Archives pour la catégorie Editorial

L’Alliance française de Liège invite

Notre ami Paul Mélot attire mon attention sur deux conférences de l’Alliance française de Liège qui devraient susciter notre intérêt :

Les rendez-vous de l’Alliance française de Liège

Balace-LanneauLiège et la France : de l’amitié à l’alliance

par Francis BALACE et Catherine LANNEAU

Quand ? Lundi 17 février 2014 à 18h

? Théâtre de Liège – Emulation (Place du XX août – Liège)

Prix : 5 € excepté pour les membres de l’Alliance française de Liège et les étudiants qui bénéficient d’un libre accès.

Abstract : 2014, année-clé, année-charnière ! Le souvenir d’une guerre sanglante vécue dans une souffrance commune par les Liégeois et les Français. Un avenir en point d’interrogation que certains Liégeois verraient bien plus proche de la France… La conférence de Francis Balace et Catherine Lanneau tombe à point nommé ! On ne présente plus le professeur Balace, historien réputé, spécialiste de l’histoire contemporaine. Historienne elle aussi, Catherine Lanneau est spécialisée dans l’histoire contemporaine de la France et ses liens avec la Belgique : le gaullisme en Belgique, les relations franco-belges, la France et les Belges francophones. Leurs propos seront à coup sûr passionnants.

Raxhon1789, Liège à l’heure des Révolutions

par Philippe RAXHON

Quand ? Mardi 25 mars 2014 à 18h

? Théâtre de Liège – Emulation (Place du XX août – Liège)

Prix : 5 € excepté pour les membres de l’Alliance française de Liège et les étudiants qui bénéficient d’un libre accès.

Abstract : Né en 1965, Philippe Raxhon est aussi un historien réputé de l’Université de Liège, spécialiste des relations entre la France et la Wallonie, auteur de plusieurs ouvrages : La mémoire de la Révolution Française en BelgiqueEntre Liège et Wallonie, Histoire du Congrès Wallon d’octobre 1945, Un avenir politique pour la Wallonie. Que s’est-il réellement passé à Liège durant l’été de 1789? Quel était l’état d’esprit du peuple liégeois, frondeur et toujours prompt à s’enflammer? La conférence de Philippe Raxhon nous apportera les réponses.

Première conférence de presse de l’ A.W.F.

             L’ A.W.F. et l’avenir de la Wallonie

L’Alliance Wallonie-France vous convie à la conférence de presse qu’elle organise le jeudi 20 février 2014 à la Maison de la Presse de Charleroi.

Paul Durieux, président de l’AWF, présentera le mouvement et précisera sa position face aux prochaines échéances électorales.

Il rappellera également la manière dont la Wallonie peut se lier, sans heurt, à la France avant d’entendre trois personnalités reconnues pour leur indépendance d’esprit et la pertinence de leurs propos.

Jules Gazon, professeur émérite de gestion à HEC-Université de Liège, démontrera l’insoutenable légèreté économique d’une indépendance wallonne et la chimère politique d’un résidu wallobrux.

Le message de Pierre Hazette, ancien ministre de l’enseignement de la Communauté française, rappellera l’existence des accords de coopération, signés, avec la France et qui ne demandent qu’une application intensive.

Robert Collignon, ancien ministre-président de la Wallonie, abordera la nécessité de la réunion à la France, bilan de son expérience politique et de ses convictions wallonnes.

A l’issue de la conférence de presse, nous vous convions à partager une collation au cours de laquelle nous pourrons prolonger le débat et croiser les idées.

Si vous souhaitez une information préalable ou nous informer de votre présence pour faciliter notre logistique: Paul Durieux 00.32.42.63.69.17/ 00.32.476.654.329 ou pauldurieux2003@yahoo.fr

A vous retrouver ce jeudi 20 février à 11 heures à la Maison de la Presse de Charleroi, 15, rue Tumelaire  (tél : 00.32.71.50.91.90).

Peu avant la collation vous sera présenté le livre de Marc Ronvaux « Français, Wallons, Manuel de survie ».

Vous pourrez aussi vous procurer l’ouvrage de Jules Gheude : « Lettre à un ami français ».

La mémoire de la Grande Guerre

« La Flandre instrumentalise la Grande Guerre. » Pour Laurence Van Ypersele, historienne à l’UCL, invitée du jour au 7-9 de la Première, c’est une évidence.

flanders fieldsCe que nous en pensons ?

Ben oui. Le passé divise aussi les Belges. Ils ne s’en font pas la même idée. On sait combien le Gouvernement flamand a souhaité investir dans la commémoration de la première guerre mondiale. Il est vrai que les Anglais n’ont jamais cessé de cultiver le souvenir des Flanders Fields où, symboliquement, le rouge des coquelicots rappelle le sang versé par les soldats de l’immense empire britannique. Au-delà du tourisme mémoriel et de ses retombées économiques attendues, il y a aussi l’opportunité de faire exister la Flandre au niveau international et d’y associer la Tour de l’Yser, chère au nationalisme flamand, qui tour de l'Yserdénonce en même temps les horreurs de la guerre et le mépris dont le peuple de Flandre aurait tout particulièrement souffert.

Dans la représentation du passé, les légendes et les mythes ont leur place. L’histoire n’est pas le moindre des enjeux quand il s’agit de bâtir le futur. Placé sous le signe de la blanche colombe (PAX) et d’une mouette au cri mystique autant que revanchard (AVV-VVK), le centenaire de la Grande Guerre est en mesure d’infléchir encore un peu plus la mémoire collective et l’identité de la Flandre, au service d’un projet politique devant conduire à l’effacement de la Belgique.  Il a donc fallu que le Gouvernement fédéral « contre-attaque » et se réapproprie le souvenir de la guerre 14-18 en Albert-Iercélébrant la figure tutélaire du Roi-chevalier, cette image d’Epinal invoquée par ceux dont la Belgique unitaire est la référence indépassable.

Impossible, évidemment, pour le Gouvernement fédéral, de laisser Liège en dehors des cérémonies commémoratives, puisque la Cité ardente a été la première à subir le choc de l’invasion allemande et que la ville a été choisie en 1925 pour l’édification d’un mémorial interallié. C’est donc Liège et les Liégeois qui, le 4 août 2014, vont ouvrir le bal, si on peut dire, en accueillant le roi Philippe et ses invités. Ce sera l’occasion de rappeler que, dès les premiers jours du conflit, la Ville de Liège a été honorée en ces termes par la République française : « Au moment où l’Allemagne, violant délibérément la neutralité de la Belgique, reconnue par les traités, n’a pas hésité à envahir le territoire belge, la ville de Liège, appelée, la première, à subir le contact des troupes allemandes, vient de réussir, dans une lutte aussi inégale qu’héroïque, à tenir en échec l’armée de l’envahisseur. Ce splendide fait d’armes constitue, pour la Belgique et pour la ville de Liège en particulier, un titre impérissable de gloire dont il convient que le gouvernement de la République perpétue le souvenir mémorable en conférant à la ville de Liège la croix de la Légion d’honneur. »

Bien sûr, on peut hausser les épaules à la lecture de ce communiqué officiel, mais ce qui ne trompe pas, ce qui va bien au-delà du calcul diplomatique, ce qui mérite à coup sûr d’imprégner à nouveau la mémoire collective des Liégeois, sinon des Wallons, c’est Liège 1919 (2)l’ambiance qui régnait dans la Cité ardente au moment où le Président de la République française est venu remettre cette croix de la Légion d’honneur à la ville de Liège. Qu’on en juge par cet article du journal Le Soir :

« La réception faite par la ville de Liége au président de la République, et la remise solennelle de la Légion d’honneur à la ville ont été ce qu’on en attendait : elle se sont accomplies dans un enthousiasme délirant.

Une foule formidable, dépassant tout ce qu’on prévoyait, était descendue dans les rues de la ville, sur le passage du cortège. (…) Aucun incident fâcheux n’est venu troubler la grandeur de cette journée. A supposer qu’on dût avoir des craintes, on n’aurait pu, du reste, que redouter un excès de sentiments francophiles, donnant lieu à des manifestations regrettables pour l’unité belge. Rien de semblable ne s’est produit, et la foule, dans ses acclamations frénétiques, a mêlé les noms du Roi, de la Reine, de l’armée belge à ceux du président Poincaré et de Foch.

(…) Un arc de triomphe splendide, érigé boulevard d’Avroy, face à la statue Rogier, est entouré de fillettes fleuries. Au sommet de l’arc de triomphe, dominé par des statues, on lit cette inscription : « A la France ! ».

(…) Quand le discours est terminé, le Président serre longuement la main à M. Kleyer, puis il épingle la croix de la Légion d’honneur sur un coussin que lui tend l’échevin Hénault, coussin aux couleurs de la ville et aux couleurs de la Belgique emmêlées, puis M. Hénault dresse vers la foule immense le coussin. On voit se détacher au pied du Perron Liégeois la croix glorieuse. Et la foule acclame avec délire comme jadis les foules mystiques qui apercevaient une relique fameuse.

La Brabançonne et la Marseillaise sont chantées en chœur par des milliers de poitrines, et des fenêtres, des balcons, le Roi, la Reine, le Président, le maréchal Foch sont acclamés avec frénésie. »

La mémoire de la Grande Guerre n’est pas la même à Liège et à Dixmude, assurément. Gageons toutefois que le gouvernement fédéral saura fédérer.

Signalons quand même ici, parmi les initiatives prises au niveau local pour marquer le centenaire de la première guerre mondiale, un projet qui initie une véritable collaboration entre localités françaises et wallonnes. Ce projet, c’est celui de Sambre rouge, De part et d’autre de la frontière actuelle, on se promet de travailler ensemble au-delà de 2018. Voilà un exemple à suivre.

Georges R.

La Belgique crée son poète étatique…

Voilà, c’est fait. « Le Poëziecentrum de Gand, la Maison de la poésie et de la langue française de Namur et la nouvelle organisation littéraire VONK & Zonen d’Anvers, ont officiellement introduit, mercredi, à la maison internationale des littératures Passa poètePorta, rue Antoine Dansaert, à Bruxelles, l’auteur néerlandophone Charles Ducal comme premier poète national de Belgique. » C’est une information « Belga » qu’on peut lire, notamment, sur le site de la RTBF.

Ainsi donc, la Belgique a son poète national. Mieux ! Il est nommé pour deux ans (nous ne savons pas vraiment par qui il est nommé, ni la somme qui lui sera versée pour s’offrir corps et âme à la nation ). Mieux encore, il devra écrire six poèmes sur diverses thématiques de la Belgique. Mieux, mieux encore, ses poèmes devront être traduits en français/néerlandais et en allemand.

Nous sommes bien sûr au pays du surréalisme, cela devient fastidieux de le répéter, mais que ne ferait-on pas pour susciter un nationalisme belge ?

Nommer un poète national, lui imposer une thématique à la gloire de la nation, ordonner la traduction des poèmes dans les trois langues nationales… Cela ne vous rappelle pas une époque révolue ?

Cette annonce est bien dans la ligne de l’inauguration du nouveau grand théâtre de Liège où les acteurs d’une pièce de Shakespeare parlaient l’un en néerlandais et l’autre en français. La critique tout comme tout ce que compte Liège en matière de « people » n’avaient de mots assez forts que pour s’extasier devant cette audace et cette prouesse artistiques. Ne mettons pourtant pas tous les « people » dans le même sac : l’un d’eux me confiait qu’il n’avait pas du tout apprécié et qu’il ne lèverait pas le petit doigt pour sauver la Belgique. Combien étaient-ils d’ailleurs à applaudir et à penser combien était ridicule le spectacle offert ? Mais ceci est une autre question !

Paul D.

Ainsi que le fait remarquer notre ami Michel Pieret, l’introduction d’un poète national en Belgique a fait l’objet d’un article publié sur le site du quotidien Libération. Voici l’article en question, signé Edouard Launet :

Edouard LaunetA la fin du mois, la Belgique aura son Poète national, nommé pour deux ans. Il est bien temps ! Ce pays n’existe plus beaucoup, peut-être qu’un petit coup de Superglue poétique arrivera à ressouder les communautés francophone et néerlandophone. Car le Poète national devra écrire «au minimum six poèmes par an sur diverses thématiques de la Belgique» et verra ses productions traduites dans les trois langues du pays, car il y a l’allemand aussi. On a hâte.

Le premier Poète national était néerlandophone : il s’appelle Charles Ducal. Impossible pour l’heure de trouver sur la Toile le moindre de ses travaux adapté en français. Il faut s’en remettre à la traduction automatique. Cela donne par exemple : «L’impuissance de mon amour pour faire une photo / qui fait son indélébile / non pas comme une image pour obtenir son retour / mais comme quelque chose qui n’existe pas.» Pas mal. On aimerait connaître, dans cette saisissante image, les parts respectives de la licence poétique et de la balourdise informatique.

Ducal et la traduction Google écrivent aussi : «C’est mon amour. Ils ne me tourmentent pas / elle me donne la fièvre / Elle est belle, mais pas dans le miroir / sa viande n’est pas un mot.» C’est plus expérimental, mais cela passe à peu près. On ne sait qui «ils» sont, mais l’apparition inopinée de la viande est un bonheur.

Le futur Poète national et notre assistance informatique embarquée nous proposent encore : «Une vie écrit sa peur sur son visage / mais c’est simple passe-temps / son visage ne change rien.» Et plus loin : «Sa bouche lit tous les mots objectivement / dans l’armoire sont disponibles : / noix, des bonbons, un sac de croustilles.» Ces anacoluthes ne sont-elles pas furieusement houellebecquiennes ? Ne font-elles pas penser à : «Petit visage de cochon / Tout aplati par la détresse / Les seins qui tombent à dix-sept ans / Et la triste pâleur des fesses» ?

Houellebecq, malgré ses immenses qualités, aurait du mal à revendiquer le titre de Poète national, si le poste était créé en France. Car la place est déjà prise : Victor Hugo ne l’a jamais lâchée, malgré Aragon. Pas une plaie hexagonale qui ne puisse être cicatrisée par le souffle hugolien, pas une blessure nationale qu’il ne sache recoudre, pas une tristesse qu’il ne soit allé fouiller. «La tombe dit à la rose : / – Des pleurs dont l’aube t’arrose / que fais-tu, fleur des amours ? / La rose dit à la tombe : / – Que fais-tu de ce qui tombe / dans ton gouffre ouvert toujours ?»

Tiens, si les Belges le désiraient, on pourrait même leur prêter Hugo, qui se serait bien vu Poète national de nos deux pays…

…D’ailleurs, avant même de s’atteler à sa lourde tâche, le Poète national belge semble avoir déjà renoncé puisqu’il écrit, si l’on en croit Google Trad : «Je sais que c’est idiot / Je vais mourir avec mon travail / déjà à moitié effacé et sans espoir / Mais ce n’est pas un argument.»

CD&V et N-VA : le flirt permanent

Dans son édition d’aujourd’hui, le quotidien Le Soir publie une carte blanche signée Jules Gheude. La voici.

Jules Gheude 4Si son objectif final demeure bien, selon ses statuts, l’émergence d’un Etat flamand, la N-VA n’entend pas brusquer les choses. Il ne s’agit pas, pour elle, d’adopter un processus révolutionnaire, mais évolutif, en douceur si l’on peut dire. D’où sa proposition visant à mettre sur pied, dans les meilleurs délais, un schéma confédéral, lequel, en transférant aux entités fédérées un maximum de compétences, laissera l’échelon central à l’état de coquille vide.

On connaît également la réticence flamande – ceci ne concerne pas que la seule N-VA – à reconnaître à Bruxelles le statut d’une Région à part entière.

Consacré par l’article 107 quater de la Constitution, lors de la première réforme de l’Etat en 1970, ce statut était censé, aux yeux de la Flandre, ne jamais voir le jour. Il fallut d’ailleurs attendre 1988 pour que Bruxelles sorte enfin des limbes. Ce fut, comme on le sait, la contrepartie accordée au renoncement de José Happart à la fonction de bourgmestre des Fourons et au maintien de ceux-ci dans la province de Limbourg.

Mais aujourd’hui, la vision flamande, dans le cadre confédéral, est bien celle de la cogestion de Bruxelles par les entités flamande et wallonne.

Il ne faudrait pas oublier non plus que la notion de confédéralisme  a été lancée, au début des années 1990, par le CVP Luc Van den Brande, alors ministre-président flamand. Celui-là même qui, en 1981, avait déposé le projet de loi visant à régionaliser les secteurs industriels nationaux (« Plus un sou flamand pour la sidérurgie wallonne ! »). Lui encore qui appelait José Happart « Monsieur Ha » ou « la chose »…

A propos de son projet « Vlaanderen 2002 », il précisait, le 13 janvier 1993 : « Mes collègues de l’exécutif flamand, socialistes compris, se rallient à mes déclarations sur le confédéralisme. (…) Nous avons le devoir de continuer à réfléchir à la poursuite de la formation de l’Etat flamand. »

« La formation de l’Etat flamand ». Difficile d’être plus clair !

La constitution, en 2004, du cartel CD&V/N-VA montra d’ailleurs que les deux formations se rejoignaient sur cet objectif. Comme vient de le déclarer l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck, « la relation entre le nationalisme flamand et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand ».

Il ne faut surtout pas que les francophones soient dupes. Bien qu’ils soient aujourd’hui concurrents dans la joute électorale, CD&V et N-VA restent en état de flirt.

L’accord sur la sixième réforme de l’Etat était à peine obtenu que le président du CD&V, Wouter Beke, tenait d’ailleurs à mettre les points sur les i : « Personne ne niera qu’une 7e réforme de l’Etat viendra un jour. L’approfondissement de l’Etat est irréversible. Une série de compétences devront encore être attribuées aux Régions : impôt des sociétés, services d’incendie, police… Nous étions aussi, comme le PS, pour la régionalisation de la Justice. Nous voulons qu’on tienne compte, en matière communautaire, de pensions, de sécurité…, de ce que veulent 57% de la population belge, donc les Flamands. »

Les francophones n’ont pas mesuré, en 1999, l’ampleur des résolutions adoptées par le Parlement flamand et qui s’inscrivent clairement dans le projet confédéral que la N-VA a présenté dernièrement.

« Demandeurs de rien » et s’accrochant avec l’énergie du désespoir à ce schéma fédéraliste dont l’ancien Premier ministre Yves Leterme a lui-même déclaré qu’il avait « atteint ses limites », ils finissent cependant toujours par capituler devant les revendications flamandes. Souvenons-nous de Joëlle Milquet – « Madame Non » – et de ses attitudes matamoresques !

Faisant suite au vœu de la Flandre, la sixième réforme de l’Etat entraînera la fonte des transferts financiers. Une situation qui ne manquera pas de frapper durement la Wallonie. Le 16 mai 2011, Rudy Demotte, le ministre-président wallon, avait d’ailleurs tenu à mettre en garde : « Et je ne vous parle pas des éventuels transferts de compétences, en discussion aujourd’hui. Là, attention : soyons conscients que la Flandre a des facilités que nous n’avons pas. En 2014, par exemple, elle disposera de six fois plus de moyens que la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles…. réunies ! La Flandre disposera alors de 2,5 milliards contre 400 millions pour les autres entités. »

Le nationalisme flamand est un phénomène irréversible, dont aucune réforme de l’Etat ne pourra venir à bout. Rien ni personne ne pourra empêcher, à terme, l’envol d’un Etat flamand souverain, lequel n’aura aucune difficulté à se faire reconnaître sur la scène européenne et internationale.

Si ce nationalisme peut s’expliquer par des raisons historiques, il ne fait aucun doute qu’il se trouve aujourd’hui conforté par le fossé économique qui ne cesse de se creuser entre la Wallonie et la Flandre. Celle-ci n’entend manifestement plus être freinée par un cadre belge qui l’empêche de réaliser pleinement la politique qu’elle souhaite mener.

Le phénomène n’est d’ailleurs pas unique, comme en témoignent les velléités de l’Ecosse et de la Catalogne de rompre également avec leurs cadres étatiques respectifs.

La stratégie flamande est celle du « stap voor stap ». Comme l’a écrit François Perin, dans sa préface à mon livre « Lettre à un ami français – De la disparition de la Belgique » (1)  – ce fut son dernier écrit : « Or, l’option confédéraliste, qu’une très large majorité flamande prône depuis 1999, n’est, comme l’a été le fédéralisme, qu’une nouvelle étape pour accéder finalement à l’autonomie complète de la Flandre. »

Plutôt que de se lancer dans de vains combats d’arrière-garde, les dirigeants francophones doivent avoir le courage d’affronter la réalité et de préparer  l’avenir post-belge de leurs concitoyens.

Il y a sept ans, feu Xavier Mabille, le président du Crisp, évoquant l’hypothèse de la scission de l’Etat, précisait : « hypothèse dont je dis depuis longtemps qu’il ne faut en aucun cas l’exclure ». (2)

Jules Gheude

(1) « Mon Petit Editeur », 2013.

(2) « Dans sa préface à mon livre « L’incurable mal belge sous le scalpel de François Perin », Ed. Mols, 2007.

Le projet de la N-VA pour la Belgique

Sur le site du « Vif-L’Express », Bart Maddens, politologue à la KUL, proche du mouvement flamand et tête pensante de la N-VA démontre que les élections de mai 2014 seront d’une importance exceptionnelle pour l’avenir de la Flandre, de la Wallonie, de Bruxelles et …de la Belgique. Ne pas écouter ce qu’il dit serait une erreur pour nous, Wallons et Bruxellois. Nous sommes loin ici d’effets d’annonce, d’une communication politicienne.

La N-VA a un projet clair pour la Flandre, tout ce qui manque à la Wallonie et à Bruxelles pour leur région respective. Une fois de plus, c’est la N-VA qui imprime de son empreinte   la campagne électorale, mais aussi la politique belge. C’est une fois de plus au nord que va se définir la politique qui nous concernera. Et les partis flamands vont se positionner en fonction du projet de la N-VA. (Paul D.)

Bart MaddensLa N-VA propose une Belgique à deux avec des Bruxellois forcés à choisir la Flandre ou la Wallonie en ce qui concerne les matières personnalisables comme la culture, l’enseignement ou la sécurité sociale. Est-ce une vision plus cohérente de la Belgique, selon vous?            En tout cas, ce que veut la N-VA est désormais clair. On a souvent dit par le passé qu’elle ne savait pas réellement ce qu’était le confédéralisme, qu’il s’agissait d’un slogan ou encore qu’elle n’avait pas de solution pour Bruxelles. Et c’était effectivement le cas dans le programme de 2010, qui était très flou. Il y a désormais de la clarté.

La N-VA s’inspire du modèle européen, avec un Conseil belge en lieu et place du gouvernement fédéral…                                                                                                Oui, c’est très clair, je n’ai jamais vu de projet aussi détaillé au sujet de l’avenir de la Belgique. C’est bien plus détaillé, par exemple, que les cinq résolutions qui avaient été adoptées par le parlement flamand en 1999. On peut y être favorable ou non, mais on ne peut pas nier que cela soit précis.

Du côté francophone, on considère cette vision comme très radicale. Et les autres partis flamands n’y sont globalement pas favorables non plus.              En ce qui concerne la radicalité du projet, je serai nuancé. Il y a effectivement une série de propositions qui sont assez radicales parce qu’elles touchent aux racines du problème.

Par exemple?
La suppression la Constitution belge au profit d’un traité constitutionnel entre les entités fédérées, la disparition des élections fédérales, seuls les parlements régionaux étant directement élus, ou encore la scission pure et simple de la sécurité sociale, ce sont effectivement des propositions radicales. Franchement, je ne m’attendais pas à un projet qui approche à ce point un pur modèle confédéral.
Mais d’un autre côté, ce que la N-VA propose n’est pas non plus si révolutionnaire que cela. Cela s’inscrit dans la ligne de la pensée flamande au sujet de la réforme de l’Etat depuis les cinq résolutions du parlement flamand de 1999. (…)

Pour découvrir l’intégralité de cet entretien, il suffit de cliquer ici.

Pourquoi l’AWF veut rester un mouvement citoyen

Dans la rubrique « En campagne »,  sous le titre « RWF, AWF, WIF, GEWIF ! », le quotidien « Le Soir » écrit ce qui suit :

Ancien collaborateur de Jean Gol et Louis Michel, proche de François Perin, Jules Gheude œuvre sans relâche à son idéal : le rattachement de la Wallonie à la France. Pour lui, la sixième réforme de l’Etat est un leurre, le pays court à sa fin. Il est temps d’organiser son camp. Jules Gheude propose de « fusionner » le RWF (Rassemblement Wallonie-France) de Paul-Henry Gendebien et l’AWF (Association (sic !) Wallonie-France) de Paul Durieux pour constituer le WIF (Wallonie intégrée à la France), dont le GEWIF (Groupe d’études pour la Wallonie intégrée à la France) que lui-même coordonne, serait le centre d’études. Ouf ! On le pressent : une simplification qui ne sera pas simple à mettre en œuvre. (D.Ci)

Je me dois d’éclaircir quelque peu ce communiqué.

Jules Gheude dont j’apprécie les analyses, les livres, les cartes blanches et l’idéal qui l’anime, est coutumier d’initiatives prises en solo.

Ainsi, il avait invité les jeunes sur les réseaux sociaux à se réunir à la Citadelle de Namur le 1er mai 2012 afin de se mobiliser pour l’avenir de la Wallonie. Récemment, il lançait sur Facebook un copier-coller du communiqué repris ci-dessus par « Le Soir ».

Rappelons quelques éléments basiques.

Le RWF est le parti politique créé en 1999 par Paul-Henry Gendebien que préside depuis le dernier congrès du parti Laurent Brogniet. Il répond, comme chaque parti, à une ligne politique stricte qu’il convient de respecter.

Le GEWIF que dirige Jules Gheude est né après les Etats-Généraux de Wallonie de 2009. Il a réalisé des cahiers très intéressants qui ont étudié la faisabilité d’une intégration de la Wallonie à la France dans divers domaines. Je serais très heureux de voir notre ami Jules réunir à nouveau le GEWIF avec des personnes désireuses d’actualiser les cahiers existants ou de créer de nouveaux cahiers.

Quant à l’AWF (Alliance et non association comme l’écrit « Le Soir »), il s’agit d’un mouvement citoyen et non d’un parti politique né en mai 2011 dans la foulée du colloque organisé par le Cercle Condorcet à l’ ULG sur le thème de « L’après-Belgique ».

L’AWF n’est donc pas en campagne électorale comme le laisse supposer « Le Soir » en nous rangeant dans sa rubrique En campagne, mais ne boudons pas notre plaisir de voir apparaître notre nom.

L’AWF regroupe des partisans de l’intégration de la Wallonie à la France qui appartiennent à des partis politiques (PS, MR, Ecolo, CDh, FDF, RWF, MG, Vega…), mais aussi et surtout des citoyens non encartés. Notre mouvement s’appuie sur un groupe de parrainage dont les membres nous permettent d’affiner notre réflexion sur la forme que prendra l’intégration et sur la stratégie à suivre pour y parvenir. A ce jour, nous pensons que le concept d’intégration-autonomie est celui qui permettra au plus grand nombre de responsables politiques, sociaux et associatifs, mais aussi de citoyens, d’adhérer au projet de communauté de destin entre la Wallonie et la France. L’autonomie dont jouira la Wallonie sera à négocier entre les représentants de la République et ceux de la Wallonie comme le prévoit la Constitution française dans ses articles qui organisent le statut de ses Collectivités territoriales. Ces articles apportent beaucoup de souplesse et offrent une véritable « boîte à outils » qu’il appartiendra d’utiliser au mieux pour que sortent renforcées la Wallonie et la France.

L’AWF a été créée parce que nous sommes persuadés que la Wallonie sera en danger dans le cadre confédéraliste belge qui, à terme, mettre fin à la solidarité inter-régionale.   Un mouvement citoyen comme le nôtre nous permet de garder une liberté de ton absolue. Nous informons par des conférences-débats que nous organisons ou nous répondons à l’invitation d’organisations qui désirent mieux connaître la véritable situation de la Wallonie aujourd’hui ainsi que le projet d’intégration à la France.

J’apprécie peu que l’on parle de l’AWF de Paul Durieux. Je ne cultive pas l’ego de penser que l’Alliance soit ma chose. Certes, j’ai été élu président de l’AWF, sans doute parce que j’y consacre beaucoup de temps et parce que mettre en contact des personnes qui partagent un idéal semblable me passionne. J’aime l’humain et la confrontation des idées.

Mais l’alliance appartient à tous les membres qui la composent, à tous les membres qui travaillent en équipe au sein de notre Bureau Exécutif (voir la composition de celui-ci en cliquant sur l’onglet « contacts » puis « Vie du mouvement ») ou de son Conseil Général. Elle appartient à l’ensemble des personnes qui compose son groupe de parrainage. L’AWF appartient aussi aux centaines de milliers de Wallonnes et de Wallons qui de sondage en sondage, depuis le fameux sondage « Le Soir »-« La Voix du Nord » de 2008, démontrent qu’une solution française rencontre leur adhésion.

Si les élections de 2014 nous apportent les résultats que nous prédisent les sondages, les choses pourraient s’accélérer beaucoup plus vite que nous ne l’imaginons. Il est pour le moins surprenant de voir aujourd’hui MR et CD&V s’allier pour faire barrage au PS et à la N-VA avec comme objectif avoué de concrétiser dans les cinq années à venir la sixième réforme de l’Etat. Le communautaire est toujours bien présent et toujours aussi puissant puisqu’il arrive à déstructurer les vieilles familles politiques belges que sont le CD&V-CDh et le MR-Open VLD. Vous dire que nous nous en plaignons serait vraiment trahir la vérité.

Paul D.

Les contorsions du CD&V

Michel, BekeLes grandes manœuvres ont commencé. Les familles politiques ont vécu, semble-t-il. Le rapprochement de circonstance entre le CD&V et le MR, sans égard pour leur parti « frère », illustre à sa façon l’évolution du « modèle » belge. Il est loin, le temps où les partis politiques étaient « nationaux ». Pour exister, se rendre incontournable, il faut adapter la stratégie aux réalités nouvelles. Alors que le PS et la N-VA jouent de leur contraste pour se mettre en lumière, le CD&V et le MR s’entendent pour se profiler ensemble comme une alternative aux deux partis qui dominent le jeu politique en Flandre et en Belgique francophone.

Le CD&V montre ainsi qu’il n’est pas moins opposé au PS que la N-VA, mais qu’il ne veut pas d’un nouveau blocage institutionnel, tandis que le MR, lassé de voir le Premier ministre acclamé comme un sauveur national, suggère que les chances de survie de la Belgique augmenteraient si le PS n’était plus au pouvoir. Parallèlement, la manœuvre de Charles Michel et de Wouter Beke tend à marginaliser l’importance de l’Open VLD et du CDh, présentés comme des alliés naturels, presque « satellisés » au profit d’un parti rival dans leur communauté respective.

Ce coup de poignard fait réagir le CDh, lequel déclare que le MR « se sert du CD&V pour monter dans le sac à dos de Bart De Wever ». Même si ce n’est pas voulu, voilà qui confirme au moins les affinités supposées entre le CD&V et la N-VA. Bien sûr, les discours sont des attrape-mouches et le positionnement réel des partis dépendra du résultat des élections, mais les contorsions du CD&V, qui font dire à Bart De Wever que « les partis traditionnels s’accrochent au pouvoir », méritent une attention particulière. Alors que Wouter Beke s’engage avec Charles Michel à ne pas rallumer le feu communautaire, voici ce que le politologue Carl Devos écrit cette semaine dans Le Vif/L’Express :

« En Flandre, les anciens partenaires du cartel CD&V/N-VA pourraient bien former rapidement un gouvernement. Lorsqu’on additionne les déclarations, ces dernières semaines, des deux chefs de file, Kris Peeters et Bart De Wever, on arrive à la « preuve circonstancielle » d’un pré-accord de fait. Peeters veut former rapidement un exécutif flamand, avec le moins de partenaires possible : or un gouvernement à deux n’est possible qu’avec la N-VA. Seul le CD&V envisage la possibilité d’une nouvelle réforme de l’Etat et exclut de gouverner sans majorité flamande. La N-VA aimerait poursuivre avec Peeters et affirme ne pas diriger ses flèches sur son ancien partenaire de cartel. »

Il reste quatre mois pour les élections. Suite au prochain épisode.

G.R.

Démanteler la Belgique, ce ne serait pas l’apocalypse !

Jules Gheude, essayiste politique. Article publié le 9 janvier sur le site du journal L’Echo.

jules gheude 5A présent que la trêve des confiseurs est terminée, nous voici plongés dans la campagne pour les élections du 25 mai 2014.

Je voudrais, à ce stade, émettre quelques réflexions qui m’apparaissent essentielles.

Alors que, de sondage en sondage, la N-VA  confirme sa position de leader en Flandre, on a pu lire cette récente déclaration de Stefaan Declerck (CD&V) selon laquelle la relation entre le nationalisme flamand et la démocratie-chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand.

Je revois la Une du « Soir » du 16 mars 1982 : Le CVP dit « stop » à la solidarité nationale pour Cockerill-Sambre. Après le Walen buiten de 1968, c’était donc le Geen centen meer voor het Waalse staal.

Depuis lors, la Flandre a su utiliser judicieusement ses outils d’auto-administration. Aujourd’hui, pour la quatrième année consécutive, elle affiche un budget en équilibre. Son taux de chômage est de 8%, ses exportations cartonnent et son enseignement fait bonne figure dans les classements internationaux.

En revanche, la Wallonie est toujours à la traîne et figure parmi les régions les plus pauvres d’Europe. Sans véritable plan d’avenir, elle est confrontée à une gestion chaotique, avec un taux de chômage de 16%, une situation budgétaire précaire, des exportations en baisse et un enseignement peu valorisant. Le dernier rapport de la Cour des Comptes a chiffré la dette de la Région à 11,2 milliards d’euros.

Si le nationalisme flamand peut s’expliquer par des considérations historiques, il est clair qu’il se trouve aujourd’hui conforté par cette dissymétrie économique entre la Wallonie et la Flandre, celle-ci estimant être freinée par un cadre belge qui ne lui permet pas de réaliser pleinement la politique qu’elle entend mener.

Le phénomène n’est d’ailleurs pas unique, comme on le constate avec l’Ecosse ou la Catalogne, régions elles aussi prospères et qui entendent se détacher de leurs cadres étatiques respectifs.

Si d’aucuns émettent des critiques à l’égard d’une telle évolution, il me semble vain de vouloir l’arrêter.

Le mal belge est, comme l’a bien dit François Perin lors de sa démission du Sénat, en 1980, irréversible et aucune réforme institutionnelle ne pourra en venir à bout.

J’entends dire, ça et là, qu’une Flandre, une Ecosse et une Catalogne indépendantes s’excluraient automatiquement du jeu de l’Union européenne.

C’est exact. En droit international, un nouvel Etat est comme un nouveau-né, vierge de tout traité international. C’est la règle de la table rase (intransmissibilité des traités internationaux liant l’ancien Etat aux Etats successeurs).

Une Flandre qui proclamerait unilatéralement  son indépendance via un vote majoritaire exprimé légitimement au sein du Parlement flamand, se mettrait de facto en dehors des organisations internationales, que la déclaration d’indépendance soit jugée légale ou non par la Cour internationale de Justice. Mais, par là même, la Flandre mettrait aussi la « Belgique résiduelle «  hors du jeu international de jure ! Ce fut d’ailleurs le cas pour la Yougoslavie, lors des sécessions croate et slovène de la Fédération yougoslave. La « Yougoslavie continuée », composée de la Serbie et du Monténégro, a dû demander sa réadhésion à l’ONU.

Mais qui peut imaginer un instant qu’une Flandre, une Ecosse ou une Catalogne indépendantes ne seraient pas rapidement reconnues sur la scène internationale? Un ambassadeur français m’a un jour confié que la France serait le premier pays à reconnaître un Etat flamand souverain. Souvenons-nous aussi de la manière dont David Cameron a déployé le tapis rouge pour recevoir Bart De Wever. Cameron, dont le gouvernement a d’ailleurs marqué son accord pour la tenue du référendum écossais en 2014.

Beaucoup plus sensible serait la question du partage la dette belge, dont le montant dépasse aujourd’hui légèrement celui du PIB. L’article 40 de la Convention ONU de 1983 précise que la répartition de la dette publique internationale doit être équitable, compte tenu des actifs qui passent à l’Etat successeur. Mais cette Convention n’a pas été signée par la Belgique !

Pour ce qui est de la dette des Etats envers les particuliers, le droit international en laisse le soin aux règles de droit interne. Les créanciers de l’Etat belge devraient donc, dans le meilleur des cas, se contenter des anciens actifs belges. Sombre perspective, quand on sait que la Belgique n’a cessé de vendre ses bijoux de famille…

Il convient de rappeler ici l’analyse du Pr. Robert Deschamps des Facultés universitaires de Namur, selon laquelle, en cas de scission, l’entité Wallonie-Bruxelles hériterait de 45% de la dette belge (376,4 milliards d’euros) selon le critère de poids démographique. Quant au Pr. Jules Gazon de l’Université de Liège, il a calculé, sur base de chiffres irréfutables, qu’une Wallonie indépendante en 2010 aurait été confrontée à un solde net à financer de 15,34 milliards d’euros, soit 37% des dépenses publiques wallonnes. Une situation proprement non viable !

Les travaux du Gewif (Groupe d’Etudes pour la Wallonie intégrée à la France – www.gewif.net), que je coordonne depuis 2010, ont abordé tous les aspects du scénario post-belge. Il suffit de les consulter pour se rendre compte que des alternatives positives existent pour la Wallonie et Bruxelles. Le démantèlement de la Belgique n’aurait finalement rien d’apocalyptique, à condition de faire, le moment venu, le bon choix.

Les vœux de form’action André Renard

Nous relayons bien volontiers les vœux que nous envoie Bernard Bolly, Directeur de la FAR (Form’action André Renard).

2013 étant derrière nous, que 2014 soit !

En cette période de vœux, je vous souhaite tout le courage nécessaire pour mener à bien les multiples combats qui devront encore être les nôtres durant cette année. Combat pour la justice et l’équité sociale, combat pour la solidarité, combat pour une économie au service des hommes et des femmes et non au service des spéculateurs et des rentiers. Ces combats seront, comme toujours, difficiles, mais, si nous ne sommes pas là pour les mener, personne ne les mènera à notre place. Et, parce que c’est son rôle premier, soyez sûrs que la FAR sera à vos côtés pour vous épauler et vous soutenir. Bonne année.

Bernard Bolly, Directeur de la FAR

André RenardCitation d’André Renard en 1958 : « Nous avons foi en cette France qui, pour nous, est éternelle… La France reste le grand flambeau et, pour beaucoup d’entre nous, la grande lumière de culture. »