« La face obscure des nationalistes wallingants »

Le magazine Le Vif-L’Express vient de publier un mini-dossier sur la face obscure des « nationalistes » wallingants. Mini-réaction.

dark vador wallonTous égaux devant le tribunal de l’histoire. Tous coupables aux yeux de l’honnête homme attaché à la Belgique. Evidemment, ceux qui mettent en avant leur identité wallonne ne valent pas mieux que les adorateurs du lion flamand. Tandis que ceux-ci rejoignaient leurs cousins germains pendant la guerre, les résistants wallons se compromettaient avec la France. Ou alors, non, ce n’est pas aussi simple, car « le mouvement wallon a été surtout un nationalisme belgo-wallon, qui se donnait pour but de sauver la Belgique latine au mépris des droits des néerlandophones ». Et quand, au contraire, on reconnaissait la légitimité du combat flamand, c’était pour écrire qu’ « il n’y a pas de Belges mais des Wallons et des Flamands », le métissage bruxellois ne produisant que des espèces de dégénérés.

Voilà, c’est dit, le coq, passé à la moulinette, donne une soupe qui sent le racisme et l’intolérance. Tous coupables. On n’a pas fini de juger cette époque où l’exaltation du sentiment national a conduit aux délires du nazisme. Même ceux qui ont lutté contre le nazisme au péril de leur vie étaient des produits de leur temps. Pas de quoi bomber le torse et le couvrir de médailles. Oui, tous égaux devant le tribunal de l’histoire. Tous coupables aux yeux de l’honnête homme attaché à la Belgique en 2013, pour qui la mode est plus que jamais au noir-jaune-rouge. En voulant révéler « la face obscure des nationalistes wallingants » dans sa dernière édition, le magazine Le Vif/L’Express jette une ombre sur le drapeau wallon. Cela ressemble à un mauvais procès. Quand Dark Vador se cache au pays des Bisounours, il faut le démasquer, le passer au laser, lui couper les jambes et les bras.

Si le coq est tombé par terre, c’est la faute à… Demotte. Il a cru bon d’opposer un gentil nationalisme wallon, qu’il veut promouvoir, à un méchant nationalisme flamand incarné par Bart De Wever-le-démoniaque. La différence entre les deux, c’est que les gentils veulent consolider la Belgique et les méchants veulent la diviser. Au fond, le tort de Rudy Demotte, c’est de croire encore en la Belgique. Mais ses habits de super-Wallon le rendent un peu ridicule et son manichéisme attire sur lui la foudre aussi sûrement qu’un arbre isolé dans l’orage. A part les Wallons trop wallons, nul ne lui reprochera ses références à la Belgique. Encore une fois, c’est le combat wallon qui est chargé de tous les péchés.

Pourtant, le malheureux cocorico du ministre-président de la Wallonie est compréhensible. Il faut tenir compte du contexte. La Wallonie doit relever le défi de la 6e réforme de l’Etat, sans parler de ce qui pourrait advenir au lendemain des prochaines élections, dans huit mois.  La Wallonie est condamnée à exister mais les médias préfèrent entretenir le sentiment belge, au risque de l’exacerber chez certains, plutôt que de soutenir l’affirmation du fait wallon. Le visage de la Wallonie est peint en noir-jaune-rouge. Le coq en représente la « face obscure des nationalistes wallingants ». Personne ne se demande s’il ne serait pas temps de tourner la page de la Belgique.

Dark MaulEntre la réalité institutionnelle de la Wallonie et l’idée que les Wallons se font de leur identité, c’est de plus en plus le grand écart. La déchirure est prévisible. Rien de comparable en Flandre, où les réformes de l’Etat nourrissent une dynamique nationale. Il est urgent de secouer la Wallonie pour lui donner un avenir, mais rien ne se passe vraiment.  Advienne que pourra. Vive la Belgique. Le roi, la loi, la liberté. Un drapeau noir-jaune-rouge avec, pour symbole, un coq sans tête.

Pour ceux qui n’ont pas renoncé à leur tête, il reste les écrits de ces historiens, sans doute trop wallons pour être honnêtes, qui ont dénoncé la façon très partiale dont l’histoire de Belgique était enseignée avant… ou peut-être encore maintenant. Pour construire une identité nouvelle, il fallait passer par là, bien sûr. Mais nous sommes en 2013, la Belgique unitaire est devenue une fiction, la Wallonie doit prendre en main son destin et Le Vif/L’Express soupçonne l’Institut Jules Destrée d’avoir une démarche militante en travaillant sur l’histoire du Mouvement wallon. Philippe Destatte, son directeur, s’en défend (et nous savons à quel point la rigueur scientifique est pointilleuse à l’Institut Destrée), mais admettons que la mise en évidence d’un combat wallon, doublée d’une réflexion sur l’identité wallonne, constitue en soi une démarche militante… et une démarche indispensable pour s’arracher au roman national belge.

Espérons que Le Vif/L’Express a réservé de la place, dans ses prochaines éditions, pour davantage alimenter son dossier, car nous avons de la matière à lui fournir. Passons tout de suite du côté obscur de la force en citant Philippe Destatte quand, voici vingt ans, il introduit le livre La Wallonie, Terre romane, un classique écrit par l’historien Félix Rousseau.

Félix Rousseau et Léon-E. Halkin

Ecrire la Wallonie avec quelques mots simples, comme celui de liberté

(…) Dès les premiers recrutements, et donc dès 1940, Félix Rousseau fait partie duROUSSEAU Felix mouvement de résistance « La Wallonie libre ». Comme Jean Pirotte et beaucoup d’autres membres de la société historique, il a probablement été contacté au préalable par Maurice Bologne. Dans un second temps, Félix Rousseau s’efforcera, avec d’autres, de regrouper les chrétiens wallons au sein de « La Wallonie catholique » sous la double bannière de la lutte contre le nazisme et de l’autonomie de la Wallonie dans un cadre fédéral.

(…) Sous le titre La Wallonie et la France, qui occupe les colonnes du journal clandestin La Wallonie catholique du 15 décembre 1943, Félix Rousseau, membre du Comité central du mouvement, affirme sa foi en la France  – les Wallons n’existent qu’en fonction de la France, qu’ils participent à son rayonnement comme à son déclin – et sa conviction que la France reprendra parmi les nations cette place où, à l’heure présente, l’on sent tellement qu’elle manque. En effet, pour Rousseau, rejoignant ainsi la formule d’Avant-Guerre de Léon-E. Halkin : La France restera la patrie intellectuelle des Wallons, et donc les Wallons doivent s’appuyer sur la France, notre seule raison d’être au point de vue intellectuel.

C’est l’archiviste et historien qui démontre que les Wallons ont conscience d’appartenir au domaine linguistique français, et ce par la volonté de nos ancêtres car, dit Rousseau, la langue française a été adoptée librement chez nous, malgré le fait que, pendant plus d’un millénaire (depuis le Traité de Verdun) jusqu’à nos jours, à part Tournai, nos régions wallonnes n’ont été réunies à la France que pendant vingt ans (1794-1814) seulement. Ainsi, au-dessus des patois locaux, le français a fait le trait d’union entre tous les Wallons.

(…) La Wallonie est une région de langue française située en dehors des frontières politiques de la France, annonce F. Rousseau, comme le fera plus tard L. Genicot. Analysant les origines du mot « wallon » ainsi que la genèse de la frontière linguistique, F. Rousseau souligne d’emblée que la Wallonie n’a cessé d’être foncièrement latine et française de culture et d’esprit.

Bien que seul le Tournaisis ait été fief français et la totalité des autres Etats de nos régions terres d’Empire, Félix Rousseau remarque que c’est le français qui a été adopté comme langue littéraire dans nos régions pourtant exclues des frontières de la France. Voilà le fait capital de l’histoire intellectuelle de la Wallonie. Sans aucune contrainte, de leur pleine volonté, les Wallons sont entrés dans l’orbite de Paris et depuis sept siècles – avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie – n’ont cessé de participer à la culture française.

(…) L’histoire « officielle belge est pro-flamande, antiwallonne et partant, anti-française, constate Félix Rousseau dans un chapitre intitulé La Wallonie et l’histoire « officielle » belge. Il y critique les manuels scolaires qui consacrent leurs pages à la seule histoire des anciennes principautés flamandes. Pour F. Rousseau, les manuels adoptés … pèchent surtout par omission. Ils négligent l’importance de la Principauté de Liège et oublient que plus d’un tiers de la Wallonie n’a jamais fait partie des Pays-Bas. Sur l’attirance traditionnelle de Liège vers Paris et la fidélité de Tournai envers la France jusqu’à Charles Quint, silence complet dans nos manuels. Et Rousseau de choisir deux exemples de cette francophobie : le régime espagnol aux Pays-Bas et la domination française, ce qui lui permet de rappeler toutes les influences françaises passées sous silence jusqu’en 1831.

(…) En conclusion de sa brochure La Wallonie, Son histoire, Son avenir, Félix Rousseau estime que la situation de la Wallonie apparaît claire : en effet, depuis deux mille ans, notre terre wallonne est une terre latine et les Wallons participent… à la culture latine, principalement sous forme française. C’est le fait capital de notre histoire, qui explique nos façons de penser, de sentir, de croire (…).

La Wallonie se trouve à un tournant de son histoire. (…)

Dès à présent, nous pouvons affirmer que nous n’admettrons plus le cadre étroitement unitaire de l’Etat belge d’avant le 10 mai 1940, car c’est notre existence même qui s’en trouverait menacée.

Dans un vibrant appel à l’union des Wallons pour défendre les droits et les intérêts de tous les Wallons, où qu’ils se trouvent, et aussi la civilisation française, tant à Bruxelles qu’en Wallonie, Rousseau leur demande de se mettre d’accord sur un programme : réclamer, dès la fin de la guerre en Europe, une révision de la Constitution qui fasse de la Belgique un Etat fédéral, où Flamands et Wallons puissent vivre côte à côte, les uns comme les autres, maîtres chez  eux et maîtres de leur propre destinée.

Voilà, c’était un peu long, c’était  pendant la guerre et c’était « la face obscure des nationalistes wallingants ».

Georges R.

« Politique wallonne cherche gestion saine et démocratique »

Militant du rassemblement wallon historique, j’avais pensé qu’une fois le fédéralisme obtenu, nous aurions la joie de voir disparaître ce système détestable, héritage du système belge, de la primauté des partis politiques de pouvoir sur la démocratie. Loin de voir ce système s’évanouir ou du moins s’atténuer, nous avons assisté à une recrudescence de ce mode de gestion, un peu comme si ces politiciens assoiffés de places oh combien lucratives dans les intercommunales puisaient dans les caisses tant et plus avant que leurs consoeurs et confrères honnêtes, si, si, il en existe et j’en connais, sifflent la fin de la partie ou que les citoyens leur disent : « ASSEZ ! »

De « Formidable », Stromae pourrait chanter « Inacceptable » en donnant du contenu à une chanson qui ait du corps. Il ferait là œuvre utile, notamment auprès de notre jeunesse.

Dans l’attente d’une gestion saine de la Wallonie, nous devrons nous contenter, mercredi prochain, du discours du président du parlement wallon, Patrick Dupriez, écolo, qui aurait grand intérêt de se rappeler le discours qu’il a prononcé lors des fêtes de Wallonie et de balayer sur le trottoir de son propre parti qui, loin des fondateurs du parti écologiste, a très vite appris à jouer dans la cour des quatre partis de pouvoir.

Si tel n’était pas le cas, l’excellent article de Michel Delwiche, sur le site du « Vif » serait là pour lui rappeler .

Paul D.

Lisez plutôt ce qui suit :

Les intercommunales sur la table (de travail) des députés wallons

Patrick DupriezLes Fêtes de Wallonie jettent ce soir leurs derniers feux. Maintenant, le monde politique se remet au boulot. Mercredi, la séance de rentrée du parlement wallon sera consacrée à un débat sur les intercommunales.

Les députés wallons vont, ce mercredi, reprendre le chemin de leur Parlement avec, à l’ordre du jour, une proposition de décret visant à plus de transparence des rémunérations dans les intercommunales, déposée par les Ecolos, et ensuite un débat sur les missions et le contrôle de ces intercommunales (IC). En tâchant d’oublier, on l’espère, que la plupart d’entre eux détiennent précisément des mandats dans ces IC. Ou qu’ils y ont placé des amis qu’il fallait remercier ou consoler. Les quelque 94 IC que compte la Wallonie sont en effet administrées par des élus locaux choisis non pas en fonction de leur compétence, mais sur base de leur appartenance politique. Le cas de Tecteo, qui ne manquera pas d’être évoqué mercredi, a clairement démontré avec quelle facilité une décision pouvait leur être imposée. Charles Michel, président du MR, a d’ailleurs demandé ce week-end que Stéphane Moreau, le patron de Tecteo, vienne s’expliquer devant le Parlement wallon.

Au menu également mercredi le manque de transparence dans la gestion des IC et l’opacité qui règne sur les rémunérations que tout le monde pourtant, ministres comme parlementaires, admet qu’il faut clarifier. Mais le ministre des Pouvoirs locaux, Paul Furlan, ne parvient même pas à se faire communiquer, par les IC elles-mêmes, le montant des jetons de présence et autres avantages dont bénéficient les mandataires, alors que la confection de ce cadastre des rémunérations est pourtant imposée par décret.

Travailler plus et mieux

Le Parlement wallon ne peut pas rater ce débat. Il y va de sa crédibilité, et de celle de chacun de ses membres. Car les critiques sur le (non)fonctionnement de l’assemblée s’accumulent. La dernière en date vient de son propre président, le député Ecolo Patrick Dupriez qui, à l’occasion de la réception officielle des Fêtes de Wallonie samedi à Namur, n’y a pas été avec le dos de la cuillère. «Nous avons besoin d’un Parlement qui travaille plus, mieux et qui se dote des outils nécessaires à son action», a-t-il affirmé. Depuis le début de la législature, mi-2009, fait-il remarquer, les députés ont adressé 20.000 questions écrites aux membres du gouvernement, pour «faire du chiffre», avec parfois pour seul horizon l’élection suivante. Ce n’est pas tenable! «Travailler mieux, poursuit-il, c’est avant tout concrétiser notre engagement à débattre en allant au fond des choses avec l’exigence de contribuer à l’intérêt général.»

L’occasion sera donc donnée mercredi d’en faire la nécessaire démonstration.

C’était la fête à la Wallonie.be

fêtes de WalloniePas terrible, le bilan politique des fêtes de Wallonie. Peu crédible, Rudy Demotte qui parle, parle et ne sait pas quels mots utiliser pour mobiliser la société wallonne. Il ne sort pas des contradictions actuelles. Plaider pour un nationalisme wallon qui consoliderait la Belgique, c’est assez paradoxal. L’exaltation du sentiment belge rend impossible un vrai débat sur l’identité wallonne. Empêche une véritable prise de conscience. Il n’y a pas d’élan. Pas de souffle. Dans la population, la confiance en la Wallonie est toute relative et les éditorialistes étalent leur scepticisme à la une des journaux. Mais Rudy Demotte affiche « une forme olympique », selon ses dires, et pour tous ceux qui lui reprocheraient de manquer de vision, le voilà qui annonce le plein emploi en Wallonie en… 2025.

Thierry Bodson n’a pas l’air convaincu, lui qui, au nom de la FGTB wallonne, tire à nouveau la sonnette d’alarme, allant répéter que  la Wallonie n’est pas encore en mesure d’exercer les compétences qu’il lui faut assumer dès le 1er janvier 2015. Pas de panique. A huit mois d’une échéance électorale hyper-importante, Rudy Demotte préfère croire aux vertus d’un discours positif. « Les Wallons doivent savoir que leur avenir dépend d’eux-mêmes et de leur capacité à créer les conditions de leur prospérité et de leur bien-être ». Bien, bien, mais dans la réalité les Wallons sont très dépendants de ce que veut la Flandre. Alors pas de perspective claire en Wallonie. Il suffit à Bart De Wever d’ouvrir la bouche pour que toute l’attention médiatique se porte sur lui. La N-VA, dit-il, fera barrage au PS et imposera une politique tellement contraire aux intérêts des socialistes wallons que ceux-ci finiront par accepter le confédéralisme. Dans les mois qui viennent, ce sera Di Rupo-le-Belge contre De Wever-le-Flamand et le positionnement des autres formations politiques fera la différence. L’avenir de la Wallonie… il est trop tôt, semble-il, pour y penser vraiment dans les allées du pouvoir.

Reconnaissons quand même à Rudy Demotte le mérite d’avoir mis en ligne le travail de l’Institut Jules Destrée sur l’histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon. Paul Delforge, qui en est le maître d’œuvre, a notamment écrit un livre sur l’Assemblée wallonne qui, il y a juste un siècle, a doté la Wallonie de son drapeau et de sa fête annuelle. Un tel anniversaire méritait peut-être une attention plus grande. Quoi qu’il en soit, l’essentiel de l’histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon est désormais très accessible sur un site que le citoyen wallon gagne à consulter pour y voir plus clair.

Georges R.

Pour contribuer à la promotion de cette initiative, nous reprenons ici l’article de Pascale Serret dans le journal Vers l’Avenir.

Le Wikipedia du Wallon : c’est nouveau et c’est en ligne

WallipediaFaire tenir 4 500 pages d’infos très détaillées sur la Wallonie en une carte de visite: c’est fait ! Le site «Connaître la Wallonie» est en ligne.

Dans son bureau à l’Élysette, Rudy Demotte est visiblement impatient de montrer son bébé. Devant son écran d’ordinateur, le ministre-président wallon résume. «Ce site internet est une sorte de Wallipedia. Le Wikipedia du Wallon, d’une certaine façon.»

1. En chiffres

Le site en question s’appelle «Connaître la Wallonie». Il est en ligne depuis ce lundi. Du costaud : 4 500 pages internet, 1 018 notices biographiques de Wallons qui ont marqué l’Histoire, une ligne du temps à 1 287 dates, un atlas historique de 249 cartes, 128 fiches explicatives de lieux de mémoire, etc.

2. Identité wallonne : pfff… Encore?

À quelques jours des Fêtes de Wallonie, l’idée est bien celle-là : un soutien à l’identité wallonne, qui passe par une meilleure connaissance de la culture, du patrimoine, du passé et du présent de notre région. « Une pierre à l’édifice… » Si ce n’est que cette pierre-ci est à l’opposé du fameux logo aux cinq points noirs (wallonia.be), qui avait fait couler beaucoup d’encre, fin juin. En effet, le site «Connaître la Wallonie» est non seulement dense, très construit, pédagogique, accessible, inédit dans la centralisation de l’information… mais, en plus, son budget reste light : 24 800 € TVAC.

3. L’Histoire à la ligne

Onglet «Histoire», clic. La ligne du temps proposée s’étire confortablement du paléolithique à aujourd’hui. Plus de 300 000 ans… De l’enfant de Sclayn, mort à 8 ans et 17 jours sans savoir qu’il serait un jour le plus vieux fossile humain découvert sur le territoire wallon, à la victoire de Philippe Gilbert à Valkenburg le 23 septembre 2012, en passant par ce fameux 15 octobre 1980 qui a vu la toute première réunion du Conseil régional wallon au Sofitel de Wépion… On a là du politique, du socio-économique, des sciences, de la culture, du religieux et bien entendu les dates clés qui ont compté pour la Wallonie.

4. À la carte

Rudy Demotte va naviguer dans l’atlas historique. Il télécharge une des 249 cartes disponibles où la Wallonie actuelle apparaît en filigrane. « Ici on voit que les limites actuelles de la Wallonie et la frontière linguistique étaient déjà à peu près tracées par les capucins, au XVIIe siècle. Frappant. Ça ne démontre évidemment pas que la Wallonie existe depuis toujours; nous sommes juste le produit de tout ça. L’approche historique doit être modeste», souligne-t-il. Pour les profs, des leçons clés en main sont disponibles sur 12 périodes de l’histoire. D’autres sont déjà programmées. «Tout est libre de droit», précise Demotte.

5. D comme ducasse

Vous voulez de la culture, des lieux de mémoire et du patrimoine? Il y en a aussi. Des Wallons qui ont marqué leur temps? Pour l’instant, le site héberge la biographie de plus de 1 000 personnalités. La liste va encore s’enrichir. Vous voulez du folklore? Les «tubes» du Doudou de Mons? Du grand feu de Bouge? Tout y est. Paroles et musique, entre autres documents. Servez-vous.

A propos des fêtes de Wallonie

Alors que débutent les Fêtes de Wallonie, nous avons interrogé Jules Gheude, essayiste politique, qui vient de sortir « Lettre à un ami français – De la disparition de la Belgique » (Mon Petit Editeur, Paris).

 Que représentent pour vous les Fêtes de Wallonie ?

Jules gheude -Il y a quarante ans, j’attendais ces Fêtes avec une certaine fièvre. C’était pour moi un moment fort émouvant, l’occasion du souvenir, de la mise à l’honneur de nos traditions culinaires et folkloriques. A partir de 1974, avec la mise en route de la régionalisation, les Fêtes ont permis d’appuyer l’existence politique de la Wallonie. Souvenons-nous du décret adopté en août 1975, à l’initiative du député Fernand Massart, et qui permit de faire du coq wallon de Paulus l’emblème officiel. Puis, progressivement, le gigantisme et la récupération commerciale sont venus ternir le sens originel des Fêtes, avec tout ce qu’il y avait d’humain et de convivial. Un commerçant namurois me disait ce matin : « La grande bouffe et la beuverie commencent ! Moi, je ferme et je pars pour cinq jours ! ».

Ne peut-on pas parler aussi de récupération politique ? Comment réagissez-vous, par exemple, à la récente sortie du ministre-président wallon, Rudy Demotte, prônant un « nationalisme wallon » ?

Un sentiment d’appartenance s’entérine, il ne se décrète pas. Ce sentiment est bien présent en Flandre, dont on trouve déjà le substantif au Xe siècle et qui a fini par se constituer en une collectivité distincte. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le Parlement flamand, unanime, ait adopté, il y a deux ans, une Charte dont le préambule reprend expressément le terme « nation ». Rien de semblable chez nous, où il faut attendre la moitié du XIXe siècle pour voir apparaître le terme « Wallonie ».  Avant, on a longtemps parlé de « Roman Pays » pour qualifier nos contrées qui, bien que situées en dehors des frontières politiques de la France, ont spontanément adopté le français dès le XIIIe siècle et n’ont cessé depuis de se situer dans l’orbite culturelle de Paris. Au fond, je me considère comme un Français, que le hasard de l’Histoire a fait vivre en dehors de l’Hexagone.

Mais ne peut-on pas parler d’identité wallonne ?

J’entends, depuis une vingtaine d’années, ce discours politique qui insiste sur la nécessité de « forger l’identité wallonne » En 1992, la présidence du gouvernement wallon, confiée à Guy Spitaels, fit paraître dans les grands quotidiens une pleine page présentant dix-sept figures marquantes de Wallonie, parmi lesquelles Eugène Ysaye, Arthur Grumiaux, Paul Delvaux et René Magritte. Cette récupération d’artistes à des fins politiques fit bondir l’artiste liégeois Patrick Corillon, qui posa carrément la question : N’y aurait-il pas dérive nationaliste ? Or, vingt ans plus tard, voilà que le ministre wallon Rudy Demotte lance le concept de « nationalisme wallon »…  S’il faut forger l’identité wallonne, c’est qu’elle n’existe pas. Et pour cause. Elle est, sur le plan de la langue et de la culture, tout simplement française. Ceci sans méconnaître les particularités locales et les dialectes, qui sont éminemment respectables et que l’on trouve aussi dans chaque région de France. Les Fêtes de Wallonie sont, comme vous le savez, marquées par le souvenir de François Bovesse. Et que lit-on, à son nom, dans l’Encyclopédie du Mouvement wallon, publiée par l’Institut Jules Destrée : militant wallon de la première heure, (…) il ne négligeait pas l’importance de la culture française et des liens unissant les Wallons à la France. Quant à André Renard, le fondateur du Mouvement Populaire Wallon, il soulignait que la France reste le grand flambeau, (…) la grande lumière de culture.

Il n’y a donc pas, selon vous de culture wallonne ?

La Wallonie peut certes s’enorgueillir d’un patrimoine culturel et artistique foisonnant. Mais n’est-ce pas la France qui a contribué et contribue encore aujourd’hui massivement à la promotion de nos artistes et créateurs ? C’est à Paris que Grétry et Franck connurent la gloire. Félicien Rops est allé s’épanouir à Paris au contact des poètes maudits. Georges Simenon a quitté Liège pour Paris à l’âge de 17 ans. Quant au Namurois Henri Michaux, il a carrément opté pour la nationalité française. Ce débat sur l’identité et la culture wallonne me paraît profondément vain.

 Allez-vous participer aux Fêtes ?

La situation économique et budgétaire précaire que connaît la Wallonie ne m’incite guère à faire la fête. Force m’est de constater que les dirigeants wallons n’ont pas su utiliser efficacement les outils d’auto-administration dont dispose la Wallonie depuis plus de trente ans. Ce n’est pas d’un cadre nationaliste dont nous avons besoin, mais d’une gestion saine et rigoureuse qui nous permette de retrouver la prospérité. Alors, nous pourrons vraiment chanter que nous sommes fiers d’être Wallons !

Alors on danse

panda géantHormis, peut-être, deux pandas géants que le zoo d’Anvers dispute au parc animalier Pairi Daiza, près de Mons, plus personne ne semble douter de la Belgique. Alors on danse. C’est le retour d’une Belgique joyeuse. « Les Belges n’ont plus peur de leurs talents », titrait hier le journal Le Soir, sur deux pleines pages. Ce qui gonfle la voile noir-jaune-rouge, c’est l’émotion du succès. Le miroir tendu par les Diables rouges affole les Belges francophones et les médias participent activement à cet emballement collectif. Parmi « Les cinq ingrédients du ‘Belge is beautiful’ », autre titre de la rédaction du Soir, figurent notamment l’humilité et l’autodérision. Le chauvinisme, c’est bon pour les autres. Attention quand même de ne pas trop se prendre au sérieux. Pour donner plus de consistance à son propos, le journal Le Soir braque le projecteur sur les nombreux Belges francophones qui réussissent à se faire une place dans le paysage audio-visuel français. Cocorico.

Alors on danse.

Dans ce climat de douce exaltation nationale, on a presque été surpris, vendredi, de lire cette question posée à Jean Faniel, le nouveau directeur du Crisp, par le Vif/L’Express : « Le séparatisme est toujours une angoisse des francophones. Le rattachisme à la France semble être une option pour bon nombre d’entre eux. Comment expliquez-vous cette fascination pour le voisin français ? » « C’est vrai qu’on l’entend beaucoup dans les discours ou les conversations. Mais cela ne se reflète pas dans le choix électoral… », a répondu Jean Faniel. C’est toujours une bonne chose d’en parler, de l’option française, alors qu’elle est refoulée tout à la marge du discours politico-médiatique. Il faut toutefois se méfier de la façon dont les questions sont posées.

Il y a peu de francophones, en Wallonie et à Bruxelles, qui éprouvent de la « fascination pour le voisin français ». Mais il reste une évidence. La proximité de la France n’est pas seulement géographique. Les Belges francophones y sont chez eux, dans leur espace culturel, même ceux qui ont sifflé la Marseillaise avant le match amical des Diables rouges contre l’équipe de France. Pour les Wallons, la France n’est tout simplement pas un pays comme un autre. Cette culture commune, nourrie, entre autres, par des générations et des générations de Wallons, c’est un élément essentiel de notre identité. Certes, nous avons nos particularités, mais le besoin conjugué d’affirmer sa différence et d’être reconnu dans les médias français, cela en dit long sur ce qui nous attache à la France. Il n’y a pas lieu de s’étonner, si de nombreux Wallons pensent à se rapprocher de la France à mesure que l’Etat belge se défait. Ce qui est plus étonnant, c’est que l’on s’en étonne.

C.V. et M.L.« Le Belge est vraiment soluble dans la société française. Des Français m’ont déjà demandé si on se réunissait dans un café pour regarder les Diables rouges. Ben non en fait… », c’est Charline Vanhoenacker qui le dit dans La Libre, elle qui s’est fait une place @Pèèèris en se moquant de la France et des Français. Ceux-ci doivent aimer ça car ils ont aussi attiré la très piquante Myriam Leroy, selon laquelle « il existe effectivement une mode des Belges, à la limite de la condescendance inversée… mais gentille. Beaucoup de Français osent dire -et peut-être le croient-ils réellement- que les Belges ont tout compris, que Bruxelles est tellement plus belle que Paris, qu’ils ont des tonnes de leçons à recevoir de notre part. Mon avis est qu’il y a autant d’ordures ici que là-bas. Mais, pour l’instant, je ne contredis pas les Français lorsqu’ils nous complimentent. Le vent a tourné en notre faveur et il m’a portée jusqu’à cette nouvelle collaboration. Je ne cracherai donc dans aucune soupe, même sous la torture. Ce qui me paraît vrai, cependant, c’est que les Belges ont une certaine forme de fraîcheur dans leur regard sur la France. Peut-être les Français vont-ils chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent plus chez eux… »

Cocorico pour les Belges francophones, alors, mais c’est encore un jeu de miroirs où la France regarde la France. Alex Vizorek, un autre transfuge de la RTBF, ne dit pas autre chose dans Le Soir : « Les Français commencent à accepter que l’on se moque d’eux. Mais ils préfèrent que ce soit un Belge qu’un Corse qui le fasse. Comme eux nous connaissent assez mal, ce qui leur plaît et les étonne, c’est que nous  leur ressemblions et les connaissions si bien ! » Le mot de la fin pour Stéphane De Groodt, un autre chroniqueur belge à Paris, toujours cité par Le Soir : « Les Français  ont intégré le Belge comme une espèce de pièce manquante de leur puzzle culturel ! »

stromaeAllez, finalement, tout le monde est d’accord. Et puis… et puis il y a Stromae qui cartonne en France, et tous les autres. Allez, Jef, t’es pas tout seul.

Alors on danse.

Georges R.

Belgique : régime particratique plus que jamais !

L’excellent Thierry Fiorilli, Rédacteur en chef adjoint au Vif/L’Express nous informe des petits jeux de la particratie belge. Plus l’Etat belge s’évapore et plus il s’éloigne de la définition d’un Etat démocratique. Il ne reste au citoyen que l’obligation d’aller voter aux élections fédérales pour des listes mitonnées par les présidents de partis. Ensuite, l’électeur n’a plus droit au chapitre… Circulez, il n’y a rien à voir !

Patrons publics : un peu de justice salariale et pas mal de bonneteau

Le gouvernement a désigné les top- managers des entreprises publiques où le patron arrivait au terme de son mandat. Et confirmé qu’ils ne gagneront pas plus de 290 000 euros par an. Bien joué. Mais pas assez pour dissiper tous les sentiments de malaise.

Didier-Bellens-patron-de-BelgacomLa définition proposée par Wikipedia est un modèle du genre : « Le bonneteau est un jeu d’argent, de l’ordre de l’escroquerie, proposé à la sauvette sur les marchés et dans les lieux publics. Sur le même principe, mais avec des techniques de manipulation un peu différentes, on rencontre parfois des ‘jeux’ consistant à trouver une balle sous trois gobelets ou une fève sous trois coquilles. Cette forme, qui apparaît déjà dans le tableau de Jérôme Bosch, L’Escamoteur, a été reprise par la prestidigitation. Les escamoteurs du Moyen Âge employaient pour cela une petite boule de liège appelée muscade, d’où l’expression ‘passez muscade’. » On pourrait presque l’utiliser pour qualifier l’accord intervenu ce week-end sur les nominations des top-managers des cinq entreprises publiques dont les patrons actuels arrivent au terme de leur mandat : SNCB, Infrabel, Loterie nationale, Société fédérale de participation et d’investissement (SFPI) et Belgocontrol. Sans évoquer l’escroquerie (ce serait faux et calomnieux), on mentirait en ne reconnaissant pas le malaise inspiré par le vaste donnant-donnant qui a une fois de plus présidé à ces nominations, ajouté au fait qu’on y retrouve encore et toujours ce ballet des mêmes noms qui passent d’un gobelet à l’autre. En escamotant le Selor, le pourtant principal bureau de sélection de l’administration, le gouvernement a placé ses hommes à la tête des différentes entreprises publiques : le SP.A Frank Van Massenhove passe du SPF Affaires sociales à la tête de la SNCB ; le SP.A Jannie Haek est écarté du groupe SNCB mais devient patron de la Loterie nationale ; le PS Luc Lallemand reste aux commandes d’Infrabel ; l’Open-VLD Koen Van Loo garde les rênes du SFPI et le CD&V Johan Decuyper, chef de cabinet du secrétaire d’Etat à la Fonction publique (Hendrik Bogaert) dirigera Belgocontrol. Parallèlement, comme Marc Descheenmaecket (Open-VLD) est évincé de la SNCB, lui aussi, il est recasé à la tête de l’aéroport de Zaventem. Jean-Paul Servais (MR) reste, lui, patron de l’autorité de surveillance des banques (FSMA).

Crûment dit : on prend les mêmes, on les mélange et on les fait resurgir à un endroit de la table, jamais le même. Le badaud/contribuable/électeur regarde les cartes qu’on bat et rebat et assiste au grand ballet, au grand défilé, au grand chassé-croisé. Il n’y perd pas forcément sa mise (on ne lui a pas demandé de jouer) mais il a tout de même comme une impression d’être floué, dupé. Parce que, finalement, quel que soit le bilan présenté par ces « top-managers », ils sont toujours là, mais passent d’entreprise en entreprise, pour occuper pratiquement chaque fois le même fauteuil. Comme dans le secteur bancaire, où les dirigeants traversent les époques et les crises, quelles que soient leurs responsabilités.

Pareil pour l’aspect « justice salariale », comme le proclame Jean-Pascal Labille, le ministre PS des Entreprises publiques (et ex-champion du cumul des mandats d’intercommunales) : les patrons ne gagneront désormais pas plus de 290 000 euros par an. Sauf que, dans les faits, des exceptions (taille de l’entreprise, nombre de salariés, intensité de la concurrence…) leur permettront d’aller jusque 319 000 euros. Sauf aussi que Didier Bellens reste (en principe jusque mars 2015) big boss de Belgacom avec une rémunération de… 2,48 millions par an. Parce que, comme pour bpost, où Johnny Thijs empoche 1,1 million annuel, le gouvernement n’a pas voulu appliquer là la règle du salaire plafonné.

Entre les postes attribués sans passer par le Selor, la répartition satisfaisant les partis, la plus grosse part du gâteau accordée à la Flandre, la distribution des mandats aux mêmes têtes et les salaires réduits pour certains seulement et avec des dérogations en prime, il y a de quoi s’estimer spectateur d’un gigantesque jeu d’escamotage, avec les fèves pour les acteurs et les hameçons pour le public. Passez muscade, donc.

(Thierry Fiorilli, le Vif/L’Express)

« C’est le mal belge typique »

top managersDans le Soir d’aujourd’hui, Michel Legrand, le président du Gerfa (Groupe d’étude et de réforme de la fonction administrative), est interrogé sur les récentes nominations à la tête de certaines entreprises publiques. Extraits choisis :

« Les désignations respectant un équilibre politique semblent incontournables pour les entreprises publiques. Voire obligatoires…

« Le problème n’est pas l’intervention du niveau politique, le problème vient de la particratie. Dès qu’il y a un problème décisionnel au niveau politique, il devient un problème de parti. Et là, on sort du cadre démocratique, on entre dans des solutions qui aboutissent toujours à une répartition de pions, de points… Le but de l’opération échappe alors à l’intérêt public pour devenir un équilibrage politique. C’est le mal belge typique (…)

« Ça se passe différemment dans les pays voisins ?

« En France ou en Allemagne, le gouvernement décide aussi mais les choix paraissent plus évidents, font moins appel à des données politiques. En France, par exemple, il n’est pas rare que le gouvernement désigne ou confirme quelqu’un supposé être aux couleurs de l’opposition. On y est plus basé sur des critères de compétence. »

Autre remarque du président du Gerfa : « Il existe… des obligations de parité linguistique et on constate pourtant que chaque fois les francophones perdent des plumes. »

Signalons par ailleurs que le journal Le Soir a également rendu compte de la sortie du dernier livre de Jules Gheude. C’était mercredi passé. Voici l’article de David Coppi (cliquer sur l’image pour l’agrandir) :Jules Gheude, Le Soir

Pierre Hazette à propos du livre « Lettre à un ami français »

Le 19 juin, nous vous annoncions la sortie du livre de Jules Gheude « Lettre à un ami français ». Aujourd’hui, Pierre Hazette nous confie ce qu’il pense de cet ouvrage.

pierre hazette« 2014 est une année électorale importante pour la Belgique qui renouvellera ses parlements régionaux, la Chambre des Représentants et sa délégation au parlement européen. S’il ne fallait lire qu’un livre pour mesurer la portée du scrutin, je recommanderais de se fixer sur La lettre à un ami français de Jules Gheude. Avec un louable souci du détail, de la citation précise et de l’analyse, l’auteur passe en revue les déclarations des leaders d’opinion en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. Il apparaît clairement que ce que veulent les Flamands, VB, N-VA, CD&V, Open VLD, hormis Verhofstadt, va dans le sens du séparatisme. Seul le rythme de l’opération de déchirure les distingue encore : certains sont plus pressés que d’autres. Certains se contenteront, dans un premier temps, du confédéralisme; les autres les presseront, avec l’appui populaire, d’en finir avec la Belgique. En face d’eux, les Wallons et les Bruxellois font semblant de croire encore et toujours soit au statu quo, soit à une Fédération Wallonie-Bruxelles qui monterait en puissance, soit à deux entités indépendantes. En d’autres termes, les francophones de Belgique ne savent pas ce qui va leur arriver. Ils n’ont qu’une certitude : ils vont devoir diminuer leur train de vie dès 2022, au plus tard. Cette certitude s’appliquera à tous les domaines de leur vie en commun et à leurs revenus propres. Jules Gheude, fidèle disciple de François Perin, ne voit qu’une solution : un rapprochement progressif avec la France, notre patrie culturelle et linguistique, mais aussi un partenaire qui nous permettra de réaliser des économies d’échelle, moins douloureuses et plus riches d’avenir. »

Comment les médias nous trompent

Elio-Di-RupoSous le titre « La cote du gouvernement Di Rupo au plus haut », le « Vif », comme d’autres organes de presse, trompe ses lecteurs et ment effrontément. Il nous dit en sous-titre « Elio Di Rupo (PS) a la cote, avec une majorité des citoyens des trois régions du pays qui souhaitent un gouvernement Di Rupo bis » (lien).

Or, voici comment l’information est détaillée:

« Le gouvernement d’Elio Di Rupo n’a jamais été aussi populaire, dixit les journaux Le Soir et De Morgen, qui reprennent les données d’un sondage Ipsos réalisé pour RTL, Le Soir, De Morgen et VTM.

« Ainsi, la coalition des six partis obtient le score de 5,6 sur 10, contre 4,9/10 au début, le Premier ministre obtenant même aujourd’hui la note de 5,9/10, des cotes qui sont positives dans les trois Régions du pays.

« Ainsi, 53 pc des Belges souhaitent, si le résultat des élections le permet, qu’Elio Di Rupo rempile pour un second mandat de Premier ministre. Les résultats varient toutefois du nord au sud, avec 71 pc des Bruxellois favorables à un gouvernement Di Rupo bis, contre 73 pc des Wallons et seulement 38 pc des Flamands.

« Le sondage a été réalisé auprès de 2.634 personnes entre le 16 et le 25 août 2013. »

A quelques mois de la mère de toutes les élections, j’ai rarement vu les médias se moquer à ce point de leurs lecteurs. En réalité, ce sondage montre une fois de plus le fossé qui ne cesse de se creuser entre les régions belges et ce ne n’est pas l’interview que donne le coach de l’équipe belge de football au journaliste du Vif qui y changera quelque chose. Wilmots a beau confondre politique et sport, ce n’est pas lui qui changera le vote du citoyen flamand.

La réalité du sondage montre que 62 pc des Flamands s’opposent à un gouvernement Di Rupo bis. Faut-il rappeler que ceux-ci sont la majorité dans ce pays  surréaliste appelé à disparaître et qui se nomme « Belgique » ?

Paul D.

Syrie : « les attaques chimiques sont un coup monté »

Voici une interview qui doit faire réfléchir nos dirigeants et les citoyens que nous sommes. Elle émane de Haytham Manna, responsable laïc du plus important mouvement d’opposition non armée au régime de Bassar al Achad.

Nous n’oublions pas le discours exemplaire de Dominique de Villepin aux Nations-Unies qui se démarquait des Etats-Unis de Georges W. Bush en refusant d’engager la France dans la guerre d’Irak. Il serait bon que Laurent Fabius s’inspire de cet exemple.

Paul D.

Lu sur le site du « Vif » (lien) :

Haytham-MannaEn exil depuis 35 ans en France, l’opposant Haytham Manna, responsable à l’étranger du Comité de Coordination nationale pour le changement démocratique (opposition syrienne non armée), s’oppose avec force à toute intervention étrangère contre son pays. 

L’utilisation d’armes chimiques en Syrie pourrait amener les Occidentaux à « punir » le régime. Qu’en pensez-vous ?

HAYTHAM MANNA : Je suis totalement contre, tout comme la coordination que je dirige. Cela ne fera que renforcer le régime. Ensuite, une intervention risque d’attiser encore plus la violence, d’ajouter de la destruction à la destruction et de démanteler un peu plus la capacité de dialogue politique. Le régime est le premier responsable car il a choisi l’option militaro-sécuritaire. Mais comment peut-on parler de guerre contre le terrorisme et donner un coup de main à des extrémistes affiliés à Al Qaeda ?

Les Occidentaux choisissent la mauvaise option, selon vous ?

Depuis le début, c’est une succession d’erreurs politiques. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont poussé les parties à se radicaliser. Ils n’ont pas empêché le départ de djihadistes vers la Syrie et ont attendu très longtemps avant d’évoquer ce phénomène. Où est la démocratie dans tout ce projet qui vise la destruction de la Syrie ? Et pensez-vous que ce soit la morale qui les guide ? Lors du massacre d’Halabja [commis par les forces de Saddam Hussein en 1988], ils ont fermé les yeux. Je m’étonne aussi de voir que les victimes d’armes chimiques sont bien davantage prises en considération que les 100 000 morts qu’on a déjà dénombrés depuis le début du conflit.

Qui est responsable du dernier massacre à l’arme chimique ?

Je n’ai pas encore de certitude mais nos informations ne concordent pas avec celles du président Hollande. On parle de milliers de victimes, alors que nous disposons d’une liste de moins de 500 noms. On est donc dans la propagande, la guerre psychologique, et certainement pas dans la vérité. Ensuite, les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez vraiment que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Enfin, des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or ce matériel sert de preuve pour les Américains !

Pensez-vous qu’une partie au conflit a voulu provoquer les Occidentaux à intervenir ?

C’est un coup monté. On sait que les armes chimiques ont déjà été utilisées par Al Qaeda. Or l’Armée syrienne libre et les groupes liés à Al Qaeda mènent en commun 80% de leurs opérations au nord. Il y a un mois, Ahmad Jarba [qui coordonne l’opposition armée] prétendait qu’il allait changer le rapport de forces sur le terrain. Or c’est l’inverse qui s’est produit, l’armée loyaliste a repris du terrain. Seule une intervention directe pourrait donc aider les rebelles à s’en sortir… Alors, attendons. Si c’est Al Qaeda le responsable, il faudra le dire haut et fort. Si c’est le régime, il faudra obtenir une résolution à l’ONU. Et ne pas laisser deux ou trois payer fédérer leurs amis, pas tous recommandables d’ailleurs.

Entre Occidentaux et Russes, quelle position vous semble la plus cohérente ?

Les Russes sont les plus cohérents car ils travaillent sérieusement pour les négociations de Genève 2 [sensées mettre autour d’une même table le régime et les opposants]. Les Américains ont triché. Deux ou trois fois, ils se sont retirés, au moment où s’opérait un rapprochement.

Une solution politique est-elle encore possible ?

Tout est possible mais cela dépendra surtout des Américains. Les Français se contentent de suivre. Une solution politique est la seule qui permettra de sauver la Syrie. Mais l’opposition armée ne parvient pas à se mettre d’accord sur une délégation.

Que deviendra Bachar al Assad?

Il ne va pas rester. Si les négociations aboutissent, elles mèneront de facto à un régime parlementaire. Si du moins on accepte de respecter le texte de base de Genève 2 qui est le meilleur texte, avec par-dessus un compromis international. Mais laissez-moi dire ceci : quand on parle de massacrer des minorités, et que le président fait partie d’une minorité, comment peut-on lui demander de se retirer ou ne pas se retirer ? Aujourd’hui, la politique occidentale a renforcé sa position de défenseur de l’unité syrienne et des minorités. Cela dit, personne ne pourra revendiquer de victoire : la violence est devenue tellement aveugle qu’il faudrait vraiment un front élargi de l’opposition et du régime pour en venir à bout.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde