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Que fait le Sud ?

Par Paul Mélot

Le décès d’Eric DEFOORT (73) ce 17 décembre laisse la N-VA orpheline du plus intelligent de ses idéologues. Flamand rabique et cependant francophile érudit, le sillon qu’il a creusé ne s’arrêtera cependant pas au couvercle de son cercueil…

La parenthèse communautaire promise par sa N-VA  lors de la constitution du gouvernement MICHEL Ier permet à celle-ci de préparer plus qu’activement les échéances électorales de 2018 et 2019; tout en se permettant également d’émailler la vie politique belge de multiples incidents mais aussi de victoires insidieuses ou pas, engrangées en puisant dans le ventre mou des francophones (voir à ce sujet les récentes manipulations budgétaires et statutaires dans le secteur de la recherche et particulièrement le secteur spatial combien porteur pour la Wallonie).

Que fait le SUD ? Rien ! Ou très peu… Sinon des effets d’annonces relativement tapageuses quant au redressement de la Wallonie. Mais, comme pour les contrarier, les prévisions économiques pour 2017 font état d’un gain de P.I.B. de 1.4% pour la Flandre, pour un gain de 1.2 %  pour la Wallonie. Beau redressement donc, celui qui consiste à voir croître l’écart au lieu de le résorber !

Que fait le SUD ? Constater que la pauvreté galope, qu’il n’y a jamais eu autant de « bénéficiaires » du revenu dit d’insertion par la grâce des mesures DI RUPO, d’abord, MICHEL, dans la foulée, rejetant massivement dehors du chômage des dizaines de milliers de personnes qui prennent ensuite le chemin des CPAS wallons et bruxellois: ici aussi, la Flandre est plus que relativement épargnée.

Que fait la SUD ? La timide ouverture presque simultanée faite par les Conseillers régionaux MR CRUCKE et JEHOULET, les PS COLLIGNON, MARTIN et DERMAGNE visant à transférer les compétences de la Communauté française vers la Région wallonne a été mise au pas par les cadors libéraux et socialistes. Il faut dire à ce sujet que se profile en arrière-plan une manoeuvre CDH visant à reconduire l’alliance régionale pour autant que la mathématique électorale le permette, quitte à s’élargir avec ECOLO. Comment feront nos Excellences pour financer le pacte du même nom quand on piochera dans les mesures préconisées pour assurer les moyens visant à rendre notre enseignement meilleur aux yeux du monde, renversant ainsi les catastrophiques résultats des enquêtes PISA ? Pour le MR, pas question de perdre sa première place à Bruxelles et pour le PS, pas question de faire entrer le MR à Namur.

Que font TOUS les partis du SUD ? Bien entendu, semblant d’ignorer le frigo qui se vide quand les effets de la Loi de financement joueront à plein, soit la fin programmée des transferts N-S. Loi votée à l’arraché pour faire éclore au forceps le gouvernement DI RUPO après 541 jours de crise politique. La Wallonie va joyeusement dans le mur que nos partis contribuent à rendre invisible en désinformant la population.

Pour l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE, il est plus que temps que les Wallons se réveillent et exigent des comptes de leurs responsables politiques.

Pour l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE, les travaux de Jacques LENAIN en matière constitutionnelle approuvés par Didier MAUS, Président des constitutionnalistes européens, ouvrent la voie d’une Wallonie française. Il en va de même des travaux de Jules GAZON pour ce qui relève des matières économiques et budgétaires qui montrent l’absolue nécessité de porter toute notre attention vers la France.

Pourtant, ici encore, alors que la Wallonie possède la latitude légale de conventionner avec les pays extérieurs, aucune collaboration accrue ne voit le jour. Le SUD ne bouge pas, malgré les programmes  des partis, avant les dernières opérations électorales régionales…

Ahurissant, alors que l’on sait qu’en Flandre, de plus en plus de voix éminentes réfléchissent à la répartition régionale de la dette belge faisant porter à la Wallonie la responsabilité de son augmentation puisque dans l’impossibilité de survivre seule. Donc de devoir compter sur l’argent flamand…

Dans le même ordre d’idée, il convient de suivre avec attention le devenir d’ETHIAS, sommé de nettoyer ses bilans et qui pourrait bien faire les frais d’un marchandage visant à remettre de l’argent dans les poches des coopérateurs chrétiens flamands ayant naufragé des sommes plus que rondelettes.

Inconscient, notre monde politique ! Les prévisions budgétaires du Bureau du Plan  sont pourtant publiées et nul responsable politique ne peut les ignorer. Résultat: rien ne bouge, évidemment…

Dès lors, le citoyen wallon ne peut être réveillé que par lui-même avec une conséquence boomerang pour le monde politique (Brexit, primaire de la droite en France, Trump, vote constitutionnel en Italie, etc…).

Est-ce cela que veulent réellement nos partis ?

Bye-bye Belgium

Nous sommes le 13 décembre 2006. Il est 19.30. Je regarde le journal télévisé de la RTBF qui est écourté par une édition spéciale réalisée en direct. Soudain, le présentateur lance une véritable bombe : le parlement flamand vient de décréter son indépendance . Les images et les commentaires plus surréalistes les uns que les autres nous montrent une population ébahie et des situations ubuesques.  Aussitôt, mon téléphone sonne et des connaissances surexcitées  me demandent si je suis bien branché sur la télévision de service public.

Incrédule, je passe sur la chaîne privée qui ne relaye pas l’événement. Je comprends dès lors qu’il s’agit d’un reportage-fiction. Il faudra attendre plus d’une demi-heure pour qu’une bande annonce défile sur l’écran et annonce qu’il s’agit d’une parodie, mais le spectacle continue jusqu’à ce que le studio soit plongé dans le noir, l’émission s’arrête. Un générique fin apparaît suivi d’un bêtisier qui laisse apparaître aux téléspectateurs qu’il s’agissait d’une fiction…

J’apprendrai par la suite que le scénario définitif du documentaire-fiction définitif avait été décidé au début du mois de septembre 2006.

C’était le 13 décembre 2006,  il y a 10 ans jour pour jour.

Après des discussions enflammées, la direction de la RTBF avait permis à l’équipe de Philippe Dutilleul  de réaliser ce reportage au vitriol. Le silence avait été bien gardé.

La même année, je rencontrai à Maison-Lafitte ce journaliste iconoclaste qui me dédicaça son livre par ces mots : « Cher Paul, Une bonne lecture pour un ouvrage qui, je l’espère, va vous ouvrir les yeux sur les défis que doit relever la Belgique et sa dimension séparatiste ».

Qu’en est-il 10 ans après ?

Selon mes sources, excédé par l’aveuglement wallon, par l’ego surdimensionné de rattachistes et par le manque de volonté de voir travailler ensemble celles et ceux qui devraient réfléchir à l’avenir de la Wallonie,  Philippe Dutilleul, devenu réunioniste,  a quitté sa Picardie et coule des jours heureux dans le Sud de la France.

Plus que jamais, la Flandre domine la Belgique. Nous pouvons dire que nous vivons en Flandre belge. Les médias de Wallonie, mais surtout de Bruxelles, sont plus que jamais frileux et nous servent du belge à tout moment. La population « francophone » est conditionnée à l’amour de la monarchie et à une Belgique fédérale où tout irait pour le mieux si la terrifiante N-VA ne dictait sa loi.

Quant aux dirigeants Wallons, ils pratiquent la méthode Coué : « la situation s’améliore dans tous les domaines ».

Je voudrais que cela soit vrai, mais Philippe Destatte, Directeur de l’Institut Jules Destrée déclarait le 29 octobre 2015 : « la Wallonie n’a toujours pas décollé ».

De même, Jules Gazon, professeur émérite d’économie de l’ULG  doit bien conclure ses travaux par : « Le hasard des chiffres montre qu’une Wallonie privée des transferts nord-sud (évalués à 6, voire à 14 milliards d’euros par la Flandre selon les domaines envisagés) devrait assumer un déficit public par rapport à son PIB supérieur à celui de la Grèce en 2009. L’effort demandé aux Wallons serait d’une telle ampleur qu’il en résulterait un climat insurrectionnel. »

De son côté, le politologue Pierre Verjans reconnaissait récemment la gravité du moment. Il  nous révélait  que lors de colloques singuliers noués avec de nombreux politiciens wallons sur l’avenir de notre région, l’hypothèse de l’intégration de la Wallonie dans la République française était formulée très fréquemment parmi d’autres solutions.

Dès lors, la sagesse n’est-elle pas d’étudier sérieusement le projet d’ INTEGRATION-AUTONOMIE développé par Jacques Lenain et avalisé par l’éminent constitutionnaliste Didier Maus. Comme l’explique Jules Gazon : « Le PIB de la France ‘augmenté’ de la Wallonie serait égal à 24 fois le PIB wallon. L’amplitude des effets en termes de déficit public et de dette publique par rapport au PIB serait divisée par 24. Elle serait marginale ».

Ce projet d’INTEGRATION-AUTONOMIE PERMETTRAIT A LA WALLONIE D’AVOIR UN ARTICLE QUI LUI SOIT SPECIALEMENT CONSACRE DANS LA CONSTITUTION FRANCAISE pour qu’en sortent renforcées ET la France ET la Wallonie dans le respect de l’héritage wallon.

Qu’attendent les centres d’études des partis politiques de pouvoir pour mettre  ce projet sur la table sans tabou ?

Paul D.

Paul Magnette répond au courrier d’un de nos membres

Le 8 décembre 2016 à 14:04, Paul Magnette <Paul.Magnette@gov.wallonie.be > a écrit :

Cher Monsieur,
 
Votre courriel m’est bien parvenu et n’a pas manqué de retenir mon attention.
 
La thématique que vous évoquez relève du Gouvernement fédéral qui, comme vous le savez sans doute, exerce la compétence en la matière. Je puis néanmoins vous apporter les éléments d’information suivants.
 
La correction des frontières découle des travaux réalisés pour redresser le cours de la Meuse et favoriser sa navigation en aval de Liège. Il avait, en effet, résulté de ceux-ci la formation de petites îles sur les rives de part et d’autre du fleuve. Ainsi, un morceau de territoire belge se trouvait situé sur la berge néerlandaise et, inversement, un morceau de territoire néerlandais se trouvait situé du côté belge des rives.
 
La correction a donc visé à faire re-coïncider la frontière avec la Meuse, ce qui s’est traduit par la cession de quatorze hectares au Pays-Bas et de trois hectares à la Belgique, plus particulièrement à la Wallonie et la commune de Visé.
 
Au-delà d’un retour à la cohérence du tracé, il s’agissait de régler une question de maintien de l’ordre public, notamment en matière de lutte contre le trafic de drogue, par la clarification de la juridiction sur les ilots.
 

Espérant vous avoir éclairé utilement, je vous prie de croire, cher Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Paul Magnette

Un membre de notre mouvement du groupe « confidentialité » (voir l’onglet CONTACT/DEVENIR MEMBRE) avait écrit ce qui suit :
 
Messieurs les Gouvernants de Wallonie,
Parmi les nombreux accords bilatéraux qui seront signés entre les Pays-Bas et la Belgique figure aussi la cession aux Pays-Bas de 14 hectares de territoire wallon et ce sans contrepartie.
Quel est le représentant politique wallon qui va s’élever contre cette spoliation de notre territoire ?
POURQUOI CE CADEAU GRACIEUX ?
Une question à M. Magnette : la Flandre aurait-elle accepté de céder 11 hectares de son territoire sans concession ? Poser la question est y répondre !!!
De plus, il est à noter que ces 11 hectares sont d’un intérêt scientifique certain au niveau de l’ornithologie, sans parler d’un intérêt touristique certain. Je puis en parler en connaissance de cause ayant habité à Visé durant une dizaine d’années.
 
Paul Durieux

La Flandre prend bien le pouvoir…

Les révélations de Paris Match parues en mai dernier se confirment et se renforcent à travers un nouvel état des lieux !

Dans sa dernière édition, l’hebdomadaire inventorie les postes de diplomates, magistrats et hauts représentants occupés par des Belges dans les principales organisations internationales. Sa conclusion est qu’avec 15 postes sur 21 attribués à des néerlandophones, la Flandre monopolise la représentation internationale de la Belgique. Parmi les six fonctions restantes dévolues aux francophones, seules quatre (OTAN, Conseil de l’Europe, Cour de Justice de l’Union européenne, Banque centrale européenne) sont de premier plan selon Paris Match.

Le magazine avait déjà consacré en mai dernier un large dossier à la « flamandisation » de l’appareil public en dénonçant une mainmise flamande sur les organes de sécurité et les fonctions d’autorité de l’Etat. Interrogé par Paris Match, le député CDH Georges Dallemagne déplore la marginalisation des francophones tant au plan national qu’international. « Il n’est plus possible de se retrancher derrière l’ignorance ou la naïveté », souligne le parlementaire fédéral.

Selon lui, « il y a une volonté de préserver la Pax Belgica au prix d’une représentation illégitime et déséquilibrée de notre pays à l’étranger ». Et de conclure: « Le désintérêt global du monde politique francophone (pour ce sujet) est d’autant plus incompréhensible que, depuis quelque temps, Bart De Wever est sorti du bois. Il n’hésite plus à exposer sa stratégie, qui consiste à mettre l’Etat fédéral et sa représentation extérieure au service des intérêts flamands. »

Jacques Lenain

Note de l’AWF : ceci ne fait que confirmer ce que notre mouvement citoyen exprime depuis sa création.

Il ne suffit pas pour nos femmes et hommes politiques de faire un état des lieux, mais de passer à l’action. N’y aurait-il que le nord de la Belgique qui puisse parler du communautaire ?

Nous retenons la récente déclaration d’ Isabelle Durant, députée écolo : « au fédéral, sur mille dossiers, mille sont communautaires ». Par cette déclaration, Madame Durant  exprimait très bien que chaque dossier traité au fédéral comportait ne fut-ce qu’une touche communautaire. Dans ces conditions, que signifie encore le groupe commun « Ecolo-Groen » qui, selon les derniers sondages profite à Groen, mais non à Ecolo ?

Comment réagir à cette situation ?   En rejoignant l’AWF !

Le jour où notre mouvement citoyen réunira des milliers de membres à proclamer que nous voulons que l’injustice belge se termine, nos représentants politiques se verront dans l’obligation de quitter leurs discours pour agir.

Le territoire wallon amputé

CESSION D’ UN TERRITOIRE WALLON À LA HOLLANDE, SANS CONTREPARTIE. POURQUOI  CE CADEAU GRACIEUX ? 

visé-maastricht

Le 27 novembre 2013, dans un article très documenté qui se basait sur une information donnée par le quotidien « La Libre » du 7 novembre , un membre de notre groupe de parrainage, Jacques Lenain, posait pas mal de bonnes questions sur cette cession qui, à l’époque, n’en était encore qu’au stade de projet.  Il terminait son article  par ces mots :

« Les citoyens franco-belges actifs ne peuvent laisser, sans réagir, l’État Belgique, sous direction flamande, céder 14 hectares de territoire wallo-belge, sans contrepartie connue, à la Hollande. Plus encore les Wallons, qui, quel que soit leur sentiment d’appartenance, ne peuvent consentir à un tel abandon. Mais c’est évidemment encore plus vrai pour les « régionalistes » wallons, concernés au premier chef par la perte d’un territoire exclusivement wallon, sans compensation, et qui ne peuvent se taire, sauf à consentir à se renier.

A ce stade de l’affaire, ceux qui consentent à voir l’enjeu de principe qu’elle représente, doivent interroger, fermement, les pouvoirs publics belges et wallons. Ce projet d’échange territorial belgo-hollandais est-il bien ainsi que le dit « La Libre », « lesté », en l’état, d’une perte territoriale pour la Belgique et la Wallonie, et, si oui, pourquoi n’obéit-il pas aux règles habituelles des traités interétatiques relatifs à des échanges territoriaux de ce type ?

Pour notre part, puisque cette affaire est loin d’être conclue – elle ne le sera qu’une fois validée par la loi votée par le Parlement et promulguée par le Roi – nous ne manquerons pas d’en assurer le suivi, et d’intervenir à nouveau en tant que de besoin. »

A 3 ans de distance presque jour pour jour, le moment du suivi est arrivé.

Visite d’Etat aux Pays-Bas: le couple royal belge reçu de manière solennelle à Amsterdam

Belga

Le roi Philippe et la reine Mathilde sont arrivés lundi à Amsterdam pour effectuer une visite d’État de trois jours aux Pays-Bas. Les souverains belges ont été accueillis à 11h00 par le roi Willem-Alexander et la reine Maxima lors d’une cérémonie officielle sur la place du Dam, à proximité du palais royal.

D’ici mercredi, la délégation belge qui accompagne le couple royal – composée entre autres d’hommes politiques et d’une soixantaine d’entreprises – visitera des institutions économiques, politiques et culturelles visant à mettre en évidence les « relations exceptionnelles » entre les deux pays.

Commentaires de l’AWF :

  1. Parmi les nombreux accords bilatéraux qui seront signés entre les Pays-Bas et la Belgique figure aussi la cession aux Pays-Bas des 14 hectares de territoire wallon et ce,  sans contre partie. 
  2. Quel est le représentant politique wallon qui va s’élever contre cette spoliation de notre territoire ?
  3. Parmi la soixantaine d’entreprises qui font partie de la délégation officielle, quelle est la proportion d’entreprises wallonnes ?
  4. Après les accords d’intégrations des armées belges déjà largement flamandisées et néerlandaises, n’assistons-nous pas à un nouveau signal significatif d’intégrations économiques, sociétales, culturelles et autres entre la Belgique et les Pays-Bas et ceci au détriment d’une Wallonie qui ne pourra sortir de cette aventure que minorée ?  
  5. Qu’attendent nos représentants politiques wallons pour activer les accords bilatéraux signés en 1999 et 2004 entre la France et la Wallonie que nous réclamons depuis 2014 ?
  6. Qu’attendent les centres d’études des partis politiques wallons pour mettre sur la table tous les projets du devenir de la Wallonie ?
  7. Qu’attendent nos médias pour mettre en relief le déséquilibre belge qui ne pourra que nuire à la population wallonne et particulièrement aux travailleurs les plus fragiles de celle-ci. (travailleurs indépendants et travailleurs tant du privé que du public) ?

Paul D.

Et si l’on parlait cuisine ?

Que le monde de la gastronomie, celui des grands chefs étoilés, des restaurants aux noms évocateurs, celui du guide Michelin se rassurent. Je veux parler de la vraie cuisine, celle qui restaure à la fois le corps et l’esprit, celle qui a l’ambition de façonner et de conduire les citoyens. Entre ces deux univers, un seul point commun : les chefs ont tous un ego très développé, une prétention à toute épreuve. Pour le reste, il suffit de comparer Belges et Français.

Chez nous, les chefs de la cuisine politique, ou prétendus tels, tous ces petits potentats confortablement assis sur leur lotissement ethnique, décident seuls des leaders politiques de demain, de celles et de ceux qui pourront cumuler les casquettes et donc aussi les rentes de situation. Ils en décident seuls, dans leur arrière-cuisine, loin de fourneaux qui ne ronflent pas même en dormant. La tambouille aseptisée d’une minable gargote de province, mal éclairée, mal famée.

Outre-Quiévrain, les grands chefs de la tribu gauloise sont des citoyens qui ne sont pas des chefs de clans, des chefs de meute, et encore, parce que la corporation est moins cadenassée, moins oligarchique. Ensemble, en de grands raouts, sur les plateaux de télévision, ils vont à la rencontre de leurs « clients » pour connaître leurs goûts, apprivoiser leurs désirs, échanger à propos des recettes de chacun, aider à faire son choix…La cuisine à la carte en quelque sorte, une cuisine variée qui a abandonné les conserves devenues rances du passé. Cela sent bon les épices et les saveurs d’un terroir aéré ; on entend aussi crépiter les fourneaux. C’est la direction du restaurant qui est ici en jeu, un mandat de président de République, allergique au  cumul ; c’est aussi de valeurs et de compétence qu’il s’agit. Le client en est seul juge.

Cela se passe près de chez nous. Sommes-nous mieux « nourris » ? La cuisine est-elle moins lourde à digérer ? Serions-nous incapables de choix citoyens ?

Où sont les grands chefs toqués ? Où sont les tocards ?

Jean-Luc Lefèvre

Senatus populusque romanus

SPQR : « Le sénat et le peuple de Rome ». Cette inscription fleurit depuis des siècles à travers la ville de Rome, depuis les arcs de triomphe jusqu’aux taques des égouts.                                                                   

Au Royaume de Belgique, il y a belle lurette que le Sénat n’existe plus que sous les ors des palais de la nation, puisque c’est ainsi qu’on appelle les locaux du Parlement.                                                                                

Vénérable institution, puisqu’on trouve un sénat dans de nombreux pays démocratiques, aux côtés du Gouvernement et de la Chambre des représentants qui font l’essentiel du travail législatif. Du point de vue législatif, son utilité a été contestée, d’aucun estimant qu’une relecture des textes par le Sénat n’apportait pas une plus-value législative considérable.                  

Comme Montesquieu nous l’a appris, aux côtés de l’exécutif et du judiciaire, le législatif est l’un des piliers fondamentaux de la démocratie. Mais on peut  modifier les choses.         

En Belgique, depuis une réforme de 2011, il reste  60 sénateurs : 36 flamands, et 24 francophones.        

Le coût de fonctionnement de l’institution est de 72.132.750 € par an : 21% pour les sénateurs actuels et anciens, 23% pour le personnel d’appui, 40,5% pour le personnel statutaire, et 10% pour les frais de fonctionnement. Le traitement de la Présidente du Sénat est le plus important du pays.

Que penser de l’idée de la Présidente du Sénat, Madame Christine Defraigne, d’organiser ce 15 novembre 2016 au Sénat une réception d’après-Te Deum à l’occasion de la fête du roi ?

Il s’agit, à l’évidence, d’une volonté de redorer le blason d’un sénat qui n’a plus beaucoup de raison d’être, et du même coup, celui de la monarchie et de la Belgique unitaire. Le journal Le Soir du lendemain nuançait le degré d’attachement des Belges à la Royauté : sur base de chiffres de 2014, 66,1% des Wallons et  45,4% des Flamands prônaient une monarchie protocolaire ou la république.

Dès lors, en un premier temps, il y a lieu de soumettre à révision constitutionnelle la suppression pure et simple du Sénat, qui ne peut même plus être considéré comme un lieu de rencontre productif acceptable par les différentes régions du pays. »Senatus delendus est », aurait dit Caton l’Ancien…

Par ailleurs, pour des raisons pratiques et financières, pourquoi ne pas faire coïncider la fête du Roi du 15 novembre avec le 11 novembre, date de souvenirs qu’il est important de commémorer ? Dans le même esprit, vu les évolutions institutionnelles bien en cours, on pourrait fusionner dès 2017 la fête des  Régions wallonne et bruxelloise avec celle de la Communauté française ou de la fédération Wallonie-Bruxelles.

Resterait bien entendu la fête nationale du 21 juillet pour permettre à la Reine Mathilde d’exhiber les superbes chapeaux qu’elle porte à merveille; aussi bien, le Roi Philippe porte très bien la tenue de pilote de chasse quand il rend visite aux aviateurs en mission au Proche-Orient. Ils excellent dans leurs rôles protocolaires.

Voilà de substantielles économies en vue…

Georges-Henry Simonis

Quelle Europe demain ?

« J’espère que le choc de cette élection va avoir l’effet de renforcer l’Europe, qui doit donc s’affirmer davantage, plus fortement et d’une seule voix sur la scène internationale. » Réagissant à l’accession de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique, Didier Reynders a dénoncé la tentation du repli sur soi et rappelé la nécessité d’une Europe plus forte. On peut s’attendre à ce que la politique européenne soit moins calquée sur celle de Washington. Il y a là, peut-être, une opportunité de faire émerger une autre Europe, mais il faudrait, pour cela, que l’Union européenne inspire à nouveau confiance et se mette au niveau du citoyen, l’associe à sa politique, réponde aux aspirations des gens, des peuples, et cesse de se voir comme un simple espace économique, une simple étape sur la voie d’un monde où le grand business déciderait de l’essentiel, en fonction de ses seuls intérêts. A force de malmener la cohésion sociale, on s’expose à des convulsions dont on ne mesure pas les conséquences.

Le triomphe inattendu de Donald Trump, ce cow-boy qui se disait prêt à contester le résultat de l’élection si celle-ci ne lui était pas favorable, a logiquement éclipsé les autres informations qui ont circulé dans les médias français. Parmi celles-ci, nous avons relevé la déclaration d’intention de Matthias Fekl, chargé du commerce extérieur dans le gouvernement de Manuel Valls. Franco-Allemand, Matthias Fekl peut-il encore influer sur la politique européenne ? Qu’est-ce qui va changer avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche ?

Publié ce mardi 8 novembre sur le site du journal Le Monde :

Après le psychodrame du CETA, la France veut réformer la politique commerciale européenne

Le secrétaire d’Etat au commerce extérieur, Matthias Fekl, présente des propositions pour tirer les leçons du Tafta et du CETA afin de mener des négociations commerciales plus démocratiques.

Comment tenir compte des inquiétudes croissantes des citoyens à l’égard des accords de libre-échange sans pour autant saborder la politique commerciale, au cœur de la construction européenne depuis sa genèse ? C’est la question épineuse à laquelle tente de répondre le secrétaire d’Etat au commerce extérieur, Matthias Fekl, confronté depuis sa nomination en 2014 à deux négociations transatlantiques explosives : le Tafta (ou TTIP), avec les Etats-Unis – pour l’instant en sommeil, en attendant l’installation de la prochaine administration américaine –, et le CETA, avec le Canada, signé fin octobre à l’issue d’un psychodrame avec la Wallonie, qui a bien failli le couler.

« La crise démocratique européenne se répercute sur la politique commerciale, qui a été négociée pendant trop longtemps dans l’opacité et validée selon des procédures trop éloignées des citoyens et des parlements », estime M. Fekl, qui a présenté, mardi 8 novembre, une série de propositions pour réformer la conduite des négociations commerciales européennes. Une initiative qu’il présente comme l’aboutissement des réflexions nourries au Quai d’Orsay depuis deux ans, qui fait figure d’ultime offensive au crépuscule du quinquennat.

Accroître la transparence

La France souhaite aller au-delà des avancées des dernières années, qui ont notamment conduit à la publication des mandats de négociation, autrefois confidentiels. Pour briser le secret des négociations à huis clos, M. Fekl propose que leur contenu soit immédiatement et systématiquement rendu public après chaque cycle de discussion (« sauf exception dûment justifiée »), de même que l’identité et le pedigree des négociateurs.

Il souhaite également rendre publiques les prises de position exprimées par les ministres du commerce européens lors de leurs sommets – une manière de mettre chacun devant ses responsabilités, alors que la responsabilité est aujourd’hui diluée dans une prise de position officielle des Vingt-Huit, qui ne reflète pas les débats en leur sein.

Impliquer les parlements

La France aimerait pouvoir inviter à la table des négociations certains parlementaires (européens ou nationaux), comme c’est déjà possible avec les membres du Congrès américain, afin de renforcer leur implication dans le processus, plutôt que de les cantonner au rôle de chambre d’enregistrement. « Il ne faut pas que les parlements n’aient le choix qu’entre un “oui” et un “non” à la fin des négociations », estime-t-il.

Impliquer les Etats membres

Matthias Fekl regrette que les Etats européens donnent un blanc-seing à la Commission européenne au moment où ils lui confient un mandat de négociation. Il souhaite que ces mandats soient révisables, voire périssables si la négociation s’éternise, afin de les adapter plus facilement aux évolutions de la réalité.

Cibler davantage les négociations

Jugeant que « la juxtaposition de dizaines de négociations bilatérales est préjudiciable » à l’Europe, le secrétaire d’Etat invite Bruxelles à réduire ses ambitions, quitte à redéployer des effectifs sur la vérification de l’application déjà en vigueur. Il souhaite que chaque nouvelle négociation soit précédée d’un processus de consultation publique et la publication d’études d’impact économique émanant d’au moins trois écoles de pensée différentes… sans qu’on sache ce qu’il se passera si elles s’avèrent contradictoires.

Aider les « perdants »

Paris souhaite que l’Europe identifie plus clairement les futurs gagnants et perdants des accords commerciaux pour pouvoir les aider, secteur par secteur et zone par zone. Elle plaide aussi pour renforcer le budget de 150 millions d’euros annuels aujourd’hui mobilisable pour soutenir les « perdants » de la mondialisation.

Instaurer des contraintes sociales et environnementales

Matthias Fekl prône la création des mécanismes contraignants pour faire appliquer les exigences environnementales et sociales des accords de libre-échange, aujourd’hui complètement improductives. Avec l’objectif que « les négociations commerciales contribuent au succès de l’accord de Paris sur le climat ».

Autant de propositions que la France entend présenter courant novembre à la Commission européenne, et inscrire à l’agenda du Sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert, à Paris début décembre. Si M. Fekl fait valoir que certaines ont déjà « reçu un écho favorable » de la part de plusieurs gouvernements sociaux-démocrates européens, il est difficile de savoir à quelle échéance elles pourraient éventuellement se concrétiser. Le secrétaire d’Etat français se refuse en tout cas à exiger de la Commission européenne qu’elle reprenne la vingtaine de négociations en cours sur ces bases, arguant que « l’Europe ne peut avancer si la France réclame des choses toute seule ».

Le Larousse se fout de nous

En Wallonie comme en France, le dictionnaire Larousse est une institution. Ouvrage de référence, il nous accompagne depuis les bancs de l’école. Quand on a un doute, le bon réflexe est d’ouvrir un dictionnaire et, la plupart du temps, ce dictionnaire est un Larousse. On le respecte à la façon d’un maître. Alors mieux vaut ne pas nous décevoir.

Peut-être y a-t-il d’autres impératifs que la rigueur, même quand on a pour objectif de l’enseigner. Voici ce que Louis Cartilier nous écrit :

Dans le Petit Larousse illustré 2017 (donc imprimé dès mai 2016), page 1978, au mot « Wallonie », je lis que la population wallonne est de 3.563.060 habitants.

En vérifiant sur le site « statbel.fgov.be/fr/statistiques….. », je constate qu’il s’agit du chiffre valable au 1/1/2013, mais soit.

Plus loin, cela s’aggrave : dans le même article, il est écrit : « …il existe une minorité germanophone d’environ 3.546.329 habitants »! (sic).

Conclusion : selon Larousse, il resterait donc un peu moins de 17.000 Wallons de langue française habitant la Wallonie.

Ce chiffre (3.546.329) est en réalité la population wallonne au 1/1/2012.

Chacun appréciera.