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Cumul des mandats et ruralité

Par Jean-Luc Lefèvre

De plus en plus de voix s’élèvent en Wallonie en faveur d’une stricte limitation du cumul de mandats exécutifs locaux et régionaux.

Etonnons-nous d’abord du silence assourdissant  autour du cumul autrement plus inadmissible de mandats exécutifs (ministre wallon et bourgmestre) comme si aucun conflit d’intérêts ne pouvait le vicier.

S’agissant du cumul aujourd’hui dans le collimateur,  celui du mandat de bourgmestre ou d’échevin avec celui de député wallon, notons d’abord qu’il est dans l’air du temps ! Il fait même partie du programme présidentiel de F. FILLON en France. Un autre François, BAROIN en l’occurrence, qui appartient au même parti que le premier, s’y oppose résolument pour des raisons qui devraient intéresser au premier chef les francophones des terres romanes de Belgique.

Il s’oppose à cette proposition pour la simple raison qu’en interdisant le double mandat, on exclut aussi de la représentation populaire près d’un français sur deux  vivant dans une localité de moins de 10 000 habitants au seul bénéfice des zones urbaines.

En Wallonie, la situation est la même : près d’un wallon sur deux est domicilié dans une commune de moins de 10 000 habitants.

Une seule question, dès lors, se pose. Après la désertification des campagnes en matière de services publics, tolérerons-nous  encore qu’elles  ne soient plus représentées à Namur que par des citadins qui ne vivent pas au quotidien les problèmes des ruraux et qui ont déjà modifié les critères d’attribution du Fonds des communes à leur seul profit ?

Marre du « Walloon bashing »

Bonjour à tous,

Comme déjà dit à Paul (Durieux), je ne pourrai être avec vous ce samedi 25, étant, une fois de plus, dans notre mère-patrie.

J’ai déjà eu l’occasion de dire ce que je pensais du ramdam à propos de Publifin.

Que tout ne soit pas parfait dans cette nébuleuse, le contraire serait étonnant.

Qu’il y ait eu de l’ingénierie fiscalo-administrative, à coup sûr, mais elle était publique et connue depuis des années. On est quand même loin (sait-on jamais !) des montages via le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Irlande, montages admirés de toutes parts pour leur ingéniosité. Merci Deloitte, E&Y, PwC, et quelques autres.

Qu’il y ait des mandats bien rémunérés pour des mandataires passifs et/ou dormants, sans doute.

(Soit dit en passant, je trouve normal que ce soit des élus qui me représentent au Conseil de Police, par exemple.)

Mais s’étonne-t-on des rémunérations des administrateurs passifs de Inbev (par exemple) ou antérieurement de Fortis ? J’ai d’autres exemples mais certes, c’est privé et donc ils font ce qu’ils veulent !

Je ne défends personne mais je suis un peu las du Walloon bashing et de l’auto-flagellation. J’ai parfois l’impression d’être au pèlerinage de l’Achoura où les pèlerins se flagellent au sang.

Un peu d‘anticipation : Monsieur Elio veut redevenir premier ministre. Il doit  donc donner des gages. Ethias devra rejoindre Belfius avant privatisation et donc transfert des emplois wallons à Bruxelles ou Anvers ; Telenet (vlaamse maatschappij) convoite Voo avec le transfert des emplois wallons. Sera-ce la conséquence de tout ceci ?

J’avais déjà écrit que le Kasakhgate était bien plus grave parce qu’il met en cause les fondements d’un Etat, fût-il la Belgique. Je le maintiens.

Pourtant, dans un cas comme dans l’autre, est-ce ces sujets qui font partie des objectifs et des combats de l’AWF ? Peut-être, mais ça ne me paraît pas évident.

J’en viens quand même à mon objectif premier en écrivant ce mot : le conflit d’intérêt.

Ce que j’ai lu dans Le Soir de ce samedi 18 est d’un banal ! Il s’agit de foot et de la construction d’un stade (nationaal) sur le sol flamand. En page 6, en fin de l’article intitulé  « nouvel obstacle… » (5ème colonne), je cite « Derrière cet attentisme pourrait bien se cacher le nouvel homme fort de la Fédération : Bart Verhaege. Le président du club de Bruges (ndlr : c’est le même) voit d’un mauvais œil ce projet qui favoriserait Anderlecht. De plus, le stade national pourrait marcher sur les plates-bandes et faire de l’ombre à son projet immobilier, Uplace, qui doit prendre place à quelques encablures de là, à Vilvorde. »

Ce double conflit d’intérêt – sportivo-commercial et immobilier- ne gêne pas le journaliste et sa rédaction ; c’est normal, c’est privé.

Oufti et cwè, si c’était en Wallonie ?

Voilà, c’était mon humeur d’aujourd’hui ! Ceci ne faisait pas partie non plus des fondamentaux de l’AWF.

 Bonne réunion ce samedi,

Michel Pieret

Une autre gouvernance est possible !

Par Paul Mélot

Des mandataires, surtout socialistes, mais aussi MR et CDH ont très gravement fauté, mis à mal l’éthique politique, créant un dangereux populisme, et doivent donc partir.

Mais, parce que le PS a des responsabilités historiques en Wallonie, il devrait être le premier à revenir à plus de modestie, plus de partage, aucun clientélisme, aucun affairisme… Si tel devait être le cas, gros à parier que les autres partis suivraient, reprenant par ailleurs nombre d’idées déjà émises anciennement par Ecolo ! 

Le premier qui osera sera celui qui sera le plus pardonné aux yeux de l’opinion publique, pour autant que les décisions internes, d’abord, externes ensuite, soient claires, justes, justifiées, précises, sans compromis possible.

Quelques idées-maîtresses: 

    – le mandataire est instrument de parti, pas dirigeant de parti !

    – dans l’absolu, un homme = un mandat

    – interdiction totale de cumuls bourgmestre, échevin, président de CPAS / député

    – limitation de la durée des mandats 

1) Un parti est un moyen d’accès au pouvoir décisionnel pour améliorer ce qui doit l’être pour l’individu, la société, le cadre de vie, l’économie. Le mandataire n’a d’autre rôle qu’un passeur de contenu, une fois arrivé au pouvoir, ce pouvoir étant partagé démocratiquement entre majorité et opposition. La mandataire de droit divin n’existe pas ! Le mandataire exécute les décisions de ses mandants. Les fonctions de président, de secrétaire, de trésorier des sections politiques, à quelque niveau que ce soit, ne peuvent être exercées par des mandataires !

2) Un homme, un mandat. Deux, trois, peut-être ? Selon les circonstances à établir, tout mandat secondaire dérivé de sa fonction (par exemple, siéger dans une intercommunale est bien le rôle du conseiller, de l’échevin, du bourgmestre, du président de CPAS) n’est dévolu que par la Loi. Ils sont en effet les rapporteurs des décisions communales et comptables de leurs actes devant les mêmes instances.  Il en découle que tout autre mandat doit être exercé par des  non-mandataires, comptables de leurs actions devant leur parti.

3) Nulle femme, nul homme n’a le don d’ubiquité et la journée n’a que 24 heures ! Gérer une commune, célébrer des mariages est un « métier ». Gérer une région, un pays, un autre ! Compétences et vision sont bien différentes. Personne ne me fera croire que parce qu’on est bourgmestre ou échevin, on détient la compétence ! C’est de plus nier le réservoir d’intelligences qui existent dans chaque parti. C’est par ailleurs offenser les militants que de s’autoproclamer et s’ériger en seuls capables de fonctions supérieures !  Les partis feraient bien d’être également novateurs en la matière…

4) En fonction de ce qui précède et selon le degré d’adhésion à ces principes simples et élémentaires de gouvernance exclusivement à l’égard du PS:

  – Di Rupo, Demeyer,… , qui n’ont pas voulu/pu/faire émerger l’éthique à son niveau le plus élevé doivent être remplacés.

  – Les bourgmestres, échevins, présidents de CPAS actuellement en exercice accomplissent donc leur dernier mandat de cumul. Lors des prochaines élections communales, provinciales, régionales, fédérales, il leur appartiendra de choisir.

  – Bien entendu, les corrupteurs/ corrompus  (Gilles, Mathot, Moreau…) doivent prendre la porte.

  – Les complices, « bande des cinq liégeois » doivent rendre des comptes: personne n’est dupe de leur complicité d’avoir mis en place/accepté le système en partageant le fromage, ceci dans un parfait équilibre de la « terreur » entre eux.

5) Ce n’est qu’en décrétant fondamentalement, en interne aujourd’hui, demain sans doute en externe, une vraie révolution et qu’en se posant en exemple de gouvernance que le PS pourra regarder en face son électorat et par devers lui, le citoyen. Dans son « malheur », le PS a cette « chance » unique et qui ne se renouvellera pas, de faire face, sans faille, sans détour, s’il le veut, s’il le peut, s’il n’est déjà pas trop tard…

6) Tout ceci s’applique évidemment aux autres formations politiques, on l’aura bien compris. 

7) Il n’empêche qu’en matière de gouvernance, on doit  aussi s’interroger sur le sort des provinces, du sénat-croupion, du regroupement des TEC, des intercommunales en fonction de leurs sphères d’actions… sources de nombre d’économies importantes au bénéfice des citoyens ! Persiste et signe: les intercommunales doivent subsister !

Quand la dissimulation est à sens unique

Par Jean-Luc Lefèvre

On ne compte plus les emplois publics fictifs dans les cénacles politiques trop souvent acquis au népotisme familial, on ne compte plus les appointements et autres émoluments cachés des notables de tous poils. C’est même devenu une pratique courante, une sorte de seconde nature.

En Europe, on feint de s’étonner du népotisme de celui qui est devenu président des U.S.A. (son gendre propulsé aux affaires de l’État !), on se complaît à dénoncer son refus de publier sa fortune… L’hypocrisie est devenue la norme éditoriale. Au mépris de toutes les réalités que l’on ne voit plus, ou trop tard,  tant elles sont devenues aveuglantes sur le vieux continent.

En France aussi, FILLON et LE PEN sont empêtrés dans la même gadoue, ce dont s’amuse notre RTBF à longueur de journaux télévisés. Et les terres romanes de Belgique ne sont pas en reste : nombreux sont nos chers élus à être aussi accompagnés, de près ou de loin sur leur lieu de travail, par leur Pénélope qui n’a plus la patience d’attendre son Ulysse au soir de la bataille ! Les cabinets fantôm(atiqu)es, les comités de secteur au périmètre incertain, mais à l’opulence certifiée à défaut de réelles compétences désintéressées, partout, se sont multipliés. Chez nous, ce n’est pas un clan familial, déjà riche, qui a mis le grappin sur le pays, c’est un clan de parvenus, une cour particratique qui aspire à davantage de richesse sur le dos des contribuables. « Toujours plus », disait François de CLOSETS

Les nouveaux maîtres ne hantent plus les châteaux, ils ne sont plus protégés de leurs laquais : ils hantent désormais les corridors des officines publiques, bien à l’abri de montages juridiques, ils rasent les murs, qui ont des oreilles, et leur devise n’a pas changé : « L’État, c’est moi ».

Leurs « recettes » (!) n’ont pas changé : les « offices » sont devenus des « mandats » concédés par le Prince toujours soucieux de paix sociale quand il s’agit de l’élite de la société, sa nouvelle aristocratie, ses nouveaux baronnets.

Au bas de l’échelle, depuis 2008, la transparence est devenue la règle. Plus de titres au porteur, échange automatique des informations bancaires, limitation des paiements en espèces, « black box » pour le secteur Horeca, taxe kilométrique, redevance photo-voltaïque des prosumers…

Une telle schizophrénie ne peut plus durer. Les Roumains montrent le chemin !

Publifin, Publisuite…

Par Georges-Henry Simonis

Les problèmes des intercommunales liégeoises donnent lieu à des réactions nécessaires et salutaires. Mais celles-ci règlent-elles les deux problèmes dont souffre la Wallonie depuis longtemps : l’hypertrophie politique et administrative, et la politisation abusive des services publics ?

Certes, il faut agir vite. Mais la précipitation peut être mauvaise conseillère à défaut d’une vision claire et du sens d’un long terme institutionnel.

Ainsi, je m’inquiète quand je lis que le conseil d’administration de Publifin passerait de 28 à 10 membres, « six pour la Province de Liège, et quatre pour les commune associées »; « deux PS, deux MR,  un CDH, un écolo » pour la Province, « deux PS, deux MR, un CDH » pour les communes… (Le soir du 1/2/17). Voilà que réapparaissent les comptes d’apothicaires au mépris du choix de personnes choisies d’abord pour leurs compétences et leur honorabilité personnelle !

Je note que les réformes en cours n’ont pas été précédées d’une évaluation pourtant nécessaire du rôle des provinces au sein d’un système fédéral, ni d’une réflexion sur la place des intercommunales entre les pouvoirs locaux que sont les communes et la Région. Faut-il encore qu’existent ces échelons intermédiaires qui contribuent à la complexité institutionnelle de la Wallonie ? Quelle est la nécessité actuelle de toutes ces intercommunales héritées du passé, qu’il s’agisse d’eau, de gaz, d’électricité, de médias, ou encore d’hôpitaux… ?

Faut-il que se créent à travers la Région des espèces de holding économico-financiers, semi-publics, semi-privés (?), censés contribuer aux finances communales déficitaires ?

Autre question : faut-il vraiment que chaque province wallonne dispose d’un département « agriculture », coincé entre le ministre régional, et le ministre fédéral… ?

Dans une région de 3.500.000 habitants, la charge administrative est lourde, de même qu’est fragile  la productivité de tous ces organes dispendieux.

A défaut d’analyses détaillées qui demandent réflexion, et qui peuvent prendre un certain temps, on risque de bâtir sur du sable…

En même temps, il faut régler pour de bon ce problème qui devient lancinant de la Fédération Wallonie-Bruxelles (enseignement, culture), et des matières toujours fédérales qui seraient mieux gérées au niveau régional. Par exemple, en matière de justice, il devient de plus en plus évident de penser régionalisation ! On n’a pas le même sens de la justice au nord et au sud du pays… Et de nombreuses matières ont déjà glissé vers la Région (aide à la jeunesse, aide aux détenus et aux victimes, sécurité routière…).

On parle beaucoup, et c’est heureux, de renouveau démocratique.

En Wallonie, nous vivons une étape importante : la conjoncture actuelle permet d’espérer une vraie redéfinition institutionnelle à long terme. C’est l’une des clés de l’avenir de la Région.              

Faudrait-il un nouveau Congrès régional wallon ? A défaut d’élections à la française qui donnent vraiment la parole aux citoyens, pourquoi pas ?

Tartuffe préside-t-il à nos destinées ?

Par Jean-Luc Lefèvre

Du cabinet fantôme, à la sauce Milquet,  aux enrichissements personnels des caciques de Publifin, du fédéral au régional, un même argumentaire : rien d’illégal, des affaires exclusivement éthiques, et donc soumises à appréciation de chacun !

Comme si la légalité n’était pas, d’abord, l’affaire de ces rebelles à l’éthique, qui en décidaient à leur seul profit?

Comme si l’éthique, jamais, ne s’appliquait à la classe politique acquise depuis toujours, même chez nous, aux vertus du trumpisme ?

Comme si, définitivement, une pratique politique gravée dans le marbre depuis toujours, jamais, ne devait ni même ne pouvait être remise en question ?

Comme si, surtout, la Justice devait se taire ???

Comme si…Tartuffe, toujours, présidait à nos destinées !

Et l’éthique dans le privé…?

Je suis avec un certain désintérêt je l’avoue, cette nouvelle saga. Le Kasakhgate me paraît autrement plus important.

Nos colonnes sont inondées de bashing facile et les journaux bruxellois d’expression française s’en donnent à cœur joie.

Bien sûr, je ne trouve pas les dérives de ce montage juridico-politique normales mais ce montage a été expliqué, dans la même presse, voici au moins deux ans, y compris les rémunérations des intervenants principaux.

 Que les « arrangements » du CA de Publifin soient condamnables, bien sûr si ce que je lis est avéré, mais ceux qui s’émeuvent le plus de cette situation n’ont sans doute  jamais travaillé dans le privé.

S’ils savaient les arrangements, petits et grands,… et je ne parle pas de paradis fiscaux lointains mais du quotidien.

Il est un autre aspect qui me gêne. Nethys/Voo et leur constellation sont une initiative économique d’envergure mais publique et d‘origine régionale wallonne. Ce type d’initiative qui avait le vent en poupe il y a bien longtemps n’est pas/plus appréciée dans le monde politique.

Mais est-ce différent de la situation de Belgacom/Proximus dans lequel l’Etat belge est actionnaire ? Etat belge aujourd’hui, c’est la Flandre.

Mais c’est aussi une guerre commerciale entre Voo et Proximus. Même si ce dernier n’est pas nécessairement à l’origine directe de l’information, il est de bonne guerre qu’ils actionnent leurs relais pour faire mousser. Le lobbying n’existe pas qu’à la Commission européenne.

Donc opération de Proximus pour affaiblir la concurrence et/ou Etat belge contre Région wallonne ? ou un peu/ beaucoup des deux ?

On me dit que je vois le « mal » partout mais on me reconnaît aussi de voir clair dans les causes et motivations des faits.

 Michel Pieret

Publifin : suite mais pas fin

« La tension monte à la veille des bureaux de partis… », écrit Le Vif.

Une chose est certaine : entre ceux qui, sans le dire explicitement, comme au P.S., visent MOREAU et les porosités entre intérêts publics et très privés (des dérives toutes personnelles, donc, comme, récemment encore, autour du Grand Prix cycliste SAMYN) et tous les autres qui souhaitent, enfin, après avoir beaucoup péché (c’est pourquoi il convient de leur pardonner, comme à la Samaritaine), qui aspirent, enfin, à une purification de certaines mœurs politiques auxquelles ils avaient eux aussi succombé à des degrés divers, le fossé est béant. Ou bien l’on se contente, une fois encore, une fois de plus, d‘un rafistolage indigne d’une démocratie, d’une restauration de façade, conforme à l’esthétique contemporaine du politiquement correct (cumuls et rétributions des mandats), aussi sexy soit-elle, ou bien, enfin, l’on accepte de ravaler tout un édifice politique wallon aujourd’hui  ébranlé dont la Flandre se gausse à juste titre.

Ce qui est sûr aussi : les intercommunales sont l’affaire des citoyens en tant que contribuables. Nul populisme là-dedans, nul poujadisme non plus à le rappeler!

Au sein de leurs assemblées, sans trahir la démocratie représentative, il convient de leur accorder un statut d’observateurs, à défaut d’acteurs. La quasi suppression des cours d’assises constitue déjà une régression suffisante. Ignorer cette revendication témoignerait d’un mépris total de l’électeur entre deux scrutins.

 Bons caucus ce lundi !

Jean-Luc Lefèvre, Emptinne

WALLONS TOUDI : on avance!

Par Georges-Henry Simonis

Transparence et bonne gouvernance

Comme une truite qui remonte sa rivière et se heurte à une échelle à poissons, avec PUBLIFIN, la Région Wallonie se confronte à un obstacle de taille : les affres de la bonne gouvernance wallonne.

Ce n’est pas neuf : au sein de l’Alliance Wallonie France, il y a belle lurette que nous dénonçons, avec Jules GAZON, l’hypertrophie administrative de la Wallonie, et, avec le GERFA,  sa consœur bien belge qu’est la « politisation- politicienne » plus ou moins occulte.

Ce qui nous apparaît en pleine lumière à propos de la galaxie des Intercommunales liégeoises nous ouvre les yeux  plus encore qu’ils ne l’étaient.

Toutefois, on peut penser que ce dévoilement pourrait avoir des effets positifs pour l’avenir de la Wallonie. Elle est consciente du problème depuis des mois, et ce qui se passe peut devenir un accélérateur de réformes bien nécessaires.

Aussi, je ne voudrais pas tomber dans la caricature de « Sois belge et tais-toi ! », titre du bel article que vient de publier Jean-Luc LEFEVRE sur le site de l’AWF : il parle du « marigot malodorant de la scène politique francophone », traitant ceux qui gouvernent de paons ou de cabotins… Je ne partage pas toujours non plus les réquisitoires enflammés de Paul MELOT qui s’en prend à quelques têtes de turc bien ciblées illustrant les forfaitures d’une gauche affairiste ayant perdu son souffle et parfois même son honneur… La situation des autres partis n’est guère plus glorieuse : que l’on pense au moins à KUBLA, au bel Armand DEDEKER, aux amis de Georges FOREST qui pillent le Congo comme au bon vieux temps…

Il faut faire un bien d’un mal.

Comme l’a écrit dernièrement Philippe DESTATTE, « il est des occasions formidables pour agir collectivement » : on peut, me semble-t-il, aller de l’avant pour régler une fois pour toutes ce malaise de mauvaise gouvernance que nous subissons aujourd’hui, et considérer sa réforme comme une étape indispensable, à côté des autre défis, pour le redressement de la Wallonie.

La Commission du Renouveau Démocratique, installée il y a plus d’un an, sur initiative d’ECOLO (rendons à César…), indiquait le chemin.

Il serait utile de la relancer en lui donnant les moyens nécessaires.

En attendant, on peut penser que, bientôt, la Justice aura fait son travail, de même que le Gouvernement Régional qui m’a l’air d’être à la hauteur des enjeux.

Face à un système qui était devenu tellement tentaculaire, une chasse aux sorcières n’est pas une réponse suffisante.

Je voudrais positiver en citant à nouveau Philippe DESTATTE :

« Nous devons disposer d’outils concrets et de conditions opérationnelles permettant de restaurer la confiance des citoyens et de renforcer leur participation et celle des acteurs de terrain à l’ensemble des politiques publiques portées par la Région. »

Plutôt que de brocarder celles et ceux qui gèrent les choses, je préfère que nous, individus, ou « acteur de terrain » comme l’est l’AWF, tentions de continuer d’œuvrer comme nous le pouvons au redressement politico-administratif de la Wallonie.

Ne nous faisons pas inutilement des ennemis.

Quand l’assainissement sera fait, nous serions mieux à même de devenir une Région de France, puisque telle est notre raison d’être.

La Wallonie sera encore plus séduisante et plus  jolie !

« Sois belge et tais-toi »

Par Jean-Luc Lefèvre

Jamais le spectacle devenu une tradition en terres romanes de Belgique, un spectacle qui met en scène, pour leur plus grand bonheur, les paons qui nous gouvernent, n’aura autant mérité son nom que ce mercredi au Parlement de Wallonie appelé à débattre de Publifin !

Quel spectacle en effet ! Un scenario bien huilé (d’avance), une intrigue convenue, des acteurs maîtres de leur livret – un jeu de rôles, en quelque sorte – et, surtout, une chute improbable pour les seuls naïfs.

Tous responsables, dès lors pas coupables ! Tant pis pour le M.R., tant pis pour Ecolo dans leur folle prétention à se débarrasser d’un ministre rendu mielleux par le metteur en scène : ils avaient oublié (où était le souffleur ?) qu’eux aussi avaient joué dans la mauvaise pièce ! Pauvre P.T.B. qui, lui, s’illusionne encore faute d’avoir, jusqu’ici,  trempé dans le marigot malodorant de la scène politique francophone.

En face, un chœur à l’unisson : tournons la page au plus vite, sautons comme des cabris pour en sortir par le haut, tous enfin réunis autour de la commission de renouveau démocratique appelée à renaître de ses cendres, nouveau phénix des aigles qui nous gouvernent.

Côté cour, la faute est celle d’un système (le parti pris de l’opacité affairiste pour les uns, de la collusion organisée pour s’enrichir entre secteurs public et privé).  Côté jardin, celui d’une rose au poing devenue caviar, la faute de quelques-uns, des voyous qui discréditent la classe politique comme les stalinistes, hier, ont sali le marxisme…

Aujourd’hui, Publifin n’est plus à l’affiche du théâtre wallon, mais les acteurs trônent toujours en haut de l’affiche où ils s’accrochent, en bons cabotins.

Des cabotins qui ne savent même plus que le public fait aussi la qualité d’un spectacle. Mercredi, la salle était vide. Ces gens-là jouent seuls, pour eux. Ils se regardent jouer. Ils sont déjà morts.