettre à ses horreurs?’’

Commentaire : Ben Jelloun attribue le terme de « machin » à l’ ONU.  Charles de Gaulle ne disait pas autre chose en qualifiant l’organisation internationale de « grand machin ».

Aéroport de Liège : les Français prêts à rester à bord

Les Aéroports de Paris estimaient que les subsides de sécurité avaient été trop rabotés par la Région.

Les Aéroports de Paris estimaient que les subsides de sécurité avaient été trop rabotés par la Région.-ÉdA – Jacques Duchateau

Surprise: les Aéroports de Paris renonceraient à quitter l’actionnariat de Liège Airport. Ce ne sera officiel que jeudi au gouvernement wallon.

Comme nous l’annoncions hier matin, une réunion de la dernière chance se tenait ce mardi entre les ministres Magnette et Di Antonio avec les actionnaires français Aéroports de Paris. En cause, la volonté affichée de ces derniers de quitter l’actionnariat de l’aéroport de Liège.

Comme toute bonne négociation, les Français ont fait monter la pression, enclenchant même via une lettre la procédure officielle leur permettant de céder leurs actions.

En charge de la politique aéroportuaire, le ministre Carlo Di Antonio paraissait coincé entre le marteau d’actionnaires proches de la rupture et l’enclume d’une Europe prompte à sanctionner tout ce qui ressemble à des aides d’État, susceptibles de fausse la concurrence. Augusta per angusta, aurait dit Bart Dewever: la victoire par des voies étroites…

Contre toute attente, la réunion de ce mardi a conduit les Aéroports de Paris à faire marche arrière. Face à eux, Di Antonio n’était plus seul puisque la réunion se tenait à l’Élysette, en présence du ministre-président Paul Magnette.

Si les Aéroports de Paris s’apprêtaient à claquer la porte, c’est essentiellement pour une raison de gros sous. La Région avait, sous l’impulsion vigoureuse de l’Europe, réduit ses subsides en matière de sûreté et de sécurité.

Ce qui signifie que si ADP a changé d’avis, c’est que la Région a revu à la hausse ce qui, voici quelques semaines, avait été proposé par le ministre Di Antonio. On peut d’ailleurs imaginer que cette proposition, dont il sera intéressant de connaître le coût financier, devra surtout répondre aux exigences des règles de la Concurrence européenne.

À qui la plume sur le chapeau?

Jeudi, il est fort probable que le gouvernement wallon la jouera collectif, en se félicitant d’avoir pu stabiliser l’actionnariat de l’aéroport liégeois. C’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’un actionnaire privé dont la présence fait figure de caution pour l’entreprise.

Reste que derrière cette volte-face se cache aussi un bras de fer sur l’avenir des aéroports wallons entre les deux partenaires de la majorité wallonne. Et on peut dire sans se tromper que les dernières options du cdH Di Antonio étaient loin d’être au goût du partenaire socialiste.

Si ADP confirme vendredi qu’il reste actionnaire de Liège, personne ne pourra se mettre une plume sur le chapeau pour s’arroger la paternité de l’accord : Di Antonio ne s’y aventurera certainement pas au risque de se voir rappeler que sans Magnette, c’était plutôt mal barré. Une bonne nouvelle et un match nul…

Commentaire : il aura fallu que le ministre-président Magnette s’investisse à fond pour arriver à un compromis positif, là où Di Antonio avait échoué. A l’inverse de « L’Avenir », nous aurions plutôt tendance à attribuer « la plume sur le chapeau » à Paul Magnette, non ?

Aéroport de Liège: l’actionnaire français sur le départ ?

Les Aéroports de Paris détiennent un quart du capital de Liege Airport mais risquent de mettre les voiles.
Les Aéroports de Paris détiennent un quart du capital de Liege Airport mais risquent de mettre les voiles.-Belga
Sauf miracle, les Aéroports de Paris vont quitter Liege Airport. Sous pression, le ministre Di Antonio les rencontre une dernière fois aujourd’hui.

Des observateurs attentifs le pressentent : d’ici quelques jours, un quart du capital de Liege Airport sera à vendre. L’actuel propriétaire de ces 25%, les Aéroports de Paris, ont enclenché la procédure qui leur permettra de sortir de l’actionnariat de l’aéroport liégeois. Que s’est-il passé pour que les relations, pourtant louées par les gestionnaires liégeois, se dégradent subitement ? La plupart des regards se tournent vers la Région wallonne et en particulier son ministre en charge de la politique aéroportuaire, Carlo Di Antonio. Sous la pression des règles européennes en matière de concurrence, la Région a diminué ses subsides pour la sûreté et la sécurité. Avec, fatalement, un impact sur la rentabilité des aéroports. Et, dans la foulée, des dividendes moins intéressants pour les actionnaires. À l’occasion du renouvellement de la convention d’actionnaires pour Liege Airport, les Aéroports de Paris ont fait le forcing pour obtenir un «geste» de Di Antonio. 

« Apparemment, on n’était pas loin d’un accord mais le ministre a changé la donne», nous dit une source. En tout état de cause, les Aéroports de Paris ont donc claqué la porte il y a trois semaines. La date-butoir pour un accord, c’est ce vendredi. À défaut d’un accord aujourd’hui (voir ci-dessous), le gouvernement wallon devra retrouver un nouvel actionnaire pour ces 25% du capital.

Qui pour reprendre?

Ceux pour qui la messe est dite quant au départ des Aéroports de Paris spéculent sur le futur actionnaire. Plusieurs possibilités existent. 1: un nouvel actionnaire privé (peu probable à court terme). 2: une reprise en main par la Région le temps de trouver une solution (techniquement possible à condition que cette opération soit calibrée aux exigences de l’Institut des comptes nationaux). 3: une reprise par l’actionnaire principal, TEB Participations, filiale de Nethys (possible mais pas du goût de ceux qui trouvent que l’aéroport est déjà trop liégeois et pas assez wallon). 4: le rachat de ces parts par la Sowaer qui est le bras armé de la Région pour la gestion de ses deux aéroports (mais la Sowaer n’aurait la capacité de le faire que si la Région la recapitalise solidement). En clair, aucun scénario ne s’impose.

Dire que Carlo Di Antonio joue sur du velours serait mentir: sa marge de manœuvre est quasiment inexistante car accéder aux revendications des Français l’exposerait à d’autres qui, immanquablement, risqueraient de débouler de l’aéroport de Charleroi… Or, en mai dernier, le ministre avait clairement affiché son souci de plus de transversalité entre les deux structures au point d’évoquer une fusion possible. La réponse a été immédiate  : le sous-régionalisme s’est encore plus radicalisé.

Une réunion de la dernière chance 

Ce mardi, une réunion de la dernière chance se tiendra à l’Élysette en présence du ministre-président Paul Magnette et du ministre Carlo Di Antonio. 

Les Aéroports de Paris y enverront leurs émissaires. Dernière chance car il est acquis que les Parisiens n’ont pas l’intention de séjourner dans la capitale wallonne pour y faire un brin de tourisme. Que cette réunion se déroule au cabinet de Paul Magnette peut s’interpréter de deux façons. L’optimiste y verra que le gouvernement wallon, ministre-président en tête, met les mains dans le cambouis. Le pessimiste verra plutôt l’expression d’un parti socialiste qui veut encadrer (voire contrôler) le cdH Di Antonio. Lorsque ce dernier avait suggéré que José Happart ne reste pas président de Liege Airport, les socialistes avaient râlé. Et l’empressement de TEB Participations pour rétorquer que Happart restera encore un an de plus le traduisait vertement. Au passage, on signalera que le conseil d’administration de Liege Airport n’a toujours pas entériné cette prolongation.

Commentaires : quel gâchis ! Nous retrouvons ici les ingrédients qui, entre autres,  polluent la vie économique wallonne : 1. Intervention de la Commission européenne en matière de concurrence                             2. particratie wallonne                3. sous-régionalisme wallon

Nous nous plaçons du côté des optimistes et espérons que le ministre-président wallon Paul Magnette arrivera à imposer une solution acceptable par chaque partie.

 

L’ Algérie pour oublier la Wallonie

Photo de Karim Younes.
Karim Younes et Pierre Hazette

Notre ami Pierre Hazette nous donne une belle leçon d’histoire peu connue de l’ensemble des citoyens wallons. Nous l’en remercions.

« J’en parle dans mon livre « Aux Portes de l’Avenir, vingt siècles de résistance, cinquante ans d’indépendance… » Casbah Editions en page 241. »

Pierre Hazette, sénateur, ancien ministre de l’enseignement obligatoire de Belgique l’évoque dans sa conférence du 24 octobre 2013 organisée par l’AWF à Namur, en ces termes :

« L’an dernier, en visite à Alger pour le compte de la candidature liégeoise à l’organisation de l’exposition internationale de 2017, je retrouvai Karim Younès, l’ancien Président de l’Assemblée nationale et, comme d’habitude avec lui, nous entreprîmes de refaire le monde.

« Sais-tu, me dit-il, que vous êtes ce que vous êtes, vous Wallons, en raison d’une proximité étroite avec notre histoire à nous, Algériens ? ».

Je montrai un peu de perplexité, ce qui permit à Karim, qui avait préparé son coup, d’étaler devant moi les documents relatifs à la conquête française de l’Algérie en 1830. Voici son exorde!

Le chasse-mouche peut bien servir d’anecdote romanesque destinée à attendrir le bon peuple de France dit karim Younes. Mais les diplomates d’Europe réunis en conférence à Londres en ce 4 novembre 1830 ne sont pas dupes.

En fait, ils sont convoqués pour débattre du sort du territoire compris entre la Hollande et la France.

En cette année, le Roi des Français, Louis- Philippe est en difficulté avec le reste de l’Europe. Le congrès de Vienne, en 1815, a non seulement scellé la défaite de Napoléon, mais aussi imposé un nouvel ordre européen ; Louis Philippe, successeur de Charles X a donc nommé opportunément un diplomate d’expérience, Talleyrand ambassadeur à Londres. C’est ce dernier qui représente les intérêts français à cette conférence.

La question traitée sur les bords de la Tamise est de savoir quel sort réserver aux provinces du sud des Pays-Bas. Elles ne veulent plus de Guillaume, le Roi de Hollande, mais certaines de ces provinces sont francophones et d’autres parlent une langue proche de celle des Hollandais. Fallait-il scinder le territoire litigieux en deux ?

En attribuer une partie à la France et l’autre aux Pays-Bas ? Fallait-il au contraire créer un État indépendant, la Belgique ? Faisant mine d’adopter profil bas, Talleyrand se range du côté de la majorité des pays : La France, dira-t-il, abandonne ses prétentions sur cette partie du territoire, mais en homme rusé et prospectif, il ajoute qu’il demande seulement pour prix de sa bonne volonté la reconnaissance tacite et consensuelle de la souveraineté française en Algérie.

Talleyrand obtint l’Algérie contre le renoncement de la France à annexer la Wallonie.

Effectivement soutient Pierre Hazette, « en cette même année 1830, la coalition de l’Église catholique et des francophones de tous bords des provinces du sud eut raison du règne de Guillaume d’Orange. C’était donc en septembre 1830.

En novembre, 1830 toujours, à la conférence de Londres, Talleyrand dut choisir : indisposer les Anglais en réclamant l’intégration de la Wallonie à la France et laisser les provinces flamandes au Roi Guillaume ou rallier la cause des promoteurs d’un Royaume de Belgique. S’il optait pour la deuxième proposition, il s’assurait l’assentiment international pour éliminer la piraterie en Méditerranée et, par voie de conséquence, pour occuper l’Algérie.

Talleyrand voulait de vastes territoires pour la France : l’Algérie lui convenait mieux que la Wallonie !

Ainsi, notre destin a été scellé, conclut  Pierre Hazette il y a moins de deux cents ans, et on ne pourra prétendre qu’il le fut par application anticipée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! ».

Karim Younes

La Belgique reste le pays européen le plus embouteillé

24/08/15 à 13:37 – Mise à jour à 13:37

Source : Belga

La Belgique figure encore et toujours en tête du classement des pays européens les plus embouteillés, devant les Pays-Bas et l’Allemagne, ressort-il lundi du rapport annuel Traffic Scorecard de la société américaine Inrix, un fournisseur de services d’info-trafic.

La Belgique reste le pays européen le plus embouteillé

© AFP

Les automobilistes ont perdu en moyenne 51 heures dans le trafic dans notre pays en 2014, contre 58 heures un an plus tôt, tandis qu’ils en ont perdu respectivement 41 (-4) et 39 (+4) sur les routes néerlandaises et allemandes.

Des 13 pays européens analysés dans le cadre de ce rapport, plus de la moitié (53%) ont constaté l’intensification de la congestion du trafic en 2014 par rapport à 2013, une tendance qui reflète la poursuite de la croissance économique. A l’inverse, les pays confrontés à de forts taux de chômage et à une croissance faible ou négative affichent des statistiques inférieures à celles de 2013. Sur 94 villes européennes, près de la moitié (48%) enregistrent une augmentation de la densité du trafic par rapport à 2013. Londres arrive première du classement des villes les plus encombrées avec 96 heures passées dans le trafic (+14) et Barcelone enregistre la plus forte progression de la congestion en glissement annuel, avec une hausse de 66% (de 15 heures perdues par an en 2013 à 25 heures en 2014). Alors que Bruxelles occupait la tête de ce classement peu flatteur en 2013, la capitale a reculé à la seconde place. Les automobilistes n’y ont plus passé « que » 74 heures dans le trafic l’an dernier, contre 83 un an plus tôt. Anvers rétrograde du 3e au 4e rang avec 64 heures écoulées dans les embouteillages (-14), juste derrière Cologne et ses 65 heures. Gand (52 heures, -2) se positionne 10e de ce classement.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde