Dépolitisation de la fonction publique, qu’ils disaient…

Le billet d’humeur d’Alain Proviste

WBIDes articles reparlent des nominations, au nombre de 3 (Genève, New York et Mumbai) auxquelles WBI (Wallonie Bruxelles International) va procéder dans un délai assez proche.

M. Suinen, Administrateur Général ‘’Super Fonctionnaire’’ qui gère AWEX – OFI  et WBI devait être à la manœuvre, mais il s’est montré heurté par le système de sélection, ce qui a profondément énervé Rudy Demotte, qui doit absolument placer de « bons et loyaux serviteurs ».

« La Libre »du 05/06/2013 explique bien les ‘’magouilles’’ qui permettront de passer outre les procédures de sélections de type ‘’SELOR’’ qui de toute manière n’évitent pas les nominations politiques.

Ces nominations sont scandaleuses avec des salaires tout aussi scandaleux évidemment (ils devraient tourner aux environs de 10 à 12.000 € bruts/mois en ce compris les primes d’expatriation).

Ces « hauts fonctionnaires » qui ne servent strictement à rien vont, comme c’est déjà le cas pour certains délégués WBI, se prendre pour des ambassadeurs, alors que ce ne sont que des potiches, qui ne sont pas formés à la fonction diplomatique.

A présent, les responsables politiques wallons vont essayer de nous faire croire que ces nominations ne seront pas politiques.

C’est prendre les contribuables pour des naïfs, car tout le monde sait que Marie Aréna doit être recasée et qu’elle ira à Genève parce que son « English » n’est pas suffisant. Pour les deux autres postes, qui seront les heureux élus ?

Probablement un CDH et un Ecolo.

Les paris sont ouverts. Cela dit, en Fédération Wallonie Bruxelles, on n’a pas d’argent ni pour l’enseignement, ni pour la recherche, ni pour la culture.

Pour rappel, il ne peut y avoir de diplomates de carrière au niveau des régions.

Les accords de ‘’Vienne’’ ne reconnaissent le titre de diplomate (Ambassadeur et Consul Général) qu’aux représentants d’Ambassades ou de Consulats d’Etats et non de Régions.

Lire l’article publié sur le site de La Libre Belgique le 5 juin 2013.

Pour en finir avec le « plan B »

On le sait, l’hypothèse d’une « Belgique continuée », sous la forme d’un État fédéral Wallonie-Bruxelles, répond au double besoin, pour les partis francophones, de contrer les prétentions de la Flandre et de rassurer son électorat. Jusqu’à présent, cette stratégie a surtout permis aux médias flamands de renvoyer l’accusation de séparatisme aux francophones. Il est vrai que, dans leur confrontation politique avec ces mêmes francophones, les partis flamands ne manquent jamais d’arguments pour faire évoluer la situation à leur avantage. Ne sont-ils pas attachés à la Belgique et à la démocratie, ces libéraux flamands qui, maintenant, réclament la fin de la parité linguistique au gouvernement fédéral ?

Quoi qu’il en soit, le fameux « plan B » francophone ne mérite pas d’être pris au sérieux, tout simplement parce qu’un État fédéral Wallonie-Bruxelles n’a à peu près aucune chance de naître et encore moins de durer. C’est la conclusion à laquelle conduit l’analyse de Jacques Lenain, dont nous publions la suite ici.

Présentation Bruxelles

4.6. La cinquième question fondamentale, justement, porte sur l’improbable viabilité financière, fiscale et budgétaire de la structure fédérale, qui devrait organiser le partage des responsabilités, en ces matières, entre le niveau fédéral et les deux membres fédérés, dès ses premiers pas. Car croire à la viabilité d’un nouvel État fédéral Wallonie-Bruxelles, c’est refuser de voir une réalité économique majeure, cette grande dissemblance des capacités économiques et financières respectives des deux entités, et donc les conséquences considérables qu’aurait cette distorsion sur le pilotage des fonds publics communs, sur la maîtrise des comptes publics tant fédéraux que fédérés, sur les comptes extérieurs de l’ensemble, sur la structure de la fiscalité, sur celle des dépenses publiques. Très concrètement, la très difficile résolution de ces affaires publiques financières, d’apparence technique, ne menacerait pas seulement la conduite des politiques publiques communes, elle poserait le problème, redoutable, socialement et politiquement, de l’impossible maintien du système de protection sociale et des services publics, dans des conditions identiques en Wallonie et à Bruxelles, qui serait très vite mis en cause, faute de ressources financières suffisantes.

En effet, la situation de dépendance financière de la Wallonie est extrême. Comme l’attestent des études, non contestées techniquement, c’est près de 15 % à 20 % des services publics rendus en Wallonie et des prestations sociales servies aux Wallons qui sont assurés par des financements publics dont la ressource, en cotisations et en impôts, est fournie aujourd’hui par la Flandre et, accessoirement, par Bruxelles. Selon un processus déjà engagé par la sixième réforme de l’État fédéral, celle d’octobre 2011, ces transferts financiers publics, s’ils ont pu être préservés, sont en voie de réduction progressive. Dès la scission du Royaume, une fois que la Flandre aura mis fin soudainement aux transferts financiers publics encore existants, les services publics et les protections sociales de Wallonie seront menacés d’effondrement. Sauf à croire que Bruxelles aurait les moyens de substituer ses propres ressources publiques à celles disparues de la Flandre pour sauver les institutions et les protections sociales de la Wallonie, trois fois plus peuplée qu’elle.

Or la situation économique et financière de Bruxelles est mauvaise, et le serait encore plus une fois le Royaume condamné. Le niveau nominal élevé du PIB bruxellois, qui est 20 % du PIB belge pour une population bruxelloise représentant 10 % de la population belge, est une fiction comptable : les Bruxellois ne reçoivent que 10 % des revenus belges, soit rien de plus que leur proportion dans la population. Il ne faut pas s’étonner de cette apparente contradiction des chiffres bruxellois : d’un côté, le PIB artificiellement « gonflé » d’une métropole financière, richesse largement « hors sol », qui ne profite qu’à une minorité de sa population, dont une large partie est de plus « apatride », de l’autre, la réalité des revenus sociaux nécessairement faibles d’une large fraction de sa population totalement ou partiellement assistée, et, entre ces deux pôles, des classes moyennes… dans la moyenne… A titre de simple illustration, on rappellera ici que le taux de chômage bruxellois est de moitié supérieur au taux de chômage wallon, il est le triple du taux flamand, le taux wallon étant « seulement » du double de celui-ci. De plus, les comptes publics de la Région bruxelloise sont dégradés et fragiles, du fait même que Bruxelles ne contrôle pas son potentiel fiscal, dont une part notable profite à la Flandre, et aussi à la Wallonie, près de la moitié de la force de travail bruxelloise étant constituée de navetteurs flamands et wallons (dans la proportion de 2/3 et d’1/3).

Dans ces conditions, il est improbable que Bruxelles, seule, puisse se substituer à la Flandre dans le financement public des besoins de la Wallonie, alors même qu’elle devra, une fois la scission acquise, faire face à ses propres besoins, dans des conditions plus qu’acrobatiques. D’autant plus que la double hypothèse que pourrait être la taxation nouvelle par Bruxelles des navetteurs flamands y travaillant, et du maintien à Bruxelles de la totalité des activités économiques malgré la scission du Royaume… est aussi incertaine qu’avantageuse. En effet, une bonne partie des entreprises productrices de ces activités économiques sont sous direction flamande ou étrangère (ce qui revient au même…), et elles s’opposeront, avec l’appui de forces hostiles, flamandes mais pas seulement, à une trop grande prise d’indépendance « financière » de Bruxelles, surtout dans l’hypothèse où celle-ci prétendrait fonder un État commun avec la Wallonie. Bruxelles, toujours « encastrée », serait plus que jamais dans la dépendance économique et financière d’une Flandre qui voudrait faire obstacle à la création d’un tel État commun, et, pour y parvenir, pourrait faire le choix d’encourager le retrait, sans délai, d’une partie des activités économiques en cause. Ainsi, même avec une volonté réelle d’entraide, la solidarité financière de Bruxelles à l’égard de la Wallonie serait nécessairement de portée limitée et donc insuffisante.

Pour le répéter tout en le disant autrement, Bruxelles seule ne pourrait faire pour la Wallonie ce que la France fait pour la Lorraine et le Nord-Pas-de-Calais, régions françaises de taille comparable à la région wallonne, et qui supportent depuis un demi-siècle les mêmes conséquences d’une profonde désindustrialisation. Et ce pour une raison toute simple : la France, comme puissance économique et financière, c’est près de vingt fois la Wallonie et plus de quarante fois Bruxelles. Cette question financière est rédhibitoire : la tentative d’une union étatique entre la Wallonie et Bruxelles ne résisterait pas au choc provoqué par son premier devoir, « le partage des sacrifices » : il y a une incapacité totale de la Wallonie et de Bruxelles à réaliser une entité financière à deux.

4.7. La sixième question fondamentale est la question territoriale, celle quasi-insoluble posée par l’absence de tout lien territorial, de toute continuité territoriale entre Bruxelles et la Wallonie. Cette question est absolument vitale. Car comment feraient ces deux membres fragiles d’un État fédéral lui-même fragile pour faire face aux conséquences d’un tel manque, dans leur relation permanente, quotidienne, et surtout pour contrer la menace mortelle que serait l’absence permanente de ce lien face à la Flandre, un État nouveau et vindicatif, qui aurait justement pour volonté première de briser leur tentative d’entente pour affirmer son ascendant sur Bruxelles ? La séparation géographique de la Wallonie et de Bruxelles, ce n’est pas qu’une question d’isolement territorial pour Bruxelles du fait de l’encerclement par la Flandre. Bruxelles n’étant ni implantée en Wallonie ni accolée à elle, c’est aussi un obstacle permanent à l’unité réelle, physique et humaine, du couple wallon-bruxellois, a fortiori s’il avait la prétention d’être un État souverain.

Si elle restait en l’état, une telle situation serait unique au monde : aucun État, absolument aucun, ne se trouve dans une situation semblable, c’est-à-dire composé de deux parties substantielles, sans lien terrestre, ni maritime ni aérien entre eux. Certains États ont, certes, des territoires dépendants, distincts territorialement, voire éloignés, mais ces dépendances sont, de part leur importance secondaire, périphériques de l’entité principale. Or, on ne peut en aucun cas voir en Bruxelles une entité « secondaire » et « périphérique » quand on compare son « poids » à celui de la Wallonie. De plus, pour ces États, les relations territoriales entre l’entité centrale et les entités qui lui sont liées sont toujours directes, ne serait-ce que par les voies maritimes et aériennes, ces « routes » ne sont donc pas subordonnées au « bon vouloir » d’un État tiers souverain (exemple : Kaliningrad-Kœnigsberg, territoire russe séparé de la Russie depuis la disparition de l’Union soviétique, considéré souvent à tort comme une « enclave », alors qu’il lui est relié parfaitement et souverainement par les voies maritime et aériennes). C’est pourtant ce qui serait bien le cas si Bruxelles et la Wallonie restaient dépourvus de tout lien territorial entre elles, comme c’est le cas présentement.

Ainsi donc, le contrôle des échanges entre Bruxelles et la Wallonie est le moyen principal et essentiel dont dispose la Flandre pour maintenir et renforcer sa maîtrise de Bruxelles. Et chaque citoyen franco-belge aura noté avec quelle facilité la Flandre a brisé, en 2011, la position, finalement inconsistante, des quatre partis politiques franco-belges à exiger l’élargissement et le désenclavement de Bruxelles comme contrepartie à leur acceptation de la sixième réforme institutionnelle. Au moment de l’effondrement du Royaume, la situation territoriale de Bruxelles sera la même qu’aujourd’hui, et son désenclavement une « conquête » à faire. Dès ce moment-là, les communications entre Bruxelles et la Wallonie, toutes les communications et tous les échanges dans les mains de la Flandre seraient un obstacle absolu à la viabilité du couple. Au mieux, l’État flamand en contrôlerait la vie commune. Au pire, il en obtiendrait la séparation.

On le sait, la Flandre ne lâchera rien, sauf si elle y est contrainte par une force extérieure qui s’imposera à elle. De plus, aucun État, aucune organisation internationale ne prendra véritablement fait et cause pour modifier les frontières de la Flandre au bénéfice de Bruxelles pour réunir à Bruxelles les « francophones » en situation majoritaire des communes et quartiers de sa périphérie, au nom du principe, largement appliqué dans le cas de l’ex-Yougoslavie, de l’intangibilité des limites administratives internes appelées à être transformées en frontières d’État. Il sera donc vain d’essayer d’obtenir, par cette voie-là, la constitution d’un corridor terrestre entre Bruxelles et la Wallonie par l’effet du rattachement à Bruxelles de la commune de Rhode-Saint-Genèse, commune flamande peuplée à près de 60 % de « francophones ».

Cependant, il est possible d’espérer une certaine bienveillance de la Communauté internationale sur la nécessité d’un « désenclavement » de Bruxelles , au motif évident qu’un État coupé en deux n’en est pas vraiment un. Pour autant, il est incertain que cet intérêt serait suffisant pour changer quelque chose. D’abord compte tenu du refus radical de la Flandre de consentir à la création d’un corridor de désenclavement, aussi modeste serait-il, obstacle qui sera très difficile à surmonter, ce qui découragera nombre d’États à agir vraiment. Ensuite parce que la « construction européenne » donnera des arguments puissants à tous les États qui n’auront guère envie de faire un effort pour Bruxelles et pour le couple Bruxelles-Wallonie : en effet, puisque l’Union européenne est censée garantir la libre circulation des biens (« marché unique »), des capitaux (notamment dans sa « zone monétaire ») et des personnes (« espace Schengen »), il sera aisé à tous d’affirmer que ce corridor de désenclavement n’est pas indispensable et encore moins nécessaire. Une posture européiste qui consistera à laisser dans l’ombre le fait patent que l’UE, construction politico-juridique incertaine, est bien incapable de garantir quoi que ce soit à qui que ce soit dans la durée, et certainement pas la libre circulation des personnes, faute de moyens régaliens propres (police, justice, fisc, douanes), dont l’exercice relève toujours des seuls États souverains, dont fera partie la future Flandre, avec des moyens régaliens tout neufs dont elle usera et abusera, sans véritable entrave possible (comme la France et le Danemark l’ont démontré ces toutes dernières années en suspendant, provisoirement et partiellement, certes, mais unilatéralement, l’application des accords Schengen, mesure contre laquelle les organes de l’UE ne purent rien opposer).

Et la France ? L’État français se trouverait dans une situation où il n’aurait rien à gagner à se distinguer des autres États, pour aider à la création d’un État « francophone » à son côté, donc une entité qui ne se voudrait pas « française », surtout pas, pour prétendre « exister », un État condamné donc à une francophobie dissimulée, comme il en aura été de tout temps du Royaume belge, un État de surcroit bien plus bancale et de durée de vie bien plus incertaine que l’État belge finissant. Alors que, tout au contraire, la Flandre, un voisin important et sûr, serait devenue, comme État nouveau et solide, plus importante et plus sûre que jamais. Il est donc hautement improbable que la France ferait quoi que ce soit de fort pour le désenclavement de Bruxelles et sa jonction territoriale avec la Wallonie, contre la Flandre, dans une telle configuration où, pas plus aujourd’hui, elle n’aurait quelque chose à attendre de cette cité et de cet État bicéphale. Pour que la France puisse adopter, le moment venu, une autre attitude, il faudrait alors, au moins, que la Wallonie accepte de devenir française, ce qui ferait du lien terrestre Wallonie-Bruxelles un sujet d’intérêt national français. Et, nous le verrons en VI, même dans cette hypothèse, le corridor terrestre reliant l’une à l’autre, et donc aussi à elle-même, que la France pourrait arracher parce qu’indispensable à ses yeux, serait bien modeste, du fait de son étroitesse et donc du manque de maîtrise souveraine des axes de communications majeures entre Bruxelles et la Wallonie qu’il apporterait.

4.8. La septième question fondamentale est celle de la capacité de durer, improbable, d’une telle construction fédérale, dotée d’aussi peu d’atouts pour survivre, aux faiblesses multiples persistantes, qui auraient été cependant connues dès sa gestation. Car, en faisant la supposition, assez grotesque, que les six questions fondamentales précédentes auraient été toutes à peu près résolues, donc en supposant franchie la toute première période de création formelle de l’État fédéral commun à la Wallonie et à Bruxelles, cet État bicéphale serait condamné immédiatement à l’instabilité, une instabilité permanente et qui deviendrait finalement mortelle.

En effet, dès que cet État serait malgré tout arrivé à voir le jour, dans le court terme qui suivrait ce moment, alors que toutes les difficultés précitées ne manqueraient pas de durer, comment stabiliser la répartition des compétences entre deux entités aussi dissemblables et le niveau central commun ? Comment ces deux entités parviendraient-elles à surmonter de concert leurs difficultés financières persistantes, de causes et d’ampleur si différentes ? Comment arbitrer dans tant de domaines les questions quotidiennes et urgentes qui se poseraient au tout nouvel État ? Citoyenneté, institutions, législations, fiscalité, dettes, dépenses, politiques économiques, systèmes sociaux, relations extérieures, etc., autant de matières pour lesquelles une infinité de sujets immédiats mettraient à rude épreuve l’unité si fragile et si récente du nouvel État wallon-bruxellois, compte tenu des tropismes et intérêts perpétuellement divergents de ses deux membres.

Et si malgré tout cela, le couple Wallonie-Bruxelles parvenait à résister aux épreuves des premiers temps, peut-on croire qu’un État Fédéral Wallonie-Bruxelles serait en mesure d’exister réellement, sans trop tarder ? Son fonctionnement oscillerait dangereusement et en permanence entre une « logique fédérale » (l’État commun aurait la primauté sur les entités fédérées) et une « logique confédérale » : les deux États fédérés en viendraient à s’auto-administrer, et tout ou presque du peu qui resterait mis « en commun » relèverait de leur entente incertaine. Du coup, quelle pourrait être la contribution substantielle de Bruxelles au réarmement économique de la Wallonie et à l’équilibre de ses comptes publics et sociaux ? Et de quel apport serait la Wallonie à Bruxelles pour l’aider à maintenir ses fonctions de capitale politique et financière et à desserrer l’étreinte flamande ? Le couple Wallonie-Bruxelles saurait-il maintenir une unité de vue et d’action dans les rapports, nécessairement difficiles, avec la Flandre ? Peut-on croire à l’unité d’action durable d’un tel attelage au plan économique ? Et au maintien d’une convergence suffisante dans le traitement des questions sociales ? En matière de diplomatie, de sécurité, la décomposition insidieuse de ces fonctions serait-elle évitée ? Chaque membre s’épuiserait en vain à soumettre ses projets à l’autre sans beaucoup obtenir de lui, les sujets d’intérêt réellement communs pesant peu face à la masse des sujets propres à chaque membre de l’union. En vérité, chacun des deux partenaires, bruxellois et wallon, serait de faible secours pour la solution des problèmes de l’autre. Et l’absence de continuité géographique serait un obstacle structurel supplémentaire et permanent à l’entretien des relations denses et étroites nécessaires à la survie durable de l’union politique.

De son côté, l’entité bruxelloise, essentiellement soucieuse de conserver les faveurs des instances européennes et transatlantiques, aux prises avec ses problèmes propres de maintien de son attractivité économique, avec ses questions politiques spécifiques liées au traitement de sa minorité flamande et à l’encerclement territorial flamand, et avec la non-résolution de ses problèmes sociaux dus notamment à sa forte minorité immigrée mal assimilée, aurait bien peu d’énergie et de moyens à consacrer à l’union avec la Wallonie, et certainement pas la totalité de ses ressources financières.

Quant à la Wallonie, confrontée avant tout à ses besoins de financement massifs et chroniques de ses services publics et avantages sociaux, aux tensions qui s’aiguiseraient entre les différents pôles de son territoire et aux inquiétudes de sa population menacée de paupérisation, et qui n’aurait que peu à espérer de Bruxelles, et en tout cas pas suffisamment pour remédier à ses propres problèmes, elle serait d’un faible secours pour aider Bruxelles, à qui elle aurait refusé le rang de capitale, à traiter les siens précités.

Du fait de toutes ces différences majeures, la Wallonie et Bruxelles, une fois laissées seules après le « départ » de la Flandre, formeraient un couple improbable. Un couple inapte à vivre durablement au sein d’un unique et véritable État. Car on voit donc mal comment, abandonnés à eux-mêmes, ces deux corps distincts d’une Belgique résiduelle parviendraient à se donner rapidement et à faire vivre durablement un État commun. Un État certainement de forme monarchique et d’organisation fédérale, mais dont toutes les institutions seraient à inventer, alors qu’il devrait être viable immédiatement puis le rester. Un État qui devrait être quelque chose de plus que la présente Communauté française, institution qui n’a pourtant pas la faveur des décideurs wallons et des décideurs bruxellois, qui fonctionne fort mal aux dires des uns et des autres, qui souhaitent pour beaucoup reprendre une partie de ses compétences. Avec cette tentative d’union, condamnée à l’échec, nous aurions au mieux une sorte de « confédération » lâche, donnant l’illusion, et pour bien peu de temps, de l’existence d’un « État » unique à l’extérieur, offrant ainsi momentanément satisfaction aux membres de l’Union européenne. Mais un « État » de façade, sans substance pour ses citoyens et ses entreprises, incapable de solidarité, inapte à impulser des actions communes d’importance. Une « confédération » si fragile qui survivrait très difficilement, puis disparaîtrait après une brève existence.

Il est utile d’ajouter ici que, dans le monde des États fédéraux, l’État fédéral bicéphale est une exception, une anomalie éphémère. Les États fédéraux qui durent sont tous constitués d’un nombre élevé de membres, donc aucun n’est assez fort pour menacer les équilibres d’ensemble ni l’autorité de la structure centrale. Au contraire, si les entités fédérées sont peu nombreuses, et surtout s’il n’y en a que deux ou trois, l’existence de l’État fédéral est très incertaine et sa vie limitée dans le temps, car un équilibre stable entre ses rares membres est impossible à maintenir, et son autorité est contestée par tous. La paralysie totale des institutions fédérales centrales le menace. Une telle paralysie a provoqué la disparition récente de l’ex-État fédéral bicéphale tchécoslovaque, et celle, catastrophique, de l’ex-Yougoslavie, du fait de la domination non admise de sa partie serbe. Et notons surtout que l’État belge lui-même est un État bicéphale, organisé autour de l’opposition de deux communautés antagonistes, qu’il reste le seul État bicéphale au monde, et ne pourra être encore longtemps le dernier à survivre à ce très grave handicap. Donc, et de même, un État bicéphale Wallonie-Bruxelles n’aurait guère de chance de réussir à se créer et encore moins de parvenir à exister durablement.

L’unité de culture et certaines convergences d’intérêts qui existent entre Bruxellois et Wallons font certes une communauté de destin. Mais ces liens ne sont pas suffisants, pas assez forts, compte tenu des divisions géographiques, économiques et sociologiques, politiques aussi, toutes difficilement réductibles, pour permettre de faire fonctionner durablement un État fédéral commun à la Wallonie et à Bruxelles. Les voies propres à chacun l’emporteraient le plus souvent sur les projets communs.

Si fait qu’une telle union, possible planche de secours dans la phase initiale de la partition, serait vite condamnée à devoir préparer la phase terminale d’une très brève vie commune.

4.9. Au final, il est patent que les questions de nature existentielle d’un État wallon-bruxellois seraient immenses, quasi-insolubles. Et dès les premiers temps de son existence s’il parvenait cependant à faire ses premiers pas. Un attelage étatique wallon-bruxellois se disloquerait vite, et Bruxelles se trouverait rapidement seule, toujours garrottée géographiquement et sans appui extérieur, ni européen, ni même français, car il serait devenu alors trop tard pour arriver à mobiliser celui-ci. Il s’agit donc là d’un projet aventureux et dangereux, à ne pas tenter. C’est essentiel : on ne crée pas un État « à titre transitoire », quand on sait que la volonté et la capacité de durer ensemble de ses composantes sont absentes. Et s’y on s’y risque, ça se termine vite et mal, car « une maison divisée contre elle-même ne peut pas tenir ».

En sus, il est à craindre que le soutien de l’Union européenne et des États voisins à la constitution d’un État fédéral aussi mal constitué serait faible. Pour tous – l’Union européenne, la France, l’Allemagne, la Hollande, et évidemment la Flandre – une séparation de la Wallonie et de Bruxelles sera préférée, avec discrétion si ce n’est publiquement. Une prise en charge, directe ou indirecte, de la Wallonie par la France, et, partant, de ses problèmes économiques et financiers, serait la formule la plus expéditive et la plus sûre pour la Flandre et le clan germanique, ainsi que les organes de l’UE, les mêmes ayant en tête de trouver une formule séparée, distincte, pour Bruxelles qui leur conviendrait bien mieux, en pouvant compter pour ce faire sur une partie des élites bruxelloises.

En conclusion, pour se maintenir uni, le couple wallon-bruxellois ne peut pas s’en tenir à ne compter que sur lui-même. Il doit recourir à une structure unificatrice extérieure. Il lui faut la contrainte constructive d’un État national bien établi, solide, dont l’existence ne repose pas sur leur seule entente, donc celle d’un État préexistant. Aujourd’hui, ce cadre étatique commun, c’est encore l’État belge avec la Flandre, laquelle le dirige depuis sa création, hier avec sa classe dirigeante francophone, maintenant avec sa classe dirigeante francophobe. Après la disparition du Royaume belge franco-flamand, Bruxelles, devant le constat qui s’imposera rapidement à elle de la non viabilité de l’État wallon-bruxellois, et avant d’envisager enfin de recourir à un État tiers pour maintenir un cadre commun avec la Wallonie, État tiers qui ne pourrait être que l’État national français, serait alors très probablement tenté par une autre voie, une voie propre et distincte, celle de la Cité-État souveraine.

(A suivre…)

Jacques Lenain

Dis-nous, Robert Collignon…

Robert CollignonA l’invitation de l’AWF, Robert Collignon s’exprimera samedi prochain à Jumet (lien) sur l’avenir de la Wallonie « dans la perspective des élections fédérales et régionales de 2014 ». Il y a vingt ans, cet ancien militant du MPW, engagé aux côtés d’André Renard et de Freddy Terwagne, a pris les commandes de la Région wallonne. Il succédait à Guy Spitaels, qui avait mis tout son poids politique au service de la Wallonie. Dans une Belgique devenue fédérale où l’on parlait déjà de confédéralisme en Flandre, il appartenait aux responsables politiques wallons d’affirmer l’existence de la Wallonie et d’envisager d’autres scénarios que son maintien forcé dans le cadre belge.

Robert Collignon est le dernier responsable wallon à ne pas avoir confondu l’émancipation de la Wallonie et la survie de la Belgique. Quand il s’adressait aux militants du PS, il évoquait sa vision d’une Wallonie devenue région de France. Depuis, la régression est générale. En dépit des crises, des blocages, des sondages, de l’appauvrissement programmé de la Wallonie, on martèle que la Belgique va durer toujours. Plus moyen de se penser autrement que belge. On fait le choix de s’enfermer dans un pays que la Flandre, dominante, avec une conscience affirmée d’elle-même, n’a pas fini de réformer à sa meilleure convenance. On s’engage à petits pas dans la 6e réforme de l’Etat, tremblant que la Flandre en demande encore plus. S’accrocher à un partenaire qui ne vous veut pas du bien, qui supporte encore moins vos succès que vos échecs,  cela renvoie au syndrome de la femme battue.

Cette attitude est nouvelle et doit être dénoncée comme telle. C’est du moins le point de vue que j’ai défendu devant Benoît Bayenet et Thierry Bodson quand, voici trois semaines, je suis allé les écouter parler de la 6e réforme de l’Etat (lien). Dès que l’occasion m’en fut donnée, je n’ai pas seulement invoqué la figure de Robert Collignon. Je suis remonté plus loin, puisque notre histoire est pleine de grandes figures wallonnes pour juger les errements d’aujourd’hui.  Sachant que Jean-Claude Marcourt (dont la présence était annoncée) et surtout Thierry Bodson font souvent référence à André Renard, j’ai notamment rappelé l’implication de celui-ci dans les troubles provoqués par la Question royale, quand la Wallonie était tout près de se déclarer indépendante avec le soutien de la France. Pour cet homme qui incarne encore aujourd’hui le combat wallon, et pour beaucoup d’autres qui ont voulu que la Wallonie existe, l’amour de la France allait de soi. Les historiens de l’identité wallonne, à commencer par Félix Rousseau, ont écrit qu’elle était une identité française (bon d’accord, dira-t-on, la Wallonie n’a pas besoin d’une identité… puisqu’elle est belge).

A Benoît Bayenet (qui représentait Jean-Claude Marcourt) et à Thierry Bodson, j’ai naturellement demandé quelle place était laissée à la France dans leur réflexion sur l’avenir de la Wallonie.

Thierry Bodson s’est dit partisan d’un Etat fédéral à quatre régions, sans communautés, ce qui, selon lui, réduirait les risques d’éclatement de la Belgique. En tant que représentant syndical, même si la FGTB n’a pas renoncé à la lutte des classes, il est un adepte de la concertation sociale, davantage pratiquée en Belgique qu’en France. Il continue à penser que la redistribution des richesses est plus généreuse en Belgique. Je n’ai pas voulu polémiquer. Pour Thierry Bodson, dans l’état actuel des choses, il n’y a pas de plan F.

Benoît Bayenet n’allait pas se montrer plus audacieux. Selon lui, il faut que la Wallonie construise son propre modèle dans une Belgique de plus en plus confédérale (mais il reconnaît que, pour le moment, ce qui domine, c’est plutôt l’absence de vision). Il ajoute qu’en tant qu’élu dinantais, il connaît bien le président (socialiste) de la région Champagne-Ardenne, de l’autre côté de la frontière, et il assure que celui-ci rêverait de se rattacher à la Wallonie pour échapper au jacobinisme parisien. Il est vrai, concède Benoît Bayenet, que la France évolue vers un régionalisme qui ne dit pas son nom, mais le transfert de nouvelles compétences aux régions n’est pas accompagné de moyens suffisants pour les exercer. Pas bien, la France. Là non plus, je n’ai pas voulu polémiquer. J’ai seulement pris note.

Pour contre-argumenter, le mieux, c’est de donner la parole à Robert Collignon. Cela tombe bien, il est l’invité de l’AWF. Venez l’écouter samedi prochain.

G.R.

Pas finie, la surenchère

C’est le « Vif-L’express » qui nous l’apprend. Nous sommes loin du battage médiatique réalisé à l’occasion de l’anniversaire du roi ou à l’occasion de la victoire de l’équipe belge de football. Ce ne sont pas ces deux derniers faits qui vont changer la face de la Belgique.

Non, il n’y a pas que la N-VA qui veuille plus de Flandre et moins de noir-jaune-rouge. C.D.&V et Open VLD, sans parler du Vlaams Belang, sont sur la même longueur d’onde.

Paul D.

Source : Belga

Bart SomersL’Open Vld veut la fin de l’obligation d’équilibre linguistique au sein du gouvernement fédéral, annonce son chef de groupe à la Chambre, Bart Somers, lundi dans les pages du Standaard. Interrogé lundi matin par la VRT-radio, le président du MR Charles Michel a rejeté toute suppression de la parité linguistique au sein du gouvernement.

Pour M. Somers, il convient d’en finir avec les « verrous confédéraux » dans la structure d’Etat fédéral. « Les deux groupes linguistiques au Parlement peuvent se neutraliser l’un l’autre, sans jamais bouger d’un millimètre. C’est tout sauf démocratique », estime l’ancien président des libéraux flamands.

Celui-ci plaide dès lors pour l’abrogation de la règle imposant la parité linguistique au sein du gouvernement fédéral étant donné que les Flamands représentent plus de la majorité de la population du pays.

Les errements de l’AWEX-OFI

L’AWEX-OFI, l’Administration «OVNI» totalement incontrôlée par le Ministre de tutelle. Information exclusive.

awexNombreux sont les Wallons qui ignorent ce que représente l’AWEX-OFI, qui cependant est un des outils du Gouvernement wallon, assurant certaines modalités d’application du Plan Marshall, en vue du redressement économique et la diminution du chômage en Wallonie.

Cette administration, qui se trouve sous la tutelle du Ministre de l’économie, a pour but de promouvoir les exportations et d’attirer les investisseurs étrangers.

 Son Administrateur général, Philippe Suinen, est bien connu des Directeurs de PME, grâce à son service «d’incitants financiers» qui octroie, systématiquement, des subsides couvrant 50% des frais de voyages, d’hôtels, de restaurations et autres, lors de prospections en dehors de l’Union Européenne.

Point n’est besoin de prouver les résultats du voyage de prospection, seule la volonté d’effectuer le déplacement est récompensée.

La technique est bien rôdée, les attachés commerciaux en poste dans le réseau, savent qu’il est préférable, dans le cadre de leurs évaluations personnelles annuelles, de remettre un avis positif à la demande de subsides, surtout si la société intéressée est localisée dans la province du Hainaut.

Considérant que le budget de fonctionnement de cette administration est supervisé par le Gouvernement wallon, qui a désigné ses représentants au Conseil d’Administration, il devrait être possible de suivre et de contrôler les dépenses comparées aux résultats obtenus. Signalons au passage que les partenaires sociaux y ont également des représentants.

Nombreux sont les effets d’annonces relayés par la presse subventionnée, mais en réalité, les exportations ne décollent pas, se maintenant annuellement aux environ de 40 Milliards d’Euros durant les cinq derniers exercices, alors que la Flandre atteint 184 Milliards d’Euros, soit plus de quatre fois le chiffre du sud du Pays.

Durant le premier semestre 2012, les exportations wallonnes ont diminué de 4,7% alors que celles de la Flandre ont augmenté de 1,1% (Bruxelles a connu une forte hausse de 16,7%).

Quant aux investissements étrangers, cela fait trois ans que les rapports publient les mêmes implantations, malgré les fonds engagés pour la promotion de notre région en tant que terre d’accueil, et le chômage poursuit son augmentation.

Les représentants du Gouvernement wallon au CA se contentent des résultats publiés, sans se poser de questions en matière de dépenses réalisées sur le compte des contribuables.

Prenons comme exemple les montants exorbitants qui ont été dépensés pour obtenir la certification «ISO 9001» et qui sont récurrents dans le cadre des contrôles annuels de l’organisme international de Normalisation.

Il s’agit d’un mécanisme qui permet à la hiérarchie de l’AWEX-OFI, de se dégager de toutes responsabilités, en faisant simplement appliquer par la base, les procédures édictées par l’organisme.

Remarquons, que la filiale belge de «ISO» (Veritas Belgium d’Anvers) n’applique pas les propres règlements de l’organisation internationale, puisqu’aucun contrôle n’est exercé en matière de services dans les postes des Pays étrangers, où sont localisés les attachés économiques et commerciaux.

Dès lors, il apparait clairement que seule une partie de l’AWEX-OFI peut bénéficier de l’appellation «ISO 9001» et que ce logo, qui coute très cher, est totalement inutile.

En bref, les montants importants que représente cette certification ne servent à rien et pourraient être consacrées à des projets en adéquation avec la situation économique et financière du moment.

Le rôle du CA est de s’assurer du bon fonctionnement des services internes et externes de l’AWEX-OFI, or les membres se contentent d’acter les rapports de l’Administrateur général, sans vérifier les nombreux dysfonctionnements internes qui existent, bien que la certification «ISO 9001» soit reconduite chaque année, moyennant le paiement du «soi-disant» contrôle.

On peut également s’interroger sur la fonction et la position de la Cours des Comptes.

En parlant de contrôles, il est aberrant de constater les «libertés» dont disposent certains Attachés commerciaux en postes, qui ne subissent aucun contrôle sur des périodes dépassant 5 ans voir même 10 ou 20 ans, ou qui sont particulièrement bien protégés par «les petits copains» de la Direction.

Certaines rumeurs auraient cependant fait apparaitre des «confusions de patrimoine» dans un Pays d’Amérique du Sud, ainsi que des déclarations de créances pour des déplacements de 70.000 Kms / an dans une juridiction d’Europe, ce qui correspondrait à +/- 350 Kms/jour de travail, ne permettant pas à l’agent concerné  d’exercer d’autres tâches administratives. C’était également le cas dans un poste d’Asie du Sud-Est, sans tenir compte d’une ardoise importante laissée il y a quelques années par l’Attaché lors de son transfert vers un autre poste.

Il faut également savoir que la Direction a mis deux ans et bénéficié de rumeurs, pour s’apercevoir qu’un Attaché commercial assigné dans un Pays de l’UE, n’occupait pas ses fonctions, mais continuait à gérer sa petite société en Wallonie. Le C4 lui a été signifié dans la plus grande discrétion.

Il est intéressant de remarquer que l’absence de l’Attaché commercial de son poste de travail  n’a pas modifié le résultat des exportations dans ce Pays.

L’attraction des investisseurs étrangers est sous la responsabilité de l’OFI (Office for Foreign Investors), qui dépend de l’AWEX.

Ce domaine est très spécifique et nécessite des contacts à très haut niveau. Il est donc indispensable de posséder une très grande expérience dans le domaine financier et économique, afin d’aborder des décideurs de Holdings ou des groupes industriels étrangers.

Les Pays émergents du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) constituent actuellement les principales localisations d’investisseurs potentiels, surtout la R.P. de Chine.

La Direction de l’AWEX-OFI l’a compris très tardivement et pour rattraper le retard, a décidé d’ouvrir deux bureaux de représentation dans le centre et le sud de la Chine, en recrutant pour l’un d’entre-eux une «Call Girl» certes très attrayante et particulièrement appréciée par l’Attaché commercial et sa hiérarchie directe, mais ne disposant ni de la formation, ni de l’expérience et des relations indispensables, pour mener à bien des contacts de très haut niveau, avec l’espoir de finaliser l’investissement.

Considérant que le minimum de formation d’études requises pour une fonction de Consultance en recherche d’investisseurs est un MBA, lorsque l’expérience est absente, la Direction de l’AWEX a reçu de la part de l’Attaché en poste, une demande de formation complémentaire, qui a été refusée, à cause du précédent qu’une autorisation aurait provoqué.

Il est probable que Monsieur Suinen ne soit même pas informé de ce qui se trame. Dans le cas contraire, il couvrirait la déviance des procédures d’embauches de l’AWEX, ainsi que des gestions salariales, qui pour les agents locaux en Chine, doivent passer par une société d’intérim gouvernementale.

Mentionnons également la frénésie qui s’est emparée de la Direction de l’AWEX-OFI dans le cadre de l’implantation «d’incubateurs» dans chaque province wallonne en vue d’accueillir des investisseurs potentiels, mais qui les laissent à leur triste sort dès qu’ils occupent les lieux, et que leurs contacts éventuels sont perturbés par les grèves de la SNCB et des TEC…

Ces errements qui ne subissent aucun contrôle de gestion ni financier de la part du Ministère de tutelle et qui représentent plusieurs Millions d’Euros, sont payés de manière récurrente par le contribuable.

L’attitude des responsables de la société de Conseils «Ernst & Young», assez critiques vis-à-vis de la gestion de l’AWEX-OFI se comprend mieux, lorsque certaines investigations permettent la mise à jour de dysfonctionnements maintenus sous le couvercle.

En cette période de restriction budgétaire, il serait bon que les mandataires politiques du gouvernement wallon se ressaisissent, en veillant à réduire les dépenses, plutôt que d’augmenter les recettes en taxant davantage les contribuables.

Il y a lieu de préparer l’avenir, qui verra l’abandon des transferts Nord-Sud d’ici peu, ce qui ne permettra plus les dépenses superflues et sans effets de retour pour l’économie wallonne.

Alain Proviste

Ensival-Moret Belgique, à mille lieues du coup de pompe !

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire suivre l’article que m’envoie Nico Cué, secrétaire général des M.W.B. (métallurgistes Wallonie Bruxelles). D’abord parce que nous montrons par là que nous sommes sensibles aux victoires que marque le tissu industriel wallon et la SRIW, mais aussi parce que cela se passe à Ensival (Verviers), là où je suis né voici quelques dizaines d’années. Je suis également heureux de vous présenter un exemple qui réunit tous les ingrédients de la réussite : un personnel qualifié et performant, une gamme de produits à haute valeur ajoutée de grande qualité, non délocalisables, un groupe qui exporte aux quatre coins du monde dans plus de 100 pays et qui a su investir quand il le fallait, de vrais patrons qui ne sont pas des financiers comme Mittal, mais des commerciaux dynamiques qui connaissent leurs forces et les marchés qu’ils doivent conquérir, un groupe qui a une vision d’avenir.

Enfin, cerise sur le gâteau, la réussite est le fruit d’un mariage entre deux sociétés, l’une française, Moret, l’autre wallonne, Bertrand, qui a été relayée par la Région wallonne au moment où il le fallait.

Paul Durieux.

ensival-moret« Je travaille chez Ensival-Moret depuis 29 ans », commente un des membres de la délégation MWB-FGTB qui nous reçoit, « et je n’ai pas encore fait le tour de toute la gamme de nos produits ».

Ensival-Moret Belgique conçoit, usine, monte et répare des pompes : de toutes tailles et de tous usages, pour autant qu’il s’agisse de liquide. Même s’il y a un catalogue de base, les pompes qui sortent de chez EMB sont pour la plupart customisées sur un cahier des charges systématiquement personnalisé à la demande du client.  Elles doivent résister à des acides, ou à des hautes températures, ou à des hautes pressions, ou à tout çà à la fois.  Elles sont grosses ou petites, mais elles ont nécessairement une grande valeur ajoutée.  Les pompes standards ou de faible valeur ajoutée sont fabriquées ailleurs, par d’autres ou sur d’autres sites du groupe.

Ensival-Moret Belgique (EMB) fait partie d’un groupe né fin 2000 du rapprochement de deux sociétés familiales, l’une française (Moret) et l’autre belge (les pompes d’Ensival, appartenant à la famille Bertrand).  En 2004, une réorganisation financière a vu disparaître la famille Bertrand de la liste des actionnaires et l’entrée de la SRIW à hauteur de 30% du capital. Le groupe compte des sites de production aux 4 coins du monde, de Shanghai aux Etats-Unis, d’Inde au Brésil ou de Pologne au Chili… et de nouveaux sites sont à l’étude, le monde de la pompe est en développement constant !

Il faut ajouter à cela des filiales de service après-vente et des bureaux de représentation commerciale, pour une société qui livre ses produits, au total dans une centaine de pays de par le monde.  Enfin, le groupe vient de racheter une fonderie en France afin d’accélérer les délais de production.

Pas pour rien que l’entreprise a décidé, il y a quelques années, non pas de rénover ses locaux mais carrément de déménager et de remplacer plus que partiellement le parc machines.  Désormais sur le Zoning des Plenesses, le bâtiment accueille une station d’essai avec la fosse la plus profonde en Europe !

Et les bonnes nouvelles ne semblent pas s’arrêter là puisqu’à l’horizon 2014-2017 on parle d’agrandir les locaux, d’engager 25 ouvriers et 25 employés, d’acheter de nouvelles machines… et d’aménager le temps de travail en 3 pauses désormais.

Ce dernier point fera l’objet d’ailleurs de nombreuses heures de discussion encore entre les représentants des travailleurs et les membres de la direction.  « Nous sommes conscients de la chance que nous avons de travailler dans une boîte qui cartonne et sur une niche de produits dont on repousse sans cesse les limites » (on rêve de pompes destinées à des « solides » tels les cimenteries ou autres produits de carrière).  « Nous souhaitons toutefois souligner que cette chance n’est pas le fruit d’un simple coup de bol. »  C’est le résultat des efforts consentis par des équipes de femmes et d’hommes qualifiés, qui sont passés par les années de vaches maigres d’avant 2000 et qui n’ont jamais cessé de croire dans l’avenir d’EMB.

« Nous souhaitons continuer à aller de l’avant et enregistrer de nouvelles victoires.  Des victoires commerciales bien sûr.  Mais surtout victoires en termes de bien-être social ! »

Rosario Ponsard, Benoit Schmetz, Fabrice Nokin

Journée de rencontres et de réflexion

L’AWF invite ses membres, sympathisants, ou toute personne intéressée, à participer à une journée de rencontres et de réflexion.
Château MondronCelle-ci se tiendra le samedi 15 juin 2013, de 10 à 16 heures au Château MONDRON, 57 chaussée de Fleurus à Jumet.

Programme :

– 10h : accueil par Georges-Henry SIMONIS, président de l’ A.S.B.L. Château de Mondron.

– 10h15 : présentation du programme d’actions de l’AWF pour l’année 2013-2014 par Paul DURIEUX, président de l’AWF.

– 10h45 : présentation de son livre « le retour à la France », par G.-H. SIMONIS.

Robert Collignon– 11h : « Quel avenir pour la Wallonie dans la perspective des élections fédérales et régionales de 2014 ? » par M. Robert COLLIGNON, ancien ministre-président de la Wallonie.

– 11h45 : débat.

– 12h30 : buffet garni (10 € de participation).

– 14h : petit salon littéraire, présentation de livres édités en Wallonie ou en France par des auteurs de chez nous : Chantal Van HUFFELEN, Emilie MALBURNY, Pierre HAZETTE, Louis NISSE, et les éditions Tandem.

– 15h à 16h : clôture en chansons françaises, par Croque-Notes.

N.B. : un covoiturage sera organisé à partir de Liège.

INSCRIPTIONS NÉCESSAIRES AVANT LE 13 JUIN 2013, par courriel ou téléphone :

pauldurieux2003@yahoo.fr / 04 263 69 17
ou bien
ghsimonis@voo.be / 0485 53 56 23

La chimère wallo-brux (II)

Puisque les partis francophones dominants peuvent compter sur la collaboration de nombreux experts, pourquoi donnent-ils l’impression de ne pas savoir où aller, de s’en tenir à des formules, à des velléités ?

Le fameux plan B francophone, agité pour faire croire aux Wallons et aux Bruxellois que, quoi qu’il arrive, ils resteront belges ensemble, a-t-il seulement fait l’objet d’une amorce de début de commencement de réflexion ?

Nous poursuivons ici la publication de l’analyse qu’en fait Jacques Lenain. (Pour relire la partie précédente de cette analyse, cliquer ici.)

Présentation Bruxelles

4.3. La seconde question fondamentale, fort liée à la première, mais distincte, est que la Belgique de langue et de culture française, autrement dit la « Communauté française de Belgique » n’est pas assez distincte et différente de la France pour exister en tant que « nation » à son côté, et donc comme « État indépendant » à côté de l’État français. Car l’existence de cette « base nationale », socle majeur d’un État souverain nouveau, à qui il faudrait déjà naître et puis arriver à survivre, avant de pouvoir exister et durer, outre qu’elle doit se prouver à titre « interne », doit aussi se prouver à titre « externe » : la substance d’une « nation » s’exprime aussi fondamentalement par ce qui la différencie des « nations » qui l’entourent. Or la Communauté française de Belgique, une fois réduite à elle-même, ne peut « exister » par rapport à la France . Ce qui fait l’identité différente de la « Belgique française » par rapport à la France, c’est qu’elle a appartenu et appartient encore à un espace politique belge, opposé politiquement à la France, doté d’une dimension néerlandaise, flamande, qui existe et domine cet espace depuis des siècles. Une fois cette dimension flamande logée dans un État national flamand, que restera-il de l’identité belge « francophone » ? Quelque chose, certainement, qui est l’héritage de ce long compagnonnage, mais certainement pas assez de quoi fonder une « identité nationale » propre face à l’identité nationale française, écrasante par sa force intrinsèque et sa proximité encombrante.

Il y a bien une identité commune à la Wallonie et à Bruxelles, elle est historique, mémorielle, mais il n’y a pas une dimension plus large de cette identité commune qui pourrait faire appel au concept d’identité « francophone », d’identité nationale « francophone ». Une telle pseudo-identité « francophone » n’a évidemment rien « de propre et de commun » au couple Wallonie-Bruxelles, dont la population est d’identité « française », et n’est que cela. Il n’y a pas d’identité nationale « francophone » qui tienne ou qui pourrait tenir à la place et à côté de l’identité nationale française. Et cette identité mémorielle « belge » plus que « francophone » ne peut rivaliser avec cette identité « française », qui l’emportera totalement et fatalement dès que la Belgique franco-flamande aura cessé d’exister.

Le fait qu’on ne peut avoir deux « identités nationales » distinctes et deux États nationaux côte à côte qui partageraient les mêmes fondements linguistiques et culturels, alors que le premier État serait doté d’une existence manifeste et millénaire et le second d’une identité dérivée et d’aucun passé se vérifie aisément : en Europe, ça n’existe pas. En Suisse romande, personne ne revendique une « identité nationale francophone ». Il n’y a même pas d’entité politique de « Suisse romande », autrement dit de « région fédérée » de Suisse romande. On se contente d’y exprimer une « loyauté suisse », avec d’autant plus de vigueur que la Suisse est la triple promesse tenue d’une grande stabilité politique, d’une constante prospérité économique et d’une paix durable. Et toute similitude avec l’Autriche est à rejeter, la comparaison entre elle et la Belgique française étant cependant fort utile à faire. Car si l’Autriche est bien une « nation germanophone » accolée au flan de la « nation allemande », son existence comme État-nation est millénaire, précède de loin celle de l’unité prusso-allemande. La nation autrichienne peut encore exister au côté de la nation allemande car elle dispose d’une mémoire nationale considérable, d’un « centre national » incontestable et prestigieux, Vienne, l’une et l’autre ayant été le centre d’un Empire majestueux, dont l’Empereur a justement été pendant quatre siècles celui de toute l’Allemagne. Rien de tel, vraiment rien, n’existe pour pouvoir affirmer l’existence soudaine d’une « nation francophone » qui serait distincte de la nation française : un espace belge « si français » et « coupé en deux », dépourvu de toute centralité, et dépourvu aussi de passé étatique propre (et le passé de l’ex-Principauté de Liège ne saurait en tenir lieu, car elle ne rassemblait qu’une petite moitié de la Wallonie actuelle et était étrangère à Bruxelles) ne saurait devenir, d’un coup, au côté de la France, ce qu’est l’Autriche, depuis si longtemps, au côté de l’Allemagne.

4.4. La troisième question fondamentale réside dans la faculté très incertaine de deux entités aussi dissemblables de construire les institutions politiques et administratives communes d’un État fédéral. En effet, et contrairement à une opinion répandue, un tel État ne pourrait, sur le plan institutionnel, se borner à continuer l’ancienne Belgique, une fois la Flandre « partie ».

L’organisation des pouvoirs, le partage des compétences entre niveau fédéral et entités fédérées, régionales et communautaires, les dispositifs financiers, fiscaux et budgétaires, sont autant de règles fixées par la présente Constitution belge qui sont conçues en fonction même de l’existence de la partie flamande (composition du Parlement, du gouvernement, répartition des attributions entre Communautés et Régions, lois de financement et transferts financiers, etc.). La Constitution belge serait donc caduque, et une nouvelle constitution serait à construire pour le nouvel État wallo-bruxellois.

Ainsi, dès ses premiers instants, ce couple incertain de lui-même devrait s’accorder pour définir ses institutions politiques communes, donc sa constitution, et notamment s’entendre sur l’équilibre des pouvoirs des deux membres. Or, définir par cette nouvelle constitution, l’organisation des pouvoirs entre la Wallonie et Bruxelles, serait une tâche très ardue, compte tenu des intérêts divergents précités des deux entités.

Une fois traitée la seule chose facile, à savoir de donner/conserver au nouvel État sa forme monarchique, tout ce qui suit paraît insoluble. Car comment organiser le juste équilibre des pouvoirs, ce qui revient à devoir choisir entre le principe de parité, soit le même poids pour Bruxelles et la Wallonie au sein des organes fédéraux, législatifs et exécutifs, et le principe de proportionnalité, qui conduit à tenir compte du fait que les Wallons sont plus de trois fois plus nombreux que les Bruxellois ?

Ce serait tout d’abord le cas de la composition « fédérale » du Parlement et du Gouvernement, qui devrait à la fois reconnaître la parité/égalité des deux membres fédérés, tout en faisant droit au fait majoritaire de la population wallonne, et alors même qu’il faudrait éviter la domination d’une entité par l’autre. Et cet équilibre serait tout aussi difficile à établir dans le champ financier, fiscal et budgétaire, afin de maintenir une solidarité suffisante entre les deux membres, sans que celle-ci « étouffe » Bruxelles au seul bénéfice de la Wallonie, et ne s’exerce aux dépens de l’avenir économique des deux membres.

A cette première série d’obstacles relative à la relation institutionnelle, horizontale, entre la Wallonie et Bruxelles s’en ajouterait une seconde, verticale, portant sur l’organisation des compétences entre les deux entités fédérées et l’instance supérieure fédérale. Où seraient « logées », par exemple, les compétences éducatives et culturelles, aujourd’hui détenues par la « Communauté française » ? Autre exemple, quelles seraient les compétences fiscales et budgétaires de l’État fédéral, et notamment son autorité en ces matières sur les entités wallonne et bruxelloise ? Bruxelles et la Wallonie restent et resteront trop distantes pour, une fois laissées à elles-mêmes par le départ de l’élément dominant belgo-flamand, pouvoir concevoir rapidement un État commun, et encore plus faire vivre immédiatement et durablement cet État dont le fonctionnement serait subordonné à leur entente.

4.5. La quatrième question fondamentale tient à l’aptitude contestable d’une telle union à affronter les énormes difficultés, immédiates, qu’aurait à surmonter un État wallo-bruxellois, pour arriver à naître, dans l’urgence, alors même que les questions institutionnelles précitées ne seraient pas encore réglées. Car, après la séparation d’avec la Flandre, les deux entités seraient plus que jamais en butte à des intérêts dissemblables, qui seraient de surcroît immédiatement accentués, à des problèmes toujours bien différents pour l’une et pour l’autre, qui seraient aussitôt bien plus aiguisés.

Dans ces conditions, peut-on fonder des espérances sérieuses sur la solidité d’un couple wallo-bruxellois qui serait d’emblée confronté aux négociations de la partition de l’État belge et à ses problèmes redoutables ? Peut-on attendre une action unifiée des Bruxellois et des Wallons pour « copiloter » sans division la séparation d’avec la Flandre, une Flandre qui sera dotée d’une vraie unité et animée d’une volonté farouche d’en découdre ? Une telle union parviendrait-t-elle donc à résister au processus même de la partition et de tous ses sujets redoutables qui constituent l’essence de la partition d’un État ? Par exemple, celui de la partition des dettes publiques et autres passifs, engagements et biens de l’ex-État fédéral ? Celui de la partition des administrations fédérales, dont nombre sont largement placées sous direction flamande ? Celui du sort des « francophones » de la périphérie bruxelloise, au moins là où ils sont très majoritaires ? Celui de la teneur de la jonction géographique à établir par le pertuis flamand ? Ce serait là un processus d’une grande urgence, d’une grande brutalité, très douloureux, très exigeant, qui soumettrait à une très rude épreuve les centres dirigeants respectifs de la Wallonie et de Bruxelles. On peut douter fortement que le couple Wallonie-Bruxelles y résisterait alors que, face à la Flandre, la Wallonie et Bruxelles n’auraient, dès cette épreuve-là et à ce moment-là, pas les mêmes priorités, la principale étant financière pour l’une, territoriale pour l’autre, et toutes deux d’urgence immédiate. Et sans que chaque entité soit en situation de contribuer substantiellement à la résolution des problèmes communs comme de ceux de l’autre.

A très court terme encore, et parallèlement aux négociations très dures avec la Flandre, décideurs wallons et bruxellois devraient de plus résoudre un autre ensemble de difficultés immédiates, celles relatives aux premiers pas du jeune État « francophone ». Ainsi, décideurs wallons et bruxellois parviendraient-ils à s’accorder sur les solutions d’urgence à retenir et à mettre en œuvre pour maîtriser la considérable dette publique précitée, pour la part immédiatement reçue en héritage, ainsi que les énormes déficits publics qui se présenteraient sans attendre ? Seraient-ils à même d’arbitrer la multitude de tous les autres sujets en matières financière, fiscale et budgétaire, absolument vitales pour tout État au moment de sa naissance ? Seraient-ils en mesure de s’accorder sans délai sur les premières mesures provisoires de partage des pouvoirs constitutifs du nouvel État wallo-bruxellois, dans l’attente de leur mise au point définitive dans la Constitution future, compte tenu des difficultés susmentionnées ? Seraient-ils en situation de construire très vite une administration centrale fiable avec les débris hérités de l’ex-administration centrale belge largement façonnée par les Flamands ?

(A suivre…)

Jacques Lenain

Les plans B de la Wallonie

La Meuse, tableauxTroisième volet de l’enquête publiée par les journaux du groupe Sudpresse sur « la Wallonie sans tabou ». Aujourd’hui : « les plans B de la Wallonie » (le pluriel est important car il permet le débat).

La Meuse, MélenchonPour ceux qui n’ont pas acheté La Meuse ou La Nouvelle Gazette du jour, nous avons extrait ces éléments du dossier (cliquer sur les images) :

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde