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Geen faciliteiten ! Franse ratten, rol uw matten !

Outre les fameuses 6 communes à facilités de la périphérie bruxelloise, en Flandre, depuis 1963, sont protégées aussi les minorités francophones de Mesen (Messines), de Spiere-Helkijn (Espierres-Helchin), de Herstappe, de Ronse (Renaix). Ce sont là des villages – Herstappe compte 87 habitants, Messines 952, Espierres-Helchin 2 110 –, à l’exception de Renaix, ville de quelque 25 000 habitants.

communes à facilitésEn 2008, le bourgmestre de Renaix, Luc Dupont, avocat de formation et membre du parti CD&V, en accord avec N-VA, avait fait la demande auprès du Premier ministre (Leterme) de supprimer les facilités aux francophones, droits que les Flamands considèrent comme n’ayant été accordés qu’à titre temporaire en 1963.

Visitant le site de ces communes sur la Toile, j’ai constaté, sans trop de surprise, que la version française soit n’existait pas soit était le produit d’une traduction automatique, charabia qui ressemble grossièrement à du français, mais qui n’en est pas.

Voici, par exemple, les consignes données au Renaisiens concernant le ramassage des poubelles :

Le lundi 15 Décembre était en raison de la grève nationale ne de collecte des déchets.

Pas de dépassement de vidange

Les employés de l’intercommunale ont informé qu’aucun dépassement vider lundi collection (tour 1) se produira. Lors de la prochaine collection le lundi 29 Décembre (ronde 1), cependant, on peut échelle un des sacs poubelles supplémentaires existants et on ne doit aviser la Ligne verte.

(Dernière mise à jour le 16 décembre 2014)

Francophones de Renaix, vous bien comprendre ? Moi, pas être puriste mais pas comprendu. Bij voorbeelden : « aucun dépassement vider lundi collection » = ?, « on peut échelle »= ?, « on ne doit aviser la Ligne verte »= toi devoir ou toi devoir pas ?

Louis Nisse

Faisons péter l’audimat

Un billet d’humeur de Paul Mélot

Tous devant les téléviseurs, dès 18h30 (RTBF) et 19h45 (RTL) pour se rendre compte de l’immense bonheur de posséder un tel Roi…

Si jeune dans la fonction et déjà une légende, un modèle à suivre pour nos descendants. Si prompt sur la balle, si visionnaire, si époux tellement attentionné !

Quel autre pays pourrait-il se flatter d’être aussi fier de son souverain vénéré que le nôtre? Que d’envieux de par le monde. Buana kitoko Philippe.

Oum papa, oum papa !

Merci à nos deux chaînes de télévision de rivaliser de tant d’ardeur pour mettre en scène notre bien-aimé Philippe.

Merci à ELECTRABEL d’avoir veillé à ne pas devoir effectuer des coupures de courant en ce jour béni.

Kroll Philippe 500 joursMerci au peuple flamand, content à 70% d’une telle personnalité à la tête de notre superbe royaume: nous, Wallons, devons donc en toute certitude battre ce record: au moins 95% de Wallons t’honorent, ô beau Philippe.

La réaction de Roland Douhard

Voir une télévision privée, RTL-TVI, assumer son œuvre hagiographique en faveur du sauvetage du régime monarchiste n’est pas étonnant. C’est l’un de ses fonds de commerce, avec les faits divers sans analyse, les séries et la « télé réalité ». Tout un programme pour le bon peuple. Mais constater que le service public, dans le cadre du JT puis d’un reportage, sensés constituer des référents d’information, se lance à son tour dans une opération de communication, non identifiée comme telle, est proprement affligeant. Où est la déontologie et l’éthique de la RTBF lorsqu’elle amalgame volontairement, sans permettre aux téléspectateurs de situer l’origine de son discours, information et communication ? Au-delà des sentiments légitimes monarchiste ou républicain, une telle dérive professionnelle, politique et morale pose véritablement problème.

Incendie à Tihange: un 4e réacteur nucléaire hors service en Belgique

paul durieuxCe nouvel incident dans une centrale nucléaire belge rend de plus en plus probable la nécessité de délestages du réseau électrique belge lorsque des températures hivernales basses seront atteintes au moment où les journées seront les plus courtes dans notre hémisphère nord.

Nos amis français, où le parc nucléaire est mieux entretenu, seront peut-être en capacité de nous vendre de l’électricité et de nous éviter des moments où les plus prévoyants, voire les plus aisés auront trouvé un système D.

Il sera assez facile pour la Flandre de faire valoir la logique de ses besoins en électricité supérieurs en fonction de son économie et de la densité de sa population. Attendez-vous, amis wallons, à être en première ligne pour jouir de soirées intimes qui feront bondir le taux de natalité de la Wallonie, encore une chose que nous partageons avec la France dont le taux de natalité est le deuxième des pays de l’UE (union européenne) derrière l’Irlande. N’allez surtout pas chercher un quelconque motif communautaire quant au choix des zones de délestage. Celui-ci répondra bien sûr à des critères objectifs et certains responsables politiques de Wallonie et de Bruxelles, et non des moindres, vous assureront la main sur le cœur que pas plus ici qu’ailleurs, il ne faut voir du communautaire. Nous commençons a en avoir l’habitude, non ?

Le tout sera de voir jusqu’où ira l’aveuglement, la patience ou la bonhomie des Wallons.

Combien de temps aussi les chiffres fournis par le professeur Jules Gazon lors de sa conférence de ce vendredi 28 novembre en la Maison de la laïcité de Verviers pourront-ils être tenus sous le sceau du secret ?

Paul D.

Lu sur le site du « Vif-L’Express » :

TihangeLe réacteur nucléaire de Tihange 3 s’est mis automatiquement à l’arrêt dimanche vers 10h30 à la suite d’un incendie qui s’est déclaré dans un poste de raccordement de la centrale nucléaire au réseau d’Elia. Le feu est depuis éteint, affirme la porte-parole d’Electrabel-GDF-Suez.

« Tout est sous contrôle », a déclaré le bourgmestre de Huy Alexis Housiaux (PS) à l’agence Belga. « L’incendie s’est produit en dehors de la zone nucléaire. » Personne n’a été blessé.

Les procédures de sécurité ont correctement été suivies, relève Electrabel. On ignore encore combien de temps le réacteur, qui a une capacité de 1.048 mégawatt, restera hors service. La société prévoit un redémarrage mardi matin, mais ce planning est très provisoire, insiste la porte-parole. Electrabel analyse actuellement la situation. On devrait en savoir plus sur l’origine de l’incident et sur ses conséquences durant la journée.

Elia assure de son côté que la mise à l’arrêt du réacteur nucléaire Tihange 3 ne créera pas de problème d’approvisionnement en électricité dimanche. La charge du réseau est en effet faible un tel jour, a expliqué Barbara Verhaegen, la porte-parole de la société gestionnaire du réseau de transport d’électricité à haute tension national. Des coupures ne sont cependant pas exclues si la mise à l’arrêt du réacteur devait perdurer, a-t-elle laissé entendre. « Des analyses sont en cours pour les prochains jours », affirme la société.

Tihange 3 est le 4e réacteur hors service en Belgique. Doel 3 et Tihange 2 sont à l’arrêt à cause des micro-fissures constatées sur leurs cuves, tandis que Doel 4 est fermé à cause d’un acte de sabotage perpétré en août. Chacun de ces réacteurs a une capacité de plus de 1.000 mégawatts.

Les premières analyses font état d’une cause technique

Les premières constatations menées après l’incendie dans un poste haute tension sur le site de la centrale de Tihange 3 n’indiquent aucune interaction humaine mal intentionnée. « Les premiers éléments font état d’une cause technique », a expliqué dimanche la porte-parole d’Electrabel, Geetha Keyaert. Il ne serait dès lors pas question de sabotage, comme dans le cas du réacteur de Doel 4, mis à l’arrêt depuis le mois d’août.

Le feu, qui a touché un transformateur d’intensité, a automatiquement fait cesser l’activité du réacteur de Tihange 3. On ignore encore quand celui-ci pourra redémarrer. Dans un communiqué de presse adressé à l’agence Belga, GDF Suez explique que les mécanismes de sécurité ont arrêté la centrale après la découverte du défaut. « Les processus ont parfaitement fonctionné et l’unité 3 de Tihange est dès lors actuellement à l’arrêt à chaud. »

Electrabel confirme encore que cet incident n’a provoqué « aucun impact sur la sûreté nucléaire et sur la sécurité des collaborateurs et des riverains du site ».

Contrairement à ce qui a été dit dans un premier temps, l’incendie n’avait toujours pas cessé vers 13h30, mais son ampleur est limitée. « Les pompiers sur place n’interviennent en effet pas tant que l’isolation de la haute tension est garantie. » Electrabel confirme également que l’incendie est limité et qu’aucun risque d’extension au-delà de l’équipement n’est à signaler.

Des techniciens ont été dépêchés sur place afin de déterminer l’origine de l’incendie et de préparer les travaux de réparation. Des inspecteurs de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) sont également présents pour vérifier le respect des procédures, a indiqué celle-ci.

L’intérêt wallon du Seine-Nord

canal seine-nordL’AWF se réjouit de voir un ancien projet refaire surface : la liaison fluviale entre le bassin Nord-Seine et le bassin du Rhin qui ne manquerait pas de traverser la Wallonie d’ouest en est. Espérons que cette fois, une priorité particulière sera apportée à la construction de ce canal très important pour l’économie wallonne et pour le développement d’un environnement durable permettant la réduction du trafic routier des poids lourds, arrivé à saturation et grand pollueur de l’air que nous respirons. (Paul D.)

L’Europe avance la possibilité d’investir 300 milliards d’€ dans de grands projets actuellement en souffrance. Pour le 14 novembre, les États membres devaient remettre leurs propositions.

Lu sur le site du quotidien l’Avenir :

Lundi, le député Jean-Luc Crucke (MR) a interrogé le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) sur les projets rentrés par la Wallonie dans le cadre de ce très keynésien «plan Juncker». De la réponse de M. Magnette, nous retenons: «Nous avons voulu sélectionner ceux qui sont en phase avec la stratégie 2020 et le cœur des priorités wallonnes et, en particulier, le plan Marshall. […] Il y a également le transport fluvial, dont le projet Seine-Escaut, en complément du projet français et cela tombe bien, puisque les autorités françaises ont inscrit l’autre morceau de ce projet dans leurs priorités également. On y avait veillé. J’ai rencontré l’ambassadeur. En effet, il ne faudrait pas qu’il y ait un morceau et pas l’autre. On a parfois connu cela dans le passé. […] »

Le Seine-Nord avait été expressément abordé par le Premier ministre Charles Michel lors de sa rencontre avec le président français François Hollande, voici quelques jours, à Paris.

97e Congrès des maires et présidents de communautés

Photo salle académique U.L.G.L’AMF (Association des Maires de France) représente un véritable pouvoir en France. Elle est la France que j’aime, celle qui travaille à l’échelon humain, soucieuse du bien-être des citoyens de France. Les nombreux visiteurs étrangers ne s’y trompent pas. Ils apprécient cette douceur de vivre, ce souci de conservation du patrimoine, cette préservation de services publics de qualité qui font de la France la première destination touristique mondiale.

L’AMF vogue loin des joutes politiciennes de l’état français, loin des coups bas que s’échangent les ténors des formations politiques, loin des querelles de personnes dont s’abreuvent les « grands » sur les plateaux de télévision, devant les micros de radio ou dans la presse écrite.

Quelles que soient les sensibilités politiques des maires, l’AMF n’a qu’un seul discours, une seule ligne qui se veut et se vit unie, collective et solidaire. Des maires des plus petits villages aux maires des grandes villes, chacun avance dans le même sens, celui de l’unité dans la combativité, porté par l’invincible espoir dans l’avenir de leur commune.

A l’heure où l’état français est entré dans une phase de réformes de structures qui va toucher les régions et les départements, mon espoir est que le gouvernement ne touche pas à ce joyau qu’est l’AMF, mais au contraire lui donne tous les moyens pour continuer à se développer en harmonie.

Nous savons de quoi nous parlons, nous citoyens de Wallonie, avec les dégâts engendrés par les fusions de communes de 1977 qui ont éloigné le citoyen de l’administration, des décisions qui le concernent et des services publics de proximité.

Paul D.

Lu sur le site du Figaro.fr :

Moment unique du Congrès des maires, hier : la séance plénière dans le grand auditorium a été marquée par un vibrant hommage des maires à Jacques Pélissard. Devant une salle debout et l’applaudissant avec chaleur après son discours, le président sortant de l’AMF a été visiblement aussi ému qu’heureux de cet hommage.

Avant l’intervention de Jacques Pélissard, André Laignel, premier vice-président délégué de l’association, a lui aussi rendu un hommage très appuyé au président sortant. La voix nouée par l’émotion, André Laignel a salué « un vieux compagnonnage », un combat commun mené avec Jacques Pélissard : « Il y a eu des affrontements d’idées, mais toujours avec loyauté, et finalement nous avons appris ensemble ».

Dans son discours, André Laignel a dénoncé les attaques aussi bien contre les élus que contre les fonctionnaires territoriaux, demandant au congrès de rendre hommage aux agents, « sans lesquels nous ne serions pas en mesure d’accomplir nos tâches ». Il est revenu sur la réforme territoriale, dénonçant le seuil de 20 000 habitants pour constituer une intercommunalité (« c’est insuffisant sur certains territoires, et sur d’autres, ruraux, cela n’a aucun sens »). Sur la question des dotations, André Laignel a rappelé qu’il s’agit d’une politique déjà ancienne, notant que pour lui, « le coup le plus dur qui a été porté aux finances locales a été la suppression de la taxe professionnelle » ». Il a enfin souhaité qu’à l’avenir, l’AMF reste ce qu’elle est : fondée sur « l’unité et la combativité », et portée par « un invincible espoir dans l’avenir de nos communes ».

Jacques Pélissard a naturellement évoqué les mêmes thèmes. Après avoir lui aussi chaleureusement salué André Laignel et le travail fait en commun, il a fait un appel à l’unité : unité des associations de maires, d’abord. Il a souhaité que les autres associations « catégorielles » s’engagent « dans un rapprochement avec l’AMF ». « Dans cette période de disette budgétaire, qui peut croire que nous pourrons encore et toujours multiplier les frais d’adhésion de nos communes et EPCI à de multiples associations ? », a demandé Jacques Pélissard, qui a espéré « plus d’unité avec les autres associations, avec des commissions communes et des moyens partagés ».

La volonté d’unité a également été à la base de l’idée non seulement de proposer à François Baroin de lui succéder à la tête de l’AMF, mais de constituer un « ticket » commun avec André Laignel, « une équipe unie aux antipodes des querelles partisanes ». Le président sortant a même été au-delà, en disant que la France gagnerait à ce que cette méthode soit déclinée à l’échelle du pays : « L’alternance pratiquée comme une revanche frontale est à mon sens pénalisante pour la France tout entière », a martelé Jacques Pélissard sous des applaudissements nourris.

Le président sortant s’est ensuite livré à une charge en règle contre la politique du gouvernement : sur les finances, il a dénoncé « la volonté du gouvernement de transférer la charge de l’impôt national vers l’impôt local ». Sur les rythmes scolaires : « La réforme aurait dû être assumée par l’Éducation nationale ». Au lieu cela, c’est « les annonces pour le gouvernement, les ennuis pour les maires ». Sur la réforme territoriale, Jacques Pélissard a répété son refus d’un seuil de 20 000 habitants pour une intercommunalité décidé arbitrairement, et rappelé que l’intercommunalité doit être « un outil au service des communes », et non l’inverse. « Les maires », a martelé Jacques Pélissard, ne sauraient être « ni des supplétifs, ni des sous-traitants ». Il a rappelé qu’il a été à l’origine de la proposition de loi sur les communes nouvelles, en cours d’adoption au Parlement, et appelé les maires à aller « au bout de cette réforme, pour éviter que certaines communes ne se transforment en coquilles vides ». Après un au-revoir à l’assemblée ponctué d’une conclusion forte – « les fantassins de la République que nous sommes ne baisseront jamais les bras » – Jacques Pélissard a passé la parole à François Baroin.

Le sénateur-maire de Troyes a visiblement trouvé les mots qui ont fait mouche et emporté l’adhésion. Il a répété que sa candidature était d’abord et avant tout « un message politique fort pour l’unité ». Unité nécessaire face aux difficultés qui touchent les communes, et en premier lieu financières – François Baroin a qualifié de « dramatique » la baisse des dotations et jugé que l’effort demandé aux communes n’était « pas atteignable ». L’autre « fil d’Ariane » de l’action de l’AMF sera, selon François Baroin, la défense du « rôle irremplaçable des maires », la demande de transformation du fonds d’amorçage pour les nouveaux rythmes scolaires en « fonds de soutien pérenne ». Le maire de Troyes est aussi revenu sur les critiques qui frappent les maires, comme le récent rapport de la Cour des comptes qu’il a jugé « insupportable » : « La Cour n’a pas à porter de jugement d’opportunité sur les choix des élus. Que je sache, les communes sont librement administrées ! Il ne saurait être question de les mettre en coupe réglée ! » Rappelant enfin que les collectivités sont, dans le budget de l’État, « la plus petite source de dépenses » par rapport aux mastodontes que sont les dépenses de santé ou de fonctionnement de l’État, François Baroin a demandé pourquoi, pourtant, c’est à elles que l’on demande « l’effort le plus important ». Très applaudi à la fin de son discours, François Baroin a assuré que, comme sous la présidence de Jacques Pélissard, quelles que soient les sensibilités politiques de chacun, il n’y aura à l’AMF qu’un seul discours et « une seule ligne » : une AMF « unie, collective et solidaire ».

F.L.

Wallonie : l’heure de rentabiliser le RAVel

Nous pourrions dire : il est presque temps. « Avec un potentiel unique en Europe », dixit le ministre wallon du tourisme et « une infrastructure meilleure qu’en France« , dixit François RavelLeruth, responsable du RAVel au SPW (service public de Wallonie), notre région compte développer en 2016 (pourquoi 2016 et non 2015 ?) un outil complètement sous-exploité (lisez inexploité).

Mais François Leruth met judicieusement le doigt sur deux véritables tares bien wallonnes : l’amateurisme et le saupoudrage. Prudent, il ajoute ce qui suit : »Si on réalise une bonne promotion, l’accueil doit suivre, à condition d’éviter l’amateurisme et le saupoudrage. Il faut une structure-chapeau au niveau de la Région, pas une nouvelle structure, mais une coordination. Et un site internet unique, par exemple lawallonieavelo, même si le balisage n’est pas complètement réalisé. »

Si j’avais un conseil à donner à M. Leruth, mais aussi à M. René Collin, ce serait d’activer les accords de coopération signés avec la France en 2004 qui concernent les domaines qu’ils doivent gérer. Ce serait l’assurance de voir les beaux projets déboucher sur la réalité sans éparpillements suscités par les mauvaises habitudes héritées du passé, mais encore trop présentes.

Rappelons ici que la politique de la ville en Communauté française a plus de 10 ans de retard sur celle des villes françaises à dimension semblable.

Paul D.

sur le site du Vif/L’Express :

Le ministre wallon du Tourisme s’empare du potentiel que représentent les 1 300 kilomètres du RAVeL et veut promotionner cet outil unique en Europe. Qui a coûté plus de 100 millions d’euros depuis 2002, sans rapporter grand-chose.

RavelL’année touristique 2016 sera consacrée au vélo, a annoncé René Collin (CDH). Pas trop tôt : la Wallonie figure à peine sur les cartes cyclistes européennes alors qu’elle dispose, avec le RAVeL (Réseau autonome des voies lentes) d’un outil remarquable mais complètement sous-exploité. « J’ai choisi de l’annoncer dès maintenant, explique le nouveau ministre du Tourisme, car nous devons structurer le produit : infrastructures, matériel, cartes, dépliants, site internet, événementiel, appels à projets innovants… Tout est à construire. Il existe déjà un faisceau d’initiatives mais bien trop disparate. Alors que la thématique du vélo recèle un formidable pouvoir d’attractivité. »

En France, le site francevelotourisme.com est la vitrine qui renseigne sur les itinéraires, les hébergements, les locations et les réparateurs, les lieux de visite, les offices du tourisme, les guides, les séjours « clé en main » (location de vélos, hébergement, transport des bagages, topo-guide, etc). Ce site est soutenu par le ministère de l’Economie. Rien d’étonnant : le tourisme à vélo, avec 5,5 millions de séjours par an, engendre près de 2 milliards d’euros de retombées (dont la moitié en hébergement et restauration) et représente 16 500 emplois. L’association compte, d’ici 2015, doubler les chiffres de 2012, créant 10 000 emplois supplémentaires et engrangeant 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en plus…

A une échelle plus comparable avec la Wallonie, la Bretagne (4 millions d’habitants) a aménagé en quelques années 800 kilomètres de voies vertes (halages et anciennes voies ferrées, comme le RAVeL) et 700 kilomètres de « voies partagées ». Elle est traversée par deux itinéraires européens et compte, en cohérence avec le schéma national et le schéma européen, 8 itinéraires régionaux, à proximité desquels 160 hébergements « Accueil vélo » (la marque nationale) sont ouverts. Selon une enquête de 2013, les retombées économiques globales s’élèvent à 37,2 millions d’euros/an et les retombées directes à 24,6 millions (15 000 euros/km de voie). « Et pourtant, il n’y avait là en 2009 que quelques voies vertes, remarque François Leruth, responsable du RAVeL au SPW (Service public de Wallonie). Mais quand, en France, un Comité régional du Tourisme décide de faire du vélo une de ses priorités, on fonce, on fait les travaux nécessaires, on sensibilise le secteur privé. Or, notre infrastructure est de meilleure qualité qu’en France. Si on réalise une bonne promotion, l’accueil doit suivre, à condition d’éviter l’amateurisme et le saupoudrage. Il faut une structure-chapeau au niveau de la Région, pas une nouvelle structure, mais une coordination. Et un site internet unique, par exemple lawallonieavelo, même si le balisage n’est pas complètement réalisé. »

L’exemple de François Perin… à l’épreuve du réel

La même question revient chez les militants :

Qu’est-ce que les Wallons ont encore à faire dans les hémicycles fédéraux ?  

En 1982, lors d’une discussion au Sénat sur la réforme de l’État, François Perin, cette grande figure du mouvement wallon et du réunionisme présenta soudain sa démission. Prenons-en de la graine, entend-on.

Voici les mots prononcés alors par François Perin :

François Perin 2Après avoir entendu toutes les déclarations qui ont été faites ces derniers temps et particulièrement au cours du présent débat, après avoir vu, échec après échec, tous les événements de ces dernières années, je ne parviens plus en conscience, à croire à l’avenir de notre pays.

Il est difficile de rester parlementaire d’un État auquel on ne croit plus et dont le système politique paraît absurde, et représentant d’une nation – selon les termes de la Constitution – qui n’existe plus. Je remets ce jour ma démission de sénateur au président de cette assemblée.

Mon motif est simple et triple. La Belgique est malade de trois maux, incurables et irréversibles.

Le premier mal, je l’ai dit antérieurement, est le nationalisme flamand, qu’il s’avoue ouvertement ou non.

Le second, c’est que la Belgique est livrée à une particratie bornée, souvent sectaire, partisane, partiale, parfois d’une loyauté douteuse à la parole donnée et à sa signature, mais très douée pour la boulimie, avec laquelle elle investit l’État en jouant des coudes, affaiblissant son autorité, provoquant parfois le mépris public.

Le troisième mal irréversible et incurable, c’est que la Belgique est paralysée par des groupes syndicaux de toutes natures – des médecins aux syndicats traditionnels – intraitables et égoïstes,  irresponsables, négativistes et destructeur finalement de toute capacité de l’État de réformer quoi que ce soit en profondeur. Et il n’y a rien, ni homme, ni mouvement d’opinion, pour remettre tout cela à sa place et dégager l’autorité de l’État au nom d’un intérêt collectif que l’on appelle ordinairement la nation, parce que, dans ce pays il n’existe plus de nation.

Voici, Monsieur le Président, ma démission de sénateur. Je reprendrai, en solitaire, le chemin difficile des vérités insupportables…

Cette référence à François Perin ne doit pas nous faire oublier une autre vérité, aussi insupportable soit-elle. C’est ce que rappelle ici Jacques Lenain :

Jacques Lenain portraitDes trois maux dénoncés par François Perin, un seul est propre à la Belgique, le premier, le nationalisme séparatiste belge, les deux autres étant bien répandus, y compris en France…

Présentement, la question à résoudre est de faire adhérer les « forces partisanes et syndicales » franco-belges à une « solution française », ce à quoi ces « forces », qui ont le monopole du pouvoir et donc de la décision, ne consentiront que si elles ont la certitude que leurs intérêts « partisans » et « syndicaux » seront respectés… en France même… quand ils ne pourront plus l’être en Belgique…

Pour ces « forces », une « solution française » ne peut donc devenir acceptable que si elle se présente comme étant supérieure ou au moins égale, pour la protection de leurs « intérêts », au maintien de la « solution flamande »… Laquelle se dégrade, ce qui est la chance du « rattachisme »… Faut-il encore, pour bien jouer cette chance, définir et soutenir un mode de rattachement qui soit justement protecteur des « intérêts » en cause… C’est ainsi… bien que ce ne soit pas plaisant…

Le décryptage de Pierre Hazette

Pierre Hazette, l'avenirAprès les élections du 25 mai, il eût été simple de constituer rapidement une tripartite traditionnelle.

Interrogé le jeudi 19 juin dans le journal télévisé de la RTBF, le Premier Ministre en affaires courantes, Elio Di Rupo l’a répété sans la moindre réserve.

Le PS était donc, au lendemain des élections, tenté par le rétablissement de la coalition qui sortait renforcée du scrutin. Paul Magnette, son président faisant fonction, déclarait que l’initiative revenait au fédéral et que la mise en place anticipée des gouvernements régionaux apporterait un soutien aux thèses confédéralistes de la N-VA.

Après que le Roi eut désigné Bart De Wever en qualité d’informateur, le ton a changé au Parti Socialiste: le 5 juin, le parti communiquait sa décision de s’allier au CDH en Wallonie et d’étendre la coalition au FDF à Bruxelles.

Le MR avait antérieurement fait savoir que le rôle de dépanneur qu’il avait tenu pour sortir le pays de la crise de 540 jours, il ne le jouerait plus s’il n’était pas associé aux majorités régionales et à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

En annonçant les coalitions régionales, le PS sabotait la possibilité d’une tripartite et ouvrait la voie à la N-VA qui s’était exprimée en faveur d’une politique de droite au niveau fédéral. C’est à cette option du PS que l’on doit le maintien de Bart De Wever dans sa mission royale d’information au-delà des limites initialement prévues.

L’échec de l’informateur royal aurait signifié le début d’une crise plus inextricable encore que la précédente.

Le PS a joué sur cette probabilité.

On se souviendra qu’en 2010, à un moment de crispation avant le dépannage libéral, les cadors socialistes s’étaient exprimés. Charles Picqué, le premier, en septembre, se livrait dans « Le Vif« : »Le PS décrète la mobilisation francophone pour se préparer à la fin du pays…. Le risque de scission existe et le maintien du pays n’aura plus de sens s’il doit signifier une soumission aux intérêts de la majorité flamande… Des choses se préparent. Des experts planchent, notamment sur la capacité de contourner un éventuel veto flamand à la gestion de Bruxelles, en cas de coopération avec la Wallonie…. Ce qui me plait dans le plan B, c’est qu’il est raisonnable et qu’il n’est pas frappé de nationalisme. » Charles Picqué va même jusqu’à anticiper : »On va faire croire que les dirigeants francophones sont aussi responsables que les flamands de la course à la scission du pays. »

Mais Charles Picqué n’est pas seul. Le 5 octobre 2010, la Vice Première Ministre socialiste, Laurette Onckelinx, sortait du bois dans « L’Avenir ». Elle y évoquait la nécessité « plus que jamais » de réfléchir à un plan B pour les francophones.

Elio Di Rupo prenait le relais sur les plateaux télévisés le 10 octobre : « En cas de volonté d’indépendance de la population flamande, il faudra demander aux francophones s’ils souhaitent une Belgique composée de la Wallonie et de Bruxelles… »

Vincent de Coorebyter, Directeur du CRISP et observateur à la fois  lucide et informé de notre vie politique, a commenté ces déclarations : « Des francophones ont parlé de plan B avec une certaine consistance, avec les apparences de la détermination. Je dis « des francophones » parce que toutes les déclarations venaient du PS, les autres partis étant restés prudents, voire muets, à ce sujet… ».

Quand on relit ces textes à six mois  du scrutin, on est amené à conclure que les dirigeants socialistes ont entraîné le CDH dans un processus de liquidation de la Belgique avec autant de détermination, sinon plus, que le leader de la N-VA. Mieux, ils ont ouvert la voie aux nationalistes flamands en torpillant la tripartite. La manœuvre a été mûrement réfléchie. Paul Magnette la pilote au départ de l’Elysette et de l’Hôtel de Ville de Charleroi, Elio Di Rupo depuis le boulevard de l’Empereur, Laurette Onkelinx depuis son banc à la Chambre et à la tête de la Fédération socialiste de l’arrondissement de Bruxelles et Charles Picqué, à la présidence du Parlement bruxellois, pourra faire obstacle, comme il l’a annoncé, à la tentative de veto flamand à la gestion de Bruxelles.

On retrouve –ce n’est pas un hasard- les  personnalités qui ont évoqué le plan B en 2010.

En décembre 2011, l’économiste liégeois, Jules Gazon, décortiquait la stratégie  qui se révèle aujourd’hui : « Les autorités politiques wallonnes, à défaut d’avoir informé correctement leurs ouailles, prisonnières qu’elles seront de leur discours, seront tentées ou par un confédéralisme dépourvu de tout lien solidaire ou par l’indépendance. Dans les deux cas, très vite se produira un cataclysme financier mettant à genoux les Wallons et, peut-être, les Bruxellois. »

Le Parti Socialiste donne peut-être l’impression d’avoir gagné le deuxième tour du scrutin du 25 mai après avoir perdu des voix dans le premier. C’est sans doute conforme aux spéculations de ses dirigeants. Il est très peu probable cependant que leurs manœuvres contribuent à la relance de l’économie wallonne, à la promotion de l’emploi, à la consolidation des acquis sociaux, à l’ouverture des grands chantiers nécessaires, à l’assainissement des finances publiques.

Il est évident aussi que le Premier Ministre sortant, après avoir vanté la sixième réforme de l’état, salvatrice de la Belgique, n’a pas dit un mot pendant la campagne électorale du plan B qui sort de l’ombre aujourd’hui. Jules Gazon avait vu juste: les ouailles n’ont pas été préparées.

Il est vrai que, de son côté, Bart De Wever a les coudées franches pour avancer dans sa stratégie et, même si elle devait durer cinq ans, la coalition n’y fera pas obstacle. Il peut compter sur une opinion wallonne chauffée à blanc pendant la durée de la législature et, en conséquence, sur une remontée du PS ou de la gauche morcelée, pour inviter les Flamands à réaliser son rêve avoué.

Il se pourrait bien que nous vivions un dernier épisode de l’histoire de Belgique, mais je me demande où les historiens situeront la cause de la rupture. Faut-il rappeler que les grèves de 60-61, dont le souvenir devrait éclairer notre présent, se sont soldées par la revendication de la gauche wallonne qui réclamait, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la pleine compétence de la politique économique et sociale?

Bart De Wever va la lui offrir. Encore un petit effort, encore quelques vitres brisées, quelques trains arrêtés et ce sera dans la poche.

Pierre HAZETTE.