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La N-VA ne peut pas être plus claire

« Le confédéralisme s’imposera durant cette législature »

Source : Le Vif, 12 septembre 2014

La situation n’a jamais été aussi favorable à un saut en avant rapide vers une Belgique confédérale :  » Le PS et le CDH nous ont fait un cadeau merveilleux en se hâtant dans les Régions « , explique Eric Defoort, père fondateur de la N-VA. Le regard tourné vers le référendum pour l’indépendance de l’Ecosse.

Eric DefoortCofondateur de la N-VA, ancien président de l’Alliance libre européenne (ALE, qui regroupe les partis régionalistes au Parlement européen), Eric Defoort continue, du haut de ses 71 ans, à suivre de près tous les mouvements nationalistes sur le continent, tout en restant une source d’inspiration pour le sommet de son parti. Le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, ce 18 septembre, n’est pas transposable dans l’immédiat en Flandre, reconnaît-il. Mais l’objectif de la N-VA reste clair: le confédéralisme, à court terme. Voilà le MR prévenu !

Le Vif/L’Express : Les Ecossais se prononcent sur leur indépendance ce 18 septembre. Est-ce un modèle à suivre pour la Flandre?

Erik Defoort : Les Ecossais défendent un principe qui est cher à mon parti, celui du droit des peuples à l’autodétermination. Et ils le font sans révolution, par la voie démocratique d’un référendum. En Flandre non plus, la N-VA ne veut aucune révolution, contrairement au Vlaams Belang qui défend des voies plus radicales. On se rend bien compte qu’il n’y a pas, pour l’instant, de majorité pour une indépendance pure et simple de la Flandre. Il faut respecter l’opinion de la population. Je connais très bien le sommet de la N-VA et je peux vous le certifier : en dehors de la démocratie parlementaire, il considère qu’il n’y a aucune issue et ne veut même pas en entendre parler, Nous devons mener un travail de conviction. Si l’on veut atteindre l’autre côté de la rivière, il faut construire un pont pour la traverser. On ne peut demander aux gens de se jeter à l’eau sans savoir nager.

Votre parti négocie la formation d’un gouvernement fédéral au programme duquel il n’est pas question de confédéralisme. N’est-ce pas contradictoire ?

Cette évolution s’imposera d’elle-même dans le courant de la prochaine législature. Notre ministre-président, Geert Bourgeois, a donné une interview importante au Tijd à la fin du mois d’août dans laquelle il rappelait : « Nous voulons le confédéralisme. » C’est la seule option viable pour qu’on arrête de se freiner mutuellement ! Les Flamands, comme les Wallons, n’ont-ils pas le droit de choisir leur modèle de société ?

Mais l’absence de thématiques institutionnelles au menu de la suédoise n’irrite-t-elle pas l’aile radicale de la N-VA ?

Ce que les francophones ont l’habitude d’appeler le « communautaire » se retrouve dans toutes les matières. Nous voulons profiter des circonstances pour engranger avec la suédoise un maximum de réformes socio-économiques et pour le reste, nous poursuivons notre stratégie politique. La situation s’y prête d’ailleurs à merveille. Ce n’est pas nous qui venons de faire un pas dans le sens du confédéralisme, mais bien le PS et le CDH. En se hâtant dans les Régions, ils ont offert un cadeau magnifique à la N-VA ; nous n’aurions jamais espéré cela ! Quand ils ont posé ce choix, nous nous sommes dit: « Merci Magnette, Merci Elio! » Dans son interview de fin août, Geert Bourgeois exprimait un autre élément important : nous ne voulons pas que le PS détricote dans cinq ans tout le travail qui aura été engrangé.

Le commentaire de l’AWF

Je tiens à rappeler ici la tenue du Colloque organisé le 02 avril 2011 sur le thème général de « L’APRES BELGIQUE » en la salle académique de l’ U.L.G. par le Cercle Condorcet de Liège. Sous la présidence du Recteur de l’U.L.G., M. Bernard Rentier, le Professeur Jules Gazon en avait été le brillant concepteur et coordinateur.

Ce dernier avait eu la lumineuse idée d’y inviter, outre de grosses pointures du monde académique, Eric Defoort, Professeur Emérite de la KU-Brussel, qui avait développé le thème « séparatisme vu de Flandre ». Tous les participants à cette journée d’étude s’accordèrent pour reconnaître le brio avec lequel M. Defoort parla. Excellent orateur s’exprimant dans un français remarquable, maniant l’humour avec intelligence, M. Defoort avait défini avec précision le schéma que la N-VA allait suivre pour atteindre ses objectifs. A l’exception de ce qui relève de l’actualité, les réponses à l’interview reprises ci-dessus sont en tous points fidèles au discours de M. Defoort en avril…2011.

C’est à la suite de cette journée que se créa un groupe informel de Wallons bien décidés à se pencher sur le devenir de la Wallonie. Après deux années de réunions fertiles en réflexion, ils décidèrent de créer le mouvement de citoyens « Alliance Wallonie France » qui ne cesse de se développer.

Paul D.

On résume pour les Français

Philippe Siuberski est correspondant de l’AFP à Bruxelles. Il relate dans le billet repris ci-desous la danse des négociateurs pour désigner commissaire européen et premier ministre fédéral. Ce texte remarquablement Michel-Peeterspédagogique est écrit à destination d’un public français et étranger souvent éloigné des arcanes de la politique belge.

Tout comme pour Yves Leterme, le CD&V a préféré une place de commissaire européenne pour la très flamande Marianne Thyssen qui en 2010 s’était illustrée par le violent accrochage qu’elle avait eu avec la Madame « non » de l’époque, Joëlle Milquet, alors présidente du cdH, qui refusait, avec d’autres partis francophones, la scission de BHV sans obtenir en échange l’élargissement de la Région bruxelloise. On sait ce qu’il en advint !

J’ajouterai que les termes de familles (libérale, sociale-chrétienne, socialiste) n’ont plus guère de sens dans cette Belgique « fédéralo-confédéraliste ». Lune de miel CD&V-MR et cdH dans l’opposition avec un CD&V dans la majorité fédérale montrent à souhait que le terme de famille politique est galvaudé dans notre beau royaume.

Parler d’une issue dans les prochains jours pour que les négociateurs arrivent à former un gouvernement fédéral me semble bien optimiste. La désignation d’un premier ministre va donner lieu à une foire d’empoigne. Je vois mal le MR accepter la désignation d’un premier ministre flamand et se retrouver à un score de 2-0 pour la Flandre. Je vois tout aussi mal la N-VA accepter un premier ministre de langue française, même si celui-ci est parfait bilingue.

Et que dire des milliards d’euros à trouver pour boucler le budget… ? L’ ACW (syndicat social chrétien flamand) a commencé à rugir…

L’échec des négociations ou une longue négociation qui lorgnerait vers le record des 541 jours ne sont pas à écarter… !

Paul D.

BRUXELLES, 4 sept 2014 (AFP) – La désignation jeudi par la Belgique, après de longs atermoiements, d’une candidate à la Commission européenne change la donne pour la composition du gouvernement fédéral, qui se fait toujours attendre plus de trois mois après les élections.

Les tractations pour aboutir à la désignation de la députée européenne démocrate-chrétienne flamande Marianne Thyssen pour rejoindre l’équipe de Jean-Claude Juncker ont duré des semaines. La fumée blanche n’est apparue que jeudi matin vers 09H00, soit une heure à peine avant la fin de l’ultimatum posé par le futur président de la Commission, de plus en plus irrité par les hésitations du pays hôte des institutions européennes.

Marianne Thyssen, 58 ans, devait être reçue en fin d’après-midi par M. Juncker, qui apprécie cette chrétienne-démocrate comme lui, et qui insistait pour avoir une femme de plus dans un exécutif européen qui en comptera finalement huit ou neuf. « Il considère que c’est un excellent choix », a réagi sa porte-parole, Natasha Bertaud.

Les difficultés de la Belgique, membre fondateur de l’UE, à choisir son représentant au sein de la Commission, s’explique par un télescopage du calendrier politique dans un royaume où les équilibres idéologiques et linguistiques résultent de compromis complexes.

Depuis les législatives du 25 mai, le pays reste dirigé en « affaires courantes » par le gouvernement de grande coalition du Premier ministre sortant, le socialiste francophone Elio Di Rupo.

En parallèle, quatre partis négocient la formation d’un nouveau gouvernement de droite qui associerait trois formations néerlandophones –les nationalistes de la Nouvelle alliance flamande (N-VA), les démocrates-chrétiens du CD&V et les libéraux de l’Open VLD– et, fait exceptionnel, un seul parti francophone, les libéraux du Mouvement Réformateur (MR).

Deux hommes dirigent ces discussions: le démocrate-chrétien flamand Kris Peeters et le président du MR, Charles Michel. Jeudi, le roi Philippe leur a demandé de poursuivre leur mission. Les observateurs s’attendaient à ce que M. Peeters devienne Premier ministre lorsque la feuille de route du gouvernement aura été approuvée par les quatre partis ce qui, espèrent les négociateurs, devrait survenir fin septembre.

Mais les libéraux francophones ont jugé que le CD&V, qui ne compte que 18 députés contre 20 au MR, ne pouvait revendiquer à la fois le poste de commissaire européen et celui de chef du gouvernement. Le CD&V a fini par reconnaître qu’il devait choisir et, contrairement aux attentes, a opté pour le poste de commissaire. « Le Premier ministre sera issu de la famille libérale », a convenu jeudi Kris Peeters, qui dirigeait jusqu’au mois de mai le gouvernement régional de la Flandre.

Les nationalistes flamands pas intéressés

Le favori semble donc être Charles Michel qui, à 38 ans, deviendrait l’un des plus jeunes dirigeants européens. Mais le nom de l’actuel ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, son rival au sein du MR qui était lui aussi candidat au poste de commissaire européen, a été cité. A moins que les libéraux flamands ne raflent le poste. La ministre sortante de l’Immigration, Maggie De Block, jouit d’une grande popularité, mais l’Open VLD n’est que le plus petit parti de la future coalition.

La N-VA, premier parti du royaume avec 33% des voix en Flandre, a été totalement absent de ce chapitre des discussions, ne revendiquant ni le poste de Premier ministre ni celui de commissaire européen. Son chef, Bart De Wever, qui devrait rester maire d’Anvers (nord), estime qu’il marquera suffisamment l’histoire du pays en rejetant dans l’opposition, pour la première fois depuis 25 ans, le Parti socialiste francophone.

Pour aboutir, il reste aux négociateurs à trouver un accord sur, notamment, des milliards d’économie à réaliser au cours des prochaines années. Après une centaine de jours de négociations et une issue prévisible dans les prochaines semaines, les Belges ne s’inquiètent pas encore de l’absence de gouvernement de plein exercice. Après le précédent scrutin, en 2010, il leur avait fallu attendre un an et demi.

Philippe Siuberski

La Belgique intrigue la francophonie

Dans son édition du mardi 19 août 2014, le quotidien « Le Soir », sous la plume de la journaliste Colette Braeckman, pose la question de la place de la Belgique au sein de la francophonie. Elle rappelle le dédain affiché par Elio di Rupo pour cette institution . Ce dernier avait préféré être présent à Mons pour des élections communales plutôt que de se rendre à un sommet de la francophonie à Kinshasa.

A la lumière de l’évolution des institutions belges vers le confédéralisme, il serait intéressant d’entendre aujourd’hui Roger Dehaybe sur le problème de la représentation belge au sein des organismes de la francophonie. Ne serait-il pas opportun que les régions wallonne et bruxelloise aient chacune leurs représentants ?

Voici l’article de Colette Braeckman :

La Belgique institutionnelle intrigue la francophonie

Colette BraeckmanDans les couloirs de l’Organisation internationale de la francophonie, les changements institutionnels de la Belgique ne passent pas inaperçus et l’on perçoit une certaine inquiétude : la Belgique fédérale se détournera-t-elle de l’organisation, dont elle est l’un des membres fondateurs, au profit de la seule Fédération Wallonie Bruxelles et de son exécutif Wallonie Bruxelles International ?

Jusqu’à présent en effet, la représentation belge aux sommets de l’organisation avait toujours été double : représentation fédérale d’un côté, incarnée par le Premier Ministre ou le ministre des Affaires étrangères, entité fédérée Wallonie Bruxelles de l’autre, incarnée par son ministre président…

Qu’en sera-t-il demain ? Du côté des Affaires étrangères, on juge cette inquiétude prématurée, puisque le nouveau titulaire du poste ministériel n’est pas encore désigné. Si Didier Reynders demeure en fonction, il n’y aura sans doute que peu de changements. En revanche, si un membre de la NVA devait accéder à la fonction, il est probable qu’il accorderait moins d’intérêt encore à l’institution francophone, se défaussant entièrement sur Wallonie Bruxelles International et sa nouvelle « patronne » Pascale Delcominette, qui a remplacé Philippe Swinnen.

Mais pouvait-on déjà faire moins que le gouvernement sortant dirigé par Elio di Rupo ? Alors que tous les premiers ministres flamands successifs avaient tenu à être présents lors des sommets de la francophonie, M. Di Rupo, -un francophone- refusa, voici deux ans, de se rendre à Kinshasa, arguant qu’à la veille des élections communales, sa présence était requise dans sa bonne ville de Mons.

En outre, l’Etat fédéral n’a jamais contribué au budget de la francophonie : c’est la fédération Wallonie Bruxelles qui, dès la naissance, en 1970, de l’ACCT (Agence pour la Coopération culturelle et technique, devenue Organisation internationale de la francophonie), a payé la totalité d’une cotisation calculée au prorata de la population du pays tout entier.

Roger Dehaybe, qui fut longtemps secrétaire général de l’Agence internationale de la francophonie (chargée de l’exécution des programmes) estime cependant que malgré la non contribution financière (« un vrai scandale »), il était important que la représentation belge soit double : « la présence simultanée, et en bonne entente, du Premier Ministre et du ministre président de la Fédération Wallonie Bruxelles avait un effet didactique, elle permettait d’expliquer à nos interlocuteurs, en bilatéral, comment fonctionnait le système belge et j’espère que cela continuera ainsi… ».

A l’heure où se prépare déjà le prochain sommet bisannuel qui aura lieu en novembre à Dakar, la francophonie se soucie surtout de la succession du président sortant, le Sénégalais Abdou Diouf. Faudra-t-il opérer le choix parmi les anciens présidents sortants, africains de préférence, privilégier une personnalité forte, comme l’Egyptien Boutros Boutros Ghali ou Abdou Diouf, ou désigner un homme de terrain ? Toutes les options sont encore ouvertes : l’ancien gouverneur du Canada Michaëlle Jean, originaire de Haïti, croit en ses chances mais se heurte aux réticences de la France, le nom de plusieurs Africains est cité, l’ancien président du Burundi Pierre Buyoya (bloqué par le Canada et la Suisse) l’ancien ministre du Congo Brazzaville et intellectuel de renom Henri Lopes (qui souffre du handicap de l’âge), l’ancien et éphémère président du Mali Diancounda Traoré… Un outsider risque de représenter l’élément neuf, l’ouverture sur l’Océan Indien : Jean-Claude de l’Estrac, ex-ministre des Affaires étrangères de l’île Maurice et ancien journaliste. S’inspirant de l’exemple de son pays, il aurait une vraie vision du rôle que pourrait jouer une francophonie plurielle et démocratique…

Colette Braeckman

La francophonie, trait d’union du français

L’Organisation internationale de la francophonie est une institution dont les Etats membres ont en commun l’usage, même partiel, de la langue française. Elle regroupe 77 pays ou gouvernements dont 67 membres et 20 observateurs, soit plus de 890 millions d’habitants répartis sur cinq continents.

Les valeurs communes sont la diversité culturelle, la paix, la gouvernance démocratique, la consolidation de l’Etat de droit. La francophonie s’appuie sur 5 opérateurs directs : l’Agence universitaire de la francophonie, TV5international, l’Université Senghor d’Alexandrie, l’Association internationale des maires francophones et d’une Assemblée consultative.

Metz-Zaventem : réactions et commentaires

Notre ami René Defossé me joint un article qu’il a trouvé sur le site de L’Avenir.net.

Michael B.La Belgique révèle de sacrées surprises à ses visiteurs. Exemple avec Michael B.,  professeur d’allemand à Longwy. Début août, il s’est envolé de Zaventem. Un voyage en… absurdie. Son récit porte un regard amusé et caustique sur nos démêlés communautaires.

Pas simple pour un voyageur ou touriste de s’y retrouver dans notre pays. Trois communautés, trois langues et (presque) autant de plaques de signalisation.

Début août, ce professeur français, originaire de Metz, s’est envolé en vacances de l’aéroport de Zaventem. Dans un mail adressé à notre rédaction, il nous explique ses tribulations….

«L’union fait la force… faites-moi rire! Où mieux qu’en Belgique peut-on voir un conflit communautaire ? », s’exclame Michael Barth avant d’entrer dans le vif du sujet…

«En l’espace d’un centimètre, Namur est devenue Namen »

« De Metz, je suis passé par le Grand-Duché du Luxembourg avant d’entrer en territoire belge francophone, raconte le Français. En Wallonie, tout est écrit en français. Mais rien qu’en français. Cela ne m’a pas frappé étant donné qu’il s’agit de ma langue maternelle. Province du Luxembourg, province de Namur, province du Brabant wallon, passage à proximité de villes qui m’ont fait sourire: Bouge, Champion, Jambes… »

Puis, d’un coup, Michael Barth dit être apparemment arrivé dans un autre pays, où la langue latine est devenue germanique.

«La province Vlaams-Brabant me souhaite gentiment la bienvenue “ Vlaams-Brabant heet u welkom ”, observe-t-il. Et j’ai remarqué qu’en l’espace d’un centimètre Namur est devenue Namen, Liège Luik, Bruxelles Brussel. Comme si les Flamands étaient déterminés à effacer toute trace francophone de leurs ennemis de longue date, les Wallons. »

Une situation valable dans les deux sens, regrette notre interlocuteur. «Au retour, Brussel redevient uniquement Bruxelles, Namen et Luik ne s’appellent plus que Namur et Liège! Quel bonheur pour un Français de déduire le nom néerlandais des villes wallonnes et quelle joie pour un Néerlandais de déduire le nom français des villes flamandes. A la frontière, pourquoi ne pas mettre un panneau “ Avez-vous pensé à votre répertoire ? ”/“ Heeft u aan uw notitieboekje gedacht? ”»

«Où est passé l’allemand, votre 3e langue officielle? »

Pointant une caractéristique de notre royaume, Michael Barth se fait alors un peu plus mordant

«Ôtez-moi un doute: les langues officielles du Royaume de Belgique ne sont-elles pas le français ET le néerlandais ET l’allemand ?, demande-t-il. Enfin… L’allemand ? Une langue officielle en Belgique ? Laissez-moi rire ! A l’aéroport, les annonces sont faites en néerlandais (normal), en français (normal), en anglais (normal) et… c’est tout (anormal)! Où est l’allemand, troisième langue officielle ? Disparue ! »

Et d’envisager, non sans une pointe d’ironie, les éventuels motifs de pareille disparition.

«Sans doute parce que la région germanophone se situe dans une contrée si lointaine de l’aéroport que les autorités aéroportuaires n’ont pas jugé nécessaire de la mentionner !, se demande le Français. Ou bien est-elle trop insignifiante aux yeux des Wallons et des Flamands  ? Sankt Vith ou Eupen sont probablement des noms de villes dont la consonance paraît bien trop exotique aux oreilles du reste des Belges. »

«Sinon, la Belgique n’est qu’une farce »

Mais revenons à l’aéroport. Ou du moins à la navette menant du parking discount à l’aéroport. « Aucun écriteau en français sur le fait que la porte, en s’ouvrant, peut coincer les doigts, se désole Michael Barth. Rassurez-moi, tous les Flamands parlent le français et tous les Wallons parlent le néerlandais ? Sinon, la Belgique n’est qu’une farce surtout au vu de votre devise “ nationale ”.»

Autre facteur de désarroi, le fait que la majeure partie du personnel de l’aéroport soit néerlandophone.

«Je sais bien qu’il se trouve en territoire néerlandophone mais il est tout de même à une poignée de kilomètres de Bruxelles, ville où la langue majoritaire est le français, constate Michael. J’avoue, ils parlent le français, mais quel français. Tranché au couteau, bourré de fautes ! Est-ce bien sérieux ? Ne vérifie-t-on pas le niveau de français selon le CECRL (Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues) lors du recrutement ? »

«Fous poufez parler la français afek moi »

Le professeur d’allemand ne les comprenait tellement pas qu’il dit s’être mis à parler le peu de néerlandais dont il avait encore le souvenir. «J’ai sans doute su inconsciemment que la langue allait me servir à l’aéroport quand j’ai pris l’option “ Néerlandais ” à l’université de Metz il y a 11 ans. »

Et là, grosse surprise ! «Je me suis rendu compte que j’avais vexé voire froissé le personnel en switchant de langue ?!»

«Mèèèèèè scheuh parler français, fous poufez parler la français afek moi», m’a-t-on ainsi répondu d’un air hautain…

La conclusion de Michael? «Tout cela pour vous dire que la Belgique est loin, très loin, d’être un pays uni, ne serait-ce que par la/les langue(s). »

Réactions sur la toile

Son récit, qui témoignait de la difficulté, pour un voyageur ou un touriste, de s’y retrouver dans un paysage où les noms de villes changent d’une région à l’autre, où l’allemand, pourtant langue officielle, est laissée pour compte et où les employés de l’aéroport national sont chatouilleux par rapport à leur langue.

Un article qui a fait un buzz, suscitant des dizaines et dizaines de réactions (sur notre site ou notre page facebook) allant dans tous les sens. Si certains internautes abondaient dans celui de notre témoin, d’autres lui remontaient plutôt les bretelles, arguant, par exemple, que la Belgique n’avait pas de leçons à recevoir des Français en matière communautaire.

Michael a parcouru ces réactions, et voici ce qu’il nous en dit…

«Je suis vraiment content d’avoir réussi à faire réagir l’opinion et d’avoir jeté un pavé dans la mare […].

Par contre, je ne savais pas que les Flamands souffraient d’un sentiment d’infériorité au sein de la Belgique. J’aurais prétendu l’inverse.

Certains me disent dans les réactions qu’en France c’est pareil par rapport à la langue. Or, le français n’est que l’unique langue officielle de notre République. Et malgré tout, les langues régionales et dialectes sont mises en avant. Regardez par exemple les panneaux d’entrée dans une commune sur Google Images en tapant “ panneaux d’entrée bilingue commune ”»

Les Belges vont vraiment penser que je déteste leur pays et je serai bientôt interdit de territoire… Toutefois, ce n’est pas le cas, j’aime me promener les dimanches dans la campagne ardennaise, Bouillon, Orval, les boucles de la Semois…

Votre pays est vraiment magnifique, côté wallon tout comme côté flamand.

Le commentaire de l’AWF 

1. Cette histoire nous montre une fois de plus combien les Français connaissent mal la Belgique, même quand il s’agit d’une personne érudite.

2. Où est donc cette faculté d’autodérision dont les Belges aiment tant s’affubler ? Pour certains Belges, la critique est insupportable surtout lorsqu’elle vient de France.

3. Francophones et francophobes se conjuguent parfaitement chez pas mal  de Wallons et de Bruxellois, sans parler de la « franse perversiteit » que cultivent nombre de Flamands.

4. Il reste pas mal de pain sur la planche pour expliquer à nos amis français que la Belgique d’aujourd’hui, ce sont deux, voire trois, si pas quatre sociétés totalement différentes. Wallons, Flamands, Bruxellois et germanophones ne regardent pas les mêmes chaînes de télévision, n’écoutent pas les mêmes radios, ne lisent pas les mêmes auteurs, ne connaissent pas les mêmes artistes, n’ont pas la même vision de l’avenir de la Belgique … Il leur reste en commun une excellente équipe de football qui réunit Wallons, Flamands et Bruxellois sous le noir-jaune-rouge à une différence près. Joueurs wallons et bruxellois gardent les trois couleurs lorsqu’ils rentrent chez eux tandis que les joueurs flamands ne conservent que le jaune et le noir lorsqu’ils regagnent leur foyer…!

5. Comme nous le disait le professeur Gazon hier, il est plus que jamais nécessaire de poursuivre et d’accentuer notre action pour que le débat sur la réunion de la Wallonie à  la France s’impose dans la société wallonne.

Paul D.

La commission européenne épingle l’ Allemagne

Le Monde.fr avec AFP | 16.08.2014 à 19h12 • Mis à jour le 16.08.2014 à 19h36

Bruxelles estime « indispensable » une hausse des salaires en Allemagne, pour que le pays puisse aider ses voisins européens à la traîne, a expliqué samedi 16 août le commissaire européen chargé de l’emploi, Laszlo Andor.

Lire : « L’Allemagne est toujours le moteur de la zone euro »

« Il serait très important que l’Allemagne multiplie les investissements publics, stimule la demande et réduise ses excédents commerciaux excessifs, qui font du tort à ses voisins européens. Dans cet objectif, un changement de la politique salariale est indispensable, du point de vue de la commission », a expliqué le Hongrois, chargé de l’emploi et des affaires sociales à Bruxelles, dans une interview accordée au quotidien allemand Die Welt, à paraître dimanche.

UNE MARGE DE PROGRESSION DE 3 %

« La hausse des salaires est restée en retrait par rapport à l’évolution de la productivité » depuis plus de dix ans en Allemagne, critique le commissaire européen dans les colonnes du journal conservateur. « Ce serait préférable, si les salaires augmentaient parallèlement à la productivité », a-t-il ajouté.

Le débat sur une hausse des salaires a récemment été ravivé en Allemagne. Le patron de la Bundesbank, Jens Weidmann, a notamment estimé que les salaires avaient une marge de progression de 3 % dans un pays où, par endroits « nous sommes quasiment en situation de plein emploi ».

L’Allemagne a appliqué une politique de bas salaires pendant des années, un facteur déterminant pour la compétitivité de ses entreprises. Dans une zone euro toujours en plein marasme économique, l’idée a fait son chemin chez certains Européens selon laquelle un coup de pouce aux salaires allemands profiterait à tous, en corrigeant le différentiel de compétitivité et en stimulant le pouvoir d’achat des foyers du plus grand marché de la zone.

Déflation : mauvais signe pour la croissance, Hollande pousse l’Allemagne à réagir

La déflation est une baisse généralisée des prix et des salaires. Mais ce phénomène n’est pas une bonne nouvelle puisqu’il ralentit la consommation et les investissements. François Hollande appelle l’Allemagne à devenir le moteur de l’économie européenne pour relancer la croissance.

LA LOI SUR LE SALAIRE MINIMUM EN VIGUEUR EN 2015

La France est coutumière d’appels du pied en ce sens, dernièrement encore de la part du président François Hollande. La rhétorique a aussi ses partisans en Allemagne, notamment chez les sociaux-démocrates, à l’origine de la loi sur le salaire minimum, qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2015.

Il est grand temps d’oublier le vote électronique

Vincent Genot              Vincent Genot

Rédacteur en chef adjoint du site WEB ROULARTA

Inauguré lors des élections législatives et provinciales de 1991, le vote électronique n’en finit pas de poser question. Plus cher que le vote papier et peu transparent en matière de contrôle, le système a montré ses limites lors du dernier scrutin.

© Image Globe

Dimanche dernier, de nombreux Belges ont fait confiance à un ordinateur pour inscrire leur choix électoral sur la piste magnétique d’une carte en plastique. Carte qui a ensuite été déposée dans une urne électronique. A aucun moment du processus, ils n’ont eu la certitude visuelle, comme c’est le cas avec le vote papier, que le candidat auquel ils ont donné leur voix était bien celui comptabilisé par l’urne. En 1997 déjà, l’association «Pour EVA», qui défend le droit du citoyen à garder le contrôle sur l’ensemble des scrutins, demandait l’accès au code source des programmes informatiques qui gèrent le système de vote. Craignant une mise en péril de la « sûreté publique », le ministère de l’Intérieur belge lui opposa un refus catégorique.

Résultat : en mai 2014, ces mêmes spécialistes du ministère de l’Intérieur ont dû batailler ferme avec un système obsolète pour enfin sortir les résultats définitifs du scrutin, amputés de 2000 votes, « soit 0,06% des 21 millions de vote exprimés dimanche », selon un communiqué du SPF Intérieur . Le logiciel a en effet constaté une incohérence et a refusé de lire certaines disquettes reprenant les votes émis. Du coup, 2000 votes sont passés à la trappe. Et encore désolé pour ceux qui les avaient émis.

Quand on analyse le procédé de vote automatisé, on finit par se demander pourquoi on fait appel à des ordinateurs pour voter. Au début de l’expérience, on évoquait souvent la rapidité, le coût et le contrôle de la régularité du scrutin. Si, d’un point de vue démocratique, l’argument rapidité peut paraître secondaire, les deux autres raisons semblent plus déterminantes. Mais avec le recul, on s’aperçoit qu’aucun des avantages n’est véritablement rencontré.

Une estimation réalisée pour le Sénat sur la base des élections du 13 juin 2004 parle même de 4,50 euros par électeur pour le vote automatisé, contre 1,50 euro seulement pour le vote papier. On est très loin des économies attendues.

Quant au contrôle de la régularité du scrutin, sous couvert de modernité, on bafoue des années de travail législatif qui ont permis de mettre en place un système de contrôle efficace. Avec le vote électronique, on fait confiance aux spécialistes qui se réfugient derrière le politique. Pour se dédouaner, le SPF Intérieur affirme même que les logiciels utilisés dimanche ont fait l’objet d’une certification au mois d’avril par Price Waterhouse Coopers. Que le système de vote sur lequel se base la démocratie belge soit certifié par une société dont le siège social est situé à Londres devrait plutôt inquiéter tout bon démocrate. A quand le vote privatisé ?

Dans ce dossier on assiste à une sorte de statu quo. Dans les partis francophones, personne ne semble convaincu par le vote électronique. Mais personne ne prend ses responsabilités d’y mettre fin. Alors, à chaque élection, on continue de bricoler au coup par coup avec des bouts de ficelle. Parfois, la modernité peut aussi passer par un simple crayon.

Gérard Holtz répond à « la Libre »

Violemment attaqué dans une tribune de « La libre Belgique » (lien), Gérard Holtz a répondu aux critiques du quotidien belge.

Gérard Holtz répond aux critiques de « La Libre Belgique » (lien)

« Ça me passe au-dessus de la tête« . Voilà comment a réagi Gérard Holtz aux violentes attaques dont il a été la cible dans « La Libre Belgique« . Hier, le quotidien belge publiait une tribune au vitriol sur le consultant de France Télévisions intitulée : « Égocentrisme, outrecuidance et chauvinisme : le Tour de farce de Gérard Holtz« .

Dans ce billet d’humeur signé Guillaume Gautier, le journal belge avait vivement attaqué le travail de Gérard Holtz sur le dernier Tour de France : « Son rire aussi bruyant qu’artificiel résonne encore dans les oreilles de ceux qui auront passé trop de temps devant France Télévisions pour suivre le Tour de France. Trois semaines durant, Gérard Holtz a une nouvelle fois occupé (voire monopolisé) l’antenne à coups de ‘face cam’ égocentriques sur le bord des routes de France et de jeux de mots puisés dans un répertoire périmé depuis la fin des années 90 » avait taclé d’entrée le journal belge.

Accusé de vouloir « être la star à la place des coureurs« , Gérard Holtz avait aussi été critiqué pour sa courte altercation avec un policier belge au départ d’une étape à Ypres. « Écarté de la route par un agent qui ne faisait que son travail, libérant la chaussée à quelques secondes du départ, Gégé se rappelle qu’il est acteur entre deux étapes et enchaîne sur un théâtral ‘calmez-vous, calmez-vous s’il vous plait’ en repoussant son ‘agresseur‘ » avait raillé le journaliste du quotidien belge.

« Attaque personnelle gratuite »

Et « La Libre Belgique » d’attaquer le supposé chauvinisme du journaliste sportif du service public : « Galvanisé par la deuxième place de Jean-Christophe Péraud, Holtz ajoute le chauvinisme en guise de cerise sur l’indigeste gâteau de ses trois semaines d’antenne. Il faut savoir que la dernière deuxième place française remonte à 1997, et à une place de dauphin de Virenque ‘derrière Jan Ullrich le tricheur’ affirme plein d’aplomb Gégé, oubliant évidemment de mentionner qu’un certain Richard Virenque a été rattrapé par la patrouille une année à peine après cette deuxième place… » s’était moqué le quotidien. Ce dernier avait conclu en fustigeant les journalistes « dinosaures » du service des sports de France Télévisions.

Interrogé aujourd’hui par Télé 7 Jours , Gérard Holtz s’est montré assez philosophe. « Si c’est juste, si je fais des erreurs professionnelles, si je suis à côté de la plaque journalistiquement, je prends les critiques et j’essaie de corriger. Personne n’est parfait, je ne suis pas parfait » a-t-il ainsi confié à nos confrères. Avant de préciser, à propos du billet de « La Libre Belgique » : « Mais des critiques violentes, décalées, et à la limite de l’insulte, ça me passe au-dessus de la tête« .

Dénonçant une « attaque personnelle gratuite » sur son rire « aussi bruyant qu’artificiel« , le consultant de France Télévisions a tenu à revenir sur cette altercation avec un policier belge. « Les policiers ont failli nous mettre par terre avec la caméra. Ca a été absolument incroyable la façon dont ils nous ont bousculés, comme si on était des manifestants. Ils nous ont fait reculer d’un seul coup, de 10 mètres, parce qu’ils faisaient le vide autour du roi des belges. Ca a été tellement soudain et violent qu’on a tous été surpris » a-t-il expliqué.

« Le soi-disant journaliste de ‘La Libre Belgique' »

Si Gérard Holtz a perdu patience, c’est en fait parce que deux minutes plus tard à l’antenne, la même scène s’est reproduite. « Oui, j’ai dit au policier « calmez-vous » a expliqué le journaliste. « On avait le droit d’être sur la ligne. On a été bousculés de façon décalée par rapport à la situation. Que le soi-disant journaliste de La Libre Belgique en prenne ombrage…« .

Quant au « chauvinisme » dont le journal belge l’a taxé pour avoir omis de préciser qu’un an après le sacre de « Jan Ullrich le tricheur« , le Français Richard Virenque avait lui aussi été sanctionné pour dopage, Gérard Holtz a préféré réagir avec humour : « S’il faut que je fasse la liste de tous les tricheurs de ces dernières années, on n’en sortirait plus« .

Pour en finir avec le foot

Thierry LuthersC’est toujours une fête de l’entendre commenter un match à la radio : Thierry Luthers, qui jongle avec les mots comme d’autres avec un ballon, sera de la partie ce soir pour allumer le feu du 14 juillet liégeois. Pas de football au programme mais un récital Johnny Hallyday, dont Thierry Luthers interprétera les tubes avec l’ardeur bien liégeoise qu’on lui connaît. (Tiens, qui se souvient que Johnny a chanté « On est tous ensemble… Allez les bleus on est tous avec vous » ?)

Moins festive, et pour en finir avec la coupe du monde de football, loin du sport-spectacle et des émotions qu’il peut générer, voici la réflexion critique de Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de l’éducation nationale en France. Publié dans le Figaro du 19 juin passé, ce billet d’humeur n’est pas vraiment une invitation à chanter dans la rue, à lâcher prise, à délirer tous ensemble. Il suggère qu’il n’y a pas que le foot dans la vie. On avait presqu’oublié…

Le nouvel opium du peuple

Luc FerryTout va bien puisque, l’autre soir, 16 millions de Français ont trouvé divertissant de regarder sur TF1 une poignée de gamins milliardaires courir après leur ballon. C’est à dessein que j’emploie le mot « divertissant », car de bonnes âmes m’expliquent que le foot, fort heureusement, est là. Là pour que les « vrais gens », pas les intellos à la noix, puissent enfin penser à autre chose, se changer les idées, – comme si l’activité de pensée leur prenait tant d’énergie d’ordinaire qu’il fallait bien, les pauvres, les distraire un peu. Si j’ai le malheur de faire, fût-ce légèrement, la moue, la réprimande tombe aussitôt, réglée comme du papier à musique : ne pas participer à l’enthousiasme général est le signe d’un mauvais fond, une forme détestable de « distinction », au sens que Bourdieu donnait à ce terme : un mépris des élites à l’égard du peuple, une manière arrogante de se mettre au-dessus du lot, de faire valoir son « capital symbolique » en opposant la « haute culture » à la « culture de masse ». Bien plus, souhaiter que la France perde pour être enfin débarrassé du flot médiatique proprement délirant qui entoure chaque match sur toutes les chaînes et à toute heure… est une honte, un manque de patriotisme abominable. Comme si une équipe de sport était d’un seul coup, non pas même un représentant de la France, mais la France elle-même, la nation à l’état essentiel, chimiquement pur.

Qu’on me comprenne bien. Je le dis et le redis : je n’ai rien contre le foot en tant que tel. (…) Simplement, on en fait trop, mille fois trop, et ça devient insupportable. Les médias d’abord, qui vont à la soupe comme des veaux à la mangeoire. Les politiques, qui par peur de manquer le train, montrent leur bouille à qui mieux mieux dans le poste pour se livrer à des commentaires pseudo-éclairés où leur démagogie s’expose davantage que leur intelligence. Les supporteurs enfin, qui ne brillent ni par le goût ni par l’esprit, mais témoignent en revanche d’un chauvinisme aussi impressionnant que leur capacité à avaler de la bière.

Laissons passer l’orage, donc, puisqu’il n’y a rien à y faire. Gageons toutefois que, comme avec toute drogue, le réveil n’en sera que plus rude et qu’il est temps, grand temps, que les hommes de bonne volonté, de droite comme de gauche, se réveillent eux aussi… pour proposer une solution à ce pays que le nouvel opium n’abêtira pas indéfiniment.

C’est vrai, quoi. Il n’y a pas que le foot dans la vie. Il faut en relativiser l’importance. Après tout, le basket-ball et le handball sont aussi des sports d’équipe et, dans ces deux disciplines, la France est championne d’Europe en titre. Et cela ne change pas la vie des Français.

France championne d'Europe

L’autre Allemagne-France

C’est dit, l’Allemagne est une machine à gagner, dont la puissance et l’organisation écrasent la concurrence. A quelques heures de la finale de la coupe du monde de football, petit retour sur un autre match. Avant de créer la sensation en atomisant le Brésil, la France-AllemagneMannschaft a éliminé l’équipe de France, une fois de plus, mais c’est sur un autre terrain que les performances comparées des deux pays interpellent. Alors que l’Allemagne affiche une santé presque insolente, au vu des difficultés qui accablent de nombreuses économies européennes, il semblerait que tout va mal en France, au point que le couple franco-allemand, sur lequel on a bâti l’Europe du XXIe siècle, tendrait à disparaître au profit de la seule Allemagne.

Il ne s’agit pas ici de nier les problèmes auxquels la France est confrontée mais, les impressions étant souvent trompeuses, il faut mesurer l’écart qu’il peut y avoir entre la perception des choses et la réalité. C’est à cela que nous invite le numéro 1 mondial de l’assurance-crédit, la société Euler Hermes, elle-même très franco-allemande, puisqu’elle est détenue en majorité par le groupe Allianz et cotée à la Bourse de Paris.

L’article suivant a été publié sur le site du Figaro le 3 juillet passé.

France-Allemagne : sur le terrain de l’économie, qui gagne ?

euros… Alors que la Mannschaft part favorite dans le match contre les Bleus, certains ont eu l’idée originale d’opposer les deux pays sur le plan économique. Ces pronostics sont signés Euler-Hermès, l’assureur-crédit qui propose une étude en 11 points… comme les 11 joueurs d’une équipe de foot. Et à en croire l’étude, il n’est pas toujours judicieux de parier sur celui à l’apparence la plus robuste.

Produit Intérieur Brut: l’Allemagne prend la tête

L’Allemagne affiche l’une de ses meilleures performances en moyenne depuis 10 ans en tablant sur 1,7% de croissance en 2014. La France, elle, se retrouve bien loin derrière avec, pour la troisième année consécutive une croissance en dessous des 1% et elle table sur 0,7% pour 2014. Avec de telles chiffres, elle peut déclarer forfait face à l’équipe d’Angela Merkel.

Nombre d’achats de robots industriels: l’Allemagne remporte le match haut la main

Avec 17.500 robots industriels achetés en 2012, l’Allemagne écrase la France qui n’en compte que 2956. Si la Mannschaft suit la même tendance que le plan de transformation industrielle allemand «Industry 4» elle devrait remporter aisément les quarts de finale contre la France qui n’a choisi de cibler que 34 secteurs stratégiques.

Taux d’emploi: avantage Allemagne

Les choix tactiques d’Angela Merkel sont bien plus prolifiques que ceux de François Hollande. Avec 72,8% d’emploi contre 64% pour la France, l’Allemagne a su faire revenir sur le terrain de l’emploi les jeunes et les séniors.

Pression fiscale: l’Allemagne loin devant avec 49% des profits contre 65% en France

L’Allemagne mène une politique pour offrir plus d’agilité à ses entreprises et cela se retrouve dans les chiffres. La France, quant à elle, peine à mettre en place des réformes pour alléger la fiscalité et se retrouve donc loin derrière ses voisins européens.

Nombre d’entreprises exportatrices: l’Allemagne prend le large

On compte en Allemagne plus du double d’entreprises exportatrices qu’en France (environ 300.000 contre 120.000 dans l’Hexagone). Ce chiffre est le fruit d’un esprit d’équipe tourné vers l’export nettement plus encouragé chez nos voisins que dans notre pays.

Taux de fécondité: la France se ressaisit

Si les Bleus jouent un match contre l’Allemagne proportionnellement aux taux de fécondité des deux pays, la Mannschaft risque bien de se retrouver à la traine. Avec 2 enfants en France contre 1,38 en Allemagne en 2011, la natalité est bien plus dynamique dans l’hexagone… de quoi renouveler notre équipe nationale.

Coût unitaire du travail: la France reprend l’avantage

+2,5% en France contre 3,7% en Allemagne en 2008, la modération salariale porte ses fruits en France et permet de restaurer une compétitivité relative des entreprises françaises qui dégagent ainsi plus de marges.

Proportion de diplômés de l’enseignement supérieur: la France a plus de joueurs de talents

Avec 43,6% en France contre 31,9% en Allemagne on peut se laisser aller à un peu de chauvinisme. La France peut incontestablement compter sur des joueurs de talents alliant vitesse, technicité et innovation qui se démarquent de nos voisins sur des segments de pointe à forte valeur ajoutée.

Coût de l’Énergie: la France domine très largement

Sur le terrain de l’Énergie, l’Allemagne s’écrase devant la France avec un coût deux fois plus élevé (0,2 kWh en Allemagne contre 0,1 en France), et, cette défaite pèse sur la rentabilité de ses entreprises.

Ratio d’intensité de pauvreté: la France en tête

Même si le salaire minimum vient tout juste d’être voté en Allemagne, sa longue absence couplée à la pression sur les salaires non qualifiés font pencher la balance en faveur de la France qui elle, a un ratio inférieur à celui de l’Allemagne (19% pour la France contre 21,1% pour l’Allemagne).

Coût des défaillances: Match nul

À la fin de l’année 2013, le coût des défaillances françaises s’élevait à 5,1 milliards d’euros pour la France contre 28 milliards pour l’Allemagne. Mais ce nombre doit être considéré au vu du nombre d’entreprises du pays. Et, pour un nombre d’entreprises à peu près similaire, l’Allemagne affiche un nombre de défaillances deux fois moins importants que la France (25.995 défaillances contre 62.716 en 2013). Au contraire, si on se place sur le terrain du coût total des défaillances sur l’économie, l’Allemagne perd sa place de leader.

Le pronostic Euler-Hermes: victoire par tirs au but… de la France

Sur le plan économique, l’assureur-crédit prédit un match très serré vendredi. Si les joueurs de la Mannschaft se comportent comme les entreprises allemandes, ils devraient très bien résister au ralentissement… économique. Mais les Bleus, au regard de l’économie française, pourraient être pleins de surprises avec une reprise progressive de l’investissement. Même si les deux équipes ont des moyennes d’âge comparables, l’Allemagne vieillissante sera-t-elle en mesure de résister à la natalité dynamique de la France? Reste à déterminer le rôle qu’auront les deux gardiens…

Le village des supporteurs des « Diables Rouges »

Les Diables Rouges gagnent. Qui se plaindra de voir des jeunes joueurs de Wallonie, comme Eden Hazard, se mettre en valeur au Brésil. Par contre, la Fédération belge de football reste toujours aussi nulle. Lisez plutôt ce qui suit, c’est un article publié sur France tv info :

devillage« Ce n’est pas un camping de luxe comme promis, c’est plus un camp de réfugiés, et je n’exagère vraiment pas », s’écrie Geerts, un supporter des Diables rouges qui paye 160 euros la nuit pour dormir au Devillage (habile jeu de mots entre « devil », « le diable » en anglais, et « village »), interrogé par 7sur7.be. A quelques heures du match qui oppose la Belgique à la Russie, dimanche 22 juin, visite guidée d’un camp de supporters que beaucoup comparent déjà à l’émission de télé-réalité Koh-Lanta.

« Ma femme a failli finir comme Claude François »

La fédération belge avait voulu frapper un grand coup en s’inspirant des campings géants où se massent les fans néerlandais à chaque grande compétition. Une fois la qualification acquise, une vidéo de présentation est rapidement mise en ligne sur Youtube. « La vidéo de présentation était très belle, j’en conviens, mais ça s’arrête là », raconte Didier Moulart, un des premiers arrivés dans le camp, situé près de Rio de Janeiro, à la Dernière Heure.

Les premiers arrivés déchantent rapidement. Faisons le tour du propriétaire. Les sanitaires et la salle de bains ? « C’est une vraie catastrophe. Il n’y a pas d’électricité. Il n’y a que deux douches pour les hommes et deux douches pour les femmes. L’eau est froide, salée. Le sol est vraiment dégueulasse. Il n’y a que deux éviers et deux toilettes pour 2 500 personnes », raconte un supporter sur la chaîne RTL-TVI. Avec un cas d’électrocution. « Ma femme a failli finir comme Claude François ! », raconte Yves, sur 20minutes.fr« L’eau qui sort des robinets est salée, très sympa pour se brosser les dents », raconte un autre fan des Diables Rouges à la Dernière Heure.

« Il peut y avoir des morts »

Et les tentes ? « Quatre bâches, un tapis de sol, un lit, si on peut appeler ça un lit, un sommier en bas avec un matelas aussi dur que les tapis de gym quand on était à l’école, avec des draps et une couverture », décrit Didier à la RTBF. Et encore, Didier peut s’estimer heureux, il a eu droit à une « tente de luxe ». « Je ne vois pas ce qu’elle a de luxe », s »étrangle-t-il. Même les débrouillards sont mécontents : « Je suis venu ici avec ma propre tente mais n’allez pas croire que ma facture a été moins salée pour autant, raconte Cédric. Pour un séjour du 12 au 21 en demi-pension, j’en ai eu pour 1 150 euros. » Pour protéger les tentes ? Une structure métallique… qui n’inspire pas confiance aux supporters. « La structure métallique qui abrite les tentes est complètement rouillée. Si tout s’écroule, il peut y avoir des morts », décrit Geerts à 7sur7.be.

On avait aussi promis de l’électricité et du wifi aux campeurs. Mais ceux qui n’ont pas de lampe de poche et qui sont situés à « plus de 50 centimètres » de la borne wifi en seront pour leurs frais.

« Les animaux sont mieux installés que nous »

Les supporters ne peuvent pas même se consoler avec la nourriture, « immangeable » selon les uns, « rien d’extraordinaire » pour les plus cléments. Les fûts de Jupiler sont bloqués à la douane. Pas de lait pour le café (un sacrilège en Belgique) et, pire, « du fromage hollandais rassis ». Il n’y a pas que le fromage qui est hollandais : la société qui gère le camp aussi. Oranjevillage a dépêché sur place deux chefs de camp et des salariés… néerlandophones. Ce qui a le don de prodigieusement agacer les supporters belges. Beaucoup ont déjà déserté, se rabattant sur l’offre hôtelière de la région de Rio de Janeiro. Le camp, d’une capacité maximale de 2 500 personnes, n’accueillera au mieux que 600 courageux. « Les animaux sont mieux installés que nous ici », tonne un supporter, cité par la Dernière heure.

Devant la fronde, Oranjevillage et la Fédération belge ont consenti un rabais de 50 euros par jour (prix d’origine : 160 euros la nuit) pour les campeurs. Insuffisant… pour Test-Achats, l’équivalent de l’UFC Que Choisir outre-Quiévrain, qui conseille aux supporters de refuser et prendre un maximum de photos et vidéos pour porter l’affaire devant les tribunaux en Belgique. D’autant plus qu’une dizaine de supporters argentins sont installés dans le camp, et qu’eux paient 17 euros par jour. Dix fois moins que les Belges.

Ah, au fait, le camp des supporters néerlandais est aussi géré par Oranjevillage. Et contrairement au Devillage, il affiche complet. La société va même rajouter des tentes la semaine prochaine, relève le site Nusport (en néerlandais), grâce au bon parcours de la bande à Louis Van Gaal, qualifiée pour le second tour.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde