Une opinion de Jean-Luc Lefèvre
Au sein des établissements scolaires en terres romanes de Belgique, l’évaluation externe est à la mode. En fin de 6e primaire, au terme de la seconde année secondaire et quand s’achèvent les « humanités », avec, à chaque fois, des fuites dans la diffusion de questionnaires qui mobilisent la vigilance ministérielle soucieuse de déléguer les responsabilités.
Tout cela parce que l’évaluation externe constitue désormais, chez nous, un authentique abcès de fixation. Suscitée par l’O.C.D.E. et ses fameuses enquêtes Pisa dont on connaît les tristes, mais bien compréhensibles conclusions, elle s’est installée allégrement à tous les niveaux de pouvoir. Avec, à chaque fois, le constat d’une puissance publique en léthargie.
Tantôt, c’est le Conseil d’État qui s’inquiète de la manière dont, au sein du microcosme scolaire toujours, la Ministre envisage le « pilotage » des établissements scolaires et, plus particulièrement, les mesures de nature à relever le taux de réussite dans les certifications : ne lèseraient-elles pas, parce que disproportionnées, l’autonomie des acteurs ? Mais aussi de la manière dont la Région wallonne procède au contrôle de la réfection de ses voiries : avec quels critères uniformes ? Avec quelles conséquences pour les entreprises qui ont failli ? La pilule est amère en termes de bonne gouvernance.
Plus récemment, c’est la Cour des Comptes qui montre du doigt la gestion de la S.N.C.B. et les libertés qu’elle prend par rapport à son contrat de gestion.
S’il n’y avait que ces instances ! S’agissant du tramway liégeois, c’est Eurostat qui, à deux reprises déjà, recale le montage financier élaboré par les autorités belges, sous le « prétexte » qu’il serait trop alambiqué, insuffisamment public ou insuffisamment privé, l’enfant bâtard en quelque sorte du traditionnel compromis belgo-belge !
Des états, fédéraux ou non, montent même à la barre pour citer la Belgique, toute (?) la Belgique et rien que la Belgique (?), à comparaître dans l’opaque dossier des centrales nucléaires pour s’expliquer. Après le Land de Rhénanie, les Pays-Bas et le Luxembourg…demain, peut-être, la France ?
Et si tout cela, en termes de casino, signifiait que rien n’allait plus, que tout partait à vau l’eau ? Après nous, le déluge ? Après nous, les mouches ? Après nous, le black out total institutionnel ?
Une chose paraît certaine : l’évaluation externe, à tous les niveaux du pouvoir politique, devrait constituer l’antidote du narcissisme. Partout, sauf au pays qui se gargarise de son surréalisme !
parisienne. L’émission que vous pouvez écouter
L’appartenance à l’Union européenne d’une ancienne entité fédérée devrait être automatique, sans le passage de toute une procédure d’adhésion, a affirmé ce week-end le ministre-président flamand Geert Bourgeois, à l’occasion de la réception de nouvel an du Mouvement populaire flamand (VVB, Vlaams Volksbeweging). 
moment d’accélérer, juste un peu. Peut-être avait-il envie de communiquer, de partager, de rassurer ses partisans. L’indépendance est là, pas loin. Pour réaliser le grand projet de sa vie, il doit maîtriser le temps, le timing. Le pouvoir n’est pas le but mais le moyen. Bouger, forcer les événements, agir plutôt que réagir. Ne pas rater son rendez-vous avec l’histoire. Un petit pas pour lui mais peut-être un grand pas pour la Flandre. Un petit pas qui suffit à montrer qui est le véritable homme fort du royaume de Belgique… ce pays en sursis qui n’est pas le sien.
Invité de La Première, à la RTBF, ce mercredi matin, interrogé à propos de la Catalogne, Benoît Hellings s’est dit ouvert à un éventuel processus d’indépendance en Catalogne : « La Belgique doit aider les peuples à s’autodéterminer et donc chaque peuple dans le monde a le droit de choisir son propre destin. C’est vrai pour les Catalans, c’est vrai pour les Écossais, c’est vrai pour les Flamands et c’est vrai pour les Palestiniens », a commenté le député Ecolo au micro de Bertrand Henne…
Le gouvernement n’exclut pas de faire appel de la décision de la Commission européenne exigeant que la Belgique récupère 700 millions d’euros auprès de 35 entreprises multinationales, en grande partie européennes en raison d’un régime fiscal d’exonération des bénéfices excédentaires jugé illégal aux yeux de la législation européenne, a indiqué lundi le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt.
La ministre N-VA du gouvernement flamand Liesbeth Homans a dit croire mercredi que la Belgique existera encore en 2020 mais formulé « l’espoir » que ce ne sera « plus » le cas en 2025. La VRT prépare une série d’anticipation sur la Belgique « dans cinq ans » dont un extrait a été diffusé au journal télévisé de la chaîne publique flamande mercredi. « 2020, c’est trop tôt », y indique Mme Homans au sujet de la disparition de la Belgique, en y formulant le vœu qu’un maximum de compétences aillent aux entités fédérées après les élections de 2019 « de sorte que la Belgique disparaisse d’elle-même ». La N-VA aspire statutairement à « l’indépendance d’une république de Flandre, Etat d’une Union européenne démocratique ». Mais lors de la formation du gouvernement Michel, il avait été décidé de mettre de côté toute revendication communautaire.