Les caisses de l’AWEX sont vides

Là se situe le problème de la Wallonie qui ne fait que s’aggraver journellement et qui ne fera que s’aggraver plus encore après la prochaine réforme de l’Etat qui mettra progressivement fin à la solidarité financière déjà toute relative aujourd’hui entre la Flandre et la Wallonie.

Avez-vous vu ce reportage où un dirigeant d’entreprise située en Wallonie devait bien reconnaître que les fonds accordés à la Belgique par l’Europe pour l’ industrie aéronautique ne lui serait accordé que si il acceptait de transférer une partie de celles-ci en Flandre ou encore mieux de délocaliser l’ensemble de ses usines en Flandre ? A la question de la journaliste qui lui demandait ce qu’il en pensait, nous aurions pu attendre de ce monsieur un vent de révolte. Hélas, il répondit avec un sourire béat qu’il irait en Flandre…!

22/12/16 à 15:12 – Mise à jour à 15:12

Source: Le Vif

La réforme des aides à l’exportation en Région wallonne, voulue par le ministre Marcourt et mise en oeuvre en janvier dernier, est un grand succès. Un trop grand, même, puisque l’enveloppe de quelque huit millions d’euros prévus cette année est vide depuis la fin de l’été… et que les entreprises qui y ont droit ne percevront leurs subsides que l’an prochain.

Avant, c’était compliqué. Aujourd’hui, c’est simple. Du coup, tout le monde le fait. Et donc il n’y a plus de sous.

Jusqu’à la fin de 2015, un entrepreneur wallon qui désirait partir à la conquête des marchés étrangers pouvait se faire aider par l’Agence wallonne à l’Exportation. Mais pour cela, il devait choisir parmi une quinzaine d’incitants financiers possibles, rendre un dossier complet, contrôlé du début à la fin de la procédure, et pouvait ensuite, éventuellement, recevoir son écot. Le parcours était fastidieux, et en rebutait manifestement certains. Le ministre régional de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, à qui certains prêtent pourtant l’intention de faire du mal à l’AWEX, a voulu simplifier et faciliter les procédures.

Depuis janvier dernier en effet, d’une part, le versement du subside se fait sur simple déclaration de créance et d’un rapport commercial, et ce n’est qu’a posteriori que l’entreprise peut devoir produire les pièces justificatives, sur demande de l’AWEX.

Et, d’autre part, la quinzaine de catégories d’incitants a été réduite à cinq (l’accompagnement par un spécialiste, les campagnes de communication, la participation à des salons, la prospection en dehors de l’Union européenne, et l’implantation d’un bureau à l’étranger).

Les entreprises wallonnes se sont ruées sur cette nouvelle aubaine. Mais l’enveloppe budgétaire allouée, elle, est restée à la hauteur de l’ancien régime : 8.100.000 euros, qui ont très vite été distribués. « Depuis septembre, je ne sais plus quoi inventer pour faire patienter les entreprises qui y ont droit, et tout le monde ne le prend pas calmement », explique un agent de l’AWEX. « Nous n’avons effectivement plus rien déboursé depuis octobre », confirme-t-on au siège de l’agence, à Bruxelles. Depuis lors, il y en a pour quelque deux millions d’euros d’aides promises, et donc dues, qui n’ont toujours pas été déboursées. « Les années précédentes, lorsque ça arrivait, on trouvait toujours quelque part une ligne budgétaire pour assumer nos engagements. Mais ici, et avec cette ampleur, c’est du jamais-vu », s’énerve le même agent.

Régularisation en janvier

La direction de l’agence, elle, tient à rassurer ses employés comme ses clients : « Nous n’avions pas prévu l’ampleur de ce succès, c’est vrai, mais tout l’arriéré sera résorbé en janvier prochain. Et même si l’enveloppe prévue pour les années suivantes n’a pas été augmentée, la Région a pris conscience du problème, et a déjà prévu des budgets du Plan Marshall pour combler les éventuels dépassements pour les exercices 2017 et 2018. » La Wallonie ne s’arrêtera donc pas de conquérir le monde. Même si ça coûte plus cher que prévu.

Que fait le Sud ?

Par Paul Mélot

Le décès d’Eric DEFOORT (73) ce 17 décembre laisse la N-VA orpheline du plus intelligent de ses idéologues. Flamand rabique et cependant francophile érudit, le sillon qu’il a creusé ne s’arrêtera cependant pas au couvercle de son cercueil…

La parenthèse communautaire promise par sa N-VA  lors de la constitution du gouvernement MICHEL Ier permet à celle-ci de préparer plus qu’activement les échéances électorales de 2018 et 2019; tout en se permettant également d’émailler la vie politique belge de multiples incidents mais aussi de victoires insidieuses ou pas, engrangées en puisant dans le ventre mou des francophones (voir à ce sujet les récentes manipulations budgétaires et statutaires dans le secteur de la recherche et particulièrement le secteur spatial combien porteur pour la Wallonie).

Que fait le SUD ? Rien ! Ou très peu… Sinon des effets d’annonces relativement tapageuses quant au redressement de la Wallonie. Mais, comme pour les contrarier, les prévisions économiques pour 2017 font état d’un gain de P.I.B. de 1.4% pour la Flandre, pour un gain de 1.2 %  pour la Wallonie. Beau redressement donc, celui qui consiste à voir croître l’écart au lieu de le résorber !

Que fait le SUD ? Constater que la pauvreté galope, qu’il n’y a jamais eu autant de « bénéficiaires » du revenu dit d’insertion par la grâce des mesures DI RUPO, d’abord, MICHEL, dans la foulée, rejetant massivement dehors du chômage des dizaines de milliers de personnes qui prennent ensuite le chemin des CPAS wallons et bruxellois: ici aussi, la Flandre est plus que relativement épargnée.

Que fait la SUD ? La timide ouverture presque simultanée faite par les Conseillers régionaux MR CRUCKE et JEHOULET, les PS COLLIGNON, MARTIN et DERMAGNE visant à transférer les compétences de la Communauté française vers la Région wallonne a été mise au pas par les cadors libéraux et socialistes. Il faut dire à ce sujet que se profile en arrière-plan une manoeuvre CDH visant à reconduire l’alliance régionale pour autant que la mathématique électorale le permette, quitte à s’élargir avec ECOLO. Comment feront nos Excellences pour financer le pacte du même nom quand on piochera dans les mesures préconisées pour assurer les moyens visant à rendre notre enseignement meilleur aux yeux du monde, renversant ainsi les catastrophiques résultats des enquêtes PISA ? Pour le MR, pas question de perdre sa première place à Bruxelles et pour le PS, pas question de faire entrer le MR à Namur.

Que font TOUS les partis du SUD ? Bien entendu, semblant d’ignorer le frigo qui se vide quand les effets de la Loi de financement joueront à plein, soit la fin programmée des transferts N-S. Loi votée à l’arraché pour faire éclore au forceps le gouvernement DI RUPO après 541 jours de crise politique. La Wallonie va joyeusement dans le mur que nos partis contribuent à rendre invisible en désinformant la population.

Pour l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE, il est plus que temps que les Wallons se réveillent et exigent des comptes de leurs responsables politiques.

Pour l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE, les travaux de Jacques LENAIN en matière constitutionnelle approuvés par Didier MAUS, Président des constitutionnalistes européens, ouvrent la voie d’une Wallonie française. Il en va de même des travaux de Jules GAZON pour ce qui relève des matières économiques et budgétaires qui montrent l’absolue nécessité de porter toute notre attention vers la France.

Pourtant, ici encore, alors que la Wallonie possède la latitude légale de conventionner avec les pays extérieurs, aucune collaboration accrue ne voit le jour. Le SUD ne bouge pas, malgré les programmes  des partis, avant les dernières opérations électorales régionales…

Ahurissant, alors que l’on sait qu’en Flandre, de plus en plus de voix éminentes réfléchissent à la répartition régionale de la dette belge faisant porter à la Wallonie la responsabilité de son augmentation puisque dans l’impossibilité de survivre seule. Donc de devoir compter sur l’argent flamand…

Dans le même ordre d’idée, il convient de suivre avec attention le devenir d’ETHIAS, sommé de nettoyer ses bilans et qui pourrait bien faire les frais d’un marchandage visant à remettre de l’argent dans les poches des coopérateurs chrétiens flamands ayant naufragé des sommes plus que rondelettes.

Inconscient, notre monde politique ! Les prévisions budgétaires du Bureau du Plan  sont pourtant publiées et nul responsable politique ne peut les ignorer. Résultat: rien ne bouge, évidemment…

Dès lors, le citoyen wallon ne peut être réveillé que par lui-même avec une conséquence boomerang pour le monde politique (Brexit, primaire de la droite en France, Trump, vote constitutionnel en Italie, etc…).

Est-ce cela que veulent réellement nos partis ?

Natacha Polony : «Le système de la globalisation néolibérale craque de toute part»

Publié sur le site du Figaro le 25 novembre 2016 :

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A l’occasion de la sortie de l’essai collectif du Comité Orwell, Bienvenue dans le pire des mondes, sa présidente, Natacha Polony a accordé un entretien fleuve au FigaroVox. Pour l’éditorialiste et essayiste, il existe aujourd’hui une forme de totalitarisme soft.


Le Comité Orwell est un collectif de journalistes, présidé par Natacha Polony, pour la défense du pluralisme des idées et de la souveraineté populaire. Il vient de publier Bienvenue dans le pire des mondes (éd. Plon, 2016) avec la participation de Natacha Polony, Jean-Michel Quatrepoint, Guillaume Bigot, Eric Delbecque, Franck Dedieu, Benjamin Masse-Stamberger, Alexandre Devecchio, Emmanuel Lévy et Gérald Andrieu.


FIGAROVOX. – Vous publiez avec le Comité Orwell que vous présidez l’essaiBienvenue dans le pire des mondes. On pensait après 1991 être débarrassé des totalitarismes idéologiques. Sommes-nous plongés de nouveau dans les mondes de George Orwell et d’Aldous Huxley?

Natacha POLONY. – Les concepts qu’ont mis en place Orwell et Huxley permettent de penser un monde qui en apparence est totalement différent. Evidemment, notre monde n’a rien à voir avec celui de 1984. A la limite, avec toutes les manipulations de l’être humain permises par les avancées scientifiques, il a peut-être plus à voir avec celui d’Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes. En revanche, nous sommes bien dans des concepts forgés par Orwell utilisés à l’époque dans des contextes différents. Il ne s’agit pas de dire que le totalitarisme que nous vivons serait aussi violent et comparable aux véritables totalitarismes soviétique, maoïste ou nazi, bien sûr que non. C’est justement ce que nous appelons dans le livre le soft totalitarisme parce qu’il ne repose pas sur la coercition. Pour autant, il est tout aussi aliénant par certains côtés. Il faut absolument remettre en vigueur ces concepts marxistes d’aliénation et d’émancipation. Le système auquel nous faisons face remet en cause l’émancipation des peuples et des individus.

Quel est ce système dont vous parlez?

Nous avons cru être débarrassés des idéologies, mais nous avons aujourd’hui à l’œuvre quelque chose qui se présente sous les habits de l’évidence, parfois de la science économique, en tout cas du pragmatisme, mais qui relève bel et bien de l’idéologie. C’est celle du libre-échangisme qui s’est développée à partir des années 1970 et qui a remis en cause petit à petit tous les acquis sociaux non seulement des classes populaires mais aussi des classes moyennes, notamment en France les acquis sociaux du Conseil national de la résistance. Cette idéologie s’est mise en place à partir de Reagan et Thatcher mais elle a vécu son ère de toute-puissance lorsque des sociaux-démocrates sont arrivés au pouvoir, aux Etats-Unis avec Bill Clinton, en Angleterre avec Tony Blair, des élus qui ont libéralisé les flux de capitaux, ont remis en cause la séparation des banques de dépôt et des banques d’investissement, toutes ces mesures qui permettaient de protéger les citoyens contre le capitalisme prédateur.

Le capitalisme est-il forcément prédateur?

Pour le dire simplement, tout au long du 20e siècle, le capitalisme a été contenu par le fait qu’il avait un ennemi  : le communisme. Il fallait alors que les classes dominantes nouent un contrat avec les classes populaires, c’est-à-dire qu’elles abandonnent une part de leur domination – ascenseur social, règles de protection, bref, modèles sociaux qui étaient ceux des pays occidentaux – pour que ces classes moyennes adhèrent à la démocratie libérale. A partir du moment où le capitalisme n’a plus eu d’ennemi quand le mur de Berlin est tombé en 1989, on a vu réapparaître le vrai visage d’un capitalisme déconnecté de l’économie réelle, qui n’existe plus que pour lui-même. Il ne sert plus à financer l’économie, mais il sert seulement à produire encore plus de capital. Ce système a abouti finalement à la crise de 2008. Avec le comité Orwell, nous disons qu’il s’agit d’un soft totalitarisme car il s’impose contre la volonté des peuples, tout en gardant les apparences de la démocratie. Nous rappelons dans le livre la phrase de David Rockefeller, fondateur du groupe Bilderberg et président de la Commission Trilatérale, deux groupes d’influences au service des multinationales, dans Newsweek en 1999: «Quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir privé me semble l’identité adéquate pour le faire.»

On peut comprendre la logique d’un «capitaliste» à préserver un tel système… mais qu’est-ce qui fait que les citoyens l’acceptent bon gré mal gré? Pour reprendre le langage d’Huxley, quel est le somma qui peut endormir les citoyens?

Il y a d’abord la société de consommation et son pendant, la société du bien-être. Elle agit à travers une idéologie du progrès qui est totalement détachée de l’idée de progrès moral de l’humanité, de progrès de la liberté, de progrès de l’émancipation. Cette idéologie s’est entièrement consacrée au progrès du bien-être. C’est ce droit des peuples à disposer d’un écran plat et d’un iPad qui permet l’assentiment.

Et y a-t-il une novlangue?

Oui, elle est efficace parce qu’à travers une forme de manipulation du langage, tout ceci est présenté sous les aspects de l’objectivité pure et s’est détaché de tous les attributs habituels de l’idéologie. Il suffit d’ailleurs de regarder comment sont présentés les débats idéologiques dans les médias. On ne dit pas libre-échange contre protection. On dit ouverture contre fermeture. Qui serait contre l’ouverture ? Evidemment, dit ainsi, l’ouverture, c’est bien, la fermeture, c’est mal. Tout le langage est manipulé pour essayer de faire croire que les tenants de régulation de ce système veulent revenir à la nation, au renfermement des peuples sur eux-mêmes. Ils n’aimeraient pas l’Autre parce que – grande manipulation suprême – tout ça se fait finalement au nom de l’Autre, au nom du sympathique migrant. C’est une instrumentalisation du sort de malheureux qui fuient la misère, mais qui permet d’imposer aux classes moyennes et populaires des pays développés un système qui creusent les inégalités. Il suffit de voir comment a été reçu notre livre. Immédiatement, on nous a accolé des adjectifs comme «identitaire», «populiste» et même «complotiste»…

Quel est le rôle des médias dans la transmission de cette novlangue? Dans les salles de rédaction, il n’y a pas de grand marionnettiste qui tire les ficelles et impose ce système libre-échangiste à tendance softement totalitaire!

Il y a ce qui relève de ce que Pierre Bourdieu appelait un «procès sans sujet», c’est-à-dire que personne n’est coupable immédiatement. Chacun de leur côté, les journalistes tentent de faire leur travail au mieux, mais il se trouve que chacun, malgré lui, participe à ce processus sans sujet. Nous avons fondé le comité Orwell avec Jean-Michel Quatrepoint, Alexandre Devecchio, Emmanuel Lévy, Gérald Andrieu, des journalistes qui venons de différents médias et qui n’avons pas les mêmes opinions politiques et venons d’horizons différents (Le Monde, Marianne, Le Figaro, Causeur). Mais nous l’avons fondé parce qu’il nous semblait que certains sujets n’étaient jamais traités dans les médias ou étaient totalement sous-traités ou seulement selon un prisme qui était au service de cette seule idéologie libre-échangiste et qui ne laissait jamais apparaître les problématiques à l’œuvre en profondeur. Là aussi, revenons-en à Marx et à la différence qu’il établit entre infrastructure et superstructure. On nous vend toujours un débat quasiment moral, sur l’immigration, sur l’ouverture, sur le protectionnisme, et on ne va jamais voir les infrastructures, c’est-à-dire les questions économiques qui fâchent: à qui profite ce système? Le système profite évidemment aux grandes multinationales qui ont confisqué l’économie à leur seul profit, multinationales qui sont en grande majorité anglo-saxonnes et même américaines, en particulier ce que l’on appelle les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) dont la capitalisation boursière atteint les 600 milliards de dollars. Google dispose aujourd’hui d’à peu près 250 milliards de dollars en cash dans des paradis fiscaux.

Ces problèmes ne sont absolument pas abordés dans les médias parce qu’il y a aujourd’hui une concentration des médias dans les mains de groupes capitalistes qui achètent de l’influence. Les journalistes sont aujourd’hui soumis à un pouvoir économique. Ils subissent une pression pour traiter leurs sujets trop rapidement, selon un rythme qui est celui des chaines d’information en continu, qui ne leur permet pas d’adopter un point de vue éclairé. On pourrait d’ailleurs multiplier les analyses sur le monde médiatique, parler ainsi de la déstructuration dans beaucoup de journaux des différents services. Auparavant, les journalistes étaient des spécialistes de leurs sujets, ils pouvaient parler d’égal à égal avec leurs interlocuteurs et avec leurs sources. Tout ceci a été démantelé au profit d’un journalisme qu’on a voulu axé dans les années 1990 vers ce que l’on appelle l’investigation, avec un roulement dans les services qui les empêche d’acquérir un recul historique.

Traditionnellement, dans les totalitarismes, la propagande, les médias, sont importants, mais il y a aussi un autre levier qui est celui de l’éducation. Comment l’Education nationale par exemple, qui est encore un organisme étatique, peut-elle être imprégnée par cette globalisation idéologique libre-échangiste?

On nous présente l’éducation comme l’un des derniers domaines régaliens, ce qui signifierait d’ailleurs que l’échec absolu de l’école française relèverait finalement de la défaillance de notre système étatique trop élitiste. C’est une idée fausse. Il y a depuis trente ans un mouvement d’uniformisation des systèmes éducatifs sous les conseils des grandes instances internationales qu’il s’agisse de l’Union européenne ou de l’OCDE, à travers notamment les textes qui accompagnent les fameuses études PISA. Ces textes dictent aux différents pays ce que devrait être un bon système éducatif. Ces recommandations vont toujours dans le sens d’un utilitarisme qui ferait de l’éducation – pour reprendre d’ailleurs une phrase d’un lobby européen – un «service rendu aux entreprises». On veut faire des élèves de futurs salariés, employables à volonté et pour cela adaptables. On oublie totalement la dimension culturelle, patrimoniale, civilisationnelle de l’éducation. Et évidemment la dimension essentielle de l’éducation qui est l’émancipation des individus. Les connaissances, le savoir sont vus dans cette idéologie seulement comme un capital que chaque individu va pouvoir faire fructifier pour participer à la croissance globale. On ne se rend pas compte qu’on détruit ainsi ce qui fait la richesse de l’école, sa capacité à transmettre des savoirs universels qui donnent cette capacité aux individus de lire le monde. C’est ce qui a fait autrefois la grandeur de l’école française et qui a permis de perpétuer l’histoire des nations, une certaine idée de la France, comme il y avait une certaine idée de l’Angleterre ou une certaine idée de l’Allemagne. Il y a bien une globalisation à l’œuvre dans l’éducation, au service de ce système économique.

Qu’en est-il de l’hyperindividualisme? A la fin de l’ouvrage, la victoire du «minoritarisme» est évoquée. Comment cette propension à accorder des droits individuels participe à alimenter ce totalitarisme soft?

Il ne s’agit évidemment pas de nier les avancées nécessaires des droits telles qu’on les a connues depuis la Révolution française. Nous sommes bien d’accord que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est une avancée majeure dans l’humanité – encore ne faut-il pas oublier le terme de citoyen… Mai 1968 a apporté des droits absolument fondamentaux pour les êtres humains. Il était nécessaire que cette avancée se fasse dans certains domaines, notamment en matière d’égalité homme-femme. Mais ce que l’on observe aujourd’hui est différent. C’est l’idée que la démocratie se réduirait au progrès indéfini des droits individuels. Se faisant, on détourne la démocratie de son véritable rôle qui est de permettre l’expression de la souveraineté des peuples et, à travers cela, de la souveraineté de chaque individu en tant que citoyen, qui permet à ceux-ci de décider en commun de leur destin. Cette avancée des droits individuels se fait sous l’apparence du beau, du bien et du bon. Là encore, qui serait contre accorder davantage de droits? Si on le présente ainsi, bien sûr que ce processus apparaît comme la victoire du camp du bien. Sauf que là encore, c’est une façon très particulière de présenter les choses puisqu’il s’agit avant tout de découper la communauté nationale de chaque pays en tranches d’individus ou de petites communautés qui vont être traités comme un cœur de cible marketing. Les individus sont ainsi empêchés de se forger une volonté citoyenne nécessaire à la lutte contre les grands intérêts privés. En démantelant la pensée majoritaire qui est l’essence même de la démocratie, on tue la capacité à lutter contre l’appropriation de l’espace public par des intérêts privés.

Donald Trump aux Etats-Unis, Brexit au Royaume-Uni, explosion des différents «populismes» en Europe… Ce monde du totalitarisme soft que vous décrivez n’est-il pas gravement secoué? N’y a-t-il pas dans tous ces phénomènes politiques récents un même rejet d’une globalisation néolibérale qui augmente les inégalités socio-économiques et qui uniformise culturellement le monde?

Bien sûr! Il y a dans ces insurrections par le vote quelque chose qui ressemble à une fronde contre un système dont les citoyens de tous les pays occidentaux voient bien qu’on le leur a imposé. Ce n’est pas forcément pour le meilleur d’ailleurs… Car personne ne peut trouver formidable Donald Trump avec ses excès, avec tout ce qu’il peut dire d’absolument consternant. Mais justement, sortons des fausses alternatives! De même que ce n’est pas parce que nous sommes attaqués par un totalitarisme bien plus dangereux, frontal et brutal qu’est le totalitarisme islamiste qu’il faut refuser de voir ce soft totalitarisme dont nous parlons. Ne serait-ce que parce que ce soft totalitarisme fait le lit du totalitarisme islamiste. D’abord parce qu’il déstabilise les Etats-nations, ensuite parce qu’il détruit tous les anticorps des individus qui permettent de lutter contre la radicalisation. Encore parce que cette mondialisation financière et néolibérale s’appuie sur le consumérisme, sur l’abrutissement généralisé des populations et finalement sur leur enfermement dans la simple consommation et dans une misère sociale de plus en plus grande. Sous prétexte qu’il y a un danger islamiste, il ne faut pas refuser de remettre en cause le système tel qu’il est. C’est la raison pour laquelle l’insurrection par le vote que l’on observe un peu partout est une des formes de la colère des peuples. Il faudrait mieux que l’on prenne en compte cette colère, qu’on la comprenne et qu’on y réponde, plutôt que de laisser bouillir la marmite. Au lieu de cela, la réaction depuis quelques années consiste à transformer petit à petit nos institutions pour tenter de verrouiller le système démocratique. On voit très bien comment le système a exclu Bernie Sanders, comment l’establishment démocrate a d’ailleurs ouvertement triché pour favoriser Hillary Clinton. Ça leur a évidemment explosé à la figure, mais pour autant il y a bien là une forme de confiscation de la démocratie. De même en France, on voit comment le mécanisme des primaires essaie de contenir tout ce qui pourrait remettre en cause le système.

N’y a-t-il pas lieu d’être optimiste puisque François Fillon par exemple n’était pas le candidat de l’establishment et a fait mentir les prévisions tant politico-médiatiques que sondagières?

Oui, effectivement, on a François Fillon d’un côté. On a de l’autre Jean-Luc Mélenchon qui refuse d’entrer dans le cadre des primaires. On voit bien que ce système ne marche pas et qu’il craque de tous les côtés. Mais le tout est de savoir si l’on arrivera à remettre en cause ce qui est la base de ce soft totalitarisme, à savoir le pouvoir des multinationales à travers l’idéologie libre-échangiste.

Les peuples peuvent s’exprimer par leur vote, mais encore faut-il ensuite que les élus puissent agir conformément à leur mandat. Dans un monde de plus en plus complexe, global, rapide, interconnecté, n’y a-t-il pas une impuissance naturelle du politique? Est-ce à l’échelon national que le politique peut être vraiment en prise avec le réel?

Ce n’est pas à l’échelon national que les problèmes se règleront, mais l’échelon national sert prioritairement à exprimer la volonté des peuples. Pour le reste, nous avons laissé faire cette impuissance politique, elle a été organisée. Notre rôle de citoyen est d’imposer à nos politiques une obligation de puissance. Il s’agit pour nous de choisir les politiques qui auront la volonté de lutter contre ce système. Ça s’appelle la souveraineté. Lutter contre cette globalisation qui privatise la démocratie, cela peut se faire grâce à des politiques qui sauront refuser ce qui leur semble inacceptable, par exemple refuser les traités de libre-échange dans la mesure où ceux-ci sont une renonciation totale au modèle civilisationnel européen. Et pardon, ce n’est pas si compliqué de le refuser! J’ai le souvenir des propos du Général de Gaulle cité par Alain Peyrefitte dans C’était De Gaulle. Ce dernier lui parlait du traité de Rome et lui faisait remarquer que rien n’était prévu pour en sortir. De Gaulle répondait en substance: «C’est de la foutaise. Avez-vous déjà vu un grand pays être couillonné sous prétexte qu’il n’y a rien de prévu pour qu’il arrête d’être couillonné?». Il continuait en disant: «Quand on est couillonné, on dit «je suis couillonné, je m’en vais. C’est tout». C’est une question de volonté. Ça ne veut pas dire de se renfermer dans ses frontières comme on veut nous le faire dire. Mais ça veut dire réguler ce système. Il s’agit d’une juste régulation pour préserver les intérêts des citoyens.

Votre ouvrage se conclut par un appel à passer d’une gestion globale des choses à une gestion locale. Le Small is beautiful publié en 1979 par l’économiste Ernst Schumacher est-il encore vraiment possible à l’heure des grandes ruptures technologiques que nous connaissons? N’est-ce pas utopique?

C’est non seulement pas utopique, mais ce sont même les nouvelles technologies dans ce qu’elles ont de positif qui peuvent nous aider. C’est par là qu’on peut retrouver une pleine souveraineté sur notre façon de vivre, de consommer, de nous mouvoir, etc. Tout achat est un acte politique. Par ces choix de consommation, on choisit de soutenir un système ou un autre. C’est par le retour à une échelle locale que nous allons de nouveau pouvoir maitriser les flux économiques et retrouver un poids qui nous permettra de décider de notre avenir, de faire face à ce qui jusqu’à présent n’est qu’une concurrence déloyale. Reprendre une échelle locale permettra au citoyen d’avoir une prise et de répondre ensuite aux grands enjeux internationaux. Le système craque et l’on voit tout à coup l’Europe imposer à Apple une amende de 13 milliards d’euros pour tout ce dont elle a bénéficié comme largesses fiscales de la part de l’Irlande. Ça ne s’est fait que pour une raison: parce qu’il y a eu le Brexit et parce qu’il y a eu la remise en cause populaire des traités de libre-échange. C’est la voix des peuples qui a permis à l’Europe de retrouver son rôle. Il faut que l’Europe retrouve ce pour quoi elle a été fondée, à savoir la préférence communautaire. Au départ, il s’agissait de créer un marché intérieur, d’échanger entre pays qui auraient les mêmes conditions et qui œuvreraient ensemble parce qu’ils auraient la même vision et la même culture de ce que seraient les droits sociaux. Ceci a été complètement brisé en élargissant l’Europe de façon folle, en ouvrant les frontières au nom d’une idéologie libre-échangiste que ne pratiquent pas les autres grands ensembles du monde. Avec le Comité Orwell, nous avons voulu mettre des mots sur ce que les citoyens ressentent, parce qu’ils savent qu’on est en train de leur confisquer leur liberté, leur voix, leur souveraineté.

Le pacte d’excellence, c’est la mort de l’enseignement technique

Pierre Hazette, homme sage et de bon sens qui fut Ministre de l’enseignement, partage l’article suivant que publie « Le Vif ». Nous tenons à le féliciter pour sa défense de l’enseignement technique.

Guy Martin
Guy Martin
Directeur général honoraire de l’enseignement et la formation de la Province de LIEGE

OPINION

07/06/16 à 10:25 – Mise à jour à 10:24

Au nom d’un enseignement commun (le mythe égalitaire du modèle Condorcet comme disent les spécialistes) les options techniques sont progressivement vidées de leur substance.

Le « Pacte d’excellence » pour l’enseignement est à l’ordre du jour. Apportera-t-il plus de démocratie ?

Non !

Pourquoi ?

Le pacte d’excellence propose un tronc commun jusque 15 ans pour développer l’école orientante fondée sur le modèle de CONDORCET . Le modèle de Condorcet (la même école pour tous) n’est pas un modèle égalitaire. Bien au contraire.

Nous sommes chacun SINGULIERS. Fort heureusement ! Nous avons des tailles différentes, des poids différents, des têtes différentes et … des aspirations et besoins différents.

C’est aussi la même chose dans l’apprentissage. Imposer un même programme à tous (avec les mêmes contenus et appris de la même manière) c’est refuser de respecter ces différences.

Or, celui qui a besoin pour apprendre de contenus « généraux » et utilisant le verbe n’apprendra pas mieux si on lui impose d’apprendre avec des contenus « techniques » et utilisant la main.

L’inverse est vrai aussi.

Dans l’apprentissage, à chacun selon ses besoins et ses désirs (l’équité) est plus efficace que à chacun la même chose (l’égalité).

Ce qui n’est pas acceptable c’est qu’une origine sociale détermine un mode de scolarité (général ou technique) qui entraîne en retour un destin socio économique. Ce qu’il faut refuser c’est que l’école soit un outil de la reproduction sociale.

Imposer à ceux qui ont besoin d’un enseignement articulé sur des contenus techniques et mis en pratiques avec la main, une forme d’enseignement organisée sur le modèle de l’enseignement général c’est les conduire à l’échec et renforcer aussi la reproduction sociale.

Car imposer un tronc commun jusque 15 ans organisé sur le modèle de l’enseignement général, c’est implicitement dire que l’enseignement technique est moins bon, qu’il ne développe pas autant l’intelligence que l’enseignement général. C’est faire d’une différence une déficience. Différent, c’est pas moins bien.

Il est vrai qu’à force de considérer différemment des personnes qui sont les mêmes elles finissent par devenir différentes, mais rien n’est plus injuste que de traiter de la même façon des personnes qui sont cependant différentes.

Nous voilà donc en Communauté française Wallonie Bruxelles engagés, dans un tronc commun pour tous les élèves jusque 15 ans.

C’est une erreur et une faute.

Une erreur pédagogique parce que tous les élèves n’ont pas les mêmes besoins.

Une faute politique parce que le tronc commun de l’enseignement secondaire sera organisé sur le modèle de l’enseignement général, dévalorisant ainsi la force et la portée de la culture technique essentiellement associée à la culture ouvrière.

Mais cela fait longtemps que cette réforme se prépare. J’exprimais souvent à Arnould Clausse, un des pères de l’enseignement rénové, que cet enseignement, tel qu’il avait été concrétisé, soutenait une « normalisation » des formes d’enseignement voulue par les riches au détriment des pauvres.

Cela fait longtemps en Belgique que dans l’enseignement technique, les cours de l’option groupée (c.-à-d. les cours techniques) sont réduits au profit de la formation commune ( les cours généraux).

Au nom d’un enseignement commun (le mythe égalitaire du modèle Condorcet comme disent les spécialistes) les options techniques sont progressivement vidées de leur substance.

C’est une FAUTE. Politique et pédagogique.

Politique parce qu’elle prive des enfants souvent issus de milieux modestes, mais pas exclusivement, d’une formation qui réponde à leurs besoins. Mais aussi parce que cette formation n’offre plus à la société les qualifications nécessaires.

Pédagogique parce que la recherche pédagogique a montré que nous n’apprenons bien que ce que nous agissons (learning by doing). On apprend autant avec les mains sur des choses techniques qu’avec la tête sur des contenus généraux.

Depuis que l’enseignement technique dépend du ministère de l’enseignement et est dirigé par des responsables issus de l’enseignement général (à quelques exceptions près, des fondamentalistes en quelque sorte qui n’y comprennent rien à l’enseignement technique) celui-ci est progressivement détruit. Pourtant, dans le discours officiel, l’enseignement technique est une priorité …

Double discours ou bêtise ?

Probablement les deux.

Mais cela est dû pour une part à un abus de pouvoir dont souvent notamment des membres du parti socialiste d’aujourd’hui sont complices . Elle se construit sur un processus de mystification dévalorisant.

Un des fondements de l’abus de pouvoir permettant l’exploitation des pauvres par les riches est le processus de mystification. Il comprend plusieurs catégories.

Le processus de mystification dévalorisant est l’arme privilégiée des riches. Cette arme est mise en place avec la complicité d’intellectuels à leur service pour faire croire aux pauvres que les différences sont des déficiences et que la pauvreté est une conséquence de leurs déficiences. Innéité, élite et mérite sont les concepts sur lesquels s’appuie ce processus de mystification dévalorisant. Il est d’autant plus difficile à comprendre et débusquer qu’il est devenu constitutif des structures cognitives de notre civilisation, comme le montre Bourdieu. Cette Représentation du monde va de soi. Elle habite l’ensemble des sujets percevants, fais partie de l’inconscient collectif et devient imperceptible. Elle est devenue évidente. Et comme c’est une évidence il est très difficile de la remettre en question. C’est le cas de tout élément constitutif de ce que Pierre Bourdieu appelle une révolution symbolique réussie. C’est du reste pour cela et par cela qu’il s’autodétruit progressivement. Il devient hégémonique et totalitaire n’est plus capable de s’adapter et est, par la nécessité de l’évolution, contraint de disparaître.

C’est le mythe de l’école commune fondée hélas sur le modèle de l’enseignement général organisée au départ de l’importance du Verbe qui tuera un enseignement d’excellence offrant à certains issus de milieux peu favorisés (mais pas uniquement) un enseignement qui les dévalorise et en fin de compte les pousse vers la révolte à l’égard d’une société qui ne veut d’eux que pour les exploiter.

Est-ce cela, l’école d’excellence que l’on veut, lorsqu’on est démocrate ?

Bye-bye Belgium

Nous sommes le 13 décembre 2006. Il est 19.30. Je regarde le journal télévisé de la RTBF qui est écourté par une édition spéciale réalisée en direct. Soudain, le présentateur lance une véritable bombe : le parlement flamand vient de décréter son indépendance . Les images et les commentaires plus surréalistes les uns que les autres nous montrent une population ébahie et des situations ubuesques.  Aussitôt, mon téléphone sonne et des connaissances surexcitées  me demandent si je suis bien branché sur la télévision de service public.

Incrédule, je passe sur la chaîne privée qui ne relaye pas l’événement. Je comprends dès lors qu’il s’agit d’un reportage-fiction. Il faudra attendre plus d’une demi-heure pour qu’une bande annonce défile sur l’écran et annonce qu’il s’agit d’une parodie, mais le spectacle continue jusqu’à ce que le studio soit plongé dans le noir, l’émission s’arrête. Un générique fin apparaît suivi d’un bêtisier qui laisse apparaître aux téléspectateurs qu’il s’agissait d’une fiction…

J’apprendrai par la suite que le scénario définitif du documentaire-fiction définitif avait été décidé au début du mois de septembre 2006.

C’était le 13 décembre 2006,  il y a 10 ans jour pour jour.

Après des discussions enflammées, la direction de la RTBF avait permis à l’équipe de Philippe Dutilleul  de réaliser ce reportage au vitriol. Le silence avait été bien gardé.

La même année, je rencontrai à Maison-Lafitte ce journaliste iconoclaste qui me dédicaça son livre par ces mots : « Cher Paul, Une bonne lecture pour un ouvrage qui, je l’espère, va vous ouvrir les yeux sur les défis que doit relever la Belgique et sa dimension séparatiste ».

Qu’en est-il 10 ans après ?

Selon mes sources, excédé par l’aveuglement wallon, par l’ego surdimensionné de rattachistes et par le manque de volonté de voir travailler ensemble celles et ceux qui devraient réfléchir à l’avenir de la Wallonie,  Philippe Dutilleul, devenu réunioniste,  a quitté sa Picardie et coule des jours heureux dans le Sud de la France.

Plus que jamais, la Flandre domine la Belgique. Nous pouvons dire que nous vivons en Flandre belge. Les médias de Wallonie, mais surtout de Bruxelles, sont plus que jamais frileux et nous servent du belge à tout moment. La population « francophone » est conditionnée à l’amour de la monarchie et à une Belgique fédérale où tout irait pour le mieux si la terrifiante N-VA ne dictait sa loi.

Quant aux dirigeants Wallons, ils pratiquent la méthode Coué : « la situation s’améliore dans tous les domaines ».

Je voudrais que cela soit vrai, mais Philippe Destatte, Directeur de l’Institut Jules Destrée déclarait le 29 octobre 2015 : « la Wallonie n’a toujours pas décollé ».

De même, Jules Gazon, professeur émérite d’économie de l’ULG  doit bien conclure ses travaux par : « Le hasard des chiffres montre qu’une Wallonie privée des transferts nord-sud (évalués à 6, voire à 14 milliards d’euros par la Flandre selon les domaines envisagés) devrait assumer un déficit public par rapport à son PIB supérieur à celui de la Grèce en 2009. L’effort demandé aux Wallons serait d’une telle ampleur qu’il en résulterait un climat insurrectionnel. »

De son côté, le politologue Pierre Verjans reconnaissait récemment la gravité du moment. Il  nous révélait  que lors de colloques singuliers noués avec de nombreux politiciens wallons sur l’avenir de notre région, l’hypothèse de l’intégration de la Wallonie dans la République française était formulée très fréquemment parmi d’autres solutions.

Dès lors, la sagesse n’est-elle pas d’étudier sérieusement le projet d’ INTEGRATION-AUTONOMIE développé par Jacques Lenain et avalisé par l’éminent constitutionnaliste Didier Maus. Comme l’explique Jules Gazon : « Le PIB de la France ‘augmenté’ de la Wallonie serait égal à 24 fois le PIB wallon. L’amplitude des effets en termes de déficit public et de dette publique par rapport au PIB serait divisée par 24. Elle serait marginale ».

Ce projet d’INTEGRATION-AUTONOMIE PERMETTRAIT A LA WALLONIE D’AVOIR UN ARTICLE QUI LUI SOIT SPECIALEMENT CONSACRE DANS LA CONSTITUTION FRANCAISE pour qu’en sortent renforcées ET la France ET la Wallonie dans le respect de l’héritage wallon.

Qu’attendent les centres d’études des partis politiques de pouvoir pour mettre  ce projet sur la table sans tabou ?

Paul D.

Le bois, une branche d’avenir

Et en Wallonie, pays riche de ses forêts, où en sommes-nous, toute proportion d’échelle gardée bien entendu ?

Voici encore un domaine où l’union de la France et de la Wallonie pourrait à la fois renforcer ET la France ET la Wallonie.

Mais au fait, possède-t-on en Wallonie les chiffres qui nous situent où nous en sommes dans la bonne gestion des forêts wallonnes ?

Nord Pas-de-Calais
Le bois, une branche d'avenir
La France est la quatrième nation forestière de l’Union européenne en superficie.
Avec 60 milliards d’euros de chiffre d’affaires, l’exploitation de la forêt et les industries du bois constituent un secteur majeur de l’économie française.
Forte de 440 000 emplois directs et indirects, la filière bois est riche d’une diversité de savoir-faire présents sur l’ensemble du territoire et regroupant 60 000 entreprises qui cultivent, coupent, transportent, transforment, commercialisent et recyclent le bois. De la gestion et l’exploitation de la forêt jusqu’à la mise sur le marché des produits issus de la transformation du bois, la création de valeur est constante : sociétale, environnementale et économique.…

Marie-Sophie Lacarrau vous emmène au cœur des forêts françaises. Et vous allez voir leur incroyable potentiel… Cap sur les dernières innovations du secteur, des plus folles aux plus tendances, les solutions alternatives ou comment dépenser moins et mieux, les essences de bois qui valent de l’or ou le grand boom des vacances 100% nature qui séduisent de plus en plus de touristes.

Vous découvrirez ceux et celles qui ont bien compris que le bois français était bel et bien la fibre du futur.

Magazine présenté par Marie-Sophie Lacarrau

Là où bat le cœur de l’économie

À voir également sur internet !

france3.fr

Paul Magnette répond au courrier d’un de nos membres

Le 8 décembre 2016 à 14:04, Paul Magnette <Paul.Magnette@gov.wallonie.be > a écrit :

Cher Monsieur,
 
Votre courriel m’est bien parvenu et n’a pas manqué de retenir mon attention.
 
La thématique que vous évoquez relève du Gouvernement fédéral qui, comme vous le savez sans doute, exerce la compétence en la matière. Je puis néanmoins vous apporter les éléments d’information suivants.
 
La correction des frontières découle des travaux réalisés pour redresser le cours de la Meuse et favoriser sa navigation en aval de Liège. Il avait, en effet, résulté de ceux-ci la formation de petites îles sur les rives de part et d’autre du fleuve. Ainsi, un morceau de territoire belge se trouvait situé sur la berge néerlandaise et, inversement, un morceau de territoire néerlandais se trouvait situé du côté belge des rives.
 
La correction a donc visé à faire re-coïncider la frontière avec la Meuse, ce qui s’est traduit par la cession de quatorze hectares au Pays-Bas et de trois hectares à la Belgique, plus particulièrement à la Wallonie et la commune de Visé.
 
Au-delà d’un retour à la cohérence du tracé, il s’agissait de régler une question de maintien de l’ordre public, notamment en matière de lutte contre le trafic de drogue, par la clarification de la juridiction sur les ilots.
 

Espérant vous avoir éclairé utilement, je vous prie de croire, cher Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Paul Magnette

Un membre de notre mouvement du groupe « confidentialité » (voir l’onglet CONTACT/DEVENIR MEMBRE) avait écrit ce qui suit :
 
Messieurs les Gouvernants de Wallonie,
Parmi les nombreux accords bilatéraux qui seront signés entre les Pays-Bas et la Belgique figure aussi la cession aux Pays-Bas de 14 hectares de territoire wallon et ce sans contrepartie.
Quel est le représentant politique wallon qui va s’élever contre cette spoliation de notre territoire ?
POURQUOI CE CADEAU GRACIEUX ?
Une question à M. Magnette : la Flandre aurait-elle accepté de céder 11 hectares de son territoire sans concession ? Poser la question est y répondre !!!
De plus, il est à noter que ces 11 hectares sont d’un intérêt scientifique certain au niveau de l’ornithologie, sans parler d’un intérêt touristique certain. Je puis en parler en connaissance de cause ayant habité à Visé durant une dizaine d’années.
 
Paul Durieux

La Flandre prend bien le pouvoir…

Les révélations de Paris Match parues en mai dernier se confirment et se renforcent à travers un nouvel état des lieux !

Dans sa dernière édition, l’hebdomadaire inventorie les postes de diplomates, magistrats et hauts représentants occupés par des Belges dans les principales organisations internationales. Sa conclusion est qu’avec 15 postes sur 21 attribués à des néerlandophones, la Flandre monopolise la représentation internationale de la Belgique. Parmi les six fonctions restantes dévolues aux francophones, seules quatre (OTAN, Conseil de l’Europe, Cour de Justice de l’Union européenne, Banque centrale européenne) sont de premier plan selon Paris Match.

Le magazine avait déjà consacré en mai dernier un large dossier à la « flamandisation » de l’appareil public en dénonçant une mainmise flamande sur les organes de sécurité et les fonctions d’autorité de l’Etat. Interrogé par Paris Match, le député CDH Georges Dallemagne déplore la marginalisation des francophones tant au plan national qu’international. « Il n’est plus possible de se retrancher derrière l’ignorance ou la naïveté », souligne le parlementaire fédéral.

Selon lui, « il y a une volonté de préserver la Pax Belgica au prix d’une représentation illégitime et déséquilibrée de notre pays à l’étranger ». Et de conclure: « Le désintérêt global du monde politique francophone (pour ce sujet) est d’autant plus incompréhensible que, depuis quelque temps, Bart De Wever est sorti du bois. Il n’hésite plus à exposer sa stratégie, qui consiste à mettre l’Etat fédéral et sa représentation extérieure au service des intérêts flamands. »

Jacques Lenain

Note de l’AWF : ceci ne fait que confirmer ce que notre mouvement citoyen exprime depuis sa création.

Il ne suffit pas pour nos femmes et hommes politiques de faire un état des lieux, mais de passer à l’action. N’y aurait-il que le nord de la Belgique qui puisse parler du communautaire ?

Nous retenons la récente déclaration d’ Isabelle Durant, députée écolo : « au fédéral, sur mille dossiers, mille sont communautaires ». Par cette déclaration, Madame Durant  exprimait très bien que chaque dossier traité au fédéral comportait ne fut-ce qu’une touche communautaire. Dans ces conditions, que signifie encore le groupe commun « Ecolo-Groen » qui, selon les derniers sondages profite à Groen, mais non à Ecolo ?

Comment réagir à cette situation ?   En rejoignant l’AWF !

Le jour où notre mouvement citoyen réunira des milliers de membres à proclamer que nous voulons que l’injustice belge se termine, nos représentants politiques se verront dans l’obligation de quitter leurs discours pour agir.

L’école, un centre de triage ?

Lettre envoyée à Pierre Bouillon, journaliste

Pourquoi tant de simplisme pour expliquer le désolant classement de la Communauté Française Wallonie-Bruxelles après cette énième enquête Pisa ? Car il s’agit bien de simplisme intellectuel quand on prétend expliquer un phénomène aussi complexe par une cause unique comme le triage des forts et des faibles conçu et organisé par notre système scolaire.

Tout au long de ma formation, en histoire et en sciences politiques, j’ai appris que tout phénomène social ne pouvait s’expliquer qu’en termes d’analyse multi–variée et j’ai la conviction que les causes de la déglingue scolaire sont multiples, à la fois internes (la « boîte noire » de la motivation et de l’autonomie des acteurs, les démarches méthodologiques (quels apprentissages de la lecture et avec quelle efficacité, quelles manipulations mathématiques et pendant combien de temps… ?) et externes (les ressources allouées, la valorisation du travail intellectuel, et donc de l’effort, dans une société où prime le rendement immédiat, l’engagement parental en faveur de la culture…).

Comment expliquer pareille posture intellectuelle, sinon par une idéologie : celle de l’infrastructure marxisante qui privilégie la notion de classe sociale pour expliquer la société.

Le monde est plus complexe, M. Bouillon ! Et l’école aussi quand on la connaît de l’intérieur, quand on évite de la reconstruire en fonction de son histoire personnelle.

Ni l’intellectuel, ni le journaliste ne devraient se satisfaire d’une posture aussi réductrice.

Bien à vous,

Jean-Luc Lefèvre

Directeur d’écoles normale et secondaire en retraite

« Marianne » et Pisa

Ci-dessous, un article de Marianne que nos « responsables » devraient lire avant de décider,  j’en retire notamment

1) « la recherche de corrélations n’est qu’un premier pas, très insuffisant, vers l’imputation causale » : enfin, quelqu’un qui se rappelle de ses cours de statistiques et qui n’est donc ni incompétent, ni malhonnête;

 2) mise en garde contre la tendance à  aller piocher l’une ou l’autre mesure dans un pays « plus efficace », en dehors de tout contexte global (« il est vain de vouloir emprunter des éléments isolés, qui perdent de leur sens hors de leur contexte ») : que celles et ceux qui veulent emprunter au système finlandais l’idée du non-redoublement imposé et généralisé lisent cet article;

3) mise en évidence de biais dans la méthode : dès les premiers résultats PISA, j’avais écrit un article mettant en évidence le « caractère anglo-saxon » des démarches qui sous-tendent le questionnement des élèves.

Jules Jasselette, Echevin de l’Instruction honoraire à la Ville de Liège

Tribune dans l’hebdomadaire « Marianne »

Ecole : sachons faire bon usage du classement PISA

Par Charles Hadji, Professeur émérite (Sciences de l’éducation), Université Grenoble Alpes

Quels qu’ils soient, bons ou mauvais, il n’est pas possible d’ignorer superbement les résultats d’une enquête telle que PISA…

Sur The Conversation, Marie Duru-Bellat a consacré une analyse très pertinente aux problèmes de « lecture » des résultats des enquêtes PISA. Un lecteur a cru y déceler une « hâte » suspecte à « désamorcer » les résultats annoncés ce mardi 6 décembre 2016.

Cette hâte manifesterait la crainte de la vérité, et le désir de cacher le fait « qu’en France on ne sait plus enseigner ». Marie Duru-Bellat dénonçait un risque de « dérapage » dans une interprétation précipitée. Monsieur Jeanneret dénonce un risque d’affadissement, voire de déni, des résultats eux-mêmes. Ces deux risques sont-ils réels ? Qu’y a-t-il le plus à craindre ?

Des données pleines d’enseignement

Il est clair que la politique de l’autruche est condamnable. Quels qu’ils soient, bons ou mauvais, il n’est pas possible d’ignorer superbement les résultats d’une enquête telle que PISA. Certes, celle-ci souffre de quelques imperfections, que Marie-Duru-Bellat rappelle à juste titre, et qui avaient déjà été pointées, entre autres, par Julien Grenet dans Le Monde en 2013.

On peut retenir l’existence de biais culturels (familiarité avec le type d’exercices et de questions) ; l’importance des marges d’erreur inhérentes à une enquête portant sur des échantillons ; et enfin le fait que tous les jeunes de 15 ans ne sont pas concernés, alors que les situations scolaires des jeunes touchés varient selon les pays.

Cela fragilise le palmarès, mais n’enlève rien à la richesse des données recueillies, ni à l’intérêt de la périodicité régulière du recueil d’informations, qui rend possible le constat d’évolutions.

À cet égard, il faut bien reconnaître que, de 2000 à 2012, la courbe (descendante) des résultats des jeunes Français ne s’est pas inversée, bien au contraire ! Tous les 3 ans, on peut faire le même, et très préoccupant, constat : la France décroche, et s’enfonce, tandis que les inégalités scolaires s’accroissent. Refuser de voir cette réalité constituerait bien un inadmissible déni, pouvant faire suspecter que l’on veut cacher quelque chose. Par exemple, sa part de responsabilité dans les mauvais résultats…

Comparaison n’est pas raison

Que peuvent faire d’utile ceux qui voudraient dépasser le stade des lamentations ?

Deux voies, complémentaires, se présentent :

1. essayer de comprendre comment on en est arrivé là (repérage et analyse des erreurs commises) ; identifier d’éventuels facteurs d’amélioration. La première voie conduit à approfondir l’analyse de la situation française, pour voir ce qui « cloche » ; la seconde, à rechercher ce qui marche ailleurs, dans les pays les mieux classés. Dans les deux cas, il faudrait pouvoir établir des relations de causalité.

2.  Dans le second cas, par exemple, comme Marie Duru-Bellat l’a souligné, il est vain de vouloir emprunter des éléments isolés, qui perdent de leur sens hors de leur contexte. Car il faudrait tenir compte de la globalité et de la complexité des situations.

De plus, les pays obtenant les meilleurs résultats (exemples, la Corée du Sud et la Finlande en 2009), peuvent avoir des « politiques éducatives » très différentes, voire opposées (pression et sélection d’un côté, patience et accompagnement de tous de l’autre). Que choisir : régime sévère et rythme d’enfer, ou bien vision positive et responsabilisation de l’élève ? Et quand Shanghaï prend la tête en 2012, faut-il vouloir transformer les écoliers français en bourreaux de travail, et les soumettre à une « ubuesque docilité » de type chinois ?

Comment fonctionne l’enquête PISA ? (OCDE, 2016).

La tentation du patchwork

Ce qui est à craindre est donc bien, ici, la précipitation naïve qui conduirait à faire son marché en piochant dans le magasin universel de ce qui semble avoir réussi, comme si toutes les pratiques étaient interchangeables. Une mise en garde contre le risque d’une recherche superficielle et précipitée de pratiques efficaces était salutaire.

Emprunter la première voie place devant le même problème. Il faudrait pouvoir repérer, sinon, dans l’idéal, des réseaux, du moins quelques lignes indiscutables, de causalité. Une première étape sera la mise en évidence de corrélations entre deux variables. Par exemple, les résultats des élèves, et : leur origine socio-économique ; l’implication des parents ; le type de logement occupé par la famille ; la durée de la journée d’école ; le niveau des dépenses consacrées à l’éducation ; la qualité des enseignants ; la durée et le niveau de leur formation.

Mais, pour que la corrélation prenne du sens, il faudrait la situer dans un contexte politique et social concret. En observant, par exemple, que le salaire des enseignants est en recul, en France, depuis 1995. Ou que leur formation a été supprimée sous le quinquennat Sarkozy !

Mais, pour intéressante qu’elle soit, la recherche de corrélations n’est qu’un premier pas, très insuffisant, vers l’imputation causale. Car d’une part elle ne relie le plus souvent que deux variables seulement. Et, d’autre part, elle n’est nullement gage de causalité.

Une troisième variable, ou (plus vraisemblablement) un réseau de variables, peuvent être à l’œuvre derrière la corrélation mise en évidence. Ce qui est à craindre à ce stade est donc la croyance selon laquelle une variable reliée par corrélation à une autre est ipso facto cause de cette autre. Et de conclure trop vite (autre précipitation coupable) que l’on a trouvé la cause de ce qui cloche.

Relier le transversal et le longitudinal

La recherche des causes exigerait une identification des dynamiques éducatives à l’œuvre dans la durée. Il faudrait pour cela, comme l’écrit Duru-Bellat, pouvoir relier le transversal – les résultats d’une enquête – et le longitudinal – des séquences temporelles entre les variables. Ce qui est d’autant plus grave que cette recherche s’effectue le plus souvent en tenant pour causes possibles des réalités aussi larges que floues, comme l’école, les « politiques éducatives », le « savoir enseigner » (« on ne sait plus enseigner… »), voire l’action (à coup sûr néfaste) des « pédagogistes ».

Ce que l’on peut redouter le plus est donc bien finalement que l’on tombe dans une lecture partisane des résultats de l’enquête. Ce risque devient majeur quand l’on veut interpréter les données produites en recherchant des causes dans l’axe d’un questionnement sur les responsabilités. C’est alors la porte ouverte à tous les raccourcis, et à toutes les interprétations sauvages, dans des grilles de lecture imprégnées d’idéologie.

Personne n’est à l’abri. Ni, certes, ceux qui voudraient gommer leur part de responsabilité. Ni, plus encore, ceux qui verraient là une occasion de terrasser leurs ennemis intimes. Comme, par exemple, ceux qui entonneront à pleins poumons le petit air que fredonnent déjà les pourfendeurs des « assassins » de l’école (qui, soyons-en sûrs, se sentiront revigorés par les résultats de l’enquête PISA) :

« Si ça ne va pas mieux

C’est la faute à Meirieu

Si l’on tend vers zéro

C’t’à cause des pédagos ! »

Charles Hadji, Professeur émérite (Sciences de l’éducation), Université Grenoble Alpes

Note de l’AWF : le raisonnement de Charles Hadji ne s’applique-t-il pas aussi à la Wallonie ? 

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde