La N-VA dans la ligne du Tea Party

Notre ami Guy Bertrand nous fait suivre l’entretien qu’accorde Jérôme Jamin, professeur à l’ U.L.G., au journaliste Vincent Rocour de « La Libre ».

Pour Jérôme Jamin (ULg), la Flandre vire à droite. Il explique pourquoi.

Jérôme Jamin est politologue à l’ULg. A l’initiative de Re-Bel, un think tank de réflexion politique réunissant des chercheurs francophones et flamands, il a rédigé un article sur la droite en Flandre. Sa conviction est la suivante : « Je suis sûr que la Flandre vire à droite et je peux dire pourquoi. En revanche, je ne suis pas sûr que la Wallonie vire à gauche et je peux encore moins l’expliquer« .

Comment êtes-vous arrivé à ce constat ?

Je suis parti d’un auteur incontournable, Norberto Bobbio. Bobbio dit, pour faire simple, que personne ne conteste les inégalités. Mais il distingue l’homme de droite qui considère que les gens sont plus souvent inégaux qu’égaux et l’homme de gauche qui va espérer plus d’égalité. L’homme de droite pense qu’une certaine dose d’inégalités est nécessaire pour pousser les gens à être méritants, responsables, etc.

C’est le discours porté par la N-VA…

C’est ce que j’appelle le discours producériste. Un exemple-type, c’est le Tea Party aux Etats-Unis. C’est un courant que l’on pourrait qualifier de populiste, simplificateur, mais très efficace pour les électeurs.

C’est-à-dire ?

L’idée, c’est que le producteur, celui qui bosse, est écrasé par des parasites en haut et en bas de l’ordre social. En bas, ce sont les chômeurs, les réfugiés, les trafiquants de drogue accusés par le travailleur de vivre sur son compte. En haut, il y a des pseudo-élites qui se sont infiltrées dans les hautes sphères du pouvoir, au Congrès, dans les syndicats, dans le monde de la finance. Ils sont considérés comme des parasites parce qu’ils ne produisent rien, mais sont bien payés. Le producteur voit même une alliance objective entre les parasites d’en bas et les parasites d’en haut. Le Tea party est ainsi parvenu à faire passer le président Obama comme un communiste qui se soucie davantage des parasites en bas de l’ordre social que des blancs qui payent leurs taxes.

Quel lien avec la Flandre, avec la N-VA ?

Le modèle producériste marche très bien en Flandre aussi. Bart De Wever reproduit un discours qui s’inscrit complètement dans ce schéma. Il y a un peuple payeur de taxes, bosseur, courageux, honnête, qui travaille à la sueur de son front : c’est le Flamand. Mais ce peuple est écrasé par des parasites en haut et en bas de l’ordre social. En bas de l’ordre social, il y a les Wallons et en partie les Bruxellois francophones, qui sont paresseux, allocataires sociaux, vivant au crochet du Flamand laborieux. Et en haut de l’ordre social, il y a l’Etat-PS. Tout récemment, De Wever a dit ceci : « Les syndicats, et singulièrement les syndicats rouges, jugent nécessaire de provoquer de graves dégâts économiques à notre pays, c’est irresponsable et même incompréhensible puisque ce sont leurs amis qui siègent au 16 rue de la loi ». On retrouve ici l’idée d’une connivence entre l’élite d’en haut et les parasites d’en bas. C’est un discours efficace et qui présente l’avantage de ne pas être raciste. Le Vlaams Belang s’était cassé la figure là-dessus.

Ce discours n’est pas propre à la N-VA…

Non. Il y a dans toute la Flandre une vénération très poussée de la notion de mérite et de responsabilité

La Wallonie en est l’opposé ?

On ne peut pas dire que la Wallonie vire à gauche. Ecoutons les ministres socialistes wallons. De plus en plus, ils parlent de compétitivité, de responsabilisation, d’activation des chômeurs. Mais la logique producériste a quand même du mal à s’imposer dans le sud du pays. Le Flamand n’apparaît nullement comme un paresseux aux yeux des Wallons. Et l’Etat fédéral n’est pas perçu comme un ennemi.

Et dans le futur ?

Le producériste active moins un clivage gauche-droite qu’un clivage système-anti-système. Tôt ou tard, ce discours arrivera en Wallonie. Mais je le vois plus dans le discours de l’extrême droite ou du Parti populaire que dans celui du MR.

Aides de l’Etat belge à la Flandre… au détriment de la Wallonie !

Toujours bon à savoir ou à se rappeler !

On le savait peut-être depuis longtemps … mais quand on voit les chiffres, c’est effarant !!!
Michel Quévit, professeur émérite à l’UCL, rappelle les montants des aides de l’Etat à la Flandre, souvent au détriment de la Wallonie : ports, sidérurgie, charbonnages, réseau autoroutier, rail…
EDIFIANT !
sidérurgie wallonneLe nationaliste flamand et populiste Jean-Marie De Decker, qui n’en est pas à une contre-vérité près, a un jour lancé une phrase qui a secoué le milieu politique wallon : « Cela fait 175 ans que nous payons pour la Wallonie, ça ne peut plus durer ! On ne peut plus donner sans cesse du poisson aux pays sous-développés ».
L’homme politique flamand reprenait ainsi à son compte la thèse du professeur Hannes de l’université de Gand : la Flandre paie pour la Wallonie depuis l’indépendance de la Belgique.
Une thèse que ne partage évidemment pas Michel Quévit, professeur émérite à l’UCL dont l’impressionnante formation (licence en science politique, doctorat en sociologie, baccalauréat en philosophie et diplôme complémentaire de la Harvard Business School) lui permet une approche multidisciplinaire du développement régional.
Dans un livre qu’il a publié en 2010,  « Flandre-Wallonie : quelle solidarité ? », Michel Quévit établit plusieurs constats qui indiquent de manière très claire que la Flandre a largement bénéficié des aides de l’Etat belge, au détriment de la Wallonie.
« Parlons d’abord des ports », lance le professeur de l’UCL : « sans la sidérurgie wallonne jamais le port d’Anvers n’aurait été compétitif ». Les Wallons auraient fort bien pu se tourner vers le Nord de la France, une région plus proche, mais ils ont misé sur Anvers, par réflexe de solidarité nationale.
L’État a affranchi l’Escaut pour libérer l’accès à Anvers, on a creusé le Canal de Campine (et le Canal Albert plus tard) pour permettre le trafic entre Liège et Anvers. Ce fut ensuite le tour au canal de Willebroek et au canal de Charleroi, toujours vers le port d’Anvers. Par après, l’Etat s’est penché sur le port de Zeebrugge en lui accordant, dans les années ’70, 115 milliards de francs.
Dans le même temps la Wallonie a reçu des crédits parallèles compensatoires pour un montant de…16 milliards de FB. Rien de comparable évidemment !
Il faut savoir que l’activité portuaire joue un rôle capital dans l’économie flamande : elle représente 20% de son PIB et procure de l’emploi à 110.000 personnes dont 60% au port d’Anvers. Ce n’est pas un hasard si la province d’Anvers est celle qui a reçu le plus d’investissement entre 1959 et 1973 : 21% du montant total.
Venons-en au rail : « Dans ce domaine », poursuit Michel Quévit, « l’État a accordé très tôt la priorité à un axe Bruxelles-Anvers. La ligne de chemin de fer Bruxelles-Malines-Anvers a été électrifiée en 1935. Les Wallons attendront, eux, jusqu’en 1949 avec la ligne Bruxelles-Charleroi ».
En ce qui concerne le réseau autoroutier, c’est en encore plus net : une jonction Bruxelles-littoral a été réalisée dès 1939. Viennent ensuite les connexions entre la Flandre et le réseau européen. La dorsale wallonne, la fameuse autoroute de Wallonie, réclamée par les Wallons depuis 1938, n’a vu le jour qu’en 1972.
Au terme de la construction du réseau autoroutier complet, la Flandre est couverte à hauteur de 60% de son territoire contre 39% pour la Wallonie alors que cette dernière totalise 55% du territoire belge !
Quant aux charbonnages, un secteur jadis capital pour l’économie wallonne, l’aide de l’Etat au sud du pays fut très lente et disproportionnée par rapport au soutien apporté aux charbonnages de Campine. « Les premiers charbonnages wallons ont déjà fermé en 1913 », constate Michel Quévit.
« Ni aide d’État, ni compensations sociales. Ce n’est qu’en 1951 qu’une une aide de 18 milliards est débloquée pour financer les fermetures. Par contre en Flandre, dans les années 60-80, en complément des aides européennes de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), l’Etat belge ouvrira largement son portefeuille en accordant pas moins de 96 milliards FB, dont 90 % de ce montant aux charbonnages de Campine et seulement 10 % réservés au Roton, le seul survivant wallon en 1960 ».
« Sous l’impulsion du ministre des Affaires économiques, limbourgeois d’origine, Willy Claes, des dizaines de milliards de FB. vont être investis à fonds perdus dans les mines flamandes, sans pour autant réussir à améliorer la compétitivité des charbonnages de Campine qui, pas plus que les mines wallonnes, n’ont échappé à la fermeture définitive entre 1987 et 1992 », signale Michel Quévit.
Dans le domaine de la sidérurgie, essentielle pour la Wallonie, dont l’économie s’écroula avec la disparition des bassins du Hainaut et de Liège, le mépris de l’Etat belge à l’égard de la Wallonie est encore plus grand : au total, 77 % des 264 milliards accordés ont filé vers la Flandre, pour 23 % vers la Wallonie.
Une aide sera apportée à la Flandre pour qu’elle reconvertisse ses anciennes industries dans des secteurs rentables : constructions navales, verre creux…
Dans son ouvrage, Michel Quévit précise qu’entre 1977 et 1980 la Flandre a reçu 87,928 milliards d’aides pour différents secteurs nationaux (verre creux d’emballage, sidérurgie, textile, constructions navales, charbonnages, énergie nucléaire) tandis que, pour les mêmes secteurs, la Wallonie empocha à peine 26,734 milliards.
Le livre de Michel Quévit détaille également la répartition des fonds structurels européens, toujours plus favorables à la Flandre.
Ce travail honnête et remarquable ne laisse subsister aucun doute : depuis plus d’un siècle, la Flandre a profité au maximum de l’Etat belge, dans tous les domaines.
Il était temps de le dire clairement, chiffres à l’appui, sans animosité, histoire de remettre les pendules à l’heure !
 
Michel Quévit, Flandre-Wallonie, quelle solidarité ?
Edition : Couleur livre, Question de société. 
Prix : 19 €

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L’Awex à contre-courant de l’économie mondiale

Jules Gheude, essayiste politique  – « Le Soir » du mardi 28 février 2012

 Je ne peux qu’applaudir en entendant le ministre Paul Magnette déclarer qu’il faut simplifier la Wallonie.

 Convaincu du caractère inéluctable de la scission de la Belgique, le Gewif (Groupe d’Etudes pour la Wallonie intégrée à la France), dont je coordonne les travaux depuis février 2010, vise en effet l’intégration, le moment venu, d’une Wallonie saine dans la République française.

 Force est de constater aujourd’hui le résultat catastrophique d’une politique basée sur le clientélisme et l’assistanat dans laquelle le PS porte une responsabilité majeure : un nombre consternant d’organismes publics, un taux de chômage de 14% et une dette de 14,5 milliards, si l’on prend également en considération les financements alternatifs.

 Il est, par ailleurs,  un autre tabou que j’ai maintes fois dénoncé : celui du Pacte scolaire, ce luxe ruineux que ne connaît aucun autre Etat et qui oblige les pouvoirs publics à financer quatre réseaux d’enseignement. Paul Magnette a raison : il faut avoir le courage de remettre tout cela à plat. Comme l’a souligné maintes fois le professeur Robert Deschamps des Facultés de Namur, il est impératif de fusionner les trois réseaux de l’enseignement public. Et je considère, pour ma part, que l’enseignement libre devrait s’auto-subsidier.

 Quant aux Provinces, il est évident qu’il s’agit d’un échelon de pouvoir devenu totalement obsolète.

 Le travail de rationalisation est, on le voit, gigantesque. Reste à voir si le PS est vraiment disposé à l’entreprendre.

 La récente étude de l’Université de Liège a clairement révélé que l’écart entre la Flandre et la Wallonie ne cessait de se creuser.

 Les chiffres relatifs au commerce extérieur sont particulièrement révélateurs. En 2010, la Flandre a exporté, hors transit du gaz naturel, pour 164,4 milliards d’euros. Les exportations wallonnes s’élevaient, elles, à 38,7 milliards.

 On connaît le rôle fondamental que les pays du B.R.I.C (Brésil, Russie, Inde, Chine) jouent aujourd’hui au niveau de l’économie mondiale. Force est ici de constater que la Flandre  mène une politique autrement plus dynamique et cohérente que la Wallonie.

 Les chiffres communiqués parla Banque nationale de Belgique parlent d’eux-mêmes :

 Brésil – Flandre : 6,39 milliards ; Wallonie, 0,350 milliard.

Russie – Flandre : 2,07 milliards ; Wallonie, 0,394 milliard.

Inde – Flandre : 6,4 milliards ; Wallonie 0,136 milliard.

Chine – Flandre : 4,9 milliards ; Wallonie, 0,42 milliard.

 Comment expliquer que l’Awex (Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers) aille ainsi à contre-courant de l’évolution de l’économie mondiale ?

 La Wallonie a une antenne commerciale à Cuba, mais aucune en Russie. L’agent en poste à Moscou relève de la Régionde Bruxelles-Capitale et celui qui se trouve à Saint-Pétersbourg provient du FIT (Région flamande). Tout cela sur base d’un accord bi- et tri-régional qui n’a jamais véritablement fonctionné.

 En Chine, les Attachés économiques et commerciaux (AEC) de l’Awex n’ont pas la connaissance de la culture chinoise, ni du mandarin, contrairement à leurs homologues flamands, qui sont licenciés en sinologie de l’Université de Gand. En Wallonie, seul l’Institut Confucius dispense des cours du soir en chinois, sans possibilité d’immersion totale.

Les chiffres de la BNB pour le 1er semestre 2011 indiquent clairement un tassement de l’augmentation des exportations de la Wallonie par rapport à la Flandre :

 Flandre : 94,7 milliards d’euros, soit une augmentation de 19,6% par rapport à 2010 ;

Wallonie : 21,8 milliards, soit une augmentation de 13,3% par rapport à 2010.

 On pourra toujours rétorquer que la Flandre dispose d’un atout particulier avec le diamant. Mais même en faisant abstraction de ce facteur, il n’y a pas photo !

 En cette période de crise économique particulièrement aiguë, on peut s’étonner que l’Awex ouvre une antenne en Guinée équatoriale, cette « démocrature » où l’opposition réelle s’est réfugiée en Espagne. Les entrepreneurs wallons ne se sont d’ailleurs pas bousculés au portillon pour participer à la récente mission exploratoire.

 Pendant ce temps, le ministre-président flamand, Kris Peeters, s’est rendu en Libye, accompagné de 17 entrepreneurs. Objectif : œuvrer à la reconstruction du pays. Du concret !

 Dans l’interview qu’il accordait à « Vers l’Avenir », le 4 février, Kris Peeters  a révélé que le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, lui avait demandé de l’accompagner au Myanmar. Voilà au moins une bonne nouvelle.

 La Birmanie, qui offre de réelles opportunités d’exportation, montre, en effet,  des signes encourageants de démocratisation, permettant à Aung San Kyi de présenter sa candidature pour les prochaines élections. Il faut vaincre, à cet égard, les réticences affichées par d’aucuns. Ce n’est pas en négligeant la Birmanie que l’on forcera les généraux à plus de démocratie. Une mission économique obligera les autorités du pays à faire montre de flexibilité et les échanges commerciaux aideront la population à s’ouvrir vers le monde extérieur.

Depuis 2000, la Wallonie en est à son sixième plan de redressement. Sans amélioration notoire. Les économistes Robert Deschamps (Facultés de Namur) et Pierre Pestieau (ULg) parlent de frémissements.

 Il nous reste à présent dix ans pour renverser la lame de fond. Pour cela, un changement radical de mentalité est indispensable. Espérons que la Wallonie finira par trouver ces chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et mobiliseront ce qui en reste, pour reprendre les propos tenus par le général de Gaulle au professeur Robert Liénard de l’Université de Louvain. Tout en sachant que la France sera, le moment venu, la seule planche de salut.

La RTBF conseille Hollande

En tout cas, elle a publié sur son site l’analyse du politologue Laurent Bouvet, Professeur de Science politique à l’Université de Versailles : selon celui-ci, l’élection présidentielle se gagne avec les classes populaires « et le candidat socialiste ferait bien de s’en souvenir ». 

« Ce qui implique de sa part un programme économique et social à la hauteur des attentes, fortes en période de crise et après la déception suscitée par Sarkozy, mais aussi un projet de société tout aussi cohérent et rassembleur sur les  » valeurs  » : culture, nation, laïcité, République… Les deux dimensions sont indispensables », écrit notamment Laurent Bouvet.

Pour l’intégralité du texte, lire ici.

« Un pays sans ego n’a pas d’avenir »

C’est l’écrivain Patrick Roegiers qui le dit, lui qui n’a jamais caché son rapport passionnel avec la Belgique :

« Un pays sans ego n’a pas d’avenir. Il est voué à disparaître à court terme. Un journaliste japonais a écrit il y a quelques années que la Belgique était la capitale de la Flandre ! Ça dit tout. L’Europe a besoin de pays forts. C’est un patchwork d’identités. Sur l’échiquier du monde, la Belgique se dissout comme un cachet d’aspirine dans un verre d’eau… »

Entretien à découvrir dans Le Vif/L’Express d’aujourd’hui et dans l’émission Noms de dieux diffusée dimanche sur la Deux.

La France, un label

« C’est à une flânerie dans l’Hexagone, à l’ombre des monuments classés, que nous vous convions avec ce Vif Extra. Nous avons déniché une multitude de lieux insolites, magiques, méconnus, des décors de rêve hors des sentiers battus. » Christine Laurent, Rédactrice en chef du magazine Le Vif/L’Express, a de la sorte invité ses lecteurs à découvrir des  « Trésors cachés de France » (Le Vif Extra du 17 février 2012).

Et si la Wallonie était, elle aussi, un « trésor caché de France » ?

Dans un monde en mouvement, le tourisme international est un secteur économique en pleine expansion. Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, attachée à l’ONU, les recettes d’exportation générées par le tourisme international s’élevaient à 919 milliards de $ EU en 2010 et à 980 milliards en 2011. Les projections de l’OMT font monter ces chiffres à 1 600 milliards pour l’année 2020 (voir ici le site de l’OMT).

La France ne manque évidemment pas d’atouts sur ce marché. Elle reste la destination n°1 du tourisme international : 76,8 millions d’arrivées en 2009 pour 54,9 aux Etats-Unis (évidemment, les Etats-Unis sont plus grands et l’activité touristique y génère plus de revenus).  Pour l’économie du tourisme en France, voir le site spécialisé du gouvernement français : ici.

Malheureusement pour le tourisme en Wallonie, celle-ci n’est pas une région de France mais n’est que le sud de la Belgique. Il suffit de cliquer sur www.tourismebelgique.com pour comprendre ce que cela signifie.

Leçons de philosophie politique

Le 13 février dernier, la présence de Nicolas Dupont-Aignan à une manifestation de soutien au peuple grec n’a pas été appréciée par des militants d’extrême gauche : « Le candidat gaulliste a été expulsé manu militari par les trotskistes des abords de l’ambassade de Grèce où il escomptait manifester. », est-il écrit sur le site du magazine Marianne. « De cet incident (rapporté ici par RTL) , Roland Hureaux tire des leçons de philosophie politique sur le nouvel ordre mondial et ses vrais ennemis. »

Nul n’est tenu de partager l’analyse de Roland Hureaux, chroniqueur plus proche du gaullisme que de l’extrême gauche, mais il faut lire ce texte (aux accents marxistes tout de même) car il jette un éclairage inhabituel sur les enjeux de la mondialisation.

A lire ici.

Valmy au-delà du brouillard

Christian Darlot, chercheur au CNRS, militant souverainiste actif au Comité Valmy, a écrit en 2008, pour l’Observatoire de l’Europe, un article intitulé La crise politique belge et le droit international (à lire absolument ici).  Il nous envoie ce commentaire au texte de Jacques Lenain sur la façon dont Nice et la Savoie sont devenues françaises en 1861. La force de son propos, qui touche à l’avenir proche autant qu’au passé, nous pousse à lui donner plus de visibilité, ne serait-ce que pour nourrir la réflexion et le débat.

D’autres exemples illustrent les évolutions sociales décrites dans cet excellent article :
– Le Nord de la Picardie passa de la souveraineté française à la souveraineté habsbourgeoise, puis repassa dans l’autre sens un siècle après. Les élites furent constamment fidèles au prince, même lorsqu’elles changèrent de prince.
– La Franche-Comté fut conquise par les armes. Le peuple fut soulagé de ne plus devoir supporter les va-et-vients des armées espagnoles, mais les élites grognèrent de devoir abandonner leurs privilèges. La paix, et les dépenses de construction des fortifications qui donnèrent du travail et firent circuler de la monnaie, rallièrent les mécontents.
– La Lorraine, malgré une dynastie pluri-séculaire, se rallia au pouvoir qui assurait la paix.
– Plus caractéristique encore : l’Alsace, purement allemande jusqu’en 1648, subit les atroces dévastations de la Guerre de Trente Ans. Les soldats français furent, comme on dit, “les moins pires” et évitèrent le retour d’autres bandes armées. L’annexion progressive par la France, en un demi-siècle, soulagea les habitants dont la fidélité ne s’est depuis jamais démentie.

Mais des échecs fournissent des contre-exemples :
– En 1945, après un quart de siècle d’oppression, les habitants du Val d’Aoste auraient voté comme un seul homme en faveur de la France, au dire des observateurs de l’époque (le premier vainqueur du Tour de France n’était-il pas valdôtain ?). Mais les Anglo-saxons s’y opposèrent, tant pour ménager l’Italie que pour affaiblir la France. Un agrandissement territorial est en effet une preuve traditionnelle de victoire et de puissance, et les Anglo-saxons s’activaient à éliminer la France du Proche-Orient.
– Le régime politique colonial français n’était pas plus injuste que le régime de domination de classes en France métropolitaine, mais il s’exerçait sur des peuples différents, auxquels étaient imposées des “injonctions contradictoires”. La durée et l’âpreté de la guerre d’Algérie s’expliquent en partie par le fait qu’une proportion notable d’Algériens étaient en voie d’assimilation à la culture française, ce qui incita les gouvernements français à tenter chimériquement l’assimilation complète, et les nationalistes algériens à relancer sans cesse la politique du pire.

Pour préparer l’avenir, il faut considérer les relations sociales :
– Les classes dominantes françaises militent activement pour la vassalisation de la France à l’empire anglo-saxon et à ses relais européens, l’Union européenne et l’Allemagne. La disparition de l’Etat républicain leur paraît en effet indispensable pour maintenir leur domination sur le peuple. Elles rêvent de devenir anglo-saxonnes de langue et de culture pour se séparer du peuple. Depuis quarante ans, au nom de la “construction européenne”, les gouvernements français successifs ont constamment favorisé les intérêts de l’Allemagne, de l’Angleterre et des Etats-Unis. Au besoin, les classes dominantes françaises feront tout pour soumettre la France et nuire à ses intérêts nationaux.
– Au nom de l’internationalisme, les gens qui s’imaginent de Gauche soutiennent cette politique d’abaissement. Réfléchir à une situation réelle dépasse leurs moyens intellectuels. Envisager l’existence même d’intérêts nationaux les scandaliserait, au nom de l’idéal et des bons sentiments.
– Le désastre économique, politique, social, culturel et moral, qui est en cours en France comme partout en Europe et dans une grande partie du monde, a pour causes le libre-échange absolu, l’abandon de la souveraineté monétaire et l’émigration mentale des classes dominantes. Ce désastre n’est toutefois pas encore irréversible.
A moins d’un coup de force, l’euro et l’Union européenne vivent vraisemblablement leurs derniers mois, et la Belgique a peu de chances de survivre à l’euro.

Pour le moment, les personnalités capables de fédérer les énergies sont éliminées du champ politique par les médias. Mais des événements se déclencheront, sans que l’on puisse en prévoir l’origine, ni la date, ni la nature. Le principal risque est que le système politique soit déjà détruit lorsqu’ils se produiront, mais l’expérience politique des peuples palliera en partie ce manque.

Comme toujours, c’est une dynamique sociale et politique qui l’emportera, mais elle n’est pas prédéterminée, et les actes politiques compteront. Si l’on demandait aux Wallons et aux Bruxellois : “Préférez-vous la reine Paola ou la reine Carla ?”, la réponse serait évidente, mais ce n’est pas ainsi que les questions se poseront !

Bref, comme toujours, la question nationale et la question sociale auront même réponse.

Christian Darlot (France)

Note de l’AWF : A tous ceux qui voient dans la crise actuelle une opportunité pour approfondir la solidarité européenne et faire un pas décisif vers de futurs « Etats-Unis d’Europe », nous signalons que Franco Frattini, ancien Commissaire européen, Président de la Fondation Alcide De Gasperi, vient d’écrire un article intitulé L’Union européenne, un projet d’unification continentale, un projet d’avenir (à lire sur le site de la Fondation Robert Schuman : ici). Un condensé de cet article a été publié par Le Monde dans son édition d’aujourd’hui (ici). Perspective réelle d’une Europe enfin citoyenne ou discours incantatoire en marge de la réalité ? A chacun de se faire une opinion, dans l’attente d’y voir plus clair…

Sur l’Europe d’aujourd’hui, voici aussi l’avis de Jean-François Kahn : ici.

Le roi Baudouin s’adonnait-il à la fraude fiscale ?

Il n’entre pas dans nos intentions de nous laisser aller à un anti-monarchisme primaire, mais les questions que soulève le quotidien Le Soir relayé par le site du Vif-L’Express interpellent. Ce souverain jamais avare de discours moraux en qui certains voyaient un saint aurait été un vulgaire fraudeur ?

Pour des précisions, nous renvoyons aux sites du Soir (ici) et du Vif (ici). 

Le partenariat mutualiste franco-belge est une première

Tout ce qui amincit cette frontière artificielle entre notre Région et la France ne peut que nous réjouir. Nous savons que, pas à pas, la douce certitude des faits sera à nos côtés.

Paul Durieux

Sous la plume de Ricardo Gutiérrez, le quotidien « Le Soir » de ce mercredi 15 février nous annonce que la mutualité socialiste SOLIDARIS s’associe à la première mutuelle de santé française MGEN (mutuelle générale de l’éducation nationale).

Les partenaires comptent implanter une mutuelle dans un pays d’Europe centrale ou d’Europe du Sud et leurs affiliés bénéficieront de services transfrontaliers.

Ce sont deux mutuelles aux profils similaires qui s’associent : même envergure (3,1 millions d’affiliés chez SOLIDARIS; 3,5 millions à la MGEN), une offre étendue d’assurance complémentaire qui vient s’ajouter à l’assurance-maladie obligatoire, et un souci identique de peser sur le débat public.

« Il s’agit de proposer, ensemble, une nouvelle offre mutualiste qui puisse constituer une alternative aux assureurs privés« , souligne Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, rappelant que les mutuelles ne sont présentes que dans 15 des 27 Etats membres de l’Union européenne.

L’accord passe aussi par un échange d’expertise : la MGEN a déjà une expérience internationale, opérant depuis quelques mois au Portugal tandis que SOLIDARIS a une expertise accrue des soins à domicile et des projets d’éducation à la santé.

Un protocole de collaboration transfrontalière permettra aux 6,6 millions d’affiliés des deux organisations de se soigner de part et d’autre de la frontière aux mêmes conditions que dans leur pays de résidence.

Autre projet commun : la mise sur pieds d’un « observatoire mutualiste » afin de préparer les deux organisations aux mutations du système de santé.

Politiquement, les patrons des deux mutuelles défendent une même conception de « l’Europe de la protection sociale« .

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde