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Linkebeek : le chœur des indignés n’a pas de mémoire

Une opinion de Jules Gheude publiée sur le site de la RTBF.

Jules Gheude RTBFAvec la décision de la ministre flamande de l’Intérieur, Liesbeth Homans, de dégommer définitivement Damien Thiéry du maïorat de Linkebeek pour le remplacer par le chef de l’opposition Eric De Bruycker, le chœur des indignés francophones s’est remis en marche.

Depuis son envoi des convocations électorales en français, la désignation de Damien Thiéry à la tête de la commune était contestée par la Flandre. Le contentieux traînait depuis 2007, et ce malgré le fait que personne n’ait eu à se plaindre de la gestion de l’intéressé.

Mais, on l’a vu avec l’affaire Happart, qui a monopolisé le débat politique durant les années 80, cela fait partie des abcès de fixation dans la problématique communautaire.

Notre propos n’est pas ici de retracer dans le détail la saga fouronnaise. Lors de la fixation de la frontière linguistique de 62-63, on sait comment ces six petits villages, à majorité francophone, ont été malencontreusement transférés de la province de Liège à celle du Limbourg.

Trois jours avant le vote final à la Chambre, le 31 décembre 1962, une consultation populaire avait pourtant été organisée par le Conseil provincial de Liège. Sur 2474 électeurs inscrits, 1562, soit un peu plus de 63%, s’étaient prononcés pour le maintien dans la province de Liège, avec un régime linguistique français et des facilités pour le néerlandais.

Le fait est que certains mandataires wallons avaient été au départ abusés par le fait  que les Fouronnais, dans leur immense majorité, utilisaient un patois germanique, le plat-deutsch. La plupart se ravisèrent, mais il se trouva encore 13 députés socialistes (parmi lesquels Léo Collard, Emile Lacroix et Edmond Leburton) et 11 sociaux-chrétiens pour avaliser le départ des Fourons vers la Flandre.

Dans une interview accordée au « Soir », le 22 janvier 1979, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Arthur Gilson (social-chrétien) a évoqué l’attitude du vice-Premier ministre socialiste Paul-Henri Spaak : Il ne s’en est pas caché : les Fourons votaient essentiellement catholique. Leur transfert au Limbourg permettait aux socialistes d’acquérir la majorité absolue au conseil provincial de Liège.

José Happart fut, lui aussi, sacrifié, en tant que bourgmestre des Fourons, par le camp socialiste dont il faisait partie.

Les informations qu’il nous a livrées, lors d’un entretien particulier, le 20 juin 1988, en disent long sur l’attitude de Guy Spitales, le président du PS à l’époque : Le mercredi 20 avril 1988, je dîne avec Guy Spitaels et Gérard Deprez (Ndlr : le président du PSC) et il est question de qu’ils veulent obtenir. Le vendredi, à 9h, Guy Spitaels m’expose ce qu’il est en mesure de décrocher. Je lui dis que je ne suis pas d’accord, car dans tout cela les Fourons restent en Flandre et le collège est composé à la proportionnelle. « Je ne te demande pas si tu es d’accord ou non », me rétorque-t-il.

Guy Spitaels connaissait donc parfaitement la position de José Happart. C’est donc bel bien le forcing qu’il a voulu faire en renonçant, le 27 avril 1988, à son mandat de négociateur et en disparaissant mystérieusement dans la nature.

José Happart ne sera donc jamais nommé bourgmestre. Le 30 avril 1988, lors du traditionnel bal du bourgmestre, alors que minuit vient de sonner et que la Fête du Travail débute officiellement, il vide son sac : Jadis, la fête du 1er mai était l’occasion de revendiquer le suffrage universel. Aujourd’hui, on approuve le suffrage capacitaire. Fourons est une petite fille violée, mais « ils » s’en moquent. (…) Après l’effarement, c’est la colère que je ressens. (…). Le général de la plus grande armée a pris le maquis parce qu’il a peur. Où sont les parlementaires qui étaient ici l’an dernier pour vous demander vos voix ? Ils attendent un maroquin ministériel. On a été roulés dans la farine. Ils ont tout cédé !

Mais bien vite, José Happart rentrera dans le rang pour aller siéger au Parlement de Strasbourg. Et on le retrouvera ministre du gouvernement wallon et président du Parlement wallon. Tout cela sous l’étiquette socialiste…

Les libéraux francophones n’ont pas, eux aussi, soutenu l’intéressé. Pour le vice-Premier ministre Jean Gol, l’affaire Happart est médiocre et ne mérite pas une crise  qui ferait de nous la risée du monde.

Jean Gol est même d’accord, pour apaiser le CVP, de frapper immédiatement José Happart sans attendre le vote définitif au Parlement. Mais ce problème de la sanction préalable, sans fondement légal va entraîner le non possumus du PSC Philippe Maystadt.

François Perin, qui a toujours soutenu le combat légitime des Fouronnais, aura des mots acides pour son ancien compagnon de route. Dans « Le Peuple » du 8 octobre 1986, il déclare : Jean Gol joue à l’homme d’Etat. Il débarque du Zaïre et déclare en substance, avec un léger mépris, que nos petits problèmes sont misérables et ridicules. Avec la fonction, le sens de l’Etat pousse… Et puis, il est libéral et voit avant tout sa politique d’assainissement. ; il ne veut pas réduire cette politique à néant pour cela. Vous savez, c’est une attitude qui plaît encore dans certains milieux. Il y a aussi le fait que le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur sont déjà brûlés jusqu’au coup dans l’affaire des Fourons ; alors pourquoi devrait-il lui aussi monter au feu ?

Eternels demandeurs de rien, les francophones ont finalement accepté, en 2001, d’octroyer des contreparties politiques à la Flandre en échange d’un maigre refinancement de la Communauté française et de ses écoles. Comme le rappelle Paul-Henry Gendebien, dans son livre « « Belgique : le dernier quart d’heure » (Quartier Libre, 2006 : Comme le PS et le MR, le FDF et le CDH trempèrent à leur tour dans la combinaison. La barricade francophone était en papier mâché. Furent ainsi concédés en finale des avantages  que l’on se refusait à envisager trois mois plus tôt : surreprésentation forfaitaire abusive pour la minorité flamande au Parlement régional bruxellois ; présence automatique d’au moins un échevin flamand dans les conseils communaux, régionalisation de la loi communale en vue d’offrir à la Flandre des moyens plus vigoureux pour mettre au pas les Francophones de la périphérie.

Le sort réservé aujourd’hui à Damien Théry découle directement de tout cela. Mais le chœur des indignés n’a pas de mémoire.

Invitation à l’assemblée générale ouverte de l’AWF

INVITATION A L’ASSEMBLEE GENERALE OUVERTE DE L’AWF

le dimanche 11 octobre 2015 au Palais des Congrès de Liège

en la salle Simenon

PROGRAMME

Dès 10.00  :  

Accueil (café, thé, jus d’orange, eau plate ou pétillante)

  1.       Election du président
  2.       Election des membres du Conseil Général
  3.       Ratification des statuts

   Tous les membres en règle de cotisation seront invités à participer aux votes. Ces votes s’exprimeront par bulletin secret.

   Les candidatures devront être introduites au plus tard 5 jours avant la date de l’assemblée générale, soit pour le mardi 06 octobre au plus tard par courriel ou courrier postal auprès de Marie Malotaux, secrétaire de l’AWF (11, Rue Dachet 5100 Wépion marie.malotaux@gmail.com).

   Les membres qui souhaitent continuer leur tâche doivent également poser leur candidature. Ils sont sortants et rééligibles.

 Dès 10.30  :   

Assemblée générale ouverte

INSCRIPTION SOUHAITEE AUPRES DE LA SECRETAIRE DE NOTRE MOUVEMENT CITOYEN :

                                         marie.malotaux@gmail.com     Tél : 0474 083 199

   Prendront la parole :

°    Georges-Henry Simonis, Magistrat honoraire

   Accueil des participants 

°    Philippe Destatte, Directeur général de l’Institut Jules Destrée, historien et prospectiviste

   Le Congrès national wallon de 1945 : hier, aujourd’hui et demain

°    Jules Gazon, Professeur émérite HEC, Ecole de gestion de l’U.L.G.

   Quels seraient à ce jour les besoins de financement d’une Wallonie autonome ?

°     Georges Régibeau, Professeur d’histoire

    Le projet d’Intégration – autonomie

°     Paul Durieux, président de l’AWF

    Mémorandum 2015 de l’AWF et conclusions

    Ensuite, la parole sera donnée aux participants qui nous auront fait l’honneur de participer à notre A.G.O.

Dès 12.45 :  

Apéritif offert par notre mouvement citoyen (vin rouge, vin blanc, jus d’orange, eaux, le tout accompagné de biscuits salés et de chips) 

Dès 13.30  :  

Repas au restaurant du Palais des Congrès sur réservation

    Lunch : deux plats au choix, réservation indispensable.  

a) Boulettes de veau à la Liégeoise

b) Marmite de poissons de la mer du Nord au vin blanc

    Prix : 25 € par convive, boissons comprises (deux verres de vin 25 cl, 1/2 bouteille d’eau de Chaudfontaine et café).

   La réservation prendra cours dès réception de votre versement au n° de compte IBAN de l’AWF : BE26068244993129,     22, Rue Fêchereux à 4130 Esneux. N’oubliez pas d’indiquer en communication A ou B selon le plat choisi.

N’hésitez pas à partager cette invitation avec vos contacts ! 

Oui, la France peut le faire

On pensera ce qu’on veut des frappes aériennes contre Daesh en Syrie. Avec un budget de la défense désormais inférieur à celui de l’Allemagne, la France ne craint pas de s’engager sur tous les fronts , au point d’assumer seule le rôle d’une armée européenne encore illusoire. Mais ce n’est pas de cela qu’il est question dans cet article publié sur le site du journal Le Monde. Il s’agit du fameux Traité transatlantique que l’Union européenne négocie avec les Etats-Unis dans une optique outrageusement favorable aux grandes entreprises multinationales. Il semblerait que, là aussi, la France soit décidée à intervenir.

Traité transatlantique : pourquoi la France menace de stopper les négociations

TaftaUn an après sa nomination comme secrétaire d’Etat au commerce extérieur, Matthias Fekl a décidé de hausser le ton dans le principal dossier de son portefeuille : le traité transatlantique Tafta/TTIP. Dans une interview parue lundi 28 septembre dans Sud-Ouest, le quotidien de son fief de Marmande, M. Fekl menace les Etats-Unis de suspendre les négociations du grand accord commercial en discussion entre les deux rives de l’Atlantique si ceux-ci ne montrent pas un peu plus de bonne volonté.

Jusqu’alors plus conciliant, le « M. Tafta » du gouvernement dénonce l’absence de répondant des Américains sur les sujets qui tiennent à cœur des Européens, comme :

  • L’accès des entreprises européennes aux marchés publics américains, pour l’instant réservés en immense majorité aux entreprises américaines au nom du protectionnisme.
  • L’accès aux marchés agricoles et agroalimentaires et la reconnaissance des indications géographiques, comme les appelations « Champagne » ou « Camembert de Normandie ».

Mais Matthias Fekl insiste surtout sur les deux aspects de la négociation qui prêtent le plus le flanc à la critique depuis son lancement, en 2013 :

Si M. Fekl ne fait là que dire tout haut ce que plusieurs chancelleries européennes pensaient tout bas depuis des mois, le changement de ton est notable. Dans l’entourage du ministre, on sent un certain ras-le-bol vis-à-vis de négociations qui patinent et de négociateurs américains qui ne proposent toujours pas d’« offres sérieuses » sur ces problématiques.

« C’est bien que le ministre prenne cette position dans la presse française, mais on n’observe pas sa voix porter à Bruxelles », regrette Amélie Canonne, du collectif Stop Tafta. Craignant qu’il ne s’agisse d’une simple posture, elle rappelle que Paris n’a pas officiellement pris position contre les nouvelles règles draconiennes de « transparence » imposées par la Commission européenne cet été. « Quand on intervient publiquement dans la presse, le message est entendu par tout le monde à Bruxelles », se défend-on dans l’entourage de Matthias Fekl.

En la matière, le juge de paix sera l’avenir. Si la France n’a pas formellement le pouvoir d’arrêter les négociations, menées par la Commission européenne au nom des Vingt-Huit, elle pèse suffisamment pour les saborder. On observera donc avec intérêt la réaction des Etats-Unis lors du prochain cycle de négociation du Tafta/TTIP, qui doit se tenir fin octobre à Miami.

Un autre moment de vérité devrait intervenir dans les prochains mois : l’Europe doit ratifier l’accord conclu en 2014 avec le Canada, le CETA, « petit cousin » du traité transatlantique. Le gouvernement français, qui a promis de ne pas le ratifier en l’état, réclamant des améliorations sur les tribunaux d’arbitrage, réussira-t-il à faire plier la Commission européenne, qui refuse de rouvrir la négociation ?

Maxime Vaudano, Le Monde

27 septembre, fête de la Communauté française

L’article qui suit nous est envoyé par Jules Gheude. Il a été publié sur le site du « Vif-L’Express ».

En ce 27 septembre, nous fêtons la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pardon, la Communauté française de Belgique, seule appellation légitime selon la Constitution ! Elle m’a d’ailleurs toujours convenu dans la mesure où elle traduit fort bien notre identité française de langue et de culture. Cette réalité, on ne peut la nier.

fête cfwbLa Fédération Wallonie-Bruxelles est un concept qui, dans l’esprit de certains, permettrait, en cas de largage des amarres par la Flandre, de prolonger la Belgique sous une forme résiduaire: le fameux Wallobrux! Mais c’est une illusion, car lorsqu’on interroge les Bruxellois, il apparaît qu’une majorité d’entre eux se prononcent clairement pour une forme d’indépendance. Ils ne sont que 4% environ à vouloir s’unir soit avec la Wallonie, soit avec la Flandre.

Ne faut-il pas, dès lors, s’interroger sur l’utilité de maintenir la Communauté française? Elle était indispensable aussi longtemps que l’existence de Bruxelles comme troisième région à part entière n’était pas assurée. Désormais, le fait bruxellois est incontestable et force est de constater que la cause flamande ne progresse pas à Bruxelles.

« Communauté française » reste la seule appellation légitime selon la Constitution, elle traduit d’ailleurs bien notre identité française de langue et de culture.

On me rétorquera que la Flandre a fait de Bruxelles sa capitale et que le risque existe de la voir un jour tomber définitivement dans l’escarcelle flamande. Certes, mais la Flandre devrait pour cela recourir au coup de force. Ce n’est pas dans son intérêt si elle souhaite obtenir, en tant qu’Etat souverain, la reconnaissance internationale.

Le socialiste flamand Louis Tobback avait évoqué en son temps, pour Bruxelles, l’idée d’un district européen. Mais il faudrait pour cela que l’Europe fédérale existe et que les Etats-membres marquent leur accord à l’unanimité. On en est loin! En revanche, Bruxelles pourrait fort bien s’ériger en Ville-Etat, dont l’ensemble des habitants définiraient la gouvernance par le truchement des élections. Ce qui n’est pas le cas des habitants de Washington DC. En tant que Cité-Etat, Bruxelles pourrait continuer à abriter le siège des institutions européennes et internationales. Et elle serait tout à fait viable sur le plan financier. Je note d’ailleurs que ce statut de Ville-Etat est également prôné aujourd’hui par Remi Vermeiren, l’ex-patron de la KBC et l’un des initiateurs, il y a dix ans, du fameux manifeste séparatiste de la Warande. Les choses, manifestement, bougent en Flandre.

Du récent sondage organisé par le MR, il ressort qu’une majorité de Wallons sont favorables à la régionalisation de l’enseignement. Voilà qui me semble aller dans la logique des choses, puisque la Région wallonne et la COCOF à Bruxelles dépannent déjà financièrement la Communauté française dans ce secteur. Je l’ai dit, tant que le fait régional bruxellois n’était pas établi, la Communauté française était nécessaire pour ne pas déployer le tapis rouge aux Flamands à Bruxelles. Cela étant, la Flandre tient comme à la prunelle de ses yeux à la notion de Communauté, qui lui permet d’encadrer la minorité flamande à Bruxelles.

La régionalisation de l’enseignement permettrait de mieux mettre celui-ci en adéquation avec les besoins du monde économique. En Allemagne, l’enseignement relève d’ailleurs de la compétence des Länder, avec une conférence commune pour assurer une certaine cohésion de l’ensemble.

J’ai évoqué, tout au début, notre identité française de langue et de culture. Et l’identité wallonne? me dira-t-on.

En Wallonie, on dénombre plusieurs dialectes wallons, en plus du picard et du gaumais. Ce n’est pas cela qui unit les Wallons, mais bien l’utilisation du français dans tous les actes de la vie quotidienne. Nous sommes, en fait, des Français, que les hasards de l’histoire ont contraints de vivre en dehors de l’Hexagone. Et, comme toute région de France, nous avons nos propres spécificités: dialectes, folklore, traditions culinaires… Mais notre identité est éminemment française !

Jean Gol, dont je fus proche au début des années 80, avait, comme on le sait, lancé le concept de « Nation francophone ». Il savait que la Nation flamande existait et il a voulu, par stratégie, lui opposer cette Nation francophone. Mais j’ai eu suffisamment de discussions avec lui pour savoir que, dans l’hypothèse de l’implosion de la Belgique, il n’envisageait qu’un avenir français.

Jules Gheude

Lire la suite et la fin sur le site du Vif/L’Express.

Un vrai débat sur l’avenir de la Belgique

Après Pierre-Yves Jeholet et Jean-Luc Crucke (MR), Hendrik Vuye et Veerle Wouters (N-VA) lancent un vrai débat. Nous sommes loin des Wallons qui n’étaient demandeurs de rien (n’est-ce pas Madame « Neen »). Il n’y manque plus que des voix bruxelloises. La voix des germanophones est déjà connue : « région à part entière qui ne fait plus partie de la Wallonie ».

Lors de son assemblée générale ouverte du dimanche 11 octobre (voir l’article-invitation sur ce site), le mouvement citoyen AWF ne manquera pas de s’inviter dans le débat avec notamment les prises de parole de :

–  M. Philippe Destatte, Directeur général de l’Institut Jules Destrée, historien et prospectiviste (« Le Congrès national wallon de 1945 hier, aujourd’hui et demain ») ;

– M. Jules Gazon, Professeur émérite HEC, Ecole de gestion de l’U.L.G. (« Quels seraient à ce jour les besoins de financement d’une Wallonie autonome ») ;

– M. Georges Régibeau, Professeur d’histoire (« Le projet d’intégration – autonomie ») ;

– M. Paul Durieux, Président de l’AWF (« Mémorandum de l’AWF et conclusions »).

Publié le 22/09/2015 sur le site du Vif/L’Express : 

Une opinion des députés Hendrik Vuye et Veerle Wouters (N-VA) 

Les ténors du MR Pierre-Yves Jeholet et Jean-Luc Crucke plaident en faveur d’une Belgique à quatre régions. Les députés N-VA Veerle Wouters et Hendrik Vuye s’interrogent sur les avantages et les inconvénients de ce modèle.

"Bruxelles ne peut pas être une région à part entière"

Coup de tonnerre dans un ciel bleu. Deux ténors du MR plaident en faveur d’une Belgique à quatre régions dans le quotidien Le Soir. Fini les communautés. Et ces ténors ne sont pas n’importe qui. Pierre-Yves Jeholet est président de faction au parlement wallon et bourgmestre de Herve. Quant à Jean-Luc Crucke, il est non seulement le bourgmestre dynamique de Frasnes-lez-Anvaing, mais aussi député wallon et surtout premier vice-président du MR.

En 1993, Jean Gol, l’ancien président presque mythique des libéraux francophones, plaide en faveur d' »une nation francophone ». Dans ce contexte, les libéraux francophones s’engageront aux côtés du « délire francophone » FDF. La proposition de Gol reste assez vague. Il évoque une relation privilégiée entre la Wallonie et la communauté française et la France.

Cependant, il est difficile de savoir ce que Jean Gol veut dire exactement. 20 ans après son décès, sa veuve déclare à La Libre Belgique : « En cas d’indépendance de la Flandre, il pensait qu’il faudrait se rattacher, soit à une nation francophone, soit à la France ». Le mystère reste entier.

Louis Michel, devenu le nouveau président des libéraux francophones après le décès de Gol le 18 septembre 1995, affaiblit le discours à un « espace francophone ». Que veut-il dire par là ? Le mystère s’épaissit encore.

Le vol d’Icare de Jean-Marie Séverin

En 2001, le président libéral du parlement de la Communauté française a insufflé un second souffle à la pensée d’une « nation francophone ». Lors de l’ouverture de l’année parlementaire, Jean-Marie Séverin a plaidé en faveur d’une fusion de la Communauté française et de la Région wallonne au sein des structures de la Communauté française. Son attitude se révèle un suicide politique. Le président du parti libéral Daniel Ducarme oblige Séverin à donner sa démission. Exit Séverin. Exit « la nation francophone ».

La Belgique est un état fédéral, composé de communautés et de régions. C’est du moins ce que stipule l’article 1 de la Constitution. Cependant, ce n’est pas aussi simple. Depuis 1980, la Communauté flamande exerce toutes les compétences de la Région. La Flandre possède un gouvernement et un parlement, ce qui n’est pas le cas de la Belgique francophone. La Communauté française et la Région wallonne comptent chacune un parlement et un gouvernement. En application de l’article 138 de la Constitution, la Communauté française est déshabillée en 1993. Les compétences importantes sont transférées à la Région wallonne – et pour le territoire bruxellois – à la Commission communautaire française.

La Communauté française est un produit light, pratiquement sans compétences personnalisables. Elle est exclusivement compétente pour les tâches clé comme la culture et l’enseignement.

Cela explique aussi le changement de nom appliqué unilatéralement de Communauté française en Fédération Wallonie-Bruxelles. La Communauté française n’est plus « une communauté de francophones » et certainement pas une « nation francophone ». À leurs yeux, ce n’est plus qu’une fédération de deux régions francophones, où on oublie qu’à Bruxelles, il y a aussi des Flamands.

Primauté du fait régional

Nous avons déclaré que le droit constitutionnel poursuit deux buts : la création de prospérité et la pacification (la cohabitation pacifique). Crucke et Jeholet partagent ce principe. Ils soulignent que la réforme de l’Etat et le développement économique vont de pair. Les institutions doivent faciliter l’épanouissement économique. Malheureusement, l’écheveau belge est si compliqué que cet objectif n’est pas du tout atteint.

Pour Crucke et Jeholet, une Belgique efficace se compose de quatre régions : la Région wallonne, la Région flamande, la Région de Bruxelles-Capitale et la Région germanophone. Dans ce modèle, les régions bénéficient de toutes les compétences des entités fédérées, donc aussi de la culture et de l’enseignement.

Qu’en est-il de la Fédération Wallonie-Bruxelles? Celle-ci peut continuer à exister, mais uniquement pour les compétences que les régions décident d’exercer ensemble. Le critère, c’est de regarder ce qu’on veut faire ensemble. Vu de cette façon, il s’agit plutôt d’une Confédération Wallonie-Bruxelles. Dans une interview accordée à l’occasion de leur publication, ils se montrent encore plus véhéments. À terme, la Fédération sera une coquille vide, sans utilité. Ils voient plus d’intérêt à une coopération entre les quatre régions, par exemple par le biais d’accords de coopération. À juste titre, car la coopération volontaire fonctionne mieux que la coopération forcée.

Crucke et Jeholet veulent en finir avec les quatre parlements francophones et les quatre gouvernements francophones. Les voici : la Communauté française, la Région wallonne, la Commission communautaire française et – sinon le compte n’y est pas – la Région de Bruxelles-Capitale. In cauda est venenum. Pour les deux parlementaires wallons, Bruxelles est une région à part entière. Plus encore, c’est une région francophone. En outre, ils s’opposent fermement à toute forme de cogestion.

Bruxelles, région à part entière?

La Région bruxelloise n’est pas un succès. Lors de la création de la région en 1989, Bruxelles était la région la plus riche du pays. Depuis, la région recule sans discontinuer. À dater de l’exercice d’imposition 1995 – quand la région existe depuis six ans – le revenu moyen du Bruxellois se situe sous la moyenne nationale. Les chiffres de pauvreté sont hallucinants. Un enfant sur trois grandit sous le seuil de pauvreté. Selon l’Institut wallon de la Statistique, Bruxelles connaît un taux de pauvreté de 34%.

Voici le fond du problème : Bruxelles ne peut être qu’une « région à part entière » si la Flandre finance Bruxelles. Mais pourquoi la Flandre ferait-elle cela ? Une Région bruxelloise à part entière doit porter une responsabilité financière à part entière. Mais Bruxelles en est incapable.

On comprend que deux députés wallons se distancient aussi facilement de Bruxelles. Les rapports entre Bruxelles et la Wallonie sont totalement différents que ceux qui existent entre la Flandre et Bruxelles. Les liens historiques sont différents. Ainsi, Bruxelles n’a jamais été une ville wallonne.

Ne faites pas de Bruxelles un tonneau sans fond

Bruxelles ne peut être une région à part entière. La dégradation de la région la plus riche à la plus pauvre depuis la création de la région le prouve pleinement. Bruxelles a besoin de la Flandre et de la Wallonie.

Le modèle bruxellois de la N-VA offre l’avantage de responsabiliser Bruxelles. Dans ce modèle, Bruxelles exerce les compétences territoriales, telles que la politique économique, l’environnement, la police, la mobilité, etc. Pour les compétences personnalisables, les Bruxellois peuvent choisir la Flandre ou la Wallonie. Il s’agit d’une Région bruxelloise avec la Flandre, pas aux dépens de la Flandre.

Pour ceux qui souhaitent un autre avis: dans ses mémoires, le coryphée du PS Merry Hermanus, un ancien ténor du PS bruxellois, écrivait : « sans réforme en profondeur des institutions bruxelloises, Bruxelles ne sera jamais davantage qu’un tonneau des Danaïdes… un tonneau sans fond, qu’on ne pourra jamais remplir ».

Quelle Wallonie fêtons-nous ?

Un éditorial de Georges-Henry SIMONIS

fêtes de Wallonie 2Deux parlementaires Wallons libéraux, Jean-Luc Crucke et Pierre-Yves Jeholet, viennent de signer dans le Soir du 18 septembre 2015 une carte blanche particulièrement intéressante en dépit de son titre : « …Osons l’avenir : un pays uni » !

Sans doute prennent-ils un peu leurs rêves pour des réalités !  La poussée du Mouvement flamand reste constante et impose une réflexion qui tienne compte de l’imminence d’un pays dont le nord et le sud seront séparés.

Néanmoins, leur analyse est importante et ne peut que nous réjouir.

« Qu’on le veuille ou non, réformes institutionnelles, essor économique, et donc accroissement de l’emploi et de la richesse, sont étroitement liés », écrivent-ils.  C’est très précisément le sens de mon intervention lors du congrès récent de l’Institut Destrée, le 10 septembre à Namur  sur le thème « Gouvernance et croissance ».

Voilà donc en Belgique le retour de l’institutionnel comme accompagnement nécessaire de la croissance économique.  « On ne peut plus faire l’économie d’une refonte en profondeur de nos institutions francophones », disent en chœur nos deux parlementaires, ce qui contraste avec l’ancien « Nous ne sommes demandeurs de rien » que serinait l’ancienne majorité.

« Wallons et Bruxellois doivent choisir leur destin et non  le subir » : nous sommes bien d’accord avec cette proclamation courageuse.

Nous serons aussi d’accord sur le fait que quatre régions autonomes existent bel et bien : oublions un instant la Flandre, qui gère son avenir, et la région de langue allemande, bien ancrée en Wallonie avec un statut spécial favorable, pour constater que la Région bruxelloise a acquis un  statut de région à part entière, même si ses contours géographiques et institutionnels mériteraient raisonnablement quelques aménagements liés à ses spécificités évidentes : c’est le problème des Bruxellois ! On peut encore penser à 25 communes au lieu de 19, et à la nomination des bourgmestres francophones évincés…! Un bon statut pour Bruxelles est de toute évidence une chance pour tous !

Par contre, comme l’observent nos parlementaires wallons, l’articulation Wallonie-Bruxelles devrait changer de nature tout en maintenant l’existence de ponts jetés entre Wallons et Bruxellois dans différents domaines spécifiques.

L’émergence d’un statut rénové de la Région wallonne ne peut que réjouir celles et ceux qui, dans une phase ultérieure mais pas trop lointaine, ont fait le choix de se tourner vers la France pour toutes les raisons historiques, économiques, culturelles et autres qui feraient judicieusement des Wallons des citoyens français à part entière, d’origine belge ou wallonne.

La Wallonie ferait une très belle région de France, comparable à la Bretagne ou à  la Normandie.

Une Wallonie rénovée et performante pourra s’insérer plus facilement au sein d’une République française qui reconnaîtra ses spécificités de Région dont la gouvernance et la croissance auront ainsi été sensiblement améliorées. Intégration et autonomie : telles sont nos principaux axes de réflexion réunioniste.

Nous ne pouvons donc que nous réjouir du fait que ce débat institutionnel vienne rejoindre et compléter les analyses  économiques qui conduisent, elles aussi, vers une solution française.

Vive la culture du débat démocratique et transparent au sein des forces vives et des différentes composantes politiques de la Région wallonne !  

C’est le sens de l’appel que nous lancerons au Palais des Congrès de Liège le dimanche 11 octobre prochain, renouvelant ainsi celui du « Congrès national wallon » de 1945, dont on n’a pas osé, à l’époque, tirer toutes les conclusions. Il n’est jamais trop tard…

Il va de soi que messieurs Crucke et Jeholet y seront les bienvenus !

Et bonne fête à la Wallonie !

Culture : le Wallon, trois fois moins gâté

Namur« A la veille de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, un chiffre a particulièrement retenu notre attention : celui du montant moyen consacré, par la Fédération, à ses citoyens en matière de culture.

« En 2014, celle-ci a déboursé quelque 170 euros par habitant : 45 euros par Wallon contre… 125 euros par Bruxellois. Du simple au triple ! Une différence énorme qui ne semble étonner ni choquer personne, à commencer par les artistes eux-mêmes. »

C’est ce qu’on peut lire sur le site du Vif/L’Express ce 18 septembre 2015.

Commentaire : on cite des chiffres, c’est très bien, mais pas la moindre analyse quant à cette discrimination en matière de culture entre la Région bruxelloise et la Région wallonne.

Or, nous savons l’importance qu’exerce la culture à notre époque dans toute société démocratique.

Quels sont les responsables politiques, sociétaux et culturels wallons qui vont s’élever contre cette tartuferie qu’est la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Dans le projet d’Intégration-Autonomie de la Wallonie dans la République française que préconise notre mouvement citoyen, les compétences de la Communauté française (appellation reprise dans la Constitution belge), qui concernent principalement la culture et l’enseignement, sont dévolues à la Région wallonne. Ce machin, comme l’aurait dit de Gaulle, qu’est la Fédération Wallonie-Bruxelles n’aura plus sa raison d’être, entraînant ainsi une économie d’échelle qui permettra à celles et ceux qui gouvernent la Wallonie d’accorder à nos concitoyens wallons de justes montants accordés à la culture. Et ceci ne doit altérer en rien les bonnes relations qui doivent exister entre la Région bruxelloise et la Région wallonne, bien au contraire.

Paul D.

Citoyenneté européenne en débat

On sait que la démocratie ne se réduit pas à la souveraineté nationale ou populaire. Elle est fondée sur le respect des droits de l’homme, de la personne humaine, dont la Révolution française a été l’initiatrice. Ainsi la citoyenneté européenne est-elle associée à la reconnaissance de droits fondamentaux qui permettent à chacun de s’engager dans un projet de vie aussi libre France-Europeet personnel que possible. Il y a là des principes essentiels à protéger, chacun devant savoir que sa vie lui appartient, mais pas celle des autres.

Il n’en reste pas moins que la politique se conjugue au pluriel et que l’exercice de la démocratie repose avant tout sur l’implication des citoyens dans un processus de décision collective : il est vital de laisser aux citoyens le pouvoir d’intervenir dans les grands choix de société. La référence aux droits de l’homme est essentielle mais elle ne suffit pas à clore le débat politique, à moins d’être instrumentalisée (on dira prudemment que la morale sert parfois de couverture aux forces économiques).

Abusivement confondue avec le règne de l’opinion, de l’audimat, de l’émotion, la démocratie reste un pari sur l’intelligence et le sens des responsabilités du plus grand nombre. Elle se nourrit de la confrontation des points de vue. Il n’y a pas de démocratie universelle ou désincarnée, elle ne vit qu’à l’intérieur d’un corps politique identifié. Dans le cas de l’Union européenne, il y a ce qu’on appelle un « déficit démocratique » : on attend de pouvoir en discuter les grandes orientations. Et de changer ce qui ne convient pas, dans un sens ou dans l’autre.

En ces temps incertains, voici deux points de vue assez différents sur l’Union européenne, exprimés en même temps dans le magazine français Marianne par des citoyens dont les références et les valeurs sont clairement ancrées à gauche : d’un côté, l’éditorialiste Jacques Julliard, un ancien du Nouvel Obs, plus jeune que Jean Daniel mais né quand même en 1933, l’année où Hitler devenait le maître de l’Allemagne ; d’un autre côté, de jeunes militants issus de la gauche radicale qui, tirant les leçons de la crise grecque, lancent un appel pour une autre Europe.

P.S. (comme post-scriptum) : Jacques Julliard commence par évoquer la « crise des réfugiés ». Question ultrasensible à laquelle nous ne pouvons pas nous dérober. Dans l’avenir, il ne faut pas s’attendre à voir faiblir la pression migratoire. A chacun son point de vue. A chacun sa France. A chacun ses doutes et sa conscience. Inévitablement, et pour beaucoup d’autres raisons, le vent du changement soufflera sur le monde. Qu’il nous suffise d’écrire ceci :

Si on veut que la France soit plus grande qu’elle-même; si on veut que la France rayonne en Europe et dans le monde; si on veut distinguer la France en en faisant le pays des Lumières et de la Déclaration des droits de l’homme, on doit forcément plaider pour une France ouverte et généreuse. Au-delà des convictions, c’est une question de cohérence.  Ce qui est vrai, c’est que cette France-là, pour exister durablement, doit retrouver confiance en elle-même et en son modèle d’intégration républicain. (G.R.)

julliard(…) L’affaire, qui ne fait que commencer, des migrants, nouvel épisode des relations entre l’Occident et le monde arabe, devrait nous convaincre que seule une Europe unie peut se donner les moyens d’être à la hauteur de sa nouvelle mission, et de son ambition d’être à la fois généreuse et solidaire. On peut bien déplorer les manquements de l’Europe, critiquer sa ligne économique. Ce journal ne s’en est jamais privé, mais a toujours affirmé que l’issue était vers plus d’Europe et non vers moins d’Europe. Avec pour base le lien franco-allemand : le plus grand acte révolutionnaire du siècle n’est pas la révolution russe, c’est la réconciliation franco-allemande.

J’en appelle aux souverainistes de gauche, parmi lesquels je compte de nombreux amis. Comment peuvent-ils combiner la solidarité nécessaire avec les peuples opprimés et l’égoïsme national, dont ils font leur religion ? Comment ne voient-ils pas que leurs assauts redoublés contre l’euro font d’eux, fût-ce à leur corps défendant, les fourriers du nationalisme de droite, c’est-à-dire du Front national ? Jacques Sapir, en proclamant la nécessité de l’alliance des deux nationalismes, vient d’avouer le fin mot de cette histoire. Nous sommes aujourd’hui devant un grand défi et un grand devoir : nous ne laisserons pas jeter à bas et détruire une généreuse vision du monde, une vocation universelle, la seule qui tienne aujourd’hui, héritée du christianisme et de la philosophie des Lumières.

Jacques Julliard

Lire l’intégralité de l’article sur le site du magazine Marianne.

Un autre point de vue sur l’Europe, inspiré par d’autres considérations :

Grexit(…) Pour les pays d’Europe, il y aura un avant et un après l’expérience Syriza au pouvoir.

(…) L’UE a révélé sa véritable nature, elle est un ensemble d’institutions qui permet au capital financier d’exercer sa domination.

L’euro est l’outil de cette neutralisation de la démocratie. (…) Comment pouvons-nous accepter que la gauche se résigne à appliquer une politique qui va encore aggraver la situation des classes populaires ?

Désormais, les mouvements qui veulent abattre l’austérité doivent prendre en compte cette donnée : la possibilité de modifier les traités est très faible. De ce fait, dans l’UE et dans l’euro, point de salut.

En conséquence, la souveraineté nationale doit être au cœur de tout projet de liberté et d’égalité. Aujourd’hui, l’État-Nation reste le seul cadre d’exercice de la souveraineté populaire, sans laquelle il n’y a pas de démocratie. C’est aussi le lieu principal où se concentre la lutte du peuple contre les puissances de l’argent.

Nous, partisans des forces contre l’austérité devons formuler un projet social et écologique qui réconcilie intérêt de la patrie républicaine et internationalisme authentique. L’internationalisme ce n’est pas le supranationalisme, c’est encore moins mettre en compétition les travailleurs de tout un continent les uns avec les autres. C’est au contraire la solidarité, et le soutien à toutes les luttes sociales qui s’expriment en Grèce, en Espagne et ailleurs.

Nous ne croyons pas à la rhétorique du repli sur soi, l’histoire prouve que la coopération est possible entre les nations en dehors du cadre supranational, comme le montrent les succès d’Ariane et d’Airbus.

Depuis des années, le projet européen, par son acharnement à détruire les nations, s’est rendu responsable de la montée des nationalismes qui ravagent notre continent. La France doit être libre pour accomplir son idéal d’égalité.

Le rêve de l’UE n’est plus : l’aspiration à la solidarité et à la protection a laissé place à une structure à l’ossature technocratique dont le bras armé est le néolibéralisme. (…).

Lenny Benbara, Arthur Contamin, Côme Delanery, Raphaël Audouard, Baptiste Peyrat, Simon Fulleda, Mélanie Tissier et Paul Zurkinden

Lire l’intégralité de l’article sur le site du magazine Marianne.

Perspectives de rentrée

Un éditorial de Georges-Henry Simonis

Colloque Prospective-Parlement Wallon-2014-11-27La rentrée scolaire s’est montrée  peu exaltante en matière de prospective  et de renouveau de l’enseignement francophone. La multiplicité  persistante des réseaux, les bâtiments scolaires, les cours de citoyenneté… On n’a pas eu le sentiment d’une année exceptionnelle, comme on pourrait le dire de certains millésimes de vins.

La rentrée politique qui s’annonce sera-t-elle d’un meilleur tonneau ?

Les problèmes institutionnels sont fermement muselés, et la primauté revient aux problèmes économiques. Toutefois, les deux aspects devraient se rejoindre à bref délai.

Quand ?  C’est encore la bouteille à encre : on s’agite du côté du CD&V, qui pourrait  parier sur un moins mauvais score en cas de nouvelles élections qui pénaliseraient la mouvance N-VA ; rien n’est moins sûr ! Peu de surprise à attendre de la part du MR, tout heureux d’être arrivé au pouvoir, et bien décidé à y rester, quitte à avaler encore  l’une ou l’autre couleuvre.

Mais, que ce soit pour la fin de la législature ou en cas d’élections anticipées, un peu de prospective institutionnelle et économique ne ferait pas de tort !

On ne peut que se réjouir de journées de réflexion comme celle que l’Institut Jules Destrée organise à Namur,  ce 11 septembre, sur le thème : « Quels enjeux de gouvernance pour la Wallonie ? « 

De même, celle de l’Alliance Wallonie France qui fêtera à Liège le 11 octobre, au Palais des Congrès,  le 70ème anniversaire du « Congrès National Wallon »  de 1945.

Un Mouvement Citoyen pour un rapprochement de la Wallonie vers la France s’enracine peu à peu. Au sein de l’A.W.F., une thèse emporte l’adhésion : autonomie et intégration. Une intégration franche à la République  garantissant à la Wallonie le maintien d’une autonomie certaine.

Il reste, pour l’A.W.F, à déterminer quels seront les contours et l’importance de cette autonomie. Elle devrait en tout cas clarifier les rôles et les organes du « mille-feuilles » institutionnel actuel, en supprimant certains échelons nettement « budgetivores ».

L’A.W.F. en appelle une nouvelle fois à un débat démocratique au sein des forces vives wallonnes et françaises, et spécialement à un débat au sein des différents partis politiques. Ceux-ci gardent un silence persistant. Les partis francophones disaient il y a quelques années : « en matière institutionnelle, nous ne sommes demandeurs de rien » !  C’était une grave erreur, et presque un aveu d’impuissance.

La réponse actuelle des politiques, par rapport au rattachement de la Wallonie à la France, c’est souvent, de manière lapidaire et simpliste : « La question n’est pas d’actualité » !

Au contraire, elle l’est  plus que jamais, et le sera  d’avantage encore lorsque les chiffres relatifs à l’insuffisance criante du budget wallon seront perçus par tous ! La vérité des chiffres fera presque oublier les avantages immédiats et non négligeables d’un rattachement à la France, comme par exemple le prix du kilowatt/heure, ou le coût des assurances, ou encore  le prix de la baguette de pain qui est 30% plus chère, et moins bonne, en Belgique qu’en France !

Il faudra aussi qu’en France, l’adjonction à la République des francophones de Belgique soit considérée comme un apport positif considérable et non comme une charge supplémentaire.

En Belgique, l’heure est au rassemblement autour de  cette analyse.  L’appel  s’adresse notamment à celles et ceux qui s’étaient impliqués dans une perspective électorale : celle-ci a fait long feu, et dessert la cause rattachiste  qu’elle prétend servir. Rassemblons-nous au sein de l’AWF, mouvement citoyen !

Le jour venu, pour qui voteront les partisans du rattachement de la Wallonie à la France ? Pour les partis, ou pour les membres d’un parti, qui leur auront donné des gages d’ouverture en ce sens.

Il est temps pour certains, qui sont convaincus, de « sortir du bois » et d’affirmer publiquement leur conviction ! Pour en débattre, bienvenue à tous au congrès ouvert à tous, membres ou pas, que l’Alliance Wallonie France  organise au Palais des Congrès de Liège le dimanche 11 octobre 2015.

 G-H S.                                                                                 Namur, 7 septembre 2015

Labellisé « post-national »

« J’ai toujours adoré la Belgique parce que c’est un pays post-national, beaucoup plus moderne que les autres. C’est fantastique qu’il n’y ait pas de sentiment national, c’est un melting-pot superintéressant. »

Traduction libre : ne dites pas que la Belgique est en sursis, on vit dans un pays visionnaire, en avance sur le reste du monde parce que la Belgique, en fait, cela n’existe pas, mais c’est formidable. Nicolas Vadot nous excusera de sourire aux propos qu’il a tenus dans un entretien qu’il a accordé au Vif/L’Express.

Allez, nous sommes heureux que Vadot, né d’un père français et d’une mère anglaise, ait choisi de s’installer chez nous, mais le caricaturiste attitré du Vif/L’Express ne doit pas se sentir obligé de caresser le nombril des Belges (car les derniers des Belges ont un nombril et, attention, il est très chatouilleux).

Vadot, N-VANon, vraiment, post-nationale, la Belgique ? Il doit aimer le surréalisme, notre ami Vadot. En fin connaisseur de la politique belge, il sait que la Belgique est dominée par un parti nationaliste dont les couleurs sont le jaune et le noir. Il est vrai que ce n’est pas un parti nationaliste belge, mais cela suffit-il pour faire de la Belgique un modèle « post-national », à supposer que la fin de l’Etat-nation soit réellement souhaitable ?

Si la Belgique n’est pas un véritable Etat-nation, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Au bout du chemin, il y a la N-VA. Maintenant, la Flandre, avec une identité forte, est en mesure de se constituer, elle, en Etat-nation, faisant de la Belgique une entité « post-nationale » en sursis. Pour maintenir la fiction de ce pays « fantastique » qui, sous une forme confédérale, pourrait se fondre à nouveau dans de grands Pays-Bas, la Wallonie devra sans doute aller de sacrifices en sacrifices, jusqu’à renier son appartenance à l’espace culturel français.

Honnêtement, cela nous fait réfléchir.

Vadot conclut par cette remarque enthousiaste : « En Belgique, il suffit de faire une heure de voiture pour se retrouver dans un autre univers. » C’est parce qu’il y a encore des nations. (G.R.)

Vadot, N-VA 2

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde