Tous les articles par alliancewalloniefrance

Publifin : le début d’une révolution ?

Par Paul Mélot

Suite à mes billets d’humeur, un de mes amis a récemment publié des commentaires tentant à démontrer qu’existe un grand complot contre PUBLIFIN… et que, tout en reconnaissant du bout de la langue les exagérations relatives aux jetons de présence-absence, il trouvait mes termes  excessifs. J’ai, et je maintiens mes propos, qualifié certains mandataires de concussionnaires corrompus !

Un nouveau démissionnaire, après EMONTS, MANZATO…, Claude PARMENTIER, qui n’est en rien un second couteau comme les autres, vient de faire un « aveu » qui sent la bombe à fragmentation à retardement à plein nez… MANZATO était le président de la Fédération PS Huy-Waremme. D’autres présidents de fédérations devraient commencer à s’inquiéter…

Explications : pour rappel, revenons à l’existence du décret wallon anti-cumuls que PS, CDH, MR entendaient revoir il y a vraiment peu de temps mais qui a subi depuis un rétropédalage extraordinaire de la part des mêmes qui se rendaient compte des dégâts qu’ils allaient faire dans l’opinion publique, pas seulement wallonne (ouille DE WEVER …). Cette existence, donc, dérangeait au plus haut point un certain nombre de mandataires de tous niveaux. Pourquoi ?

L’instauration d’incompatibilité de mandats de directeur d’intercommunale avec celui de bourgmestre ou d’échevin pour éviter tout conflit d’intérêt (les mêmes s’auto-contrôlant) mettait en grande difficulté le bourgmestre d’Ans et directeur chez TECTEO, pour faire bref.

Un grand écart fut trouvé par les stratèges et approuvé par les responsables liégeois du CDH, du PS et du MR, il faut bien le rappeler. L’ex ALE-ALG, TECTEO, VOO, etc…, intercommunale pure, fut divisée en plusieurs morceaux : 1) création de PUBLIFIN, restant intercommunale pure; 2) création de FINANPART, structure intermédiaire à laquelle 3) NETHYS, société PRIVEE, devait rendre des comptes.

Tout cela en faisant main basse sur des fonds de pensions publics… Opération dénoncée à juste titre, en son temps, par les syndicats.

Donc, au départ d’une intercommunale PURE, on créait des entités nouvelles, dont l’une, purement privée (Nethys), permettait à une personne de contourner le décret, puisque devenant  chef d’entreprise privée… Ceci allait permettre, entre autres, par après, de racheter consécutivement les Editions de l’Avenir – qui furent précédemment propriété de l’Evêché de Namur – et de racheter également le journal NICE MATIN. On voit tout de suite l’exceptionnel rapport entre l’économie wallonne et un journal méridional ! Et la plus-value que pouvait bien rapporter cette gazette éloignée de plus de mille kilomètres ! Je peux blaguer, tout de même !

Il faut bien encore une fois rappeler l’exceptionnelle récolte que faisaient les partis liégeois PS, MR, CDH : chacun y trouvait son compte, voyons ! Je te tiens tu me tiens par la barbichette, air connu. Donc, chacun y plaçait ses mandataires. Avec la bénédiction, si l’on peut dire, des présidents de partis, tant fédéraux (DEMEYER, BACQUELAINE, PIRMOLIN) que « nationaux » (DI RUPO, LUTGEN…).

Ainsi a-t-on créé et multiplié des comités aussi inutiles que non-décisionnels pour lesquels les heureux participants récoltaient des  royalties … sans être présents… Ceci est la très récente actualité. 

Mais avec la démission dudit PARMENTIER, un nouvel étage à la fusée intersidérale vient de voir le jour.

Explication : la Loi belge ( celle du parlement, pas celle des baronies locales) limite à tout mandataire local, régional, fédéral et aux grands commis de l’Etat, le plafond de gains publics à une fois et demie l’indemnité parlementaire.  PARMENTIER vient de faire une démonstration extraordinaire de l’ingénierie politique. Sa justification : sa participation dans NETHYS est PRIVEE. Donc n’entre pas dans le compte de la Loi… (exactement comme un bourgmestre,vétérinaire ou un échevin, avocat, ou un président de CPAS, enseignant, à titre privé ne relèvent  pas, à juste titre, de ce cas).

Comprend-on la chose:

1) je suis membre d’une intercommunale, mandaté par ma commune, mon CPAS ou ma province.

2) cette intercommunale me balance dans « sa » société privée.

3) jackpot ! 

4) banco: avec l’argent public, je joue privé.

H O R R I B L E  !

Donc, PARMENTIER,  par ailleurs chef de cabinet-adjoint démissionnaire du ministre FURLAN est le fusible qui saute. Y aura de la joie, demain mercredi, au parlement wallon, où le MR va réclamer la démission du ministre socialiste, alors que son propre parti a admis et profité de la combine.  FURLAN  sera évidemment soutenu, majorité wallonne oblige, par le CDH qui lui-même a admis et profité de la même combine. Pas  un peu hypocrite, l’affaire ?????

Que faut-il déduire de tout cela? D’abord que les partis qui dénoncent le populisme sont évidemment ceux qui le construisent. Dégâts (irréversibles?) dans l’opinion publique…

Que les grands chefs (DI RUPO,…), sous peine de se discréditer complètement, doivent mettre les mains dans le cambouis : comment? Faire démissionner tous les corrompus, à tous niveaux et rembourser les sommes de la corruption à l’intercommunale. Ne pas leur permettre de se représenter aux prochaines élections. Obliger les présidents des fédérations concernées (DEMEYER, BACQUELAINE, PIRMOLIN) à faire modifier les statuts pour empêcher toute récidive  et faire en sorte que NETHYS, extirpant les scories (Avenir, NICE MATIN, etc…) retrouve un statut PUBLIC, sans quoi ils s’exposent eux-mêmes directement à la démission (rappel : ils ont « couvert » toutes les opérations, rien ne s’est fait sans leur accord).

Si les grands chefs (DI RUPO…) ne procèdent pas de la sorte, ils seront inévitablement assimilés aux autres concussionnaires corrompus! C’est le prix à payer pour que l’opinion publique maintienne sa confiance dans les pouvoirs publics.

Que faut-il faire en sus ? Réexpliquer le rôle essentiel des intercommunales dans lesquelles il faut investir pour les services que le citoyen a le droit d’obtenir. C’est tout le contraire d’une attaque du système que les poujadistes vont faire sans aucun doute. Heureusement que le front national n’existe pas ici ! On voit d’ici tout le parti qu’il en tirerait…

Encore une chose: j’agis en homme LIBRE, en conscience, dénonçant la gabegie et l’hypertrophie d’une CERTAINE administration, au sens large. La Wallonie vaut mieux que tout cela! J’y crois! Je ne roule pour personne, je ne roule contre personne. Simplement, pour le respect de la démocratie.

2037

Par Georges-Henry SIMONIS

L’association du Grand Liège fête ce samedi 21 janvier 2017 ses 80 ans en choisissant de tenir au Palais des Congrès une journée de réflexion prospective sur ce que sera Liège dans vingt ans.

C’est assurément chose salutaire, même si les enjeux concerneront nos enfants et petits-enfants : vingt ans, c’est vite passé !

Je souhaite donc bon anniversaire à LIEGE, en souhaitant qu’il reste le plus « grand » possible en tant que métropole de l’est de la Wallonie.

Dans mon petit livre sur l’avenir de la Belgique *, je livre une réflexion sur les grandes métropoles émergentes, ces capitales régionales qui formeront l’Europe de demain. Liège en fait assurément partie.

Et je ne peux m’empêcher de penser que, plus à l’ouest, CHARLEROI a aussi sa place comme autre métropole wallonne.  Ce serait un risque et une erreur d’opposer ces deux bassins qui partagent une culture historique commune très ancienne, bien antérieure à Cockerill-Sambre et à l’époque des charbonnages du sillon Sambre et Meuse…

Certes, de manière coupable, l’état belge a incroyablement tardé à réunir les deux métropoles de Wallonie par cette autoroute Liège-Charleroi maintenant prolongée de Verviers à Tournai, ossature routière de la Wallonie, comme devrait le redevenir un chemin de fer moderne et européen entre Cologne et Paris !

Il n’est pas sans intérêt de rappeler que depuis le Traité de Verdun  de 843 qui partageait  l’empire de Charlemagne, les racines de Charleroi sont profondément ancrées en terres principautaires : Marchienne, Marcinelle, Châtelet, Thuin, Lobbes, Jamioulx, Philippeville, Mariembourg, Couvin… Toutes ces communes faisaient partie de la principauté de Liège.

Aussi, constatons que l’avenir de Liège, c’est aussi l’avenir de la Wallonie toute entière.

L’économie wallonne continue de se renforcer peu à peu, comme vient de l’écrire tout récemment l’économiste Philippe Defeyt (Le Vif du 16.1.17), au prix d’assainissements nécessaires (les intercommunales…) et de réformes institutionnelles indispensables  (le mille-feuille institutionnel, les provinces, le sénat…).

Le soleil se lèvera t’il sur la Wallonie ? Espérons avant 2037 !

J’ai en tout cas l’espoir que « le grand Liège » soit un signal positif de plus pour cette Wallonie que nous aimons et pour laquelle nous avons quelques projets… Restons assoiffés d’azur…

Bon anniversaire au « Grand Liège », et à toute la Wallonie !

* « L’après-confédéralisme belge », préfacé par Pierre Hazette, ancien ministre, sur l’avenir du Mouvement flamand et sur la Belgique de demain. Disponible à la librairie Molière à Charleroi ou chez l’auteur : simonisgh@gmail.com (60 pages, 8€ ou 10 si envoi postal à l’adresse indiquée).

La France étonnante

Lu sur le site BuzzFeed et daté du 18 mai 2016 :

45 faits étonnants sur la France, que vous ignoriez peut-être ?

1. Le mot «France» vient des Francs, peuple germanique dont le nom est lui-même tiré du francique «frank», qui signifie «libre».

2. La France est le pays qui a le plus grand nombre de fuseaux horaires au monde, grâce à ses territoires d’outre-mer (12 fuseaux horaires différents,  contre 10 pour les États-Unis et 9 pour la Russie).

3. Les deux plus vieilles villes de France seraient Marseille et Béziers, bâties toutes deux par les Grecs au VIe siècle avant J.-C.

4. En France, les œufs sont marrons, mais dans la plupart des autres pays (comme les États-Unis ou l’Allemagne), ils sont majoritairement blancs. C’est tout simplement parce que les races de poules pondeuses utilisées sont différentes. 

5. La France est le pays qui compte le plus de prix Nobel de littérature, avec 15 lauréats (suivi par les États-Unis avec 11 lauréats et le Royaume-Uni avec 10 lauréats).

6. Dans La Marseillaise, l’expression «sang impur» ne fait pas référence aux ennemis de la France , mais aux révolutionnaires, qui se définissaient comme «impurs» par opposition au sang pur des nobles. La strophe «Qu’un sang impur abreuve nos sillons» signifie donc que le peuple est prêt à verser son sang pour défendre la patrie.

7. Jusqu’en 2012, on ne trouvait qu’un seul panneau «STOP» dans tout Paris. Ce panneau était situé à la sortie d’une entreprise de matériaux de construction, quai Saint-Exupéry dans le XVIe arrondissement. Aujourd’hui,  ce panneau a été retiré.

8. En France, la plupart des plaques d’égout comportent l’inscription «Pont-à-Mousson» ou «PAM». Cette inscription fait référence à la ville où sont fabriquées ces plaques, dans la fonderie de Saint-Gobain.

9. De nos jours, il règne encore plusieurs rois en France. En effet, Wallis et Futuna, territoire d’outre-mer, compte trois rois (un à Wallis et deux à Futuna). Ces monarques sont rémunérés par l’État et ils ont autorité sur leurs territoires respectifs.

10. L’armée française est la seule d’Europe à compter encore des pigeons voyageurs dans ses rangs. Entretenus au mont Valérien près de Paris, ces pigeons peuvent être utilisés  pour effectuer des transmissions en cas de catastrophe majeure

11. Rapporté au nombre d’habitants, la France est de loin le pays le plus nucléarisé au monde (58 réacteurs pour 66 millions d’habitants), suivi par le Japon (54 réacteurs pour 127 millions d’habitants) et les États-Unis (104 réacteurs pour 319 millions d’habitants).

12. La France est le premier pays à avoir instauré un système de transport en commun. Dans les années 1660, les «carrosses à cinq sols»  étaient un système de carrosses circulant  à heure fixe sur des lignes qui reliaient différents quartiers de Paris. Le concept a été développé par Blaise Pascal.

13. Le plus vieil arbre de France connu est situé à Roquebrune-Cap-Martin, dans les Alpes-Maritimes. Il s’agit d’un olivier d’une circonférence de 20 mètres, qui aurait environ 2000 ans.

14. La France vit encore sur le fuseau horaire de l’Occupation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fut contrainte de s’aligner sur l’heure de Berlin, et ce changement n’a jamais  été annulé. Mais avant la guerre, la France était sur le même fuseau horaire que Londres.

15. En France, les commerçants n’ont aucune obligation de rendre la monnaie. Selon la loi, c’est au client de faire l’appoint.

16. En 1940, la France et le Royaume-Uni ont brièvement envisagé de fusionner en une seule nation pour faire face à l’invasion allemande. Le projet incluait une citoyenneté commune  et un parlement unique.

17. La France est le pays qui compte de loin le plus grand nombre de communes en Europe. On en dénombre près de 36.000, soit 40% des communes européennes. En comparaison,  l’Allemagne n’en compte que 11.000 et l’Espagne 8000.

18. La commune la plus étendue de France est Maripasoula, en Guyane, avec une superficie de plus de 18.000 km² (l’équivalent de deux fois la Corse).

19. En France, les trains roulent à gauche, sauf en Alsace-Moselle car la région était allemande au moment du développement des voies ferrées. 

 20. Avec 11 millions de km², la France possède la deuxième surface  maritime la plus importante derrière les États-Unis. Comme certaines demandes de la France n’ont pas encore  été validées par la Commission des limites du plateau continental, le territoire marin pourrait encore s’étendre d’1 million de km².

21. La France possède le navire de renseignements le plus puissant au monde. Appelé le Monge, il peut repérer une pièce de 2 euros à 800 km. Un jour, il a été capable de détecter une clé  à molette perdue dans l’espace par un astronaute américain. Le navire a surveillé la trajectoire de l’objet, qui était susceptible d’endommager des satellites.

22. L’Ardèche est le seul département français qui n’est pas desservi de façon régulière par des trains de voyageurs SNCF. Il n’existe que deux gares desservies ponctuellement lorsque  les trains de la ligne Lyon-Avignon sont détournés par la rive droite du Rhône.

23. Au cours de l’Histoire, plusieurs départements français ont changé de nom. C’est notamment le cas de la Loire-Inférieure qui est devenue la Loire-Atlantique en 1957, des Basses-Pyrénées qui sont devenues les Pyrénées-Atlantiques en 1969, ou encore des Côtes-du-Nord qui sont devenues les Côtes-d’Armor en 1990. Ces changements ont été effectués  pour supprimer les termes dépréciatifs comme «bas» ou «inférieur».

24. À elle seule, la France détient le record mondial du nombre de carrefours giratoires (« ronds points »). On en dénombre 30.000, soit plus de la moitié des carrefours giratoires existant dans le monde.

25. La commune française au nom le plus court est Y, dans la Somme. Ses habitants sont les Ypsiloniens.

26. La France est le pays le plus rentable pour Mc Donald’s après les États-Unis, avec plus de 1000 restaurants répartis sur tout le territoire.

27. En France, il existe six communes qui ont un maire alors qu’elles ne comptent aucun habitant. Ces villages ont été détruits pendant la Première Guerre mondiale, mais leurs maires sont chargés de continuer d’assurer leur entretien.

28. Grâce à ses territoires d’outre-mer, c’est avec le Brésil que la France partage sa plus longue frontière.

29. En Alsace-Moselle, contrairement au reste de la France, le 26 décembre est un jour férié. C’est également le cas du Vendredi saint pour les communes ayant un temple protestant ou une église mixte.

30. L’Alsace-Moselle est aussi le seul territoire français où l’enseignement religieux est obligatoire, car il était allemand au moment de la loi sur la séparation de l’Église et de l’État en 1905.

31. Le département français le plus peuplé est le Nord.

32. Et le moins peuplé est la Lozère.

33. La plus ancienne construction connue en France est le cairn de Barnenez, dans le Finistère, un édifice mégalithique de 75 mètres de long datant du Ve millénaire avant J.-C.

34. En France, il existe une loi qui interdit d’appeler son cochon Napoléon

35. En 2011, après un petit concert, un piano est resté quelques jours à la gare Montparnasse en attendant d’être remballé. Des passants ont commencé à jouer avec en pensant que l’instrument était en libre service, et face à ce succès imprévu, la SNCF a décidé de placer des pianos dans ses gares.

36. Aujourd’hui, on en compte une centaine à travers toute la France

37. En France, jusqu’en 2012, il était théoriquement illégal pour une femme de porter un pantalon sans autorisation préfectorale.

38. En Alsace-Moselle, l’inscription qui figure sur les monuments aux morts n’est pas «Morts pour la France » mais «À nos morts» ou «La ville de … à ses enfants», car pendant la Première Guerre mondiale, le territoire était encore allemand.

39. En France, la guillotine était le mode d’exécution des condamnés à mort jusqu’à l’abolition de la peine de mort en 1981.

40. Le métro le plus dense au monde est celui de Paris, avec 245 stations sur 14 lignes, pour une surface de moins de 90 km2.

41. Le «repas gastronomique des Français» est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco.

42. La France est le plus grand pays de l’Union européenne en superficie.

43. Il existe des dizaines de communes françaises au nom insolite. On compte notamment Chatte en Isère, Gland dans l’Yonne, Vulvoz dans le Jura, Glaire dans les Ardennes, Mois dans le Loir-et-Cher, Anus dans l’Yonne ou encore Poil dans la Nièvre.

44. Il existe plusieurs «versions» du drapeau français. Le drapeau avec un bleu vif et un rouge clair est très répandu, mais il existe une version avec un rouge vif et un bleu plus sombre, qui est généralement arborée par les mairies et les bâtiments publics.

45. Il existe aussi une version spécifique pour les interventions télévisées du chef de l’État, avec une partie blanche beaucoup plus étroite, pour que le visage du président ne soit pas entouré de blanc en  plan serré.

Les citoyens du XXIe siècle

Citoyenneté responsable, droits et devoirs, cohésion sociale… : ce sont là des questions essentielles souvent réduites à des mots creux.  La primauté de l’économie fait penser que l’idée même d’un corps politique a perdu de sa légitimité. Pour nourrir le débat, donc pour rendre une chance à la politique, La Libre Belgique a donné la parole au philosophe français Yves Michaud. Celui-ci fut reçu premier à l’agrégation de philosophie en 1968. La « gauche libertaire », il s’en réclame encore aujourd’hui, mais ses messages sont loin de répéter les slogans de mai 68.   Ce qu’il dénonce : le laxisme, le je-m’en-foutisme, le communautarisme, l’incivisme, tout ce qui fragilise le contrat social. « On est arrivé à ce paradoxe que l’Etat de droit, qui garantit le libre exercice de la citoyenneté, devient lui-même l’allié de l’incivisme », écrit-il dans son nouveau livre intitulé Citoyenneté et loyauté (éd. Kero, 2017, 118 pages).

Dans ce livre, on trouve aussi ceci, qui renvoie chacun à ses responsabilités : « Quand tout peut passer parce que tout le monde est résigné à la faillite, effectivement tout passe et il n’est guère surprenant que le petit délinquant de banlieue, connu défavorablement des services de police selon l’expression consacrée, se transforme un jour proche en terroriste assassin. » Autre phrase retenue par La Libre Belgique : « La nationalité est une chose, la citoyenneté en est une autre. Celle-ci ne peut être que voulue et construite et elle requiert plus que la simple présence sur place : elle exige la loyauté. » Voilà une définition du vivre-ensemble qui a au moins le mérite de la clarté : « L’allégeance faite (…) à une religion prétendant avoir primauté sur toute autre allégeance, comme c’est le cas pour l’islam tant que le croyant ne reconnaît pas expressément sa seule allégeance à la République et à ses principes (…) est une trahison. »

Voici l’entretien qu’Yves Michaud a accordé au journaliste Baptiste Erpicum. Cet entretien a été publié dans la Libre Belgique des 14 et 15 janvier 2017.

« Les adolescents devraient prêter allégeance au corps politique »

Pour le philosophe français Yves Michaud, nous ne savons plus ce que signifie « être citoyen ». Il propose de rénover notre adhésion à une communauté politique en lui jurant loyauté. Ceux qui trahiraient ce serment risqueraient jusqu’à la déchéance de nationalité. Entretien.

Dans votre dernier ouvrage, vous posez le constat d’une crise réelle, celle de la citoyenneté. D’après vous, cette crise se manifeste à travers tous les phénomènes d’affaiblissement du civisme comme les petites incivilités, les dégradations de biens publics, les combines ou les fraudes à la TVA. Mais cette crise, elle s’incarne aussi sous la forme d’évasions fiscales frauduleuses, de manifestations de « casseurs »… Et, enfin, elle culmine avec les actions terroristes de citoyens, se donnant pour mission d’exterminer ceux qui ne pensent pas comme eux, ceux qui ne sont pas de la même religion ou tout simplement leurs concitoyens. Comment en est-on arrivé là ?

La crise tient à ce que nous ne savons même plus que nous sommes des citoyens. L’explication est simple : cela ne nous coûte rien. Avant, que nous soyons immigré, que nous fassions notre service militaire ou que nous ayons à faire notre place dans la société, être citoyen avait du sens, parce que c’était acquis, je dirais, au prix d’un certain effort. Aujourd’hui, nous vivons dans des sociétés où la citoyenneté nous vient en naissant. Et puis, surtout, avec la citoyenneté, nous viennent tous les bénéfices sociaux, tous les fruits de ce qu’on appelle l’Etat providence : entre autres, la sécurité sociale, la prise en charge de certains services, les revenus de substitution. Tous ces avantages de la citoyenneté nous en profitons, et nous ne mesurons pas que cela a un coût, pas seulement un coût d’argent, mais aussi un coût d’engagement – par le passé, les gens ont lutté pour être citoyens.

Aujourd’hui, on ne se sent plus redevable de rien ?

Exactement, tout semble aller de soi. Nous trouvons même que le peu que l’on nous demande, par exemple s’inscrire sur les listes électorales en France, c’est scandaleux. Il n’y a plus de geste volontaire d’adhésion à la communauté politique.

Est-ce dû à un manque d’amour de la patrie ?

Mon propos est un peu différent. La crise de la citoyenneté est notamment liée au fait que les sociétés sont devenues plurielles. A la fois, il y a de grandes ruptures générationnelles, il y a des immigrants et des migrants – des gens qui décident de faire leur vie ailleurs. Et puis, il y a une ouverture de cultures à la mondialisation, qui fait que moi, qui suis lyonnais, je ne partage pas la même culture qu’un Breton. Par conséquent, nous en oublions l’appartenance fondamentale, qui est l’appartenance à la communauté politique. Quand je parle de communauté politique – et c’est un des points essentiels de mon livre – ce n’est pas l’appartenance à la nation. Si l’identité nationale signifiait quelque chose au XIXe siècle, elle ne veut plus dire grand-chose aujourd’hui. En revanche, l’identité civique, citoyenne, à mon sens, elle a toute sa place. Ce qui est fondamental, c’est de dire : « Nous faisons partie du même corps politique », au sens où nous partageons un certain nombre de valeurs. Pour nous, en France, et pour la plupart des Européens, il s’agit de la liberté, l’égalité et la solidarité.

Mais comment revenir à une citoyenneté volontaire, engagée ? Comment rénover le serment entre les citoyens et le corps politique ?

Le corps politique, ce qu’il demande, c’est d’abord qu’on lui soit loyal. On lui est, par exemple, loyal quand on a mon âge, parce qu’on en fait partie depuis longtemps, qu’on y a réfléchi. Mais, pour beaucoup d’autres personnes, cette loyauté à un corps politique suppose qu’on ait d’abord appris qu’on en faisait partie. Je prône donc une formation civique forte : non pas l’apprentissage de la liste des sous-préfectures (ou des chefs-lieux des provinces en Belgique), mais, disons, des principes de la Constitution, de notre manière de vivre ensemble, des droits de l’homme et des obligations que cela implique : la tolérance, le respect de la liberté religieuse et aussi de la croyance. Bref, il faut produire cette loyauté, très tôt, à travers l’enseignement d’une éducation. Concrètement, je propose un service civique obligatoire, d’une durée de trois mois, qui s’adresserait aux adolescents au cours de leur seizième année. A l’issue de ce service civique, les adolescents devraient prêter solennellement allégeance et loyauté au corps politique. Un tel serment civique a existé dans nombre de sociétés, il existe encore d’ailleurs sur le papier quand quelqu’un est naturalisé : il fait un serment de loyauté à son pays. Pour moi, ce serment de loyauté, puisqu’on a oublié presque tous qu’on bénéficie du corps politique, il devrait concerner tout le monde.

Alors que les gens ne se préoccupent guère de leurs devoirs de citoyen, pourquoi trouveraient-ils un intérêt à prêter un serment civique ?

Ce qu’il faut leur rappeler c’est qu’en France, ils bénéficient des avantages de la communauté républicaine. On ne leur demande pas de devenir français et de manger du cochon. Si les gens veulent manger végétarien ou halal, ils peuvent le faire. Mais il faut qu’ils reconnaissent que la communauté républicaine leur apporte un certain nombre de choses et que s’ils sont déloyaux, ils peuvent en perdre les bénéfices.

Comment pourraient-ils en perdre les bénéfices ? Vous envisagez la mise au ban de la société des personnes déloyales ?

Exactement, il existe déjà des peines de privation de droits civiques. On peut imaginer de mieux les définir, de les détailler et de les rendre graduelles de manière à priver le citoyen renégat de certains droits politiques économiques et sociaux. Avec au bout du compte, la déchéance de nationalité. Ce qui ne pose pas de problème en droit, puisqu’existe le statut d’apatride. Il y a selon moi trois cas d’exclusion majeurs. Un, la fraude fiscale massive et organisée et les cas d’expatriation fiscale frauduleuse. J’ai des amis qui ont divorcé fictivement, et sont allés s’installer l’un en Angleterre, l’autre au Luxembourg pour échapper au fisc. A ce moment-là, ils pourraient aussi bien renoncer à la nationalité française. Deux, la trahison. Autrement dit, l’allégeance à un Etat étranger, une institution, voire une religion prétendant avoir la primauté sur toute autre allégeance. Quand les terroristes commettent un attentat, et font allégeance à l’Etat islamique, il n’y a pas à se poser de question. Trois, les actes de barbarie accompagnant certains crimes affreux. Faute d’être condamné par la peine de mort, ces actes devraient au moins entraîner la mort civile.

Ce projet d’une citoyenneté voulue remonte aux Lumières. Vous ne proposez rien de neuf ?

Il y a beaucoup de choses qui ont été mises en place par le passé et qui sont excellentes, il ne s’agit pas d’y revenir de façon réactionnaire, mais de revenir sur le laisser-aller et le laxisme qu’on a pratiqué. J’ai dirigé les écoles des Beaux-Arts, un établissement public important. Je sais très bien que les règlements s’usent : au fur et à mesure que le temps passe, ils ne sont plus adaptés et, en général, on cède au laxisme. Moi, ce que je dis, c’est qu’il faut savoir resserrer les boulons. Comme pour une machine qui, à force de fonctionner, commence à vibrer.

Régionaliser la justice ?

Par Georges-Henry Simonis

En revenant de France après quelques jours d’oxygénation physique et mentale.

La route est grise, froide et neigeuse. Je ne peux m’empêcher de me focaliser sur la campagne présidentielle : « notre » campagne, puisque, chez nous, il n’y en a pas… J’admire les intervenants, candidats, journalistes, experts plus ou moins patentés. Aujourd’hui, sur France Inter, c’est Benoît HAMON, dont j’avais lu les propos de campagne dans Libé, mais dont j’ignorais le son de la voix. J’ai été complètement « scotché » durant 100 kilomètres au moins par la qualité des propos… C’était magnifique. D’autres prétendants le sont aussi. Je suis impressionné par la qualité du verbe, et aussi, souvent, par l’audace des réflexions. La démocratie ne se limite pas à ces débats de circonstances, mais ils lui contribuent largement…

Retour en Belgique.

On le perçoit de suite : des trous dans la route, finies les belles lignes blanches qui balisent les routes françaises… Le contournement de Couvin progresse, mais surtout du côté français… La RTBF remplace France Inter. Retrouvailles : Devos & Lemmens, le café serré, les accents belge et bruxellois…

Le lendemain, épluchage de la boite de réception des courriels.

Tous les vœux reçus pour 2017, bien sûr… 

Puis, de l’actualité juridique :  

1. Stupeurs et tremblements face aux errements de procédure du Ministre Franken

Du référé pour contrecarrer un arrêt de cour d’appel, de l’unilatéral quand on peut faire du contradictoire, le plaideur qui choisit son juge (bien flamand et de la couleur politique requise), un changement de langue pour s’offrir une nouvelle chance de succès judiciaire…

Sur le site des magistrats, l’émoi général est évidemment légitime et justifié. Les juristes les plus honnêtes y perdent leur latin… « C’est à n’y rien comprendre ! », ou « C’est la fin de l’Etat de droit en Belgique », ou encore « C’est du Erdogan qui avoue se moquer des décisions judiciaires »… Pourtant, est-ce bien une surprise ?

« Faut-il régionaliser la justice ? », se demande un magistrat…

2. L’après-confédéralisme belge

C’est le titre de la petite plaquette que je publie sur l’avenir du pays : l’esprit du Vlaams Volks Beweging, le mille-feuilles institutionnel belge, le silence des francophones et de leurs partis, les solutions de rechange pour la Wallonie et pour Bruxelles… La dernière phrase de mon livre : « La scission du pays est à nos portes »  

Je pense qu’il y a un pas que certains, de plus en plus nombreux,  commencent à oser franchir.

3. La régionalisation est déjà bien en marche    

Renvois en Cour d’Assises : la fracture entre le Nord et le Sud, titre Le Soir du 12/01/17 ( J’ai déjà dit ma préférence pour la procédure française pour les Assises, qui ne sera jamais adoptée en Belgique…)

Aide à la Jeunesse : le droit est déjà largement régionalisé depuis plusieurs années.

Exécution des peines : domaine largement régionalisé, au risque d’incohérences entre juges et maisons de justice.

Droit de la circulation  :  on annonce la fin de l’IBSR, Institut belge de Sécurité Routière, et son remplacement par un nouvel organe.  (J’espère qu’il aura le sens de la prévention et pas uniquement celui de la répression…)

Aide aux Victimes : la régionalisation est bien en cours au sein des Maisons de Justice qui sont déjà régionalisées. J’espère que l’on s’inspirera des travaux et de l’expérience de l’INAVEM français ( Institut d’aides aux victimes) qui a vingt ans d’avance sur la Belgique et des moyens financiers d’indemnisation des victimes bien plus considérables, rapides et efficaces.

A quand la Régionalisation des prisons, que l’on ose encore imaginer d’un autre type que celui de Haren qui nous est imposé ? De nouveaux établissements conçus pour la prévention, avec des ateliers, de la formation, de l’aide à la réinsertion…Peut-on rêver? Dossiers à suivre !

4. Trop de détentions préventives en Belgique 

Le constat reste accablant depuis 40 ans au moins ! Je retiens  de mon expérience de 5 ans en Chambre du Conseil que le système ne fonctionne pas assez bien notamment en raison de la proximité entre les juges de cette juridiction et les juges d’instruction. De l’encre a déjà longuement coulé sur la suppression du modèle de juge d’instruction que nous connaissons, au profit de solutions « à l’italienne », avec un juge des libertés seul maître à bord pour les incarcérations.

Je pense aussi, paradoxalement, qu’une prolongation du délai de garde à vue de 24 à 48 heures, « à la française », serait de nature à diminuer les détentions préventives abusives faute de temps suffisant pour permettre un diagnostic sérieux sur le caractère nécessaire et indispensable des privations de libertés. On use souvent d’un remède, aléatoire, sans disposer d’un diagnostic sérieux !

J’ai bien aimé la réponse de Manuela Cadelli, présidente de l’Association Syndicale des Magistrats, à qui on demande quelles sont les solutions alternatives à la détention préventive (Le Soir 10.01.2017) : la probation. Elle précise :  « Des choses contraignantes mais qui sont là pour remédier au problème détecté à l’occasion du passage à l’acte ». Je me réjouis vivement de cette profession de foi, abolitionniste (n’ayons plus peur des mots), qui est la mienne depuis des années après lecture de Louk Hulsman in illo tempore (« Peines perdues »),  qui peut relégitimer l’ensemble du droit répressif et, peut-être, donner à la justice un souffle nouveau. Surtout si elle est bien expliquée et comprise par la population, comme l’ont été les importantes réformes pénitentiaires scandinaves, bien accueillies par l’ensemble des citoyens.

5. Maisons de justice et probation

On n’a sans doute pas assez bien perçu l’importance de l’émergence des Maisons de Justice au sein de notre paysage institutionnel. A Charleroi, où j’ai l’honneur de présider la commission de probation, la maison de justice compte pas moins de 75 agents ! Au début de ma carrière, il y avait trois agents de probation !  Il y va de nouvelles pistes d’action et de réflexions non encore abouties, comme l’expose brillamment une étude de Madame Alexia JONCHEERE, publiée par la Revue de Droit Pénal et de Criminologie de 2016 (« L’activité des commissions de probation dans le cadre de l’exécution des peines »).

Elles précèdent ce qu’annonce depuis des temps immémoriaux l’avènement d’un véritable Tribunal d’Application des Peines, chargé de définir individuellement les modalités précises des peines, en remplacement ou en complément des pratiques machinales des services d’exécution des peines des différents parquets. Il y faudrait aussi des magistrats spécialisés…

Il y a plus de 30 ans, j’avais fait un stage au sein du Tribunal d’Application des Peines de Paris… Il est grand temps de s’y mettre chez nous, et sans doute de régionaliser… Il serait utile de créer plus de liens entre les Maisons de Justice et les juges en prévoyant des lieux et des temps de concertation entre les différents acteurs.             

Lettre à Paul Furlan

Monsieur le Ministre,

Je partage vos inquiétudes et votre volonté d’y voir clair dans le dossier « Publifin ». Toutefois, je ne peux cautionner vos propos relatifs au conseil donné aux mandataires concussionnaires de garder l’excédent de ce qu’ils ont reçu, impôts décomptés, plutôt que de verser à des œuvres. En effet, il me semble que la seule issue possible, afin de garder – un peu- de dignité – est bel et bien de reverser ces sommes à l’intercommunale. Ceci pour éviter que ces mandataires récoltent des crédits d’impôts, suite à des libéralités. L’argent des intercommunales est l’argent de tous ! Je continue à défendre inconditionnellement les intercommunales, mais pas les abus. Je SAIS que ce qui s’est passé chez PUBLIFIN se passe également ailleurs !!!!!. Je me permets d’attendre de vous que vous y mettiez fin ! Et je vous en remercie.

Avec mon respect,
Paul Mélot,
Citoyen de Durbuy.

Hypertrophie

Il y a belle lurette que l’Alliance Wallonie France dénonce cette hypertrophie politico-administrative de la Wallonie comme l’un des maux qui pénalisent la Wallonie dans son redressement et dans sa volonté de bonne gouvernance.

Dans cette perspective, il faut se réjouir de ce qui vient d’arriver à l’intercommunale PUBLIFIN, tel que vient de le décrire la journaliste  Marie-Cécile ROYEN (Le Vif du 23 décembre 2016), qui stigmatise ce qui vient d’arriver « à 25 obligés politiques de second rang »…

Certes, la riposte semble avoir été rapide et ferme, à la hauteur de l’émoi ressenti par toutes les honnêtes gens : il n’en manque pas !

On ne peut que souhaiter que cette volonté de transparence se manifeste partout en Wallonie. Mais, si l’argent a été un moteur pour certaines femmes et certains hommes détenteurs de mandats publics, il est temps d’envisager de remplacer ce moteur défaillant par d’autres valeurs plus humaines et plus proches des problèmes réels des citoyens. C’est le sens de la participation du peuple aux politiques menées par les gouvernants et les parlementaires wallons.

Il y va d’un effort de salubrité publique et il ne concerne pas que les proches du PS et des autres partis de gouvernement : le MR des KUBLA, DE DECKER, et autres affairistes d’Afrique  et d’ailleurs, peuvent aussi balayer devant leur porte…

Que nos décideurs Wallons aient la force et le courage de s’y atteler : cela peut-être l’un de nos souhaits pour 2017 !

Georges-Henry SIMONIS

Post scriptum :

Je me réjouis d’apprendre que le pouvoir judiciaire s’intéresse à l’affaire PUBLIFIN  ( Le Soir du 10 janvier 2017).

Dès l’annonce du problème, j’ai pensé à la portée de ce qu’on appelle, dans le jargon, les « Déclarations de créance » qui figurent généralement  sur les documents relatifs aux paiements demandés à l’Etat, ou plus largement aux pouvoirs publics, pour diverses prestations défrayées.        

« Je déclare sur l’honneur… » ou « Certifié sincère et véritable » : je ne pense pas qu’il y ait une formule sacramentelle unique. Par contre, ne faut-il pas élargir la portée de ce type de signature en considérant que celui ou celle qui la signe reconnait par sa signature le montant de sa demande de, mais aussi la réalité et l’effectivité  de la prestation.  

A défaut, il s’agirait tout simplement de faux et d’usage de faux au sens des articles 196 et 197 du code pénal, infractions punissables de la peine de réclusion. Un peu comme une fausse facture.

En termes de prévention d’abus, peut-être serait-il utile de préciser la portée des obligations qui s’imposent aux signataires de déclarations de créances, de même que l’étendue des devoirs de vérification des services publics de contrôle et d’inspection.

Pourquoi pas un « Pacte de la bonne gouvernance wallonne » ?

G-H S. / 12.01.17

L’après-confédéralisme belge

Georges-Henry Simonis est un chaud partisan de la réunion de la Wallonie à la France. Il a récemment fait imprimer un petit livre intitulé « L’après-confédéralisme belge ». Voici comment il le présente en quatrième de couverture :

3,5 millions de Français en plus !

C’est ce qu’apporterait la région Wallonie à la République française.

Ils parlent tous français, et seront intégrés affectueusement et sans problème. Ils renforceront le rôle de la France au sein de l’Europe : ensemble, ils seront plus forts pour relever les défis ! En ce qui concerne les finances, il y aura des économies d’échelle considérables. La solidarité reposera sur un plus grand nombre de personnes, qu’il s’agisse de la charge des dettes publiques, de la sécurité sociale ou du chômage.

Le marché interne sera plus grand. Les débouchés économiques plus vastes. Il y aura des Wallons à Paris et partout dans le monde.

Le poids politique de la France des droits de l’Homme sera plus lourd. La vie sera moins chère et meilleure pour tous et spécialement pour les plus petits.

Et la Wallonie, épaulée par Bruxelles, fera l’apport à la France de tous ses charmes.

Ce livre de 60 pages est vendu par la Librairie Molière, 68 boulevard Tirou à Charleroi (contact@moliere.com).                       

Il est également possible de se procurer ce livre en contactant l’auteur : simonisgh@gmail.com (8€+2€ si envoi postal à l’adresse indiquée).

Pour tous les lecteurs qui en exprimeraient le souhait, Georges-Henry Simonis serait particulièrement heureux d’organiser un débat suivi d’une dégustation-surprise…

Coopération linguistique

La Belgique est traversée par une frontière linguistique et on sait combien celle-ci détermine la vie politique du pays. L’évolution centrifuge de celui-ci est néanmoins compensée par un discours rassurant. Des liens sont non seulement maintenus mais développés, dit-on. La coopération : voilà le mot qui sauve. Ce serait bien sûr une bêtise de ne pas tirer profit de la diversité linguistique : un prof flamand pour enseigner le néerlandais aux francophones et un prof wallon ou bruxellois pour enseigner le français aux Flamands. Mais il ne suffit pas de signer des accords de coopération car, si les choses bougent en Belgique, ce n’est pas vraiment dans ce sens-là.

L’information suivante a été publiée hier sur le site du journal Le Soir.

En 2015, la Communauté française, la Flandre et la Communauté germanophone concluaient un accord pour faciliter l’immersion linguistique dans les écoles. Près de deux ans plus tard, force est de constater qu’il s’agit d’un fiasco total.

Cet accord de coopération visait à encourager l’échange de professeurs entre Communautés. Mais depuis 2015, pas un seul enseignant francophone n’a traversé la frontière linguistique pour donner des cours en immersion dans une école flamande.

Le fait est que les établissements flamands, quand ils sont en immersion, préfèrent enseigner l’anglais au français.

Et le texte, en soi, favorisait davantage l’échange de la Flandre vers la Communauté française, puisqu’il permet au prof de conserver le salaire de sa Région d’origine. Un avantage pour les Flamands venant travailler chez nous, car la différence de traitement est d’environ 10 %.

Mais du côté des néerlandophones, seuls deux profs ont profité de l’opportunité.

Il ne faut pas désespérer

Le monde est rempli de personnes remarquables. Voici une leçon qui nous vient de France. Elle nous est rapportée par le site de la RTBF.

Caterpillar, Axa, ING… Les exemples de licenciements massifs ne manquent pas en Belgique pour l’année 2016. Mais parfois, cela ne se finit pas toujours aussi mal. A Nantes, dans l’ouest de la France, un chef d’entreprise sur le départ a cédé sa boîte à ses employés afin d’éviter des licenciements.

Il s’appelle Eric Belile et dirige la Générale de bureautique, une entreprise de 40 salariés qui fournit du matériel informatique, des logiciels et des systèmes d’archivage. Alors qu’il était sur le point de partir à la retraite, Eric Belile a renoncé à céder l’entreprise à un gros concurrent, ainsi qu’à ses 4 millions d’euros de dividendes qui lui revenaient. Au lieu de ça, il l’a cédée à ses travailleurs, en formant lui-même cinq salariés qui reprendront le flambeau.

Un patron qui « aime ses salariés »

« J’aime mes salariés. Or, céder l’entreprise à un gros concurrent signifiait de toutes façons licenciements, a expliqué Éric Belile à RMC. Il était impensable d’imaginer que des gens qui ont travaillé avec moi pendant 25 ans, puissent être licenciés. Il y a des cadres qui travaillent ici plus que moi, des salariés qui rentrent tard chez eux, ce que je ne fais pas. »

Une belle histoire dévoilée par RMC et saluée par les employés. « La simplicité pour un chef d’entreprise, c’est de se retirer, de prendre l’argent, et de vivre une bonne retraite au soleil, explique Vincent Le Quer, un des futurs patrons. Mais ce n’était pas du tout sa philosophie. »