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La Belgique brûle-t-elle ?

Nous reproduisons ici la réaction de Marcel Sel au récent sondage Le Soir/RTL (voir son blog).

Badaboum, le baromètre RTL-TVI/Le Soir est sorti, et ça fait très mal. Tout d’abord, parce que la N-VA continue tranquillement sa progression. Je l’avais prédit, en tout cas, j’avais annoncé que ce serait probable dans un premier temps. Le fait est qu’un premier ministre francophone, une hexapartite avec soutien vert extérieur, ajoutés à la nécessité de la rigueur, ont tout pour ne pas être sexy aux yeux de l’électeur — y compris en Wallonie où le PS perd quelques belles plumes. La question est : cela va-t-il perdurer ? En tout cas, comme je le fais régulièrement, j’ai fait une projection en sièges. Elle est très hypothétique et non scientifique, parce qu’elle ne tient compte que du pourcentage des partis et de la répartition des sièges (88 néerlandophones sur 150). Mais disons que si l’on votait aujourd’hui, la Chambre pourrait ressembler au graphique ci-dessous. Que remarquez-vous ? C’est simple : il n’y a plus qu’une famille politique qui égale la N-VA, avec 36 sièges (39 selon Fabrice Grosfiley). Les socialistes du Nord ajoutés à ceux du Sud font jeu égal. Mais les libéraux doivent se contenter de 25 strapontins, contre 24 pour les démocrates-humanisto-chrétiens. Autre constat : la N-VA et le Vlaams-Belang (les nationalistes) obtiennent plus de 50% des sièges néerlandophones. Imaginez une telle chose au Parlement flamand… Car oui, en 2014, on élira aussi nos parlementaires régionaux. Si ces intentions de votes devaient alors se concrétiser, le roi de la Flandre s’appellerait Bart De Wever, et il n’aurait besoin que d’un seul autre parti pour obtenir une majorité. Gageons qu’il ne choisira pas le Vlaams Belang. Autre constat, la réforme de l’État, qui requiert les deux-tiers des sièges, requiert (mais c’est pratiquement déjà le cas) l’ensemble des partis traditionnels. Il en faut en effet la bagatelle de huit, sans aucune défection ou presque, pour parvenir aux 66,666… % fatidiques. Et il devient tout bonnement impossible de concevoir un gouvernement ayant une majorité en Flandre sans y intégrer, au choix, le Vlaams Belang ou la N-VA. Si Albert II a un jour fait un cauchemar, c’est bien celui-là. Le Vlaams Belang ne va pas bien, c’est un fait. Mais il oscille entre 10 et 12,5 % depuis les dernières élections. Contrairement à l’Open VLD, il ne semble donc plus vouloir chuter. Dans le sondage de la semaine passée (RTBF/La Libre), il reprenait même des plumes piquées à la N-VA. Ceux qui crient à hue et à dia que ce parti est fini (« grâce à Bart De Wever » — je t’en foutrai, moi, des grâce à qui !) vont peut-être un peu vite en besogne. Et par mesure de précaution, je préfère considérer que le Vlaams Belang n’est pas encore enterré. Comme je l’ai déjà dit quelques fois, il doit sa chute d’abord à la disparition de son leader historique (Karel Dillen), et ensuite à la rigidité des « Anversois » (Filip Dewinter avant tout) et aux promesses de réforme non tenues de son président, Bruno Valkeniers, cofondateur du cercle étudiant néofasciste (ou néonazi, c’est selon) NSV. Oui, le Belang a perdu de sa superbe, mais il est aussi revenu vers plus de radicalisme. Un parti noir de noir. Filip Dewinter rappelait encore ce dimanche à un journaliste de Rue89 que son parti était « plus à droite que le FN (français) ». C’est-à-dire à la droite de l’extrême droite. Et même si le VB baissait encore, c’est au profit d’un parti tout aussi radical (belgiquement parlant) qui, à sa différence, a non seulement la capacité de se trouver au pouvoir, mais y est déjà — au gouvernement flamand, et dans un certain nombre de communes. Quant au Parlement belge, les gens de Bart occupent le terrain quasi quotidiennement. On se demande même qui est notre premier ministre, d’Elio di Rupo ou de Bart De Wever, quand on regarde le nombre de passages de l’un et de l’autre à la télévision, particulièrement en Flandre. À l’arrivée, la démocratie belge ressemble aujourd’hui à ce qu’était la démocratie italienne dans ses pires moments : elle est vaporisée façon puzzle. Les partis traditionnels du Nord ne parviennent même plus à faire, ensemble, jeu égal avec les nationalistes. Même la N-VA, seule, ne peut rien avec 36 sièges. Et en face, seule une tripartite traditionnelle serait encore en mesure de former un gouvernement. C’est déjà le cas, me direz-vous ? Oui, mais avec une N-VA aussi dominante, et après 4 ans de gouvernements sans majorité en Flandre (6 en 2014), je pense qu’on peut exclure un accord du type de celui qu’Elio a signé. Et fin du fin, si même la N-VA n’est toujours pas maîtresse du jeu, la vaporisation politique lui profite, puisque son Credo, c’est que la démocratie belge est une hérésie. Et côté flamand, elle est tout simplement in-con-tour-nable. Bref, un tel parlement pourrait bien être notre dernier. Une rumeur veut d’ailleurs que les Wallons n’étaient pas dupes au moment de s’engager dans le gouvernement Di Rupo. Et qu’ils n’y montaient qu’ayant à l’esprit de retarder tant que faire se pouvait l’inévitable: la scission du pays. Au vu de ce graphique, et pour autant qu’il se concrétise, ils avaient raison, tout simplement. Une chose est certaine : si ce scénario devait prendre vie, la seule chose sage qu’il nous resterait à faire serait de gérer la scission. Mais tout n’est pas joué. Nous avons un gouvernement. Il lui reste deux ans et des poussières pour inverser la tendance. Il n’a pratiquement aucun atout dans sa manche. Pire : il doit se faire détester pour maintenir le pays à flot. Il arrive dans ce bas monde que le courage et l’audace la plus folle payent. Mais de vous à moi, je n’y mettrais pas ma main au feu : il se pourrait qu’un jour prochain, dans deux ans à peine, cette actualité devienne brûlante.

Le Grand Baromètre

Elio Di Rupo l’a bien dit : pour sauver la Belgique, il faut que le cd&v, le sp.a et l’open vld sortent renforcés de leur expérience gouvernementale. Au vu du dernier sondage, cela s’annonce mal, à moins que le Premier ministre ne sacrifie davantage les intérêts de son propre parti, annoncé en net recul… Dur dur d’être un héros.

Pour une analyse détaillée du Grand Baromètre RTL-TVI/Ipsos/Le Soir, cliquer ici  (Le Soir) et  (RTL).

L’appel répété de Robert Collignon

Une piqûre de rappel est parfois bien utile …

Nous reprenons ici un article de Christian Laporte publié dans Le Soir du 25 novembre 2002.

Un nouveau Mouvement populaire wallon ?

Collignon pour une Wallonie française

Robert Collignon a de la suite dans les idées : après avoir déjà lancé un appel au rattachement de la Wallonie à la France et déploré, lors des dernières fêtes de Wallonie, que cette dernière continuait à trop raisonner dans un cadre fédéral, le président socialiste du Parlement wallon – qui tint cependant à préciser qu’il parlait à titre personnel – a rallumé le feu samedi à Mons lors d’un colloque organisé à l’initiative de France-Wallonie-Bruxelles présidé par l’ancien ambassadeur français Bernard Dorin.

Il s’agissait surtout d’évoquer la bataille de Jemmappes de 1792, mais l’objectif était de rattacher cet événement à la situation politique présente. Face à 250 militants wallons se doublant de zélateurs républicains et francophiles, Collignon a d’emblée fait remarquer qu’il y avait un fossé entre l’espoir wallon de rester dans la République révolutionnaire en 1792 et l’actuel système fédéral qui s’affirme de plus en plus comme celui de la distance et de la divergence.

Pire : la Belgique, née de l’accouplement de populations dépourvues d’affinités, est un Etat improbable et une nation impossible. Une de ses conséquences est l’actuel fédéralisme de l’ambiguïté. Après avoir cité tout un catalogue montrant que les Wallons n’ont plus rien à gagner du système actuel, Robert Collignon s’est dit très sceptique face à l’annonce d’un front de résistance qui se définit par le refus.

Sa conclusion a pris la forme d’un appel solennel à un rassemblement de tous ceux qui (…) sont prêts à œuvrer à la création d’un ambitieux mouvement populaire, seul à même de façonner l’identité et le patriotisme wallon.

Une sorte de nouveau Mouvement populaire wallon comme celui d’André Renard, au début des années soixante… mais qui ne s’inscrirait, de toute évidence, plus dans le cadre de la Belgique actuelle. A cet égard, Collignon a été très clair en citant Alain Peyrefitte, reprenant lui-même le général de Gaulle qui lui aurait dit que seul un accident de l’histoire avait empêché la France d’intégrer aussi la Wallonie…

Des propos sulfureux tenus dans les locaux de l’université plutôt qu’à l’hôtel de ville refusé aux organisateurs. Il est vrai qu’Elio Di Rupo, président du PS et maïeur montois, n’est pas sur la longueur d’onde de son francophonissime président du parlement wallon…

                                                                                            Christian Laporte

A cet appel, on pourrait en ajouter un autre, lancé le 31 mars 2007 à Maisons-Laffitte :

« La Wallonie est un peuple de langue française. A ce titre, la Wallonie regarde vers la France. Nous sommes imprégnés de cette langue universelle qu’est le français. Nous avons appris à formuler avec les mots de Balzac et de Dumas. Nous nous sommes initiés aux idées à travers ceux de Bergson et de Sartre. Il y a quelques jours, Abou Diouf regrettait que la francophonie soit une réalité oubliée. Il est temps qu’elle devienne enfin un espace solidaire et fort. La Wallonie y tiendra sa place, les yeux fixés vers le pays de Voltaire et d’Hugo, débarrassée de ses craintes et de ses humiliations, assumant librement son destin. Quand la République, par un juste retour de l’histoire, tendra-t-elle à nouveau la main à ceux que le Traité de Vienne a sacrifiés sur l’autel des équilibres de l’Europe postnapoléonienne ? »

Pour l’ensemble du discours prononcé par Robert Collignon à Maisons-Laffitte : ici.

Achever l’osmose naturelle (François Perin)

Rien de ce qui se passe en France ne nous est étranger. Ceci n’est pas une déclaration de francophilie aveugle. Idéaliser la France n’a pas plus de sens que d’idéaliser l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, l’Europe, la Chine ou les USA !

La géographie, la langue et les mœurs ont, depuis des siècles, créé une osmose entre les Wallons et les francophones du Nord qui n’existe pas au même degré avec les voisins les plus proches : allemands, hollandais et anglais. Cette réalité de fait ne résulte d’aucun décret, d’aucune volonté délibérée. La fixation de la frontière sud est le produit des aléas de plusieurs siècles de guerres et de traités auxquels les populations concernées n’ont jamais eu aucune part. Après la première défaite de Napoléon en 1814, l’état-major allié ne laissait aucun doute à ce sujet : en ce qui concerne les habitants, « il ne pouvait être question ni de les consulter ni,  s’ils parlent, de les entendre ».

Les puissances victorieuses fixèrent les frontières de la France en les rabattant sur celles de 1714 malgré les nombreuses fluctuations entre cette dernière date et la défaite finale de la France. Peu importe leur caractère artificiel : pas un centimètre de cette frontière n’a de sens, ni géographique, ni humain, ni économique. Cette frontière est purement politique : c’est une arête d’un Etat belge surtout voulu par les autres. Aujourd’hui, elle n’est même plus monétaire.

Cette osmose naturelle n’avait aucun besoin d’institution. Paradoxalement, la « Communauté française de Belgique »  créée depuis la réforme constitutionnelle de 1970-1971 ne s’est formée que par déduction en raison de la volonté flamande de s’octroyer sa propre autonomie culturelle. Alors que celle-ci s’est voulue flamande au point d’éliminer le terme « belge » (voyez la VRT), la « nôtre » persiste à se vouloir belge, engendre une « belgitude », terme que l’on n’aurait jamais eu l’idée d’inventer avant 1970, et essaie par sa « spécificité introuvable » de prendre ses distances à l’égard de la réalité culturelle française. Sa dénomination officielle juridiquement intouchable est remplacée, par l’usage, par la « Communauté (on ferait mieux de dire « association ») Bruxelles-Wallonie », ce qui fait bien deux et non un.

Notre « Communauté » n’est finalement plus rien : ni française, ni wallonne, ni bruxelloise; elle se caractérise par sa confusion, son perpétuel malentendu avec la Région wallonne et met enfin son point d’honneur à dresser en vain une cloison plus étanche freinant ainsi plus ou moins maladroitement l’osmose naturelle avec la France.

La coupure d’Etat n’a pas été neutre; elle a été nuisible. Le quadrillage scolaire homogène de la République nous a manqué. Nous parlons plus lourdement, nous pensons moins vite, les accents locaux restent plus incrustés. Si d’aventure, les Flamands mettaient fin à l’existence de la Belgique par une déclaration unilatérale d’indépendance, avec une crise brutale due au refus des Bruxellois d’être des « nationaux flamands », ne serait-il pas préférable d’être intégrés ou associés chacun à sa manière dans l’Hexagone et d’être finalement Français à part entière ? Notre assimilation en un ou deux temps ne se heurterait à aucun obstacle majeur. Il suffirait d’achever l’osmose naturelle.

                                            François Perin, dans Le Soir du 19 avril 2002

Pour la diversité des langues

Notre ami Louis Nisse nous envoie la lettre suivante que nous reproduisons avec grand plaisir.

Paris le 2 août 2011.

 A Monsieur Bernard Werlé.

Copie aux administrateurs de l’association « Avenir de la Langue Française » et à quelques amis.

Monsieur,

Le long message que vous avez envoyé à « Avenir de la Langue Française » énonce beaucoup de vérités avec lesquelles nous sommes tous d’accord. En particulier, la dégradation de l’enseignement nous inquiète tout autant que vous, et nous sommes en relations avec des groupes d’enseignants qui tentent d’agir pour y remédier.

 Notre association a pour but l’action politique. C’est ce qui la distingue d’une association soeur -soeur aînée- « Défense de la Langue Française », plus orientée vers le bon usage et l’action culturelle.

 En effet une lutte politique intense a lieu dans le monde, et l’éviction de certaines langues de communication au profit d’autres est l’un des moyens mis en oeuvre par les puissances dominantes pour se subordonner d’autres pays.

Pour appeler un chat un chat (plutôt qu’un félidé amateur de crème fraîche), les puissances anglo-saxonnes s’efforcent d’imposer l’anglais afin de verrouiller leur domination politique et d’imposer le système économique assurant le pouvoir des banques, le système même qui est en difficulté à présent. Plus qu’une langue courante permettant de diffuser les connaissances, l’anglais est devenu un moyen de propagande au service des puissants.

 La lutte politique pour le maintien de la diversité des langues participe donc à la lutte générale pour le maintien des libertés : liberté individuelle, liberté de l’esprit, et liberté collective des nations sans laquelle la liberté individuelle n’est pas possible.

C’est ce but qui motive notre action.

 Je ne puis résumer en quelques phrases tous les aspects de l’effort constant fait par les dominants afin d ‘imposer l’anglais comme seule langue de communication, en particulier en Europe. Aussi vais-je vous en donner un exemple, tiré de mon expérience personnelle de chercheur scientifique.

L’Agence Nationale de la Recherche (ANR), conçue comme une branche nationale d’une agence de l’Union européenne, et créée depuis quelques années pour subordonner tous les instituts de recherche le CNRS, l’INSERM etc., impose l’anglais dans la recherche en France. Par exemple, dans les appels à propositions (qui tendent à devenir le seul mode de financement de la recherche), les dirigeants de l’ANR écrivent :

 «Le résumé sera rédigé en français et en anglais. Le dossier scientifique (annexe technique) sera rédigé en anglais. »

 «Les projets devront être présentés en anglais, avec un résumé en français, selon le dossier scientifique et technique, en incluant l’annexe financière »

 «Envoi de deux fichiers distincts, l’un rédigé en français (abrégé mais suffisamment informatif) et le second en anglais (complet). Ce document comporte la présentation détaillée du projet. Il sera rédigé en anglais

 Je pourrais multiplier les exemples. Concrètement, cela signifie que l’ANR décourage l’expression scientifique en français et assure un service d’espionnage au profit des pays anglophones (comme le service diplomatique européen dirigé par madame Ashton). Il est à noter que le gouvernement français s’efforce lui-même d’empêcher l’usage du français en France, et d’imposer l’usage de l’anglais. Madame Pécresse s’est particulièrment illustrée dans cette action contre l’intérêt de notre pays. L’abus est si énorme que maints chercheurs s’en sont émus. Il serait dangereux pour la vie intellectuelle et pour la cohésion sociale que l’anglais devienne la langue exclusive de l’expression scientifique.

Ce serait d’autant plus dangereux que les chercheurs anglo-saxons sont sans scrupules et sans pitié pour ceux qui ne font pas partie de leur monde. Ils ne peuvent agir autrement, car leur système de recherche est organisé afin de promouvoir la rivalité : leur survie professionnelle dépend du nombre de leurs publications, fussent-elles rédigées en accaparant les idées d’autrui. C’est ce système que les pouvoirs publics français tentent d’imposer en France au moyen de l’ANR, en brisant les instances de concertation des instituts de recherche.

 On pourrait en dire autant dans les domaines de la propriété intellectuelle, de la recherche appliquée, de l’industrie, et hélas, de la politique. C’est tout notre avenir comme peuple libre qui est menacé.

Bien entendu nul n’envisage de refuser de publier en anglais, qui restera la langue dominante dans l’expression scientifique pendant quelques décennies. Mais l’évolution en cours va exactement en sens contraire : c’est le français qui est banni, même des échanges scientifiques en France. Cet abus est dommageable pour tous les pays qui ont le français comme langue de communication principale ; il affaiblit la réflexion scientifique, et tend à décourager les étudiants, déjà mal disposés envers les études scientifiques.

La situation est semblable, voire pire, dans d’autres pays d’Europe, je pense en particulier à l’Italie où l’italien a presque été évincé de l’expression scientifique par l’anglais, avec l’active complicité des pouvoirs publics italiens.

L’action des pouvoirs publics français contre les intérêts de la France s’explique, à mon avis, par le fait que les classes dominantes françaises -et tous ceux qui s’imaginent pouvoir entrer dans les couches les plus riches de la société-rêvent de s’amalgamer à la surclasse dominante mondiale (à laquelle, bien sûr, ils n’ont pas la moindre chance de jamais accéder). Cette surclasse est pour le moment anglophone, et a une idéologie avouée d’inégalité sociale. Or cette idéologie est directement opposée à la tradition culturelle française, puisque tous les auteurs francophones qui ont laissé une œuvre depuis quatre siècles, même Montaigne, Montesquieu ou Tocqueville, pourtant nobliaux, reconnaissaient l’égalité fondamentale des hommes et étaient favorables (ou résignés !) à l’accès du peuple au savoir. Mais la pensée politique anglo-saxonne promeut, depuis des siècles, une idéologie inégalitaire -au nom de la constatation empirique du fonctionnement de la société-, afin de justifier les grandes inégalités sociales des pays de langue anglaise. Pour les dominants français, adopter l’anglais est un moyen de creuser un fossé entre eux et le peuple, afin de justifier et maintenir leur prédominance sociale. Les privilégiés du XVIIIe siècle, qui parlaient le français de la Cour pour snober le peuple, n’agissaient pas autrement. Bien entendu, les promoteurs de l’anglais ne complotent pas ; les contacts entre gens du même monde, la lecture des mêmes journaux, le carriérisme, la paresse intellectuelle, l’ignorance historique, la connivence, l’accord des intérêts personnels, suffisent à orienter les esprits. Les inflexions idéologiques n’ont pas besoin d’être lucidement comprises pour être effectives.

 En réalité, la France et l’Union Européenne sont en ce moment aux mains des puissances financières anglo-saxonnes, secondées par les intérêts industriels allemands. Est-il besoin de préciser que cette constatation n’entraîne pas d’animosité contre les peuples ? Mais c’est de cette domination des sociétés et des esprits que nous devons nous libérer, tout en accueillant volontiers les personnes et les bonnes idées.

L’abandon du français dans l’expression scientifique et dans la politique internationale n’est nullement un mouvement historique naturel irrésistible (y en eût-il jamais ?) mais un mouvement sociologique banal, contre lequel les démocrates peuvent lutter s’ils veulent bien s’unir et ne pas se laisser intimider. Il est au demeurant possible que les progrès de la traduction automatique (supervisée par des traducteurs professionnels) ouvrent bientôt une nouvelle ère dans l’Histoire du monde, en faisant disparaître la notion même de langues dominantes.

Les membres de l’association « Avenir de la Langue Française », dont je suis l’un des administrateurs, s’efforcent de lutter contre les dérives nocives, impulsées surtout par l’Union Européenne, qui révèlent la mise en place de plus en plus rapide d’institutions tyranniques, dont l’emploi exclusif de l’anglais est un signe parmi d’autres. Heureusement, la prise de conscience des dangers sociaux, politiques et culturels, progresse parmi les Français.

J’espère avoir répondu à quelques-unes de vos interrogations, tout en ouvrant des perspectives. Vous avez tout à fait raison de dire que c’est en agissant, et non en nous repliant sur le passé, que nous maintiendrons et développerons la richesse culturelle. C’est bien à cela que tendent toutes nos actions, offensives ou défensives. La plupart des membres de nos associations parlent d’ailleurs plusieurs langues, l’intérêt pour la langue française développant naturellement l’ouverture d’esprit.

Ce serait avec plaisir que je poursuivrais la discussion avec vous, pour compléter les informations sommaires de ce bref message, et surtout pour écouter votre opinion sur les actions à mener. J’espère que le dialogue continuera, et que vous vous joindrez bientôt à nos efforts.

En vous remerciant de l’intérêt que vous portez à la diversité culturelle, et dans l’espoir d’une prochaine rencontre, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur, l’assurance de toute ma considération.

Christian Darlot, 
Chercheur au CNRS 
01 45 81 72 31

Test : le candidat qui vous correspond

Choisissez parmi vos critères puis voyez au programme de quel candidat ils correspondent. Pas mal fait ce test.

Il n’y a pas à dire : les élections françaises au scrutin majoritaire à deux tours sont bien plus passionnantes que les élections proportionnelles avec seuil de 5 % pratiquées en Belgique.

Ici, on donne sa voix et puis on peut juste se taire et laisser faire les présidents des partis traditionnels qui nous bidouillent des accords plus ou moins clairs. Cela donne des majorités contre nature avec le P.S., le C.D.& V, le M.R., le C.D.h, le S.P et l’Open V.L.D. au pouvoir.

En France, on choisit son favori dans un premier temps puis des alliances se nouent en fonction d’un programme clair  entre les deux tours et l’électeur a de nouveau la parole pour se prononcer.

Pas étonnant que les Wallons et les Bruxellois francophones se passionnent pour des élections françaises où, par ailleurs, de multiples débats éclairent le citoyen.

Élections françaises : test sur le  » bon candidat » selon notre critère :

La N-VA dans la ligne du Tea Party

Notre ami Guy Bertrand nous fait suivre l’entretien qu’accorde Jérôme Jamin, professeur à l’ U.L.G., au journaliste Vincent Rocour de « La Libre ».

Pour Jérôme Jamin (ULg), la Flandre vire à droite. Il explique pourquoi.

Jérôme Jamin est politologue à l’ULg. A l’initiative de Re-Bel, un think tank de réflexion politique réunissant des chercheurs francophones et flamands, il a rédigé un article sur la droite en Flandre. Sa conviction est la suivante : « Je suis sûr que la Flandre vire à droite et je peux dire pourquoi. En revanche, je ne suis pas sûr que la Wallonie vire à gauche et je peux encore moins l’expliquer« .

Comment êtes-vous arrivé à ce constat ?

Je suis parti d’un auteur incontournable, Norberto Bobbio. Bobbio dit, pour faire simple, que personne ne conteste les inégalités. Mais il distingue l’homme de droite qui considère que les gens sont plus souvent inégaux qu’égaux et l’homme de gauche qui va espérer plus d’égalité. L’homme de droite pense qu’une certaine dose d’inégalités est nécessaire pour pousser les gens à être méritants, responsables, etc.

C’est le discours porté par la N-VA…

C’est ce que j’appelle le discours producériste. Un exemple-type, c’est le Tea Party aux Etats-Unis. C’est un courant que l’on pourrait qualifier de populiste, simplificateur, mais très efficace pour les électeurs.

C’est-à-dire ?

L’idée, c’est que le producteur, celui qui bosse, est écrasé par des parasites en haut et en bas de l’ordre social. En bas, ce sont les chômeurs, les réfugiés, les trafiquants de drogue accusés par le travailleur de vivre sur son compte. En haut, il y a des pseudo-élites qui se sont infiltrées dans les hautes sphères du pouvoir, au Congrès, dans les syndicats, dans le monde de la finance. Ils sont considérés comme des parasites parce qu’ils ne produisent rien, mais sont bien payés. Le producteur voit même une alliance objective entre les parasites d’en bas et les parasites d’en haut. Le Tea party est ainsi parvenu à faire passer le président Obama comme un communiste qui se soucie davantage des parasites en bas de l’ordre social que des blancs qui payent leurs taxes.

Quel lien avec la Flandre, avec la N-VA ?

Le modèle producériste marche très bien en Flandre aussi. Bart De Wever reproduit un discours qui s’inscrit complètement dans ce schéma. Il y a un peuple payeur de taxes, bosseur, courageux, honnête, qui travaille à la sueur de son front : c’est le Flamand. Mais ce peuple est écrasé par des parasites en haut et en bas de l’ordre social. En bas de l’ordre social, il y a les Wallons et en partie les Bruxellois francophones, qui sont paresseux, allocataires sociaux, vivant au crochet du Flamand laborieux. Et en haut de l’ordre social, il y a l’Etat-PS. Tout récemment, De Wever a dit ceci : « Les syndicats, et singulièrement les syndicats rouges, jugent nécessaire de provoquer de graves dégâts économiques à notre pays, c’est irresponsable et même incompréhensible puisque ce sont leurs amis qui siègent au 16 rue de la loi ». On retrouve ici l’idée d’une connivence entre l’élite d’en haut et les parasites d’en bas. C’est un discours efficace et qui présente l’avantage de ne pas être raciste. Le Vlaams Belang s’était cassé la figure là-dessus.

Ce discours n’est pas propre à la N-VA…

Non. Il y a dans toute la Flandre une vénération très poussée de la notion de mérite et de responsabilité

La Wallonie en est l’opposé ?

On ne peut pas dire que la Wallonie vire à gauche. Ecoutons les ministres socialistes wallons. De plus en plus, ils parlent de compétitivité, de responsabilisation, d’activation des chômeurs. Mais la logique producériste a quand même du mal à s’imposer dans le sud du pays. Le Flamand n’apparaît nullement comme un paresseux aux yeux des Wallons. Et l’Etat fédéral n’est pas perçu comme un ennemi.

Et dans le futur ?

Le producériste active moins un clivage gauche-droite qu’un clivage système-anti-système. Tôt ou tard, ce discours arrivera en Wallonie. Mais je le vois plus dans le discours de l’extrême droite ou du Parti populaire que dans celui du MR.

Aides de l’Etat belge à la Flandre… au détriment de la Wallonie !

Toujours bon à savoir ou à se rappeler !

On le savait peut-être depuis longtemps … mais quand on voit les chiffres, c’est effarant !!!
Michel Quévit, professeur émérite à l’UCL, rappelle les montants des aides de l’Etat à la Flandre, souvent au détriment de la Wallonie : ports, sidérurgie, charbonnages, réseau autoroutier, rail…
EDIFIANT !
sidérurgie wallonneLe nationaliste flamand et populiste Jean-Marie De Decker, qui n’en est pas à une contre-vérité près, a un jour lancé une phrase qui a secoué le milieu politique wallon : « Cela fait 175 ans que nous payons pour la Wallonie, ça ne peut plus durer ! On ne peut plus donner sans cesse du poisson aux pays sous-développés ».
L’homme politique flamand reprenait ainsi à son compte la thèse du professeur Hannes de l’université de Gand : la Flandre paie pour la Wallonie depuis l’indépendance de la Belgique.
Une thèse que ne partage évidemment pas Michel Quévit, professeur émérite à l’UCL dont l’impressionnante formation (licence en science politique, doctorat en sociologie, baccalauréat en philosophie et diplôme complémentaire de la Harvard Business School) lui permet une approche multidisciplinaire du développement régional.
Dans un livre qu’il a publié en 2010,  « Flandre-Wallonie : quelle solidarité ? », Michel Quévit établit plusieurs constats qui indiquent de manière très claire que la Flandre a largement bénéficié des aides de l’Etat belge, au détriment de la Wallonie.
« Parlons d’abord des ports », lance le professeur de l’UCL : « sans la sidérurgie wallonne jamais le port d’Anvers n’aurait été compétitif ». Les Wallons auraient fort bien pu se tourner vers le Nord de la France, une région plus proche, mais ils ont misé sur Anvers, par réflexe de solidarité nationale.
L’État a affranchi l’Escaut pour libérer l’accès à Anvers, on a creusé le Canal de Campine (et le Canal Albert plus tard) pour permettre le trafic entre Liège et Anvers. Ce fut ensuite le tour au canal de Willebroek et au canal de Charleroi, toujours vers le port d’Anvers. Par après, l’Etat s’est penché sur le port de Zeebrugge en lui accordant, dans les années ’70, 115 milliards de francs.
Dans le même temps la Wallonie a reçu des crédits parallèles compensatoires pour un montant de…16 milliards de FB. Rien de comparable évidemment !
Il faut savoir que l’activité portuaire joue un rôle capital dans l’économie flamande : elle représente 20% de son PIB et procure de l’emploi à 110.000 personnes dont 60% au port d’Anvers. Ce n’est pas un hasard si la province d’Anvers est celle qui a reçu le plus d’investissement entre 1959 et 1973 : 21% du montant total.
Venons-en au rail : « Dans ce domaine », poursuit Michel Quévit, « l’État a accordé très tôt la priorité à un axe Bruxelles-Anvers. La ligne de chemin de fer Bruxelles-Malines-Anvers a été électrifiée en 1935. Les Wallons attendront, eux, jusqu’en 1949 avec la ligne Bruxelles-Charleroi ».
En ce qui concerne le réseau autoroutier, c’est en encore plus net : une jonction Bruxelles-littoral a été réalisée dès 1939. Viennent ensuite les connexions entre la Flandre et le réseau européen. La dorsale wallonne, la fameuse autoroute de Wallonie, réclamée par les Wallons depuis 1938, n’a vu le jour qu’en 1972.
Au terme de la construction du réseau autoroutier complet, la Flandre est couverte à hauteur de 60% de son territoire contre 39% pour la Wallonie alors que cette dernière totalise 55% du territoire belge !
Quant aux charbonnages, un secteur jadis capital pour l’économie wallonne, l’aide de l’Etat au sud du pays fut très lente et disproportionnée par rapport au soutien apporté aux charbonnages de Campine. « Les premiers charbonnages wallons ont déjà fermé en 1913 », constate Michel Quévit.
« Ni aide d’État, ni compensations sociales. Ce n’est qu’en 1951 qu’une une aide de 18 milliards est débloquée pour financer les fermetures. Par contre en Flandre, dans les années 60-80, en complément des aides européennes de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), l’Etat belge ouvrira largement son portefeuille en accordant pas moins de 96 milliards FB, dont 90 % de ce montant aux charbonnages de Campine et seulement 10 % réservés au Roton, le seul survivant wallon en 1960 ».
« Sous l’impulsion du ministre des Affaires économiques, limbourgeois d’origine, Willy Claes, des dizaines de milliards de FB. vont être investis à fonds perdus dans les mines flamandes, sans pour autant réussir à améliorer la compétitivité des charbonnages de Campine qui, pas plus que les mines wallonnes, n’ont échappé à la fermeture définitive entre 1987 et 1992 », signale Michel Quévit.
Dans le domaine de la sidérurgie, essentielle pour la Wallonie, dont l’économie s’écroula avec la disparition des bassins du Hainaut et de Liège, le mépris de l’Etat belge à l’égard de la Wallonie est encore plus grand : au total, 77 % des 264 milliards accordés ont filé vers la Flandre, pour 23 % vers la Wallonie.
Une aide sera apportée à la Flandre pour qu’elle reconvertisse ses anciennes industries dans des secteurs rentables : constructions navales, verre creux…
Dans son ouvrage, Michel Quévit précise qu’entre 1977 et 1980 la Flandre a reçu 87,928 milliards d’aides pour différents secteurs nationaux (verre creux d’emballage, sidérurgie, textile, constructions navales, charbonnages, énergie nucléaire) tandis que, pour les mêmes secteurs, la Wallonie empocha à peine 26,734 milliards.
Le livre de Michel Quévit détaille également la répartition des fonds structurels européens, toujours plus favorables à la Flandre.
Ce travail honnête et remarquable ne laisse subsister aucun doute : depuis plus d’un siècle, la Flandre a profité au maximum de l’Etat belge, dans tous les domaines.
Il était temps de le dire clairement, chiffres à l’appui, sans animosité, histoire de remettre les pendules à l’heure !
 
Michel Quévit, Flandre-Wallonie, quelle solidarité ?
Edition : Couleur livre, Question de société. 
Prix : 19 €

IMPRIMERIE P. MALHERBE

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L’Awex à contre-courant de l’économie mondiale

Jules Gheude, essayiste politique  – « Le Soir » du mardi 28 février 2012

 Je ne peux qu’applaudir en entendant le ministre Paul Magnette déclarer qu’il faut simplifier la Wallonie.

 Convaincu du caractère inéluctable de la scission de la Belgique, le Gewif (Groupe d’Etudes pour la Wallonie intégrée à la France), dont je coordonne les travaux depuis février 2010, vise en effet l’intégration, le moment venu, d’une Wallonie saine dans la République française.

 Force est de constater aujourd’hui le résultat catastrophique d’une politique basée sur le clientélisme et l’assistanat dans laquelle le PS porte une responsabilité majeure : un nombre consternant d’organismes publics, un taux de chômage de 14% et une dette de 14,5 milliards, si l’on prend également en considération les financements alternatifs.

 Il est, par ailleurs,  un autre tabou que j’ai maintes fois dénoncé : celui du Pacte scolaire, ce luxe ruineux que ne connaît aucun autre Etat et qui oblige les pouvoirs publics à financer quatre réseaux d’enseignement. Paul Magnette a raison : il faut avoir le courage de remettre tout cela à plat. Comme l’a souligné maintes fois le professeur Robert Deschamps des Facultés de Namur, il est impératif de fusionner les trois réseaux de l’enseignement public. Et je considère, pour ma part, que l’enseignement libre devrait s’auto-subsidier.

 Quant aux Provinces, il est évident qu’il s’agit d’un échelon de pouvoir devenu totalement obsolète.

 Le travail de rationalisation est, on le voit, gigantesque. Reste à voir si le PS est vraiment disposé à l’entreprendre.

 La récente étude de l’Université de Liège a clairement révélé que l’écart entre la Flandre et la Wallonie ne cessait de se creuser.

 Les chiffres relatifs au commerce extérieur sont particulièrement révélateurs. En 2010, la Flandre a exporté, hors transit du gaz naturel, pour 164,4 milliards d’euros. Les exportations wallonnes s’élevaient, elles, à 38,7 milliards.

 On connaît le rôle fondamental que les pays du B.R.I.C (Brésil, Russie, Inde, Chine) jouent aujourd’hui au niveau de l’économie mondiale. Force est ici de constater que la Flandre  mène une politique autrement plus dynamique et cohérente que la Wallonie.

 Les chiffres communiqués parla Banque nationale de Belgique parlent d’eux-mêmes :

 Brésil – Flandre : 6,39 milliards ; Wallonie, 0,350 milliard.

Russie – Flandre : 2,07 milliards ; Wallonie, 0,394 milliard.

Inde – Flandre : 6,4 milliards ; Wallonie 0,136 milliard.

Chine – Flandre : 4,9 milliards ; Wallonie, 0,42 milliard.

 Comment expliquer que l’Awex (Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers) aille ainsi à contre-courant de l’évolution de l’économie mondiale ?

 La Wallonie a une antenne commerciale à Cuba, mais aucune en Russie. L’agent en poste à Moscou relève de la Régionde Bruxelles-Capitale et celui qui se trouve à Saint-Pétersbourg provient du FIT (Région flamande). Tout cela sur base d’un accord bi- et tri-régional qui n’a jamais véritablement fonctionné.

 En Chine, les Attachés économiques et commerciaux (AEC) de l’Awex n’ont pas la connaissance de la culture chinoise, ni du mandarin, contrairement à leurs homologues flamands, qui sont licenciés en sinologie de l’Université de Gand. En Wallonie, seul l’Institut Confucius dispense des cours du soir en chinois, sans possibilité d’immersion totale.

Les chiffres de la BNB pour le 1er semestre 2011 indiquent clairement un tassement de l’augmentation des exportations de la Wallonie par rapport à la Flandre :

 Flandre : 94,7 milliards d’euros, soit une augmentation de 19,6% par rapport à 2010 ;

Wallonie : 21,8 milliards, soit une augmentation de 13,3% par rapport à 2010.

 On pourra toujours rétorquer que la Flandre dispose d’un atout particulier avec le diamant. Mais même en faisant abstraction de ce facteur, il n’y a pas photo !

 En cette période de crise économique particulièrement aiguë, on peut s’étonner que l’Awex ouvre une antenne en Guinée équatoriale, cette « démocrature » où l’opposition réelle s’est réfugiée en Espagne. Les entrepreneurs wallons ne se sont d’ailleurs pas bousculés au portillon pour participer à la récente mission exploratoire.

 Pendant ce temps, le ministre-président flamand, Kris Peeters, s’est rendu en Libye, accompagné de 17 entrepreneurs. Objectif : œuvrer à la reconstruction du pays. Du concret !

 Dans l’interview qu’il accordait à « Vers l’Avenir », le 4 février, Kris Peeters  a révélé que le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, lui avait demandé de l’accompagner au Myanmar. Voilà au moins une bonne nouvelle.

 La Birmanie, qui offre de réelles opportunités d’exportation, montre, en effet,  des signes encourageants de démocratisation, permettant à Aung San Kyi de présenter sa candidature pour les prochaines élections. Il faut vaincre, à cet égard, les réticences affichées par d’aucuns. Ce n’est pas en négligeant la Birmanie que l’on forcera les généraux à plus de démocratie. Une mission économique obligera les autorités du pays à faire montre de flexibilité et les échanges commerciaux aideront la population à s’ouvrir vers le monde extérieur.

Depuis 2000, la Wallonie en est à son sixième plan de redressement. Sans amélioration notoire. Les économistes Robert Deschamps (Facultés de Namur) et Pierre Pestieau (ULg) parlent de frémissements.

 Il nous reste à présent dix ans pour renverser la lame de fond. Pour cela, un changement radical de mentalité est indispensable. Espérons que la Wallonie finira par trouver ces chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et mobiliseront ce qui en reste, pour reprendre les propos tenus par le général de Gaulle au professeur Robert Liénard de l’Université de Louvain. Tout en sachant que la France sera, le moment venu, la seule planche de salut.

La RTBF conseille Hollande

En tout cas, elle a publié sur son site l’analyse du politologue Laurent Bouvet, Professeur de Science politique à l’Université de Versailles : selon celui-ci, l’élection présidentielle se gagne avec les classes populaires « et le candidat socialiste ferait bien de s’en souvenir ». 

« Ce qui implique de sa part un programme économique et social à la hauteur des attentes, fortes en période de crise et après la déception suscitée par Sarkozy, mais aussi un projet de société tout aussi cohérent et rassembleur sur les  » valeurs  » : culture, nation, laïcité, République… Les deux dimensions sont indispensables », écrit notamment Laurent Bouvet.

Pour l’intégralité du texte, lire ici.