Un sommet de la francophonie à Bruxelles

Le journal Le Soir publie aujourd’hui cette « carte blanche » de Gaëtan Van Goidsenhoven, député bruxellois et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, chef de groupe MR au Parlement francophone bruxellois.

Un sommet de la Francophonie à Bruxelles pour donner sens à nos valeurs

Membre de plein droit de la Francophonie, la Belgique n’en a jamais accueilli le sommet, qui se tient tous les deux ans depuis 1986. La capitale de l’Europe va-t-elle enfin saisir l’opportunité d’une candidature pour 2022 ?

Le 27 novembre dernier s’est clôturé le XVIe Sommet de la Francophonie. À cette occasion, dans la capitale malgache, 84 États et gouvernements ayant le « français en partage » se sont réunis. Si ces pays et collectivités représentent ensemble pas moins de 900 millions d’hommes et de femmes, notre langue compte en réalité (selon les chiffres de 2014) 274 millions de locuteurs répartis sur les cinq continents. Selon les projections, ils seront 400 millions en 2025, plus de 700 millions en 2050 et pourraient dépasser le milliard d’individus à l’horizon 2065.

Sans verser dans une forme d’optimisme béat sur l’avenir de l’espace francophone, force est de constater que son dynamisme contredit le défaitisme qui est trop souvent exprimé par les défenseurs de la langue française. Rappelons également que notre langue est la seconde qui soit la plus pratiquée dans les organisations internationales. Pour autant, si le français progresse au Sud, force est de constater que, sur le continent européen, il a été progressivement marginalisé à partir des années 90, au profit d’un recours unilatéral à l’Anglais. Dans le contexte de l’Union européenne post-Brexit, ce n’est pas tant la défense d’une langue contre une autre qu’il faut promouvoir mais bien celle du multilinguisme dans l’espace européen. Quel sens donner aux inquiétudes populaires face au Ceta et plus encore au TTIP si nous ne parvenons pas à agir en faveur de notre propre langue et, au-delà, au bénéfice d’une diversité culturelle à l’échelle européenne ?

Une candidature pour 2022 ?

L’Etat belge, tout comme la Fédération Wallonie-Bruxelles, sont des membres de plein droit de la Francophonie. Ils le sont respectivement depuis 1970 pour le premier et 1980 pour le second. Pour ce qui concerne la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous arrivons à 36 ans d’implication au sein des instances francophones dont elle est l’un des principaux contributeurs. Pourtant, alors que nous venons de clôturer le XVIe Sommet de l’OIF, il faut constater que jamais cet événement majeur ne s’est déroulé en Belgique. En 2018, ce sera le tour de l’Arménie et en 2020, celui de la Tunisie. Une candidature pour 2022 est donc largement envisageable, nous disposons de six ans pour la préparer. Qu’un pareil sommet soit par ailleurs accueilli au cœur même de la capitale de l’Europe, Bruxelles, ville cosmopolite ouverte sur le monde, serait riche de sens. Comme riche de sens serait cette occasion de rappeler la place de la langue française en Europe et l’importance du dialogue des cultures dans un monde de plus en plus globalisé.

Une occasion à ne pas manquer

Le ministre-président Rudy Demotte a dernièrement souligné que la Francophonie devait être irréprochable en son sein et intransigeante sur ses valeurs. Organiser un sommet à Bruxelles permettrait de donner une tribune extraordinaire à cette exigence de respect des droits humains, de tolérance et d’ouverture aux autres cultures. Ce serait une occasion unique de raffermir les valeurs portées par la Francophonie à l’heure où, de sommet en sommet, la multiplication des adhésions sans réelle attache avec cette dernière risquerait de vider l’institution de son identité. Le malaise est patent avec la demande d’adhésion de l’Arabie saoudite en qualité de membre observateur. Si la décision sur cette adhésion a toutefois été reportée, il semble temps de se pencher sur l’avenir de la Francophonie internationale. En tant qu’organisateur d’un prochain sommet à Bruxelles, nous aurions la possibilité de positionner la question des valeurs au centre du questionnement francophone comme nous pourrions porter haut la voix de la Francophonie au cœur même des institutions européennes. Qui oserait prétendre qu’une pareille occasion ne doit pas être saisie ?

FRANCE INTER TRAHIT !

France Inter a donc décidé de cesser d’émettre en longues ondes. Au-delà de toutes considérations techniques et financières au sujet desquelles il y aurait sans doute bien des choses à dire, elle a ainsi pris le parti de se défaire d’une part de ses auditeurs, (très) fidèles pour certains d’entre eux, français souvent mais pas seulement, vivant à l’étranger.

Je ressens cela comme de la trahison.  Et les solutions palliatives exposées sur le site de la chaîne ne corrigent en rien cette impression : je ne balade pas mon ordinateur de pièces en pièces pour écouter la radio, le smartphone s’écoute avec une oreillette et l’achat d’une radio connectée (!) n’est financièrement pas négligeable, à fortiori quand il peut être question d’équiper son chez soi déjà pourvu en radios « ordinaires ». Il nous est proposé du bricolage technocratique et puéril en lieu et place d’un système simple et qui a fait ses preuves !

Un juriste spécialisé aurait peut-être un avis à émettre : sacrifier de la sorte une part se ses auditeurs est-il parfaitement légal au vu des obligations que doit assumer un service public ? Pour ma part, je ne peux réagir que comme l’un de ces auditeurs fidèles qui se voient, littéralement, trompés, trahis. Comme Français, je m’interroge sur une stratégie qui fera en sorte que la France perde une voix à l’étranger. Et comme citoyen conscient, je ne peux que m’interroger sur la portée d’une décision qui fera en sorte que le privé, une nouvelle fois, retirera les marrons du feu. France Inter se retirant, de fait et en dépit des bricolages au-dessus évoqués, permettra à Europe 1, RTL et consorts de s’épanouir sans plus de concurrent sérieux…

France Inter doit rester fidèle autant que nous le sommes…

Jean-Christophe Yu

Auditeur français (de père en fils !) vivant en Belgique (Liège)

Le Sommet de la Francophonie à Madagascar et la France

Nous en traitons en 2 temps. Ici : aspects institutionnels et géopolitiques. Ultérieurement : décisions et retombées politiques, sociétales ; éducation-formation ; enseignement du français ; coopération culturelle et technique ; « Stratégie de croissance partagée » et (co-)développement économique « durable » ; réseau francophone numérique (RFN).

Aspects institutionnels, géopolitiques et diplomatiques 

Le 16ème Sommet des Chefs d’État et de gouvernement des « pays ayant le français en partage » s’est tenu les 26-27/11/ 2016 à Antananarivo. Depuis le 1er, organisé en 1986 à Versailles/Paris par M. Mitterrand avec une vingtaine de partenaires, l’OIF créée en 1997 à Hanoï a crû. Madagascar a accueilli de nombreuses délégations et 4 nouveaux membres : 2 observateurs : Argentine et Corée du Sud ; et 2 gouvernements participants : Ontario et Nouvelle Calédonie.

Mais une vingtaine seulement des nombreuses et fortes délégations étaient conduites par un chef d’État ou de gouvernement. Alors qu’au XVème Sommet, en 2014 à Dakar, les chefs d’État africains étaient deux fois plus nombreux. À « Tana » manquaient : Joseph Kabila (RDC), Ibrahim Boubakar Keita (Mali), Paul Biya (Cameroun), Alpha Condé (Guinée), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Faure Eyadema (Togo), Théodore Obiang Nguema (Guinée Équatoriale), Patrice Talon (Bénin), Alassane Ouattara (RCI- Côte d’Ivoire !)… La délégation marocaine était forte, mais le Roi Mohamed VI, pourtant présent dans la Grande Île la semaine précédente, n’a pas participé au Sommet en personne. Pour la plupart des absents, l’élection à Dakar de Mme Michaëlle Jean, non africaine, perçue comme ex-Gouverneur général du Canada, et non « du Sud » malgré ses origines haïtiennes, et bénéficiant au moins de la complaisance du Président Hollande, reste une potion amère à avaler, alors que les Africains n’avaient pu s’entendre sur l’un des leurs, comme le veut une tradition non écrite…

Ce Sommet de Tana montre que la forte position de la France dans la Communauté mondiale organisée des pays francophones n’est plus ce qu’elle fut. La France ne représente d’ailleurs plus que le quart des 274 M. des francophones du monde, dont le nombre est appelé à croître jusqu’à plus que doubler en 2050, à la condition (indispensable !…) que les partenaires africains continuent à l’avoir comme langue officielle, véhiculaire principale de l’enseignement, vecteur des principaux médias, langue seconde d’usage d’une partie substantielle de leur population, ou combinaison d’une partie de ces fonctions. Or, face aux pressions des « amis anglo-saxons » et de leurs collabos à l’intérieur, cette conscience et la volonté d’agir faiblissent. En France, après MM. Giscard et Mitterrand, les gouvernements ont relâché leur intérêt, diminué les crédits, y compris bilatéraux pour l’action culturelle extérieure, la Coopération et l’OIF. À Tana, le Président français s’est montré souvent absorbé par ses difficultés intérieures, et, pour la première fois, n’a pas assisté à la conférence de clôture du Sommet. Les médias français, de leur côté, n’ont assuré qu’une couverture discrète, et parfois peu constructive, de l’évènement.

Le Canada a, du reste, profité de la baisse de pression française, sur les plans tant de l’aide canadienne – multi et bilatérale – que de la visibilité médiatique. Son Premier Ministre M. Justin Trudeau, qualifié de « Star du Sommet » a saisi cette tribune pour développer toutes ses positions « sociétales », du reste peu goûtées par plusieurs responsables africains présents.

L’admission en Francophonie institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie comme membre associé alors qu’elle est territoire d’outre-mer de la RF peut étonner. C’est un alignement sur la Belgique et le Canada, pays fédéraux membres de l’OIF, qui y ont des entités fédérées – donc non indépendantes – mais qui ont des gouvernements, à compétence limitée, et que leurs chefs ont représentées à Tana. Le Royaume de Belgique a la Wallonie, et le Canada a le Nouveau-Brunswick, l’Ontario admis à ce Sommet, et le Québec*. La France n’est pas fédérale, mais a soutenu l’admission de la Nouvelle Calédonie qu’elle avait dotée d’un gouvernement propre, aux compétences limitées mais lui permettant de s’inscrire mieux dans son environnement économique très éloigné de la métropole, et d’y faire rayonner la France et le français.

Au total, les dirigeants de la France et des pays francophones développés « du Nord » doivent prendre une pleine conscience de cette montée légitime du Sud, belle chance pour la Francophonie dans son ensemble et son potentiel de développement. Un potentiel, un atout de premier ordre aussi pour la France, à condition que ses prochains gouvernements, ses entreprises, ses médias, veuillent bien, sans arrogance ni désinvolture, y prendre, à côté d’actives ONG, toute la place qui les attend, et y affirmer à la fois une pleine solidarité Nord-Sud et Ouest-Est, et leurs légitimes intérêts**.

* Le Québec y avait été admis dès 1986 avec l’aide de la France et des Africains, dans une optique plutôt séparatiste, contre le gré d’Ottawa, qui avait bloqué l’admission pendant plus de 16 ans, et a fait depuis lors entrer deux autres provinces « sûres », dans une banalisation du Québec qui, aujourd’hui, semble s’en accommoder.

** En liaison, très  possible, avec la valorisation de ses départements et territoires d’outre-mer, voisins d’États francophones, et  de son immense domaine maritime de 11,7 millions de km2, le 2ème  du monde, juste derrière celui des Etats-Unis.

Albert Salon, Président de l’ALF (Avenir de la Langue Française)

N.B. : visitez le site de l’ALF

Le territoire wallon amputé

CESSION D’ UN TERRITOIRE WALLON À LA HOLLANDE, SANS CONTREPARTIE. POURQUOI  CE CADEAU GRACIEUX ? 

visé-maastricht

Le 27 novembre 2013, dans un article très documenté qui se basait sur une information donnée par le quotidien « La Libre » du 7 novembre , un membre de notre groupe de parrainage, Jacques Lenain, posait pas mal de bonnes questions sur cette cession qui, à l’époque, n’en était encore qu’au stade de projet.  Il terminait son article  par ces mots :

« Les citoyens franco-belges actifs ne peuvent laisser, sans réagir, l’État Belgique, sous direction flamande, céder 14 hectares de territoire wallo-belge, sans contrepartie connue, à la Hollande. Plus encore les Wallons, qui, quel que soit leur sentiment d’appartenance, ne peuvent consentir à un tel abandon. Mais c’est évidemment encore plus vrai pour les « régionalistes » wallons, concernés au premier chef par la perte d’un territoire exclusivement wallon, sans compensation, et qui ne peuvent se taire, sauf à consentir à se renier.

A ce stade de l’affaire, ceux qui consentent à voir l’enjeu de principe qu’elle représente, doivent interroger, fermement, les pouvoirs publics belges et wallons. Ce projet d’échange territorial belgo-hollandais est-il bien ainsi que le dit « La Libre », « lesté », en l’état, d’une perte territoriale pour la Belgique et la Wallonie, et, si oui, pourquoi n’obéit-il pas aux règles habituelles des traités interétatiques relatifs à des échanges territoriaux de ce type ?

Pour notre part, puisque cette affaire est loin d’être conclue – elle ne le sera qu’une fois validée par la loi votée par le Parlement et promulguée par le Roi – nous ne manquerons pas d’en assurer le suivi, et d’intervenir à nouveau en tant que de besoin. »

A 3 ans de distance presque jour pour jour, le moment du suivi est arrivé.

Visite d’Etat aux Pays-Bas: le couple royal belge reçu de manière solennelle à Amsterdam

Belga

Le roi Philippe et la reine Mathilde sont arrivés lundi à Amsterdam pour effectuer une visite d’État de trois jours aux Pays-Bas. Les souverains belges ont été accueillis à 11h00 par le roi Willem-Alexander et la reine Maxima lors d’une cérémonie officielle sur la place du Dam, à proximité du palais royal.

D’ici mercredi, la délégation belge qui accompagne le couple royal – composée entre autres d’hommes politiques et d’une soixantaine d’entreprises – visitera des institutions économiques, politiques et culturelles visant à mettre en évidence les « relations exceptionnelles » entre les deux pays.

Commentaires de l’AWF :

  1. Parmi les nombreux accords bilatéraux qui seront signés entre les Pays-Bas et la Belgique figure aussi la cession aux Pays-Bas des 14 hectares de territoire wallon et ce,  sans contre partie. 
  2. Quel est le représentant politique wallon qui va s’élever contre cette spoliation de notre territoire ?
  3. Parmi la soixantaine d’entreprises qui font partie de la délégation officielle, quelle est la proportion d’entreprises wallonnes ?
  4. Après les accords d’intégrations des armées belges déjà largement flamandisées et néerlandaises, n’assistons-nous pas à un nouveau signal significatif d’intégrations économiques, sociétales, culturelles et autres entre la Belgique et les Pays-Bas et ceci au détriment d’une Wallonie qui ne pourra sortir de cette aventure que minorée ?  
  5. Qu’attendent nos représentants politiques wallons pour activer les accords bilatéraux signés en 1999 et 2004 entre la France et la Wallonie que nous réclamons depuis 2014 ?
  6. Qu’attendent les centres d’études des partis politiques wallons pour mettre sur la table tous les projets du devenir de la Wallonie ?
  7. Qu’attendent nos médias pour mettre en relief le déséquilibre belge qui ne pourra que nuire à la population wallonne et particulièrement aux travailleurs les plus fragiles de celle-ci. (travailleurs indépendants et travailleurs tant du privé que du public) ?

Paul D.

Et si l’on parlait cuisine ?

Que le monde de la gastronomie, celui des grands chefs étoilés, des restaurants aux noms évocateurs, celui du guide Michelin se rassurent. Je veux parler de la vraie cuisine, celle qui restaure à la fois le corps et l’esprit, celle qui a l’ambition de façonner et de conduire les citoyens. Entre ces deux univers, un seul point commun : les chefs ont tous un ego très développé, une prétention à toute épreuve. Pour le reste, il suffit de comparer Belges et Français.

Chez nous, les chefs de la cuisine politique, ou prétendus tels, tous ces petits potentats confortablement assis sur leur lotissement ethnique, décident seuls des leaders politiques de demain, de celles et de ceux qui pourront cumuler les casquettes et donc aussi les rentes de situation. Ils en décident seuls, dans leur arrière-cuisine, loin de fourneaux qui ne ronflent pas même en dormant. La tambouille aseptisée d’une minable gargote de province, mal éclairée, mal famée.

Outre-Quiévrain, les grands chefs de la tribu gauloise sont des citoyens qui ne sont pas des chefs de clans, des chefs de meute, et encore, parce que la corporation est moins cadenassée, moins oligarchique. Ensemble, en de grands raouts, sur les plateaux de télévision, ils vont à la rencontre de leurs « clients » pour connaître leurs goûts, apprivoiser leurs désirs, échanger à propos des recettes de chacun, aider à faire son choix…La cuisine à la carte en quelque sorte, une cuisine variée qui a abandonné les conserves devenues rances du passé. Cela sent bon les épices et les saveurs d’un terroir aéré ; on entend aussi crépiter les fourneaux. C’est la direction du restaurant qui est ici en jeu, un mandat de président de République, allergique au  cumul ; c’est aussi de valeurs et de compétence qu’il s’agit. Le client en est seul juge.

Cela se passe près de chez nous. Sommes-nous mieux « nourris » ? La cuisine est-elle moins lourde à digérer ? Serions-nous incapables de choix citoyens ?

Où sont les grands chefs toqués ? Où sont les tocards ?

Jean-Luc Lefèvre

15 novembre 2016 : jour de fête…!

Senatus populusque romanus

SPQR : « Le sénat et le peuple de Rome ». Cette inscription fleurit depuis des siècles à travers la ville de Rome, depuis les arcs de triomphe jusqu’aux taques des égouts.                                                                   

Au Royaume de Belgique, il y a belle lurette que le Sénat n’existe plus que sous les ors des palais de la nation, puisque c’est ainsi qu’on appelle les locaux du Parlement.                                                                                

Vénérable institution, puisqu’on trouve un sénat dans de nombreux pays démocratiques, aux côtés du Gouvernement et de la Chambre des représentants qui font l’essentiel du travail législatif. Du point de vue législatif, son utilité a été contestée, d’aucun estimant qu’une relecture des textes par le Sénat n’apportait pas une plus-value législative considérable.                  

Comme Montesquieu nous l’a appris, aux côtés de l’exécutif et du judiciaire, le législatif est l’un des piliers fondamentaux de la démocratie. Mais on peut  modifier les choses.         

En Belgique, depuis une réforme de 2011, il reste  60 sénateurs : 36 flamands, et 24 francophones.        

Le coût de fonctionnement de l’institution est de 72.132.750 € par an : 21% pour les sénateurs actuels et anciens, 23% pour le personnel d’appui, 40,5% pour le personnel statutaire, et 10% pour les frais de fonctionnement. Le traitement de la Présidente du Sénat est le plus important du pays.

Que penser de l’idée de la Présidente du Sénat, Madame Christine Defraigne, d’organiser ce 15 novembre 2016 au Sénat une réception d’après-Te Deum à l’occasion de la fête du roi ?

Il s’agit, à l’évidence, d’une volonté de redorer le blason d’un sénat qui n’a plus beaucoup de raison d’être, et du même coup, celui de la monarchie et de la Belgique unitaire. Le journal Le Soir du lendemain nuançait le degré d’attachement des Belges à la Royauté : sur base de chiffres de 2014, 66,1% des Wallons et  45,4% des Flamands prônaient une monarchie protocolaire ou la république.

Dès lors, en un premier temps, il y a lieu de soumettre à révision constitutionnelle la suppression pure et simple du Sénat, qui ne peut même plus être considéré comme un lieu de rencontre productif acceptable par les différentes régions du pays. »Senatus delendus est », aurait dit Caton l’Ancien…

Par ailleurs, pour des raisons pratiques et financières, pourquoi ne pas faire coïncider la fête du Roi du 15 novembre avec le 11 novembre, date de souvenirs qu’il est important de commémorer ? Dans le même esprit, vu les évolutions institutionnelles bien en cours, on pourrait fusionner dès 2017 la fête des  Régions wallonne et bruxelloise avec celle de la Communauté française ou de la fédération Wallonie-Bruxelles.

Resterait bien entendu la fête nationale du 21 juillet pour permettre à la Reine Mathilde d’exhiber les superbes chapeaux qu’elle porte à merveille; aussi bien, le Roi Philippe porte très bien la tenue de pilote de chasse quand il rend visite aux aviateurs en mission au Proche-Orient. Ils excellent dans leurs rôles protocolaires.

Voilà de substantielles économies en vue…

Georges-Henry Simonis

Ave Trump !

Un billet de Jean-Luc Lefèvre,  Emptinne

La victoire de Trump, c’est l’échec des prétendues consciences morales et du mimétisme largement partagé à se boucher le nez : personne, une fois de plus, n’a imaginé l’inimaginable, ni les instituts de sondages, ni les salles de rédaction, ni les grandes voix politiques, ni les stars du spectacle appelées à la rescousse en vols last minute! La victoire de l’Auguste clown made in U.S.A., c’est l’échec d’une démocratie confinée en ses cénacles, de préférence dorés, et toujours insonorisés, tellement appréciés des « élus du peuple » et de leurs sherpas, tous experts, bien entendu ! C’est la revanche de la plèbe et de ses sans grade de l’arrière–pays abandonné à son sort contre le peuple bien éduqué, citadin le plus souvent, qui aime aussi donner des leçons aux non- initiés.

Et si les Etats-Unis, comme c’est souvent le cas, ne constituaient pas l’avant-garde d’une colère qui est prête à tout ? Quand on croit ne plus rien avoir à perdre, on joue tous les Duterte, tous les Maduro de la planète…et on perd tout. Mieux vaudrait qu’on s’en souvienne aussi dans les salons de nos pouvoirs à nous !

Quelle Europe demain ?

« J’espère que le choc de cette élection va avoir l’effet de renforcer l’Europe, qui doit donc s’affirmer davantage, plus fortement et d’une seule voix sur la scène internationale. » Réagissant à l’accession de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique, Didier Reynders a dénoncé la tentation du repli sur soi et rappelé la nécessité d’une Europe plus forte. On peut s’attendre à ce que la politique européenne soit moins calquée sur celle de Washington. Il y a là, peut-être, une opportunité de faire émerger une autre Europe, mais il faudrait, pour cela, que l’Union européenne inspire à nouveau confiance et se mette au niveau du citoyen, l’associe à sa politique, réponde aux aspirations des gens, des peuples, et cesse de se voir comme un simple espace économique, une simple étape sur la voie d’un monde où le grand business déciderait de l’essentiel, en fonction de ses seuls intérêts. A force de malmener la cohésion sociale, on s’expose à des convulsions dont on ne mesure pas les conséquences.

Le triomphe inattendu de Donald Trump, ce cow-boy qui se disait prêt à contester le résultat de l’élection si celle-ci ne lui était pas favorable, a logiquement éclipsé les autres informations qui ont circulé dans les médias français. Parmi celles-ci, nous avons relevé la déclaration d’intention de Matthias Fekl, chargé du commerce extérieur dans le gouvernement de Manuel Valls. Franco-Allemand, Matthias Fekl peut-il encore influer sur la politique européenne ? Qu’est-ce qui va changer avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche ?

Publié ce mardi 8 novembre sur le site du journal Le Monde :

Après le psychodrame du CETA, la France veut réformer la politique commerciale européenne

Le secrétaire d’Etat au commerce extérieur, Matthias Fekl, présente des propositions pour tirer les leçons du Tafta et du CETA afin de mener des négociations commerciales plus démocratiques.

Comment tenir compte des inquiétudes croissantes des citoyens à l’égard des accords de libre-échange sans pour autant saborder la politique commerciale, au cœur de la construction européenne depuis sa genèse ? C’est la question épineuse à laquelle tente de répondre le secrétaire d’Etat au commerce extérieur, Matthias Fekl, confronté depuis sa nomination en 2014 à deux négociations transatlantiques explosives : le Tafta (ou TTIP), avec les Etats-Unis – pour l’instant en sommeil, en attendant l’installation de la prochaine administration américaine –, et le CETA, avec le Canada, signé fin octobre à l’issue d’un psychodrame avec la Wallonie, qui a bien failli le couler.

« La crise démocratique européenne se répercute sur la politique commerciale, qui a été négociée pendant trop longtemps dans l’opacité et validée selon des procédures trop éloignées des citoyens et des parlements », estime M. Fekl, qui a présenté, mardi 8 novembre, une série de propositions pour réformer la conduite des négociations commerciales européennes. Une initiative qu’il présente comme l’aboutissement des réflexions nourries au Quai d’Orsay depuis deux ans, qui fait figure d’ultime offensive au crépuscule du quinquennat.

Accroître la transparence

La France souhaite aller au-delà des avancées des dernières années, qui ont notamment conduit à la publication des mandats de négociation, autrefois confidentiels. Pour briser le secret des négociations à huis clos, M. Fekl propose que leur contenu soit immédiatement et systématiquement rendu public après chaque cycle de discussion (« sauf exception dûment justifiée »), de même que l’identité et le pedigree des négociateurs.

Il souhaite également rendre publiques les prises de position exprimées par les ministres du commerce européens lors de leurs sommets – une manière de mettre chacun devant ses responsabilités, alors que la responsabilité est aujourd’hui diluée dans une prise de position officielle des Vingt-Huit, qui ne reflète pas les débats en leur sein.

Impliquer les parlements

La France aimerait pouvoir inviter à la table des négociations certains parlementaires (européens ou nationaux), comme c’est déjà possible avec les membres du Congrès américain, afin de renforcer leur implication dans le processus, plutôt que de les cantonner au rôle de chambre d’enregistrement. « Il ne faut pas que les parlements n’aient le choix qu’entre un “oui” et un “non” à la fin des négociations », estime-t-il.

Impliquer les Etats membres

Matthias Fekl regrette que les Etats européens donnent un blanc-seing à la Commission européenne au moment où ils lui confient un mandat de négociation. Il souhaite que ces mandats soient révisables, voire périssables si la négociation s’éternise, afin de les adapter plus facilement aux évolutions de la réalité.

Cibler davantage les négociations

Jugeant que « la juxtaposition de dizaines de négociations bilatérales est préjudiciable » à l’Europe, le secrétaire d’Etat invite Bruxelles à réduire ses ambitions, quitte à redéployer des effectifs sur la vérification de l’application déjà en vigueur. Il souhaite que chaque nouvelle négociation soit précédée d’un processus de consultation publique et la publication d’études d’impact économique émanant d’au moins trois écoles de pensée différentes… sans qu’on sache ce qu’il se passera si elles s’avèrent contradictoires.

Aider les « perdants »

Paris souhaite que l’Europe identifie plus clairement les futurs gagnants et perdants des accords commerciaux pour pouvoir les aider, secteur par secteur et zone par zone. Elle plaide aussi pour renforcer le budget de 150 millions d’euros annuels aujourd’hui mobilisable pour soutenir les « perdants » de la mondialisation.

Instaurer des contraintes sociales et environnementales

Matthias Fekl prône la création des mécanismes contraignants pour faire appliquer les exigences environnementales et sociales des accords de libre-échange, aujourd’hui complètement improductives. Avec l’objectif que « les négociations commerciales contribuent au succès de l’accord de Paris sur le climat ».

Autant de propositions que la France entend présenter courant novembre à la Commission européenne, et inscrire à l’agenda du Sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert, à Paris début décembre. Si M. Fekl fait valoir que certaines ont déjà « reçu un écho favorable » de la part de plusieurs gouvernements sociaux-démocrates européens, il est difficile de savoir à quelle échéance elles pourraient éventuellement se concrétiser. Le secrétaire d’Etat français se refuse en tout cas à exiger de la Commission européenne qu’elle reprenne la vingtaine de négociations en cours sur ces bases, arguant que « l’Europe ne peut avancer si la France réclame des choses toute seule ».

Le Larousse se fout de nous

En Wallonie comme en France, le dictionnaire Larousse est une institution. Ouvrage de référence, il nous accompagne depuis les bancs de l’école. Quand on a un doute, le bon réflexe est d’ouvrir un dictionnaire et, la plupart du temps, ce dictionnaire est un Larousse. On le respecte à la façon d’un maître. Alors mieux vaut ne pas nous décevoir.

Peut-être y a-t-il d’autres impératifs que la rigueur, même quand on a pour objectif de l’enseigner. Voici ce que Louis Cartilier nous écrit :

Dans le Petit Larousse illustré 2017 (donc imprimé dès mai 2016), page 1978, au mot « Wallonie », je lis que la population wallonne est de 3.563.060 habitants.

En vérifiant sur le site « statbel.fgov.be/fr/statistiques….. », je constate qu’il s’agit du chiffre valable au 1/1/2013, mais soit.

Plus loin, cela s’aggrave : dans le même article, il est écrit : « …il existe une minorité germanophone d’environ 3.546.329 habitants »! (sic).

Conclusion : selon Larousse, il resterait donc un peu moins de 17.000 Wallons de langue française habitant la Wallonie.

Ce chiffre (3.546.329) est en réalité la population wallonne au 1/1/2012.

Chacun appréciera.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde