Bonne nouvelle pour l’aéroport de Liège

 Notre ami André Brévers nous envoie l’information suivante qu’il a glanée sur le site du quotidien « La Meuse » . Il l’assortit du commentaire suivant :

« Et ce qu’il faudrait, c’est associer leur arrivée avec une visite de Liège avant qu’ils ne disparaissent dans les entrailles flamandes ……. que feront nos Responsables pour les retenir quelque peu ? Ahhhhhh si on avait un musée SIMENON ………… seul grand écrivain au monde à ne pas être célébré dans sa propre ville. »

Liege Airport vient d’annoncer qu’il accueillera à partir de fin avril des vols charters chinois, à raison de trois par semaine. La compagnie U-Tour travaille à partir de…
Par lameuse.be

Dix classements dans lesquels la France arrive en tête

 

Ce genre de classement qui mélange entre autres exportation de footballeurs avec nombre de grands écrivains, importance du nucléaire en termes d’énergie, stratégie du luxe, productivité de la vigne, système de santé ou semences tricolores a de quoi surprendre en termes de valeurs avec un « V » minuscule ou majuscule. Si certaines ne peuvent que nous réjouir, d’autres, à mon sens, sont discutables, voire insignifiantes. Ne boudons pourtant pas notre plaisir de voir les réussites indiscutables de la France dont le tourisme, le vin, les semences sans O.G.M., la construction des voiliers, les services administratifs en ligne performants, les prix Nobel de littérature et un système de santé solide sont remarquables, même si les statistiques en ce dernier domaine datent de 2000 et que notre système de santé wallon doit à ce jour être plus proche du système français que ne l’indiquent les chiffres de 2000.

Paul D.

Le Monde.fr | 02.03.2015 à 13h03 • Mis à jour le 03.03.2015 à 10h30 | Par Mathilde Damgé

Les raisons de douter des performances économiques de la France sont nombreuses mais celles qui permettent de se réjouir existent aussi. L’Hexagone est le premier dans les dix classements suivants, établis au niveau mondial :

La première destination touristique

Il y a eu dans le monde en 2014 plus de 1,1 milliard de touristes internationaux, selon les chiffres provisoires de l’Organisation mondiale du tourisme. Parmi eux, 84,7 millions se sont rendus en France, ce qui permet à notre pays de rester la première destination touristique mondiale.

Ces chiffres provisoires, révélés par le groupement de professionnels du tourisme Alliance 46.2, montrent toutefois que l’Hexagone stagne par rapport à l’an dernier. Le président François Hollande a décrété à l’été 2013 une mobilisation générale pour redynamiser le tourisme français, érigeant le sujet en « cause nationale ». Le but étant de repasser devant l’Espagne en termes de recettes touristiques.

Lire notre décryptage : La France est-elle vraiment la première destination touristique mondiale ?

Une vigne productive

La France a retrouvé en 2014 son titre de premier producteur de vin. Elle l’avait cédé en 2012 à l’Italie, qui rétrograde à la deuxième marche du podium. L’Espagne complète le trio de tête, consacrant le Vieux Continent comme fournisseur principal de vin de la planète. Selon les chiffres de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), le pays du bourgogne, du bordeaux et du champagne totaliserait 46,2 millions d’hectolitres dans ses cuves, soit une hausse en volume de 10 % par rapport à 2013.

Paul TRIDON/CC-by-SA-2.0

La stratégie du luxe

Les maisons du luxe françaises paradent au premier rang du marché mondial des produits de luxe, selon l’étude 2013 du cabinet de conseil Bain & Company. Les marques tricolores monopoliseraient un quart du chiffre d’affaires du secteur au niveau mondial, selon les calculs des consultants. Sur 270 marques de prestige dans le monde, 130 sont françaises, rapporte le ministère de l’économie.

Les semences tricolores sur toute la planète

La France reste classée au premier rang des exportateurs mondiaux de semences agricoles de grandes cultures, maïs en tête, selon les chiffres du groupement corporatiste mondial International Seed Federation (.pdf).

En 2012, le chiffre d’affaires de la filière des exportations de semences française se maintient à 1,6 milliard d’euros ; les deux suivants, Pays-Bas et Etats-Unis, atteignent respectivement 1,4 et 1,35 milliard d’euros.

Les footballeurs s’exportent bien

Les footballeurs français s’expatrient avec succès. Selon l’Observatoire du football du Centre international d’étude du sport de Neuchâtel, 113 joueurs ayant grandi dans l’Hexagone évoluent cette saison dans les quatre plus grands championnats européens (Italie, Angleterre, Espagne, Allemagne).

Un record : l’Observatoire constate que la « France est devenue pour la première fois l’origine la plus représentée parmi les expatriés » au sein des quatre autres plus grands championnats du continent. Les deux autres nationalités les plus représentées dans des équipes étrangères sont le Brésil et l’Argentine.

Des voiliers qui sillonnent des mers

La France est au premier rang mondial pour l’exportation de voiliers, selon les derniers chiffres des douanes, datant de 2013 :

La France domine le marché des voiliers à l’export
Created with Highcharts 4.1.3Part du marché (en %)FranceAllemagneRoyaume-UniPays-BasAfrique du SudTurquieEtats-UnisItalieAutre0102030405060Département des statistiques et des études économiques, direction générale des douanes et droits indirects

« La production de voiliers, fer de lance de l’industrie tricolore, s’établit à 422,6 millions d’euros de chiffre d’affaires (…) dont 75 % sont réalisés à l’export », précise la Fédération des industries nautiques (chiffres 2012-2013), qui regroupe les entreprises du secteur.

Les segments du monocoque et du multicoque habitables, sur lesquels la France est également leader mondial participent à cette performance. Outre les voiliers, l’Hexagone est également leader du pneumatique et de la glisse, ajoute la FIN.

Lire : La France premier exportateur mondial de voiliers

Des services administratifs en ligne performants

Selon une étude de l’Organisation des Nations unies (page 46), la France a des raisons d’être fière de son développement numérique puisqu’elle prend la tête d’un classement européen basé sur trois critères : les infrastructures de télécommunications, le niveau d’éducation des habitants et les services en ligne proposés par l’administration. Ces derniers arrivent à la première place au niveau mondial grâce au site service-public.fr.

Les as de l’atome

Même si cette proportion a commencé à diminuer, la France est le pays le plus « nucléarisé » au monde, en termes d’énergie, puisqu’elle produit 73 % de son électricité grâce à ses réacteurs nucléaires, selon les derniers chiffres (2013) du Nuclear Energy Institute.

Cette indépendance énergétique, voulue par le général De Gaulle après la seconde guerre mondiale, est toutefois mise en balance avec la nécessité de diversifier la couverture énergétique tricolore. La part de l’atome dans la fourniture énergétique française doit descendre à 50 % d’ici 2025, a promis François Hollande.

L'écrivain Patrick Modiano lors de la cérémonie de remise du prix Nobel de littérature, le 10 décembre, à Stockholm. L’écrivain Patrick Modiano lors de la cérémonie de remise du prix Nobel de littérature, le 10 décembre, à Stockholm. AFP/JONATHAN NACKSTRAND

Le pays des grands écrivains

Avec Patrick Modiano, la France a empoché son 15e prix Nobel de littérature. Le tout premier prix avait aussi été attribué à un Français, Sully Prudhomme, en 1901.

La France est le pays qui affiche le plus grand nombre de lauréats. Sur 111 prix décernés depuis 1901, les 15 Français prennent donc la tête du classement des nationalités les plus récompensées, devant les Etats-Unis (12 lauréats), le Royaume-Uni (10), l’Allemagne et la Suède (8 chacun).

Lire notre décryptage : Nationalité, sexe, langue : portrait-robot des Prix Nobel de littérature

Le meilleur système de santé

Certes le rapport (.PDF) date de l’an 2000 mais le constat de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est sans appel : la France dispose du meilleur service de soins de la planète, ou du moins des 191 pays membres de l’organisation. « L’analyse conclut que la France fournit les meilleurs soins de santé généraux, suivie notamment de l’Italie, de l’Espagne, d’Oman, de l’Autriche et du Japon. »

Dans les anciens rapports, la France était troisième (le Japon caracolant en tête), mais seul le niveau de santé général de la population – essentiellement la durée de vie – était pris en compte. Dans l’approche adoptée par l’OMS en 2000, des critères plus qualitatifs ont été ajoutés, comme le fonctionnement du système de santé et la satisfaction des malades, la part financée directement par les populations et la répartition équitable des soins.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/03/02/10-classements-dans-lesquels-la-france-arrive-en-tete_4550553_4355770.html#77mACzJPrWimYICs.99

La Commissaire européenne à la justice donnerait bien la fessée à la Belgique

Cela fait quand même désordre pour un Etat qui accueille d’éminentes institutions européennes.

Lu sur le site du « Vif-L’Express »

09/03/15 à 15:10 – Mise à jour à 15:09

Source : Belga

La Belgique n’a transmis à l’Europe aucune donnée permettant d’évaluer l’efficacité de son système judiciaire. 

Justice : la Belgique dans les mauvais élèves européens
La commissaire européenne à la Justice, Vera Jourova. © Belga

La commissaire européenne à la Justice, Vera Jourova, a présenté lundi matin le « Justice Scoreboard 2015 », un screening des systèmes judiciaires européens en vue d’améliorer l’efficacité, l’indépendance et la qualité de la Justice en Europe.

Les données, récoltées par le CEPEJ (organe du Conseil de l’Europe), par le Forum économique mondial, la Banque mondiale ou directement par la Commission européenne auprès de ses Etats membres, fournissent, en près de 50 graphiques, des informations comparées sur le nombre d’affaires introduites par habitants, la formation des magistrats, le temps nécessaire pour traiter une affaire en Justice ou le nombre de femmes au sein des différentes juridictions.

« En 2014, la plupart des Etats membres ont entrepris des réformes de leur système judiciaire, effort que la Commission salue et soutient », a souligné la commissaire Vera Jourova. « Nous savons qu’une fois mises en œuvre, cela met du temps à en constater les résultats, mais le nouveau tableau de bord nous donne des signes encourageants. »

Aucune donnée permettant d’évaluer l’efficacité du système judiciaire

La Belgique fait cependant figure de mauvais élève: elle n’a transmis aucune donnée permettant d’évaluer l’efficacité de son système judiciaire. Le nombre d’affaires introduites? Inconnu. Le temps nécessaire pour résoudre une affaire en première instance? Sait pas.

Contrairement à certains pays – le Royaume-Uni, la Pologne et l’Espagne – il ne s’agit cependant pas, dans le chef de la Belgique, d’un refus catégorique de communiquer ses données. La Belgique fait face à « un problème de capacités » informatiques, avec des outils ICT inefficaces, indiquait une source européenne.

« J’ai moi-même été étonnée de voir la Belgique parmi les pays en défaut », a commenté Mme Jourova. « Je vais demander aux autorités belges de mieux coopérer » avec la Commission européenne et les autres Etats membres. « Le tableau de bord de la Justice permet en effet d’augmenter la confiance mutuelle entre les Etats membres », a-t-elle précisé.

BELGIQUE : UN PAYS PATHETIQUE

LA BELGIQUE, PAYS PATHETIQUE…

Analyse écrite par Philippe Dutilleul sur son blog « blogandcrocs.blogpost.com ». Pour rappel, l’ex-journaliste de la RTBF avait été le concepteur, le scénariste et le réalisateur principal du désormais célèbre journal télévisé fiction du 13 décembre 2006 qui annonçait la déclaration unilatérale d’indépendance de la Flandre. Cette émission avait déclenché un véritable électrochoc sur une population wallonne et bruxelloise de langue française. Je me souviens d’un appel téléphonique d’un proche qui m’invitait à venir déboucher le champagne pour fêter l’événement en famille…

Personnellement, j’avais opté de zapper sur la chaîne privée « BelRTL ». J’avais vite conclu à un canular bien orchestré. Tous les Wallons et Bruxellois de langue française se souviennent encore aujourd’hui de la vive émotion suscitée par un coup drôlement bien monté. L’électrochoc reçu s’inscrivit-il dans le temps ? Non, hélas ! L’analyse de Philippe Dutilleul date du 24 janvier 2014, mais elle reste d’une brûlante actualité. Le gouvernement Michel ne reproduit-il pas ce que disait déjà le gouvernement Di Rupo : « il faut sauver le pays ! » ? Di Rupo puis Michel ont endossé avec enthousiasme le même costume et ce ne sont pas les jérémiades du triste 07 janvier 2015 de Di Rupo qui y changeront quelque chose.

Paul D.

XXXXXXXXXXXXX

Le 13 janvier dernier, à l’initiative de la maison de la laïcité d’Ath, j’ai donné une conférence sur le thème choisi par les organisateurs « quel avenir pour la Belgique ? ».  D’autres conférenciers seront invités dans les semaines qui viennent à donner un autre point de vue avant les élections. Le mien est forcément un peu étriqué dans un document écrit. Devant les participants, j’ai l’habitude de sortir de mon texte, de l’illustrer par des anecdotes personnelles. D’autant que, j’insiste, je ne suis pas journaliste politique ; la tambouille politicienne  et les calculs électoraux ne m’intéressent pas.

Je l’ai placé néanmoins dans mon blog pour celles et ceux que la question belge intéresse. J’avoue qu’elle me fatigue de plus en plus mais  je reste citoyen de ce pays et ai donc accepté de m’exprimer. J’ajoute que le débat avec la salle fut courtois et enrichissant et que l’accueil des organisateurs fut à la hauteur.

XXXXXXXXXX

Si j’ai accepté de venir vous parler, un soir de Lundi perdu tournaisien, de la Belgique, au centre de vos préoccupations à quelques mois d’échéances électorales qu’on dit importantes, c’est que je suis encore motivé à défendre un point de vue minoritaire dans le centre et le sud du pays car, j’en conviens, mon influence est marginale. Mais cela ne m’empêche pas de dormir. Je ne suis pas un politicien, je n’ai rien à vendre, rien à offrir sinon le fruit d’une réflexion élaborée à partir d’une expérience personnelle et journalistique qui m’a amené à rencontrer nombre de personnes ayant un avis ou une position sur la question, en Flandre notamment. Cet exposé est donc celui d’un témoin, d’un observateur plus que d’un avocat  défendant une cause ou une thèse.

Il ne vous aura certainement pas échappé que depuis quelques mois, le climat communautaire en Belgique s’est apaisé, du moins c’est la version officielle d’un gouvernement et d’un premier ministre qui ont élaboré et fait voter une énième réforme de l’Etat, présentée comme le départ d’une nouvelle Belgique (pied de nez à la célèbre salle de spectacle bruxelloise) par les partis qui l’ont négociée, ce compris la scission du fameux arrondissement électoral  et judiciaire de Bruxelles/ Hal/ Vilvorde. La paix communautaire est donc revenue. Tout le monde devrait s’en réjouir.  La Belgique va de l’avant déclare Elio Di Rupo. La question qu’on peut légitimement se poser au regard du passé, c’est combien de temps tiendra cette nouvelle réforme qui, je le rappelle, est une demande émanant du Nord du pays ? J’ajouterai une forme de chantage. Autre évolution : le retour en force du « Belgicanisme » (excuser ce néologisme, ce belgicisme) ; pensez à Stromae ou à l’équipe nationale de football par exemple. Ce renouveau un tantinet nationaliste est entretenu par une caisse de résonnance unanimement complaisante, parfois déformante, qu’est la presse francophone, particulièrement  le journal « Le Soir » et son éditorialiste en chef, Béatrice DELVAUX  qui lave plus belge que le grand Jojo, c’est peu dire.

Je ne serai pas devant vous ce soir, et en de nombreux autres endroits ces dernières années,  pour parler de ce pays complexe qu’est la Belgique s’il n’y avait eu un événement médiatique qui a marqué les esprit : l’émission Bye-bye Belgium du 13 décembre 2006 dont je suis le concepteur, le scénariste et le réalisateur principal. C’est le point de départ de mon analyse sur ce pays, qui a elle aussi bien changé depuis mon enfance.… En le parcourant en tous sens pour nourrir le scénario de ce vrai-faux journal télévisé qui narrait la première heure de la fin de la Belgique par une décision unilatérale du Parlement flamand, je n’avais imaginé qu’elle soit à ce point divisée et déliquescente. Naïvement, je pensais que la bataille communautaire fonctionnait essentiellement sur des relents électoralistes. J’écarquillais les yeux devant le cynisme de mes interlocuteurs nationalistes flamands martelant, un sourire carnassier aux coins des lèvres, qu’on vivait déjà dans deux pays différents et qu’à terme le divorce était inéluctable. Ces gens à l’époque n’étaient que peu ou pas connus du côté francophone, je parle de Bart De Wever et de quelques autres. D’autre part, j’hallucinais devant des observateurs bien informés, pas nationalistes pour un sou ceux-là, penauds et fatalistes, m’affirmant que tout dossier d’importance au niveau fédéral est forcément l’objet de marchandages communautaires sans fin. Et que la Belgique n’existerait plus depuis longtemps s’il n’y avait Bruxelles, trait d’union, lien quasi indéfectible entre le Nord et le Sud. J’ai cherché en vain dans l’architecture institutionnelle de l’époque (et aujourd’hui mon sentiment n’a pas varié) quelque chose qui respire un parfum de moules frites ou de chicon au gratin (je ne parle pas de lapin aux pruneaux et à la bière), quelque chose qui soit la marque d’une quelconque préoccupation collective belge, je n’en ai pas trouvé et n’en trouve toujours pas.  Chacun roule d’abord pour sa région, sa communauté, sa commune, son parti bien sûr, et sa petite personne évidemment.  Je suis revenu de cette vaste enquête menée en 2005, début 2006, abasourdi mais résolu à tirer la sonnette d’alarme pour éviter qu’on disparaisse sans même s’en apercevoir en tant que citoyen belge. C’était l’objectif premier (mais pas le seul) de Bye-bye Belgium. Je n’avais pas encore médité cette phrase de Rik Torfs, le nouveau recteur de la KUL, ancien sénateur CD&V, réputé Flamand modéré, « La Belgique est tellement complexe que si l’on devait la constituer aujourd’hui on ne le ferait vraisemblablement pas ! ».

Pour synthétiser ma pensée et justifier le titre de mon exposé, un pays pathétique,  je dirai que la Belgique post unitaire fonctionne aujourd’hui par défaut, qu’elle existe toujours parce qu’on ne peut faire autrement, que le coût d’un divorce pénaliserait l’ensemble des régions et des communautés, y compris la Flandre, que la résistance au changement – et forcément la disparition d’un pays- est beaucoup plus forte que ne l’a imaginé  par exemple le courant nationaliste pourtant bien implanté dans toutes les strates de la société flamande, qu’il n’y a pas de solution satisfaisante pour Bruxelles à moins d’en faire une ville-Etat autonome, porte-drapeau de l’Union Européenne. Je n’évoque même pas l’attachement d’un certain nombre de francophones à la couronne, lien affectif et politique beaucoup moins prégnant en Flandre. De longues et difficiles négociations sur le partage de la dette, de la sécurité sociale (santé, pensions notamment), le renoncement des Flamands à Bruxelles sans compter les pressions externes de certains pays européens, rendent aléatoire voire fort improbable  une indépendance de la Flandre. J’ouvre néanmoins ici une parenthèse pour signaler que les référendums d’indépendance posés en Ecosse par rapport au Royaume-Uni en 2014 et en Catalogne par rapport à l’Espagne si la Cour Constitutionnelle le valide, vont quand même marquer les esprits en Europe et en Belgique. Je pose une simple question : à partir du moment où il ne s’agit pas d’un nationalisme expansif et agressif, qui vise à supprimer les minorités, au nom de quoi s’opposer à la volonté des peuples sans Etat d’en créer un après avoir consulté le peuple ? Les dirigeants actuels de la Commission européenne plus son Président (le belge  Herman Van Rompuy) ont déjà dit tout le mal qu’ils pensaient de telles initiatives autonomistes pourtant lancées par des gouvernements légalement élus. C ’est vrai que l’union européenne telle qu’elle fonctionne est un modèle de vertu démocratique…

Aujourd’hui, une large majorité de Belges francophones et une part significative de Flamands ne désirent pas la scission du pays. Mais si l’on additionne les voix de la NVA, du Vlaams Belang et dans une mesure moindre celles du CD&V, on dépasse largement les 50% des suffrages en Flandre. Il faut aussi ajouter la présence  influente d’anciens membres de la VU au sein du PVV et même du SP. Bart De Wever a intégré habilement cette réalité politique, lui qui, comme ses congénères du mouvement nationalisme flamand, a déplacé les revendications autonomistes du terrain purement politique et culturel (les réformes successives de l’Etat ont répondu à leurs aspirations et exigences) à celui de l’économique et du social. Le discours est bien rôdé, efficace et non dénué de sens.  Il est martelé régulièrement y compris sur des tracts distribués à la population en dehors des périodes électorales. La Wallonie, y lit-on, aujourd’hui plus pauvre et affaiblie vit aux dépends, aux crochets d’une Flandre plus riche (même si les transferts financiers se termineront endéans les 10 ans selon les derniers accords institutionnels). La mondialisation appelle des mesures drastiques (clairement de type libérale) pour maintenir la prospérité de la Flandre, y lit-on encore. La faiblesse du tissu industriel wallon, sa domination par le PS, un parti de gauche conservateur, les compromis toujours boiteux au niveau fédéral, une forme de mal gouvernance, poussent une partie importante de l’élite économique flamande (symbolisée par le Voka) à estimer qu’une Flandre autonome sinon indépendante s’en sortirait beaucoup mieux pour faire face aux défis modernes que dans le cadre de la Belgique même fédéralisée.  D’où la revendication toujours d’actualité y compris au CD&V d’un cadre confédéral « positif » (cette expression me fait sourire) pour la Belgique. En clair, on choisirait les matières minimalistes qu’on déciderait d’encore gérer ensemble et tout le reste irait aux régions, ce que la Constitution permet tout-à-fait. Ce mouvement a été enclenché depuis longtemps et renforcé par la nouvelle réforme de l’Etat puisque, ce n’est qu’un exemple, les allocations familiales seront régionalisées avec la difficulté spécifique de Bruxelles (je n’entrerai pas dans le détail de procédures hyper compliquées). La question qu’on doit dès lors se poser est la suivante : quelle valeur ajoutée représentera encore la Belgique dans cette hypothèse, fort probable à moyen terme, du confédéralisme…? Dont une personnalité libérale flamande comme Guy Verhofstadt vient de déclarer qu’il signifie séparatisme.

Pour la Flandre, la Belgique reste un nom connu à l’étranger, utile pour les échanges commerciaux, une solide tradition dont elle continuera à utiliser l’influence à son profit exclusif ; pour la Wallonie et Bruxelles, ce pays représente un réconfort moral et économique plus que politique. En fait la Flandre, pour utiliser une imagerie populaire, cherche le beurre, l’argent du beurre et en sus le sourire de la crémière, et les Wallons, dépendants, sont priés de dire merci.  Et ils le font en plus avec le sourire. J’en tire comme conclusion personnelle, c’est presque devenu une conviction, que nous serions meilleurs voisins que cohabitant. Et qu’il est temps de nous tourner vers nos autres voisins directs (Allemagne, France, Luxembourg) pour examiner quelles nouvelles coopérations nous pourrions entreprendre avec eux dans un engagement « Win Win », « gagnant gagnant » comme on dit aujourd’hui.  La Flandre devrait devenir un interlocuteur, un partenaire parmi d’autres avec qui nous passons des accords, avec nous faisons des affaires. Ni plus ni moins. Dans le cadre d’une Belgique qui deviendra à coup sûr encore plus squelettique demain ou plus de Belgique du tout, une hypothèse moins probable mais pas impossible à terme. Cela dépendra notamment de l’évolution de l’Europe, qui décide déjà de 80 % de notre législation, dans laquelle la Flandre, en particulier son courant nationaliste, espère un jour se fondre, la Belgique s’étant évaporée.

J’ai écrit dans l’introduction de mon dernier ouvrage « Ils sont fous ces Belges » que je n’ai jamais eu de rapport passionnel avec ce pays, n’étant pas nationaliste pour un sou bien que francophile convaincu. J’y ai même écrit qu’il ne me déplairait pas d’acquérir une autre nationalité, française par exemple, mais sans esprit cocardier ou chauvin qui caractérise trop souvent nos voisins d’outre-Quiévrain.  Ce qui doit faire frémir de colère tous les bons Belges francophones pas encore remis des blagues de Coluche. En fait, je n’ai aucun désamour avec la Belgique, mais de la lassitude, de l’ennui et même de la colère en tant que citoyen d’un pays dont les élus et les ministres placent la barre du curseur trop souvent au niveau de la médiocratie, du consensus mou, des accords boiteux, des arrangements entre amis. Les exemples foisonnent, j’ai écrit sur mon blog tout neuf le mal que je pensais de la particratie, cette forme dévoyée de la démocratie, qui tente par tous les moyens de maintenir ce pays en vie pour conserver ses privilèges et qui a trouvé un adversaire, un punching-ball rêvé en la personne de De Wever, l’ennemi public numéro un en Wallonie et à Bruxelles.  « Marianne » dans son édition de samedi dernier a d’ailleurs publié une carte blanche que j’ai écrite et qui a été refusée par « La Libre » et « De Standaard » Conséquence visible de cette très belge façon de conduire les affaires publiques : le niveau de dépolitisation de la société atteint des sommets, le corps social est assoupi, endormi, le débat réduit à la portion congrue. L’alternance politique n’existe pas puisqu’on retrouve les 4 partis traditionnels à l’un ou l’autre niveau de pouvoir d’une Belgique fédéralisée où les exécutifs se sont additionnés, et dont je rappelle qu’un décret régional vaut sur le plan normatif une loi fédérale… La majorité des Belges francophones sont démobilisés, sous-informés (quelle est leur connaissance réelle du mécano institutionnel belge par exemple ?), transformés en moutons de panurge, prêts à avaler toutes les couleuvres du pouvoir quel qu’il soit.

Ne croyez surtout pas que je veuille jeter le bébé avec l’eau du bain. J’ai écrit suffisamment de choses positives sur le côté convivial des Belges, sur cette identité faible qui les ouvre naturellement vers l’extérieur, sur la paix civile qui a toujours prévalu malgré nos différences (il y a des explications d’ordre religieux  par exemple) linguistiques et culturelles profondes, sur un tissu économique assez dynamique tourné vers l’exportation, sur une sécurité sociale, en particulier les soins de santé, qui reste performante même si la crise de la dette souveraine est en train de plomber ses performances médicales et sociales. Car le système belge, miné de l’intérieur par ses contradictions et conflits ne vit pas en autarcie (je suis curieux de voir comment va se mettre en place concrètement la nouvelle réforme de l’Etat, avec de vraisemblables ratés et un alourdissement de la pression fiscale, l’une des plus élevées au monde). Notre pays est confronté aux mêmes problèmes économiques  financiers, sociaux, écologiques qui secouent l’Europe et la planète entière. Si l’on en croit la communication officielle, la Belgique s’en sort plutôt mieux que ses voisins. Je ne partage pas ce point de vue mais je ne veux pas verser ce soir dans une querelle de chiffres et d’experts qui se trompent plus souvent qu’à leur tour.  Si je prends un seul secteur, le transport et la mobilité, le navetteur que je suis depuis quarante ans a pu mesurer la déglingue de la SNCB et la congestion insupportable du trafic automobile, vers Bruxelles notamment, sans qu’aucune politique nouvelle ne soit mise en place.  Je vous renvoie au chapitre de mon livre consacré à ce sujet et aux déclarations d’Alain Flaush, l’ancien patron de la STIB qui met le doigt là où ça fait mal. La Belgique, dit-il, est l’un des pays les plus embouteillés au monde sans qu’on y apporte de solutions durables faute de courage et de vision politique. Il parle d’amateurisme et du pays de l’à-peu-près. J’espère que mon exposé ne vous laissera pas un goût de trop peu. (Extraits page 215 et suivantes).

Je terminerai en disant, comme il y a deux ans dans une carte blanche demandée par « Paris Match » Belgique, que la seule façon d’exister de manière consistante, serait de se réformer de fond en comble, à commencer par la façon de faire de la politique. On en est plus éloigné que jamais. Je plaidais également pour une Belgique à 4 régions très largement autonomes avec une solidarité entre elles, en conservant le socle commun de la sécurité sociale.  La dernière réforme de l’Etat donne plus de responsabilités aux Régions mais je ne suis pas certain du tout que cela permettra une gestion plus efficace et parcimonieuse des affaires publiques. La démocratie est d’abord une exigence qualitative dont chaque citoyen devrait se sentir concerné et capable de peser sur les décisions en toute connaissance de cause. Dans cette perspective, même si notre Histoire est très différente, je pense que le modèle suisse pourrait être une référence intéressante sinon à copier, mais dont nous pourrions nous inspirer. Notre pays n’en prend pas le chemin.  Ce seront peut-être des éléments extérieurs qui obligeront la Belgique à se réformer fondamentalement au risque de la voir disparaître à terme ou à ne plus représenter une entité cohérente même coiffée d’une couronne.

Philippe Dutilleul

MA BLESSURE FRANÇAISE

Colloque Prospective-Parlement Wallon-2014-11-27 » Ma Blessure Française « , tel est le titre que Louis Nisse a donné à un essai qui devrait bientôt se retrouver dans toute bonne librairie. Nous vous livrons, avec l’autorisation de l’auteur, l’avant-propos d’un ouvrage qui, nous l’espérons, suscitera chez vous l’envie de vous laisser prendre par la main pour parcourir les chemins improbables qu’emprunte un amoureux de la beauté.

Paul D.

RHAPSODIE

AVANT-PROPOS

France, je t’offre ici le Cheval d’Orgueil d’un Wallon. Tu ignores presque  tout de nous, les Liégeois, les Wallons, les francophones de Belgique. Puisse ce témoignage t’aider à mieux nous connaître et à nous reconnaître ! Et te donner envie de découvrir ma petite patrie, ma terre wallonne : elle t’appartient. Laisse- moi te guider ; arpente-la avec moi en préparation de ta prochaine Joyeuse Entrée, ta très prochaine Joyeuse Entrée, car la Belgique s’évapore. Et, si possible, fais-moi la grâce de suivre l’ordre des chapitres sans te laisser tenter par une picorée à laquelle les nombreuses illustrations  pourraient sembler te convier.

Rassure-toi, mes arrêts sur images ne devraient constituer ni un redoutable diaporama sur ma famille, ni le guide vert de Michelin, ni celui du Routard : tu vas rire et pleurer, du moins je l’espère. Dans cet essai, je tente de définir ma patrie liégeoise et wallonne et mon identité française, qui est aussi un projet et un combat. Et même si j’y exprime mon vécu le plus singulier, le plus irréductible peut-être, je gage néanmoins que les Français de toutes ethnies se réchaufferont le plexus solaire en se reconnaissant dans ce projet minimum commun, en deçà duquel nous ne pouvons que mourir.

Ce livre ambitieux et multiforme, difficile à cerner, j’aurais pu le sous-titrer L’Homme qui arrêtait les trains. En effet, sans être machiniste ni cheminot comme mon cher Pépé, en célébrant la fidélité, je tente d’arrêter des trains. Celui qui conduit notre langue française vers la mort et nous vers l’anéantissement symbolique. Celui dont le tracé dévaste notre mémoire jusqu’au cœur de nos villes. Ceux qui rendent inaudibles les chants profonds du monde. Ceux qui broient les cultures, aussi vitales à l’Homme que la biodiversité ou la poésie.

Ma petite patrie, la Wallonie, tu la découvriras d’abord grâce à mes parents. Grâce à mon père, un humble et fier artisan de sa glorieuse histoire industrielle, qui avait un terrible compte amoureux à régler avec toi. Grâce à ma mère, née en ton sein, au cœur du Béarn, qui vécut une sorte d’exil à Liège, une ville si peu étrangère pourtant. La Wallonie – une Wallonie certes très liégeoise, la mienne –, je t’en retracerai l’Histoire, France, j’évoquerai pour toi ses richesses, son patrimoine, sa culture, ses langues et je te montrerai l’impasse politique, la nasse où son attachement à l’État belge la coince dorénavant. L’aliène et la  meurtrit. J’y évoquerai aussi les enfants qui l’ont honorée et qui l’honorent ainsi que le long combat des militants wallons qui inspirent mes velléités.

Cet écrit qui pourrait d’abord te dérouter, je le nomme rhapsodie, car mon ambition est de coudre (ραπτειν) des registres très divers – prose lyrique, pamphlets, poèmes, farces, textes référentiels s’entrelacent – tout en gardant une unité poétique. (Tu jugeras si j’ai réussi cette gageure.) Ces vibrations des verts rejets de mes toutes premières détresses et tendresses, puissent-elles aussi te parcourir. Mes anciennes blessures te guérir.

 

La justice française se déclare compétente pour juger Facebook

Nous ne pouvons que nous réjouir de cette décision de la justice française.

Facebook a été assigné par un internaute qui se plaint d’avoir vu son compte censuré après la publication d’une photo de « L’Origine du monde », le tableau de Gustave Courbet représentant un sexe féminin.

Le tableau « L’Origine du monde », de Gustave Courbet, est conservé au musée d’Orsay à Paris, depuis 1995. (MUSEE D’ORSAY / WIKIMEDIA COMMONS)

Le statut de Facebook n’a pas influencé la justice. Le tribunal de grande instance de Paris s’est déclaré, jeudi 5 mars, compétent pour juger le réseau social américain dans un conflit l’opposant à un internaute. Le géant du net prétendait n’avoir de compte à rendre qu’à la justice américaine. Voici ce qu’il faut savoir pour comprendre cette affaire.

Le problème avec « L’Origine du monde »

Le géant américain est assigné en justice par un professeur des écoles, père de trois enfants, qui reproche à Facebook d’avoir bloqué en 2011 son compte où il avait posté une photo du tableau de Gustave Courbet, L’Origine du monde, représentant un sexe féminin. Une représentation que le réseau social considère comme une simple représentation de la nudité, interdite par Facebook, et non comme une œuvre. La photo du tableau de Courbet renvoyait à un lien vers le site de la chaîne Arte

Le plaignant a vu son compte désactivé par « une censure aveugle » la veille de son anniversaire, a dénoncé l’avocat de l’instituteur, lors de l’audience du 22 janvier. Il estime en conséquence avoir subi un préjudice, d’autant que ses mails de réclamation sont restés sans réponse. L’homme « s’est senti associé à une personne qui ne serait pas digne de considération ou qui aurait des mœurs ou des pratiques interdites par la loi », a ajouté l’avocat rappelant que son client, « homme droit, cultivé et très attaché à la transmission du savoir. »

Les arguments juridiques de Facebook

Lors de l’audience de janvier, l’avocate de Facebook a contesté la compétence du tribunal français pour juger cette affaire en expliquant que l’internaute avait accepté, en s’inscrivant sur le site, les conditions générales d’utilisation qui prévoient la seule compétence d’un tribunal américain pour trancher les litiges.

Me Caroline Lyannaz a également réfuté l’idée que le réseau social puisse relever du droit de la consommation français car, a-t-elle fait valoir, « le service est gratuit » et c’est l’internaute qui prend l’initiative d’ouvrir un compte.

La réponse de l’avocat de l’internaute

« Si je comprends bien et si l’on suit votre logique, aucun des 22 millions d’usagers de Facebook en France ne pourra jamais saisir une juridiction française civile en cas de litige », avait dénoncé l’avocat de l’internaute, Me Stéphane Cottineau, en évoquant « une clause abusive ».

Ce qu’en dit la justice

Comme le défenseur de l’internaute, le tribunal juge notamment « abusive » cette clause exclusive de compétence, obligatoirement signée par tous les utilisateurs de Facebook. Cette dernière désigne un tribunal de l’Etat de Californie, où siège l’entreprise, comme étant le seul habilité à trancher les litiges.

Interrogé par l’AFP, l’avocat de  l’utilisateur banni de Facebook s’est félicité de cette « vraie victoire » : « C’est une première manche gagnée par David contre Goliath. Compte-tenu de l’aura du TGI [tribunal de grande instance] de Paris, cette décision va faire jurisprudence pour les autres réseaux sociaux et autres géants du net qui utilisent l’implantation à l’étranger de leur siège social, principalement aux Etats-Unis, pour tenter d’échapper à la loi française ».

Dossier Chodiev-De Decker : que fait la justice belge ?

 

Président du sénat de 1999 à 2004 puis de 2007 à 2010, bourgmestre (maire) de la Commune d’Uccle depuis 2006, Ministre de la coopération au développement de 2004 à 2007, il devient Ministre d’état en 2009 et est réélu sénateur direct de 2010 à 2014 et député bruxellois en 2014.

C’est donc un personnage important du royaume belge dont il est question.

Il reconnaît avoir travaillé en tant qu’avocat pour le milliardaire kazakh Chodiev et avoir perçu 500 000 € d’honoraires pour un dossier qui lui a demandé 500 heures de travail.

1 000 € l’heure : pas mal…

 

05/03/15 à 08:48 – Mise à jour à 08:48

Source : Le-Vif-L-Express

Malgré l’avancée de l’enquête française et les appels du pied des magistrats de Paris, il n’y a toujours pas de vraie enquête en Belgique sur le Kazakhgate. Pour l’instant, le libéral Armand De Decker n’est inquiété par aucune procédure judiciaire belge.

Dossier Chodiev-De Decker : que fait la justice belge ?

Armand De Decker © Belga

 

Dans le dossier Sarkozy-Chodiev-De Decker, la justice française a mis en examen quatre personnes en septembre dernier, et elle vient de demander la levée de l’immunité du sénateur Aymeri de Montesquiou, descendant de la famille de d’Artagnan, pour une cinquième mise en examen. Une des infractions retenues dans l’enquête hexagonale est celle « de corruption d’agent public étranger ». Or le seul agent public étranger connu dans cette affaire est l’ancien président du Sénat Armand De Decker (MR). Les deux juges d’instruction parisiens en charge du dossier semblent donc nourrir des soupçons à l’égard du libéral belge. Lequel, tout en restant sénateur, avait repris ses activités d’avocats en 2011 pour rejoindre l’équipe de Me Catherine Degoul qui défendait le milliardaire kazakh, empêtré dans le dossier Tractebel.

De Decker aurait-il influencé le processus parlementaire pour que la loi sur la transaction pénale élargie soit votée juste à temps et puisse permettre à son richissime client d’échapper in extremis à un procès en correctionnel ? Et ce à la demande de l’Elysée, occupé par Nicolas Sarkozy, dont un gros contrat en armement avec le Kazakhstan était conditionné à cet épilogue judiciaire ? Le bourgmestre d’Uccle s’en défend vigoureusement, tout comme il conteste le montant de 734 346 euros versé par Chodiev, pour ses services, que révèle pourtant une note des juges parisiens, publiée par Le Canard Enchaîné. Ce montant (comme d’ailleurs les autres cités dans l’article de l’hebdo satirique) a été repéré, dans le cadre de l’enquête, par Tracfin, la cellule française de traitement des circuits financiers clandestins, soit l’équivalent de la CTIF belge.

En juin 2014, les Français ont diligenté une commission rogatoire à Bruxelles. Menée par la police judiciaire fédérale, elle s’est terminée en septembre. Armand De Decker nous dit ne pas avoir été interrogé dans le cadre de cette commission. Le 26 février dernier, les deux magistrats français se sont déplacés à Bruxelles pour rencontrer des représentants du parquet général et du parquet fédéral. But de la visite : examiner ce que Français et Belges pouvaient faire ensemble. Une telle initiative démontre, pour le moins, leur intérêt pour le volet belge du dossier.

Aucun devoir d’enquête

Peu après cette rencontre, le parquet de Bruxelles a communiqué que, côté belge, une information judiciaire avait été ouverte en 2013, mais qu’à ce stade aucun élément ne permettait d’impliquer Armand De Decker. La date n’est pas exacte. Il y a un bon mois, le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), répondant à une question de Georges Gilkinet (Ecolo) à la Chambre, indiquait qu’une information judiciaire contre X avait été ouverte fin octobre 2014. C’est suite aux révélations du journal Le Monde sur les mises en examen par la justice française que des enquêteurs de l’OCRC (police anti-corruption) ont rédigé un PV initial, le 31 octobre 2014, à l’intention du procureur du roi de Bruxelles, dans l’espoir que la justice belge enquêterait, elle aussi, sur l’affaire. Un PV initial entraîne automatiquement l’ouverture d’une information pénale. Ce qui a eu lieu. Mais, selon nos informations, aucun devoir d’enquête n’a été demandé, depuis lors, aux hommes de l’OCRC qui ont pourtant rédigé des PV de rappel. L’enquête du parquet de Bruxelles n’a donc jamais réellement démarré…

Depuis quelques jours, des discussions répétées ont lieu au parquet fédéral, sous la houlette du magistrat de référence en matière de corruption, Jean-Pascal Thoreau, pour voir s’il serait opportun d’ouvrir une instruction judiciaire, d’autant que les Français s’apprêtent, semble-t-il, à introduire une demande formelle d’entraide judiciaire. Bref, depuis les premières révélations du Canard Enchaîné, en octobre 2012, la justice belge se tâte toujours.

Thierry Denoël

Il faut sauver la dorsale wallonne du Thalys

Nos amis Laurent Vandamme et Louis Cartilier nous demandent de relayer leur appel à signer la pétition qui demande le rétablissement de la dorsale wallonne du Thalys qui relie Liège, Namur, Charleroi et Mons à Paris.

L’ AWF se joint bien sûr à cet appel. Il est outrageant de constater le parallélisme effectué par le gouvernement fédéral entre la suppression du Thalys Ostende-Paris dont les Flamands ne voulaient plus avec celle du Thalys de la dorsale wallonne dont les Wallons ont le plus grand besoin tant au niveau économique que culturel. Nous demandons au gouvernement wallon d’adopter une attitude de révolte et non une condamnation de circonstance.

Paul D.

Chers amis,

Dans sa rage destructrice de nos droits, le gouvernement a décidé de priver nos gares wallonnes de Mons, Liège, Namur et Charleroi de la liaison quotidienne pourtant si appréciée du Thalys avec Paris-Nord.

Nous jouissions de cet avantage depuis des années, on nous le supprime, sans autre procès… Seule Bruxelles y aura encore droit!

Réagissons à cette nouvelle atteinte à la Wallonie!

https://www.lapetition.be/en-ligne/non-a-la-suppression-du-thalys-wallon-15455.html

Exprimez-vous svp !

Laurent Vandamme

Choix de société : il y va de notre santé…

L’AWF se joint à AVAAZ pour vous demander de signer et de faire circuler parmi vos contacts la pétition qui suit. Il y va de la survie du monde paysan français et wallon. Il y va surtout de notre santé et du redéploiement d’une agriculture et d’un élevage qui respectent l’homme et l’animal. Il y va aussi d’une qualité de vie à la française.

Des milliers de vaches et chèvres agglutinées dans d’immenses entrepôts. Bourrées de médicaments. Reliées à des pompes à lait, tandis que le paysan qui s’occupe d’elles est réduit à un simple rouage dans cette énorme machine. Voilà ce que promet l’ouverture de l’usine aux 2200 animaux à l’étude dans la région de Tours. Mais la préfecture n’a pas encore donné son autorisation, et nous pouvons encore l’arrêter.

Cette nouvelle ferme industrielle géante est le pur produit d’un système déshumanisé, qui avilit le métier de paysan et ronge les écosystèmes de la région. Il est à l’opposé d’une agroécologie durable et stimulante pour l’économie rurale, pourtant prônée par le ministre de l’Agriculture. 
Si nous nous mobilisons massivement dès à présent, nous pouvons créer un tapage médiatique tel qu’il forcera le ministre à abandonner ce projet honteux.

Le Salon de l’Agriculture vient de se tenir à Paris et cette grand-messe ultra médiatisée est une opportunité unique d’exiger l’abandon de cette ferme inhumaine. Cela serait une victoire cruciale dans le combat pour que les exploitations françaises respectent l’environnement, notre santé, le bien-être des animaux et que les agriculteurs ne soient pas mis de côté.

Signez cette pétition et envoyez-la à tous vos proches: Avaaz interpellera Stéphane Le Foll lorsque nous atteindrons 100 000 signatures.

https://secure.avaaz.org/fr/non_aux_fermes_animales_gaantes_jb/?bEBYKab&v=54402

L’année dernière en Picardie, la première “ferme aux 1000 vaches” a ouvert ses portes, malgré l’indignation des habitants de la région et du monde agricole. Aujourd’hui, une quinzaine de méga-projets sont en préparation en France, menaçant toujours plus les emplois de nos agriculteurs. Le pire est que l’État – c’est-à-dire nos impôts – subventionne à coups de millions d’euros ces installations ! 

Signez cette pétition pour dire non aux fermes animales géantes, et demander à Stéphane Le Foll de maintenir le cap sans céder aux pressions des lobbies de l’industrie agroalimentaire:

https://secure.avaaz.org/fr/non_aux_fermes_animales_gaantes_jb/?bEBYKab&v=54402

Nous avons déjà joint nos voix et réussi à protéger les animaux en voie de disparition, les abeilles ou les animaux marins. Cette fois ce sont nos agriculteurs et les animaux d’élevage qui nous nourrissent chaque semaine qui ont besoin de nous. Et c’est un nouveau modèle de société que nous pouvons défendre, ensemble.

Avec optimisme et détermination.

 

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde