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Publifin : débattre ou se débattre

Secoué comme jamais par l’onde de choc Publifin, le PS annonce des mesures radicales pour limiter les mandats et plafonner sévèrement les rémunérations des cumulards. C’est le prix de la confiance à rétablir, mais certains mandataires ont l’impression de payer pour d’autres, et font de la résistance. Après tout, ce sont des hommes et des femmes de leur temps, sensibles à leur ego autant qu’à leur portefeuille, encouragés à s’exprimer sur les réseaux sociaux, sans chichi ni tralala. On avait presqu’oublié les confessions de Jacqueline Galant, et voici que l’émotion rebelle de Julie Fernandez-Fernandez fait résonner le net. Députée fédérale et échevine à Liège, elle se dit « renversée », « bouleversée », « salie » par ce nouveau scandale : renoncer à son salaire d’échevine alors que d’autres, au PS, pourront conserver jusqu’à 150 % de leur indemnité parlementaire. On dit les Liégeois frondeurs, mais ce n’est sans doute pas cette façon de prendre à témoin le monde entier pour réclamer justice, en pleurant (selon ses mots), qui va ramener la culture du débat dans un parti depuis longtemps cadenassé.

Pourtant, un débat sur les tenants et aboutissants de l’affaire Publifin est possible, à en juger par ces deux points de vue exprimés sur le site du Vif/L’Express.

L’enjeu du « scandale » Publifin : assassiner les peuples au nom de la défense de la démocratie

Publié le 28 janvier 2017.

Guy Martin réagit à la carte blanche publiée par Eric Jadot et François Gemenne (voir ci-dessous). Pour lui, « laisser les intercommunales aux mains ‘du privé’ dans un système néolibéral c’est l’histoire d’Arcelor Mital, de Caterpillar… et de bien d’autres entreprises fermées aujourd’hui parce que rentables mais pas suffisamment pour le profit des actionnaires. »

Nous sommes ici, à mon estime, au cœur de la campagne contre Nethys : le conflit entre les partisans d’une thèse des secteurs stratégiques aux mains du public et ceux qui pensent que le privé prend tout ce qui rapporte et laisse aux intercommunales ce qui est d’intérêt public et n’est pas rentable… En discréditant Publifin on pousse les communes et la Province à revendre l’outil.

Or, laisser aux mains « du privé » dans un système néolibéral c’est l’histoire d’Arcelor Mital, cuivre et zinc, de Caterpillar, … et de bien d’autres entreprises fermées aujourd’hui parce que rentables mais pas suffisamment pour le profit des actionnaires.

Si le secteur public n’était pas intervenu il n’y aurait plus d’industrie à Seraing (CMI Cockerill) à Herstal (ex-FN Herstal) et dans bien d’autres villes de Wallonie.

Laisser à Monsanto le monopole des graines, c’est donner le droit aux très riches de couper les vivres lorsque les peuples ne font pas ce que les très riches ont décidé dans leur intérêt exclusif.

Laisser « au privé » le monopole de secteurs stratégiques (l’électricité par exemple ou l’information) c’est offrir aux très riches le droit de couper le robinet parce que les choses ne se passent pas dans leur intérêt. C’est offrir aux très riches le droit de donner aux peuples les informations manipulées dans leur seul intérêt.

Donner « au privé », les activités rentables et ne plus laisser aux intercommunales que ce qui ne peut pas rapporter, c’est donner le droit aux très riches de fournir du travail ou pas aux travailleurs.

C’est soutenir la guerre que les très riches mènent aux peuples (pour reprendre l’expression des sociologues Pinçon et Charlot) pour s’enrichir encore plus.

Dans une société néolibérale débridée le capitalisme public est le seul garant de l’intérêt des peuples.

Quand en plus on diffuse des informations tronquées, (Nethys s’enrichit avec le prix de l’électricité alors que celui-ci est fixé par une instance externe et que Nethys est un des acteurs parmi les moins coûteux de Wallonie, Ethias est mal gérée alors qu’elle dégage en 2016 une marge de 400 millions, ne pas reconnaître que le regroupement des intercommunales dans Publifin a réduit considérablement le nombre d’administrateurs et donc la charge financière, prétendre que la structure est opaque alors qu’il suffit de lire l’Écho de la Bourse depuis 2012 pour avoir toute l’information sur la structuration même si un effort de pédagogie devrait être réalisé par les responsables, parler de salaires hors normes alors que le salaire de PDG « privés » est 20 à 50 fois supérieur et ce n’est pas Nethys qui a inventé le néolibéralisme …).

C’est une erreur et une faute.

Une erreur parce que tôt ou tard le mensonge est toujours découvert.

Mais surtout, c’est une faute. Une faute parce qu’elle nuit gravement à l’initiative industrielle publique dans un contexte néolibéral extrêmement concurrentiel et elle nuit à la démocratie.

C’est à mon estime une faute bien plus grande que celle de quelques membres de comités de secteurs qui ont reçu de l’argent sans travailler. Et ce dernier fait est une faute morale inacceptable, d’autant qu’elle s’inscrit contre les valeurs qui sont défendues.

Voilà, à mon sens, le vrai visage de ce que d’aucuns appellent le « scandale Publifin ». C’est le soutien au néolibéralisme en faisant croire qu’on le combat.

Mais, cela s’inscrit dans la logique du temps, comme le pacte d’excellence dans l’enseignement qui propose de transformer le statut de l’école publique en asbl… structure de droit privé.

Publifin-Nethys : une révolte démocrate pour sortir de l’indécence

Publié le 24 janvier 2017.

Une carte blanche de François Gemenne, chercheur en sciences politiques à l’université de Liège et à Sciences Po Paris, et Eric Jadot, conseiller communal indépendant à Herstal et ex-parlementaire fédéral Ecolo.

Tant qu’il n’y aura pas de commission d’enquête au parlement wallon, tant que les responsables du système resteront en place, tant que les communes actionnaires ne se retourneront pas contre Publifin et Nethys en exigeant des démissions, rien ne bougera.

Depuis les révélations de l’affaire Publifin, beaucoup à Liège tentent de temporiser : Nethys représenterait 3.000 emplois dans le bassin liégeois, parler de système de type mafieux abîme l’image de Liège, il faut se garder d’être excessif, car il n’y a pas mort d’homme, et on risque d’abîmer l’outil – comme si nous sabotions des conduites de gaz. Et ceux qui lancent l’alerte seraient inconscients des réalités économiques, ou les complices d’un complot dirigé contre Liège – passons sur le fait que nous sommes tous deux Liégeois.

Et c’est précisément parce que nous sommes mus par l’intérêt des Liégeoises et des Liégeois que nous pointons les pratiques de type mafieuses de Publifin et Nethys. Et c’est précisément parce que nous avons à cœur le développement économique de la ville et de sa région que nous souhaitons contribuer à la réforme de ce système de fond en comble. Plus d’un mois après les premières révélations, malgré le concours de bonnes intentions auquel se livrent les uns et les autres, ni Stéphane Moreau (PS), ni André Gilles (PS), ni Georges Pire (MR) n’envisagent de démissionner des différentes sociétés à capitaux publics qu’ils pilotent. Seule la position du ministre Furlan paraît aujourd’hui difficilement tenable.

Des motions communales exigeant des têtes

Nous le disons avec force : tant qu’il n’y aura pas de commission d’enquête au parlement wallon, tant que les responsables du système resteront en place, tant que les communes actionnaires ne se retourneront pas contre Publifin et Nethys en exigeant des démissions, rien ne bougera : aucune réforme profonde du rôle des intercommunales, ni du mode de rémunération des mandataires publics, ne pourra avoir lieu. Et cela nous est insupportable. Une motion dans ce sens sera déposée par le second signataire de la présente au prochain conseil communal d’Herstal. Puissent beaucoup d’autres communes faire de même.

On nous a reproché de ne pas penser aux quelque 3.000 travailleurs de Nethys. C’est indécent. C’est indécent, parce que cela sous-entend que ces emplois sont le fait de malversations, et que ces malversations sont nécessaires au maintien de l’emploi. C’est une insulte pour tous les travailleurs de Nethys et ses filiales. Et leurs emplois existent non pas grâce à Nethys, mais parce qu’ils remplissent une mission de service public : en premier lieu, la distribution de gaz et d’électricité. Faire croire que Nethys est une réussite « exceptionnelle » est indigne : Nethys assure avant tout une série de services publics (distribution de gaz, d’électricité, de services de télécommunication, etc.), et les bénéfices engrangés le sont avec les redevances payées par les contribuables.

Nethys étouffe l’initiative privée

On nous a reproché de vouloir mettre à mal tout projet industriel public en région liégeoise. Nous disons simplement que les intercommunales n’ont pas pour mission d’investir l’argent des contribuables dans des investissements à risque. Les intercommunales n’ont pas pour vocation de concurrencer le secteur privé. Et Nethys se comporte comme une entreprise 100% privée : c’est un détournement de son objet social, et une privatisation de l’argent public. Et le développement de Nethys s’est souvent fait au détriment de l’initiative privée : depuis une semaine, nous recevons des dizaines de témoignages d’entrepreneurs ou d’acteurs du monde associatif ou économique qui ont été victimes de menaces, de pressions ou d’extorsions parce que leur projet contrariait les intérêts de Nethys.

On nous a reproché de faire le lit du populisme, en accréditant la thèse du « tous pourris ». C’est le monde à l’envers. Et c’est une insulte envers tous les militants socialistes, libéraux, et chrétiens-humanistes qui partagent notre indignation. Ce qui fait le lit du populisme, ce sont précisément les agissements des mandataires de Publifin, et le déni de réalité dans lequel beaucoup – mais de moins en moins, espérons-le – s’enferment aujourd’hui. Ce sont eux qui cassent la démocratie, pas nous.

Pouvoir d’intimidation

Enfin, on nous a reproché d’exagérer en qualifiant le système Publifin de type « mafieux », de tenir des propos non scientifiques, non étayés par des preuves. L’article 416 bis §3 du code pénal italien définit une association de type mafieux comme « une association dont les membres utilisent le pouvoir d’intimidation tiré des liens d’appartenance et l’atmosphère de coercition et de conspiration du silence qui en résultent pour commettre des infractions, pour acquérir le contrôle direct ou indirect d’activités économiques, (…) ou recueillir des bénéfices ou des avantages injustifiés pour eux-mêmes ou pour autrui. » C’est exactement de cela qu’il s’agit. Et c’est cela qui doit cesser. Pour la démocratie, et pour le développement économique du bassin liégeois.

Vœux pour 2017

Par Paul Durieux, président de l’AWF

Chères Amies, chers Amis, chers Sympathisants et Citoyens wallons,

La période des vœux est un moment propice pour penser à celles et ceux que l’on aime. Comme il est de tradition, j’ai voulu attendre les kroll-2017vœux de  Pierre Kroll afin de les partager avec vous. Il est vrai que si les djihadistes décidaient à travers le monde de finir en beauté en se transformant en feu d’artifice seuls dans leur petit coin pour aller rejoindre les mille vierges qui les attendent, ils se feraient un bien beau cadeau.

Ils nous éviteraient de revivre les heures sombres de 2015 et 2016 qui restent bien en nos mémoires tant en France que chez nous.

J’y ajouterai la santé, notre bien le plus précieux. Sans elle, nous nous sentons bien dépourvus. A ce niveau, l’année 2016 se sera acharnée sur plusieurs membres de notre Conseil Général et en écrivant ces lignes, je pense bien à elles et à eux.

J’y ajouterai notre volonté de voir en 2017 la société wallonne exiger de ses dirigeants  d’adopter des lois qui les contraignent à gouverner avec une éthique d’acier. Dès la création de notre mouvement, nous nous élevions contre la particratie et l’hypertrophie politico-administrative du monde politique wallon. Aujourd’hui, avec les affaires « kazakhgate » et « publifin », nous avons atteint des sommets tant au niveau fédéral que régional. 2017 doit voir s’évanouir des pratiques qui éloignent de jour en jour le politique du citoyen tout en ouvrant la porte à des partis extrémistes.  Il en va de même pour les grandes multinationales qui continuent à éluder un impôt juste grâce aux paradis fiscaux et aux innombrables niches qui s’offrent à leur cupidité.

Il est inacceptable que le fossé entre classes moyennes ou pauvres et quelques centaines  de milliardaires ne fasse que se creuser. Je vous souhaite pour 2017 de vivre dans un monde plus juste, apaisé et  humain.

Enfin, je formule le vœu que 2017 voie la Wallonie maîtresse de son destin et puisse étudier le projet d’intégration-autonomie dans la République française. Il appartiendra à tous les décideurs wallons, politiques, économiques, sociétaux et environnementaux, mais aussi à chaque citoyen, de prendre le dossier de notre avenir sans a priori.

L’année nouvelle est aussi propice au bilan de l’année écoulée et aux perspectives pour l’année qui vient.

Bilan de l’année 2016

Malgré les difficultés rencontrées (voir ci-dessus), notre mouvement citoyen présente un bilan plus que positif. Les chiffres suivants en témoignent.

1) Notre site bat ses records avec 68 756 visites (55 352 en 2015), 105 blogs qui nous suivent (92 en 2015).

2) Notre page « Facebook » progresse également avec 703 mentions « J’aime votre page » (647 en 2015).

3) Notre nombre de membres progresse  aussi  bien dans le groupe « membres déclarés » que dans le groupe « membres désirant la confidentialité ». Merci aux nouveaux membres, mais aussi à celles et ceux qui nous ont renouvelé leur confiance en 2016.

Outre ces chiffres, 2016 a vu les activités suivantes :

a) Le 21 mars, sous l’égide de Paul Mélot, conférence-débat à l’université de Louvain-la-Neuve avec le thème : « Suppression de la Communauté française : un pas vers la France ? »

Nous avions été interpellés par les déclarations régionalistes des députés wallons Jean-Luc Crucke, Jean-Yves Jeholet, Christophe Collignon, Pierre-Yves Dermagne, Nicolas Martin, propos relayés par Thierry Bodson, secrétaire de l’interrégionale wallonne de la FGTB.

Nous invitions dès lors Ms Crucke, Collignon et Bodson à venir développer leurs idées dans un terrain où nous n’avions jamais mis les pieds : l’U.C.L. ! Nous lancions également l’invitation à M. Jules Gazon pour le volet économique et au journaliste Robert Neys comme modérateur.

Résultat : déception car les deux députés wallons et le syndicaliste s’en tinrent à employer la méthode Coué pour exprimer tout le bien qu’ils pensaient de la disparition de la Communauté française, les compétences de celle-ci passant à la Région. Ils zappèrent complètement l’aspect « un pas vers la France ». Heureusement, l’économiste Jules Gazon fut là pour étayer une véritable analyse et Pierre Hazette, présent dans la salle, put dire à M. Crucke tout le mal qu’il pensait d’une attitude où on se voilait la face devant la position hégémonique durable de la Flandre. Depuis cette conférence, nos régionalistes ont adopté le silence radio après ce qui n’aura été qu’effet d’annonce sans lendemain…

b) 3 mai 2016 : conférence de Madame Catherine Lanneau, historienne chargée de cours à l’ULG sur le thème : « La réunion à la France – histoire et actualité ».

Madame Lanneau fut brillante dans son exposé. Un seul regret : vu les problèmes que nous connaissions avec l’avalanche de malades, les membres de l’AWF n’avaient pas été invités à cette conférence, ce qui explique que le nombre de participants ne fut pas à la hauteur de nos espérances et des efforts de Louis Nisse qui avait été l’organisateur principal.

c) 4 juin 2016 : conseil général extraordinaire au Palais des Congrès de Liège : l’AWF recevait Jacques Lenain.

Celui-ci nous rendait compte des rencontres qu’il avait eues avec le constitutionnaliste Didier Maus. Ce dernier avalisait le projet d’autonomie-intégration. Il exposait d’autre part les réponses qu’avait obtenues des centres d’études des partis de pouvoir, un étudiant dont le mémoire de fin d’études envisageait le degré d’intégration possible de la Wallonie dans la République française. Ce conseil général se termina par un vote à l’unanimité moins une voix par lequel l’AWF s’inscrivait dans le projet d’intégration-autonomie amené à renforcer ET la France ET la Wallonie.

d) 5 octobre : conférence-débat à Lodelinsart sous l’égide de Georges-Henry Simonis,  précédée par une conférence de presse à la Maison de la Presse de Charleroi. Les invités en étaient Veerle Wouters et Hendrik Vuye, co-présidents du centre d’études N-VA sur le confédéralisme « Objectief V ». Sonder leurs objectifs, mais surtout pousser les deux députés dans leurs retranchements étaient l’objectif de l’AWF. Malheureusement, Wouters et Vuye entrèrent en conflit avec la direction de leur parti et le projet de conférence-débat ainsi que la conférence de presse avortèrent.

e) 20 novembre 2016 à Namur : après débat, vote à l’unanimité moins une voix d’une opération en rapport avec l’élection présidentielle française de 2017. Nous aurons l’occasion de vous en reparler dans le courant du mois de février.

Perspectives pour l’année 2017

a) Edition d’un nouveau dépliant de huit pages auquel nous sommes en train de travailler. Sa sortie est programmée pour fin mars.

b) Opération en rapport avec l’élection présidentielle française.

c) En collaboration avec Jacques Lenain, faire connaître à des membres de centres d’études de parti dans un premier temps, puis aux responsables sociétaux et au citoyen wallon dans un second temps, en quoi consiste l’intégration-autonomie de la Wallonie dans la République française.

d) Réalisation de vidéos que nous mettrons sur Youtube. Celles-ci nous permettront de vulgariser notre projet et d’atteindre un public plus large.

e) Préparation de notre Assemblée Générale Ouverte qui se déroulera le samedi 21 octobre 2017 au Palais des Congrès de Liège, soit 72 ans, jour pour jour après le Congrès wallon de 1945 dont nous sommes les héritiers. En concordance avec nos statuts, élection de la présidence et des membres du Conseil Général. Nous aurons bien sûr l’occasion de vous en reparler dès après l’élection présidentielle française.

Renouvellement de votre adhésion à notre mouvement citoyen

Devenir membre ou renouveler sa qualité de membre de l’AWF

 A la demande de membres, notre CG a décidé de vous proposer deux modes de cotisation.

1. Soit par un ordre permanent, vous versez 1, 2, …5…, 10 €/mois ou plus selon vos moyens sur un de nos deux comptes, ce qui élimine les oublis et les fastidieux rappels de cotisation. Bien sûr, nos n° de compte ne changent pas. (Dans ce cas, veuillez indiquer O.P. en communication.)

Pour rappel le n° de compte IBAN de l’AWF est : BE26068244993129 – BIC : GKCCBEBB, 22, Rue Fêchereux à 4130 Esneux.

Soutenir l’AWF de façon anonyme subsiste au n° BE55088240700744 -BIC : GKCCBEBB, 22, Rue Fêchereux à 4130 Esneux. Vous pouvez être certain que la confidentialité de votre versement sera respectée.

2. Soit en versant comme par le passé votre cotisation pour l’année.

Cotisation ordinaire : 24 €/an.

Cotisation réduite : 12 €/an (allocataires sociaux, étudiants, retraités, membres d’une même famille).

Cotisation de soutien : à partir de 30 €/an.

Nous espérons que vous continuerez à nous faire l’honneur de votre confiance en 2017. Quant à vous qui êtes sympathisant, vous nous feriez un merveilleux cadeau en devenant membre de notre mouvement citoyen. Quant à vous qui avez déjà versé votre cotisation (N.B. : un versement en décembre 2016 est considéré comme versement pour l’année 2017), soyez tout simplement remercié.

N.B. : n’oubliez pas d’indiquer votre adresse postale en communication de votre versement afin que notre trésorière puisse vous envoyer votre carte de membre et ce qui l’accompagne dans les meilleurs délais.

Publifin : le début d’une révolution ?

Par Paul Mélot

Suite à mes billets d’humeur, un de mes amis a récemment publié des commentaires tentant à démontrer qu’existe un grand complot contre PUBLIFIN… et que, tout en reconnaissant du bout de la langue les exagérations relatives aux jetons de présence-absence, il trouvait mes termes  excessifs. J’ai, et je maintiens mes propos, qualifié certains mandataires de concussionnaires corrompus !

Un nouveau démissionnaire, après EMONTS, MANZATO…, Claude PARMENTIER, qui n’est en rien un second couteau comme les autres, vient de faire un « aveu » qui sent la bombe à fragmentation à retardement à plein nez… MANZATO était le président de la Fédération PS Huy-Waremme. D’autres présidents de fédérations devraient commencer à s’inquiéter…

Explications : pour rappel, revenons à l’existence du décret wallon anti-cumuls que PS, CDH, MR entendaient revoir il y a vraiment peu de temps mais qui a subi depuis un rétropédalage extraordinaire de la part des mêmes qui se rendaient compte des dégâts qu’ils allaient faire dans l’opinion publique, pas seulement wallonne (ouille DE WEVER …). Cette existence, donc, dérangeait au plus haut point un certain nombre de mandataires de tous niveaux. Pourquoi ?

L’instauration d’incompatibilité de mandats de directeur d’intercommunale avec celui de bourgmestre ou d’échevin pour éviter tout conflit d’intérêt (les mêmes s’auto-contrôlant) mettait en grande difficulté le bourgmestre d’Ans et directeur chez TECTEO, pour faire bref.

Un grand écart fut trouvé par les stratèges et approuvé par les responsables liégeois du CDH, du PS et du MR, il faut bien le rappeler. L’ex ALE-ALG, TECTEO, VOO, etc…, intercommunale pure, fut divisée en plusieurs morceaux : 1) création de PUBLIFIN, restant intercommunale pure; 2) création de FINANPART, structure intermédiaire à laquelle 3) NETHYS, société PRIVEE, devait rendre des comptes.

Tout cela en faisant main basse sur des fonds de pensions publics… Opération dénoncée à juste titre, en son temps, par les syndicats.

Donc, au départ d’une intercommunale PURE, on créait des entités nouvelles, dont l’une, purement privée (Nethys), permettait à une personne de contourner le décret, puisque devenant  chef d’entreprise privée… Ceci allait permettre, entre autres, par après, de racheter consécutivement les Editions de l’Avenir – qui furent précédemment propriété de l’Evêché de Namur – et de racheter également le journal NICE MATIN. On voit tout de suite l’exceptionnel rapport entre l’économie wallonne et un journal méridional ! Et la plus-value que pouvait bien rapporter cette gazette éloignée de plus de mille kilomètres ! Je peux blaguer, tout de même !

Il faut bien encore une fois rappeler l’exceptionnelle récolte que faisaient les partis liégeois PS, MR, CDH : chacun y trouvait son compte, voyons ! Je te tiens tu me tiens par la barbichette, air connu. Donc, chacun y plaçait ses mandataires. Avec la bénédiction, si l’on peut dire, des présidents de partis, tant fédéraux (DEMEYER, BACQUELAINE, PIRMOLIN) que « nationaux » (DI RUPO, LUTGEN…).

Ainsi a-t-on créé et multiplié des comités aussi inutiles que non-décisionnels pour lesquels les heureux participants récoltaient des  royalties … sans être présents… Ceci est la très récente actualité. 

Mais avec la démission dudit PARMENTIER, un nouvel étage à la fusée intersidérale vient de voir le jour.

Explication : la Loi belge ( celle du parlement, pas celle des baronies locales) limite à tout mandataire local, régional, fédéral et aux grands commis de l’Etat, le plafond de gains publics à une fois et demie l’indemnité parlementaire.  PARMENTIER vient de faire une démonstration extraordinaire de l’ingénierie politique. Sa justification : sa participation dans NETHYS est PRIVEE. Donc n’entre pas dans le compte de la Loi… (exactement comme un bourgmestre,vétérinaire ou un échevin, avocat, ou un président de CPAS, enseignant, à titre privé ne relèvent  pas, à juste titre, de ce cas).

Comprend-on la chose:

1) je suis membre d’une intercommunale, mandaté par ma commune, mon CPAS ou ma province.

2) cette intercommunale me balance dans « sa » société privée.

3) jackpot ! 

4) banco: avec l’argent public, je joue privé.

H O R R I B L E  !

Donc, PARMENTIER,  par ailleurs chef de cabinet-adjoint démissionnaire du ministre FURLAN est le fusible qui saute. Y aura de la joie, demain mercredi, au parlement wallon, où le MR va réclamer la démission du ministre socialiste, alors que son propre parti a admis et profité de la combine.  FURLAN  sera évidemment soutenu, majorité wallonne oblige, par le CDH qui lui-même a admis et profité de la même combine. Pas  un peu hypocrite, l’affaire ?????

Que faut-il déduire de tout cela? D’abord que les partis qui dénoncent le populisme sont évidemment ceux qui le construisent. Dégâts (irréversibles?) dans l’opinion publique…

Que les grands chefs (DI RUPO,…), sous peine de se discréditer complètement, doivent mettre les mains dans le cambouis : comment? Faire démissionner tous les corrompus, à tous niveaux et rembourser les sommes de la corruption à l’intercommunale. Ne pas leur permettre de se représenter aux prochaines élections. Obliger les présidents des fédérations concernées (DEMEYER, BACQUELAINE, PIRMOLIN) à faire modifier les statuts pour empêcher toute récidive  et faire en sorte que NETHYS, extirpant les scories (Avenir, NICE MATIN, etc…) retrouve un statut PUBLIC, sans quoi ils s’exposent eux-mêmes directement à la démission (rappel : ils ont « couvert » toutes les opérations, rien ne s’est fait sans leur accord).

Si les grands chefs (DI RUPO…) ne procèdent pas de la sorte, ils seront inévitablement assimilés aux autres concussionnaires corrompus! C’est le prix à payer pour que l’opinion publique maintienne sa confiance dans les pouvoirs publics.

Que faut-il faire en sus ? Réexpliquer le rôle essentiel des intercommunales dans lesquelles il faut investir pour les services que le citoyen a le droit d’obtenir. C’est tout le contraire d’une attaque du système que les poujadistes vont faire sans aucun doute. Heureusement que le front national n’existe pas ici ! On voit d’ici tout le parti qu’il en tirerait…

Encore une chose: j’agis en homme LIBRE, en conscience, dénonçant la gabegie et l’hypertrophie d’une CERTAINE administration, au sens large. La Wallonie vaut mieux que tout cela! J’y crois! Je ne roule pour personne, je ne roule contre personne. Simplement, pour le respect de la démocratie.

2037

Par Georges-Henry SIMONIS

L’association du Grand Liège fête ce samedi 21 janvier 2017 ses 80 ans en choisissant de tenir au Palais des Congrès une journée de réflexion prospective sur ce que sera Liège dans vingt ans.

C’est assurément chose salutaire, même si les enjeux concerneront nos enfants et petits-enfants : vingt ans, c’est vite passé !

Je souhaite donc bon anniversaire à LIEGE, en souhaitant qu’il reste le plus « grand » possible en tant que métropole de l’est de la Wallonie.

Dans mon petit livre sur l’avenir de la Belgique *, je livre une réflexion sur les grandes métropoles émergentes, ces capitales régionales qui formeront l’Europe de demain. Liège en fait assurément partie.

Et je ne peux m’empêcher de penser que, plus à l’ouest, CHARLEROI a aussi sa place comme autre métropole wallonne.  Ce serait un risque et une erreur d’opposer ces deux bassins qui partagent une culture historique commune très ancienne, bien antérieure à Cockerill-Sambre et à l’époque des charbonnages du sillon Sambre et Meuse…

Certes, de manière coupable, l’état belge a incroyablement tardé à réunir les deux métropoles de Wallonie par cette autoroute Liège-Charleroi maintenant prolongée de Verviers à Tournai, ossature routière de la Wallonie, comme devrait le redevenir un chemin de fer moderne et européen entre Cologne et Paris !

Il n’est pas sans intérêt de rappeler que depuis le Traité de Verdun  de 843 qui partageait  l’empire de Charlemagne, les racines de Charleroi sont profondément ancrées en terres principautaires : Marchienne, Marcinelle, Châtelet, Thuin, Lobbes, Jamioulx, Philippeville, Mariembourg, Couvin… Toutes ces communes faisaient partie de la principauté de Liège.

Aussi, constatons que l’avenir de Liège, c’est aussi l’avenir de la Wallonie toute entière.

L’économie wallonne continue de se renforcer peu à peu, comme vient de l’écrire tout récemment l’économiste Philippe Defeyt (Le Vif du 16.1.17), au prix d’assainissements nécessaires (les intercommunales…) et de réformes institutionnelles indispensables  (le mille-feuille institutionnel, les provinces, le sénat…).

Le soleil se lèvera t’il sur la Wallonie ? Espérons avant 2037 !

J’ai en tout cas l’espoir que « le grand Liège » soit un signal positif de plus pour cette Wallonie que nous aimons et pour laquelle nous avons quelques projets… Restons assoiffés d’azur…

Bon anniversaire au « Grand Liège », et à toute la Wallonie !

* « L’après-confédéralisme belge », préfacé par Pierre Hazette, ancien ministre, sur l’avenir du Mouvement flamand et sur la Belgique de demain. Disponible à la librairie Molière à Charleroi ou chez l’auteur : simonisgh@gmail.com (60 pages, 8€ ou 10 si envoi postal à l’adresse indiquée).

Régionaliser la justice ?

Par Georges-Henry Simonis

En revenant de France après quelques jours d’oxygénation physique et mentale.

La route est grise, froide et neigeuse. Je ne peux m’empêcher de me focaliser sur la campagne présidentielle : « notre » campagne, puisque, chez nous, il n’y en a pas… J’admire les intervenants, candidats, journalistes, experts plus ou moins patentés. Aujourd’hui, sur France Inter, c’est Benoît HAMON, dont j’avais lu les propos de campagne dans Libé, mais dont j’ignorais le son de la voix. J’ai été complètement « scotché » durant 100 kilomètres au moins par la qualité des propos… C’était magnifique. D’autres prétendants le sont aussi. Je suis impressionné par la qualité du verbe, et aussi, souvent, par l’audace des réflexions. La démocratie ne se limite pas à ces débats de circonstances, mais ils lui contribuent largement…

Retour en Belgique.

On le perçoit de suite : des trous dans la route, finies les belles lignes blanches qui balisent les routes françaises… Le contournement de Couvin progresse, mais surtout du côté français… La RTBF remplace France Inter. Retrouvailles : Devos & Lemmens, le café serré, les accents belge et bruxellois…

Le lendemain, épluchage de la boite de réception des courriels.

Tous les vœux reçus pour 2017, bien sûr… 

Puis, de l’actualité juridique :  

1. Stupeurs et tremblements face aux errements de procédure du Ministre Franken

Du référé pour contrecarrer un arrêt de cour d’appel, de l’unilatéral quand on peut faire du contradictoire, le plaideur qui choisit son juge (bien flamand et de la couleur politique requise), un changement de langue pour s’offrir une nouvelle chance de succès judiciaire…

Sur le site des magistrats, l’émoi général est évidemment légitime et justifié. Les juristes les plus honnêtes y perdent leur latin… « C’est à n’y rien comprendre ! », ou « C’est la fin de l’Etat de droit en Belgique », ou encore « C’est du Erdogan qui avoue se moquer des décisions judiciaires »… Pourtant, est-ce bien une surprise ?

« Faut-il régionaliser la justice ? », se demande un magistrat…

2. L’après-confédéralisme belge

C’est le titre de la petite plaquette que je publie sur l’avenir du pays : l’esprit du Vlaams Volks Beweging, le mille-feuilles institutionnel belge, le silence des francophones et de leurs partis, les solutions de rechange pour la Wallonie et pour Bruxelles… La dernière phrase de mon livre : « La scission du pays est à nos portes »  

Je pense qu’il y a un pas que certains, de plus en plus nombreux,  commencent à oser franchir.

3. La régionalisation est déjà bien en marche    

Renvois en Cour d’Assises : la fracture entre le Nord et le Sud, titre Le Soir du 12/01/17 ( J’ai déjà dit ma préférence pour la procédure française pour les Assises, qui ne sera jamais adoptée en Belgique…)

Aide à la Jeunesse : le droit est déjà largement régionalisé depuis plusieurs années.

Exécution des peines : domaine largement régionalisé, au risque d’incohérences entre juges et maisons de justice.

Droit de la circulation  :  on annonce la fin de l’IBSR, Institut belge de Sécurité Routière, et son remplacement par un nouvel organe.  (J’espère qu’il aura le sens de la prévention et pas uniquement celui de la répression…)

Aide aux Victimes : la régionalisation est bien en cours au sein des Maisons de Justice qui sont déjà régionalisées. J’espère que l’on s’inspirera des travaux et de l’expérience de l’INAVEM français ( Institut d’aides aux victimes) qui a vingt ans d’avance sur la Belgique et des moyens financiers d’indemnisation des victimes bien plus considérables, rapides et efficaces.

A quand la Régionalisation des prisons, que l’on ose encore imaginer d’un autre type que celui de Haren qui nous est imposé ? De nouveaux établissements conçus pour la prévention, avec des ateliers, de la formation, de l’aide à la réinsertion…Peut-on rêver? Dossiers à suivre !

4. Trop de détentions préventives en Belgique 

Le constat reste accablant depuis 40 ans au moins ! Je retiens  de mon expérience de 5 ans en Chambre du Conseil que le système ne fonctionne pas assez bien notamment en raison de la proximité entre les juges de cette juridiction et les juges d’instruction. De l’encre a déjà longuement coulé sur la suppression du modèle de juge d’instruction que nous connaissons, au profit de solutions « à l’italienne », avec un juge des libertés seul maître à bord pour les incarcérations.

Je pense aussi, paradoxalement, qu’une prolongation du délai de garde à vue de 24 à 48 heures, « à la française », serait de nature à diminuer les détentions préventives abusives faute de temps suffisant pour permettre un diagnostic sérieux sur le caractère nécessaire et indispensable des privations de libertés. On use souvent d’un remède, aléatoire, sans disposer d’un diagnostic sérieux !

J’ai bien aimé la réponse de Manuela Cadelli, présidente de l’Association Syndicale des Magistrats, à qui on demande quelles sont les solutions alternatives à la détention préventive (Le Soir 10.01.2017) : la probation. Elle précise :  « Des choses contraignantes mais qui sont là pour remédier au problème détecté à l’occasion du passage à l’acte ». Je me réjouis vivement de cette profession de foi, abolitionniste (n’ayons plus peur des mots), qui est la mienne depuis des années après lecture de Louk Hulsman in illo tempore (« Peines perdues »),  qui peut relégitimer l’ensemble du droit répressif et, peut-être, donner à la justice un souffle nouveau. Surtout si elle est bien expliquée et comprise par la population, comme l’ont été les importantes réformes pénitentiaires scandinaves, bien accueillies par l’ensemble des citoyens.

5. Maisons de justice et probation

On n’a sans doute pas assez bien perçu l’importance de l’émergence des Maisons de Justice au sein de notre paysage institutionnel. A Charleroi, où j’ai l’honneur de présider la commission de probation, la maison de justice compte pas moins de 75 agents ! Au début de ma carrière, il y avait trois agents de probation !  Il y va de nouvelles pistes d’action et de réflexions non encore abouties, comme l’expose brillamment une étude de Madame Alexia JONCHEERE, publiée par la Revue de Droit Pénal et de Criminologie de 2016 (« L’activité des commissions de probation dans le cadre de l’exécution des peines »).

Elles précèdent ce qu’annonce depuis des temps immémoriaux l’avènement d’un véritable Tribunal d’Application des Peines, chargé de définir individuellement les modalités précises des peines, en remplacement ou en complément des pratiques machinales des services d’exécution des peines des différents parquets. Il y faudrait aussi des magistrats spécialisés…

Il y a plus de 30 ans, j’avais fait un stage au sein du Tribunal d’Application des Peines de Paris… Il est grand temps de s’y mettre chez nous, et sans doute de régionaliser… Il serait utile de créer plus de liens entre les Maisons de Justice et les juges en prévoyant des lieux et des temps de concertation entre les différents acteurs.             

Lettre à Paul Furlan

Monsieur le Ministre,

Je partage vos inquiétudes et votre volonté d’y voir clair dans le dossier « Publifin ». Toutefois, je ne peux cautionner vos propos relatifs au conseil donné aux mandataires concussionnaires de garder l’excédent de ce qu’ils ont reçu, impôts décomptés, plutôt que de verser à des œuvres. En effet, il me semble que la seule issue possible, afin de garder – un peu- de dignité – est bel et bien de reverser ces sommes à l’intercommunale. Ceci pour éviter que ces mandataires récoltent des crédits d’impôts, suite à des libéralités. L’argent des intercommunales est l’argent de tous ! Je continue à défendre inconditionnellement les intercommunales, mais pas les abus. Je SAIS que ce qui s’est passé chez PUBLIFIN se passe également ailleurs !!!!!. Je me permets d’attendre de vous que vous y mettiez fin ! Et je vous en remercie.

Avec mon respect,
Paul Mélot,
Citoyen de Durbuy.

Hypertrophie

Il y a belle lurette que l’Alliance Wallonie France dénonce cette hypertrophie politico-administrative de la Wallonie comme l’un des maux qui pénalisent la Wallonie dans son redressement et dans sa volonté de bonne gouvernance.

Dans cette perspective, il faut se réjouir de ce qui vient d’arriver à l’intercommunale PUBLIFIN, tel que vient de le décrire la journaliste  Marie-Cécile ROYEN (Le Vif du 23 décembre 2016), qui stigmatise ce qui vient d’arriver « à 25 obligés politiques de second rang »…

Certes, la riposte semble avoir été rapide et ferme, à la hauteur de l’émoi ressenti par toutes les honnêtes gens : il n’en manque pas !

On ne peut que souhaiter que cette volonté de transparence se manifeste partout en Wallonie. Mais, si l’argent a été un moteur pour certaines femmes et certains hommes détenteurs de mandats publics, il est temps d’envisager de remplacer ce moteur défaillant par d’autres valeurs plus humaines et plus proches des problèmes réels des citoyens. C’est le sens de la participation du peuple aux politiques menées par les gouvernants et les parlementaires wallons.

Il y va d’un effort de salubrité publique et il ne concerne pas que les proches du PS et des autres partis de gouvernement : le MR des KUBLA, DE DECKER, et autres affairistes d’Afrique  et d’ailleurs, peuvent aussi balayer devant leur porte…

Que nos décideurs Wallons aient la force et le courage de s’y atteler : cela peut-être l’un de nos souhaits pour 2017 !

Georges-Henry SIMONIS

Post scriptum :

Je me réjouis d’apprendre que le pouvoir judiciaire s’intéresse à l’affaire PUBLIFIN  ( Le Soir du 10 janvier 2017).

Dès l’annonce du problème, j’ai pensé à la portée de ce qu’on appelle, dans le jargon, les « Déclarations de créance » qui figurent généralement  sur les documents relatifs aux paiements demandés à l’Etat, ou plus largement aux pouvoirs publics, pour diverses prestations défrayées.        

« Je déclare sur l’honneur… » ou « Certifié sincère et véritable » : je ne pense pas qu’il y ait une formule sacramentelle unique. Par contre, ne faut-il pas élargir la portée de ce type de signature en considérant que celui ou celle qui la signe reconnait par sa signature le montant de sa demande de, mais aussi la réalité et l’effectivité  de la prestation.  

A défaut, il s’agirait tout simplement de faux et d’usage de faux au sens des articles 196 et 197 du code pénal, infractions punissables de la peine de réclusion. Un peu comme une fausse facture.

En termes de prévention d’abus, peut-être serait-il utile de préciser la portée des obligations qui s’imposent aux signataires de déclarations de créances, de même que l’étendue des devoirs de vérification des services publics de contrôle et d’inspection.

Pourquoi pas un « Pacte de la bonne gouvernance wallonne » ?

G-H S. / 12.01.17

L’après-confédéralisme belge

Georges-Henry Simonis est un chaud partisan de la réunion de la Wallonie à la France. Il a récemment fait imprimer un petit livre intitulé « L’après-confédéralisme belge ». Voici comment il le présente en quatrième de couverture :

3,5 millions de Français en plus !

C’est ce qu’apporterait la région Wallonie à la République française.

Ils parlent tous français, et seront intégrés affectueusement et sans problème. Ils renforceront le rôle de la France au sein de l’Europe : ensemble, ils seront plus forts pour relever les défis ! En ce qui concerne les finances, il y aura des économies d’échelle considérables. La solidarité reposera sur un plus grand nombre de personnes, qu’il s’agisse de la charge des dettes publiques, de la sécurité sociale ou du chômage.

Le marché interne sera plus grand. Les débouchés économiques plus vastes. Il y aura des Wallons à Paris et partout dans le monde.

Le poids politique de la France des droits de l’Homme sera plus lourd. La vie sera moins chère et meilleure pour tous et spécialement pour les plus petits.

Et la Wallonie, épaulée par Bruxelles, fera l’apport à la France de tous ses charmes.

Ce livre de 60 pages est vendu par la Librairie Molière, 68 boulevard Tirou à Charleroi (contact@moliere.com).                       

Il est également possible de se procurer ce livre en contactant l’auteur : simonisgh@gmail.com (8€+2€ si envoi postal à l’adresse indiquée).

Pour tous les lecteurs qui en exprimeraient le souhait, Georges-Henry Simonis serait particulièrement heureux d’organiser un débat suivi d’une dégustation-surprise…

2016, année populiste

Par Georges Régibeau

Au rayon des mots de l’année 2016, de ceux qui révèlent une évolution, une inflexion, une inquiétude, il y a bien sûr le mot « populisme », dont l’usage répété tendrait à faire penser qu’en dehors de la politique actuelle, il n’y a point de salut. Car populisme est un mot chargé comme un nuage annonçant l’orage. On en viendrait presqu’à regretter le suffrage universel. Le populisme est dénoncé comme la face obscure de la démocratie, il puiserait sa force dans les émotions primaires, alors qu’une saine culture démocratique exigerait de chacun qu’il soit guidé par la raison, qu’il soit inspiré par des valeurs humanistes, et qu’il se sente personnellement et collectivement responsable de l’état du monde.

Face aux nuages les plus sombres, il y aurait donc le grand ciel bleu de la mondialisation voulue par ceux qui sont à la manœuvre. Une telle opposition serait pertinente si l’idéal démocratique était le véritable enjeu. Mais on ne voit pas les gouvernements contrarier la recherche effrénée du plus grand profit. Normal, dira-t-on, ce serait du populisme. Ou pas. La vérité démocratique est peut-être ailleurs. Dans ce monde qui se resserre, il est permis de se demander quelle place est laissée à l’engagement citoyen, quelle légitimité est laissée à l’exercice de la souveraineté populaire ou nationale et, plus largement, quelle liberté est laissée aux gens de corriger le modèle actuel. Celui-ci vise à imposer partout la logique du marché. Or, si le populisme se définit par le rejet des élites et la propension à flatter la médiocrité des électeurs, convenons que les lois du marché font souvent de même avec les consommateurs.

Certes, on peut soutenir que le capitalisme enchante la vie et pousse à l’excellence, voire à la réalisation de soi. Mais le gonflement des égos repose avant tout sur un mirage. A chacun sa chance. La téléréalité, c’est plus rentable qu’une leçon de philosophie. A chacun sa culture, il n’y a pas de bon ou de mauvais goût mais seulement plus ou moins d’argent à gagner. Nul besoin de s’encombrer d’une réflexion sur les droits et les devoirs, le tout est d’avoir l’argent. Pour posséder. Pour exister. Pour dominer. Si les jeunes esprits sont façonnés par cet environnement, comment l’école, avec ses prétentions humanistes, avec son « éducation à une citoyenneté responsable », avec ses exigences insupportablement gratuites, comment l’école pourrait-elle être efficace, alors que la politique elle-même a tendance à s’en remettre à la main invisible du marché pour gérer tous les problèmes et répondre aux aspirations des gens/électeurs/consommateurs ?

Si le populisme peut cacher des menaces réelles, il ne faut pas le confondre avec la contestation de la pensée unique. Avec le besoin de retrouver du sens, de la cohésion sociale. Le marché s’identifie au mouvement de la vie, il fonctionne en déséquilibrant les sociétés. Quoi qu’il en soit, la globalisation de l’économie ne fait pas que des heureux, il est donc assez naturel que des oppositions s’expriment. Le libre-échange, étendu au monde entier, renforcerait partout le pouvoir de l’argent. Quand la décision politique est davantage influencée par les puissants que par une majorité de citoyens, on ne peut prétendre incarner les valeurs démocratiques. On s’inscrit dans une logique impériale, avec le marché qui tient le globe et manie à l’occasion le glaive : on peut aisément se cacher derrière un pouvoir invisible, impersonnel, irresponsable.

On a bien entendu le droit de voter pour les émules de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan mais il y a des alternatives à ce choix de société. L’ultralibéralisme est surtout d’inspiration anglo-saxonne et, paradoxalement, c’est en Angleterre et puis aux Etats-Unis que le populisme a triomphé en 2016. Cela fait craindre une montée de la vague populiste en Europe, avec tout ce qu’elle pourrait déverser comme outrance, mais, fondamentalement, cela rebat aussi les cartes. Bienvenue en 2017.

Sur le populisme, sous toutes ses formes, ajoutons cette opinion de Jacques Attali, datée du 19 décembre 2016. Cela renvoie, notamment, aux ambitions de l’école et à ce qu’on nous a présenté comme un « pacte d’excellence ».

Pour une apologie des élites

En cette fin d’année, je voudrais dire ma colère. Tant de sujets la justifient : le milliard de gens qui s’endorment tous les soirs en ayant faim; les deux milliards de personnes qui manquent d’eau; les femmes violées, excisées, battues; les jeunes au chômage, les richesses obscènes, les guerres injustes, les sans-abris, l’incompétence et la mauvaise foi de certains journalistes‎, la médiocrité de tant d’hommes politiques, la procrastination des gouvernants qui ont laissé passer, en particulier en France, tant d’occasions de prendre des décisions courageuses et de réformer leur pays.

Et pourtant, aujourd’hui, j’aimerais concentrer ma colère sur un autre sujet : la dénonciation des élites, tellement à la mode aujourd’hui que le mot lui-même est devenu une insulte, et qu’il est même de bon ton de se défendre d’en faire partie.

J’en ai assez de voir mis dans le même sac les riches, les puissants, les élus, les journalistes, les professeurs, les intellectuels, et tous ceux qui « savent ».

Il est honteux et dangereux de les mêler dans le même opprobre. Qu’on puisse critiquer l’action des riches et des puissants, qu’ils le soient par l’argent ou le mandat, est légitime.

Par contre, qu’on critique ceux qui ne doivent leur statut qu’à leurs diplômes ou à leurs œuvres est inacceptable. Il faudrait au contraire glorifier le savoir et les diplômes, admirer ceux qui les obtiennent et les prendre en modèle. Il faudrait admirer ceux qui font de longues études, applaudir ceux qui créent des œuvres d’art ou des entreprises, les artisans qui façonnent des objets, et qui, sans nuire à personne, ont un impact positif sur le monde. Même si, accessoirement, ils s’enrichissent.

A dénigrer ainsi l’excellence, on n’encourage pas les plus jeunes à étudier, à augmenter leur niveau de savoir. On ne valorise que l’aplomb et le culot. ‎On n’écoute que ceux qui crient fort, qui font scandale. On ne s’intéresse qu’à ceux qui ne dérangent qu’en apparence, et qui n’ont aucun impact sur le monde.

Les pays qui agissent ainsi se condamnent au déclin, face à ceux qui font de la réussite scolaire, de la création, de l’innovation, une obsession. Et qui, en conséquence, mettent en place des moyens pour que tous puissent y avoir accès.

Ceux qui discréditent ainsi les vraies élites sont, pour la plupart, en Occident. Ceux qui idolâtrent les gens qui font tout pour mériter d’en faire partie sont essentiellement en Asie.

En France, particulièrement, on assiste, dans bien des médias et des partis politiques, à un tel dévoiement. Et ceux qui devraient résister, parce qu’ils ont travaillé pour cela, se couchent trop souvent devant cette démagogie. Elle domine sur les réseaux sociaux, où l’apologie de la médiocrité est le corollaire naturel de l’anonymat. Elle triomphe dans les médias. Elle sert de critère de vrai dans bien des partis politiques : plus on a de diplômes, plus on est suspect, accusé de faire partie d’une « élite autoproclamée, cosmopolite et mondialiste », et donc discréditée.

Alors, je veux faire ici l’éloge de cette élite-là. De ceux qui se sentent des êtres humains avides de savoir et de créer avant d’être les produits d’un terroir, qui considèrent que les diplômes acquis, qui les placent dans une élite démocratique, leur donnent le devoir d’être utiles à ceux qui n’ont pu y parvenir. De ceux qui font tout pour « devenir soi », pour se trouver, pour se respecter et trouver ce en quoi ils sont uniques. De ceux qui aident les autres à faire partie de cette élite légitime, en décloisonnant les voies d’accès à l’excellence universitaire, trop souvent réservées aux enfants de cette même élite. Il n’est rien de moins « autoproclamé » que ceux qui ont travaillé dur pour obtenir des diplômes.

J’aimerais tant que notre pays retrouve son rang dans l’élite des nations, élite du savoir, des innovations, de la recherche, de la création, de la mobilité sociale, de la justice. Car, en fin de compte, seul le savoir nous incitera à la tolérance et à l’humilité, et nous protégera peut-être de la barbarie.

Les fumées de Publifin

Par Paul Mélot

Mesurant à juste titre les ravages de ce scandale dans l’opinion publique peu de temps après le lamentable spectacle du rétropédalage PS – CDH – MR à la Région wallonne (décret cumul de mandats à réviser), MM. DI RUPO et LUDGEN conseillent à « leurs » 17 mandataires impliqués de verser les sommes perçues à des œuvres. Au MR, M. CHASTEL dit attendre l’enquête annoncée par le ministre FURLAN avant de se prononcer – et peut-être d’inviter « ses » 7 mandataires concernés à faire de même-.

APPLIQUANT L’ADAGE : « BIEN MAL ACQUIS NE PROFITE JAMAIS », MM. DI RUPO et LUDGEN  SE TROMPENT  et  NOUS  TROMPENT. Pourquoi?

1) Une intercommunale ouvre aux communes des possibilités d’aide auxquelles isolément elles ne pourraient faire face (exemple: soins de santé). Dès lors que l’institution génère des profits, elle les restitue aux communes affiliées sous forme de dividendes.

2) Ces dividendes permettent  théoriquement  à due  concurrence de ne pas devoir augmenter les impôts locaux.

3) Dès lors, les jetons de « présences/absences » versés aux mandataires par PUBLIFIN privent tout aussi théoriquement les communes de ces rentrées.

4) C’est donc bien à PUBLIFIN et pas à des œuvres que Madame DELVAUX (CDH), MM. BOURLET (MR) et EMONTS (PS) devraient reverser les émoluments, déduction des impôts payés sur les montants reçus. On attend par ailleurs les réactions des 21 autres mandataires concernés… puisque seuls les trois cités ont MANIFESTÉ leur intention de se débarrasser d’un cadeau empoisonné.

LES PRESIDENTS DI RUPO et LUDGEN SE TROMPENT ET NOUS TROMPENT. Pourquoi ?

Voyons le cas EMONTS. A perçu 112.000 euros et s’engage à reverser – ordre de DI RUPO-  52.000 euros. Impôt payé (?) 60.000 euros (pas trop mal, tant de contribuables se réjouiraient d’avoir payé cela pour gagner bien plus aussi…)

Le régime fiscal des libéralités permet une déduction de 45%, soit donc de 23.400 euros, pour autant que les dons ne dépassent pas 10% de l’imposable. Rien d’utopique donc, en regard des 46 mandats dont 23 rémunérés des années 2000… et rien d’utopique en regard des 21 rémunérés et 18 non rémunérés de 2006, même si certains d’entre eux donnent lieu à avantages : frais de route, de bouche, de voyages… (sources : Moniteur belge et site CUMULEO.be)

En résumé : 1) je reçois 112.000 euros

                       2) mon impôt: 60.000 euros

                       3) me reste 52.000 euros

                       4) je verse 52.000 euros:

                       5) + 52.000  – 52.000 = 0 euro: rien gagné, rien perdu !

                       6) je déduis fiscalement 23.400 euros

                       7) BINGO ! Je GAGNE  23.400 euros sur de l’argent que je n’ai pas  !!!

23.400 euros que les autres contribuables vont devoir compenser.

LES PRESIDENTS DI RUPO ET LUDGEN SE TROMPENT ET NOUS TROMPENT DONC dès lors qu’ils demandent aux 24 concussionnaires corrompus de verser aux œuvres plutôt qu’à PUBLIFIN !

Accessoirement, il serait de bonne initiative politique qu’ils suggèrent au ministre-président MAGNETTE de désigner un « Cédric Halin » (du nom de celui qui a eu le courage de démonter les combines) dans chaque intercommunale: les pratiques de PUBLIFIN NE SONT PAS ISOLÉES !

LES MORALES DE L’HISTOIRE :

a) Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain : la grande majorité des mandataires restent avant tout des gens soucieux de l’intérêt général.

b) Mettre les intercommunales à l’abri des soupçons en sortant de l’actuelle opacité des rémunérations : au-dessus des trois comités incriminés aujourd’hui dissous se trouvent évidemment ceux qui ont inventé le système alors que les présidents des fédérations des partis concernés (DEMEYER, BACQUELAINE, PIRMOLIN) ont perdu la voix et risquent d’en faire perdre beaucoup plus (!) s’ils ne sortent pas du bois.

c) Refuser que cet épisode ne mette en péril la valeur et la valorisation des intercommunales : une utilité publique incontestable !

d) Réfléchir pour  une meilleure gouvernance à des fusions intelligentes d’intercommunales centrées sur le même secteur d’activité.

e) Inviter MM. CHASTEL, DI RUPO et LUDGEN à agir avant que d’autres, mal intentionnés vis-à-vis de la démocratie politique, ne lancent le bélier de l’anti-politique.