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La courbe des prénoms en France

En ces temps de vacances, permettons-nous un moment d’amusement. Notre ami Paul Mélot nous envoie la courbe des prénoms en France de 1950 à 2010. Amusant, et personne ne rit en voyant la courbe du voisin !

Vous allez voir si votre prénom a encore la cote, ça reflète bien la réalité de la mode des prénoms !

Chiche que les mêmes tendances se retrouvent en Wallonie et en France !

Pour accéder à la liste, appuyer sur la touche Ctrl puis cliquez sur le lien suivant. Ensuite, cliquer sur le prénom choisi et la courbe de fréquence apparaît.

http://dataaddict.fr/prénoms

Intéressant, non ?
  

 

 

Paradoxe surréaliste

Adrien Lhomme attire notre attention sur le courrier des lecteurs du « Vif-L’Express » qui nous livre un article fort intéressant de M. Francis Rouard de Clavier. Nous le publions in extenso :

« Même si les valeureux Diables Rouges ont été renvoyés aux vestiaires par l’Argentine, ils ont fait vibrer la « Belgique », déjà durant les matches de qualification, et surtout (bien sûr) au cours de leur odyssée brésilienne. De son côté, Stromae (d’ailleurs auteur de la chanson officielle des Diables) s’impose au fil des mois comme la nouvelle star « belge », faisant quasi l’unanimité sur son nom et, comme à Rock Werchter, réunissant, dans une même grande fête de la musique, aussi bien Flamands que Bruxellois, Wallons et germanophones. Et journalistes comme sociologues de monter au créneau pour applaudir l’unité-enfin retrouvée !- du peuple belge et de la Belgique…

ceci-nest-pas-un-paysOr, paradoxe suprême, la « Belgique » n’existe plus (si tant qu’elle ait jamais existé, d’ailleurs !), surtout depuis les dernières réformes de l’Etat. N’existent plus désormais que des Régions, de plus en plus autonomes, et un Etat « fédéral », que le Roi et les décideurs politiques essaient très difficilement de maintenir en vie… parce qu’il ne fédère plus personne ! Autrement dit les mots Belgique et Belge sont des mots vides, des signifiants qui ne renvoient à aucun signifié clairement identifié. Ce n’est pas par hasard si la Belgique « de papa » a accouché, début du XXème siècle, du surréalisme…

Rappelons-nous le titre « Ceci n’est pas une pipe », donné par Magritte à l’un de ses tableaux représentant une… pipe ! Désormais, en dessous  d’une carte représentant la Belgique géographique, on peut de même sous-titrer : « ceci n’est pas la Belgique ». Car, qu’on le veuille ou non, en dépit de l’engouement pour Stromae et les Diables Rouges, la Flandre obtiendra son indépendance, et plus vite que certains ne le pensent.

Pour le meilleur ou pour le pire ? L’avenir proche nous le dira. »

L’intégralité du discours du Président de la République française à l’hôtel de ville de Liège

Un sympathisant bien inspiré nous joint le commentaire suivant :

Bonjour,

Voici le discours de François Hollande à l’hôtel de ville de Liège.

Demeyer-Hollande– Il n’a pas dit que Liège était la plus « francophile » mais « francophone », ce qui n’a guère de sens, puisque Liège n’est pas plus francophone que Namur ou Charleroi. Erreur de terminologie ou volonté diplomatique de ne pas heurter ?

– Il a rappelé le vote de 1792 pour unir Liège à la France : bravo ! (pas celui de 1945)

– Il a rappelé que Paris fut sauvée par Liège (12 jours de résistance) et a évoqué la station de métro « Liège » à Paris et le futur arrêt de tramway « Paris » à Liège : bravo !

– Il sait que le 14 juillet est fêté à Liège : applaudissements !

Dans son discours pour remettre la légion d’honneur à Demeyer, il a souligné la relation entre la ville de Liège et la France, relation « si particulière, si complice, si connivente » : Super !!

Vive la France !

Didier

Tenaille sur la langue française.

Refuser la contre-révolution linguistique en marche

Par Georges GASTAUD, Albert SALON, Régis RAVAT, Matthieu VARNIER*.

20 ans déjà. 20 ans que la « loi Toubon » du 4 août 1994, disposant que le français est « la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics », doit nous protéger d’un flot graduel et continuel de « tout anglais », cette langue d’importation que l’on ne cesse de nous proposer, de nous imposer, de nous vendre.

20 ans d’une lutte méconnue où,  garde-fou, elle a pu matérialiser le bon sens d’une société consciente de ses fondations, mais dont chacun peut appréhender actuellement les limites.

Une lutte en accélération rapide, et un tournant politique qu’on ne peut plus ignorer…

Il y avait déjà la substitution galopante de l’anglais au français dans la pub, la chanson, le cinéma, la recherche et les enseignes commerciales – y compris dans celles où l’État est majoritaire (S.N.C.F., E.D.F., Poste, Orange…). Cela ne suffisait pas : nos gouvernants, actuels comme passés, s’acharnent sur la « langue de la République » (art. II de la Constitution).

La Loi Fioraso vient ainsi d’instituer l’anglais langue  de l’enseignement universitaire, dans le sillage de la L.R.U. de V. Pécresse, qui aligne nos Universités sur le « modèle » néolibéral anglo-saxon.

Le C.S.A. –chargé de réprimer l’anglicisation des médias ! – « réfléchit » à un assouplissement des quotas de chanson française.

Le Parlement, lui, est invité à adopter la Charte européenne des langues minoritaires et régionales, qui exige une co-officialité des langues régionales sur certains territoires, sapant par l’ethnicisation les fondements universalistes de la citoyenneté.

Une tenaille politique se resserre sur notre langue. Une stratégie linguistique émanant de l’oligarchie « française » et internationale. On sait que l’U.E. privilégie déjà outrageusement la « langue des affaires et de l’entreprise » (Baron Seillière, alors président de Business Europe) : qu’en sera-t-il dans l’Union transatlantique ?

En réalité, ces tirs croisés illustrent le démontage de l’État-nation, socle du SMIC, des conventions collectives, des diplômes nationaux et de la Sécu. Les plus acharnés à promouvoir la Charte sont d’ailleurs les mêmes qui, dans les périphéries, rêvent d’euro-régions transfrontalières. Le ressaut linguistique y sert de couverture à de nouvelles féodalités, au moment même où M. Hollande veut länderiser la France par la création de quatorze grandes régions, la métropolisation des communes et la suppression des départements**.

Là, le français reculerait, bien plus face à l’anglais qu’en faveur des terroirs ; la loi du profit s’imposerait plus aisément encore qu’elle ne  le  fait aujourd’hui, où la langue commune, premier service public de France, fédère les résistances ; bref, l’euro-balkanisation du pays et de son substrat linguistique permettrait d’abolir les conquêtes du C.N.R., et de deux siècles d’acquis démocratiques et sociaux.

La République une et francophone brisée en un pullulement de fiefs ethnolinguistiques, coiffés par un Empire atlantique monolingue, est l’arme des puissances d’argent pour diviser… et régner.  

Enfin peut-on nier une véritable hiérarchisation sociale et ses discriminations selon que l’on dissertera en English Mother Tongue, baragouinera globish, ou se contentera d’un français appauvri, miné d’anglicismes grossiers ?

La Nation, l’égalité des peuples et la diversité culturelle sont en danger. Et pendant qu’un ministre déclare  que le français « n’est pas menacé », le  gouvernement  contribue activement à son  déclassement ; un colloque officiel prévu  au Sénat le  13 octobre  2014  ne va-t-il pas jusqu’à demander si la loi Toubon « est en adéquation avec les évolutions actuelles » ? 

Nous devons entrer en résistance linguistique. Ne laissons pas le basculement au tout-globish s’opérer en silence. Ne nous laissons pas arracher la langue, celle de la Déclaration des droits de l’Homme et du C.N.R., si nous voulons redevenir un peuple libre !

* Georges Gastaud et Matthieu Varnier dirigent l’association COURRIEL (www.courriel-languefrancaise.org).

Albert Salon préside l’Association A.L.F. (www.avenirlanguefrancaise.fr).

Régis Ravat est un syndicaliste CGT à Carrefour-Nîmes (http://www.petitions24.net/non_a_langlicisation_de_carrefour_de_la_france_et_de_leurope).

**Projet inspiré du Manifeste « besoin d’aire » (MEDEF, 2011) qui appelle à « reconfigurer » le territoire national et transférer la souveraineté aux « États-Unis d’Europe » dans la perspective d’une « Union transatlantique ».

Petite histoire révélatrice

10553949_778153275560249_246719996653058427_o4 août 2014 à 14.00, j’arrive à la place Saint-Lambert. Je l’attends noire de monde, mais n’y trouve que quelques badauds intéressés par les animations proposées au public.

Celui-ci est déjà rassemblé derrière les barrières Nadar qui vont du palais des Princes-Evêques à La Violette. La foule est évaluée à trois ou quatre mille personnes qui attendent sagement le passage du Président de la République française, du Roi et de la Reine des Belges.

Ce rassemblement n’a rien à voir avec la liesse de la foule lors de la remise officielle de la Légion d’ Honneur par le Président Poincaré le 24 juillet 1919, ni même avec la ferveur des visites des Présidents Pompidou et Mitterrand  à la bonne ville de Liège.

L’objet des conversations du public est de savoir si les personnalités parcourront la route à pied ou en voiture. Le service d’ordre, bon enfant mais très attentif, est bien en peine de répondre à cette question.

Je jette quelques regards pour repérer des visages connus puis demande à une hôtesse un petit drapeau français et belge. Celle-ci me répond qu’elle n’a plus de drapeau français. J’enfouis mes mains dans une caisse à drapeaux belges que porte une sympathique jeune fille afin d’y dénicher malgré tout quelques drapeaux français égarés. Certes, ils sont dépourvus de leur hampe, mais il ne faut guère d’imagination pour remplacer un peu de noir-jaune-rouge par du bleu-blanc-rouge. Ce détail me pousse à y regarder de plus près.

Les organisateurs ont bien fait les choses. La prudence n’est-elle pas la mère des vertus ?

a) On a commandé beaucoup plus de drapeaux belges que de drapeaux français.

b) Si les drapeaux belges sont collés à la hampe, les français coulissent dans celle-ci et tombent sur la chaussée lorsqu’on les agite.

c) La taille est différente : 205 x 114 mm pour les uns contre 180 x 100 mm pour les autres.

Sur les écrans géants de la RTBF,  l’impression est saisissante. Le noir-jaune-rouge domine nettement le bleu-blanc-rouge alors que la plupart des spectateurs ont en mains un drapeau belge et français.

Si les écrans diffusent de belles images, l’amplification est en panne et nous sommes privés des discours des différents intervenants.

Des sympathisants bien placés nous ont dit par après que le président Hollande avait eu l’audace de dire son bonheur de prendre la parole à Liège, la plus francophile de toutes les villes de la déjà très francophile Wallonie, ajoutant qu’il était conscient qu’en disant cela, il n’allait pas se faire que des amis.

Philippe Ier , Mathilde et  François Hollande se partagent les applaudissements et les cris de la foule et prennent un plaisir évident au bain de foule, la Reine et le Président français étant de toute évidence beaucoup plus à l’aise dans ce genre d’exercice que le Roi.

Le passage de la Patrouille de France au-dessus du Perron liégeois est un autre moment où les applaudissements fusent.

Après la cérémonie, la descente des marches de l’hôtel de Ville par Elio Di Rupo retient mon attention. Tout sourire et les bras levés, il partage les applaudissements et les coups de sifflet à parts égales. C’est le seul à avoir essuyé des coups de sifflet. Il faut reconnaître que son attitude était pour le moins provocatrice.

Photo salle académique U.L.G.Il ne nous reste plus qu’à nous attabler Place du Marché pour boire un verre entre amis.

Paul D.

Belgique : chronique d’une implosion annoncée

Jules Gheude s’exprime sur le site du quotidien « Le Figaro ».

Si elle n’ignore pas que la coexistence entre Flamands et Wallons est malaisée, l’opinion française n’a pas conscience de la balkanisation qui se développe à sa frontière nord.

Pour elle, qui a tendance à considérer l’Etat-Nation, comme un phénomène universel, il est impensable que la Belgique puisse disparaitre.

Si elle n’ignore pas que la coexistence entre Flamands et Wallons est malaisée, l’opinion française n’a pas conscience de la balkanisation qui se développe à sa frontière nord.

Elle est un Etat, et donc forcément une Nation. La réalité est toutefois bien différente.

Depuis la démission du gouvernement Leterme en 2010, la Belgique détient le record mondial du pays resté le plus longtemps (541 jours!) sans gouvernement de plein exercice.

Le fait que la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française ait jugé opportun, en 2011, de charger deux de ses membres de se rendre en Belgique afin de s’informer sur la situation intérieure du pays, est tout à fait significatif. Le rapport des intéressés constate que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables rend son existence de moins en moins probable.

Au traditionnel clivage politique, qui distingue nettement la Flandre (à droite) de la Wallonie (à gauche), s’ajoute le désir majoritairement exprimé en Flandre depuis 1999 d’aller vers un système confédéral, dont les francophones ne veulent pas entendre parler, y voyant l’antichambre du séparatisme.

Constituer, dans ces conditions, un gouvernement relève de la quadrature du cercle.
Le scrutin législatif, qui s’est tenu le 25 mai dernier, a confirmé la poussée du parti nationaliste flamand, la N-VA, devenue le premier parti du pays avec plus de 32% des voix.

Ses statuts sont clairs: l’émergence, à terme, d’un Etat flamand souverain.
Mais Bart De Wever, son leader, agit toutefois en parfait pragmatique. Il ne veut pas brusquer les choses via un processus révolutionnaire qui risquerait d’être mal perçu sur la scène internationale. Il opte donc pour la stratégie prudente du pas à pas, convaincu que le tissu belge finira par tomber en lambeaux.

Des négociations sont actuellement en cours pour former une coalition de centre-droit, associant, du côté flamand, les nationalistes, les démocrates-chrétiens et les libéraux, et, du côté francophone, les seuls libéraux. Il faut savoir qu’en Belgique, les partis sont divisés en ailes linguistiques.

Cette coalition devrait accorder la priorité au redressement économique, tout en mettant en œuvre la 6ème réforme fédérale de l’Etat, adoptée sous le gouvernement précédent mais dont on sait déjà que la Flandre ne se satisfera pas.

Au cours des dernières décennies, la Flandre a tout fait pour assurer son homogénéité territoriale et linguistique. Il y a deux ans, son Parlement a adopté unanimement une Charte dont le préambule reprend expressément le terme «nation».

La scission apparaît de plus en plus inéluctable, mais les responsables francophones se refusent à l’admettre.
Ancien constitutionnaliste de l’Université de Liège et l’une des grandes figures du Mouvement wallon durant la seconde moitié du XXe siècle, François Perin comprit très vite que l’évolution des choses mènerait, à terme, au blocage et à l’implosion du Royaume. Et d’imaginer, vingt-trois ans avant le fameux docu-fiction «Bye-bye Belgium» de la RTBF (2006), la manière dont la Flandre, forte désormais de sa légitimité démocratique, pourrait proclamer unilatéralement son indépendance.

Aujourd’hui, force est de constater que la fiction a largement rejoint la réalité.
La scission apparaît de plus en plus inéluctable, mais les responsables francophones se refusent à l’admettre. Ils s’accrochent avec l’énergie du désespoir à cette Belgique que l’ancien Premier ministre démocrate-flamand Yves Leterme a lui-même qualifiée d’accident de l’histoire et qui, selon l’ancien président des libéraux flamands, Karel De Gucht, est condamnée à disparaître à terme, à s’évaporer.

Ne souhaitant pas que les Wallons se retrouvent, le moment donné, contraints de réagir dans la précipitation et l’urgence, j’ai mis sur pied, en 2009, l’initiative citoyenne des Etats généraux de Wallonie. Parmi les trois scénarios post-belges qui ont été analysés (un Etat wallon indépendant ; une Belgique résiduelle Wallonie-Bruxelles ; l’union-intégration à la France), seul le dernier s’est avéré réaliste et crédible.
Plusieurs personnalités françaises (de Jean-Pierre Chevènement à Jacques Attali, en passant par Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Myard, Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon) se sont d’ailleurs prononcées dans ce sens, rejoignant ainsi le général de Gaulle, qui avait déclaré au professeur Robert Liénard de l’Université de Louvain: «Si, un jour, une autorité politique représentative de la Wallonie s’adressait officiellement à la France, ce jour-là, de grand cœur, nous répondrions favorablement à une demande qui aurait toutes les apparences de la légitimité».

Il sera, en tout cas, intéressant de suivre le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, qui se tiendra en septembre prochain. S’il s’avérait positif, nul doute qu’il pourrait accélérer le tempo flamand.

Jules Gheude
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Jules Gheude est essayiste politique. Dernier ouvrage paru: «Lettre à un ami français – De la disparition de la Belgique», préface de François Perin, Mon Petit Editeur, 2013.
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Liège, ville de la Légion d’ Honneur dès le 07 août 1914

La Légion d’honneur pour le courage des défenseurs de Liège

En reconnaissance de sa résistance héroïque, la France attribuait dès le 7 août 1914 la Légion d’honneur à la Ville de Liège, première ville étrangère ainsi décorée.

Décernée par la France dès le 7 août 1914

Dès le 7 août 1914, le Président de la République française, Raymond Poincaré, sur proposition de son ministre des Affaires étrangères, Gaston Domergue, décidait de décerner la Légion d’honneur à la Cité ardente en reconnaissance de la résistance héroïque des défenseurs de la Place de Liège (les douze forts et la 3ème Division d’Armée commandée par le Lieutenant-Général Leman).
Le décret présidentiel était publié au Journal Officiel et Liège devenait la première ville étrangère à recevoir cette décoration.

Liège en liesse le 24 juillet 1919 pour la remise officielle

C’est le 24 juillet 1919 que la cérémonie officielle de remise de cette distinction eut lieu à Liège, en présence du Roi Albert Ier et de la Reine Elisabeth, du Président Poincaré, du Maréchal Foch et du Conseil municipal de Paris au grand complet.

Plus de 120.000 personnes sont présentes place Saint-Lambert lorsque le Bourgmestre de la Ville de Liège, Gustave Kleyer, tend vers la foule le coussin sur lequel est épinglé la Croix de la Légion d’honneur.
Les cris de joie de la foule viennent se mêler à la Brabançonne, à la Marseillaise et aux Valeureux Liégeois. C’est toute une ville qui est en liesse avec la construction de plusieurs arcs de triomphe, des immeubles décorés de drapeaux et une foule qui vit sa joie d’être libre et honorée.

Seulement 6 villes étrangères l’ont reçue

A l’Hôtel de Ville de Liège, la célèbre Violette, le grand escalier mène vers la Salle du Conseil. Sur le pallier, une vitrine est l’écrin qui permet l’exposition de cette Légion d’honneur.

Aujourd’hui, 64 villes françaises sont titulaires de la Légion d’honneur : dont Verdun (1916), Reims (1919) et 6 villes étrangères, dont Liège, à savoir Belgrade (Serbie en 1920), Luxembourg (GD Luxembourg en 1957), Stalingrad devenu Volgograd (Russie en 1984), Alger (en 2004) et Brazzaville (République du Congo en 2006).

Extraits du Journal officiel du 8 août 1914
Paris, le 7 août 1914
Monsieur le Président,
Au moment où l’Allemagne, violant délibérément la neutralité de la Belgique, reconnue par les traités, n’a pas hésité à envahir le territoire belge, la ville de Liège, appelée, la première, à subir le contact des troupes allemandes, vient de réussir, dans une lutte aussi inégale qu’héroïque, à tenir en échec l’armée de l’envahisseur.
Ce splendide fait d’armes constitue, pour la Belgique et pour la ville de Liège en particulier, un titre impérissable de gloire dont il convient que le gouvernement de la République perpétue le souvenir mémorable en conférant à la ville de Liège la croix de la Légion d’honneur.
J’ai, en conséquence, l’honneur de vous prier de vouloir bien revêtir de votre signature le projet de décret ci-joint, approuvé par le Conseil de l’Ordre de la Légion d’honneur et décidant que la croix de la Légion d’honneur est conférée à la ville de Liège.

Le ministre des Affaires étrangères, Gaston Doumergue.

Le Président de la République Française
Sur la Proposition du Ministre des Affaires étrangères
DECRETE:
Article Premier. — La croix de chevalier de la Légion d’honneur est conférée à la ville de Liège.
ART. 2. — Le ministre des Affaires étrangères et le grand chancelier de l’Ordre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret.
Fait à Paris, le 7 août 1914.
Par le président de la République.
R. Poincaré

Le ministre des Affaires étrangères
Gaston Doumergue

Invitation à participer demain 04 août au centenaire de Liège 14 – 18

Demain 04 août sera le jour phare à Liège des commémorations du début de la guerre 14-18. Pas moins de 33 chefs d’Etat ou de gouvernement participeront à l’événement. Les forces de l’ordre sont sur les dents. Le public sera interdit d’accès au monument interallié de Cointe où, à 11.00, chefs d’Etat et de gouvernement se recueilleront. Sur le parcours emprunté par le cortège officiel, il sera interdit aux habitants d’ouvrir leur fenêtre. Il est vivement conseillé à la population qui voudrait se déplacer pour participer de se concentrer Place Saint-Lambert où des écrans géants retransmettront les images de la manifestation. La télévision retransmettra l’événement en direct.

Nous avons puisé sur le site de la Province de Liège d’autres activités qui pourraient intéresser les citoyens :

* Théâtre urbain
de 11h à 15h Parcours entre les places du Marché, Saint-Lambert et Saint-Etienne
par la Compagnie Sandra Proes

* Bivouac 14-18 de 11h à 16h Espace Tivoli Reconstitution de l’atmosphère de l’époque
avec décors et figurants, groupe de militaires avec tenues et équipement d’époque. Chevaux et chiens. Musiques militaires.

* Place de l’Opéra et place Saint-Lambert. Prestations de différentes musiques militaires.Patrouille de France et Force aérienne belge.Vers 15.00, survol de la Place Saint-Lambert

* Trivial Pursuit géant Place Saint-Lambert « La Grande Guerre, Liège 1914-1918 », 20×20 mètres, 330 questions. Démonstration d’anciens métiers.

* de 11h à 15h Cloitre du Musée de la Vie wallonne Place du Marché
Liège Expo 14-18.

* Ouverture samedi 2 août au Musée de la Vie wallonne et à la Gare de Liège-Guillemins de l’exposition « Comme en 14 ».

* Du 1er août au 30 septembre Dans les restaurants, brasseries et cafés participants, mise en valeur des plats typiques et familiaux de cette époque.
Danses traditionnelles.

* à 11h Place Saint-Lambert, danses par les Djoyeûs Potcheûs.

Les tenants de l’ Alliance de la Wallonie avec la France seront attentifs à la commémoration de la remise de la Légion d’Honneur à la ville de Liège pour son héroïque résistance face à l’invasion allemande. A 15.00, le Président de la République française gravira les marches de La Violette, ainsi se nomme l’Hôtel de Ville de Liège, pour fêter dignement cet anniversaire. Peu avant 15.00, la Patrouille de France survolera la Place Saint-Lambert.
Nous invitons tous les membres et sympathisants de l’ A.W.F. à se retrouver dès 14.00 Place Saint-Lambert pour participer à un anniversaire qui nous tient particulièrement à cœur.

A Liège le 4 août

La Wallonie jumelée avec la France, c’est déjà une réalité pour un grand nombre de communes wallonnes. Active sur ce terrain des relations privilégiées avec la France, la Province de Liège, elle-même jumelée avec les départements du Rhône et des Côtes jumelagesd’Armor, organise assez régulièrement des « retrouvailles des jumelages franco-liégeois ». De son côté, la Ville de Liège, avant de se donner un profil plus international, s’est jumelée avec Nancy (1954) puis avec Lille (1957), de manière à former un triangle englobant la Wallonie.

Indépendamment de ces jumelages, il faut rappeler combien Liège a regardé vers Paris plutôt que vers Bruxelles (au temps de la Principauté de Liège, la fête nationale des Liégeois célébrait une victoire remportée en 1213 sur le duc de Brabant, et la révolution liégeoise, en 1789, suivit de près la révolution française : « Voyez Paris et tremblez », lançait alors Bassenge au très impopulaire Hoensbroeck). Bien sûr, la Grande Guerre, dont on commémore le centenaire, a donné un relief particulier à ce lien qui plaçait déjà Liège dans l’orbite de Paris, car, en 1914, c’est Paris qui a voulu ostensiblement rendre hommage à la ville de Liège.

Nous avons déjà évoqué ici l’atmosphère qui régnait à Liège quand, une fois la guerre finie, le président Poincaré est venu remettre la Légion d’honneur à la ville qui, la première, avait fait obstacle à l’attaque allemande. François Hollande, l’actuel président de la République française, sera présent à Liège le 4 août prochain et, en marge des cérémonies officielles, il se rendra à l’hôtel de ville pour rappeler cet hommage de la France à la Cité ardente.

ambiance 1914Le même jour sera dévoilée au centre de la ville de Liège une très grande fresque (360 m2) représentant la station de métro « Liège » à Paris (lire ici l’article du journal L’Avenir). Ce sera une journée très festive, ambiance « belle époque ». Consultez le programme édité par la Province de Liège. (G.R.)

La Belgique de Bart De Wever (Belgie Bart)

Silence, on négocie.

gouvernement la flamandeIl faudra cesser d’opposer la Belgique à Bart De Wever car, désormais, ces deux-là vont se confondre. (Pour illustrer cet article, nous avons choisi une caricature de Clou, publiée dans La Libre.)

65 à 20 députés : voilà, sans doute, le nouveau rapport de force au parlement fédéral, là où la Belgique existe encore. Avec le soutien d’une écrasante majorité d’élus flamands, auxquels devraient s’associer les 20 députés du MR francophone, la Belgique aura sa coalition gouvernementale : il y aura, d’un côté, trois partis qui veilleront aux intérêts de la Flandre, en bonne entente avec le gouvernement flamand, puisqu’ils y seront aussi partenaires, et, de l’autre, un parti laissé dans l’opposition en Wallonie et à Bruxelles, un parti qui, en revanche, occupera la moitié des ministères fédéraux, un parti dont la visibilité sera inversement proportionnelle au poids réel, ce qui en fera une cible facile.

On aura certes évité la crise de régime et reculé la perspective d’une séparation de velours, jusqu’aux prochaines élections fédérales. A condition d’enlever le rouge de son drapeau, la Belgique, en noir et jaune, peut encore un peu fonctionner, avec la bénédiction d’un Bart De Wever tout heureux de montrer aux électeurs flamands qu’avec lui les choses bougent dans le bon sens. La main sur le cœur, on promet qu’il n’y aura pas de guéguerre communautaire au gouvernement flamand/belge (biffer la mention inutile), mais seulement une coalition des droites autour de la N-VA, dont le projet s’inscrit dans la dynamique du mouvement flamand vers la plus grande affirmation de la Flandre : Alles voor Vlaanderen…

A Bruxelles et en Wallonie, il faut s’attendre à des rapports difficiles entre le gouvernement fédéral et le pouvoir régional. En principe, on ne se moquera plus du coq wallon dans les médias francophones. Le PS et le CDH devraient logiquement cesser d’agiter des drapeaux belges à la moindre occasion. Quant au MR, il défendra l’action de ses partenaires du gouvernement flamand/belge (biffer la mention inutile) et sera, par la force des choses, poussé à donner la Flandre en exemple et à plaider, plus ou moins explicitement, pour une « flamandisation » des deux régions francophones, au nom de la prospérité de la Flandre et de l’attachement des Belges à la Belgique (au tour du MR de profiter de l’effet « diables rouges » : après tout, Wilmots avait choisi le MR quand il s’était lancé en politique).

La partie est loin d’être jouée. On ne sait pas combien de temps cette Belgique nouvelle va tenir, ni comment Kris Peeters et Bart De Wever vont y faire leur nid. Ce qui est sûr, c’est que les grandes manœuvres ont commencé.

G.R.