En passant

Les GLORIEUSES françaises

Pourquoi les Françaises sont appelées à cesser le travail aujourd’hui à 16h34
Un collectif féministe appelle à une grève à cette date et à cette heure pour dénoncer l’écart de salaire entre les femmes et les hommes.
Un collectif féministe appelle à une grève à 16h34, le 7 novembre 2016, pour dénoncer l\'écart de salaire entre les femmes et les hommes.
Un collectif féministe appelle à une grève à 16h34, le 7 novembre 2016, pour dénoncer l’écart de salaire entre les femmes et les hommes. (GARO / PHANIE / AFP)
franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le 07/11/2016 | 08:07
publié le 03/11/2016 | 19:09

« Si les femmes étaient payées autant que les hommes, elles pourraient s’arrêter de travailler le 7 novembre à 16h34. » C’est le constat choc signé par la newsletter féministe Les Glorieuses, qui milite pour l’égalité salariale entre les sexes. Pour dénoncer cet état de fait, le collectif a donc lancé l’initiative suivante : appeler les Françaises à quitter le travail à cette heure précise ce lundi 7 novembre. Leur appel, relayé sur Facebook, a été signé par plus de 5 000 personnes. Relayant cet appel, l’association féministe Les Effrontées donne rendez-vous aux salariées françaises pour un rassemblement à Paris, place de la République. Pourquoi ce type d’initiative ? Existe-t-il un précédent ? Que risquez-vous si vous quittez votre poste lundi à 16h34 ? Franceinfo répond à ces trois interrogations si vous voulez suivre le mouvement.

Commentaire de l’ AWF : ce serait chouette que leurs collègues masculins montrent leur solidarité dans ce juste combat. Ce serait chouette aussi que les femmes wallonnes adoptent la même attitude que leurs amies de France.

RAPPEL : ANNULATION DE CONFERENCE

Je lis dans le n° de septembre 2016 du trimestriel « 4Millions7 » l’annonce de la conférence-débat reprise ci-dessous. Je ne voudrais pas que des citoyens prennent le chemin de Lodelinsart ce soir pour constater  que cette conférence-débat a été annulée dès le 20.09.16 suite aux problèmes qu’ont rencontrés Hendrik VUYE et Veerle WOUTERS avec leur parti.

Paul D.

Communiqué de presse de l’AWF du 20.09.16

En accord avec Monsieur Hendrik VUYE et Madame Veerle WOUTERS, tous deux députés N-VA. , ainsi qu’avec Monsieur Jean-Claude Van Cauwenberghe,

l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE a décidé de reporter la conférence-débat prévue pour le 5 octobre 2016 à LODELINSART.

Il s’agissait d’entendre, à titre d’information, les positions de la N-VA sur le confédéralisme tel qu’envisagé par ce parti et d’en débattre avec les citoyens qui nous auraient fait l’honneur de venir nous rejoindre.

Vu les mouvements en cours ces derniers jours au sein de la N-VA, ils nous a paru plus sage de reporter la discussion à une date ultérieure.

L’AWF, mouvement citoyen pluraliste, maintient sa volonté de dialogue avec toutes celles et ceux qui se préoccupent de l’après-Belgique, qu’ils soient Wallons, Bruxellois ou Flamands.

Toute nouvelle manifestation sera annoncée sur ce site.

Charleroi, le 20 septembre 2016.

Paul Durieux                                        G-H SIMONIS

Président de l’AWF                         Administrateur                                                                            pour Charleroi

Voici ce qu’on pouvait lire aujourd’hui sur le site du « Vif-L’Express » :

Les déboires d’Hendrik Vuye et Veerle Wouters ne sont pas finis : ils débattront bientôt avec Jean-Claude Van Cauwenberghe

20/09/16 à 11:13 – Mise à jour à 16:23

Source: Le Vif

Le régionalisme est-il un ciment ? A moins que le statut de paria ne fédère ? La Ruche Verrière, à Lodelinsart, dont l’ASBL de gestion est présidée par l’ancien échevin des sports carolos Claude Despiegeleer, aura somme toute des allures de refuge pour politiques aux abois, le 5 octobre prochain, à partir de 18h30.

Les déboires d'Hendrik Vuye et Veerle Wouters ne sont pas finis : ils débattront bientôt avec Jean-Claude Van Cauwenberghe

Jean-Claude Van Cauwenberghe. © Belga

La Ruche, vénérable écrin édifié par les verriers à l’aube du siècle dernier, accueillera un débat organisé par les rattachistes de l’Alliance Wallonie France.

La conférence sera animée par un ancien bourgmestre de Charleroi et ministre-président wallon, et pas n’importe lequel : Jean-Claude Van Cauwenberghe. Deux députés fédéraux, et pas n’importe lesquels, viendront exposer le projet de leur parti -pour autant qu’ils ne l’aient pas quitté d’ici là, et pas n’importe lequel, pour la Belgique : il s’agit d’Hendrik Vuye et Veerle Wouters.

Comme s’ils avaient déjà synchronisé leurs agendas communautaires, les trois participants, le monsieur loyal wallon et ses deux invités flamands ont vécu un lundi difficile. Alors que, le matin, les deux flamingants se faisaient suspendre du bureau de leur parti, le soir, le wallingant se faisait rudoyer par ses camarades du comité fédéral de l’arrondissement de Charleroi. Amer signe des temps : c’est son ancien échevin Jean-Pol Demacq, et son ancienne collaboratrice ministérielle Latifa Gahouchi qui se sont montrés les plus circonspects devant l’initiative de Van Cau.

Indemnités de maladie rabotées : qui est concerné et dans quelle mesure ?

Indemnités de maladie rabotées : qui est concerné et dans quelle mesure ?

Lu ce mercredi 14 septembre sur le site du Vif/L’Express :

Source: Le Soir

La ministre des Affaires sociales, Maggie De Block (Open VLD), envisage de revoir le mode de calcul des indemnités de maladie. Certaines indemnités pourront être diminuées, d’autres augmentées. Les réformes devraient être applicables dès le 1er octobre. Le point sur ses conséquences.

Pourquoi cette réforme ? 

« Il s’agit d’une opération de simplification et d’harmonisation, devant le nombre et le caractère très hétéroclite des primes », indique la porte-parole de la ministre dans Le Soir et La Libre Belgique de ce mercredi.

En quoi consiste-t-elle ?

Dans le système actuel, l’indemnité maladie est calculée sur base du dernier salaire. En vue de réaliser des économies, la ministre souhaite déduire de celui-ci certaines primes, comme celles liées à l’ancienneté, les cadeaux de l’entreprise en nature, en espèces ou sous forme de bons de payement, ou encore les heures supplémentaires (si elles représentent au moins 10% de la rémunération). Les primes de tutorat pour former les jeunes travailleurs sont également concernées ajoute Le Soir.

Qui sera touché et dans quelle mesure ?

« Difficile de dire dans quelle mesure chaque allocation va baisser, cela dépend des primes que chacun touche », a commenté le cabinet ministériel qui souligne que certaines personnes vont aussi voir leur indemnité augmenter. C’est le cas des travailleurs qui sont passés à temps partiel avant de devoir interrompre totalement leurs activités professionnelles.

Concrètement : « Pour le calcul de l’indemnité, on ne prendra plus le dernier salaire moyen. On va remonter d’un trimestre », indique le cabinet de la ministre. Dans le système actuel, un certain nombre de salariés malades ne travaillent plus qu’à temps partiel avant de cesser complètement leur activité en raison de leur maladie. Leur indemnité est donc basée sur leur dernier salaire, donc sur un temps partiel. Avec la réforme, on remonte d’un trimestre, ce qui laisse plus de chances que le calcul soit effectué sur base d’un salaire à temps plein. « Nous avons voulu éviter que des personnes qui ont fait l’effort de rester dans leur entreprise soient pénalisées », indique encore le cabinet. Une thèse que ne partagent pas les syndicats, qui estiment que ce calcul pourrait lui aussi conduire à des baisses dans certains cas.

Quand cette réforme entrera-t-elle en vigueur ?

L’entrée en vigueur de cette réforme est déjà prévue pour le 1er octobre prochain, pour les cas de maladie constatés à partir de cette date. Aucun malade ne verra donc subitement son allocation baisser.

Et pour les malades de longue durée ?

Par ailleurs, Maggie De Block a dans ses tiroirs un plan pour augmenter les contrôles auprès des malades de longue durée à partir du 1er octobre, rapporte aussi Het Laatste Nieuws. L’Inami va mettre sur pied une équipe de médecins qui accompagnera les malades dans leur retour sur le marché du travail. Après un mois, ces derniers, à l’exception des maladies graves, devront répondre à un questionnaire visant à déterminer leur chance de retour à la vie active.

Que disent les syndicats ?

La proposition a été discutée ce mardi matin au comité de gestion de l’Inami. Les syndicats ont remis un avis négatif. Pour la FGTB, cette réforme est inacceptable. Le secrétaire fédéral de la FGTB a qualifié la mesure de « nouvelle précarisation des travailleurs avec un genou à terre. » Contacté par Le Soir, il précise : « Ce ne sont pas de petits montants. Si on peut retirer jusqu’à 10 % d’heures supplémentaires de l’allocation, cela peut atteindre des montants très élevés. » Le gouvernement doit à présent trancher.

Souriez, vous êtes Français !

Souriez, vous êtes Français !
Parution :
04/05/2016
Pages : 144
Format :130 x 205 mm
Prix : 15.00 €
Prix du livre numérique: 10.99 €
EAN : 9782246861102

Souriez, vous êtes Français !

en coédition avec France Inter
« Bonjour à tous, bonjour chers assistés, bonjour les patrons qui prennent des risques et bonjour les rentiers, les planqués, les gens de l’arrière, les salariés, ceux qui ignorent la compétition !
Et si la France était un pays d’assistés ?
« Ce magnifique pays d’assistés », c’est ainsi que nous voit The Guardian de Londres. Pays de fonctionnaires, de retraités, de profiteurs de l’État-providence. Certes, The Guardian reconnaît que grâce au système de Sécurité sociale il y a moins d’écart entre les riches et les pauvres en France qu’au Royaume-Uni ; mais  ce système de providence étatique diminue notre esprit de conquête. Il faut redonner l’esprit d’audace à notre pays dit Jacques de Chateauvieux, un grand patron français du sucre et du pétrole. Refus du risque égale rente, égale peur ? Bureaucratie égal inefficacité ?
Vraies ou fausses questions ? Elles sont au cœur des reproches des patrons, qui ne cessent de râler contre les formulaires qu’on leur demande sans cesse de remplir et contre cette bureaucratie… qui ne se laisse pas faire. »

B. M.

Ce mélange unique d’histoire économique, de liberté pamphlétaire, de traditions bousculées, de foucades, de bagarres utiles ou de mécontentements joyeux : c’est la parole de Bernard Maris ; et son regard incomparable. Mais oui, souriez, vous êtes Français ! Traversez notre beau et bizarre pays, comprenez-le, aimez-le, changez-le…

Permettez un instant de nostalgie…

A l’exemple de ce qui se passe en France, M. Freddy Joris n’est jamais le dernier quand il est question de mettre en lumière le riche patrimoine wallon. Je transmets l’invitation qui suit avec émotion car mes grands-parents maternels étaient de nobles ouvriers qui ont travaillé à la renommée hélas passée de la merveilleuse industrie lainière verviétoise.

Paul D.

SAMEDI 14 MAI DE 10 A 16 H, OUVERTURE EXCEPTIONNELLE DE LA RESERVE DE MACHINES TEXTILES ET DE MACHINES A VAPEUR DU SOLVENT BELGE (145 rue de Limbourg). Pour la première fois depuis cinq ans, les anciennes machines textiles remontées patiemment par des passionnés depuis 2003 seront visibles de tous à l’occasion de la 4e journée « portes ouvertes » organisée par le Comité scientifique d’histoire de Verviers dans la réserve visitable où sont entreposées ces machines. Un véritable trésor d’archéologie industrielle à découvrir ou redécouvrir, ainsi que l’ensemble complet de machines à vapeur de 1899 présentes également au Solvent à l’endroit même où elles furent installées voici plus d’un siècle. Innovation cette fois avec la .présence de produits de la firme « DBD Wool » (couettes 100 % laine vierge), et la vente du livre de Thierry d’Huart sur Victor Besmes et les agrandissements de Verviers au XIXe siècle (paru en mars dernier). Bien entendu, entrée gratuite ! Merci de faire circuler l’information.

Photo de Freddy Joris.

Liège se métamorphose avec la France

Ilotopie.jpegMétamorphoses. A Liège, c’est le mot du jour. « Liège est une ville qui se défait et se refait sans jamais se lasser », écrivait l’historien Jules Michelet. « Le caractère le plus fixe de Liège, à coup sûr, c’était le mouvement. » Cette vitalité, reconnaissons-le, ne l’a pas toujours servie mais, en dépit de ses errements, de ses oublis, de ses découragements, la voilà qui se relève et se découvre à nouveau belle et prête à croire en ses promesses. A nouveau, dans la lumière du printemps revenu, c’est naturellement vers la France qu’elle se tourne pour se remettre à exister, car il y a des liens dont la permanence est le fil de notre histoire, comme autant de racines indispensables à la vie. Avec son inspiration toute romantique, Michelet rendait cet hommage à la ville de Liège: « L’historien de la France doit au peuple qui la servit tant, de sa vie et de sa mort, de dire une fois ce que fut ce peuple, de lui restituer (s’il pouvait !) sa vie historique. Ce peuple au reste, c’était la France encore, c’était nous-mêmes. Le sang versé, ce fut notre sang… Liège et Dinant, notre brave petite France de Meuse, aventurée si loin de nous dans ces rudes Marches d’Allemagne, serrée et étouffée dans un cercle ennemi de princes d’Empire, regardait toujours vers la France. »

Bien entendu, Liège, si française, est une main tendue vers le monde germanique. La géographie, autant que l’histoire, en fait un trait d’union naturel entre l’Allemagne et la France. Pour revenir à aujourd’hui, le programme des Métamorphoses est disponible sur le site de l’organisateur. Voici comment il est présenté par le journal La Meuse :

Métamorphoses

Francophonie, où t’es, où t’es…?

L’AWF, partenaire de l’opération « Communes wallonnes pour la langue française » initiées par l’Ambassadeur Albert Salon, souscrit totalement au désappointement du secrétaire d’Etat à la francophonie André Vallini.

Nous faisons néanmoins une différence entre une chanson dont le refrain est en anglais parce qu’il faut séduire un public qui n’est pas français, et une reprise en anglais d’une chanson bien connue du groupe Kiss pour des supporters français de l’équipe de France de football (sachant que la compétition aura lieu en France).

Lu sur le site de Paris Match :

Le représentant de la France à l’Eurovision doit-il chanter en français ? L’un des éternels débats entourant le concours de chants européens a été relancé lundi par André Vallini dans un communiqué. Le secrétaire d’Etat à la francophonie ne semble pas du tout apprécier que des paroles dans la langue de Shakespeare se soient glissées dans la chanson qui sera défendue par le porte-drapeau de la France Amir « J’ai cherché ». Il ne goûte pas plus chanson des bleusle choix de « I was made for lovin’ you, my team », reprise du groupe Kiss interprétée par Skip The Use, comme choix d’hymne officiel de l’équipe de France pour l’Euro de football qui se déroulera dans quelques semaines en France. Un choix « consternant et inacceptable », a-t-il écrit sur Twitter.

« Au moment où nous défendons la place du français dans les institutions internationales et notamment européennes, au moment où nous mobilisons tous nos moyens pour son rayonnement dans le monde, au moment où nous nous efforçons de répondre à l’appétence pour le français dans nos instituts sur les cinq continents, il est incompréhensible que lors de deux grands événements populaires, la langue française baisse pavillon ! De grâce, ne marquons pas contre notre camp! », s’est insurgé le secrétaire d’Etat.

“J’ai cherché” favorite des fans de l’Eurovision

Eurovision-La-chanson-d-Amir-ne-plait-pas-a-tout-le-mondeConcernant la chanson de l’ancien candidat de « The Voice », seul le refrain est en anglais. Et ses paroles bilingues semblent séduire les fans de l’Eurovision qui, selon un sondage a été placée à la première place, largement devant la Russie et l’Australie. Reste à savoir si le public aura le même engouement pour le morceau le 14 mai à Stockholm.

La Belgique près de défaillir ?

L’état de la Belgique inquiète ses voisins. Correspondant du journal Libération à Bruxelles, Jean Quatremer n’est pas le moins alarmiste. Nous reproduisons ici son texte qui n’a pas échappé à la presse francophone.

Métro, aéroport, réseau téléphonique… De la remise en route des infrastructures à leur Jean Quatremerentretien au quotidien, les attentats ont révélé une déliquescence de l’Etat central, déchiré par plus de cinquante ans de luttes entre Flamands et Wallons.   

 La Belgique près de défaillir ? 

La Belgique s’effondre sous les yeux incrédules de sa population. Les attentats du 22 mars ont fait éclater la bulle de déni dans laquelle le pays se complaisait depuis longtemps. La déliquescence de l’Etat, miné par les luttes incessantes entre la majorité néerlandophone et la minorité francophone, est apparue au grand jour lorsque les Belges et le monde entier ont découvert, à la suite des tueries du 13 Novembre à Paris, qu’il avait laissé se développer, au cœur de sa capitale, mais aussi à Anvers ou à Vilvoorde, en Flandre, des nids de radicalisme islamiste, soit pour acheter une illusoire paix communautaire, soit par clientélisme et calcul politiques.

Le couvre-feu imposé à Bruxelles durant presque une semaine, fin novembre, par des autorités publiques totalement paniquées, a mis en évidence la déraison d’Etat belge, aucune explication rationnelle n’ayant été fournie à ce jour à ce lockdown sans précédent qui a coûté 0,1 % de son PIB au royaume. Mais ce sont surtout les attentats de Bruxelles et leurs suites qui ont achevé la relative indifférence des habitants pour la chose publique. Les Belges ont découvert coup sur coup que la planque de Salah Abdeslam (arrêté vivant à 500 mètres de son domicile familial après 4 mois de traque) était connue depuis longtemps par le chef de la police de Malines (Flandre), qui n’a pas jugé utile de transmettre l’information, et que le terroriste n’a été interrogé que deux petites heures après son arrestation, le 18 mars, chacun s’employant à faire savoir qu’il balançait ses complices, qui se sont empressés de se faire exploser quatre jours plus tard… Pis : il est apparu que le gouvernement fédéral avait délibérément ignoré des rapports de la Commission européenne pointant les graves insuffisances en matière de sécurité de l’aéroport, ce qui a conduit la très incompétente ministre des Transports, Jacqueline Galant, à démissionner.

Depuis, la gabegie non seulement n’a pas cessé, mais s’est amplifiée : aucune reprise en main, aucun sursaut d’unité nationale à l’image de la «marche blanche» qui avait suivi l’arrestation de Dutroux en 1996. La sidération semble avoir emporté ce qui restait de l’Etat, celui-ci multipliant les décisions sans queue ni tête au point de mettre en péril l’économie de la capitale et du pays. Ainsi, un mois plus tard, sans que l’on sache exactement pourquoi, l’aéroport de Bruxelles, poumon du pays, n’est que partiellement opérationnel, alors que seul le hall d’accueil a été touché, les autorités conseillant même de venir la veille de son vol pour s’enregistrer. Bruxelles-National n’est à nouveau desservi par train que depuis lundi, bien que la gare n’ait pas été touchée, sans que personne n’en fournisse la raison. De même, le métro est resté très perturbé jusqu’à lundi (fermeture de la moitié des stations, interruption du trafic à 19 heures, puis à 22 heures, accès aux stations limités à une ou deux bouches) par «mesure de sécurité», ce qui a poussé les gens à s’agglutiner pour entrer ou à s’entasser dans les tramways et les bus, qui sont pourtant autant de cibles potentielles. Dans cette ambiance délétère, les policiers de l’aéroport ont réussi à se mettre en grève une semaine après les attentats, suivis par les transporteurs routiers, qui ont pendant plusieurs jours bloqué les routes belges pour protester contre la vignette routière, et, pour faire bonne mesure, par les contrôleurs aériens… Et que dire de l’impossibilité d’utiliser un téléphone portable le jour des attentats (y compris pour les services de secours), le réseau étant tombé en rade sans que, encore une fois, on ne sache pourquoi.

Il aurait été dommage de s’arrêter en si bon chemin. Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, du parti indépendantiste flamand N-VA, première formation du pays, a rappelé au monde entier qu’il avait des racines d’extrême droite mal digérées. Après avoir comparé ingénument les terroristes islamistes aux Juifs qui «sont parvenus à rester quatre ans dans la clandestinité et ce, malgré le fait qu’un régime effrayant les recherchait de manière continue» pour justifier l’impotence de sa police, il a affirmé sans lombre d’une preuve qu’une «partie significative de la communauté musulmane avait dansé à l’occasion des attentats», mettant à mal les tentatives de renouer les liens entre les communautés. Jamais le fossé n’est apparu aussi grand entre le nord et le sud du pays, entre les communautés confessionnelles, entre les Belges de «souche» et ceux issus de l’immigration.

L’impotence de l’Etat et de ses nombreuses subdivisions est aussi apparue au grand jour, sur un mode moins dramatique mais aussi douloureux sur le plan économique, lorsqu’une partie des tunnels et viaducs, legs du tout-voiture des années 50-80 qui a défiguré Bruxelles et menace de s’effondrer, a dû être fermée à partir de la fin du mois de janvier faute d’argent pour les entretenir. L’état de délabrement avancé d’une capitale détestée tant par la Flandre, qui lui reproche de ne pas parler le flamand, que par la Wallonie, centrée sur ses provinces, est alors apparu comme un symbole des maux belges. Une capitale qui est aussi celle de l’Union, à son grand désespoir. Et que dire des centrales nucléaires du pays qui coalisent les voisins, de plus en plus inquiets des conséquences d’un «Tchernobyl-sur-Meuse». Pour l’instant, la seule réponse de l’«Etat» belge est d’envisager de distribuer des pilules d’iode à ses citoyens…

Qui oserait nier que la Belgique a touché le fond et qu’elle est dirigée par des politiciens qui ont perdu tout sens de l’Etat, trop préoccupés qu’ils sont à accroître leurs prébendes locales ? Cinquante ans de lutte communautaire entre Flamands et Wallons et de détricotage de l’Etat central au profit des régions (six réformes constitutionnelles depuis 1970) ont conduit le royaume dans une voie sans issue : impotence, incompétence, irresponsabilité. De là à le qualifier de failed state («Etat en déliquescence»), il n’y a qu’un pas que beaucoup ont franchi, y compris en Belgique, ce qui est totalement nouveau.

Mais le personnel politique refuse d’en tirer la moindre leçon : la N-VA, principal membre de la majorité au pouvoir, qui a perdu des points dans les sondages au profit de l’extrême droite du Vlaams Belang, vient ainsi de durcir le ton. Contre toute évidence, ses responsables affirment que les attentats ont prouvé la faillite de l’Etat central et qu’il faut donc accélérer son évaporation. Les terroristes de tout poil peuvent se frotter les mains : quoi de mieux qu’une absence d’Etat pour prospérer ?

Di Rupo lance l’idée d’une «convention citoyenne»

…comme  préambule à la Constitution  belge

Colloque Prospective-Parlement Wallon-2014-11-27Le point de vue de Georges-Henry SIMONIS 

Plus d’un sont sans doute tombés de leur siège avec étonnement en découvrant dans le Soir du mardi 26 avril 2016 l’annonce par Elio DI RUPO, président du P.S. et ancien Premier Ministre, d’une proposition de « convention du consensus constitutionnel » à laquelle il travaille depuis 6 mois en compagnie des leaders de son parti.

Ce serait une institution censée représenter la population, composée d’une centaine de citoyens, dont les 2/3 seraient tirés au sort, et 1/3 d’élus, autour d’une réflexion : « C’est quoi la Belgique ? »

Imaginons : une trentaine d’élus, de tous bords,  hommes et femmes, flamands et francophones, provenant des différentes régions du pays ! Et, par tirage au sort,  30 Flamandes et Flamands, 25 Wallonnes et Wallons, 15 Bruxelloises et Bruxellois, dont l’un ou l’autre néerlandophone, ainsi qu’un ou deux germanophones !

Fameuse épure ! Poser la question, c’est y répondre : du vrai surréalisme ! 

Il parait que ce modèle aurait été essayé avec satisfaction en 2012, en Irlande,  une île au sentiment national pour le moins  différent de celui d’une nation belge qui n’existe pas, et qui est en voie de disparition !

Encore une fois, l’ancien Premier Ministre ne ménage pas sa peine pour tenter de sauver  le navire belgicain, sans voir qu’il prend l’eau de toutes parts !

Cela commence à frôler l’aveuglement, voire l’irresponsabilité, et c’est d’autant plus regrettable que la crise est bien là, de plus en plus évidente, qui frappe bon nombre de citoyens – surtout les plus précarisés – qui attendent de nouvelles solutions pour leur avenir et celui de leurs enfants.

C’est presque cruel de dresser un  réquisitoire contre tout ce qui ne va pas dans la Belgique d’aujourd’hui : la désorganisation des services de renseignements, la collusion larvée avec la grande fraude fiscale internationale au Panama ou ailleurs, la faiblesse des différents types d’enseignements, les contrôleurs aériens, la vétusté des caméras de surveillance de Zaventem, l’orientation des pistes d’aéroport, les tunnels bruxellois, les problèmes ferroviaires d’une SNCB en presque faillite, la crise de la Justice,  la gestion désastreuse des prisons, les travailleurs sur chantiers ni payés ni assurés, la ratification des médecins généralistes, le coût des soins de santé et des médicaments, le monde agricole… Oublions-même Linkebeek et la périphérie bruxelloise, et les réductions de subventions dans la culture et dans le monde social…

L’initiative de l’ancien Premier Ministre de créer un « nouveau machin national » est d’autant plus regrettable qu’on recherche comment simplifier l’organisation institutionnelle du pays : les thèmes à aborder devraient aller dans le sens d’une vaste simplification du millefeuille institutionnel, qui coûte si cher au pays, avec une productivité souvent très limitée. Ainsi de  la suppression du Sénat, des Provinces, des Ministères fédéraux non indispensables, et, le moment venu,  la mise en question de la Royauté. En outre, un nouvel organe politique risquerait d’éloigner encore plus les citoyens du monde politique qui, in fine, est là pour gouverner le plus démocratiquement possible !

Il est permis d’espérer que les partis politiques, et surtout les partis francophones,  arrêtent de se voiler la face sur la scission du pays. Le sujet ne peut plus être tabou. Des espérances fortes existent autour de l’émergence incontestable du fait régional : nos régions, et spécialement la Région wallonne renforcée des compétences nouvelles qui lui viendront de la Communauté française, est en train de relever le défi économique auquel elle est confrontée.

De nouveaux horizons apparaissent peu à peu, avec l’apparition de solidarités nouvelles : à l’évidence, le choix de la France en fait partie, et non un nouveau (con)fédéralisme déséquilibré.

La Wallonie pose un acte politique

Lu sur le site de RTL-INFO :

La Wallonie n’accorde pas les pleins pouvoirs à l’Etat belge pour signer un traité transatlantique, la Flandre furieuse

Le parlement de Wallonie a approuvé mercredi, par 44 voix pour et 22 contre, une proposition de résolution inédite demandant au gouvernement wallon de ne pas accorder les pleins pouvoirs au gouvernement fédéral pour signer le traité commercial de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA).

Les députés PS, cdH, Ecolo et PTB ont approuvé cette proposition, dont le thème avait été débattu durant près d’une vingtaine de réunions ces derniers mois au parlement régional, tandis que les députés MR (ainsi que le député indépendant) s’y sont opposés, défendant un traité « équilibré ».

Tel quel, la Wallonie rejettera ce traité

Le ministre-président Paul Magnette a fait part de son enthousiasme pour cette résolution et confirmé qu’il n’accorderait donc pas les pleins pouvoirs au gouvernement fédéral. Ce vote doit donc être vu comme le lancement d’un « alerte » selon laquelle, si le CETA était présenté comme tel à la ratification du parlement wallon, ce dernier disposerait d’une majorité suffisante pour le rejeter, ont souligné les partisans de la résolution.

Précurseurs en Europe

Le parlement wallon est le premier, parmi les parlements de l’UE compétents pour donner assentiment aux traités internationaux, à lancer cet avertissement.

Le PS résume tout ce qui ne va pas dans le traité actuellement sur la table

Pour le PS, Olga Zrihen a rappelé que « les citoyens se sont emparés de ce traité, pourtant très technique, car il ne signifie pas seulement une baisse des tarifs (douaniers), mais bien une remise en cause de notre identité européenne ». « Nous ne sommes ni anti-atlantistes primaires, ni anti-échanges commerciaux, ce n’est pas non plus une opposition au Canada, car l’absence de garanties que nous dénonçons l’est aussi par la société civile canadienne ».

A ses yeux, le CETA risque de détricoter le modèle agricole de la Wallonie, notamment au vu de la taille des exploitations canadiennes, mais aussi les droits des travailleurs, les normes sanitaires, de protection des consommateurs et de l’environnement. Quant au règlement des litiges commerciaux, il mettrait en question la capacité à légiférer des États. « Nous ne fermons pas la porte aux traités commerciaux, mais ce vote peut être l’amorce d’un nouveau modèle de négociations commerciales ».

Pas conforme aux traités européens ?

Marie-Dominique Simonet (cdH) reconnaît que « tout n’est pas à jeter, mais nous lançons une alerte: le CETA ne présente pas les balises suffisantes, comme commencent à le souligner désormais l’Allemagne et la France pour un autre traité, le TTIP (UE-USA) ». Le CETA, « c’est un traité du XXe siècle, qui fait plus de ce que nous savons qui ne va pas! Panama Papers, Brexit, Cop21: il faut y mettre les éléments permettant d’atteindre les objectifs auxquels nous nous sommes engagés, or on ne les y retrouve pas », a-t-elle affirmé. Le Fédéral doit actionner sa capacité de demander à la cour de justice de l’UE si le CETA est bien conforme aux traités européens, raison pour laquelle les pleins pouvoirs lui sont refusés. A ses yeux, « notre parlement est un lanceur d’alerte ».

« Ce n’est pas un combat entre l’Europe et le Canada, mais entre les multinationales et la démocratie »

Hélène Ryckmans (Ecolo) va plus loin, voyant dans le vote de mercredi un « barrage au CETA », qui fait de la libéralisation des services la règle, sans garantie pour de nombreux services d’intérêt général non-inscrits. Quant à l’instance de règlement des litiges entre États et multinationales, les seuls gagnants sont les investisseurs et les grandes entreprises. Stéphane Hazée a qualifié le moment d’historique: « ce n’est pas un combat entre l’Europe et le Canada, mais entre les multinationales et la démocratie ».

« Tout le monde en Wallonie est contre ce traité »

Du haut de son perchoir, le président André Antoine (cdH), qui s’est fortement investi dans l’organisation des débats, a souligné à quel point ce dossier avait été « longuement instruit, à charge et à décharge ». Pour Paul Magnette, « tout le monde en Wallonie est contre ce traité, et pas par naïveté, mais au terme d’un vrai grand débat démocratique ». Il y voit un second avertissement à la Commission européenne, dont il a déjà averti la commissaire au Commerce Cecilia Malmström quant au risque de non-ratification par le parlement wallon si le traité était présenté comme tel. « Nous ne disons pas ‘non’ au CETA, mais nous doutons de la conformité aux traités européens et demandons à la Cour de justice des clarifications », a-t-il résumé. « Sommes-nous isolés ? Peut-être. Mais toute résistance a un commencement », a-t-il ajouté.

Le MR, tout seul pour la ratification de ce traité

Le son était diamétralement opposé pour la députée MR Virginie Defrang-Firket, qui a vanté les mérites de ce premier accord commercial entre l’UE et une des principales puissances économiques mondiales, facilitation des exportations et augmentation du PIB à la clé. L’agence wallonne aux exportations (AWEX) y est elle-même favorable, tandis que le ministre-président Paul Magnette déplore le fait que la Wallonie n’exporte pas assez, a-t-elle relevé. Elle a défendu un traité « équilibré », qui ne remet pas en question les standards de production européens et préserve les lignes rouges en faveur des services publics tels que l’eau, l’éducation, etc.

Geert Bourgeois furieux

Le ministre-président flamand, Geert Bourgeois (N-VA), a exprimé son exaspération après ce vote de défiance qui compromet la ratification belge du traité. « Cela va non seulement nous faire complètement perdre la face au niveau diplomatique, mais c’est aussi une menace directe envers notre économie et notre bien-être », a commenté le ministre-président flamand depuis Bangalore, en Inde, où il mène actuellement une mission économique flamande.

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