Wilfried Martens : un militant flamand est décédé

Wilfried-Martens[1]Il est parfois bon de permettre au temps d’agir et d’éviter de se laisser aller à l’émotion. Prendre un certain recul par rapport à un événement me semble bon. Il en va ainsi du décès de Wilfried Martens. Comment d’autre part ne pas mettre en parallèle la façon dont les médias de Wallonie et de Bruxelles ont traité la disparition de François Perin et celle de celui qui décida de quitter la politique belge pour gagner les rives moins turbulentes de l’Europe et rester ainsi dans les allées du pouvoir.

Dans un article précédent daté du 30 septembre, j’avais eu l’occasion de rendre hommage au visionnaire, à l’intelligence et au courage d’un homme politique qui avait refusé le titre honorifique de Ministre d’état d’un Etat auquel il ne croyait plus. L’émotion était bien présente lorsque j’ai écrit cet article, mais aujourd’hui, je n’ai pas un mot à retirer de ce que j’écrivais alors. François Perin est parti sans bruit, dans l’intimité de funérailles familiales.

M.Martens a eu droit à des funérailles  d’Etat avec honneurs militaires, à la présence des plus hautes autorités européennes et belges etc…

Je dois un grand merci à cet homme d’Etat flamand. Le parcours de Wilfried Martens illustre bien l’évolution de la Flandre dans l’Etat belge dont il a su tirer parti au seul bénéfice de sa région. Grâce à son « Walen buiten » (Les Wallons dehors) suivi peu de temps après par son accession au rôle de premier ministre belge, j’ai rejeté cet Etat qui ne me respectait pas, moi, Wallon, moi, Liégeois : j’ai cessé d’être belge.

Je vous invite à suivre avec moi le parcours suivi par ce politicien du C.V.P. (christelijke volks partij), en français « parti chrétien du peuple » devenu aujourd’hui C.D&V (christen, democratisch en vlaams), en français « chrétien, démocratique et flamand ».

Il entre très jeune en politique et devient rapidement président du mouvement des étudiants flamands (VVS) et président de l’association des étudiants catholiques flamands (KVHV). A ces titres, il organise en octobre 60 et 61 deux marches violentes sur Bruxelles pour revendiquer plus de pouvoirs pour les Flamands dans la capitale d’un pays qui était encore un Etat unitaire. Il entre au CVP en 1963 et peu de temps après (1967), il devient président des « CVP-Jongeren » (jeunes sociaux-chrétiens flamands) et organise les manifestations qui exigent que l’enseignement en français soit banni de l’université catholique de Leuven (Louvain). A la tête de cortèges qui atteignent parfois plus de 40000 étudiants flamands, il vocifère « Walen buiten ».

En 1972, il devient président du CVP et deux ans plus tard, il est élu député tout en gardant la mainmise sur son parti dont il garde la présidence. De 1979 à 1981, puis de 1981 à 1992, il dirige la Belgique en étant 1er ministre de pas moins de 9 gouvernements. C’est l’époque de l’Etat-CVP dans toute sa splendeur, qui est marquée par une grande instabilité des gouvernements.  C’est l’époque des « compromis à la belge » où Martens dégraisse la Wallonie pour développer sa Belgique. C’est l’époque du « plus un franc pour l’acier wallon » décrété par la Flandre (il fallait bien développer Sidmar en bord de mer du Nord). C’est l’époque des tueries du Brabant wallon dont on a renoncé à trouver les coupables. C’est l’époque du drame du Heysel et du courageux Charles-Ferdinand Nothomb, ministre de l’intérieur, qui refusa de démissionner malgré son indéniable responsabilité. C’est l’époque du couple Baudouin-Martens, duo du renouveau charismatique, aile intégriste du catholicisme. C’est l’époque de cette autoroute de Wallonie, vitale pour la Wallonie, mais remise chaque fois sur le tapis en échange de concessions exigées par la Flandre. Les gouvernements Martens ont été des années noires pour la Wallonie. Martens, homme de compromis selon Wikipédia ? Que nenni !  L’émergence de trois régions (Flandre-Wallonie-Bruxelles) égales en droits en Belgique, base du fédéralisme à la belge (le fameux article 107quater de la Constitution) est le fruit de l’équipe Perin, le Wallon, et Vandekerkhove, le Flamand, tous deux ministres des réformes institutionnelles.

Les querelles politiciennes internes au CVP ont eu raison du premier ministre Martens, mais celui-ci avait eu la prudence de penser à sa carrière politique en devenant en 1990 président du P.P.E., groupe politique européen qui intègre, entre autres, les partis démocrates chrétiens.

Comme président de ce groupe, il prit une part active dans le génocide rwandais comme le démontre l’excellent film produit par la RTB : « Un génocide au nom de Dieu ».

Wilfried Martens s’est inscrit avec virulence dans le mouvement flamand. Il était pathétique lors de ses dernières interviews de le voir pleurer sur sa Belgique qui s’évaporait.

Pardonnez-moi, mais aujourd’hui, je ne pleure pas.

Paul D.

L’évolution des limites de Bruxelles-Capitale

scission BHVElio Di Rupo a beau se vanter d’avoir « stabilisé le pays », force est de constater qu’en Belgique il n’y a pas de stabilité durable. On n’a pas encore appliqué la sixième réforme de l’Etat qu’on en réclame une septième en Flandre, à moins que la N-VA n’accélère le processus de démembrement de l’Etat belge. Etant donné l’enjeu que représente Bruxelles, cœur de la Belgique et ville internationale où l’anglais pourrait très bien supplanter la langue française, il faut se défaire au plus vite de l’idée que tout y est cadenassé. Pour agir sur la réalité, il faut savoir la comprendre et l’imaginer différente. Après Jacques Lenain, avec lequel il est en contact, voici un autre citoyen français qui s’intéresse de près à l’avenir de Bruxelles, au point de consacrer une étude à L’évolution des limites de Bruxelles-Capitale. Franck Oster, c’est son nom, se présente ainsi sur le blog qu’il a créé pour y mettre son étude en ligne :

 « Habitant en région parisienne, cadre en entreprise, je suis originaire de Lorraine, à la frontière de l’Allemagne et du Luxembourg, en face de Schengen, où ont été signés les accords de libre circulation en Europe. Le brassage des langues dans ma région natale m’a donné très tôt le goût de la géographie linguistique et m’a amené à m’intéresser à la spécificité de Bruxelles, enclave à majorité francophone en territoire flamand. »  

carte BruxellesLe travail de Franck Oster sur l’évolution des limites de Bruxelles-Capitale ne tient pas en quelques pages et n’est pas davantage verrouillé, cadenassé, refermé sur lui-même que le sujet qu’il traite.  Des mises à jour sont possibles à tout moment. Nous ne pouvons dès lors faire mieux que d’encourager nos lecteurs à découvrir cette étude à l’adresse qui lui est réservée :

http://limites-de-bruxelles.blogspot.fr/2013/09/evolution-des-limites-de-bruxelles.html.

En voici toutefois un aperçu, avec le sommaire et la conclusion.

Sommaire

A. Quel futur pour la Belgique ?

   1. Aperçu de la Belgique

   2. La Flandre est devenue une nation

   3. Indépendance ou quasi-indépendance pour la Flandre ?

   4. Bruxelles, enclave francophone et internationale en territoire flamand

   5. Les scénarios pour le futur de la Belgique

B. La nécessité d’une évolution des limites de Bruxelles

   1. Un territoire exigu et enclavé

   2. Le sujet des limites de Bruxelles

C. Les principes clés pour une évolution des limites administratives

   1. Le rattachement des communes ou quartiers francophones de la Périphérie

   2. Le désenclavement et la maîtrise des voies de communication

   3. Des échanges ciblés de territoires inhabités

D. Les francophones en Périphérie bruxelloise

   1. 128 000 belges francophones en Périphérie

   2. Les francophones dans les six communes à facilités

   3. Les francophones dans les treize communes sans facilités du Rand

   4. Les seize quartiers présumés francophones dans les communes sans facilités

   5. Les modalités de rattachement des communes ou quartiers francophones

E. Le désenclavement et la maîtrise des voies de communication

   1. Les liaisons terrestres avec la Wallonie, à travers le Corridor

   2. Le Ring autour de Bruxelles

   3. L’aéroport de Bruxelles

F. Des échanges ciblés de territoires inhabités

G. Les scénarios pour l’évolution des limites de Bruxelles

   1. Scénario central : communes à facilités et voies de communication

   2. Scénario optimal : territoires francophones et voies de communication

   3. Scénario de repli : les seules voies de communication

H. Esquisse d’un projet pour les partis francophones

I. Conclusion

Carte 1 : Bruxelles-Capitale

Carte 2 : l’enclavement de Bruxelles (Corridor, Ring et aéroport)

Carte 3 : les quartiers francophones de la Périphérie

Carte 4 : les liaisons terrestres à travers le Corridor

Carte 5 : des échanges ciblés de territoires inhabités

Carte 6 : scénario central

Carte 7 : scénario optimal

Carte 8 : scénario de repli

Annexe 1 : historique des limites administratives de Bruxelles

Annexe 2 : dénombrement des francophones de la Périphérie

Annexe 3 : liste des quartiers présumés francophones dans les communes sans facilités

Conclusion

Dans l’hypothèse tout à fait envisageable d’une évolution institutionnelle de la Belgique vers un système de type confédéral, voire d’une partition du pays, il importera que la région de Bruxelles-Capitale, actuellement enserrée dans des limites administratives étriquées et totalement enclavée en Flandre, puisse faire évoluer ces limites. Et ce, qu’elle obtienne une quasi-indépendance (dans un cadre belge minimaliste), qu’elle devienne état-cité ou qu’elle soit fédérée à la Wallonie, en union ou non avec la France.

En premier lieu pour corriger une anomalie historique, en obtenant que les communes et quartiers majoritairement francophones de la Périphérie, laissés de l’autre côté de la frontière linguistique lors de sa fixation en 1963, puissent opter démocratiquement par référendum pour Bruxelles. De multiples arguments plaident en faveur d’une validation de ce principe par la communauté internationale.

Ensuite pour rectifier certaines incongruités héritées du tracé actuel des limites administratives, en procédant à des échanges de parcelles inhabitées entre Bruxelles et la Flandre, comme cela s’est pratiqué régulièrement entre la France et la Suisse au cours des dernières décennies.

Enfin pour limiter les effets de l’enclavement géographique et fonctionnel subi actuellement par Bruxelles.

Le désenclavement géographique sera rendu possible par la création d’un lien territorial avec la Wallonie, cette dernière acquérant le périmètre fonctionnel de la forêt de Soignes en échange d’autres territoires forestiers frontaliers à céder à la Flandre.

Quant au désenclavement fonctionnel, il pourra être obtenu d’une part grâce à un système de souveraineté extraterritoriale sur les voies de communication terrestres autour de Bruxelles et vers la Wallonie (à l’instar de la « Vennbahn »), d’autre part avec une formule de cogestion par Bruxelles et la Flandre de l’aéroport de Bruxelles-National, situé en Flandre (sur le modèle de l’aéroport de Bâle-Mulhouse).

Ces quelques mesures de désenclavement ne lèseront pas les intérêts de la Flandre (en tant que région quasi-indépendante ou en tant que pays), qui bénéficiera de compensations territoriales et conservera une souveraineté au moins partielle sur les axes de communication nécessaires à son trafic intérieur.

Et elles constitueront le minimum indispensable pour que Bruxelles puisse bénéficier d’une autonomie fonctionnelle acceptable.

Les partis politiques belges francophones auraient tout intérêt à se pencher collectivement sur le sujet, pour aboutir à une vision partagée et l’exprimer sous forme de projet commun.

Adressé au courrier des lecteurs du journal « Le Soir »

Charleroi-Marcinelle, le 26 octobre 2013

Au Courrier des lecteurs,

Messieurs,

En toute objectivité, quelle différence faites-vous entre le parcours nationaliste de Jan JAMBON et le parcours nationaliste de Wilfried MARTENS (Walen buiten !) pour qui vous avez consacré quatre pages de satisfecit ?

Pour le décès de François Perin, vous avez concédé 1/3 de page dont un dessin de Pierre Kroll.

Pourtant, la qualité intellectuelle de François Perin, sa vivacité d’esprit, son détachement vis-à-vis du pouvoir ne sont pas à comparer avec l’attitude opportuniste de Wilfried MARTENS qui n’a cessé de naviguer dans les allées du pouvoir.

Les obsèques de l’un et de l’autre sont à l’image de leur personnalité.

A vouloir défendre coûte que coûte la Belgique évanescente (monarchie-culture belgicaine-football), vous perdez votre crédibilité alors que votre impartialité dans l’information et vos commentaires ont toujours été reconnus par vos lecteurs. Dommage !

Andre DumontCordialement.

André Dumont

Parler de république en Wallonie et à Bruxelles est-il devenu inconvenant ?

Nadia GeertsNous connaissons Nadia Geerts pour son engagement républicain ainsi que son combat pour que la Belgique devienne un Etat véritablement laïc. Nous savons aussi que le statut de la femme  à travers le monde fait partie de ses préoccupations. En un mot, Nadia Geerts est une militante. Une démocratie ne devrait-elle pas s’enorgueillir de voir un esprit libre s’engager dans des combats où le politiquement correct n’a pas sa place ?

Pour certains partisans de la pensée unique, il semble que cela ne soit pas le cas. Quand il s’agit d’une préfète d’athénée, cela pose vraiment question. Jugez plutôt en lisant  la lettre ouverte de Nadia Geerts à la préfète des études de l’Athénée royal Paul Delvaux.

Combien de temps ça va durer ?

KaaFaut-il être iconoclaste pour ne pas croire aux idoles nationales ? Un peu rabat-joie pour ne pas céder à l’exaltation du « génie belge » ? Quand on habite un pays qui ressemble à Stromae : sympa, talentueux, métissé, polyglotte, ouvert sur le monde et donc merveilleusement belge, on n’est pas loin du paradis. Mystification passagère ou naissance réelle d’un « homo belgicus » qui préfigure l’humanité joyeuse de demain ? Le noir-jaune-rouge annonce-t-il des lendemains qui chantent ? Combinaison réussie du nationalisme et du politiquement correct ? Feu de paille allumé par un régime aux abois ? Dynamique nouvelle ?

Trop tôt pour le dire. On juge une politique sur ses résultats. Et ce qui se passe actuellement relève incontestablement de la politique, sans contradiction ni débat. Rien qu’une mise en condition de l’opinion. L’offensive médiatique, à la faveur de succès plus ou moins remarquables auxquels d’autres pays sont habitués, verse dans la propagande et le populisme, mais nul ne se risque à le dénoncer car, une fois que la machine s’emballe, il vaut mieux souffler dans le sens du vent. Après la couverture et l’espèce de publi-reportage du Nouvel Obs qui, pour le seul marché belge, s’est enflammé pour « le génie des Belges », après une overdose de noir-jaune-rouge dans la presse quotidienne, après la télé, la radio et les collègues de bureau, voilà que Le Vif/L’Express entonne à son tour l’hymne à la mode en Belgique francophone : « Belgium is beautiful ».

L’argument, toujours le même : « Et si les Diables rouges… étaient le reflet d’une nouvelle Belgique qui se lève, décomplexée, sûre de ses qualités et prête à conquérir le monde ? » De quoi nourrir un « Belgium dream » qui justifie à lui seul tous les superlatifs, car le nationalisme est là qui menace : « De Destrée à De Wever, un même credo », titre ainsi Le Vif/L’Express, après avoir publié, voici quelques semaines, un dossier à charge contre les « nationalistes wallingants ». Le noir-jaune-rouge dégage une autre impression, cela va de soi. Le succès des Diables rouges n’est pas dû au hasard, décode le magazine, « il a été voulu et construit, dans un secteur hautement concurrentiel, qui exige une discipline de fer –individuelle et collective-, un encadrement archi-professionnel (s’agissant de l’Union belge de football, cela prête à sourire)… «  Bref, ce succès est celui du « modèle belge qui vaut de l’or ». Stupéfiant. Gageons que Di Rupo n’oserait pas aller si loin dans la récupération politique, mais puisque c’est un magazine d’information qui le dit…

« Le Belge : un Français qui ne râle pas, un Néerlandais qui n’est pas arrogant et un Allemand qui n’est pas rigide. » Ben oui, c’est tout simple après tout. Le Belge est meilleur parce qu’il est belge, telle est la leçon du Vif/L’Express qui accusait précédemment Robert Collignon d’avoir voulu « mettre la Wallonie dans la tête des Wallons » quand il occupait la fonction de ministre-président de la Région wallonne. Avec la Belgique, on touche à l’universel, c’est quand même autre chose. Il est vrai que les Wallons ne sont rien sans la Belgique. Ils sont des Belges qui vivent en Wallonie, cela doit suffire à leur fierté. Mais des Belges incomplets s’ils ne parlent pas le flamand, car le vrai Belge est au moins bilingue. Cette leçon-là, c’est Stromae qui nous l’a donnée. C’était sa façon à lui de fêter la Communauté française de Belgique. On applaudit.

Cette déferlante de messages allant dans le même sens, cet enthousiasme populaire, cet optimisme retrouvé, c’est donc la vérité d’aujourd’hui. Peut-être avons-nous tort de penser autrement. Peut-être est-il faux de penser que la Wallonie a besoin de s’affirmer pour se donner un avenir. La Belgique EST son avenir, punt aan de lijn. La Belgique est indispensable à l’Europe et au monde, il y a même des Français pour le claironner dans nos oreilles. Arrêtons d’agiter les démons communautaires. Il n’est pas sûr que la Flandre envisage encore d’assécher la Wallonie et, de toute façon, puisqu’elle est majoritaire et plus riche, il lui revient de peser davantage en Belgique. Pour l’économie wallonne, il suffit de regarder comment fait la Flandre. Ne mélangeons pas tout. Belge un jour, Belge toujours. Quand il s’agit de son pays, penser le divorce est criminel. Bien sûr, ensemble avec les Flamands, on peut se rapprocher des Pays-Bas. C’est un peu la vocation de la Belgique, après tout. Tant pis  si les révolutionnaires de 1830 voyaient les choses autrement. Nous sommes en 2013. Ce qui importe à présent, c’est de montrer l’exemple à l’Europe. Une confédération belgo-hollandaise, avec une armée commune, un championnat de foot commun, c’est peut-être un bon plan pour les Wallons du XXIe siècle.

La France, elle doit seulement nous servir de faire-valoir. Car les Français ne sont pas comme nous. Ils sont mal dans leur peau, mal dans leur pays sclérosé. Peut-être avons-nous tort d’imaginer de nouvelles formes de collaboration avec la France. Il y en a déjà trop sur le plan culturel. Fort heureusement, les choses bougent. « La RTBF et la Communauté française veulent créer une industrie de la fiction télé chez nous… Comme ailleurs, l’enjeu est économique mais surtout identitaire. » C’était dans Le Soir de mercredi, avec l’explication suivante : « C’est ce que l’on pourrait considérer comme un effet… de la mondialisation : plus on nous montre sur tous les écrans du monde la même chose, plus le public ressent la production locale comme une affirmation et une reconnaissance de son identité et les plébiscite. Les cas de la Flandre, de la Scandinavie, d’Israël, du Québec sont les exemples les plus marquants d’une industrie des médias au service d’une identité minoritaire culturellement et linguistiquement. » Ce sont les Wallons qui sont minoritaires en Belgique, pas les Flamands. Mais sans doute qu’on a mal compris. C’est l’identité belge qu’il faut entretenir auprès du public belge francophone (ben oui, nous ne sommes pas français). D’ailleurs, la RTBF a déjà réalisé une série (A tort ou à raison) qui pourrait lui servir de modèle. L’action se passe à Bruxelles. Avec Stromae, pourquoi ne pas suggérer de produire une série « made in Belgium »  complètement bilingue, authentiquement belge ? Après tout, c’est très tendance en Communauté française de Belgique, à Liège aussi.

Combien de temps ça va durer ?

On espérait un débat ouvert sur l’avenir de la Wallonie et, à la place, on a une condamnation sans appel du Mouvement wallon, quelque chose qui ressemble à une chasse aux sorcières, à une révolution nationale engagée au nom des plus hautes valeurs morales. Il faut bien montrer aux électeurs flamands que la chasse aux démons communautaires est ouverte en Wallonie aussi. Dans un esprit de réconciliation nationale, on devrait peut-être oublier ce qui nous a divisés. Peut-être oublier la réalité. Croire et communier.

Combien de temps ça peut durer ?

Georges R.

Rencontres CNRS jeunes

Lors d’une conférence-débat que l’ A.W.F. organisait le samedi 15 juin au Château Mondron à Jumet, j’eus le loisir de développer tout ce que nous avions dès maintenant de commun avec la France. A la fin de son exposé, M. Robert Collignon enchaîna dans la même direction en insistant sur la chance qu’avaient les Wallons d’avoir un joyau dont ils ne semblaient guère se soucier : la langue française, seule langue avec l’anglais à être présente sur tous les continents. Nous pouvons imaginer, avec le réalisme qui les caractérise, de ce que feraient nos voisins flamands d’un tel trésor ajoutait l’ancien Président du parlement wallon.

Faire partie de la francophonie n’est pas rien et nous voudrions que ce caractère soit développé aussi bien qu’il l’est par les 54 Etats anglophones unis dans le Commonwealth pour défendre leurs intérêts communs.

A l’heure où, en France-même, certains voudraient imposer l’anglais comme langue scientifique, j’ai été agréablement surpris de constater que l’école d’une de mes filles qui est en dernière année du secondaire (Lycée Léonie de Waha) allait participer aux « 23èmes Rencontres Sciences et Citoyens » organisées par le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) du 18 au 20 octobre 2013 sur le site du technopole du Futuroscope de Poitiers. Le programme proposé aux étudiants est riche tant par les thèmes abordés que par les noms des scientifiques qui animeront les ateliers-débats. Pas moins de 500 étudiants européens participeront à ces journées. Je n’ai qu’un regret : que cette activité soit réservée aux seuls étudiants européens. Il eut été beau de voir des écoles tous les Etats de la francophonie invités à ces 23èmes rencontres, mais j’ai conscience de la difficulté organisationnelle d’un tel rassemblement.

Je ne puis que vous inviter à rendre visite au site du CNRS qui vous dit tout sur ces « 23ème Rencontres Sciences et Citoyens ». Je pense que vous en apprendrez aussi beaucoup sur cette institution qu’est le CNRS.

Paul D.

Dernier sondage en Flandre

Ce sondage a été commandé par le quotidien « De Standaard » et la « VRT ». Il donne les intentions de votes suivantes :

N-VA                         CD&V               Open-VLD                   Vlaams Belang

28 %                            19 %                    13,8 %                           10,6 %

SPa                               Groen                           PTB

13,4 %                            10 %                             3,9 %

La presse francophone voudrait nous faire croire à un effet « Diables rouges – Roi Philippe – Prix Nobel de physique » parce que la N-VA descend à son score historique des dernières élections fédérales.

Or que pouvons-nous observer ?

1. Une porosité des intentions de vote entre les 4 partis de droite et d’extrême droite.

2. La N-VA qui descend pendant que le CD&V et l’Open-VLD remontent et que le VB est stable.

3. Un score de 71,4 % pour ces quatre partis qui ont en commun de vouloir un Etat confédéral et une 7ème réforme de l’Etat. Retirons les 10,6 % du V.B. avec qui les trois autres partis de droite ne veulent pas gouverner, il n’en reste pas moins 60,8 % des intentions de votes qui vont à des partis qui veulent imposer aux Wallons et aux Bruxellois leur imbuvable mixture d’un confédéralisme où la Flandre aurait la main sur toutes les manettes.

4. Les excellentes relations qui existent entre Kris Peeters, Bart De Wever et Alexander De Croo.

5. La même porosité existe à gauche entre le SPa et Groen. Ensemble, ils recueillent 23,4 % des intentions de vote. Lorsque l’un monte, l’autre descend.

6. Pour la petite histoire, le P.T.B. arrive à 3,9 % et n’atteint pas le seuil des 5 %. De toute façon, ce parti belgicain n’a pas pour vocation de gouverner.

Nous sommes loin des entreprises de communication d’Elio, le roi de la mise en scène,  dont on entend parler chaque jour dans les médias « francophones ».

Ce sondage n’empêche pourtant pas le journaliste Thierry Fiorelli de trouver que la Belgique est un Etat FORMIDABLE. Humour, surréalisme, méthode Coué… Allez savoir…!

Paul D.

Mercatique belgicaine quand tu nous tiens

MERCATIQUE* BELGICAINE QUAND TU NOUS TIENS

ADNQuand il s’agit de promouvoir un nouvel album du Chat, Philippe Geluck sait faire l’âne pour avoir du foin. Ainsi, à l’émission Mise au point de la RTBF de ce dimanche, vient-il de déclarer que les victoires des Diables Rouges** font « ressortir notre ADN commun » à nous Belges. Ah ! Marc Wilmots**, sauve-nous ! Di Rupo, toi le roi de la com’, mets-y le paquet : apprends donc la samba au roi Philippe ! Tu la danseras avec lui à Rio, quand nos valeureux guerriers recevront la Coupe du Monde. Tu remettras ça sur le tarmac de Zaventem. Et les Belges sortiront du tombeau.

Hier soir, j’ai assisté au nouveau Théâtre de Liège à la pièce qui l’inaugure : Roméo et Juliette de William Shakespeare. Version bilingue, grande innovation dans le goût patriotique : les Montaigu parlent français, les Capulet flamand. Et parfois même ils sont bilingues. Le prologue, affiché sur le tableau lumineux, donnait le ton, qui ne devait rien au génial anglais, n’évoquait pas Vérone, mais un « plat pays ». Alléluia ! une fois disparus les amants de Vérone, les deux familles ennemies se réconcilient. Capulet et Montaigu n’étaient que des prénoms, Belge était leur nom de famille. Enfin ! Flamands et Wallons réunis grâce à des bateleurs. Bons Belges, réjouissez-vous : bientôt, comme avant 1932, les théâtres de Gand et d’Anvers vont accueillir ce spectacle où l’on parle français et néerlandais, cet hymne à notre chère Belgique de grand-papa. Embrassons-nous, Folleville !

Le sauve-qui-peut belgicain nous promet encore des trouvailles mercatiques bien réjouissantes.

Louis Nisse

* C’est le mot français pour marketing.

** Les Diables Rouges c’est le surnom de l’équipe nationale belge de football, dont Marc Wilmots est l’entraîneur. Cette excellente équipe vient de se qualifier pour la prochaine  Coupe du Monde qui aura lieu au Brésil.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde