Les errements de l’AWEX-OFI

L’AWEX-OFI, l’Administration «OVNI» totalement incontrôlée par le Ministre de tutelle. Information exclusive.

awexNombreux sont les Wallons qui ignorent ce que représente l’AWEX-OFI, qui cependant est un des outils du Gouvernement wallon, assurant certaines modalités d’application du Plan Marshall, en vue du redressement économique et la diminution du chômage en Wallonie.

Cette administration, qui se trouve sous la tutelle du Ministre de l’économie, a pour but de promouvoir les exportations et d’attirer les investisseurs étrangers.

 Son Administrateur général, Philippe Suinen, est bien connu des Directeurs de PME, grâce à son service «d’incitants financiers» qui octroie, systématiquement, des subsides couvrant 50% des frais de voyages, d’hôtels, de restaurations et autres, lors de prospections en dehors de l’Union Européenne.

Point n’est besoin de prouver les résultats du voyage de prospection, seule la volonté d’effectuer le déplacement est récompensée.

La technique est bien rôdée, les attachés commerciaux en poste dans le réseau, savent qu’il est préférable, dans le cadre de leurs évaluations personnelles annuelles, de remettre un avis positif à la demande de subsides, surtout si la société intéressée est localisée dans la province du Hainaut.

Considérant que le budget de fonctionnement de cette administration est supervisé par le Gouvernement wallon, qui a désigné ses représentants au Conseil d’Administration, il devrait être possible de suivre et de contrôler les dépenses comparées aux résultats obtenus. Signalons au passage que les partenaires sociaux y ont également des représentants.

Nombreux sont les effets d’annonces relayés par la presse subventionnée, mais en réalité, les exportations ne décollent pas, se maintenant annuellement aux environ de 40 Milliards d’Euros durant les cinq derniers exercices, alors que la Flandre atteint 184 Milliards d’Euros, soit plus de quatre fois le chiffre du sud du Pays.

Durant le premier semestre 2012, les exportations wallonnes ont diminué de 4,7% alors que celles de la Flandre ont augmenté de 1,1% (Bruxelles a connu une forte hausse de 16,7%).

Quant aux investissements étrangers, cela fait trois ans que les rapports publient les mêmes implantations, malgré les fonds engagés pour la promotion de notre région en tant que terre d’accueil, et le chômage poursuit son augmentation.

Les représentants du Gouvernement wallon au CA se contentent des résultats publiés, sans se poser de questions en matière de dépenses réalisées sur le compte des contribuables.

Prenons comme exemple les montants exorbitants qui ont été dépensés pour obtenir la certification «ISO 9001» et qui sont récurrents dans le cadre des contrôles annuels de l’organisme international de Normalisation.

Il s’agit d’un mécanisme qui permet à la hiérarchie de l’AWEX-OFI, de se dégager de toutes responsabilités, en faisant simplement appliquer par la base, les procédures édictées par l’organisme.

Remarquons, que la filiale belge de «ISO» (Veritas Belgium d’Anvers) n’applique pas les propres règlements de l’organisation internationale, puisqu’aucun contrôle n’est exercé en matière de services dans les postes des Pays étrangers, où sont localisés les attachés économiques et commerciaux.

Dès lors, il apparait clairement que seule une partie de l’AWEX-OFI peut bénéficier de l’appellation «ISO 9001» et que ce logo, qui coute très cher, est totalement inutile.

En bref, les montants importants que représente cette certification ne servent à rien et pourraient être consacrées à des projets en adéquation avec la situation économique et financière du moment.

Le rôle du CA est de s’assurer du bon fonctionnement des services internes et externes de l’AWEX-OFI, or les membres se contentent d’acter les rapports de l’Administrateur général, sans vérifier les nombreux dysfonctionnements internes qui existent, bien que la certification «ISO 9001» soit reconduite chaque année, moyennant le paiement du «soi-disant» contrôle.

On peut également s’interroger sur la fonction et la position de la Cours des Comptes.

En parlant de contrôles, il est aberrant de constater les «libertés» dont disposent certains Attachés commerciaux en postes, qui ne subissent aucun contrôle sur des périodes dépassant 5 ans voir même 10 ou 20 ans, ou qui sont particulièrement bien protégés par «les petits copains» de la Direction.

Certaines rumeurs auraient cependant fait apparaitre des «confusions de patrimoine» dans un Pays d’Amérique du Sud, ainsi que des déclarations de créances pour des déplacements de 70.000 Kms / an dans une juridiction d’Europe, ce qui correspondrait à +/- 350 Kms/jour de travail, ne permettant pas à l’agent concerné  d’exercer d’autres tâches administratives. C’était également le cas dans un poste d’Asie du Sud-Est, sans tenir compte d’une ardoise importante laissée il y a quelques années par l’Attaché lors de son transfert vers un autre poste.

Il faut également savoir que la Direction a mis deux ans et bénéficié de rumeurs, pour s’apercevoir qu’un Attaché commercial assigné dans un Pays de l’UE, n’occupait pas ses fonctions, mais continuait à gérer sa petite société en Wallonie. Le C4 lui a été signifié dans la plus grande discrétion.

Il est intéressant de remarquer que l’absence de l’Attaché commercial de son poste de travail  n’a pas modifié le résultat des exportations dans ce Pays.

L’attraction des investisseurs étrangers est sous la responsabilité de l’OFI (Office for Foreign Investors), qui dépend de l’AWEX.

Ce domaine est très spécifique et nécessite des contacts à très haut niveau. Il est donc indispensable de posséder une très grande expérience dans le domaine financier et économique, afin d’aborder des décideurs de Holdings ou des groupes industriels étrangers.

Les Pays émergents du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) constituent actuellement les principales localisations d’investisseurs potentiels, surtout la R.P. de Chine.

La Direction de l’AWEX-OFI l’a compris très tardivement et pour rattraper le retard, a décidé d’ouvrir deux bureaux de représentation dans le centre et le sud de la Chine, en recrutant pour l’un d’entre-eux une «Call Girl» certes très attrayante et particulièrement appréciée par l’Attaché commercial et sa hiérarchie directe, mais ne disposant ni de la formation, ni de l’expérience et des relations indispensables, pour mener à bien des contacts de très haut niveau, avec l’espoir de finaliser l’investissement.

Considérant que le minimum de formation d’études requises pour une fonction de Consultance en recherche d’investisseurs est un MBA, lorsque l’expérience est absente, la Direction de l’AWEX a reçu de la part de l’Attaché en poste, une demande de formation complémentaire, qui a été refusée, à cause du précédent qu’une autorisation aurait provoqué.

Il est probable que Monsieur Suinen ne soit même pas informé de ce qui se trame. Dans le cas contraire, il couvrirait la déviance des procédures d’embauches de l’AWEX, ainsi que des gestions salariales, qui pour les agents locaux en Chine, doivent passer par une société d’intérim gouvernementale.

Mentionnons également la frénésie qui s’est emparée de la Direction de l’AWEX-OFI dans le cadre de l’implantation «d’incubateurs» dans chaque province wallonne en vue d’accueillir des investisseurs potentiels, mais qui les laissent à leur triste sort dès qu’ils occupent les lieux, et que leurs contacts éventuels sont perturbés par les grèves de la SNCB et des TEC…

Ces errements qui ne subissent aucun contrôle de gestion ni financier de la part du Ministère de tutelle et qui représentent plusieurs Millions d’Euros, sont payés de manière récurrente par le contribuable.

L’attitude des responsables de la société de Conseils «Ernst & Young», assez critiques vis-à-vis de la gestion de l’AWEX-OFI se comprend mieux, lorsque certaines investigations permettent la mise à jour de dysfonctionnements maintenus sous le couvercle.

En cette période de restriction budgétaire, il serait bon que les mandataires politiques du gouvernement wallon se ressaisissent, en veillant à réduire les dépenses, plutôt que d’augmenter les recettes en taxant davantage les contribuables.

Il y a lieu de préparer l’avenir, qui verra l’abandon des transferts Nord-Sud d’ici peu, ce qui ne permettra plus les dépenses superflues et sans effets de retour pour l’économie wallonne.

Alain Proviste

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