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La loyauté fédérale en Belgique

Langage, enfumage. C’est aussi à cela que les mots peuvent servir. A conjurer le sort ou à travestir la réalité. On ne parlerait pas de loyauté fédérale si celle-ci allait de soi. On sait que la politique est fondamentalement une question de rapport de force. On peut en dire autant des rapports entre la Flandre et la Wallonie. A l’avantage de la première.

Lu sur le site du journal L’Echo :

En Afrique, De Crem a snobé les Wallons…

De Crem, AfriquePas contents, les Wallons qui ont appris par la bande que Pieter De Crem (CD&V) menait une mission économique en Afrique de l’Ouest, sans avoir averti ni la Région wallonne ni même la Région flamande… La preuve, dit-on côté wallon: seules des entreprises flamandes accompagnaient le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur lors de son trip africain. « Déloyal et surtout, on passe tous pour des ânes aux yeux de nos interlocuteurs locaux qui voient les Belges débarquer en rangs divisés », dit-on dans l’entourage du ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt.

L’Awex, l’Agence wallonne à l’exportation, s’est étonnée de ce raid solo du Fédéral et s’est ouvert de la question lors d’une récente réunion entre toutes les autorités en charge du commerce extérieur en Belgique. « Oui, mais nous, non plus, ne sommes pas au courant des missions wallonnes », s’est plaint le représentant du Fédéral en guise de contre-attaque. « Euh, awex.be », lui a simplement rétorqué la représentante du ministre Marcourt pour bien signifier que tout le programme wallon, lui, était connu de tous…

« Un ministre du Nord du pays, il n’en a rien à foutre »

Lu sur le site de RTL/TVI :

Les membres du personnel de l’Institut médico-légal de Liège sont en préavis. Nos scientifiques sont victimes d’un sous-financement chronique, déjà dénoncé par le directeur de l’institut Philippe Boxho.

philippe_boxhoLe constat est amer pour le patron de l’institut de médecine légale de Liège. Il vient de signer le préavis de la dizaine de personnes qui travaillent à ses côtés, dans le laboratoire et à la morgue. « Effectivement les préavis sont partis vers tout le monde de manière à faire en sorte que si à la fin de l’année je vois que ça ne va pas du tout, que le ministre n’a pas changé d’avis, et bien qu’on puisse fermer », a expliqué Philippe Boxho, directeur de l’institut médico-légal de l’ULG.

Le directeur de l’institut dénonce depuis des mois les décisions du ministre de la Justice, Koen Geens. Depuis début décembre, ce dernier a divisé par deux le montant alloué à la Justice pour réaliser des analyses ADN, et ce malgré les nombreux appels des experts.

A titre d’exemple, en 2012 le chiffre d’affaires de l’institut était encore de 1,2 millions d’euros. Trois ans plus tard, il n’est plus qu’à 770.000 euros, et le ministre veut encore réduire la facture de moitié. « Que l’on ferme à Liège un institut de médecine légale, un ministre du Nord du pays, il n’en a rien à foutre. Clairement. Je n’ai aucun doute à ce sujet », a ajouté Philippe Boxho.

Une situation très compliquée donc pour l’expertise judiciaire et tous les étudiants qui souhaitent se lancer dans cette discipline.

Le commentaire de l’AWF : encore du communautaire ? Oui, mais quand se rendra-t-on compte en Wallonie que derrière le communautaire se cache des entreprises qui ferment, des emplois perdus et des jeunes dont l’horizon se ferme ?

Combien faudra-t-il de responsables courageux comme M. Philippe Boxho qui mettent le doigt sur une réalité qui fait mal : « un ministre fédéral du Nord du pays, il n’en a rien à foutre d’entreprises qui ferment en Wallonie » ?

Remarquons au passage que M. Koen Geens n’est pas un « affreux » ministre N-VA, mais un « respectable » ministre CD&V (à l’adresse des Français qui, de plus en plus nombreux nous lisent, CD&V = chrétien, démocrate et flamand / N-VA = nouvelle alliance flamande).

Combien faudra-t-il d’emplois perdus et d’horizons qui se ferment pour notre jeunesse pour que nos responsables politiques, sociétaux et autres entrent en rébellion ? 

Combien de temps faudra-t-il attendre avant que les centaines de membres de notre mouvement citoyen deviennent des milliers de citoyens qui feront de l’AWF un mouvement populaire qui aura la force de peser sur les choix de ses décideurs ? 

Le Royaume est sauvé

On ne nous l’avait pas dit. Nous ne l’avions pas compris. Cela ressemble à une illumination soudaine. Une étude universitaire, menée il y a un an dans les travées du Parlement, révèle que, dans le secret de leur conscience, la majorité de nos élus souhaiteraient revenir à une Belgique plus unitaire. Il semblerait que leur attachement à la Belgique soit de plus en plus fort.

C’est une exclusivité La Libre Belgique.

Pour de nombreux parlementaires, les Régions et les Communautés ont reçu trop d’autonomie

Parlement

Il s’agit des résultats d’une étude universitaire. Depuis 2011, l’identité belge s’est renforcée dans tous les partis, flamands et francophones, à l’exception de la N-VA et du Vlaams Belang.

De 1970 à 2011, la structure de l’Etat belge a été réformée à six reprises. L’opération a toujours suivi le même cours, accentuant la décentralisation, renforçant sans cesse l’autonomie des Régions et des Communautés. Ce faisant, le pouvoir politique a-t-il été trop loin ? De nombreux parlementaires le pensent, si l’on en croit une enquête universitaire dont les résultats sont publiés ce lundi.

La recherche a été menée par trois professeurs de sciences politiques – Dave Sinardet (VUB), Min Reuchamps (UCL) et Jérémy Dodeigne (ULg). Entre novembre 2014 et février 2015, ils ont soumis un questionnaire à tous les parlementaires du pays, afin de recueillir leur sentiment sur l’identité belge et la structure de l’Etat.

Par le passé, plusieurs enquêtes ont mesuré le degré d’appartenance des citoyens à la Belgique, à l’Europe, à leur commune ou à leur région. L’exercice, en revanche, avait rarement été entrepris auprès des députés eux-mêmes. D’où la valeur de l’étude présente, d’autant plus intéressante qu’elle a été menée de façon anonyme, ce qui garantit en principe la sincérité des réponses.

Une évolution saisissante

Les parlementaires ont été invités à se positionner sur une échelle de 0 à 10. Le chiffre 0 indique le désir d’un effacement total de la Belgique. Le chiffre 10 marque la volonté d’un retour vers l’Etat fédéral de toutes les compétences gérées par les Régions et les Communautés. Le statu quo institutionnel correspond à 5.

Comme attendu, les moyennes les plus basses s’observent au Vlaams Belang (0,4) et à la N-VA (0,6). Suivent le CD&V (4,5) et le FDF, rebaptisé Défi (5). Mais le résultat le plus spectaculaire est ailleurs : les députés de tous les autres partis, sans exception, voudraient une refédéralisation partielle. La tendance s’observe surtout au PTB (8,5), au SP.A et chez Groen (5,8), ainsi qu’au MR (5,7). Même les représentants de l’Open VLD, un parti qui s’est déclaré confédéraliste jusqu’en 2013, se situent à 5,2. Le score est identique parmi les élus PS, qui a jadis été le creuset d’un régionalisme wallon parfois radical.

L’évolution est saisissante si l’on se reporte à la précédente enquête du genre, réalisée en 2011. A l’époque, les députés de tous les partis, francophones et néerlandophones, souhaitaient une autonomie accrue. Avec 4,9 à peine, Groen détenait le plus haut score.

–> La suite de ce dossier est à lire dans La Libre Belgique de ce lundi 25 janvier. 

L’appel du 18 janvier

Le président du CDh n’est pas du genre à se coucher devant la N-VA. Depuis Bastogne, il voudrait que s’organise une contre-offensive. On ne va pas reprocher à Benoît Lutgen de secouer le monde politique « francophone » quand celui-ci se refuse encore à imaginer la fin de la Belgique, mais il faut espérer que cet appel du 18 janvier brasse autre chose que du vent. Peut-être que l’histoire lui rendra justice. On se plaît à imaginer qu’en parlant des francophones « à l’étranger », Benoît Lutgen pense à la France…

Lu aujourd’hui sur le site du journal Le Soir :

Benoît LutgenLe président du CDH appelle ses homologues du sud du pays à se réunir pour réfléchir à l’agenda communautaire.

Le président du CDH Benoît Lutgen a une nouvelle fois écrit à ses homologues du sud du pays afin qu’ils se mettent autour de la table pour définir leur « menu propre », à l’aune de l’annonce par la N-VA d’une nouvelle réflexion interne sur l’agenda communautaire qui passe par un approfondissement de la régionalisation du pays.

Il faut un « projet francophone fort » sur le plan économique, social, éducationnel, environnemental « sans attendre que quelqu’un éternue ou se mouche », a-t-il indiqué, par allusion au vice-Premier ministre MR Didier Reynders qui s’était étonné dimanche que l’opposition francophone de gauche s’emballe dans un « tsunami » chaque fois que le président de la N-VA « Bart De Wever éternue ».

Un projet solidaire pour les francophones

Il faut un projet « solidaire » pour tous les francophones, « de Wallonie et de Bruxelles, de périphérie, à l’étranger », a souligné Benoît Lutgen à l’occasion de ses vœux à la presse.

Plusieurs éminences réformatrices et socialistes ont pour leur part invité les francophones à se réorganiser au sein de l’espace Wallonie-Bruxelles, en privilégiant la régionalisation de certaines compétences.

Une réponse aux « relents populistes et indépendantistes »

Il faut un projet « positif alternatif » qui n’apparaisse pas comme un miroir des velléités séparatistes exprimées mais qui réponde aux « besoins » des francophones dans une « unité indissociable », a répondu lundi M. Lutgen.

Selon lui, il ne s’agit pas de réfléchir aux outils, à l’espace, mais bien de développer un « projet prospectif », avec des solutions sur le plan humain. Il faut une réponse aux « relents populistes et indépendantistes » qui ont cours en Europe et il est temps, à cet égard, que les présidents de partis francophones laissent de côté leurs « rancœurs » nées de la formation des exécutifs il y a deux ans, a estimé M. Lutgen.

Voilà qui est dit

Lu aujourd’hui sur le site du journal Le Soir :

Benoit-HellingsInvité de La Première, à la RTBF, ce mercredi matin, interrogé à propos de la Catalogne, Benoît Hellings s’est dit ouvert à un éventuel processus d’indépendance en Catalogne : « La Belgique doit aider les peuples à s’autodéterminer et donc chaque peuple dans le monde a le droit de choisir son propre destin. C’est vrai pour les Catalans, c’est vrai pour les Écossais, c’est vrai pour les Flamands et c’est vrai pour les Palestiniens », a commenté le député Ecolo au micro de Bertrand Henne…

(…) Le député vert toujours : « Si la Catalogne se déclare indépendante au terme d’un processus démocratique reconnu internationalement comme pour la Palestine, comme pour l’Écosse, les écologistes – Ecolo et Groen – reconnaîtront cet état démocratique indépendant. Si la Flandre le fait de façon démocratique, en respectant par exemple, le partage équitable de la dette publique, si elle prévoit la signature de la convention permettant la protection des minorités des francophones en Flandre, alors oui on reconnaîtra l’indépendance de la Flandre ».

Gouverner, c’est choisir

Le progrès social, chacun le voit comme il veut. Bientôt, les acquis sociaux seront considérés comme des privilèges à combattre. En tout cas, dans un marché ouvert, ils seront de plus en plus difficiles à défendre. En Belgique, avec la N-VA, les choix sont clairs. Marc Goblet n’a pas fini de crier dans le désert.

«Nous devons économiser et réformer davantage», dit Bart De Wever, pour qui le coût de la sécurité, en nette augmentation, doit forcément entraîner de nouvelles économies en matière de sécurité sociale. Il est dans l’ordre des choses que le patron de la N-VA s’en prenne à la solidarité interpersonnelle et interrégionale, lui qui entend protéger les intérêts de la Flandre avec un discours politiquement très à droite.

Et si cela permet de bousculer la Wallonie rougeaude et de taper sur ses gros doigts pour qu’elle « dégage » une fois pour toutes, c’est carrément du bonus…

Bart De Wever joue sur du velours.

Là où cela devient cocasse, ou interpellant, c’est quand le ministre belge des finances, lui aussi de la N-VA, déclare au même moment que « le gouvernement n’exclut pas de faire appel de la décision de la Commission européenne exigeant que la Belgique récupère 700 millions d’euros auprès de 35 entreprises multinationales », lesquelles profitent d’un régime fiscal que l’Europe elle-même juge illégal, tant il est favorable (en fait, il s’agit d’un vrai cadeau réservé aux multinationales).

Ainsi donc le gouvernement, par la bouche de son ministre N-VA des finances, se fâche à l’idée de récupérer 700 millions d’euros qu’elle n’avait pas le droit de laisser dans les caisses de 35 entreprises multinationales, mais l’homme fort de la N-VA, de la Flandre et de la Belgique annonce que l’Etat belge ployant sous des charges nouvelles, il y aura moins d’argent pour la sécurité sociale. Gouverner, c’est choisir, comme disait Pierre Mendès-France…

Voici ce qu’on pouvait lire hier sur le site de Sudpresse :

Le ministre des Finances n’exclut pas de faire appel de la décision de la Commission au sujet de la fraude fiscale de 700 millions d’euros

J. Van OvertveldLe gouvernement n’exclut pas de faire appel de la décision de la Commission européenne exigeant que la Belgique récupère 700 millions d’euros auprès de 35 entreprises multinationales, en grande partie européennes en raison d’un régime fiscal d’exonération des bénéfices excédentaires jugé illégal aux yeux de la législation européenne, a indiqué lundi le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt.

« Il convient à présent d’attendre l’issue des négociations avec l’Europe en ce qui concerne un éventuel remboursement », a-t-il indiqué dans un communiqué, rappelant que les rulings (en français, rescrits fiscaux) accordés par le passé représentent environ 700 millions d’euros.

« Si l’Europe devait exiger la récupération de ce montant, les conséquences pour les entreprises concernées seraient très importantes et la récupération en tant que telle s’avérerait particulièrement complexe. Je mettrai donc tout en œuvre pour limiter au maximum l’impact et ce, dans l’intérêt de la sécurité juridique et de notre tissu économique », a affirmé M. Van Overtveldt (N-VA).

Selon lui, la récupération des aides n’« aidera pas le budget » car il s’agira d’une opération non-récurrente.

« Le gouvernement doit d’abord chercher des solutions structurelles et non pas opter pour des solutions bricolées, comme par le passé », a-t-il ajouté.

Le grand argentier belge précise que le gouvernement déterminera sa position sur la base des négociations futures.

« A l’heure actuelle, nous n’excluons aucune option. A cet égard, nous n’écartons donc pas la possibilité d’interjeter appel de la décision », a-t-il poursuivi.

La Commission a ouvert une enquête sur cette pratique au mois de février 2015. Depuis lors, à titre préventif, la Belgique a suspendu le mécanisme et n’a plus délivré d’ »excess profit ruling ».

Ce mécanisme est appliqué depuis 2005, à l’époque du gouvernement alliant socialistes et libéraux sous la direction de Guy Verhofstadt.

(…) Dans le monde patronal, la fédération flamande Voka a vu dans l’annonce de la Commission européenne une menace pour la sécurité juridique des investissements en Belgique. A ses yeux, c’est « presqu’une rupture de contrat ».

Ce soir, la Marseillaise

La Marseillaise est un document historique. Elle est née avec la République française. Elle a été chantée par les peuples en quête de liberté, par les travailleurs qui réclamaient plus d’égalité. La France, aujourd’hui, éprouve le besoin de revisiter ses symboles. Ce soir, la Marseillaise est au menu de France 5.

Voici la présentation de l’émission sur le site Telerama.fr :

Sur France 5 : “La Marseillaise”, un hymne qui rassemble et divise

sur-france-5-la-marseillaise-un-hymne-qui-rassemble-et-divise,M291463Au lendemain des attentats du 13 novembre, des millions de personnes entonnaient “La Marseillaise”. Pourtant, ce chant n’a jamais fait l’unanimité.

La France, meurtrie par les attentats de janvier et de novembre 2015, a retrouvé avec passion les couplets écrits par Joseph Rouget de Lisle en 1792. De New York à Melbourne et Tel Aviv, en passant par l’Irak, La Marseillaise a été reprise dans les stades de football, les salles de concert, un camp de réfugiés ou les rues, par des milliers de personnes qui, souvent, n’en connaissaient que l’air. Comment un chant vieux de deux siècles peut-il rassembler au-delà des frontières et des langues ? « La Marseillaise est un hymne très puissant. Elle porte l’image de la France. Sa musique est formidable, entraînante. C’est devenu un chant global pour dire non, un moyen de clamer que l’on ne sera pas défait », explique Peter McPhee, historien de la Révolution française à l’université de Melbourne. « Ce chant révolutionnaire a retrouvé sa fonction de rassembleur », confirme Mathieu Schwartz, auteur de La Marseillaise, l’éternel chant de bataille, un documentaire instructif et bienvenu.

Cet hymne que « l’on ressort de derrière les fagots », selon une formule « cynique » du général Bugeaud, a pourtant mis du temps à s’imposer. Ecrit pour encourager les combattants de l’armée du Rhin face aux monarchies européennes qui attaquent la République naissante, La Marseillaise est ensuite bannie par les régimes autoritaires. Napoléon lui préfère Veillons au salut de l’Empire. La Restauration et la monarchie de Juillet la jugent subversive mais pas le peuple qui l’entonne, sur les barricades, lors des révolutions de 1830 et de 1848. Napoléon III l’écarte au profit de Partant pour la Syrie, et c’est finalement la IIIe République qui lui redonne son statut d’hymne national.

Elle l’a conservé depuis avec plus ou moins d’éclat, selon les époques. Au début du XXe siècle, son aura révolutionnaire pâlit auprès de la classe ouvrière, qui préfère L’Internationale à ce chant adoubé par les institutions. Le Front populaire la réhabilite mais, quelques années après, elle fait les frais de l’occupation allemande. Pétain s’en méfie et l’ampute de son premier couplet, au ton trop insurrectionnel, tandis qu’elle devient un symbole pour les résistants qui l’adoptent en même temps que Le Chant des partisans. Sous la IVe et la Ve République, La Marseillaise est négligée par les mouvements internationalistes et pacifistes, mais sert de ralliement à une droite nationale qui en offre une vision étriquée et excluante, antinomique du souffle originel des républicains de 1792.

Plus près de nous, les Français issus de l’immigration maghrébine ont parfois eu du mal à entonner un chant longtemps synonyme des violences du colonialisme. « Nous ne pouvions le faire sans trahir nos parents, leur douleur de la guerre d’Algérie qu’ils nous ont inoculée », raconte Magyd Cherfi, du groupe Zebda. Les attaques perpétrées cet automne à Paris en changent la perception. « Il y a des jours où on aime la France, où on a envie de chanter La Marseillaise, envie d’être tricolore comme un supporter insupportable », écrit-il dans une tribune parue dans Libération au lendemain du 13 novembre. Pour autant, l’image d’une France ouverte et généreuse incarnée dans la 5e strophe de Rouget de Lisle par « des guerriers magnanimes » prêts à accueillir ceux qui ne sont pas libérés de l’oppresseur, peut-elle résister à la dureté des temps et au flot d’immigrés qui fuient les zones de conflit ? « Elle est un miroir tendu qui provoque un malaise car nous sommes conscients du décalage entre les idéaux révolutionnaires et la réalité », estime l’historien Guillaume Mazeau.

Au terme de son enquête, Mathieu Schwartz offre, lui, d’assumer ce texte dans toute sa complexité et d’accepter son universalité, son caractère belliciste et ses mots écrits dans la tourmente d’une république menacée, qui, de tout temps, ont choqué. De Lamartine à Lambert Wilson en passant par l’abbé Pierre, nombreux sont ceux qui ont voulu en changer les strophes. Le « sang impur » évoqué dans le refrain étant ce qui fait actuellement le plus ­débat. Des mots que l’on assimile à « la race » mais qui renvoyaient, à l’origine, au sang des aristocrates, ennemis de la république. La notion de race n’existait pas comme on l’entend actuellement, rappelle le sociologue Edgar Morin. Aujourd’hui, on peut aimer La Marseillaise sans être un nationaliste ­farouche, on peut aussi la refuser sans être un mauvais citoyen. « Questionner les symboles, les garder vivants fait de nous une communauté de choix et pas d’identité », plaide Guillaume Mazeau. Le danger serait de la sacraliser pour se complaire dans l’illusion d’une république acceptée par tous. Une tendance que porte en germe la création en 2003 d’un délit d’outrage aux emblèmes. « Un nouveau blasphème ? » ironise l’historien Jean-Noël Jeanneney.

L’élan de solidarité qui a suivi les attentats de novembre et a vu des millions de Français entonner à l’unisson La Marseillaise peut-il durablement se prolonger ? Rien de moins sûr. Il ne pourrait être qu’« une écume mensongère », craint Magyd Cherfi. A l’image de cette France black, blanc, beur tant saluée en 1998 et qui se dessinait sur la joue le drapeau tricolore. A moins que les Français ne répondent cette fois vraiment à l’appel de l’hymne qu’ils entonnent et qui les enjoint de s’engager pour défendre une république ­attaquée. Comme citoyen, suggère Guillaume Mazeau, et non plus militairement, tels les soldats de Valmy.

Le compte à rebours a commencé

Bon, d’accord, ce n’est pas un scoop, mais certains l’avaient peut-être oublié…

C’est une information Belga publiée sur le site de la Libre.

La ministre N-VA Liesbeth Homans espère que la Belgique n’existera plus en 2025

Liesbeth HomansLa ministre N-VA du gouvernement flamand Liesbeth Homans a dit croire mercredi que la Belgique existera encore en 2020 mais formulé « l’espoir » que ce ne sera « plus » le cas en 2025. La VRT prépare une série d’anticipation sur la Belgique « dans cinq ans » dont un extrait a été diffusé au journal télévisé de la chaîne publique flamande mercredi. « 2020, c’est trop tôt », y indique Mme Homans au sujet de la disparition de la Belgique, en y formulant le vœu qu’un maximum de compétences aillent aux entités fédérées après les élections de 2019 « de sorte que la Belgique disparaisse d’elle-même ». La N-VA aspire statutairement à « l’indépendance d’une république de Flandre, Etat d’une Union européenne démocratique ». Mais lors de la formation du gouvernement Michel, il avait été décidé de mettre de côté toute revendication communautaire.

En Belgique, il y a le train et l’arrière-train

Pour faire bouger les lignes, en politique, il faut compter sur les circonstances et sur le temps. Quand il s’agit de lignes de chemin de fer, sachant que la direction de la NMBS-SNCB, très flamande, est confrontée à un mouvement syndical devenu tout à coup très très wallon, il est permis d’aller plus vite et plus loin. Bart de Wever a sorti de solides arguments pour faire un pas de géant vers la régionalisation du rail. Lui et Marc Goblet ont au moins un point commun, c’est qu’ils veulent arrêter les trains. Plus de ligne directe entre Liège et Ostende ? Il va falloir changer de train ? Des trains plus modernes en Flandre ? Et qu’est-ce que ça changerait au niveau des investissements, du pouvoir de décision… ? Si c’est pour remettre en service le Thalys « wallon », celui qui assurait la liaison entre Liège et Paris via la dorsale wallonne, on y gagnera peut-être au change. Et, tant qu’on y est, le gouvernement wallon pourrait-il revenir sur sa décision de condamner la ligne entre Dinant et Givet ? (lien)

C’est une information Belga sur le site de la Libre.

De Wever-SNCBLe président de la N-VA, Bart De Wever, a suggéré mardi dans plusieurs interviews de procéder à une scission pratique des chemins de fer belges, à défaut d’une scission légale.

Selon lui, les lignes Anvers-Charleroi et Ostende-Liège pourraient être coupées à Bruxelles. De la sorte les navetteurs flamands n’auraient pas à subir les conséquences de grèves menées en Wallonie. L’accord de gouvernement conclu entre le MR, la N-VA, le CD&V et l’Open Vld ne prévoit pas de scinder le rail belge et une telle proposition ne recueillerait sans doute pas de majorité. « Mais il n’est pas nécessaire de scinder légalement la SNCB pour limiter à tout le moins les perturbations pour les voyageurs flamands. On peut organiser aussi la scission pratiquement. Est-ce nécessaire ou utile qu’une ligne aille d’Anvers à Charleroi et d’Ostende à Liège? Si les cheminots font grève à Liège, en tant que Flamand vous avez un problème alors que vous voulez rejoindre Bruxelles depuis Gand », a-t-il déclaré dans « Het Laatste Nieuws ».

Le président des nationalistes flamands invoque un autre argument, les trains qui à certaines heures roulent peu remplis sur ces lignes à partir de Bruxelles.

Selon lui, le plan de transport 2017 de la SNCB devra tenir compte de cet élément.

L’ancien patron de la SNCB, Marc De Scheemaeker, ex-candidat sur la liste N-VA aux élections européennes, abonde dans ce sens. Des lignes trop longues nuisent à la ponctualité des trains et à leur remplissage, affirme-t-il, interrogé par « De Standaard ».

Les chemins de fer belges : un train à deux vitesses

« L’administration wallonne flingue le plan de transport de la SNCB. » C’est un article publié sur le site du journal L’Echo.

D’après la Cellule ferroviaire, le plan 2014 de la SNCB pénalise plus la Wallonie. Il y impose un allongement du temps de parcours de 10% contre une moyenne de 3,3%.

SNCB Wallonie 1La Cellule ferroviaire wallonne a rendu la copie de l’analyse du plan de transport 2014 de la SNCB demandée par son ministre de tutelle, Maxime Prévot (cdH). L’objectif de celui-ci était de mesurer l’impact des nouvelles relations dessinées par l’entreprise ferroviaire pour les navetteurs wallons. Le bilan semble négatif pratiquement sur toute la ligne. Allongement des temps de parcours plus important que la moyenne, disparition annoncée de liaisons internationales passant par Namur, inefficacité de la dorsale wallonne, etc. Telles sont les conclusions contenues dans le document que le vice-président wallon a envoyé en octobre à la Commission des travaux publics. SNCB Wallonie

« Alors que la SNCB annonce une augmentation moyenne de la durée de parcours de 3,3% sur les 100 couples origine/destination les plus fréquentés, on constate que les temps de parcours entre les grandes villes wallonnes et la première gare bruxelloise (Nord, Luxembourg, Midi) se sont allongés dans des proportions plus importantes, l’augmentation moyenne étant de 10%, soit environ 5 minutes. »

L’administration indique qu’on « s’éloigne inexorablement des demandes formulées par le gouvernement wallon lors des négociations relatives au Plan pluriannuel d’investissement 2001-2012 du groupe SNCB ». Elle estime aussi qu’on atteint dorénavant sur certains axes des « seuils psychologiques défavorables à l’utilisation du train par rapport à la voiture ».

La Cellule note une réduction totale du nombre de personnes empruntant quotidiennement l’axe 3 (Bruxelles-Luxembourg-Bâle avec arrêt notamment à Namur). Selon les itinéraires, le temps de parcours des liaisons internationales directes entre ces villes est allongé de 10 à 37 minutes. « Il y a fort à craindre que les liaisons directes internationales disparaîtront purement et simplement à partir d’avril 2016, date à laquelle seront mis en service des TGV entre Luxembourg et Strasbourg ».

Trains tôt et tard menacés

La dorsale wallonne, qui relie les pôles économiques majeurs du sud du pays et qui constitue leur porte d’accès vers l’international (Lille, Maastricht, Aix-la-Chapelle), n’a pas été renforcée. Au contraire, on assiste à la suppression en semaine du train direct qui reliait Tournai (Lille) à Liers et à des correspondances jugées médiocres notamment en gare de Namur entre la dorsale wallonne et l’axe 3 (28 minutes d’attente en gare en venant du Luxembourg vers Mons et inversement). Tournai demeure reliée en semaine à Lille, mais Liège n’est plus connectée à Lille ni à Aix-la-Chapelle.

Pour l’avenir, l’administration wallonne trace des pistes de réflexion. Elle suggère que la dorsale wallonne et l’axe 3 soient considérés comme la colonne vertébrale d’un cadencement en réseau en Wallonie. Elle plaide pour que les obligations minimales qui seront imposées à la SNCB en termes de dessertes minimales ne soient pas amoindries, « sinon, l’exploitant ferroviaire aura tôt fait d’ajuster son offre à la baisse. Les trains circulant tôt et tard seront alors les premiers menacés ».