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La vérité selon Jacques Attali

Jacques Attali : « Il y a des moments où la guerre est nécessaire. »

Attali

Lu sur le site du journal Le Soir le 12 septembre 2015 :

Pour l’intellectuel, la dérive du capitalisme conduirait à une prolifération de conflits menant à un « hyperconflit ».

Jacques Attali est économiste, professeur, écrivain. Il fut aussi le conseiller spécial du président François Mitterrand. Premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement après la Chute du Mur de Berlin, il est aujourd’hui avec sa société PlanNet Finance, engagé dans la croisade de la microfinance. Mais, aujourd’hui, il fait surtout figure de prophète ou de devin. Dans son livre Une brève histoire de l’avenir, il « annonçait », dans la foulée du 11 septembre 2001, le déclin de l’empire américain, la toute-puissance de l’empire du marché, et prédisait qu’après la violence de l’argent, viendrait celle des armes. « L’hyperempire », né d’une dérive du capitalisme libéral, générerait des déséquilibres extrêmes et de profondes contradictions. Il s’effondrerait de lui-même laissant le champ libre à une prolifération de conflits. Ceux-ci embraseront alors la planète entière en un conflit global, « l’hyperconflit ». Et après, si l’humanité survit, Attali envisage une nouvelle utopie. Ces prédictions sont déclinées dans une exposition très interpellante ouverte ce vendredi 11 septembre aux Musées des Beaux-Arts de Bruxelles. Vision de notre présent ? Projection anxiogène de notre futur, proche ? « Je suis frappé de voir que ce que j’avais prévu dans mon livre, s’est malheureusement produit », nous confie Jacques Attali. Son livre n’a rien empêché…

Sommes-nous à la veille de la phase de l’hyperconflit ?

Non, on est encore entre la fin de la première étape – la fin de l’empire américain – et le début de la deuxième. Il devrait déjà être clair pour tout le monde, même si cela ne l’est pas, que personne ne remplacera les Etats-Unis comme superpuissance. Mais en même temps, quand vous êtes sur la côte et que vous regardez les vagues, il y en a qui sont loin, mais elles arrivent. La guerre se rapproche, c’est sûr, elle se prépare. Si je prends l’exemple des vagues, la prochaine vague est là, elle est énorme, devant nous. On peut encore la contourner, l’éviter, mais elle se rapproche.

On a l’impression qu’on regarde, éveillé, la catastrophe se préparer sans agir ?

Les gens les plus sophistiqués manquent de courage. Or comme dans les années 30, face à la violence, la seule réponse c’est la violence, et face à la puissance c’est la puissance. Mais les gens sophistiqués n’aiment pas cela. On le voit bien avec Obama par exemple : c’est un grand président et un intellectuel, qui n’ose pas agir. La tragédie de la démocratie, c’est la procrastination. A la manière de la phrase d’un homme politique français : « il n’est pas de problème que l’absence de solution ne puisse résoudre ». Ce n’est vrai qu’en surface et par les temps faciles. Si on applique cette phrase à la Seconde Guerre mondiale, Hitler serait mort dans son lit.

Le parallèle avec les années 30 ne nous pousse pas à l’action ?

Cela ne fait pas encore assez peur. Et quand cela fait peur, cela entraîne une réaction de blocage, de fermeture, et pas de construction.

Les dirigeants du monde ne sont pas impuissants ?

Ils ont tous les moyens d’agir, il ne faut pas procrastiner, il faut vouloir. Si on a eu une Seconde Guerre mondiale c’est parce qu’on a procrastiné devant la dictature. Aujourd’hui on est dans le même état. Il faut que les démocrates réalisent que les barbares ne respectent que la force. Je ne suis pas un pacifiste. Il y a des moments où la guerre est nécessaire en légitime défense.

Comment conscientiser les gens ?

Ce matin, j’ai vu avec plaisir la réaction du patronat belge qui dit qu’il faut accueillir les réfugiés. Il faut passer à ce que j’appelle l’altruisme intéressé, c’est-à-dire comprendre que la forme la plus intelligente de l’égoïsme, c’est l’altruisme. Sur tous les sujets, il devrait être facile d’expliquer, si les hommes politiques avaient du courage. Ce qu’ils n’ont pas. Car c’est notre intérêt d’être altruiste. C’est notre intérêt de payer nos dettes et de ne pas les laisser aux générations suivantes. C’est notre intérêt de nous occuper de l’environnement ou de recevoir les migrants, comme c’est notre intérêt de les aider beaucoup plus chez eux pour qu’ils n’aient pas intérêt à venir chez nous.

Béatrice Delvaux

Lire aussi la suite de l’interview de Jacques Attali sur le site du journal Le Soir : « Les réfugiés vont faire de l’Europe la première puissance du monde. »

Diversité : l’électrochoc des excuses socialistes

Source : Le Vif/l’express 31/08/15 à 10:40

Jean-François Istasse, ancien président du parlement de la Communauté française, a fait son mea culpa pour la gestion clientéliste de la diversité dans son parti aux élections communales de 2012 à Verviers. Un électrochoc. 

Diversité : l'électrochoc des excuses socialistes

 

Molenbeek-Verviers, même combat ? Dans ces deux communes, un socialiste moustachu et professeur d’histoire (ULB, ULg) a dominé entièrement la vie locale durant deux décennies. Leur majorité a été renversée aux élections communales de 2012, après une campagne marquée par de multiples crispations identitaires. Les présidents de partis, Charles Michel (MR) et Benoît Lutgen (CDH), y ont veillé personnellement. Philippe Moureaux et Claude Desama ont ainsi perdu leur sceptre. L’assaut de la rue de la Colline, le 15 janvier dernier, a renforcé leur gémellité apparente. Si la cellule djihadiste démantelée était composée de jeunes Molenbeekois d’origine marocaine, c’est à Verviers qu’ils avaient établi leur safe house. Fâcheuse coïncidence, car cette ville wallonne de moyenne importance (56 000 habitants) est aussi connue pour abriter des extrémistes de tout poil, en raison, notamment, de la proximité des frontières néerlandaises et allemandes.

Quand Jean-François Istasse (PS), ancien président du parlement de la Communauté française et ancien échevin, redevenu simple conseiller communal de Verviers, homme policé entre tous, présente des excuses, dans La Meuse (19 août), pour la manière dont son parti a conduit les élections de 2012 et laissé les communautés vivre côte à côte sans s’intégrer, cela crée des remous en bord de Vesdre. D’une part, les politiques n’ont pas l’habitude de faire leur mea culpa et, d’autre part, ses propos résonnent comme la fin officielle de l’ère Desama. Extrait. « La position du PS durant la campagne électorale portait sur le « vivre ensemble » mais elle a été mal exprimée par le PS verviétois, en général, et par Claude Desama, en particulier. La construction même de la liste, avec telles places réservées aux Marocains, telles autres places aux Turcs, était elle-même une erreur politique. Cela a été très mal interprété par la population, qui s’est sentie envahie par les personnes d’origine étrangère. C’était une mauvaise campagne électorale. Ma position est de dire que nous devons nous excuser auprès des Verviétois et leur proposer une nouvelle vision, une nouvelle politique. »

Sans inventaire de l’héritage de Claude Desama, de fait, plutôt complaisant à l’égard des minorités, point de salut pour le PS verviétois. « Si je me suis excusé, précise Jean-François Istasse au Vif/L’Express, ce n’est pas parce que nous aurions commis une faute éthique, mais plutôt parce que nous n’avons pas réussi à expliquer aux Verviétois ce que nous voulions faire ni répondu à leurs attentes. Ces excuses, c’est une manière de promettre de faire mieux à l’avenir, pas de renoncer à des échevins qui se sont montrés très compétents, comme Assan Haydin ou Malik Ben Achour. Nous ne voulons pas être seulement le parti qui protège les personnes d’origine étrangère mais également celui qui demande des efforts à tous les Verviétois, aux uns, de connaître notre langue et notre culture, aux autres, d’accepter leurs concitoyens sur pied d’égalité. Nous devons construire une nouvelle ville, moins compartimentée et, je le dis en tant que laïque, nous ne pouvons pas tolérer des musulmans ce qu’on a refusé aux catholiques. »

Comme libéré, l’ancien échevin de la Culture et des Finances propose que les compétences de la culture traditionnelle et de l’intégration convergent au sein d’un échevinat du Vivre ensemble et que l’enseignement se batte « dans chaque classe, chaque école » pour amener les élèves au meilleur d’eux-mêmes. Le ton est grave, rassembleur.

Marie-Cécile Royen

Daech – Le ‘coup de gueule’ de Tahar Ben Jelloun

Paris : L’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun s’insurge contre ‘l’inaction du monde’, contre l’inefficacité de l’ONU : ‘‘ce ‘machin’ qui pèse des tonnes et qui coûte des milliards’’.

Au risque de nous faire passer pour d’affreux islamophobes (c’est  à la mode chez les bien-pensants), nous faisons suivre l’article que nous envoie notre ami Marcel Cools.

D’autres me diront : « mais que vient faire cet article sur un site qui prône l’intégration de la Wallonie dans la République française ? »

Je réponds à ces derniers : « que deviendrait notre projet si l’islamisme politique et terroriste se développait en France ? » De plus, tous les « infidèles » de tous les pays ne sont-ils pas touchés par ce virus et nous particulièrement, la Belgique étant une plaque tournante du phénomène ?

L’islamisme de Daech et des autres organisations islamistes qui pratiquent les mêmes méthodes est un fascisme qu’il nous appartient de combattre.

Félicitations à Tahar Ben Jelloun  pour son courage et pour sa lucidité.


TAHAR-BEN-JELLOUN2En effet, Tahar Ben Jelloun a déploré que face à daech, ses meurtres, ses horreurs, ses catastrophes… l’humanité certes « meurtrie », demeure « absente » et indifférente.

Dans une tribune qu’il a signé au magazine français Le Point, l’écrivain marocain a dit ne pas comprendre comment les grandes puissances mondiales, (USA – Europe) se permettent leur silence et l’inefficacité de leur actions, face à un groupe terroriste qui :

‘‘Progresse, avance, occupe des villes, pille des banques, …. détruit des musées, tue femmes et enfants et ne rencontre presque pas de résistance efficace face à ses ambitions’’.

Pour Tahar Ben Jelloun, le monde entier paie aujourd’hui, la politique excessivement prudente jusqu’à la paralysie, de Barack Obama et de ses suiveurs Européens.

Les occidentaux, déplore Ben Jelloun, se sont contenus à des politiques de petits intérêts, dépourvus de vision, des politiques ‘‘sans envergure, sans ambition noble’’. Résultat, daech se renforce, occupe les vides, prolifère dans les têtes d’une jeunesse en rupture et qui est facilement apte à se déshumaniser.

Ben Jelloun en a dit :

‘‘Des jeunes abandonnent leurs études, leurs familles, acceptent d’échanger l’instinct de vie avec celui de la mort facilement accueillie, voire désirée, une mort qu’ils donnent et qu’ils ne craignent aucunement.’’

L’auteur poursuit :

‘‘Des jeunes convertis, des musulmans ensorcelés, des enfants bien éduqués, cultivés, ayant … de quoi vivre bien, s’engagent, les yeux fermés, l’esprit changé, lavé, vidé puis rempli de formules toutes faites.’’

Tahar Ben Jelloun a regretté que face à un tel fléau, le monde soit en manque d’outils de réponse.

L’ONU, selon lui, qui aurait pu enquêter pour découvrir les financeurs nourriciers de daesh, ceux qui l’arment et l’aident dans ses avancées en Syrie, en Irak ou en Libye, cette organisation n’est qu’un ‘‘ machin « , qui pèse des tonnes et qui coûte des milliards … qui ne doit fâcher personne’’ et qui , ajoute-il, ‘‘à force de faire des calculs … de la diplomatie au lieu d’agir…. s’avère sans efficacité.’’

Ben Jelloun s’est demandé en fin, s’il n’existait plus dans le monde de grandes puissances responsables ? Il s’est interrogé que face à ce chaos :

‘’Allons-nous proclamer officiellement … que la barbarie a gagné et que nous devons nous soumettre à ses horreurs?’’

Commentaire : Ben Jelloun attribue le terme de « machin » à l’ ONU.  Charles de Gaulle ne disait pas autre chose en qualifiant l’organisation internationale de « grand machin ».

Aéroport de Liège : les Français prêts à rester à bord

Les Aéroports de Paris estimaient que les subsides de sécurité avaient été trop rabotés par la Région.

Les Aéroports de Paris estimaient que les subsides de sécurité avaient été trop rabotés par la Région.-ÉdA – Jacques Duchateau

Surprise: les Aéroports de Paris renonceraient à quitter l’actionnariat de Liège Airport. Ce ne sera officiel que jeudi au gouvernement wallon.

Comme nous l’annoncions hier matin, une réunion de la dernière chance se tenait ce mardi entre les ministres Magnette et Di Antonio avec les actionnaires français Aéroports de Paris. En cause, la volonté affichée de ces derniers de quitter l’actionnariat de l’aéroport de Liège.

Comme toute bonne négociation, les Français ont fait monter la pression, enclenchant même via une lettre la procédure officielle leur permettant de céder leurs actions.

En charge de la politique aéroportuaire, le ministre Carlo Di Antonio paraissait coincé entre le marteau d’actionnaires proches de la rupture et l’enclume d’une Europe prompte à sanctionner tout ce qui ressemble à des aides d’État, susceptibles de fausse la concurrence. Augusta per angusta, aurait dit Bart Dewever: la victoire par des voies étroites…

Contre toute attente, la réunion de ce mardi a conduit les Aéroports de Paris à faire marche arrière. Face à eux, Di Antonio n’était plus seul puisque la réunion se tenait à l’Élysette, en présence du ministre-président Paul Magnette.

Si les Aéroports de Paris s’apprêtaient à claquer la porte, c’est essentiellement pour une raison de gros sous. La Région avait, sous l’impulsion vigoureuse de l’Europe, réduit ses subsides en matière de sûreté et de sécurité.

Ce qui signifie que si ADP a changé d’avis, c’est que la Région a revu à la hausse ce qui, voici quelques semaines, avait été proposé par le ministre Di Antonio. On peut d’ailleurs imaginer que cette proposition, dont il sera intéressant de connaître le coût financier, devra surtout répondre aux exigences des règles de la Concurrence européenne.

À qui la plume sur le chapeau?

Jeudi, il est fort probable que le gouvernement wallon la jouera collectif, en se félicitant d’avoir pu stabiliser l’actionnariat de l’aéroport liégeois. C’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’un actionnaire privé dont la présence fait figure de caution pour l’entreprise.

Reste que derrière cette volte-face se cache aussi un bras de fer sur l’avenir des aéroports wallons entre les deux partenaires de la majorité wallonne. Et on peut dire sans se tromper que les dernières options du cdH Di Antonio étaient loin d’être au goût du partenaire socialiste.

Si ADP confirme vendredi qu’il reste actionnaire de Liège, personne ne pourra se mettre une plume sur le chapeau pour s’arroger la paternité de l’accord : Di Antonio ne s’y aventurera certainement pas au risque de se voir rappeler que sans Magnette, c’était plutôt mal barré. Une bonne nouvelle et un match nul…

Commentaire : il aura fallu que le ministre-président Magnette s’investisse à fond pour arriver à un compromis positif, là où Di Antonio avait échoué. A l’inverse de « L’Avenir », nous aurions plutôt tendance à attribuer « la plume sur le chapeau » à Paul Magnette, non ?

Aéroport de Liège: l’actionnaire français sur le départ ?

Les Aéroports de Paris détiennent un quart du capital de Liege Airport mais risquent de mettre les voiles.
Les Aéroports de Paris détiennent un quart du capital de Liege Airport mais risquent de mettre les voiles.-Belga
Sauf miracle, les Aéroports de Paris vont quitter Liege Airport. Sous pression, le ministre Di Antonio les rencontre une dernière fois aujourd’hui.

Des observateurs attentifs le pressentent : d’ici quelques jours, un quart du capital de Liege Airport sera à vendre. L’actuel propriétaire de ces 25%, les Aéroports de Paris, ont enclenché la procédure qui leur permettra de sortir de l’actionnariat de l’aéroport liégeois. Que s’est-il passé pour que les relations, pourtant louées par les gestionnaires liégeois, se dégradent subitement ? La plupart des regards se tournent vers la Région wallonne et en particulier son ministre en charge de la politique aéroportuaire, Carlo Di Antonio. Sous la pression des règles européennes en matière de concurrence, la Région a diminué ses subsides pour la sûreté et la sécurité. Avec, fatalement, un impact sur la rentabilité des aéroports. Et, dans la foulée, des dividendes moins intéressants pour les actionnaires. À l’occasion du renouvellement de la convention d’actionnaires pour Liege Airport, les Aéroports de Paris ont fait le forcing pour obtenir un «geste» de Di Antonio. 

« Apparemment, on n’était pas loin d’un accord mais le ministre a changé la donne», nous dit une source. En tout état de cause, les Aéroports de Paris ont donc claqué la porte il y a trois semaines. La date-butoir pour un accord, c’est ce vendredi. À défaut d’un accord aujourd’hui (voir ci-dessous), le gouvernement wallon devra retrouver un nouvel actionnaire pour ces 25% du capital.

Qui pour reprendre?

Ceux pour qui la messe est dite quant au départ des Aéroports de Paris spéculent sur le futur actionnaire. Plusieurs possibilités existent. 1: un nouvel actionnaire privé (peu probable à court terme). 2: une reprise en main par la Région le temps de trouver une solution (techniquement possible à condition que cette opération soit calibrée aux exigences de l’Institut des comptes nationaux). 3: une reprise par l’actionnaire principal, TEB Participations, filiale de Nethys (possible mais pas du goût de ceux qui trouvent que l’aéroport est déjà trop liégeois et pas assez wallon). 4: le rachat de ces parts par la Sowaer qui est le bras armé de la Région pour la gestion de ses deux aéroports (mais la Sowaer n’aurait la capacité de le faire que si la Région la recapitalise solidement). En clair, aucun scénario ne s’impose.

Dire que Carlo Di Antonio joue sur du velours serait mentir: sa marge de manœuvre est quasiment inexistante car accéder aux revendications des Français l’exposerait à d’autres qui, immanquablement, risqueraient de débouler de l’aéroport de Charleroi… Or, en mai dernier, le ministre avait clairement affiché son souci de plus de transversalité entre les deux structures au point d’évoquer une fusion possible. La réponse a été immédiate  : le sous-régionalisme s’est encore plus radicalisé.

Une réunion de la dernière chance 

Ce mardi, une réunion de la dernière chance se tiendra à l’Élysette en présence du ministre-président Paul Magnette et du ministre Carlo Di Antonio. 

Les Aéroports de Paris y enverront leurs émissaires. Dernière chance car il est acquis que les Parisiens n’ont pas l’intention de séjourner dans la capitale wallonne pour y faire un brin de tourisme. Que cette réunion se déroule au cabinet de Paul Magnette peut s’interpréter de deux façons. L’optimiste y verra que le gouvernement wallon, ministre-président en tête, met les mains dans le cambouis. Le pessimiste verra plutôt l’expression d’un parti socialiste qui veut encadrer (voire contrôler) le cdH Di Antonio. Lorsque ce dernier avait suggéré que José Happart ne reste pas président de Liege Airport, les socialistes avaient râlé. Et l’empressement de TEB Participations pour rétorquer que Happart restera encore un an de plus le traduisait vertement. Au passage, on signalera que le conseil d’administration de Liege Airport n’a toujours pas entériné cette prolongation.

Commentaires : quel gâchis ! Nous retrouvons ici les ingrédients qui, entre autres,  polluent la vie économique wallonne : 1. Intervention de la Commission européenne en matière de concurrence                             2. particratie wallonne                3. sous-régionalisme wallon

Nous nous plaçons du côté des optimistes et espérons que le ministre-président wallon Paul Magnette arrivera à imposer une solution acceptable par chaque partie.

 

La Belgique reste le pays européen le plus embouteillé

24/08/15 à 13:37 – Mise à jour à 13:37

Source : Belga

La Belgique figure encore et toujours en tête du classement des pays européens les plus embouteillés, devant les Pays-Bas et l’Allemagne, ressort-il lundi du rapport annuel Traffic Scorecard de la société américaine Inrix, un fournisseur de services d’info-trafic.

La Belgique reste le pays européen le plus embouteillé

© AFP

Les automobilistes ont perdu en moyenne 51 heures dans le trafic dans notre pays en 2014, contre 58 heures un an plus tôt, tandis qu’ils en ont perdu respectivement 41 (-4) et 39 (+4) sur les routes néerlandaises et allemandes.

Des 13 pays européens analysés dans le cadre de ce rapport, plus de la moitié (53%) ont constaté l’intensification de la congestion du trafic en 2014 par rapport à 2013, une tendance qui reflète la poursuite de la croissance économique. A l’inverse, les pays confrontés à de forts taux de chômage et à une croissance faible ou négative affichent des statistiques inférieures à celles de 2013. Sur 94 villes européennes, près de la moitié (48%) enregistrent une augmentation de la densité du trafic par rapport à 2013. Londres arrive première du classement des villes les plus encombrées avec 96 heures passées dans le trafic (+14) et Barcelone enregistre la plus forte progression de la congestion en glissement annuel, avec une hausse de 66% (de 15 heures perdues par an en 2013 à 25 heures en 2014). Alors que Bruxelles occupait la tête de ce classement peu flatteur en 2013, la capitale a reculé à la seconde place. Les automobilistes n’y ont plus passé « que » 74 heures dans le trafic l’an dernier, contre 83 un an plus tôt. Anvers rétrograde du 3e au 4e rang avec 64 heures écoulées dans les embouteillages (-14), juste derrière Cologne et ses 65 heures. Gand (52 heures, -2) se positionne 10e de ce classement.

Nos résistants sont plus nombreux que leurs martyrs

Nos résistants sont plus nombreux que leurs martyrs

Des passagers qui sauvent des vies grâce à leur courage entre Paris et Amsterdam. Un directeur des antiquités du site de Palmyre qui sauve un pan de culture au prix de sa vie. Des terroristes qui échouent, se tirent une balle dans le pied ou cessent de répandre la mort grâce à ceux qui les combattent en Syrie. Pendant que d’autres continuent à dire et crayonner malgré les menaces.

Les années qui viennent seront rudes et chaotiques. Mais il y aura toujours cette façon-là, résistante, de voir l’actualité qui nous secoue.

Au lieu de céder au défaitisme proclamant la mort de la civilisation et le triomphe facile — mais faux — de groupuscules fanatisés voués à l’échec, regardons l’essentiel : la vie, la démocratie, la liberté de ton et d’esprit, le courage et cette immense coalition humaine qui se lève contre cette folie obscurantiste.

Caroline Fourest

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France, Wallonie, les « Verts » vivent une contagion culturelle

France, Belgique,… Les « Verts » vivent une contagion culturelle, mais pas celle qu’ils espéraient (Rosetta Flochon dans Namur politique sur Facebook).

Quoi de plus normal que de voir « Verts français et wallons » vivre une contagion culturelle, même si  les élections répondent à des scrutins différents, majoritaire à deux tours en France et proportionnel dans les régions belges.

Quant aux Ecolos wallons, ils ajoutent aux travers de leurs frères français d’EE-LV celui de vouloir à tout prix mettre en exergue le groupe politique commun qu’ils forment avec « Groen », leur pendant écologique flamand. Ils veulent croire ou plutôt faire croire à l’électeur à un fédéralisme belge d’union dépassé par les faits.

En Belgique, n’en déplaise à la direction d’Ecolo, nous sommes entrés dans un confédéralisme qui sera renforcé lors de la 7e réforme de l’Etat. Laissons au CD&V Marc Eyskens le doux rêve  de voir la N-VA se déchirer à courte échéance, ce qui arrangerait très bien un CD&V en crise.

Le quotidien « Libération » sous la plume de Lilian Alemagna analyse merveilleusement la crise qui agite les dirigeants d’ EE-LV. Un copier-coller s’impose pour analyser la situation d’Ecolo.

Les Verts, espace en voie de disparition

Source : Libération,19 août 2015 à 20:46

Paris, le 14 janvier 2015. Voeux d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), à la presse, au 6 bis rue Chaudron dans le 10ème arrondissement de Paris, en présence de Sandrine Rousseau (1er plan D), porte-parole d'EELV, Emmanuelle Cosse (1er plan G), secrétaire nationale d'EELV, Maryse Oudjaoudi (2ème plan), du bureau executif, Jean-Vincent Placé (3ème plan G), président du groupe EELV au Sénat et Cécile Duflot (3ème plan D), députée EELV de Paris. COMMANDE N° 2015-0115 ACCORDWEB Paris, le 14 janvier 2015. Voeux d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), à la presse, au 6 bis rue Chaudron dans le 10ème arrondissement de Paris, en présence de Sandrine Rousseau (1er plan D), porte-parole d’EELV, Emmanuelle Cosse (1er plan G), secrétaire nationale d’EELV, Maryse Oudjaoudi (2ème plan), du bureau executif, Jean-Vincent Placé (3ème plan G), président du groupe EELV au Sénat et Cécile Duflot (3ème plan D), députée EELV de Paris.

Déchiré par ses débats internes et alors que tous les partis de gauche se saisissent de l’écologie à la veille de la COP 21, EE-LV peine à sortir de sa crise existentielle.

 

Ce n’est pas le moindre des paradoxes. Ce second semestre 2015, les questions écologiques vont dominer le débat politique. L’organisation, à Paris, de la 21e conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21) va pousser tous les partis à parler de protection de l’environnement et à passer un coup de vert sur leurs devantures. D’autant plus que ce sommet international, sous le patronage de François Hollande, aura lieu du 30 novembre au 11 décembre, en pleine campagne régionale. Et pourtant, ceux qui incarnent cette thématique depuis plus de quarante ans, taxés de «farfelus» lorsque René Dumont se présentait à la présidentielle de 1974 avec son verre d’eau, n’ont jamais été aussi proches de l’explosion, depuis la fondation des verts en 1984.

     

Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) ouvre ses journées d’été ce jeudi à Villeneuve-d’Ascq (Nord) en traînant cette crise existentielle, éclatée un soir d’avril 2014 avec la décision de ne pas participer au gouvernement de Manuel Valls. Une division entre ceux, emmenés par le sénateur Jean-Vincent Placé, qui accepteraient de revenir au gouvernement, et les autres qui refuseraient, dans le sillage de Cécile Duflot. Une division si profonde qu’elle pourrait entraîner une scission irrémédiable ? «Je ne sais pas. […] Nous vivons un moment crucial», a répondu mercredi dans la presse Barbara Pompili, coprésidente des écologistes à l’Assemblée. «Quelle est la fonction d’un parti écologiste aujourd’hui ? EE-LV refuse toujours de répondre à cette question», regrette l’eurodéputé Pascal Durand, ancien secrétaire national des Verts, désormais en retrait. «Nous sommes les seuls capables de mettre en place un nouveau modèle de développement autour de l’écologie», lui répond Emmanuelle Cosse, sa successeure à la tête du mouvement.

Pas tout à fait seuls

Les Verts français ont aujourd’hui un double problème : les électeurs les attendent davantage sur les questions d’environnement, mais ils les entendent surtout sur d’autres thématiques, plutôt minoritaires dans la société (défense des migrants, libertés publiques, fédéralisme européen, droit de vote des étrangers ou nouvelles mœurs). Et quand ils parlent écologie, ils s’aperçoivent qu’ils ne sont plus tout seuls sur leur terrain. «Les Verts ont été victimes de l’idée qu’il fallait devenir un parti généraliste alors que l’acuité des problèmes environnementaux aurait mérité qu’ils n’abandonnent pas ce pré carré-là», souligne Brice Lalonde, ex-ministre de l’Environnement sous Mitterrand. Certes, ils n’ont jamais été tout à fait seuls. Mais depuis le choix fait, au milieu des années 90, de s’ancrer à gauche, ils disposaient d’un quasi-monopole écologique.

A gauche, le Parti communiste français était la plus productiviste et nucléocrate des formations politiques. Au Parti socialiste, on a longtemps considéré les enjeux environnementaux comme secondaires.

Une longueur d’avance

Mais voilà, depuis la prise de conscience du danger planétaire du réchauffement climatique, tout le monde s’y est mis. Si Nicolas Sarkozy a fini son quinquennat en expliquant que l’écologie «ça commence à bien faire», il a inscrit à son bilan le Grenelle de l’environnement et a mis aujourd’hui dans la vitrine du parti Les Républicains l’ex-navigatrice, Maud Fontenoy. Même le FN s’est mis à «l’écologie patriote» avec un collectif baptisé Nouvelle Ecologie, censé verdir sa flamme.

A gauche, alors que les communistes parlent désormais de «nouveau modèle de développement», socialistes et mélenchonistes se disputent l’appellation «écosocialiste». Jean-Luc Mélenchon l’a porté dans sa campagne présidentielle de 2012, son Parti de gauche (PG) a édité un «manifeste» proposant une «planification écologique» et l’instauration d’une «règle verte» afin de «porter une vision globale qui articule la question sociale et la question écologique», explique Martine Billard, ex-verte passée au PG en 2010. Au PS, après avoir vu, dans les années 90, Ségolène Royal endosser les habits de ministre de l’Environnement et entendu Laurent Fabius parler d’«écodéveloppement», puis de «sociale-écologie» dans les années 2000, voilà qu’ils ont inscrit, en 2014, dans le marbre de leur charte, l’appellation d’«écosocialiste». Un terme que les responsables socialistes ont tout de même du mal à définir. Les plus à gauche y voient une manière «plus radicale» de «revisiter les fondamentaux de la pensée socialiste». Les plus libéraux une façon de lancer le pays dans la «croissance verte» et «bleue». Mais de l’aveu même des dirigeants socialistes, les écologistes ont encore une longueur d’avance sur eux. Si l’ouverture de leur université d’été, dans dix jours à La Rochelle, se fera sur les questions climatiques, les socialistes n’ont pas fait de l’écologie un sujet de congrès en juin, et l’abandon de l’écotaxe, quelques semaines après l’adoption de la loi de transition énergétique, démontre la difficulté du gouvernement à tenir parole. «J’ai encore besoin d’EE-LV à mes côtés pour convaincre davantage», fait valoir Sabine Buis, députée PS et nouvelle secrétaire nationale à la transition énergétique.

«des Crieurs publics»

Trop d’écologie dans les autres partis tuera-t-il EE-LV ? «L’histoire a montré que c’était l’inverse qui se produisait», rétorque Erwan Lecœur, politologue et sympathisant écologiste, rappelant les bons scores de 2009 et 2010. «Si, à court terme, les gens peuvent être tentés par des formations politiques qui s’habillent en vert, poursuit-il, à long terme, ça rend EE-LV crédible.» Là est l’autre souci du parti écologiste : leurs petites phrases et engueulades portent beaucoup plus que les propositions qu’ils peuvent faire. Et leur image de «parti pas comme les autres» est ternie par les accords préélectoraux – que le système électoral majoritaire rend nécessaires – contractés avec le grand frère socialiste (lire page 5). «Nous continuons à nous ridiculiser en anathèmes publics plutôt qu’en solutions, alerte Pascal Durand. A quoi servons-nous aujourd’hui ? Si on considère que notre rôle est uniquement d’être des dénonciateurs, des crieurs publics, il ne faut pas s’étonner de rester après dans un champ marginal.» Les Verts ont toujours autant de mal à sortir de leur crise de croissance.

Par Lilian Alemagna

La Belgique se chauffera bientôt au gaz de schiste américain

Un ami nous envoie une information issue du site de la RTBF

Le gaz de schiste suscite une grande polémique en Europe.

 

Le gaz de schiste suscite une grande polémique en Europe. – © JEFF PACHOUD – AFP
RTBF Publié à 09h38

Pour nous chauffer, il y a le mazout, l’électricité et le gaz. Et bientôt, en Belgique, le gaz de schiste. Le transporteur de gaz Fluxys va approvisionner le royaume en gaz de schiste américain.

Le gaz de schiste est un gaz naturel enfoui le plus souvent à très grande profondeur, entre 1500 et 3000 mètres, dans des roches compactes. Des méthodes d’extraction bien spécifiques sont nécessaires, et c’est là que naît la polémique. Car percer ou faire exploser la roche pour extraire le gaz peut provoquer des dégâts sur le plan écologique.

Comment ce gaz va-t-il traverser l’Atlantique?

26 cargos de gaz naturel liquéfié seront transportés jusqu’à Dunkerque. Le transport choisi dépend d’un contrat entre EDF et le groupe américain Chenière. Or Fluxys est relié à ce terminal de Dunkerque. Laurent Remy, porte-parole de Fluxys, s’en réjouit :  » Ce qui est bien sûr très bon pour la sécurité d’approvisionnement du pays. Et c’est bon pour la compétition aussi. Finalement, cela va faire baisser les prix à terme pour le consommateur final. D’autre part, ça réaffirme aussi la position de plaque tournante pour le réseau belge. « 

Ce gaz pourrait transiter vers l’Allemagne. L’approvisionnement du terminal de Dunkerque devrait débuter dans quelques mois.

Le pays sans passé ni futur

Dans sa dernière édition, le magazine Le Vif/L’Express invite les Belges francophones à sortir du monde merveilleux de l’enfance en titrant sur « La grande manipulation de l’histoire de la Belgique – Comment on a maquillé les faits et fabriqué des gloires nationales ».

Il paraît que Saint-Nicolas, le Père Noël, c’est du bidon. La Belgique aussi. Pas possible.

Alors que la Grèce respire à peine, et que les sujets d’angoisse ne manquent pas dans le monde, il peut sembler malvenu de troubler la quiétude du petit royaume de Belgique. On ne va pas se diviser, quand même. Aussi longtemps que la Wallonie est sous la protection de la Flandre et de la monarchie, il ne peut rien lui arriver de fâcheux.

Qualifiée un temps de « kamikaze » et puis relookée en blonde suédoise aux yeux bleus, la coalition fédérale a traversé la bourrasque sociale et socialiste et, désormais, navigue en eaux plus calmes. Il y a certes un peu de brouillard qui empêche de voir où on va, mais si le regard se perd dans le vide, ce n’est pas tant à cause du brouillard que de la myopie collective.

Il est politiquement vain de spéculer sur les intentions de la N-VA. Ce parti qu’on a longtemps diabolisé n’est plus un épouvantail car, maintenant, c’est lui qui pilote l’état belge. Après tout, la N-VA joue son rôle au gouvernement, ça lui donne une légitimité. De temps en temps, ses ténors rappellent que leur objectif n’a pas changé : l’indépendance de la Flandre. Au minimum, on doit s’attendre à ce que la Belgique soit reconfigurée et dirigée en fonction des seuls intérêts flamands, mais tout cela paraît virtuel au plus grand nombre, et puis la N-VA peut s’effondrer.

Et puis il y a les vrais problèmes, inutile de charger la barque.

Pour beaucoup, malgré les crises institutionnelles à répétition, la fin de la Belgique est inimaginable. Autant parler de l’apocalypse. Or, ce pays finit par se confondre avec les nationalistes flamands de la N-VA, c’est un paradoxe qui fait dire à Dave Sinardet, politologue à la VUB, que le gouvernement Michel est en réalité un « gouvernement Van Cauwelaert/Claes… Avec sa nette minorité du côté francophone d’une part et sa majorité flamande à la conquête de l’appareil Belgique où les nationalistes flamands sont chez euxétatique belge d’autre part, il ressemble… à un fils spirituel de cette doctrine » selon laquelle la Flandre gagne à utiliser la Belgique à son profit. (Voir l’intégralité de cette chronique illustrée par le dessin ci-contre et publiée dans la Libre Belgique.)

Notons que Dave Sinardet cite ici deux personnalités qui appartiennent à l’histoire du Mouvement flamand, il ne fait pas référence au socialiste flamand Willy Claes mais à Lode Claes. « Bien que cet ancien sénateur ait quitté la Volksunie à l’époque du Pacte d’Egmont pour créer son propre parti qui a fait une alliance avec Karel Dillen au sein du Vlaams Blok, Lode Claes n’avait, à l’époque, rien d’un séparatiste. Lui aussi voulait « valoriser » la majorité flamande pour qu’elle s’arroge le pouvoir au sein de la Belgique. »

Van Cauwelaert et Claes ne se sentaient pas belges mais ils ne voulaient pas la disparition complète de la Belgique. Ils incarnaient une tendance minoritaire au sein du Mouvement flamand.

Quoi qu’il en soit de la façon dont la N-VA entend servir les intérêts de la « nation flamande », on est déjà certain qu’une prochaine réforme de l’Etat sera bientôt exigée, afin de permettre à la Flandre de mieux profiter de ses ressources, à charge pour la Wallonie de s’adapter à cette situation nouvelle. Le CD&V et l’Open VLD ne voient pas les choses autrement.

Il est donc légitime de se demander sur quoi repose la Belgique aujourd’hui. Jusqu’à un certain point, la réalité compte moins que l’idée qu’on s’en fait. Pour cimenter une communauté nationale, il faut un minimum de représentations communes. On sait que l’identité relève de l’évidence apprise et transmise. Il est vital, néanmoins, que les repères que l’on se donne, restent en prise avec le réel, sinon c’est l’embardée. Il faut savoir se remettre en question pour se construire un avenir.

G.R.

Voici l’éditorial du magazine Le Vif/L’Express, signé Thierry Fiorilli.

Vif-L'ExpressBelgique, pays sans passé ni futur

Sauf imprévu et chute avant terme du gouvernement Michel, 2019 marquera la fin de l’actuelle législature. Et de la trêve communautaire à laquelle la N-VA a consenti l’été dernier pour pouvoir monter au pouvoir fédéral en en délogeant du même coup le jusque-là indéboulonnable PS. Encore quatre ans de répit, donc.

Avant la reprise effective des manœuvres en tous genres censées mener à une septième réforme de l’Etat. Le grand retour des négociations institutionnelles surviendra donc, à douze mois près, cinquante ans après l’ouverture du premier grand chantier de démolition de l’Etat unitaire belge – avec la révision de la Constitution consacrant les trois Communautés culturelles du pays et prévoyant la création de trois Régions, pourvues chacune d’un territoire et d’autonomie économique.

Un demi-siècle plus tard, un nouveau coup d’accélérateur sera donné au processus d’effilochement de la Belgique – de son évaporation comme le prône, l’ambitionne et le prédit Bart De Wever. De quoi rendre plus hypothétique encore le futur déjà très incertain de ce petit royaume, au cœur de l’Europe, que beaucoup considèrent comme ayant été fabriqué de toute pièce. Né de rien d’autre que de la nécessité d’équilibrer le continent. Un pays tampon, artificiel, virtuel même. Sans réel peuple ni véritable nation. Au mieux, donc : un instrument de géopolitique. Au pire : un accident de l’Histoire. Dans tous les cas : une anomalie du sens commun. Au point que, en français, le terme « belge » est l’un des dix-neuf mots seulement à ne posséder aucune rime. Et le seul caractérisant une nationalité dans ce cas. Comme si rien ne pouvait décidément y faire écho, s’en inspirer ou s’en revendiquer comme modèle.

Etre belge équivaudrait en fait à ne pouvoir ressembler à quoi que ce soit d’autre d’énonçable.

C’est ce qui explique que, une fois la si singulière créature conçue, il a fallu la doter d’une histoire. Lui donner une âme. Ou à tout le moins lui faire croire, coûte que coûte, qu’elle en recelait une. Entre 1830 et 1960, plusieurs personnalités ont ainsi écrit ou réécrit, embelli ou travesti les épisodes du passé contribuant à inventer un sentiment national belge, une flamme patriotique un ciment unitariste. Le dossier que nous consacrons cette semaine à ce storytelling politique d’antan illustre combien il était primordial de convaincre ce non-peuple qu’il était en fait un grand peuple. Pourquoi on s’est échiné à persuader ces Flamands, ces Bruxellois, ces Wallons, ces Liégeois qu’ils faisaient partie d’un même destin, d’une même réalité, d’une même patrie. Comment, bien au-delà de la devise du pays (« L’union fait la force »), on a tenté d’instiller une conscience nationale, avec des livres scientifiques, des manuels scolaires, des images à coller, des héros exhumés, des ennemis désignés, une rhétorique rigoureuse (« Le Roi des Belges », « nos Gloires », « nos régions », « notre sol »…).

Jusqu’à ce que les différences et divergences nord-sud, sur les plans culturel, linguistique, socio-économique et idéologique même, fassent hurler l’évidence : il n’y a pas d’histoire commune, il n’y a pas un passé partagé, il n’y a pas une civilisation belge… Il n’y a qu’un territoire, sur lequel cohabitent trois Communautés. Un territoire correspondant à trois voire quatre Régions. Un territoire surgi de nulle part, dont on a fait un Etat aujourd’hui voué à un confédéralisme presque certain. Avant une liquidation en bonne et due forme, à plus ou moins long terme.

Lire ici Comment la Belgique s’est inventé une histoire (LeVif/L’Express).

Bien sûr, nous avons nous-même abordé ce sujet plusieurs fois. Lire notamment notre article Pour une histoire de la Wallonie .

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde