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Le double visage de Wouter Beke

L’AWF s’inscrit pleinement dans l’analyse que nous envoie Jules Gheude. Je vous en souhaite bonne lecture.

Cet article répond parfaitement à la propagande de « La Première RTBF », pour ne citer que ce média, ce lundi 25.01.16.

Je dois vous avouer que j’ai failli avaler ma brosse à dents lorsque j’ai entendu le journaliste de « La Première » nous annoncer sans rire le titre suivant dans son journal parlé de 8.30 : un regain de l’identité belge tant au sud qu’au nord du « pays ». 

Youpie, la Belgique est sauvée !

Lorsque nous lisons l’article de la Libre, nous comprenons mieux les tenants et aboutissants de ce cri du cœur belgicain qui mériterait une véritable analyse journalistique. Je dois à la vérité de Wouter Bekedire que « La Première » a rectifié le tir le lendemain avec un véritable débat dans lequel M. Delperée m’a étonné par sa lucidité qui contrastait avec son acte de foi fédéraliste en complète contradiction avec ce qu’il énonçait. Comprenne qui pourra… !?

Quant au CD&V Wouter Beke, il est le digne héritier du CVP qui en s’appropriant l’état belge (ne parlait-on pas de l’état CVP ?) a fait tant de tort à la Wallonie. A l’ADN flamand de son parti, il joint un autre ADN, celui de la perversité. Puissent les décideurs wallons ne pas être dupes.

Paul D.

Alors que la N-VA prépare, dès à présent, la mise sur pied d’un système confédéral pour 2019 et que Liesbeth Homans, sa ministre de l’Intérieur au sein du gouvernement flamand, espère la fin de la Belgique pour 2020, le président du CD&V, Wouter Beke, vient de faire savoir que tout cela se fera sans son parti.

Le même Wouter Beke qui, le 23 septembre 2007, dans une interview accordée au journal québécois « Le Devoir », déclarait : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Les Wallons ne tiennent à la Belgique que pour l’argent. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

Le même Wouter Beke, qui, alors que l’encre de la sixième réforme de l’Etat n’était pas encore sèche, précisait (« La Libre Belgique » du 23 juin 2012) : Personne ne niera qu’une 7e réforme viendra un jour. L’approfondissement de la réforme de l’Etat est irréversible. Une série de compétences devront encore être attribuées aux Régions : impôt des sociétés, services d’incendie, police… Nous étions aussi, comme le PS, pour la régionalisation de la Justice. Nous voulons qu’on tienne compte, en matière communautaire, de pensions, de sécurité…, de ce que veulent 57% de la population, donc les Flamands.

Pour des raisons de compétition électorale, les pontes du CD&V tentent donc aujourd’hui de se démarquer de la N-VA. Mais la vérité ne peut être occultée.

L’attitude de la N-VA ne fait que s’inscrire dans la logique de ce que le Parlement flamand a approuvé, en 1999, avec ces fameuses résolutions d’inspiration résolument confédéraliste. A l’époque, la N-VA n’existait pas encore.

C’est d’ailleurs un démocrate-chrétien flamand, Luc Van den Brande, qui, au début des années 90, alors qu’il était ministre-président flamand, a  lancé l’offensive. Le 14 janvier 1993, ne déclarait-il pas au « Soir » : Mes collègues de l’exécutif flamand, socialistes compris, se rallient à mes déclarations sur le confédéralisme.

Voilà donc près de 20 ans que la Flandre a annoncé la couleur : pour elle, le schéma fédéraliste est clairement dépassé. Il a atteint ses limites, pour reprendre le constat de l’ex-Premier ministre démocrate-chrétien flamand, Yves Leterme, celui-là même qui fut l’artisan, en 2004, du cartel avec la N-VA, dont le programme annonçait, sans la moindre ambiguïté, l’émergence d’une République flamande au sein de l’Europe.

Quant à la stratégie des francophones, elle est bien connue : « demandeurs de rien », ils finissent toujours par plier.

Est-il besoin de rappeler comment, en 2001, ils se montrèrent conciliants en échange d’un maigre refinancement de leur enseignement ? Furent ainsi concédées à la Flandre des avantages que l’on se refusait à envisager trois mois plus tôt : surreprésentation de la minorité flamande au Parlement régional bruxellois, présence automatique d’au moins un échevin flamand dans les conseils communaux bruxellois, régionalisation de la loi communale permettant de mettre au pas les francophones de la périphérie. Et, quelques années plus tard, c’était au tour de BHV d’être scindé !

En dépit de compétences régionales qui n’ont cessé de s’étendre depuis 1980, en dépit d’une dizaine de plans de redressement, le sort de la Wallonie reste toujours précaire. Elle n’a toujours pas décollé, reconnaît Philippe Destatte, le directeur de l’Institut Destrée. Qu’attend donc le peuple wallon pour sortir de son apathie et à s’engager pleinement en faveur du redressement de la Région ?

Jules Gheude

Meilleure année 2016

Kroll 2016Comme il est de tradition depuis 2013, j’ai voulu attendre les vœux de Pierre Kroll afin de les partager avec vous. A ses talents de dessinateur qu’il exerce dans plusieurs quotidiens, hebdomadaires ou encore dans le Courrier International, Pierre participe, comme vous le savez, à de nombreuses émissions de radio et de télévision et de façon régulière ou ponctuelle à des illustrations pour des associations. Récemment, il a ajouté à sa palette celle de comédien et est monté sur les planches pour 12 spectacles à travers la Wallonie et Bruxelles.

Malgré tout ce travail, Pierre a bien voulu me réserver son petit cadeau annuel, ce dont je lui suis particulièrement reconnaissant.

Meilleure année 2016, nous souhaite Pierre. En effet, nous ne pouvons pas dire que 2015 fut une année très folichonne avec les nombreux attentats et assassinats à travers le monde. Ceux  perpétrés à Paris nous ont particulièrement fait mal à nous, Wallons et Bruxellois de langue française, mais encore plus peut-être à nous, réunionistes. C’est un lieu commun que de dire que nous devons continuer à vivre pleinement nos vies, mais c’est tellement vrai car il nous est interdit de laisser aux assassins ce qui serait leur plus belle victoire : celle de nous enfermer dans la peur et le repli sur soi.

Paul D. 

Pour 2016, les membres du Conseil Général de l’AWF vous proposent le menu suivant :

  •   Suprême de bonne santé
  •   Cocktail d’amitiés francophiles
  •   Gratinée de prospérité pour notre mouvement-citoyen
  •   Plateau de réussite pour la Wallonie et la France
  •   Salade d’excellentes nouvelles
  •   Bûche de bonheur partagé
  •   Le tout accompagné de bulles d’éclats de rire

Nouvelles et perspectives pour l’AWF en 2016

1. Depuis notre 2e Assemblée Générale, notre mouvement citoyen a voté ses statuts et a élu son Conseil Général organe directeur dont voici la composition :   par ordre alphabétique (Balsat Alain, Burgeon Willy, Cartilier Louis, Decroisson Renée, D’Heur Jean-René, Durieux Paul, Fery Philippe, Lhomme Adrien, Maloteaux Marie, Mélot Paul, Nisse Louis, Pieret Michel, Rogissart Jacques, Simonis Georges-Henry).

2. L’ A.G. a bien voulu me faire l’honneur de me reconduire comme président et le CG a élu le Bureau Exécutif qui gère l’AWF au jour le jour. Celui-ci se compose comme suit : vice-président : Philippe Fery; secrétaire : Marie Maloteaux; trésorière : Renée Decroisson; maître-toile : Georges Régibeau; maître-toile adjoint : Paul Durieux.

Administrateurs : Alain Balsat, Louis Cartilier, Louis Nisse, Adrien Lhomme, Paul Mélot, Michel Pieret, Georges-Henry Simonis.

3. Le C.G. a décidé de s’adjoindre un groupe d’invités permanents, groupe qui ne demande qu’à s’ouvrir dans le futur pour que puissent s’exprimer les talents de membres spécialisés dans leur matière. Il en va ainsi de Henriette Havelange (agriculture), Jules Gazon (économie), Jean-Sébastien Jamart (droit international), André Delval (commerce). D’autres talents discrets sont invités de façon ponctuelle.

4. Le groupe de parrainage de notre mouvement continue à s’étoffer de jour en jour.

5. 2016 a bien commencé pour notre site  qui a battu ses records en ce mois de janvier. Le samedi 16 janvier, il a atteint le total de 2626 visites. Il en est de même pour notre page « Facebook » dont l’appréciation « j’aime » est en progression ainsi qu’en portées de publications et en interactions avec les publications.

6. Nous continuons l’opération « Communes wallonnes pour la langue française » qui pour l’instant se cantonne à la Province de Namur. Nous sommes ici partenaire de l’ AIF de notre ami l’Ambassadeur de France Albert Salon. La promotion de notre langue française ainsi que la bonne santé de la francophonie sont des matières qui nous tiennent à cœur.

7. Deux conférences-débats sont dès à présent à notre programme. L’une se déroulera début mars à une date qui reste à déterminer (nous avons l’accord de principe du professeur Catherine Lanneau de l’ ULG), l’autre aura pour théâtre Louvain-la-Neuve le lundi 21 mars avec pour orateurs Thierry Bodson, secrétaire général de l’interrégionale wallonne de la FGTB, Jules Gazon, professeur HEC de l’ULG ainsi que les députés wallons Jean-Luc Crucke (MR) et Christophe Collignon (PS). Nous ne manquerons pas de vous en dire plus  sur ces deux conférences dans le courant du mois de février.

N.B. : La préparation de ces deux conférences est à l’ordre du jour de notre prochain CG du jeudi 28 janvier.

Devenir membre ou renouveler sa qualité de membre de l’AWF

Ici, il y a du neuf : à la demande de membres, notre CG a décidé de vous proposer deux modes de paiement de votre cotisation.

  1. Soit par un ordre permanent, vous versez 1, 2, …5…,10 €/mois ou plus selon vos moyens sur un de nos deux comptes, ce qui élimine les oublis et les fastidieux rappels de cotisation. Bien sûr, nos n° de compte ne changent pas

Pour rappel le n° de compte IBAN de l’ AWF est : BE26068244993129 – BIC : GKCCBEBB, 22, Rue Fêchereux à 4130 Esneux

Soutenir l’AWF de façon anonyme subsiste au n° BE55088240700744 -BIC : GKCCBEBB, 22, Rue Fêchereux à 4130 Esneux. Vous pouvez être certain que la confidentialité de votre versement sera respectée.

  2. Soit en versant comme par le passé votre cotisation pour l’année

  Cotisation ordinaire : 24 €/an

      Cotisation réduite : 12 €/an (allocataires sociaux, étudiants, retraités, membre d’une même famille)

      Cotisation de soutien : à partir de 30 €/an

Nous espérons que vous continuerez à nous faire l’honneur de votre confiance en 2016. Quant à vous qui êtes sympathisant, vous nous feriez un merveilleux cadeau en devenant membre de notre mouvement citoyen. Quant à vous qui avez déjà versé votre cotisation (N.B. : un versement en décembre 2015 est considéré comme versement pour l’année 2016), soyez tout simplement remercié.

N.B. n’oubliez pas d’indiquer votre adresse postale en communication de votre versement afin que notre trésorière puisse vous envoyer votre carte de membre et ce qui l’accompagne dans les meilleurs délais.

Lettre ouverte à Benoit Lutgen

Par Jules Gheude, essayiste politique

Jules GheudeMonsieur le Président,

On se fout de ce que dit Bart De Wever ! venez-vous de lâcher, tout en invitant vos homologues francophones à se mettre autour de la table pour mettre au point un projet d’avenir.

Ce projet d’avenir, la Flandre l’a élaboré depuis bien longtemps, mais les élites francophones   se sont toujours refusées à admettre la réalité : d’étape en étape, une conscience collective a fini par se forger au Nord. Une Nation est née, qui tend à se muer en Etat.

L’attitude de la N-VA ne fait que s’inscrire dans la logique de ce que le Parlement flamand a approuvé, en 1999, avec ces fameuses résolutions d’inspiration résolument confédéraliste. A l’époque, la N-VA n’existait pas encore. C’est d’ailleurs un démocrate-chrétien flamand, Luc Van den Brande, qui a, au début des années 90, alors qu’il était ministre-président flamand,  lancé l’offensive. Le 14 janvier 1993, ne déclarait-il pas au « Soir » : Mes collègues de l’exécutif flamand, socialistes compris, se rallient à mes déclarations sur le confédéralisme.

Voilà donc près de 20 ans que la Flandre a annoncé la couleur : pour elle, le schéma fédéraliste est clairement dépassé. Il a atteint ses limites, pour reprendre le constat de l’ex-Premier ministre démocrate-chrétien flamand, Yves Leterme, celui-là même qui fut l’artisan, en 2004, du cartel avec la N-VA, dont le programme annonçait, sans la moindre ambiguïté, l’émergence d’une République flamande au sein de l’Europe.

Monsieur le Président,

Vous commettez l’erreur de penser que le courant nationaliste ne passe que par la seule N-VA. Or, comme l’a fort justement fait remarquer l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck : La relation entre le nationalisme et la démocratie-chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand.

Avec sa légendaire lucidité, François Perin avait bien saisi les choses. Dès 1962, dans « La Belgique au défi », il écrivait : Elle  (la Flandre) est devenue un Etat dans l’Etat. Et il ajoutait que l’éclatement du pays pourrait se solder par des institutions centrales très simples : des délégations des gouvernements wallon, flamand et bruxellois se concertent d’une manière régulière au sein d’un conseil fédéral et passent des conventions entre Etats pour la gestion d’intérêts communs (…). Les trois parties gardent la plénitude de leur souveraineté : seules des conventions entre voisins régleraient les problèmes auxquels ils seraient inévitablement confrontés. C’est une formule de confédération centrifuge.

Les responsables francophones ne cessent de snober l’histoire du Mouvement flamand, qu’ils semblent bien mal connaître.

Le 4 janvier 2008, Philippe Moureaux déclarait ainsi au « Vif/L’Express » : Pouvions-nous imaginer qu’un jour, il y aurait une telle poussée séparatiste au nord du pays ? Quant à Paul Magnette, il lâchait : On croyait que tout cela n’était que du folklore !

Eternels « demandeurs de rien », les politiques francophones ont toujours fini par céder. Leur barricade était en papier mâché, pour reprendre l’expression de Paul-Henry Gendebien.

Faut-il vous rappeler comment, en 2001, Joëlle Milquet a fini par se montrer conciliante en échange de quelques faveurs qui furent accordées à l’enseignement libre ? Furent ainsi concédées à la Flandre des avantages que l’on se refusait à envisager trois mois plus tôt : surreprésentation de la minorité flamande au Parlement régional bruxellois, présence automatique d’au moins un échevin flamand dans les conseils communaux bruxellois, régionalisation de la loi communale permettant de mettre au pas les francophones de la périphérie. Et, quelques années plus tard, c’était au tour de BHV d’être scindé !

En  bon gestionnaire, Bart De Wever ne laisse rien au hasard. Il sait qu’à la fin du premier trimestre 2015, la Belgique a affiché, dans la zone euro, la plus forte hausse du ratio de la dette publique par rapport au PIB : 4,5% pour atteindre 111% (447,8 milliards d’euros). D’où son souci de faire baisser cette dette, de façon à ce que la Flandre, le moment venu, puisse prendre son envol dans les meilleurs conditions possibles. Deux à trois années d’efforts sont encore nécessaires, a-t-il récemment déclaré.

Pour Remi Vermeiren, l’ex-patron de la KBC et l’initiateur, il y a dix ans, du fameux manifeste « De Warande », il conviendrait de scinder la dette selon la clé 55% pour la Flandre, 35% pour la Wallonie et 10% pour Bruxelles.

En 2015, une telle répartition aurait donné 246,29 milliards pour la Flandre (avec un PIB de 234,5 milliards), 156,73 milliards pour la Wallonie (avec un PIB de 90,228 milliards) et 44,78 milliards pour Bruxelles (avec un PIB de 67,278 milliards).

Il est clair qu’avec un ratio dette/PIB dépassant largement les 150%, une Wallonie indépendante serait confrontée à un scénario à la grecque. Et on voit mal les Bruxellois francophones se montrer solidaires d’une telle situation. Ceux qui nourrissent le projet de voir la Fédération Wallonie-Bruxelles se muer en une « Belgique réduite » (n’est-ce pas le cas de Francis Delpérée ?) se leurrent donc profondément.

Dans son interview-testament au « Soir », en août 2011, François Perin déclarait : Le nationalisme flamand est bien ancré. Il ne s’arrête jamais. Pour Bruxelles, il proposait un statut de Ville-Etat. Et il envisageait une Wallonie intégrée à la France, avec un statut particulier.

Ce schéma d’avenir a été sérieusement analysé lors des Etats généraux de Wallonie, démarche citoyenne que j’ai initiée en 2009, ainsi que par les Cahiers du Gewif (Groupe d’Etudes pour la Wallonie intégrée à la France). Tout cela a fait l’objet de publications.

Gouverner, c’est prévoir. Rien n’est plus dramatique que de se retrouver un jour mis devant le fait accompli, contraints de réagir dans l’urgence et la précipitation.

N’est-il pas urgent que les francophones ôtent leurs œillères ? Le Royaume de Belgique n’est pas voué à la vie éternelle.

Le coq ne veut pas être un pigeon

Wouter Beke est on ne peut plus clair, peut-on lire aujourd’hui dans Le Soir : « Nous ne négocierons pas la fin de la Belgique. Si c’est pour parler de ça, ce sera sans le CD&V ». Toutefois, le président du CD&V pense qu’« il faut réexaminer le cadre institutionnel » et rappelle que « 2019 c’est encore loin ». Aucune raison de s’alarmer, donc.

N’empêche. La structure institutionnelle de la Belgique est soumise à une pression de plus en plus forte. C’est au tour de Didier Reynders de plaider pour la disparition de la Fédération Wallonie Bruxelles dans une interview accordée au journal L’Echo. Du côté francophone, on n’ose pas s’aventurer plus loin, mais Catherine Fonck (cdH) met le doigt sur la réalité d’un pays qui, comme la SNCB, fait clairement la différence entre Anvers et Charleroi…

C’est un article du journal La Meuse :

SNCB dieselLa chef de groupe cdH à la Chambre ne décolère pas. En cause : des automotrices diesel de la SNCB qui viennent d’être transférées de la Flandre vers la Wallonie, pour rouler sur des lignes… électrifiées.

Régionaliser la SNCB de façon larvée ? Bart De Wever en avait remis le projet sur la table, à la veille des grèves wallonnes du début janvier. Le président de la N-VA proposait alors de scinder les lignes allant du nord au sud. Mais dans les faits, on peut se demander si le vieux rêve flamand n’est pas déjà en marche.

Dans l’entretien qu’elle accorde à Sudpresse, Catherine Fonck (cdH) dénonce en tout cas un fait particulièrement troublant. « Au début décembre, la SNCB a transféré huit automotrices diesel de son dépôt d’Anvers vers celui de Charleroi », fulmine la chef de groupe cdH à la Chambre. « En échange, Anvers a reçu des automotrices Desiro, qui, elles, sont électriques. »

Tout cela s’inscrit, explique-t-elle, dans le cadre de l’électrification de la ligne 15 Anvers-Malines. « Cette électrification est devenue effective le 9 décembre », explique-t-elle. « La SNCB a dès lors décidé de ne plus y affecter les automotrices diesel – des AR41 – qui y circulaient, pour y mettre des trains électriques ».

« Pas d’argument objectif »

« Je peux comprendre ce souhait de modernisation, mais ce que je n’admets pas c’est que, du coup, décision a été prise de refiler les véhicules diesel au dépôt de Charleroi, et ce pour les faire circuler sur des lignes qui sont pourtant elles aussi électrifiées ! C’est devenu effectif le 13 décembre. Sont concernées par ces automotrices diesel la ligne Charleroi-Erquelinnes ainsi que celle allant de Jemeppe-sur-Sambre à Gembloux, de même que certaines relations Charleroi-La Louvière-Manage-Luttre. »

Catherine Fonck interpellera la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant (MR) la semaine prochaine en commission à ce propos. « De telles manœuvres ne sont pas acceptables ! Il n’est pas question de laisser considérer les Wallons comme des pigeons ! Je veux que Madame Galant nous donne les explications et les motivations de ces transferts. Il n’y a à mes yeux aucun argument objectif pour le justifier ! ».

La députée cdH demandera aussi à la ministre un cadastre des automotrices diesel que possède encore la SNCB. « J’aimerais savoir où elles sont affectées. Et de façon plus globale, j’aimerais disposer d’un topo général sur l’ensemble du matériel de la SNCB, pour savoir quel matériel roule où, et quelle est son ancienneté. »

Coût d’exploitation

À court terme, le transfert des automotrices d’Anvers à Charleroi l’inquiète. Pas seulement à cause de la vétusté des machines. « Le gros risque, c’est l’impact que cela va avoir sur le coût d’exploitation des lignes concernées par ces véhicules. Avec des diesel, ce coût va bien entendu devenir supérieur. La SNCB s’en servira alors comme prétexte pour dire que ces lignes sont moins rentables, puisque le nombre de navetteurs restera pour sa part le même. C’est un jeu particulièrement sournois qui se met en place au détriment des Wallons, et je ne l’accepte pas ! »

Jean-Luc Crucke : « Je n’attends plus rien des Flamands »

Après une première saillie en compagnie du député wallon MR Jeholet, après les interventions des députés wallons P.S. Collignon, Martin et Dermagne, après celle de Thierry Bodson, Secrétaire général de l’interrégionale wallonne de la FGTB, le débat sur l’avenir de la Wallonie semble enfin bouger.

Jean-Luc Crucke en remet une couche en plaidant pour que le Wallon pense à son avenir sans avoir à tout moment les yeux et les oreilles rivés sur ce qui se dit ou se fait en Flandres. Nous savons à quoi nous en tenir depuis les délibérations du parlement flamand en 1999.

Souhaitons tout simplement que ces prises de position soient suivies d’actions et non un feu de paille.

A l’AWF, nous ne pouvons que nous réjouir de ce changement de cap que nous prônons depuis un certain temps. Nous sommes prêts à apporter notre pierre dans ce débat sur l’avenir de la Wallonie.

21/01/16 à 11:37 – Mise à jour à 11:37

Source: LeVif/L’Express

Bart De Wever remet le curseur de la N-VA sur le communautaire. Et maintenant, on fait quoi ? « On redresse la Wallonie et vite, bon sang ! », tonne le député régional MR. Qui appelle le Wallon à ne compter que sur lui-même pour ne plus être dépendant sans devenir… indépendant.

Jean-Luc Crucke : "Je n'attends plus rien des Flamands"

Il insiste : il s’exprime à titre personnel et n’engage pas son parti, le MR. Que Bart De Wever retourne à ses amours communautaires ou séparatistes faussement délaissées, laisse Jean-Luc Crucke parfaitement de marbre. L’élu wallon assure avoir dépassé le stade de l’émoi ou de l’indignation devant ce qui obsède la Flandre nationaliste. En revanche il bout littéralement quand il exhorte à se concentrer sur la priorité : « Parlons de la N-VA ? Non, parlons de la Wallonie ! »

Le Vif/L’Express: « Je n’ai jamais été dupe par rapport aux Flamands. Je sais où ils veulent en venir, et pas seulement la N-VA », déclarez-vous au parlement wallon. Alors, où veulent-ils en venir?

Jean-Luc Crucke : Je ne crois pas que la N-VA seule ait un agenda communautaire. Pour avoir siégé au Parlement fédéral, je me souviens y avoir entendu des propos flamingants venant du CD&V, parfois de l’Open VLD ou du SP.A, autant que de la VU à l’époque. N’oublions jamais le vote en 1999 par le parlement flamand, à la quasi-unanimité, des résolutions visant, non pas à l’indépendance de la Flandre, mais à une autonomie plus forte. Là, ils ont poussé le bouchon très loin.

Revendiquer davantage encore d’autonomie de la part de la Flandre, c’est toucher à l’os de la construction belge ?

Non, je ne le pense pas. Ce qui exaspère les Flamands autant que moi en tant que libéral, c’est ce système mis en place en Wallonie par une majorité de gauche : il est inefficace, extrêmement coûteux, lourd à gérer et empêche la Wallonie de se redresser. Rien à voir avec une haine du Wallon. Arrêtons de pointer l’autre du doigt : c’est un leurre. Certains n’ont que la N-VA à la bouche pour mieux masquer le fait qu’ils ne veulent ou ne savent rien faire pour relever la Wallonie. Arrêtons de parler de la N-VA, parlons de la Wallonie !

Parlons encore de la N-VA : vous ne lui donnez pas entièrement tort dans son raisonnement ?

La N-VA a des facettes qui m’exaspèrent : ses expressions en termes de valeurs sont parfois limite. Moi, je crois en une société pluraliste où tout le monde peut et doit trouver sa place. Pour moi, quelqu’un qui n’est pas wallon, qui n’est pas belge ou n’est pas européen, n’est pas pour autant quelqu’un de mauvais. Je ne fonctionne pas dans cette logique bon-mauvais. Le Wallon comme le Bruxellois, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, a autant besoin et droit au respect que le Flamand. Si j’étais Flamand, je n’appartiendrais évidemment pas à la N-VA, parce que je suis d’abord libéral.

Retour au parlement wallon. Début mars 2015, vous y précisez votre pensée : « J’ai peur quand j’entends certains penser encore que les Flamands pourraient aider la Wallonie. Il ne reste même plus dix ans. » Dix ans, c’est l’échéance qu’évoque la ministre N-VA Liesbeth Homans pour espérer la fin du pays : 2025. Les grands esprits se rencontrent ?

Je ne m’aligne certainement pas sur l’agenda de Liesbeth Homans, mais je maintiens : il nous reste moins de dix ans avant d’atteindre le point de non-retour, c’est-à-dire le début de la fin de l’impôt de solidarité nord-sud inscrit dans la dernière réforme de l’Etat. Les Wallons ne sont pas assez conscients que, sans mesures à prendre dès aujourd’hui, cela ira encore plus mal demain.

Les Flamands ne feront plus de cadeau à partir de 2025 ?

Mais c’est la loi qui en a décidé ainsi. Elle a été votée par tout le monde, y compris le PS et le CDH ! Je n’attends plus rien des Flamands, je ne les attends plus pour redresser la Wallonie, je ne compte pas sur les autres pour résoudre nos problèmes. Refédéraliser des compétences serait tout aussi dingue. Le Wallon ne peut et ne doit compter que sur lui-même pour se redresser. « Aide-toi et le ciel t’aidera. »

Que penser du TTIP ?

Une interview de Pierre Eyben
 
Réalisation : F. Tihon & G. Jamsin-Leclercq

Mise en ligne le 19 janvier 2016
PTCI, TTIP, TAFTA, Traité Transatlantique, ce texte a de multiples noms et pourtant il reste méconnu pour beaucoup d’entre nous.

S’il est adopté dans les mois à venir, ce projet de traité risque de change fondamentalement notre vie et notre modèle social, démocratique et écologique.
 
Raoul Marc Jennar, spécialiste des traités de libre-échange et de l’OMC, démystifie un texte qui doit nous interroger.
 

Voir la vidéo…

Du grand n’importe quoi

Philippe DutilleulLe point de vue de Philippe Dutilleul

Comment exciter la population, la caresser dans le sens du poil, en oubliant les maux qui la frappent? En Belgique, rien de plus simple : en relançant la guerre communautaire… (qui ne s’est jamais arrêtée).  Bart De Wever, le leader de la NVA, veut rassurer ses ouailles flamingantes en recentrant sa communication sur l’autonomie de la Flandre (confédéralisme poussé à l’extrême et/ou indépendance) en… 2019. Cela laisse du grain à moudre et pour ses partisans et pour ses adversaires parmi lesquels évidemment la classe politique francophone au grand complet. Celle-ci s’est montrée incapable jusqu’à présent de présenter un projet concret et fiable pour la Wallonie et Bruxelles (dans ou en dehors de la Belgique fédérale) et de défendre d’une seule voix une position réfléchie et efficace, contrairement aux Flamands très unis, lors de la 6ème et catastrophique réforme de l’Etat belge (en sursis presque permanent).  Résultat tangible: tout est et sera encore plus compliqué pour celles et ceux qui doivent la mettre en oeuvre, cher pour les citoyens et globalement inefficace en Wallonie et à Bruxelles.

La classe politique (qui ne se remet jamais en question) et les éditorialistes (convaincus du bien-fondé de leurs analyses) vont donc pouvoir continuer à débattre deux ans et demi du sexe des anges pendant que la situation politique, économique, sociale et écologique va au mieux stagner (ah cette politique énergétique inconséquente, voire dangereuse de la ministre tournaisienne M.C. Marghem au service de l’immobilisme et d' »Electrabel »), ou plus sûrement empirer surtout dans le sud du pays. PS, CDH, ECOLO, MR (?), PTB (?) ne veulent pas dire à leurs électeurs, par pur électoralisme, que dans quelques années les Flamands  ne paieront plus un cent pour les Wallons et les Bruxellois y compris dans la Sécurité Sociale et qu’il est temps, comme me le confiait une employée d’une grand mutuelle, que nous nous adossions (en négociant dès maintenant à l’abri des regards médiatiques) avec nos grands voisins français.  Avec nos amis flamands, me disait-elle, nous serons (en accord avec mon point de vue) d’excellents voisins et non plus de médiocres cohabitants d’un pays en décomposition et en guerre larvée permanente.
Assez de temps perdu et de bavardages stériles, il faut agir et vite en tournant le dos à des solutions du passé ! Je doute que ce message de bon sens soit entendu… pour l’instant.

Avec la france pour un moratoire sur les pesticides néonicotinoïdes

La fondation Nicolas Hulot relance un nouveau cri d’alerte.

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fnh-neonicotinoide

A l’attention du gouvernement et des parlementaires dans le cadre de la loi biodiversité

En transportant le pollen de fleurs en fleurs les insectes pollinisateurs assurent la reproduction des plantes dont les fruits et les légumes. Ils sont donc essentiels à notre alimentation. Pour la biodiversité comme pour notre propre survie, leur disparition serait dramatique. Or les pollinisateurs subissent de plein fouet l’utilisation massive des pesticides par l’agriculture. Dans certaines régions françaises ce sont trois colonies d’abeilles sur quatre qui disparaissent. Deux études publiées cette année confirment que les néonicotinoÏdes, peut-être la famille de pesticides la plus toxique, attaquent directement le système nerveux des pollinisateurs. Plus grave encore, une analyse scientifique mondiale de 2014 montre que ces insecticides, parmi les plus vendus, toucheraient un grand nombre d’espèces animales jusqu’à l’être humain. Des impacts sanitaires, notamment sur le cerveau en développement des enfants, sont suspectés par ces publications.

Il est donc urgent d’agir pour sauvegarder les abeilles et autres pollinisateurs, assurer notre sécurité alimentaire et préserver la santé humaine sur le long terme.

Par ma signature, J’APPELLE, en urgence, à un moratoire sur les pesticides néonicotinoïdes, mesure indispensable pour tenter de sauver les abeilles et autres pollinisateurs de leur disparition programmée.

Ce moratoire doit ensuite permettre au gouvernement français de continuer à porter cette cause sanitaire et environnementale majeure à l’échelle européenne, une fois les résultats des évaluations connus il pourra décider de l’avenir de ces substances.

Vous aussi vous pouvez changer la donne et arrêter ce scandale sanitaire. Signez et faites signer cette pétition.

Variations sur le thème de l’évaluation externe

Une opinion de Jean-Luc Lefèvre

Au sein des établissements scolaires en terres romanes de Belgique, l’évaluation externe est à la mode. En fin de 6e primaire, au terme de la seconde année secondaire et quand s’achèvent les « humanités », avec, à chaque fois, des fuites dans la diffusion de questionnaires qui mobilisent la vigilance ministérielle soucieuse de déléguer les responsabilités.

Tout cela parce que l’évaluation externe constitue désormais, chez nous, un authentique abcès de fixation. Suscitée par l’O.C.D.E. et ses fameuses enquêtes Pisa dont on connaît les tristes, mais bien compréhensibles conclusions, elle s’est installée allégrement à tous les niveaux de pouvoir. Avec, à chaque fois, le constat d’une puissance publique en léthargie.

Tantôt, c’est le Conseil d’État qui s’inquiète de la manière dont, au sein du microcosme scolaire toujours,  la Ministre envisage le « pilotage » des établissements scolaires et, plus particulièrement, les mesures de nature à relever le taux de réussite dans les certifications : ne lèseraient-elles pas, parce que disproportionnées, l’autonomie des acteurs ? Mais aussi de la manière dont la Région wallonne procède au contrôle de la  réfection de ses voiries : avec quels critères uniformes ? Avec quelles conséquences pour les entreprises qui ont failli ? La pilule est amère en termes de bonne gouvernance.

Plus récemment, c’est la Cour des Comptes qui montre du doigt la gestion de la S.N.C.B. et les libertés qu’elle prend par rapport à son contrat de gestion.

S’il n’y avait que ces instances ! S’agissant du tramway liégeois, c’est Eurostat qui, à deux reprises déjà, recale le montage financier élaboré par les autorités belges, sous le « prétexte » qu’il serait trop alambiqué, insuffisamment public ou insuffisamment privé, l’enfant bâtard en quelque sorte du traditionnel compromis belgo-belge !

Des états, fédéraux ou non, montent même à la barre pour citer la Belgique, toute (?) la Belgique et rien que la Belgique (?), à comparaître dans l’opaque dossier des centrales nucléaires pour s’expliquer. Après le Land de Rhénanie,  les Pays-Bas et le Luxembourg…demain, peut-être, la France ?

Et si tout cela, en termes de casino, signifiait que rien n’allait plus, que tout partait à vau l’eau ? Après nous, le déluge ? Après nous, les mouches ? Après nous, le black out total institutionnel ?

Une chose paraît certaine : l’évaluation externe, à tous les niveaux du pouvoir politique, devrait constituer l’antidote du narcissisme. Partout, sauf au pays qui se gargarise de son surréalisme !

Michel Tournier

Décidément, 2016 n’épargne pas des artistes, chanteurs, écrivains, musiciens, qui donnaient à nos vies du bonheur. Si Michel Tournier est mort, il restera parmi nous par ses écrits.

L’écrivain Michel Tournier est mort ce lundi 18 janvier à son domicile, en région Michel-tournier-2015parisienne. L’émission que vous pouvez écouter SUR LE SITE DE FRANCE CULTURE est un entretien de juin 2015, où l’auteur du Roi des Aulnes revient sur sa carrière, et son rapport au temps.

Né à Paris en 1924, le romancier avait 91 ans. L’homme qui disait être totalement allergique à la mythologie parisienne a marqué des générations d’écoliers.
Plusieurs de ses oeuvres sont en effet depuis longtemps des passages obligés en cours de français à commencer par son premier ouvrage intitulé Vendredi ou les Limbes du Pacifique.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde