Comparaison

Rappelons tout d’abord que le département en France est l’équivalent de la province en Wallonie.

Indemnités de fonction des élus des conseils départementaux

Les indemnités maximales votées par les conseils départementaux pour l’exercice effectif des fonctions de conseiller départemental sont déterminées selon le barème suivant (article L. 3123-16 du CGCT) :

POPULATION DÉPARTEMENTALE (nombre d’habitants) et INDEMNITE BRUTE (en euros)

Moins de 250 000  h : 1 520,59 €

De 250 000 à moins de 500 000 h  : 1 900,73 €

De 500 000 à moins de 1 million d’h : 2 280,88 €

De 1 million à moins de 1,25 million d’h  : 2 470,95 €

Plus de 1,25 million d’h : 2 661,03 €

Selon l’article 3123-17 du CGCT et à l’exclusion de toute autre possibilité de majoration :

– L’indemnité de fonction votée par le conseil départemental ou par le conseil de Paris pour l’exercice effectif des fonctions de président de conseil départemental est au maximum égale au montant de l’indice brut 1015, majoré de 45 % (soit 5 512,13 €) ;

– L’indemnité de fonction de chacun des vice-présidents ayant délégation de l’exécutif du conseil départemental ou du conseil de Paris est, dans les mêmes conditions, au maximum égale à l’indemnité maximale de conseiller, majorée de 40 % ;

– L’indemnité de fonction de chacun des membres de la commission permanente du conseil départemental ou du conseil de Paris (autres que le président et les vice-présidents ayant délégation de l’exécutif) est, dans les mêmes conditions, au maximum égale à l’indemnité maximale de conseiller, majorée de 10 %.

Dernière modification : 29/09/2016

Ce qu’en dit le GERFA

Le Groupe d’étude et de réforme de la fonction administrative mieux connu par son appellation abrégée Gerfa est une asbl de réflexion née en 1981 à l’initiative de fonctionnaires belges remettant en cause le fonctionnement de la fonction publique belge, principalement pour son absence de transparence et pour la politisation de sa gestion orchestrée par les partis politiques.

Le Gerfa est devenu une organisation syndicale agréée en 1990 afin de se défendre juridiquement et de défendre ses affiliés. Il poursuit ses objectifs en agissant notamment pour ses affiliés auprès du Conseil d’État, du Tribunal du travail ainsi que devant la chambre des recours prévue uniquement pour les fonctionnaires statutaires qui se verraient octroyer une évaluation négative obtenue dans le cadre du système d’évaluation notamment dénommé « cercles de développement » au niveau du pouvoir fédéral.

Les autres moyens d’action du Gerfa sont :

  • Son site internet www.gerfa.be
  • Sa revue dénommée Diagnostic, éditée mensuellement sauf durant les mois de juillet et d’août

À l’heure actuelle le Gerfa n’est pas une organisation syndicale dite représentative. Voir : représentativité syndicale en Belgique.

Le Gerfa est une organisation fondamentalement indépendante et pluraliste, défendant les fonctionnaires d’expression française de tout parti politique et de toute appartenance religieuse.

Le Gerfa ne perçoit et ne demande pas de subside. En effet, le Gerfa est non subsidié et déclare ne pas vouloir l’être afin de garantir sa totale indépendance 1

Les revenus du Gerfa proviennent donc :

  • des dons et cotisations de ses membres;
  • de ses honoraires pour son service d’assistance juridique pour les recours individuels ou collectifs;
  • d’activités de formation et/ou de la vente de ses « cahiers de formation permanente ». (Wikipédia)

 

COMMUNIQUÉ AFFAIRE PUBLIFIN : LES DIX MESURES INDISPENSABLES DU GERFA

LES VRAIS REMÈDES DONT MAGNETTE ET PRÉVOT NE PARLENT PAS OU PEU

Comment en est-on arrivé là ? Le GERFA dénonce les pratiques particratiques depuis les années ’80 (1), époque de la fédéralisation du pays et de création des entités francophones, Région wallonne et Communauté française.

La machine partisane a pourtant continué. Force est de constater que le PS, le CDH et le MR étaient les acteurs de cette politisation à grande échelle.

Mais l’administration n’a pas constitué l’unique terrain de jeu. En effet, le lotissement de la société francophone est allé de pair avec la multiplication des ministres et celle tout aussi importante des cabinets. Il est bien évident que cette multiplication de structures partisanes allait entrainer l’amplification du clientélisme ambiant, la multiplication des mandats de toutes sortes et la neutralisation de tous les contrôles et contre-pouvoirs existants ou nouvellement créés.

Le système particratique absolu a donc remplacé le système démocratique dont il était issu. Car, qu’on ne se trompe pas, ce n’est pas le système démocratique en tant que tel qui doit être critiqué, mais bien la prise de pouvoir par des structures privées, les partis, qui ont confisqué aux organes élus leurs prérogatives et qui ont remplacé l’intérêt général par l’intérêt partisan. C’est ce mécanisme de dévoiement qui doit être dénoncé.

Le système de représentation proportionnelle qui consiste à faire contrôler les opérateurs de services publics par des mandataires a complètement dérivé et le contrôle démocratique imaginé s’est mué en arrosage d’apparatchiks parasitaires de base qui se sont octroyé des prébendes pour des fonctions qu’ils n’exercent quasi pas, ou plus !

Ce système était largement connu et les cris d’orfraie des partis traditionnels (PS en tête) n’impressionnent guère, puisqu’ils en sont à l’origine, qu’ils en sont les architectes et qu’ils en perçoivent des dividendes évidents et parfois très confortables par le biais de ristournes à la caisse du parti.

Devant les révélations de PUBLIFIN, le PS et le CDH ont prétendu prendre le taureau par les cornes en établissant toute une série de nouvelles règles de limitation, alors qu’au cours des dix dernières années, ils n’ont pas été capables de les imposer à leurs mandataires pris maintenant la main dans le sac. Pire, ils connaissaient les pratiques mais préféraient les ignorer tout en percevant les dividendes.

Mais ces mesures sont clairement insuffisantes, car elles laissent subsister un complexe politico-partisan surdimensionné qui continue à prélever son pourcentage sur les recettes publiques au détriment de l’intérêt général et du fonctionnement des institutions démocratiques.

Il faut porter le fer là où les métastases du système partisan se développent le mieux.

C’est la raison pour laquelle le GERFA propose dix mesures concrètes et précises (2), pour rendre la gestion efficace, transparente et rétablir la confiance du citoyen :

1. Il faut réduire le nombre de ministres en Région wallonne et en Communauté française et privilégier le système de double casquette, notamment pour la présidence, le budget et la fonction publique.

2. Le nombre de cabinets ministériels doit être réduit proportionnellement et le nombre de membres par cabinet doit être réduit à 25 unités maximum ; les noms des 25 collaborateurs doivent figurer en toute transparence sur le site des entités concernées.

La liste des fonctions et mandats publics ou privés, rémunérés ou non, détenus par les membres de cabinet doit également être rendue publique.

Il faut interdire les cabinets dans les communes et les provinces.

3. Le cumul entre la fonction de ministre et de bourgmestre (empêché ou non) doit être interdit ; ce tabou concerne MAGNETTE et PRÉVOT qui cumulent un mandat ministériel avec la responsabilité de Charleroi et de Namur !

Ce système est doublement malsain : un ministre doit consacrer son temps prioritairement à son mandat ; ce cumul accrédite l’idée –par ailleurs juste- que ces villes peuvent faire l’objet d’un traitement de faveur.

4. Il faut s’interroger sur la structure des intercommunales et sur leur nécessité. En effet, dans de nombreux cas, une régie communale, provinciale ou un organisme d’intérêt public régional serait plus adapté et éviterait de nombreux coûts parasitaires.

5. Il faut également porter le fer dans les communes et réduire le nombre d’échevins des grandes villes et des villes moyennes. Une équipe de quatre-cinq échevins est amplement suffisante.

6. Il faut remettre en question le fonctionnement des provinces, réduire les salaires des députés provinciaux (qui dépassent celui d’un ministre) et leur interdire tout cumul rémunéré à l’intérieur des structures intercommunales ou autres qui leur sont liées.

7. Il faut réformer de fond en comble le recrutement dans les communes et les provinces et confier la sélection à un organisme indépendant.

8. Les commissions d’accès aux documents administratifs doivent disposer d’un pouvoir de décision (et non d’un simple pouvoir d’avis) susceptible de recours au Conseil d’État et pouvoir ordonner à l’autorité administrative la communication des pièces demandées.

9. Le GERFA préconise la création d’une chambre des comptes régionale. Cette institution remplirait au niveau régional le rôle de la Cour des comptes, en vue d’un contrôle systématique des finances des provinces, des communes, des intercommunales et des ASBL subventionnées et devrait bénéficier des mêmes garanties d’indépendance et de compétence que celle-ci.

10. Pour éviter ou réduire la perception de l’impôt des personnes physiques sur leurs rémunérations, certains mandataires d’intercommunales ont créé des sociétés. Pour interdire ce genre de pratique, il ne suffit pas de la dénoncer car elle n’est pas illégale en soi. Il faut donc prévoir expressément que les émoluments publics ne peuvent être versés qu’aux personnes physiques bénéficiaires. A défaut, le système continuera de plus belle et les mandataires ingénieux continueront leurs petits montages avantageux visant à éviter la perception juste de l’impôt sur les personnes physiques.

Ces réformes urgentes sont nécessaires si on veut retrouver un système de représentation à la fois proportionné et responsable et qui ne doit viser que la promotion de l’intérêt général. Il est temps qu’elles soient mises en œuvre !

LE BUREAU DU GERFA

15 février 2017

(1) Celles-ci sont cependant antérieures et sont intimement liées à la constitution des piliers belges, socialiste, social-chrétien et libéral, alliant partis, syndicats et mutuelles.

(2) Mémorandum du GERFA ,avril 2014, http://www.gerfa.be

Un peu de vérité ne fait pas de mal

Jean-Luc Lefèvre s’adresse à la rédaction de la Libre à propos de son article intitulé « Mandats des députés provinciaux ».

Un inventaire éclairant, certes, mais trop personnalisé dans la mesure où, ainsi présenté, il cible des personnes.

Par province, les cumuls de mandats rétribués se situent dans les provinces rurales, notamment Namur (un mandat sur deux !) et dans le Luxembourg (36%). Le Hainaut est à la traîne (16,48%) et Liège est au milieu du peloton (30,93%).

Par parti, le M.R. est plus concerné (33,79%), avec un P.S. comme largué (27,39%) et un CdH au…centre de l’échiquier (30%).

Conclusion : ce ne sont pas des têtes qu’il convient de faire tomber, mais ce système qui profite aux plus riches… qui ne sont pas ceux que l’on croit, comme le P.S. (157 mandats au total) et la ceinture rouge du sillon Sambre-et-Meuse !

 Jean-Luc Lefèvre, Historien et « Spectateur engagé » (R. ARON)

Commission d’enquête Publifin

 A Madame Olga Zrihen,

J’apprends la composition de cette commission dont vous faites partie selon l’Avenir, ce media qui a osé craché dans l’infâme potion de ses actionnaires de haut « vol ».

Hasard ou nécessité ? Peu de Liégeois  dans cette commission d’enquête en effet, c’est un euphémisme, et cela en dit long sur l’épidémie de grippe grégaire qui s’est abattue sur l’ancienne principauté ! La nécessité, sans doute aussi, d’un dosage très pharmaceutique…

Il n’empêche. A la différence des comités de secteur de Publifin, il n’est pas question pour vous de faire de la figuration.

Pas de figuration, c’est d’abord pouvoir résister à une stratégie très prévisible qui consistera à ne voir dans les dérives labellisées Publifin qu’une spécificité, une tare peut-être, des seuls principautaires. S’agissant de résistance, je fais confiance à tous les  commissaires luxembourgeois, ardennais de souche, quel que soit leur pedigree politique, pour être de fidèles héritiers des Chasseurs à la hure.

Pas de figuration, c’est aussi – l’historien ne peut se taire en cette matière– être capable de situer les faits dans leur contexte exact. Celui, institutionnel, de l’intercommunalité et celui, idéologique, cher à feu (politiquement !) P. FURLAN, de la supra–communalité, deux domaines  volontairement escamotés (les « fédérations » de communes) par J. MICHEL au profit des seules fusions de communes vers 1970.

Pourquoi ? Parce que, comme J. FANIEL du Crisp, je crois que ces intercommunales couvent à feu très doux, comme des spin off,  et donc permettent  les dérives du style Publifin. Elles échappent à tout contrôle démocratique et autorisent toutes les oligarchies financièrement intéressées. Sans doute ce n’est-il pas, dans les faits, le cas partout, mais la porte est partout ouverte où peuvent s’engouffrer les candidats-malfrats.

Le champ des compétences des intercommunales n’a-t-il pas été exclu du domaine d’interpellation citoyenne par le Code de démocratie locale ? Heureuse vigilance du ministre des pouvoirs locaux de l’époque pour exonérer les Publifinistes de tous poils de toute démarche dérangeante ?

En conclusion : si l’affaire Publifin pose de bonnes questions en termes de mandats et de rétributions, mais trop aguichantes pour le citoyen lambda épris de « concret »,  elle doit aussi mettre en question, même si c’est moins « porteur » pour lui comme pour vous, l’absence totale de contrôle citoyen sur les intercommunales.

Seul un échevin de Olne est ici à féliciter : tous les autres mandataires, tant provinciaux que communaux, se sont tus… et cela en dit long sur un état d’esprit qu’il vous appartient aussi de mettre au jour : l’absence de curiosité intellectuelle, la paresse, peut-être, la complicité plus ou moins active, pour des raisons plus ou moins convaincantes, plus ou moins intéressées (ma place sur la liste au prochain scrutin)…

Bon travail !

J. L. Lefèvre

Une autre gouvernance est possible !

Par Paul Mélot

Des mandataires, surtout socialistes, mais aussi MR et CDH ont très gravement fauté, mis à mal l’éthique politique, créant un dangereux populisme, et doivent donc partir.

Mais, parce que le PS a des responsabilités historiques en Wallonie, il devrait être le premier à revenir à plus de modestie, plus de partage, aucun clientélisme, aucun affairisme… Si tel devait être le cas, gros à parier que les autres partis suivraient, reprenant par ailleurs nombre d’idées déjà émises anciennement par Ecolo ! 

Le premier qui osera sera celui qui sera le plus pardonné aux yeux de l’opinion publique, pour autant que les décisions internes, d’abord, externes ensuite, soient claires, justes, justifiées, précises, sans compromis possible.

Quelques idées-maîtresses: 

    – le mandataire est instrument de parti, pas dirigeant de parti !

    – dans l’absolu, un homme = un mandat

    – interdiction totale de cumuls bourgmestre, échevin, président de CPAS / député

    – limitation de la durée des mandats 

1) Un parti est un moyen d’accès au pouvoir décisionnel pour améliorer ce qui doit l’être pour l’individu, la société, le cadre de vie, l’économie. Le mandataire n’a d’autre rôle qu’un passeur de contenu, une fois arrivé au pouvoir, ce pouvoir étant partagé démocratiquement entre majorité et opposition. La mandataire de droit divin n’existe pas ! Le mandataire exécute les décisions de ses mandants. Les fonctions de président, de secrétaire, de trésorier des sections politiques, à quelque niveau que ce soit, ne peuvent être exercées par des mandataires !

2) Un homme, un mandat. Deux, trois, peut-être ? Selon les circonstances à établir, tout mandat secondaire dérivé de sa fonction (par exemple, siéger dans une intercommunale est bien le rôle du conseiller, de l’échevin, du bourgmestre, du président de CPAS) n’est dévolu que par la Loi. Ils sont en effet les rapporteurs des décisions communales et comptables de leurs actes devant les mêmes instances.  Il en découle que tout autre mandat doit être exercé par des  non-mandataires, comptables de leurs actions devant leur parti.

3) Nulle femme, nul homme n’a le don d’ubiquité et la journée n’a que 24 heures ! Gérer une commune, célébrer des mariages est un « métier ». Gérer une région, un pays, un autre ! Compétences et vision sont bien différentes. Personne ne me fera croire que parce qu’on est bourgmestre ou échevin, on détient la compétence ! C’est de plus nier le réservoir d’intelligences qui existent dans chaque parti. C’est par ailleurs offenser les militants que de s’autoproclamer et s’ériger en seuls capables de fonctions supérieures !  Les partis feraient bien d’être également novateurs en la matière…

4) En fonction de ce qui précède et selon le degré d’adhésion à ces principes simples et élémentaires de gouvernance exclusivement à l’égard du PS:

  – Di Rupo, Demeyer,… , qui n’ont pas voulu/pu/faire émerger l’éthique à son niveau le plus élevé doivent être remplacés.

  – Les bourgmestres, échevins, présidents de CPAS actuellement en exercice accomplissent donc leur dernier mandat de cumul. Lors des prochaines élections communales, provinciales, régionales, fédérales, il leur appartiendra de choisir.

  – Bien entendu, les corrupteurs/ corrompus  (Gilles, Mathot, Moreau…) doivent prendre la porte.

  – Les complices, « bande des cinq liégeois » doivent rendre des comptes: personne n’est dupe de leur complicité d’avoir mis en place/accepté le système en partageant le fromage, ceci dans un parfait équilibre de la « terreur » entre eux.

5) Ce n’est qu’en décrétant fondamentalement, en interne aujourd’hui, demain sans doute en externe, une vraie révolution et qu’en se posant en exemple de gouvernance que le PS pourra regarder en face son électorat et par devers lui, le citoyen. Dans son « malheur », le PS a cette « chance » unique et qui ne se renouvellera pas, de faire face, sans faille, sans détour, s’il le veut, s’il le peut, s’il n’est déjà pas trop tard…

6) Tout ceci s’applique évidemment aux autres formations politiques, on l’aura bien compris. 

7) Il n’empêche qu’en matière de gouvernance, on doit  aussi s’interroger sur le sort des provinces, du sénat-croupion, du regroupement des TEC, des intercommunales en fonction de leurs sphères d’actions… sources de nombre d’économies importantes au bénéfice des citoyens ! Persiste et signe: les intercommunales doivent subsister !

Le dynamisme de l’Afrique francophone

Quand la dissimulation est à sens unique

Par Jean-Luc Lefèvre

On ne compte plus les emplois publics fictifs dans les cénacles politiques trop souvent acquis au népotisme familial, on ne compte plus les appointements et autres émoluments cachés des notables de tous poils. C’est même devenu une pratique courante, une sorte de seconde nature.

En Europe, on feint de s’étonner du népotisme de celui qui est devenu président des U.S.A. (son gendre propulsé aux affaires de l’État !), on se complaît à dénoncer son refus de publier sa fortune… L’hypocrisie est devenue la norme éditoriale. Au mépris de toutes les réalités que l’on ne voit plus, ou trop tard,  tant elles sont devenues aveuglantes sur le vieux continent.

En France aussi, FILLON et LE PEN sont empêtrés dans la même gadoue, ce dont s’amuse notre RTBF à longueur de journaux télévisés. Et les terres romanes de Belgique ne sont pas en reste : nombreux sont nos chers élus à être aussi accompagnés, de près ou de loin sur leur lieu de travail, par leur Pénélope qui n’a plus la patience d’attendre son Ulysse au soir de la bataille ! Les cabinets fantôm(atiqu)es, les comités de secteur au périmètre incertain, mais à l’opulence certifiée à défaut de réelles compétences désintéressées, partout, se sont multipliés. Chez nous, ce n’est pas un clan familial, déjà riche, qui a mis le grappin sur le pays, c’est un clan de parvenus, une cour particratique qui aspire à davantage de richesse sur le dos des contribuables. « Toujours plus », disait François de CLOSETS

Les nouveaux maîtres ne hantent plus les châteaux, ils ne sont plus protégés de leurs laquais : ils hantent désormais les corridors des officines publiques, bien à l’abri de montages juridiques, ils rasent les murs, qui ont des oreilles, et leur devise n’a pas changé : « L’État, c’est moi ».

Leurs « recettes » (!) n’ont pas changé : les « offices » sont devenus des « mandats » concédés par le Prince toujours soucieux de paix sociale quand il s’agit de l’élite de la société, sa nouvelle aristocratie, ses nouveaux baronnets.

Au bas de l’échelle, depuis 2008, la transparence est devenue la règle. Plus de titres au porteur, échange automatique des informations bancaires, limitation des paiements en espèces, « black box » pour le secteur Horeca, taxe kilométrique, redevance photo-voltaïque des prosumers…

Une telle schizophrénie ne peut plus durer. Les Roumains montrent le chemin !

Publifin, Publisuite…

Par Georges-Henry Simonis

Les problèmes des intercommunales liégeoises donnent lieu à des réactions nécessaires et salutaires. Mais celles-ci règlent-elles les deux problèmes dont souffre la Wallonie depuis longtemps : l’hypertrophie politique et administrative, et la politisation abusive des services publics ?

Certes, il faut agir vite. Mais la précipitation peut être mauvaise conseillère à défaut d’une vision claire et du sens d’un long terme institutionnel.

Ainsi, je m’inquiète quand je lis que le conseil d’administration de Publifin passerait de 28 à 10 membres, « six pour la Province de Liège, et quatre pour les commune associées »; « deux PS, deux MR,  un CDH, un écolo » pour la Province, « deux PS, deux MR, un CDH » pour les communes… (Le soir du 1/2/17). Voilà que réapparaissent les comptes d’apothicaires au mépris du choix de personnes choisies d’abord pour leurs compétences et leur honorabilité personnelle !

Je note que les réformes en cours n’ont pas été précédées d’une évaluation pourtant nécessaire du rôle des provinces au sein d’un système fédéral, ni d’une réflexion sur la place des intercommunales entre les pouvoirs locaux que sont les communes et la Région. Faut-il encore qu’existent ces échelons intermédiaires qui contribuent à la complexité institutionnelle de la Wallonie ? Quelle est la nécessité actuelle de toutes ces intercommunales héritées du passé, qu’il s’agisse d’eau, de gaz, d’électricité, de médias, ou encore d’hôpitaux… ?

Faut-il que se créent à travers la Région des espèces de holding économico-financiers, semi-publics, semi-privés (?), censés contribuer aux finances communales déficitaires ?

Autre question : faut-il vraiment que chaque province wallonne dispose d’un département « agriculture », coincé entre le ministre régional, et le ministre fédéral… ?

Dans une région de 3.500.000 habitants, la charge administrative est lourde, de même qu’est fragile  la productivité de tous ces organes dispendieux.

A défaut d’analyses détaillées qui demandent réflexion, et qui peuvent prendre un certain temps, on risque de bâtir sur du sable…

En même temps, il faut régler pour de bon ce problème qui devient lancinant de la Fédération Wallonie-Bruxelles (enseignement, culture), et des matières toujours fédérales qui seraient mieux gérées au niveau régional. Par exemple, en matière de justice, il devient de plus en plus évident de penser régionalisation ! On n’a pas le même sens de la justice au nord et au sud du pays… Et de nombreuses matières ont déjà glissé vers la Région (aide à la jeunesse, aide aux détenus et aux victimes, sécurité routière…).

On parle beaucoup, et c’est heureux, de renouveau démocratique.

En Wallonie, nous vivons une étape importante : la conjoncture actuelle permet d’espérer une vraie redéfinition institutionnelle à long terme. C’est l’une des clés de l’avenir de la Région.              

Faudrait-il un nouveau Congrès régional wallon ? A défaut d’élections à la française qui donnent vraiment la parole aux citoyens, pourquoi pas ?

Le manque de jugeote du PS

Par Paul Mélot

Refus d’une création d’enquête mais création d’une commission d’enquête « ad hoc » à la Région wallonne: victoire à la Pyrrhus ?

La majorité PS – CDH refuse donc la motion déposée par l’opposition MR-ECOLO au motif qu’il n’y a pas – encore ? – d’inculpation(s), contrairement au fédéral qui, après bien des difficultés, en a créé une sur le Kazakhgate.

Total manque de jugeote de la part du personnel politique.

Total décalage face à l’opinion wallonne.

Total décalage face à la presse libre.

Pourquoi?

a) Si demain, inculpation(s) ou développements nouveaux à prévoir survenaient, la vraie commission s’imposerait d’office. Ceux qui ont tergiversé à faire démissionner quelques premières lames, seraient ciblés pour ne pas avoir voulu rechercher TOUTE la vérité. Donc, se discréditer davantage aux yeux des Wallons, des Bruxellois… mais aussi des Flamands !

b) L’opinion et la minorité politique wallonne ne vont pas tarder à faire le parallèle entre le PS, dans l’opposition au fédéral, poussant à la commission d’enquête et le PS wallon, dans la majorité wallonne, qui la refuse .

c) Du reste, dans des matières aussi importantes, tant sur le plan financier que sur le plan éthique, n’y aurait-il pas matière à  décréter qu’une et une seule commission soit prévue pour corriger le tir des erreurs ou malversations quand elles surviennent ? 

d) À peine arrivé, le nouveau ministre DERMAGNE, déjà épinglé pour son manque de transparence dans le non-respect de déclaration de mandats et de patrimoine, à l’époque, va être au four et au moulin pour dépêtrer les scandaleux montages des « cinq Liégeois ».

A qui tout cela profite-t-il ?

Au MR et à ECOLO, bien entendu, au PTB, à l’évidence aussi. Si la dernière livraison du sondage RTL-LE SOIR pointait déjà la chute ininterrompue du PS de DI RUPO (alors que l’on ne faisait que commencer à parler de PUBLIFIN…), attendons la prochaine rafale du sondage RTBF – LA LIBRE…

Ceci permet de penser, d’où l’erreur fondamentale de jugeote du PS, que le CDH pourrait bien, lui également, tirer positivement les marrons du feu.

Pourquoi ? LE SOIR, en une phrase (« Tout le monde va y passer, si cela continue ») résume une déclaration présumée venant du plus haut du CDH, des pressions et menaces de LUTGEN sur EDR et sur le maintien de la coalition wallonne PS – CDH… ET une possible coalition MR – CDH – ECOLO.

Erreur de jugeote + refus d’une commission « pure » +  discrédit de l’opinion + suite des révélations (ECETIA, la nébuleuse NETHYS …)  = fin d’alliance .

On peut rêver au MR d’occuper le pouvoir au fédéral et à la Région wallonne.

On peut rêver au CDH de s’élever au fédéral en y permettant moins l’isolement du MR. 

On peut rêver, chez ECOLO, de revenir à la Région wallonne.

On peut rêver, au PTB, de démontrer qu’il lave plus blanc que le PS.

On peut rêver que l’ultime présidence de DI RUPO aura été celle de la décadence.

Rêve ou réalité ?

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde