Tous les articles par alliancewalloniefrance

Première en Belgique: la police fédérale va louer des agents de sécurité

La location d’agents de sécurité privés pour épauler la police fédérale pose de nombreux problèmes. Le moins important n’est sans doute pas de se poser la question de savoir si une telle décision a bien sa place dans un Etat démocratique.

Plus inquiétant encore est la révélation de la mise sur pied en juillet 2014 à l’université de Gand d’un « Centre d’innovation  pour la sécurité publique » qui étudie les collaborations futures entre les autorités publiques et le secteur privé pour travailler ensemble sur des projets concrets de sécurité publique.

police fédéraleCe premier appel au privé ne serait donc qu’un premier pas. Il serait peut-être temps que les responsables politiques de Wallonie et de Bruxelles exigent la plus grande clarté sur ce qui se trame à Gand. Confier des missions de sécurité publique au privé dans la plus grande opacité serait extrêmement grave. 

Paul D.

Lu le 25 Octobre 2014 sur le site RTL.be :

C’est une première, la police belge va louer des agents de sécurité et des caméras de surveillance mobiles pour assurer la sécurité, mardi prochain, lors de la visite de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement à Nieuport et Ypres pour une cérémonie du souvenir marquant le centenaire de la Première Guerre mondiale, rapportent L’Echo et De Tijd samedi.

Ils « n’interviendront pas »

En complément des services de police habituels, 45 agents de firmes de sécurité privées et des caméras de haute technologie de Securitas seront utilisées. « Nos agents se chargeront de la sécurité des biens de la Chancellerie, mais n’interviendront pas, cela reste une compétence exclusive de la police fédérale », explique Régis Gaspar, directeur de Securitas.

Cette petite révolution trouve son origine dans la création en juillet d’un Centre d’innovation pour la sécurité, mis en place par l’Université de Gand, les autorités publiques et le secteur privé pour travailler sur des projets concrets.

« La France, morte ? Il y a peu de pays où il se passe tant de choses »

Lu sur le site leparisien.fr.

Pour Xavier Niel, le fondateur de Free, la France regorge de Bill Gates en puissance. Il revient sur les raisons de son investissement dans la halle Freyssinet à Paris qui accueillera un millier de start-up.

Xavier NielCe sera la plus grosse pépinière de start-up au monde. Xavier Niel, patron d’Iliad, la maison mère de Free, a lancé hier, en présence de François Hollande, les travaux de rénovation de la halle Freyssinet, dans le XIIIe arrondissement de Paris. (…)

Comment vous est venue l’idée de cet endroit qui accueillera 1 000 start-up ?

XAVIER NIEL. Depuis longtemps je cherchais un endroit à Paris pour créer un gros incubateur (NDLR : une structure d’accompagnement de jeunes sociétés) de start-up. Quand je voyage, je m’aperçois que dans le monde entier, dans les entreprises de nouvelles technologies, vous avez toujours des Français. On les forme bien, ils sont géniaux, font des trucs fantastiques, sont réputés dans le monde entier… La Silicon Valley les fait rêver, mais c’est le pire endroit du monde pour créer son entreprise : la concurrence y est terrible. Il y a des incubateurs en France qui marchent bien, mais il fallait un lieu emblématique. C’est pour cela que nous avons choisi cet ancien bâtiment de la SNCF qui accueillera le plus gros incubateur du monde.

Combien de temps faudra-t-il pour en voir sortir les pépites de demain ?

Ça va très vite ! Regardez Google, qui n’a que 15 ans ! L’application Snapchat (NDLR : elle permet de partager entre téléphones) vaut 10 Mds$ alors qu’elle n’a que 2 ans et demi ! Ici, nous allons faire venir entre 3 000 et 3 500 jeunes. On leur fournira tout ce dont ils ont besoin pour créer, faire vivre et voir grandir leur entreprise : bureau de poste, dépôt des brevets, etc. Ce sera un QG d’inventeurs qui permettra de passer de l’idée au prototype, avec des outils lasers, des imprimantes 3D… Les loyers seront bas et tiendront compte de ceux pratiqués par les autres incubateurs parisiens. Comptabilité, gestion, banques… Tout sera disponible ici ou à proximité. Il y aura aussi des commerces autour de la halle. Nous avons des discussions avec la mairie d’Ivry-sur-Seine pour étendre l’activité de la halle au-delà du périphérique et y rajouter des logements pour les créateurs de ces start-up.

Quid de leur financement ?

Les études montrent que la France est un des pays où le financement marche le mieux. Vous pensez que si demain j’invente un autre Google, j’aurai un problème de financement ? Jamais ! Je suis français et réputé pour être l’investisseur dans les start-up le plus actif au monde. Leur financement est un faux problème.

Malgré la situation économique en France ?

La petite musique qu’on entend c’est : « la France c’est mort, Paris c’est fini… » Mais regardez cette semaine. On a la Fondation Louis Vuiton, l’expo Picasso, la halle Freyssinet… Je connais peu de pays où il se passe tant de choses la même semaine. On dit « la France est en crise ». Ça fait trente ans que j’ai une vie professionnelle, ça fait trente ans que la France est en crise… Mais qu’est-ce que je vois en réalité ? Des gens capables de créer des entreprises de niveau mondial et, quand je vois un énorme succès aux Etats-Unis, il y a toujours un Français derrière.

La France est donc toujours un paradis ?

Je l’ai dit il y a un an. Depuis j’ai des petits camarades qui ne s’en remettent pas. Je le pense toujours. Et ça n’a pas changé, ça s’est même plutôt amélioré entre-temps. La France est un pays où les choses vont plutôt bien, c’est un pays fantastique pour créer sa boîte. Il y a du chômage en France, c’est vrai, mais ce ne sont pas les anciennes économies, les anciennes industries qui vont régler ce problème, c’est notre capacité à créer de nouvelles entreprises. Jusqu’à présent, on ne s’est pas très bien débrouillé. On va s’améliorer. Regardez le CAC 40 : il n’y a qu’une entreprise de moins de 30 ans, Gemalto. Dans les pays dynamiques, c’est plus de 50 %. Il faut qu’on crée ces sociétés de demain. La société civile peut le faire, elle en a les moyens, elle n’a pas d’engagement politique, n’a pas d’élections, travaille sur son argent, et, en général, ce sont souvent des entrepreneurs qui savent donner du temps.

Des élèves de première année de votre école 42 ont déjà été débauchés…

C’est vrai, quelques dizaines. Tant mieux ! Ça veut dire qu’au bout d’un an, ces personnes avaient un niveau que certaines entreprises ont jugé correspondant à celui de diplômés ayant fait trois ou cinq ans d’études supérieures ailleurs. Je ne vois pas plus beau compliment. C’est une école basée sur de bons critères : pas l’argent ou l’éducation, mais sur les capacités. On a 70 000 jeunes qui veulent venir et on en prend mille, sur de bons critères. On a une très belle histoire d’une fille qui touchait le RSA en arrivant il y a un an. Et la deuxième école américaine spécialisée en informatique, Berkeley, a repéré cette fille. Ils lui ont dit « viens, on te paie ta scolarité, on t’obtient ton visa, on fait tout le nécessaire ». Pour elle, c’est une très belle histoire. On en a des dizaines comme ça. On a fait notre boulot : aider les jeunes à trouver un job. En informatique, on ne juge pas le diplôme mais le savoir-faire.

Que pensez-vous de l’image des patrons ?

Les Français aiment leur patron, mais pas le patronat. En France, il y a un capitalisme un peu consanguin. On a fait les mêmes écoles, etc. Cela laisse penser qu’un certain nombre de gens sont exclus. Quand vous prenez des gens sans emplois aux Etats-Unis, ils disent je vais retrouver un job, créer ma société… En France, ils se disent : je suis mauvais, je ne vais pas m’en sortir. L’idée, c’est de faire émerger des jeunes qui réussissent et qui deviennent des exemples. Créer une nouvelle exemplarité qui fasse boule de neige.

Pas facile, disent certains patrons, avec le Code du travail… Faux. Ça coûte moins cher d’embaucher un ingénieur en France qu’aux Etats-Unis, toutes charges incluses, parce que le salaire américain est bien plus élevé. Quand vous licenciez, ça ne coûte pas plus cher qu’aux Etats-Unis. Après, qu’on ait un Code du travail un peu complexe, c’est vrai. Il faut simplifier certaines choses. Il ne s’agit pas de détricoter le droit du travail mais de leur rendre accessible et compréhensible à l’entreprise. (…)

L’administration fédérale aux ordres de la Flandre

Les chiffres ci-après ne devraient laisser aucun Wallon ou Bruxellois de langue française indifférent. Nous pouvons affirmer que la situation est extrêmement grave en termes d’emploi, mais aussi de pouvoir avec les ministères de la Défense, de l’Intérieur et de la Justice dans les mains de ministres flamands.

fonctionnaires fédérauxPlus de 9 fonctionnaires fédéraux sur 10 sont sous les ordres de ministres flamands, selon une enquête menée par le Groupe d’étude et de réforme de la fonction administrative (Gerfa), dont fait écho jeudi La Libre Belgique.

Le résultat des calculs du Gerfa donne une indication alarmante des rapports de force nord-sud au sein de la toute fraîche majorité fédérale: 3.968 fonctionnaires dépendent de ministres francophones (MR, donc), tandis que 51.889 sont sous la compétence de ministres flamands CD&V, N-VA et Open VLD. « Cela fait donc un ratio de 92,9 % contre 7,1 % », relève le Gerfa. Et encore, certains chiffres pourraient être nuancés. Les « corps spéciaux », soit l’armée, la police fédérale, la magistrature et le personnel des greffes, cours et tribunaux, ne sont pas intégrés dans ce bilan. Or, ce personnel dépend aussi de ministres néerlandophones (Défense, Intérieur, Justice). On parle ici de 57.763 agents qu’il faudrait alors ajouter aux calculs.

Source : Belga

Lettre ouverte à Paul, Charly, Rudy, et les autres…

« Je ne me suis jamais sentie aussi belge… »

                            ou :   « Rattachisme : mode d’emploi »

france_belgiqueAmélie Nothomb proclame régulièrement son plaisir et sa satisfaction d’être belge.

Hommes ou femmes, artistes ou sportifs, politiciens ou amateurs de frites ou de jupiler, connus ou inconnus, il en est bien d’autres qui affichent ou revendiquent leur lien ou leur affection pour la Belgique.

Comme le professeur Claude Javeau, inventeur du concept de « belgitude », Liégeois et Français de cœur, mais qui se dit satisfait de son passeport belge.

On pense bien entendu aux amateurs de foot, ou aux fervents du Tour de France… Ou à ceux qui habitent Paris, ou en France, ou au bout du monde; à ces anciens militaires, ou résistants, ou nostalgiques du Congo; à tous ceux qui ont « réussi » dans la vie en Belgique, à celles et ceux qui sont sensibles aux charmes de « Place royale » et de « Point de vue image du monde »… Ou encore, plus simplement, à toutes celles et ceux qui ont bon caractère, ne se posent pas de questions institutionnelles, et sont globalement heureux de leur statut présent.

A tous ceux-là, nous dirions simplement, simplement : rassurez-vous les amis !

Quand la Wallonie et Bruxelles seront devenues françaises, vous pourrez dire sans rougir que vous êtes belges, que vous aimez la Belgique et ses traditions; et continuer de dire septante et nonante…

Vous serez tout simplement devenus des citoyens français d’origine belge. Ce n’est plus une question affective ou émotive, mais le résultat d’une analyse objective et historique : l’intérêt actuel des Belges de langue française est de devenir des citoyens français dès que possible.

Nous désirons la France, assumant tant nos vraies grandeurs que nos mesquineries belgicaines, et la rejoignant telle qu’elle est aujourd’hui, avec son fardeau de péchés (il en est !) et de difficultés dont nous voulons croire qu’elles sont conjoncturelles.

Wallons, nous avons besoin de la France. Français, vous avez besoin de la Wallonie et des Bruxellois de langue française. Francophones, nous pourrons mieux défendre ensemble notre langue et notre culture à travers le monde. Et être plus présents au cœur de l’Europe.

Ensemble, nous pourrons faire de BRUXELLES la seule capitale de l’Europe, STRASBOURG restant la Ville du Conseil de l’Europe et des Droits de l’Homme.

Ensemble, nous pourrons lutter contre les exils fiscaux qui nous font tant de tort, à Monaco, Luxembourg ou ailleurs.

A nos jeunes gouvernements wallon, bruxellois, et même au gouvernement fédéral, nous redisons que le moment est venu. Un nouveau fil conducteur est apparu : celui d’une ouverture rapide vers la France.

Nous voudrions que des accords transfrontaliers soient rapidement concrétisés et multipliés, et que des négociations précises soient entreprises à bref délai.

Faisons les comptes : à la Région Wallonne, ils seront en équilibre en 2018, paraît-il ; et, en ce qui concerne la part de la Wallonie dans le partage de la dette de l’Etat Belge, on peut déjà esquisser les chiffres d’un partage entre le nord et le sud, à concurrence d’une répartition 60/40 (% nombre d’habitants, PIB, capacités fiscales respectives).

Au-delà, dans 5 ans ou avant (?), lorsque la Flandre aura pris son indépendance ou son autonomie – ce dont nous ne doutons pas un seul instant, la Wallonie seule ne s’en sortira pas !

Rejoignons donc la France au plus tôt et préparons cet avenir dès maintenant.

Et que ceux qui pensent comme nous et veulent « sortir du bois », au PS, au MR, au CDH ou chez Ecolo, ou ailleurs, n’hésitent plus trop longtemps !

                   Rejoignez l’Alliance Wallonie France !

Georges-Henry Simonis

Budget : « double peine » infligée aux Wallons

15/10/2014 à 06:50 – Mis à jour à 10:38

Source: Le Vif

Paul Magnette peut remercier Charles Michel. En concentrant sur lui l’attention et les critiques, le chef du gouvernement fédéral a permis au ministre-président wallon de présenter en « stoemelings » un budget marqué lui aussi par le sceau de la rigueur, ou de l’austérité (chacun jugera).

Budget : "double peine" infligée aux Wallons

C’est peu dire que la CSC n’a pas apprécié. « En optant délibérément pour une diminution drastique des dépenses, le gouvernement wallon risque de toucher une seconde fois les travailleurs et les citoyens les plus faibles, déjà frappés par les mesures d’austérité prises au fédéral par la coalition suédoise », a accusé le syndicat chrétien, dans un communiqué au ton très dur.

Pour la CSC wallonne, la réduction des dépenses que prévoit le budget wallon 2015 risque de détériorer encore plus le sort des citoyens du sud du pays. « Cette baisse se traduira immanquablement par moins de services à la population ou par des services plus chers. Rappelons que le déficit se monte à 1,1 milliards en 2015 et que l’effort en réduction de dépenses se chiffre à quelques 650 millions. Les raisons d’un tel déficit ? Le ralentissement de la croissance (0% en 2014); la contribution à l’effort d’assainissement (329 millions) et l’impact de la requalification de la dette wallonne (568 millions). Même si le Gouvernement wallon se laisse la latitude de n’atteindre l’équilibre qu’en 2018, le déficit serait de 450 millions d’euros. Ce qui représente tout de même un effort de 650 millions d’euro. Et ce sur un budget total de 13,1 milliards. »

Le Gouvernement wallon a promis de ne pas lever de nouveaux impôts. Pour la CSC wallonne, « c’est irréaliste et non souhaitable ». Il est en effet temps de mieux répartir l’imposition entre le travail et le capital. Le Gouvernement wallon pourrait utiliser les leviers fiscaux dont il a aujourd’hui la maîtrise pour rétablir une forme de justice fiscale. Rappelons que la Région wallonne dispose désormais d’une plus grande autonomie fiscale, ainsi que de compétences en matière de fiscalité immobilière ou environnementale ».

Pour la CSC wallonne, la conjonction de la mise en place de la Suédoise et un rendez-vous manqué du Gouvernement wallon risque de faire appliquer « une double peine » aux plus fragiles de notre société.

La Belgique a un gouvernement…

Sollicité par les Jeunes Fédéralistes Européens pour leur site « Le Taurillon » auquel il collabore, notre ami Jean-Luc Lefèvre a commis une synthèse relative à notre situation politique que vous découvrirez ci-après.

gouvernement MichelA l’heure où « nos » députés s’invectivent et donnent un bien triste spectacle de notre représentation parlementaire fédérale, il est bon que l’un de nos membres privilégie la raison et le questionnement face à l’émotionnel. Nous pouvons être ou non d’accord avec ce qu’énonce Jean-Luc Lefèvre. Sachez que nos colonnes sont ouvertes à tout discours  qui énonce des arguments dans le respect de l’Autre. L’ A.W.F. a fait de cette ligne sa marque de fabrique. Celle-ci est appréciée par un nombre toujours plus important de citoyennes et citoyens wallons et français. 

Paul D.                            

Moins de cinq mois après les élections législatives du printemps dernier (25 mai), la Belgique a un gouvernement fédéral. Par rapport à la très longue crise qui a accouché d’un gouvernement de salut public (une « tripartite traditionnelle » présidée par E. Di Rupo, composée des chrétiens-démocrates, des sociaux-démocrates et des libéraux, sans majorité dans le groupe linguistique néerlandophone), la chose, déjà, peut surprendre. Mais la surprise est plus grande encore quand on sait la nature de la nouvelle coalition gouvernementale. Les épithètes retenues pour la définir montrent à suffisance sa nature pour le moins biscornue : « kamikaze » pour les uns, « suédoise » pour les autres, au gré des sensibilités. Il s’agit en effet d’une coalition inédite, très marquée à droite, et qui suscite dans l’opinion publique des sentiments très contrastés.

Une coalition inédite

Pour la première fois dans l’histoire du pays, est associé au pouvoir de l’Etat un parti nationaliste flamand, la N-VA, dont les finalités statutaires consistent à en finir avec les structures institutionnelles héritées de 1830 et la monarchie. Pour la première fois dans l’histoire du pays depuis 25 ans, les partis socialistes sont exclus du pouvoir. Comment en est-on arrivés là ? Dans les jours qui ont suivi le scrutin, alors qu’il avait été convenu tant au nord qu’au sud de mettre sur pied l’exécutif fédéral avant de mettre en place les gouvernements régionaux, PS et CdH francophones convenaient d’une alliance à la Région wallonne, suscitant la colère du parti libéral (MR) qui avait progressé lors des élections, et contraignant les cadors de Flandre, CD&V et N-VA à former ensemble le gouvernement flamand. C’est ainsi, que nourries de fortes rancœurs  dans les terres romanes de Belgique, se sont succédé des nuits de négociations pour un gouvernement fédéral que la N-VA rêvait aussi de voir purgé des acteurs socialistes ! Un improbable accord de gouvernement a été ficelé, sans majorité aucune dans le groupe linguistique francophone réduit comme une peau de chagrin à sa seule composante libérale et donc une forte opposition socialiste, démocrate-chrétienne et écolo.

Une coalition marquée à droite

Sachant la promesse de la N-VA de mettre au frigo ses revendications communautaires pendant la durée de la législature, le programme de gouvernement met l’accent sur le socio-économique, avec des tonalités libérales, voire, pour les socialistes wallons, ultra-libérales… A chacun ses accents ! C’est vrai qu’avec, à la table des négociations, trois partis d’inspiration libérale et un parti, le parti chrétien démocrate flamand, partagé entre une aile gauche et une aile droite, il pouvait difficilement en aller autrement ! Pendant toutes les tractations, déjà, les esprits s’échauffaient ; déjà, l’on parlait de « bain de sang social » et les leaders syndicaux s’échauffaient, prédisant le pire au pays. L’accord de gouvernement est dans le droit fil des idéologies revendiquées : report de l’âge de la retraite à partir de 2025, services minimum dans les transports en commun en cas de grève, travaux d’intérêt général pour les chômeurs de longue durée, politiques d’immigration plus sévères, saut d’index…

Une coalition qui divise…

Par son programme, déjà, il ne faut pas le cacher, en Flandre aussi, même si la perception globale du nouveau gouvernent y est meilleure. Par sa composition à la fois déséquilibrée qui justifie les plus grandes appréhensions en termes de marginalisation de la Wallonie (des portefeuilles ministériels délicats comme le survol aérien de Bruxelles, la pénurie d’électricité et… les pensions)  et sulfureuse avec des nationalistes, parfois proches de l’extrême-droite européenne, aux commandes de ministères régaliens (l’Intérieur et la Défense) sans oublier l’asile et la migration…

Et demain ?

Difficile de dire ce qui va arriver. L’automne social sera chaud, même si le nouvel exécutif entend promouvoir la concertation sociale et donc le rôle des partenaires sociaux qui craignent des marges de négociation réduites à néant. D’un autre côté, un gouvernement qui ne peut, sans combattre, jeter le gant : ce serait capituler en rase campagne et c’en serait fini du symbole fort d’avoir rejeté le PS dans l’opposition ! La porte serait alors ouverte à toutes les aventures !!!

Pour ma part, que ce gouvernement tienne ou non la route dans l’immédiat, les perspectives du scrutin de 2019 s’annoncent ébouriffantes : les risques assumés par les partis de la coalition, au nord pour la N-VA (aura-t-elle été crédible pour son électorat, et si oui, continuera-t-elle à discréditer les autres partis ?) comme au sud pour le parti libéral (fera- t- il oublier son costume de traître des francophones et parviendra-t-il à recomposer le paysage politique francophone ?) sont énormes, de nature à conduire à l’implosion du pays sous sa forme confédérale… au plus grand profit de la N-VA  qui me paraît être la seule gagnante des récents évènements.

« Quousque tandem… », dirait Bart De Wever qui raffole des citations latines !

Jean-Luc Lefèvre

Charles, Charlie, ou Charlot ?

Un nouveau gouvernement est né en Belgique et est appelé à régner.

charles-michel-belA régner ? quelle drôle d’idée : c’est le Roi qui règne… Comment s’appelle-t-il : Charles, Charlie, ou Charlot ? Comme de Gaulle, Trenet, Aznavour, ou Chaplin ?

Pourquoi pas libellule ou papillon ?

« Papillon » étant réservé à son prédécesseur 1er Ministre, appelons-le « Libellule ». Libellule-Charlie est très fier : sept nouveaux ministres libéraux, presque tous tout-frais-pondus, dont lui-même, linguistiquement sexué, contrairement à ses prédécesseurs. Et avec eux, ou contre eux, onze Flamands : un beau team.

Tous de droite : ils se comprendront facilement.                                                                            Sur les affaires d’argent d’abord : pas d’institutionnel, s’il vous plait. Et sur le dos des travailleurs : le capital peut dormir tranquille. Le patronat, surtout flamand, se réjouit effrontément, un peu comme quand SARKOZI est allé fêter sa victoire présidentielle au Fouquet’s…

Les Wallons se sont fait avoir, au niveau fédéral, dès lors que le Roi PHILIPPE a désigné la droite pour former un gouvernement ; il est probable qu’une tripartite traditionnelle aurait obtenu une majorité si le Roi avait désigné ELIO DI RUPO pour un second tour, ce qui n’aurait surpris personne. Le Roi a sans doute pensé : « il leur faut un Flamand, cette fois » ! Ô surprise, c’est un francophone qui a gagné le sprint… Mystères de la Royauté, dont on ne nous fera plus croire qu’en Belgique le Roi règne sans avoir de rôle politique…

Les Flamands n’ont pas voulu se brûler les ailes à cette législature-ci. La dernière de l’Etat Belge. Nouvel épisode dans la chronique d’une mort annoncée…

En effet, comme attendu, il n’a pas fallu attendre longtemps : dès son entrée en fonction, le lundi matin, le vice-premier Ministre JAMBON a déclaré qu’ils étaient partis pour cinq années, pas plus, avant d’en vouloir d’avantage pour la Flandre, à savoir l’INDEPENDANCE ! Ce n’est évidemment pas une surprise, de la part d’un animateur convaincu du Vlaamse Volksbeweeging. (Oublions son couplet sur la collaboration en Flandre : on connait les arguments par cœur, et on sait qu’en penser.)

Nous serions donc partis jusqu’en 2020 avec ce gouvernement-ci.

Certes, il est permis de penser que ce nouveau gouvernement, tellement minoritaire en Wallonie, n’aura pas que des idées idiotes ou inacceptables au regard de nos exigences wallonnes de Liberté, d’Egalité et de Fraternité… (Un « libéral » peut en cacher un autre…). Et on peut espérer aussi que l’alternance, notion bien peu pratiquée en Belgique en raison de son système proportionnel, aura quelques vertus en termes de bonne gestion et d’imagination créatrice.

Les temps à venir seront aussi et en même temps un moyen de mesurer la crédibilité et la modernité du discours syndical : on peut espérer qu’il prenne de la hauteur et ne se limite pas à des anathèmes rhétoriques pas toujours convaincants ni responsables.

Et, en toute objectivité, nous persistons à faire le choix de la FRANCE !

Nous voulons développer à bref délai un mouvement de citoyens qui pensent que le rattachement à la France est pour la Wallonie la seule et la meilleure solution.

La conjoncture politique toute récente ne peut que nous confirmer dans ce choix rationnel de la France comme seule planche de salut pour la Wallonie, invivable économiquement si elle reste seule.

Le délai de 5 ans annoncé par le mouvement flamand pour une nouvelle réforme institutionnelle est aussi prévu pour les coupes budgétaires annoncées en Wallonie pour les années qui viennent. Alors, pourquoi attendre encore ?

Il faut que le débat sur le rattachement de la Région wallonne à la France démarre dès maintenant, en Wallonie comme en France, avec analyse en profondeur de la notion de « rattachement dans l’autonomie » et mise en œuvre effective des Accords de Coopération qui lient déjà la Région wallonne à la République, et qui devraient être développés.

Ainsi, 2015, année du bicentenaire de Waterloo, sera aussi celle de la renaissance wallonne ! Nous la fêterons en tout cas le 16 juin 2015, date importante et symbolique.

                « Qui donc nous redonnera de l’air et de la hauteur ? Une envie d’horizon,                         d’ailleurs et de lendemains ? Un goût d’élévation qui ne soit pas de domination ? Un souci du monde et des autres où se réinvente un chemin d’espérance ? Qui d’autre, sinon nous-mêmes ? »

Edwy PLENEL, directeur de Médiapart, dans son livre tout récent « DIRE NON ».

Mettons-nous en route sans trainer !

Georges-Henry SIMONIS                                                                                                                 Administrateur de l’Alliance Wallonie France,                                                                 Mouvement citoyen.                               ghsimonis@voo.be

Nouvelle défaite pour les Wallons et Bruxellois de langue française

L’accord prévoyait l’exécution de l’article 47ter, voté imprudemment en 2002 par le MR et le PS, qui impose le bilinguisme dans l’administration fédérale pour les fonctions de management, d’évaluation et pour les fonctions garantissant l’unité de jurisprudence.

Les députés wallons et bruxellois MR et PS de langue française avaient considéré qu’ils pourraient toujours en bloquer les arrêtés d’exécution ! Grande illusion !

Les Flamands ont donc obtenu gain de cause et fait sauter le dernier verrou vers une administration bilingue dont les Wallons seront de facto (voir les nombreux précédents) exclus des postes de direction générale.

Le MR s’est révélé incapable de résister à la pression de ses partenaires flamands NV-a, CD&V et Open-VLD dans le tout nouveau gouvernement fédéral. Ceci n’empêche pas M. Di Rupo de continuer à claironner haut et clair qu’il n’y a rien de communautaire dans les problèmes traités au niveau de la politique fédérale belge.

D’ici 10 ans, la France sera la puissance dominante en Europe

Ce n’est pas nous qui l’affirmons, mais le très sérieux quotidien britannique, le « Daily Telegraph », peu enclin d’habitude à jeter des fleurs à son voisin français. Admettons que nous sommes là très éloignés du « french bashing ».

Article publié sur le site du magazine Le Point (11 octobre 2014)

C’est la prédiction du « Daily Telegraph », qui fustige la situation économique de l’Allemagne. « L’homme malade de l’Europe » n’est pas celui qu’on croit…

Hollande-MerkelHaut les cœurs ! D’après The Daily Telegraph, le prétendu déclin français (ou « suicide », pour reprendre une expression chère à Éric Zemmour) ne sera bientôt qu’un vieux souvenir, rapporte le blog du Monde « Big Brother ». Dans dix ans, prédit le quotidien britannique, l’homme malade de l’Europe ne sera pas celui qu’on croit : la France aura dépassé l’Allemagne.

Graphiques et experts à l’appui, le site du journal attaque en effet durement les choix économiques allemands : « La France peut passer pour l’homme malade de l’Europe, mais les malheurs de l’Allemagne sont plus profonds, enracinés dans le dogme mercantile, la glorification de l’épargne pour son propre compte et la psychologie corrosive du vieillissement. »

Un pronostic qui appuie là où ça fait mal, alors que quatre instituts de conjoncture viennent de fortement réviser à la baisse, ce jeudi, leurs prévisions de croissance pour l’économie outre-Rhin. D’autant que, note le journal britannique, ces inquiétudes sont exprimées avant tout par des spécialistes allemands, au premier rang desquels le directeur de l’Institut allemand pour la recherche économique.

Un pays « se reposant sur ses lauriers »

Dans son dernier livre, Die Deutschland-Illusion, Marcel Fratzscher livre « un pamphlet contre le fétichisme fiscal du ministre des Finances Wolfgang Schaüble, maintenant inscrit dans la Constitution à travers une loi d’équilibre budgétaire à laquelle il est quasi impossible de déroger », écrit The Daily Telegraph.

« Il exprime la déception d’un pays se reposant sur ses lauriers, prisonnier de la fausse idée partagée que l’économie se gère comme le budget d’une famille, et rassuré à tort par la flatterie mal placée des pays voisins qui regardent rarement sous le capot du moteur allemand », ajoute le quotidien.

« L’Allemagne se proclame modèle du monde, mais l’orgueil précède la chute », note pour sa part Olaf Gersemann, le chef du service économique du groupe de médias Welt dans son dernier ouvrage, La bulle Allemagne. Selon lui, le second « miracle économique » que connaît l’Allemagne depuis 2005 lui est « monté à la tête ». Le pays a pris un ensemble de circonstances exceptionnelles pour une ascendance permanente, alors que ces dernières vont « bientôt disparaître », voire s’inverser.

« Chant du cygne »

Nous assistons au « chant du cygne d’une grande nation économique », prévient-il. Voilà de quoi redorer le blason français, qui ressort rarement grandi des comparaisons avec son voisin.

« Depuis des décennies, les erreurs en matière de politique publique se succèdent. Les impôts et les structures sociales ont engendré la chute du taux de fécondité du pays. Le manque d’investissement a aggravé cet état de fait. D’ici cinq ans, il est évident que l’Allemagne se trouvera dans une situation grave et qu’un budget équilibré ne sera pas suffisant pour se défendre. D’ici dix ans, la France sera la puissance dominante en Europe », conclut The Daily Telegraph.

La dotation Wellington

Notre ami Claude Thayse adresse un courrier aux journalistes du « Vif-l’Express » Christine Laurent, Gérald Papy et Thierry Fiorelli  qui ont rédigé un article sur Nivelles. 

Votre très intéressant article sur Nivelles m’incite à réagir à propos de la dotation Wellington, voici :

En finir avec cette dette de guerre… que seuls les Wallons payent.

duc WellingtonVous rappelez fort opportunément que le duc de Wellington, « prince de Warterloo », possède encore aujourd’hui 1083 ha, fruit d’une dotation du roi des Pays-Bas en 1815. Cette dotation (accompagnée d’une rente à l’époque) a pris la forme juridique d’un majorat dit « napoléonien ». Si, aux débuts de la Belgique, on n’a pas mis fin aux privilèges du duc parce qu’il ne fallait pas heurter l’Angleterre et que l’enjeu de l’indépendance était plus important, par la suite l’habitude étant prise et, anglophilie et noblesse aidant, on a conservé cette pratique d’ancien régime et même accru ces avantages. En particulier en 1988 lorsque P. Maystadt passa un accord secret avec le duc en vue de la suppression de la rente avec compensation lui faisant ainsi cadeau de 25 ha du territoire national (avec droit de vente, ce qui est incompatible pour un majorat). Le duc restant usufruitier des terres restantes.

Si l’accord scellé lors de la dotation précisait que les terres reviendraient à l’Etat belge lorsque la descendance s’arrêtera, celui-ci a fait preuve d’une grande légèreté depuis. Le majorat (institution complexe du Droit français) est un préciput (le successeur du majorat n’est pas un héritier puisque le majorat ne se trouve pas dans la succession patrimoniale de son auteur) et Napoléon a voulu que l’Etat resta propriétaire des biens en n’accordant la propriété qu’à la condition suspensive de l’extinction de la descendance mâle, et encore par primogéniture. Ce qui aurait déjà légitimé le retour de ces terres puisque lors du décès du 2ème duc en 1884, celui-ci n’avait pas d’enfant et la réversion d’un titre, c’est-à-dire sa transmission à un parent collatéral (comme ce fut le cas à plusieurs reprises) n’a jamais lieu de plein droit en Belgique. C’est une faveur qui doit faire l’objet d’un arrêté royal.

Dans l’hypothèse de la suppression du majorat du duc de Wellington (qui a déjà rapporté plus de 40 millions d’Euros à cette famille depuis 1816), la Région wallonne à qui ces terres doivent revenir, pourrait très bien prendre des mesures en faveur des fermiers et les terres incluses dans un plan de développement durable au bénéfice tant de la collectivité que des fermiers eux-mêmes.

Notons également que le Portugal et l’Espagne ont supprimé les avantages liés aux titres nobiliaires du duc de Wellington et… les Pays-Bas, ceux attribués au Prince Blücher…

Claude Thayse, Nivelles

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde