Archives pour la catégorie Editorial

Pierre Hazette, un Homme d’exception

Ce mardi à 12.00, j’étais à Bruxelles à l’invitation de l’Ambassade de France. M. Pierre Hazette avait tenu à demander à l’ Ambassade que mon nom soit repris parmi ses amis et les membres de sa famille qu’il souhaitait voir auprès de lui pour une cérémonie qui le touchait particulièrement.

Rassurez-vous, mon ego reste à un niveau très raisonnable, mais j’étais conscient que par cette invitation, M.Hazette voulait, au-delà de ma petite personne, montrer qu’il appréciait le ton, la progression et le travail de notre mouvement citoyen, l’ Alliance Wallonie France.

Le moment n’était pas banal puisque, des mains de l’Ambassadeur de France, M. Bernard Valéro, la République française tenait à honorer notre ancien et brillant ministre de l’enseignement secondaire en lui décernant la médaille d’officier des Palmes Académiques pour l’ensemble d’une vie où l’enseignement et la francophonie furent, parmi bien d’autres choses, au centre de ses préoccupations.    

Photo de Olivier Chastel.

Dans un très beau discours, Pierre Hazette  eut le courage d’évoquer le schéma institutionnel évolutif belge et la conséquence de ce fait sur les politiques menées en Wallonie et à Bruxelles.

Il rappela les accords de coopération signés le 9 décembre 1999 entre le gouvernement dont il faisait partie et la République française ainsi que ceux signés le 10 mai 2004 entre le gouvernement wallon et celui de France.

Ceux-ci prévoyaient l’échange d’informations, d’expériences et de personnes, mais aussi la conclusion d’ententes sectorielles en vue de valoriser les ressources humaines, le partenariat entre administrations, institutions et opérateurs économiques, mais aussi de projets conjoints dans le transfert de technologies et de savoir-faire, dans la promotion réciproque de produits et services, de partenariats inter-entreprises et de création de sociétés mixtes.

Pierre Hazette continua en soulignant que le temps lui paraissait propice pour que nos autorités soulignent les avantages d’une coopération non seulement renforcée, mais quotidiennement mise en relief créant ainsi un courant de sympathie à double sens.

Nous n’avons pas, insista encore Pierre Hazette, à activer ces accords dans une position de quémandeurs, mais à négocier une relation sans perdant, mais à double gagnant, la Wallonie ET la France.

Pierre Hazette regretta que notre société ne mette pas assez en valeur dès aujourd’hui les succès de coopération entre la France et la Wallonie. Il prit l’exemple récent du salon du Bourget dévoilant le succès de Tech-Space Aéro et la relation forte de l’entreprise liégeoise avec l’industrie aéronautique française qui illustrait une réalité quotidienne, sur laquelle nous sommes d’une discrétion confondante…!

Paul D.

  •  Ci-dessous, Pierre Hazette et Bernard Valéro au moment des félicitations.
    Photo de Paul Durieux.

La dotation Wellington

En ces temps de « Waterloosamose », peut-être est-il bon de rappeler l’article que notre site avait publié le . La 6e réforme de l’état a étendu les pouvoirs de notre gouvernement wallon. Encore faudrait-il se servir des nouveaux leviers ainsi reçus. A l’heure où nos élus raclent les fonds de tiroir pour faire des économies, ne serait-il pas opportun de mettre fin à cette stupide dotation et d’engranger ainsi quelques millions d’euros qui ne feraient pas de tort aux finances wallonnes.

Notre ami Claude Thayse avait adressé un courrier aux journalistes du « Vif-l’Express » Christine Laurent, Gérald Papy et Thierry Fiorelli  qui avaient rédigé un article sur Nivelles. Nous reproduisons intégralement le contenu de ce qu’écrivait Claude Thayse.

Votre très intéressant article sur Nivelles m’incite à réagir à propos de la dotation Wellington, voici :

En finir avec cette dette de guerre… que seuls les Wallons payent.

duc WellingtonVous rappelez fort opportunément que le duc de Wellington, « prince de Waterloo », possède encore aujourd’hui 1083 ha, fruit d’une dotation du roi des Pays-Bas en 1815. Cette dotation (accompagnée d’une rente à l’époque) a pris la forme juridique d’un majorat dit « napoléonien ». Si, aux débuts de la Belgique, on n’a pas mis fin aux privilèges du duc parce qu’il ne fallait pas heurter l’Angleterre et que l’enjeu de l’indépendance était plus important, par la suite l’habitude étant prise et, anglophilie et noblesse aidant, on a conservé cette pratique d’ancien régime et même accru ces avantages. En particulier en 1988 lorsque P. Maystadt passa un accord secret avec le duc en vue de la suppression de la rente avec compensation lui faisant ainsi cadeau de 25 ha du territoire national (avec droit de vente, ce qui est incompatible pour un majorat). Le duc restant usufruitier des terres restantes.

Si l’accord scellé lors de la dotation précisait que les terres reviendraient à l’Etat belge lorsque la descendance s’arrêtera, celui-ci a fait preuve d’une grande légèreté depuis. Le majorat (institution complexe du Droit français) est un préciput (le successeur du majorat n’est pas un héritier puisque le majorat ne se trouve pas dans la succession patrimoniale de son auteur) et Napoléon a voulu que l’Etat resta propriétaire des biens en n’accordant la propriété qu’à la condition suspensive de l’extinction de la descendance mâle, et encore par primogéniture. Ce qui aurait déjà légitimé le retour de ces terres puisque lors du décès du 2e duc en 1884, celui-ci n’avait pas d’enfant et la réversion d’un titre, c’est-à-dire sa transmission à un parent collatéral (comme ce fut le cas à plusieurs reprises) n’a jamais lieu de plein droit en Belgique. C’est une faveur qui doit faire l’objet d’un arrêté royal.

Dans l’hypothèse de la suppression du majorat du duc de Wellington (qui a déjà rapporté plus de 40 millions d’Euros à cette famille depuis 1816), la Région wallonne à qui ces terres doivent revenir, pourrait très bien prendre des mesures en faveur des fermiers et les terres incluses dans un plan de développement durable au bénéfice tant de la collectivité que des fermiers eux-mêmes.

Notons également que le Portugal et l’Espagne ont supprimé les avantages liés aux titres nobiliaires du duc de Wellington et… les Pays-Bas, ceux attribués au Prince Blücher…

Claude Thayse, Nivelles

18 juin 1815, jour d’abattage

Nous partageons l’article lu sur le blog « la Wallonie avec la France » signé par un de nos administrateurs de la Province de Namur.

« Non, je ne vous parlerai pas ici du jour d’abattage aux abattoirs d’Anderlecht, de Droixhe ou de Rochefort. Par abattage je voulais parler de la boucherie de Waterloo il y a deux siècles…

 Or donc, dans quelques jours nous aurons « droit » à la reconstitution de la plus célèbre des batailles menées par Napoléon.  18 juin 1815, jour d’abattage !

 « Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine » a dit Hugo. C’est que diantre ! il ne s’agit pas d’une vulgaire commémoration qui aurait rendu hommage aux milliers de soldats disparus en ce jour funeste de 1815. Que nenni ! Une re-cons-ti-tu-tion, pas moins ! L’événement de l’année on vous dit !

 A contre-courant, j’ai beaucoup apprécié la chronique de Thomas Gunzig sur le sujet dans son « Café serré » sur la radio « La Première RTBF » mardi dernier (à retrouver en podcast sur le site de la station). Je vous en livre un petit extrait : « Ah mes amis, qu’est-ce que je suis heureux qu’enfin je ne sois plus le seul à trouver que la guerre, la mort, les tripes, la boue, les larmes, les mutilations, les exactions, la torture, le viol, la Cour martiale, les généraux à l’arrière, les troufions à l’avant, les pauvres qui meurent, les riches qui comptent, eh bien c’est génial! Ce Waterloo 2015 ça me fait un bien fou »!  Et Thomas Gunzig de conclure : « Le meilleur ciment d’un peuple, c’est la bêtise de ceux qui en font partie ».

 Faut-il rappeler que la guerre a toujours été le fruit de la bêtise et de la vanité des hommes. Qu’en l’occurrence  Waterloo c’est avant tout un carnage ! En quelques heures des dizaines de milliers de victimes, dix mille chevaux blessés ou tués. Réduire cette bataille simplement à l’image d’actes héroïques est stupide et imbécile. Pour tout dire navrant. Roulez tambours, sonnez trompettes, Ave Napo, morituri te saluant. Que gicle le sang, qu’explosent les corps, que se déchirent les abdomens, que hurlent les blessés, les mutilés ! Au soir de la bataille le bilan sera apocalyptique. Re-cons-ti-tu-tion !

 J’ai souvent entendu parler de commémorations :  soixante-dixième anniversaire du débarquement  de Normandie, centenaire de la Grande guerre, bientôt le soixante-dixième anniversaire de la bombe d’Hiroshima.   Cérémonies officielles  organisées afin de  conserver la conscience nationale ou internationale  d’un évènement de l’histoire collective.  Dire NON à toutes les guerres. Rien à voir avec  la reconstitution d’un événement tragique.

 A quand une reconstitution du génocide rwandais ou de la bombe d’Hiroshima devant un public enthousiaste et avide de sensations fortes ? »

Philippe Fery

Pourquoi refuser de célébrer et de commémorer Waterloo 2015

Nous nous permettons de mettre en lumière l’excellent commentaire de Claude Thayse, membre du comité de parrainage de notre mouvement citoyen.

« Waterloo n’est ni une défaite française, ni celle de l’Empereur, c’est la victoire de l’obscurantisme d’ancien régime sur les idées de 1789. Heureusement, de l’An II à 1815, ces idées ont parcouru l’Europe dans les fourgons des troupes révolutionnaires et de la Grande Armée. Elles ont changé le monde.

Il aura fallu six coalitions pour tenter de les effacer.
Waterloo est une défaite pour la démocratie et les Droits de l’Homme en replaçant pour 100 ans les vieilles familles régnantes absolutistes sur les trônes. Ce qui a abouti aux terribles massacres de 1914-1918. Cette terrible guerre, qui n’a finalement jamais été qu’une dispute entre cousins.

Pour en revenir aux propos de Vandercruysen cités par Gheude,  je crains qu’ils n’aient malheureusement raison pour une fois (hélas, ajouterai-je). En 1815, l’Empereur aurait certainement proposé une paix honorable aux anglo-prussiens, mais les coalisés du traité de Vienne (Russes, Autrichiens, Espagnols…) étaient déjà en route avec des forces considérables pour mettre la France à feu et à sang.

Petit résumé de cette période : https://www.youtube.com/watch?v=b8zcRzsORX4&feature=player_embedded

Et pour ceux qui imaginent encore que la Révolution et l’Empire n’ont laissé que  de mauvais souvenirs chez nous, visitez donc la chapelle de Boneffe : http://napoleon-monuments.eu/Napoleon1er/Boneffe.htm

Voilà pourquoi  je me refuse à célébrer cet événement dramatique pour la démocratie.

Claude Thayse.

Waterloo 1815: l’occasion de se rafraîchir la mémoire

OPINIONS | vendredi 12 juin 2015 à 11h13 sur le site de la RTBF

  • Une Belgique autrichienne

    La Belgique est alors administrée par l’empereur d’Autriche, François II. Par la convention de Pilnitz, ce dernier s’entend avec le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II, pour restaurer le pouvoir absolu du roi de France, Louis XVI.

    La réaction du ministère girondin-jacobin ne se fait pas attendre : une déclaration de guerre est adressée à l’empereur d’Autriche. Après l’échec d’une première tentative d’invasion des Pays-Bas autrichiens, fin avril 1792, le général Dumouriez remporte, le 6 novembre 1792, la victoire de Jemappes, grâce à laquelle il fait tomber les « provinces Belgiques » dans l’escarcelle française, à l’exception du Luxembourg et du Limbourg.

    Héritage éphémère, puisque, le 18 mars 1793, les Autrichiens récupèrent leurs possessions après avoir remporté la victoire de Neerwinden.

    Mais le 26 juin 1794, la contre-offensive française déclenchée à Fleurus aboutit à la conquête définitive des Pays-Bas autrichiens, ainsi que de la Hollande. Avec la chute de Liège, un mois plus tard, c’est le pouvoir épiscopal qui disparaît dans la principauté.

    Une Belgique française

    Nous voici donc Français, administrés tour à tour par la Convention (1792-1795), le Directoire (1795-1799), le Consulat (1799-1804) et l’Empire (1804-1814).

    Durant les premiers mois d’avril 1814, va se dérouler la Campagne de France contre la sixième coalition. Mais Napoléon ne peut empêcher celle-ci d’atteindre Paris et, le 6 avril, il se voit contraint d’abdiquer. C’est l’exil sur l’Ile d’Elbe et la restauration de la monarchie des Bourbons, en la personne de Louis XVIII.

    Une Belgique hollandaise

    Conclu le 30 mai 1814 entre ce dernier et les puissances alliées, le traité de Paris stipule, en son article VI, que la Hollande, placée sous la souveraineté de la maison d’Orange, recevra un accroissement de territoire. Cet accroissement visera la Belgique et sera ratifié par le Congrès de Vienne, le 15 mars 1815, Guillaume Ier d’Orange se retrouvant ainsi à la tête du Royaume uni des Pays-Bas.

    Entre-temps, Napoléon s’est évadé de l’Ile d’Elbe, le 26 février et a rétabli son pouvoir à Paris, forçant Louis XVIII à se réfugier à Gand, c’est-à-dire en Belgique… hollandaise. Et c’est aussi dans cette Belgique hollandaise, que Napoléon a décidé d’en découdre avec les puissances alliées, plus que jamais liguées contre lui. Il sait que, pour l’emporter, il doit tout faire pour éviter que Prussiens et Anglais se présentent devant lui en rangs unis.

    Sa tactique consiste donc à affronter d’abord l’armée prussienne de Blücher. C’est la victoire de Ligny, le 16 juin. Sauf que la victoire n’est pas totale, puisqu’une partie des Prussiens ont battu en retraite. Ordre est donc donné au général Grouchy de les retrouver et de les empêcher de rallier les troupes anglaises de Wellington, concentrées à Mont-Saint-Jean, à quelques kilomètres de Waterloo.

    Le 18 juin, alors que Napoléon attend Grouchy pour lancer l’offensive finale, c’est Blücher qui vient prêter main-forte à Wellington pour assurer la victoire.

    A la question : Et si Napoléon avait remporté la bataille ? 

    Yves Vander Cruysen, échevin du Tourisme à Waterloo, répond : C’est de l’histoire-fiction, il a perdu. S’il avait gagné, il aurait sans doute signé un traité avec les alliés afin de préserver les frontières de la France et garantir la paix. Nos territoires seraient restés hollandais, ce qu’ils étaient depuis le 15 mars 1815.

    Qu’il nous soit permis d’émettre un avis différent.

    Nous pensons, en effet, qu’une victoire de la France aurait mis fin à la parenthèse hollandaise de la Belgique et assuré un destin différent à cette dernière.

    Le Royaume uni des Pays-Bas fut loin d’être une réussite. Il s’écroula d’ailleurs en 1830 pour donner naissance, à la conférence de Londres, au Royaume indépendant de Belgique.

    Talleyrand participa à cette conférence en tant qu’ambassadeur de France. Dans la biographie qu’il lui consacre, G. Lacourt-Gayet rapporte cette conversation que la princesse de Lieven eut avec le « diable boiteux », en date du 29 octobre 1832 :

    Prince T. – Eh bien ! Parlons de nos deux armées. Qu’en pensez-vous ?

    Moi. – Que vous avez pris beaucoup de peine pour quelque chose qui ne durera guère.

    Prince T. – Ah ! ah ! vous le pensez !

    Moi . – Et vous, mon prince ?

    Prince T. – Je l’espère.

    Moi.- Quoi ! vraiment que votre royaume belge et votre roi belge…

    Prince T. – Ne durerons pas. Tenez, ce n’est pas une nation. Deux cents protocoles n’en feront jamais une nation ; cette Belgique ne sera jamais un pays ; cela ne peut tenir.

    Moi.- Eh bien ! mais après, quoi ?

    Prince T. – Dites-le vous-même.

    Moi. – Oh ! si vous voulez mon opinion, la voici : la Belgique à la Hollande ou la Belgique partagée.

    Prince T.- Eh bien ! partageons ; cela nous fera toujours passer la soirée. Arrangez-moi cela.

    Moi.- Rien de plus facile ; il faut contenter tout le monde.

    Prince T. – Qui est tout le monde ?

    Moi. – Voici qui n’en est pas : ni nous, ni l’Autriche.

    Prince T. – Eh bien ! reste ?

    Moi.- Vous, un peu ; la Hollande, beaucoup ; et la Prusse, probablement ; et puis…

    Prince T. – Et puis qui ?

    Moi. – Oh ! à l’Angleterre, quelque chose. Anvers, par exemple.

    Prince T. (frappant le plancher de sa canne, la table de son poing, de façon à faire bondir sa tasse et éveiller l’attention de tout le salon.) – Anvers ! Anvers à l’Angleterre ! Mais savez-vous que c’est révoltant ce que vous dites là ! Quoi ! l’Angleterre sur le continent ? Madame, tant qu’il y aura une France si petite qu’elle soit, il n’y aura pas, il ne peut y avoir l’Angleterre sur le continent. Vous me révoltez ; cela n’est pas soutenable ; ce que vous sites là, c’est abominable

    Moi.- Eh bien ! mon prince, ne lui donnons rien. Cela m’est égal.

    Prince T. – Allons ! allons ! je vois bien que vous plaisantez.

    Moi. – Comment ? vous le découvrez à présent.

    Prince T. – Mais c’est que tout le reste était si bien. Tenez ! je vous remercie d’être venue causer avec moi. Je ne vous savais pas si bonne enfant ; je vois qu’on peut s’arranger avec vous.

    On peut imaginer aisément, au départ de cette conversation, comment Talleyrand aurait réglé le cas belge si la France était sortie victorieuse à Waterloo…

    Toujours est-il que lors de la bataille, la dualité communautaire belge se manifesta. Dans son « Histoire des Belges », Henry Dorchy constate, en effet : Les Belges se divisèrent en 2 camps : les uns, surtout recrutés en Wallonie, se rangèrent du côté des Français ; d’autres, originaires de Bruxelles et de la Flandre, soutinrent les Anglo-Prussiens et les Hollandais de Guillaume d’Orange (…). au soir de la bataille, les populations wallonnes (en particulier les Carolorégiens et les Namurois) accueillirent les soldats français en retraite et soignèrent les blessés.

    Jules Gheude

    Jules Gheude se définit comme essayiste politique. Il est né à Braine-l’Alleud en 1946. En 2008, il lance le « Manifeste pour la convocation des États généraux de Wallonie ». Depuis février 2010, Jules Gheude coordonne les travaux du Gewif (Groupe d’Études pour la Wallonie intégrée à la France). Son intérêt marqué pour la problématique communautaire belge l’a amené à écrire plusieurs ouvrages sur le sujet.

Choix de vie et choix de société

Le Traité Transatlantique dans nos assiettes en une seule image

taftaSource de l’image: Comité Stop-TAFTA via Sott.net

Soit-dit en passant: Certains considèrent peut-être que le sujet est redondant et que nous en parlons beaucoup sur le blog, mais il faut bien comprendre que le TAFTA, c’est le cancer assuré si on ne s’en tient qu’à l’alimentation, l’impact va être colossal puisque tous les droits vont être donnés aux multinationales. Quand à nous, nous ne serons que plus étouffés financièrement, et quand on aura chopé un bon gros cancer, alors cela sera direct à la chimio pour terminer le travail : continuer à nous ponctionner toujours plus tout en favorisant les intérêts de groupes privés qui n’ont rien de bienveillants ! Ils ont même réussi à valider le brevet sur les semences naturelles, ce n’est plus une catastrophe, ni une trahison, c’est bien au delà…

A ceci, nous tenons à rappeler l’exigence française de l’exception  culturelle dans tout traité de coopération. Non, le culture n’est pas une marchandise ! Ou si elle l’est aux yeux de ceux qui ne voient en elle qu’un produit qui se vend et s’achète, elle ne peut répondre aux mêmes critères de marchandisation.

Paul D.

Barème de l’impôt sur le revenu : les tranches d’imposition sur les revenus de 2014

Notre informateur notre fait très justement remarquer qu’il eut de mise de spécifier que ce barème de l’impôt sur le revenu concernait la France. Veuillez nous excuser pour cet oubli de taille !

Vous remarquerez  que  l’impôt des personnes physiques pratiqué par le service fédéral belge de la fiscalité est nettement moins avantageux pour les couches sociales moyennes et moins favorisées. 

Mis à jour le 15/04/15 16:00

Tranches d'imposition pour l'impôt sur le revenu

BAREME 2015 – Les tranches d’imposition sont un élément clé dans la détermination du montant que vous allez payer au titre de l’impôt sur le revenu. Tout comme la barème du quotient familial. Leurs montants pour cette année.

Au 1er janvier 2015, le barème d’imposition pour l’impôt sur le revenu a évolué. La première tranche d’imposition a été supprimée et le seuil de la deuxième tranche a été abaissé. Voici les 5 tranches d’imposition 2015 sur les revenus 2014.

Les tranches d’imposition applicables aux revenus 2014
Tranches de revenus Taux applicable
Source : Loi de finances 2015
jusqu’à 9 690 € 0%
de 9 690 € à 26 764 € 14%
de 26 764 € à 71 574 € 30%
de 71 574 € à 151 956 € 41%
plus de 151 956 € 45%

Les sommes prises en compte ne sont pas les revenus bruts mais les revenus nets imposables. Autrement dit, ce sont toutes vos ressources auxquelles il faut soustraire l’ensemble des avantages fiscaux dont vous pouvez bénéficier.

Le cas le plus simple est celui d’une personne seule, sans enfant à charge, sans décution particulière, qui bénéficierait d’un revenu net imposable de 42 000 euros. Son impôt serait calculé comme suit :
> De 0 aux 9 690 « premiers » euros gagnés de ce salaire net imposable : 0% d’impôt à payer.
> De 9 690 euros à 26 764 euros : 26 764 – 9 690 = 17 074 euros, imposés à 14% = (17 074*14)/100 = 2390,36 euros
> De 26 764 euros à 42 000 euros : 42 000 – 26 764 = 15 236 euros, imposés à 30% = (15 236*30)/100 = 4570,80 euros
> Impôt total : 0 +  2390,36 + 4570,80 = 6961,16 euros

Le quotient familial

Parmi les avantages fiscaux, il y a le quotient familial, qui permet de déterminer un revenu pour le foyer fiscal. Par exemple, si un foyer composé d’un couple marié depuis 10 ans avec deux enfants, cumule 60 000 euros de revenus, son revenu net imposable est de 54 000 euros. En application des règles de plafonnement du quotient familial, on divise ce total par le nombre de parts de quotient familial du foyer fiscal (3 parts dans ce cas). On obtient ainsi 18 000 euros. C’est sur ce montant que l’on va appliquer le barème progressif d’imposition.

Le quotient familial en fonction de la taille du foyer fiscal
Nombre d’enfants Nombre de part pour un couple marié ou pacsé Nombre de part pour un veuf ou une veuve Nombre de part pour un couple concubin Nombre de part pour une personne seule
Source : Direction générale des Finances publiques
0 2 1 1 1
1 2,5 2,5 1,5 2
2 3 3 2 2,5
3 4 4 3 3,5
4 5 5 4 4,5
Par enfant supplémentaire 1 1 1 1

Ainsi, le foyer fiscal dans notre exemple relève de la deuxième tranche (14 %) et non la troisième (30 %). Ce taux de 14 % c’est le taux marginal d’imposition. Il s’applique pour la part des revenus entrant dans la tranche d’imposition. Seuls les revenus compris entre 9 690 et 18 000 euros vont être taxés à hauteur de 14 % (ceux compris entre 0 et 9 690 euros étant taxés à 0 %). Soit 8310 euros x 14% = 1163,40 euros par part.

Revenu net imposable par part fiscale

Au final, le foyer fiscal dans notre exemple va payer 1 163,40 euros par part fiscale, soit un montant total de 3490,20 euros (puisque le foyer compte 3 parts) pour 54 000 euros de revenus imposables, soit un taux réel moyen d’imposition de 6,46 %. Sans le quotient familial, l’impôt à payer serait de 10 561 euros. Et s’il n’y avait pas ce calcul pondéré par tranche d’imposition, l’impôt à régler serait de 16 200 euros en appliquant le taux de 30 % à tous les revenus déclarés.

Situation ubuesque

Kathleen Wuyard
Mis en ligne vendredi 5 juin 2015, 9h52 sur le site du quotidien « Le Soir »

Certaines filières porteuses d’avenir sont en pénurie dans la région liégeoise. Ces formations sont boudées par les jeunes. Certaines sont même en voie de disparition…

Mais ce phénomène existe dans bien d’autres endroits en Wallonie et en France

 La désertion se marque particulièrement en première et deuxième années. © René Breny

  • La désertion se marque particulièrement en première et deuxième années. © René Breny

La situation est ubuesque. De la menuiserie à l’électromécanique en passant par la transformation du métal, l’Institut Saint-Laurent à Liège propose un vaste panel de formations donnant accès à des métiers en pénurie. Un passeport garanti vers l’emploi en ces temps économiques incertains. Et pourtant : au lieu d’être prises d’assaut, ces formations sont boudées par les Liégeois. A tel point que dès septembre 2015, la filière de technique de transition en électromécanique sera supprimée du programme de l’Institut Saint-Laurent. Le sous-directeur, Yvan Troka, tire la sonnette d’alarme : «  La situation est très préoccupante : nous allons devoir supprimer la filière électromécanique, et la filière usinage est menacée également. Pourtant, les entreprises sont très demandeuses des profils d’ouvriers qualifiés. Il y a 20 ans, nous avions 1.800 élèves inscrits à l’école. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 623.  » Une désertion qui se marque particulièrement en première et deuxième années. «  La plupart des élèves s’orientent d’abord vers l’enseignement général. On a fait croire pendant des années que le tertiaire allait révolutionner le monde, que tout le monde allait travailler dans un bureau avec un beau costume et un beau salaire. Pourtant, quand on voit la situation de certains jeunes universitaires, on se dit qu’il vaut mieux être un bon tourneur qu’un mauvais avocat… même du point de vue salarial !  », déplore Yvan Troka. Selon lui, l’image négative qui reste associée aux métiers techniques est pour beaucoup dans le manque d’engouement dans jeunes : «  On a toujours cette image de métiers sales, où on a chaud, il faut porter de lourdes charges… C’est fini tout ça, les métiers techniques ont bien évolué ! » Et Yvan d’ajouter, meurtri : «  On a orienté les élèves pendant trop longtemps vers l’intellectuel et aujourd’hui, on se rend compte trop tard qu’on ne sait rien faire sans le manuel. Moi, quand je vois des entrepreneurs liégeois forcés d’aller chercher des ouvriers à l’étranger faute de main-d’œuvre à Liège, ça me fait mal au cœur. »

Interpellez vos euro-députés

 

 

Vote sur le TAFTA au Parlement européen :

mardi 2 juin 2015, par Collectif Stop TAFTA

Le mercredi 10 juin, le Parlement européen réuni en plénière votera le texte de la résolution Lange, portant sur le traité transatlantique TAFTA. Sa version actuelle, adoptée la semaine passée par la commission responsable de la rédaction du texte (INTA), est désastreuse pour les peuples et l’environnement. Pour la démocratie, le climat, l’emploi, la santé et l’agriculture paysanne, interpellons les euro-députés ! Ce module de pétition est mis en place par le collectif Stop TAFTA.

NB : Si vous ne recevez pas le mail de confirmation, vérifiez qu’il ne soit pas arrivé par erreur dans le dossier « spam » ou « indésirable » de votre messagerie.

Contexte

Le mercredi 10 juin, le Parlement européen réuni en plénière votera le texte de la résolution Lange, portant sur le traité transatlantique TAFTA.

Une résolution du Parlement européen est un texte non contraignant qui énonce la position du Parlement. La Commission européenne – institution non-élue qui négocie le Traité transatlantique – n’a pas obligation de suivre les recommandations qui y sont énoncées. La résolution Lange représente néanmoins la position de la seule instance élue au plan européen, et, dans cette mesure est une référence politique sur laquelle nous pouvons nous appuyer.

La semaine passée, la commission responsable de la rédaction du texte (INTA) en a voté une version désastreuse pour les peuples et l’environnement. Elle s’est prononcée en faveur d’une version amendée du projet de résolution de Bernd Lange, en y intégrant les pires amendements. Une majorité des élus sociaux-démocrates se sont alliés à la droite pour obtenir ce résultat.

Le texte actuel :

  • Abandonne toute opposition au mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS)
  • Renonce à s’opposer à la création d’un conseil de coopération réglementaire transatlantique et accepte donc la dérégulation à venir
  • Pousse à la libéralisation du marché de l’énergie américain, une mesure « climaticide », et ne considère les mesures pour répondre à l’urgence climatique que comme des freins à la compétitivité européenne

De nombreux autres points extrêmement problématiques peuvent être relevés : le texte vante toujours les miracles économiques supposés du traité transatlantique, il choisit le mode de négociation le plus risqué sur les services (1.b.v), promeut l’agro-industrie (K), ne remet pas en cause l’opacité des négociations (M), il demande l’inclusion des services financiers (1.b.x) dans l’accord..

Lors du vote en plénière du 10 juin, ce texte doit être modifié en profondeur, ou totalement rejeté par les euro-députés.

Pour la démocratie, le climat, l’emploi, la santé et l’agriculture paysanne, interpellons les euro-députés !

Pourquoi se mobiliser pour un texte non contraignant ?

Même si elle ne peut pas forcer les négociateurs à changer de cap, la résolution Lange est un test important, particulièrement en perspective de la ratification de l’accord EU-Canada (CETA) qui pourrait commencer dès l’automne 2015.

Les positions des partis, des groupes politiques et les positions individuelles des eurodéputés sur des sujets clés tels que l’arbitrage d’investissement, la coopération réglementaire, l’énergie ou les droits de douane agricoles se sont formées et continuent de se former à l’occasion des débats de cette résolution.

Les lobbies d’affaire pro-TAFTA ainsi que la Commission européenne et les États membres font pression sur les eurodéputés afin qu’ils votent un texte soutenant le TAFTA. La voix des citoyens doit également résonner avec un message clair : TAFTA et CETA sont de mauvais accords pour les peuples et la planète. Les électeurs demanderont des comptes si leurs représentants soutiennent ces traités.

Germanophones : « la Belgique à quatre est inscrite dans les astres », ou pas

Lecture très intéressante que nous envoie un membre de notre groupe de parrainage

Le Vif

19/05/15 à 15:23 – Mise à jour à 15:23

Source : Belga

Le président du parlement de la Communauté germanophone, Karl-Heinz Lambertz, et plusieurs députés germanophones ont plaidé mardi au parlement wallon pour une accélération des transferts de compétences régionales vers leur entité fédérée, soutenus en cela par une proposition de résolution du MR (opposition). Mais les élus de la majorité parlementaire wallonne (PS-cdH) ainsi qu’Ecolo ont tempéré ces ardeurs, élargissant le débat à l’avenir de la Belgique.

« L’heure de vérité approche », n’a pas hésité à lancer M. Lambertz (PS) devant la commission de coopération du parlement wallon avec la Communauté germanophone, qui ne s’était plus réunie depuis 2011. Il évoquait ainsi la réunion programmée le 2 juillet prochain entre les gouvernements wallon et germanophone, sur les transferts de compétences vers la plus petite entité fédérée du pays (près de 77.000 habitants), en vertu de la 6e réforme de l’Etat.

Des pans de la compétence de l’emploi doivent encore être mis en oeuvre dans l’escarcelle germanophone, de même que le logement, mais les Germanophones lorgnent aussi sur l’aménagement du territoire, l’urbanisme, les routes régionales et les compétences provinciales. Une proposition de résolution MR va jusque-là, au nom de la cohérence et de l’efficacité des politiques, mais aussi parce que « la Belgique à quatre est inscrite dans les astres », a relevé le chef de groupe Pierre-Yves Jeholet. Il juge que les partis de la majorité entretiennent un double discours depuis trop longtemps à l’égard des Germanophones, alors que le MR a une position commune avec son aile libérale à Eupen, le PFF.

Dans la majorité parlementaire wallonne (PS-cdH), si l’on se montre disposé à avancer sur base de l’article 139 de la Constitution qui permet le transfert de matières régionales wallonnes à la Communauté germanophone, on exclut toute précipitation, les transferts nécessitant une analyse fine de leur impact budgétaire, a noté Marie-Martine Schyns (cdH). « La Communauté germanophone fait partie intégrante de la Wallonie, pour développer une région prospère », a notamment relevé le chef de groupe PS, Christophe Collignon, suscitant des grincements de dents dans les rangs germanophones.

Le député, régionaliste convaincu, juge toutefois les revendications germanophones légitimes, mais il insiste aussi sur la nécessaire adhésion de la population aux changements institutionnels et sur l’accord de la Flandre à voir la structure de l’Etat évoluer vers les Régions plutôt que les Communautés. Pour André Antoine (cdH), les revendications d’autonomie ne doivent pas éluder le débat sur la solidarité entre Germanophones et Wallons, tout comme il en existe une entre Wallons et Bruxellois francophones à travers la Fédération Wallonie-Bruxelles. « Quelle conception de la Belgique ont ceux qui veulent précipiter les calendriers ? », a-t-il demandé au MR, craignant un « effet papillon » qui se répercute sur le débat institutionnel belge. Stéphane Hazée (Ecolo) est lui aussi d’avis qu’élargir les transferts de Namur vers Eupen à une matière telle que l’aménagement du territoire impliquerait un débat sur la 4e Région, qui « toucherait aux équilibres de l’Etat » est dangereux. Face à ces remarques, Karl-Heinz Lambertz s’est voulu rassurant. « Personne n’envisage des relations entre entités qui se font la guerre, il s’agit de coopérer d’égal à égal. Nous sommes tous dans un scénario de consolidation de la Belgique fédérale et non d’un éclatement ». Dans le cadre d’une évolution institutionnelle offrant toujours davantage de compétences aux Régions par rapport aux Communautés, une Belgique à quatre permettrait aussi de défendre le statut de Bruxelles, a-t-il estimé. L’ancien chargé de mission royale croit d’ailleurs savoir que « le moment viendra où les Flamands accepteront plus d’autonomie pour Bruxelles, comme j’en ai déjà parlé il y a quatre ou cinq ans avec (le président de la N-VA) Bart De Wever ». Si la précipitation n’était pas de mise dans sa bouche non plus, il a toutefois prévenu que « celui qui ne se préparerait pas à un grand débat institutionnel en 2019-2020 ferait une grave erreur politique ». Karl-Heinz Lambertz prendra une nouvelle fois la parole mercredi en séance plénière du parlement wallon, à l’occasion d’une semaine au cours de laquelle l’assemblée wallonne mettait à l’honneur sa consoeur germanophone.

Notre commentaire : celles et ceux qui osent dire que le débat institutionnel est mis entre parenthèses avec le gouvernement Michel sont soit des menteurs, soit des inconscients, soit encore des élus qui, le doigt sur la couture du pantalon, suivent les ordres de leur président de parti. Pour beaucoup, l’important n’est-il pas de préserver leur rente de situation ?

Contrairement à ceux qui jugent qu’élargir le débat institutionnel serait précipité, notre mouvement citoyen juge qu’il y a urgence à élargir le débat en y incluant le projet d’intégration-autonomie de la Wallonie dans la République française.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde