Senatus populusque romanus

SPQR : « Le sénat et le peuple de Rome ». Cette inscription fleurit depuis des siècles à travers la ville de Rome, depuis les arcs de triomphe jusqu’aux taques des égouts.                                                                   

Au Royaume de Belgique, il y a belle lurette que le Sénat n’existe plus que sous les ors des palais de la nation, puisque c’est ainsi qu’on appelle les locaux du Parlement.                                                                                

Vénérable institution, puisqu’on trouve un sénat dans de nombreux pays démocratiques, aux côtés du Gouvernement et de la Chambre des représentants qui font l’essentiel du travail législatif. Du point de vue législatif, son utilité a été contestée, d’aucun estimant qu’une relecture des textes par le Sénat n’apportait pas une plus-value législative considérable.                  

Comme Montesquieu nous l’a appris, aux côtés de l’exécutif et du judiciaire, le législatif est l’un des piliers fondamentaux de la démocratie. Mais on peut  modifier les choses.         

En Belgique, depuis une réforme de 2011, il reste  60 sénateurs : 36 flamands, et 24 francophones.        

Le coût de fonctionnement de l’institution est de 72.132.750 € par an : 21% pour les sénateurs actuels et anciens, 23% pour le personnel d’appui, 40,5% pour le personnel statutaire, et 10% pour les frais de fonctionnement. Le traitement de la Présidente du Sénat est le plus important du pays.

Que penser de l’idée de la Présidente du Sénat, Madame Christine Defraigne, d’organiser ce 15 novembre 2016 au Sénat une réception d’après-Te Deum à l’occasion de la fête du roi ?

Il s’agit, à l’évidence, d’une volonté de redorer le blason d’un sénat qui n’a plus beaucoup de raison d’être, et du même coup, celui de la monarchie et de la Belgique unitaire. Le journal Le Soir du lendemain nuançait le degré d’attachement des Belges à la Royauté : sur base de chiffres de 2014, 66,1% des Wallons et  45,4% des Flamands prônaient une monarchie protocolaire ou la république.

Dès lors, en un premier temps, il y a lieu de soumettre à révision constitutionnelle la suppression pure et simple du Sénat, qui ne peut même plus être considéré comme un lieu de rencontre productif acceptable par les différentes régions du pays. »Senatus delendus est », aurait dit Caton l’Ancien…

Par ailleurs, pour des raisons pratiques et financières, pourquoi ne pas faire coïncider la fête du Roi du 15 novembre avec le 11 novembre, date de souvenirs qu’il est important de commémorer ? Dans le même esprit, vu les évolutions institutionnelles bien en cours, on pourrait fusionner dès 2017 la fête des  Régions wallonne et bruxelloise avec celle de la Communauté française ou de la fédération Wallonie-Bruxelles.

Resterait bien entendu la fête nationale du 21 juillet pour permettre à la Reine Mathilde d’exhiber les superbes chapeaux qu’elle porte à merveille; aussi bien, le Roi Philippe porte très bien la tenue de pilote de chasse quand il rend visite aux aviateurs en mission au Proche-Orient. Ils excellent dans leurs rôles protocolaires.

Voilà de substantielles économies en vue…

Georges-Henry Simonis

10 réflexions sur « Senatus populusque romanus »

  1. Dans tous les états fédéraux en effet, il existe un sénat, qui n’est pas ce qu’on en a fait chez nous, un croupion symbolique, une coquille vide pour héberger des mandataires politiques qui n’ont pas tous la chance d’être subventionnés par de riches oligarques. Dans tous les états fédéraux, ce sénat représente les états fédérés. Sauf chez nous en effet, parce que la Belgique n’est plus un état fédéral. Un système? Même pas: les éléments d’un système, disait MORIN, sont en interaction! Un machin, donc, un pâle mécano institutionnel exclusivement conçu et organisé de manière à demeurer au service des notables qui le servent et se servent. Aveugles ou méprisants pour changer de cap.

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  2. Moi, je souhaite que la Wallonie n’organise plus qu’une fête de
    la Wallonie (Région wallonne), qu’elle supprime toutes les autres, et quelle invite la Région bruxelloise, Les Hauts des France et le Grand Est a organiser avec nous une Fête de la Francophonie .

    Adrien Lhomme

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  3. Moi, je souhaiterais que la Wallonie (Région wallonne) garde la
    fête de la Wallonie, qu’elle supprime toutes les autres et qu’elle
    organise une fête de la Francophonie avec la Région bruxelloise,
    les Hauts de France et le Grand Est.

    Adrien Lhomme

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  4. Quant à la monarchie, les chiffres cités dans cet article sont faux. Il s’avère de l’enquête de la KU Leuven que « Le Soir » a publié que 78% des Flamands et 89% des Wallons sont favorables à la monarchie. Qui plus est, la majorité (60%) des gens qui furent interrogés veulent une monarchie constitutionnelle, voire un Roi avec plus de pouvoirs. Le courant républicain reste très faible (19%).

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    1. Méfions-nous des sondages et autres enquêtes d’opinion. Seuls les résultats sortant des urnes ont valeur démocratique.
      Aux dernières législatives, deux partis flamands (N-VA et Vlaams Belang) partis ouvertement républicains atteignaient à eux deux plus des 22 % que leur accorde cette enquête. Et nous savons très bien que nombre de républicains se retrouvent à l’Open VLD, au CD&V, au SPa, chez Groen ezv…
      Quant aux Wallons, ils sont tellement formatés par leurs médias qu’il ne soit pas étonnant d’obtenir une majorité importante de monarchistes.
      Vous vous réclamez du groupuscule BUB. Nous savons que vous désirez en revenir à une Belgique unitaire qui accordait plus de pouvoirs au roi. Mais que représentez-vous dans les urnes : moins de 1 % du corps électoral !!!

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  5. Et pendant ce temps là, notre « cher » Elio s’épanche dans « l’Avenir du Luxembourg » de sa grande crainte de voir la sécu se régionaliser… Le pauvre, qui considère ce dernier bastion belgicain comme « le ciment de la Belgique »!!! Et bien, un bon coup de burin dedans aux prochaines élections de 2019 via la N-VA et le Vlaamsbelang et hop, plus de Belgique et vive la France!!!!!!!!

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    1. Voilà des années que le Sieur Di Rupo et ses collaborateurs craignent la régionalisation de la sécurité sociale. Un homme politique efficace ne se lamente pas, il agit sur deux plans: a) comme belgicain, il résiste à cette tendance; 2) comme responsable (?) wallon, il établit un plan de sauvetage et de réorganisation sur base régionale avec les outils dont il peut disposer. Mais surtout, il n’attend pas le naufrage du « Titanic » !

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  6. Et voici une vidéo que j’ai trouvé sur RTBF:

    http://www.rtbf.be/info/dossier/7-a-la-une/detail_une-agression-qui-pose-question-les-jours-d-apres-de-7-a-la-une?id=9459128

    Ce genre d’incident n’est pas le fait d’un simple individu isolé… quand est-ce que les francophones vont enfin comprendre???
    Il y a des années (j’étais encore gamin) un proche nous avait raconté qu’il était à la côte « belge » avec des amis français mais chaque famille dans son propre véhicule. Le Wallon étant devant parce qu’il connaissait mieux le chemin… Mais arrivés sur place, il fallait demander des renseignements (pas de GPS à l’époque) et à chaque fois les gens parlaient seulement ‘en flamand (lui ne parlant pas néerlandais). A un moment donné, l’ami français (avec sa plaque française) passe devant et retombe sur les mêmes personnes, qui cette fois, lui ont répondu en français!!!! Incroyable??? Ben non, j’ai envie de dire, ça a toujours été ainsi en Belgïe!!!

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