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En apéritif du 20 mars, journée internationale de la francophonie

Notre mouvement citoyen est entré en contact avec M. Albert Salon. Vous trouverez ci-après la teneur de notre échange de courriels. Je remercie notre ami Jacques Rogissart d’avoir été à la base de notre rencontre.

Cher Monsieur Salon,

Je me permets de revenir sur l’agréable entretien téléphonique qui a été le nôtre ce mardi 10 mars.

A cette occasion, vous m’avez dit que vous alliez m’envoyer des documents dont le texte de la campagne que vous menez pour que nos communes privilégient l’emploi du français à l’anglo-américain…

 … Un des objectifs de l’ AWF est la promotion de la langue française.

Nous serions heureux d’envoyer votre charte au plus grand nombre possible de bourgmestres, d’échevins et de conseillers communaux de Wallonie afin qu’ils répondent favorablement à une campagne qui pourrait s’intituler : « Communes de Wallonie pour la langue française »…

 … Avec l’espoir que vous recevrez ce courriel et que vous pourrez ouvrir les fichiers joints, je vous adresse, cher Monsieur Salon, l’expression de mes salutations à la fois respectueuses, fraternelles et sincères.

Paul Durieux

Monsieur le Président, cher Monsieur,

J’ai moi aussi bien aimé notre récent entretien téléphonique, et réponds avec joie aux divers points de votre message du 12 mars, après avoir lu attentivement la riche et passionnante documentation que vous avez jointe à votre courriel.

Vous êtes aussi invité à visiter notre riche site : www.avenir-langue-francaise.fr et ce que Wikipedia dit de nous.

Grand merci pour tout ce qu’il vous sera possible de faire en faveur de la campagne « Communes de Wallonie pour la langue française« . Cela marquera la complémentarité, donc la solidarité avec « Communes de France pour la langue française« , et avec ce que nous cherchons à réaliser dans l’ensemble des pays et communautés de langue maternelle française, en nous adossant à l’AIMF* (association des maires francophones) de l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) (voir les documents en PJ),…

…Notre campagne nationale française fut lancée à l’automne de 2012, pour faire remonter par les communes la vox populi qui tient au français et refuse le globish pour tous de trop d’élites, vox baillonnée par le verrouillage des referendums sur les questions fondamentales pour le pays.

Nous sommes en train de la réussir dans la perspective de 2016/17 et de la présentation, alors, avec plusieurs centaines de municipalités représentatives de toute la diversité du pays, de l’équivalent d’un referendum d’initiative populaire…

Nous avons eu du mal à obtenir la première centaine de votes de notre manifeste joint (franco-québécois !…)…

Il a fallu écrire, rappeler, faire intervenir, (faire) téléphoner… Nous avons pu amener des parlementaires amis à inviter les maires de leur circonscription à présenter notre manifeste au vote de leur conseil. Plusieurs l’ont déjà fait. Le meilleur résultat est dû au député-maire de Lunéville qui a, après sa commune, apporté 14 autres votes dans la Meurthe et Moselle, la bonne Lorraine…

… La mise en oeuvre de votre énergie chez vous rencontrera sans doute elle aussi divers obstacles, la simple inertie n’étant pas le moindre. Mais belle, pour nous tous, serait la victoire…

… Veuillez recevoir, Monsieur le Président et cher Monsieur, mon cordial salut en fraternité.

Albert Salon

Appel signé, et Manifeste présenté, par Albert Salon, docteur d’Etat ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur du Mérite, président d’Avenir de la langue française (ALF, coordinateur de réseaux francophones internationaux, médaille Senghor de la Francophonie 2014, remis par M. Abdou Diouf le 18/12/2014 au siège de l’OIF.

* L’AIMF est le réseau des collectivités locales francophones et de leurs associations, qui se retrouvent autour de valeurs communes. Elle concourt à une meilleure gestion des collectivités, favorise les échanges d’expériences, mobilise l’expertise territoriale francophone et finance des projets de développement.

Athènes adopte sa première loi contre la pauvreté

 

Dans un mouvement citoyen comme le nôtre qui regroupe des membres qui se situent à droite, au centre, à gauche, ou encore qui refusent toute étiquette politique, il n’est pas question d’adopter une attitude particratique.

Mais comment ne pas se réjouir face à un parlement grec qui massivement, majorité et minorité réunies, au-delà des appareils de partis, ne peut plus supporter que le peuple grec vive bien en-dessous du seuil de pauvreté. Comment ne pas se réjouir de voir adopter une loi qui va s’attaquer sérieusement à la corruption , comment ne pas se réjouir que le dialogue avec l’ Europe soit maintenu.

Puisse cette Europe faire également son examen de conscience et prendre des mesures radicales qui lui permettent de se réformer et d’être à l’écoute des régions, peuples et nations qui la composent. 

Paul D.

Par: rédaction 18/03/15 – 14h48  Source: Belga  © afp.

MISE À JOUR Le gouvernement grec de gauche radicale d’Alexis Tsipras a fait adopter mercredi par le parlement, avec le soutien des conservateurs, la première loi de sa mandature consacrée à un paquet de mesures sociales en faveur des plus démunis frappés par la crise.

En pleine négociations avec ses créanciers, le gouvernement grec de gauche radicale a fait voter mercredi, avec le soutien de l’opposition, un premier projet de loi depuis son arrivée au pouvoir, destiné à soulager les plus pauvres. Intitulé « Réglementations sur les mesures imminentes pour parer à la crise humanitaire et sur l’organisation du gouvernement », ce projet de loi répond aux promesses électorales du gouvernement victorieux des législatives de fin janvier, et vise à secourir les foyers privés d’électricité ou faisant face à des problèmes de logement et de nourriture.

Le débat au parlement sur ce projet, « le premier du gouvernement de salut national », a souligné dans son discours le Premier ministre Alexis Tsipras, s’est achevé par une approbation massive, les deux principaux partis d’opposition, Nouvelle Démocratie (conservateurs) et PASOK (socialistes) votant pour, aux côtés de la coalition Syriza-Grecs indépendants au pouvoir.

Mardi soir, le gouvernement avait soudain durci le ton contre la Commission européenne après des informations de presse affirmant que Bruxelles tiquait sur le vote du projet de loi, jugeant qu’il s’agissait d’une action « unilatérale » en désaccord avec l’accord de l’Eurogroupe du 20 février. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis, a dénoncé mercredi un « veto », une « pression ».

Quelques heures plus tard, le commissaire européen Pierre Moscovici a dû expliquer la position de la Commission. Elle défend « pleinement l’objectif d’aider les plus vulnérables » en Grèce et n’oppose « pas un quelconque veto » aux mesures d’urgence prise pour les plus pauvres, a-t-il assuré. M. Tsipras, qui s’exprimait quelques heures après M. Moscovici, a estimé que le vote de la loi « répond avec détermination à certains de nos créanciers, à certains technocrates, qui disent que les mesures contre la crise humanitaire constituent une action unilatérale ». Mais il n’en a plus rajouté ensuite dans la polémique.

 « Indices dans le rouge »

Le projet de loi prévoit de rétablir le courant chez les ménages ne pouvant payer l’électricité et de leur fournir jusqu’à 300 kw/h d’électricité gratuite jusqu’à la fin de l’année. Jusqu’à 30.000 foyers vont aussi recevoir une aide au logement de 70 à 220 euros et 300.000 personnes une aide alimentaire. Le projet comprend également des mesures pour des personnes qui ont perdu leur emploi ces derniers mois et sont privées de sécurité sociale.

Syriza ne cesse depuis deux ans de condamner la poursuite de la politique d’austérité, imposée au pays depuis l’éclosion de la crise en 2010, et qui a causé « une crise humanitaire », plongeant des centaines de milliers des citoyens dans la misère, en raison d’une explosion du chômage, du rabotage des salaires et des retraites et de la hausse des taxes. « Quand tous les indices sont dans le rouge, chômage, pauvreté etc, on ne fait que ce qui est nécessaire pour faire face à ces problèmes », a lancé à l’Assemblée mercredi le ministre de l’Emploi, Panos Skourletis.

Outre ces mesures sociales, le projet de loi qui sera voté mercredi prévoit « la création d’un secrétariat général pour la lutte contre la corruption« . Ce secrétariat doit œuvrer  « pour renforcer les contrôles des organes gouvernementaux et renforcer leur rentabilité », stipule le rapport du projet de loi. Ce vote intervient en pleine négociations de la Grèce avec ses créanciers pour mettre sur les rails l’accord du 20 février qui prévoit une série de réformes par la Grèce. Le pays attend en échange le versement de la dernière tranche de prêts européens au pays, environ 7 milliards d’euros, pour faire face à la pénurie financière qui le menace.

Cet audit, qui aurait dû être terminé en septembre dernier, avait déjà pris du retard en raison également de la résistance du précédent gouvernement de coalition droite-socialistes à réaliser les réformes requises par les créanciers, et portant sur de nouvelles mesures d’austérité.

M. Tsipras espère un règlement « politique » de cette question, si possible en marge du sommet européen de jeudi et vendredi à Bruxelles. Il a demandé à rencontrer les principaux dirigeants de l’UE, notamment la chancelière allemande Angela Merkel (qu’il reverra lundi à Berlin) et le président français François Hollande.

L’Assemblée nationale adopte la proposition de loi PS-UMP sur la fin de vie

Le vote de l’ Assemblée nationale française fait un pas important en direction de la loi sur la fin de vie que nous connaissons depuis plusieurs années en Belgique

 

Dans le détail, 436 députés ont voté pour, 34 contre et 83 se sont abstenus.

L'Assemblée nationale, à Paris, le 19 février 2015.
L’Assemblée nationale, à Paris, le 19 février 2015. (MARTIN BUREAU / AFP)

Les députés ont adopté en première lecture, mardi 17 mars, la proposition de loi PS-UMP sur la fin de vie. Dans le détail, 436 députés ont voté pour, 34 contre et 83 se sont abstenus. Le texte introduit le droit à « la sédation profonde et continue«  pour un patient atteint d’une affection incurable et dont le pronostic vital est engagé à court terme.

Comment s’est déroulé le vote ?

Ce vote dans l’hémicycle a été perturbé par un bref incident, comme le rapporte une journaliste du Monde. Juste avant l’annonce du résultat, des inconnus ont jeté des bouts de papier sur des députés de gauche, sur lesquels était imprimé « Non à l’euthanasie » et « R comme résistance ». « Ne vous en faites pas, nous engagerons les poursuites que cela mérite », a déclaré depuis le perchoir le président socialiste de l’Assemblée, Claude Bartolone.

Les sénateurs doivent maintenant se pencher sur le texte et le voter dans les mêmes termes pour que la loi soit définitivement adoptée.

Quels cas de figure pour la « sédation profonde » ?

La proposition de loi liste trois cas de figure pour la mise en place d’une « sédation profonde et continue » :

 La sédation peut être décidée par l’équipe médicale quand la souffrance du malade, « dont le pronostic vital est engagé à court terme », ne peut être apaisée par des traitements analgésiques.

 Elle peut être mise en œuvre  lorsque le patient décide, comme la législation actuelle lui en donne déjà le droit, d’arrêter tout traitement, et que cette décision « engage son pronostic vital à court terme ».

 Elle est enfin possible « lorsque le patient ne peut pas exprimer sa volonté », et que le médecin a arrêté les traitements, comme il en a déjà actuellement le droit, car il refuse une « obstination déraisonnable » à le maintenir artificiellement en vie.

Fin de vie : quatre questions sur « la sédation profonde et continue »

Qui a voté contre ?

La plupart des 34 votes contre sont des élus UMP, minoritaires dans leur groupe. Parmi eux, citons Jean-Frédéric Poisson, député PCD-UMP des Yvelines et président du Parti chrétien démocrate de Christine Boutin.

Pendant le travail parlementaire, cet article a été notamment combattu par une poignée de députés UMP, membres de la conservatrice Entente parlementaire. Selon Marc Le Fur (UMP), le texte peut en effet « provoquer une sorte de mort volontaire ». Ces députés avaient déposé une série d’amendements visant d’abord à supprimer cet article, puis à introduire une série de dispositions en limitant la portée, comme une clause de conscience permettant aux médecins de refuser cet acte. En vain.

Communes de Wallonie pour la langue française

 

L’ AWF est partenaire de cet appel aux Bourgmestres, Echevins et Conseillers communaux de Wallonie. Dès maintenant, le Conseil communal d’ Ans a répondu positivement à cet appel.

Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant des noms des Communes wallonnes dont le Conseil communal se sera joint à ce mouvement pour la langue française.

Appel aux Bourgmestres, Echevins et Conseillers communaux

Pour la défense et la promotion de la langue française et de la Francophonie, 32 associations françaises (et 8 associations belges, québécoises…) tentent depuis plus de vingt ans d’amener nos dirigeants et médias à refuser l’anglo-américanisation voulue par une oligarchie financière internationale, apatride.

Elles se heurtent à la difficulté de faire respecter chez nous la volonté populaire, vox populi pourtant exprimée avec clarté et force dans tous les sondages, qui tient à maintenir notre langue maternelle, le français, dans le monde, contre le globish-pour-tous.

Dans l’impossibilité d’obtenir l’organisation d’un referendum sur cette question vitale, nos associations veulent que le peuple puisse s’exprimer par ses collectivités publiques de base, dont la moindre n’est pas la commune.

Elles proposent donc de proposer au plus grand nombre possible de conseils communaux d’adopter le manifeste joint, participant ainsi au mouvement informel « Communes de Wallonie pour la langue française ». Ce mouvement s’étend aux pays de langue maternelle française en une large protestation Contre la pensée unique (Pr. Claude Hagège), et contre la « langue unique » qui la porte, pour conforter la diversité linguistique mondiale et la place légitime du français.

Le manifeste qu’il vous est proposé de soumettre, tel quel ou adapté* par vous, à l’adoption formelle de votre Conseil communal, est un engagement concret pour cette cause populaire. Il a déjà été adopté par des conseils municipaux de diverses régions de France.

Nous vous prions de bien vouloir faire parvenir l’éventuelle délibération du Conseil de votre Commune par la poste à Avenir de la langue française, 34 bis, rue de Picpus, 75012, Paris, tel 01 43 40 16 51, et par courriel à : avenirlf@laposte.net, et – à votre gré – à la presse locale.

Les associations se chargent de la médiatisation nationale des votes favorables obtenus.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de toute notre considération.

Appel signé, et Manifeste présenté, par Albert Salon, docteur d’Etat ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur du Mérite, président d’Avenir de la langue française (ALF, coordinateur de réseaux francophones internationaux, médaille Senghor de la Francophonie 2014, remis par M. Abdou diouf le 18/12/2014 au siège de l’OIF.

Site riche et à jour : www.avenir-langue-francaise.fr

* « Le Conseil communal de…. tient à affirmer que son attachement au français, langue de la Wallonie, qui est aussi refus de la voir remplacer par une langue étrangère, n’est pas incompatible – au contraire – avec son attachement à sa langue régionale, le wallon, le picard, le lorrain, le champenois…., qui font partie du patrimoine de la Wallonie.

 

MANIFESTE pour la langue française porté par 40 associations françaises, québécoises et wallonnes :

Langue française et monde multipolaire :

l’urgence d’une stratégie

L’appel, dont nous avons pris l’initiative, lancé par quarante personnalités francophones très diverses, a été publié le 27 juin 2012 par un collectif de quotidiens de plusieurs métropoles francophones : le Devoir de Montréal, l’Orient-Le Jour de Beyrouth, le soleil de Dakar, le Potentiel de Kinshasa, Mutations de Yaoundé et le Soir de Bruxelles

Jean-Louis Roy et Dominique Gallet

Nous envisageons l’avenir de la langue française avec confiance. En dépit des fausses évidences.

Un monde multipolaire émerge sous nos yeux. Il contribue manifestement à rééquilibrer les activités de la famille humaine non seulement dans les domaines économique, financier et politique, mais également dans les domaines culturel et linguistique. Sous toutes les latitudes, de la Chine à la Russie, du Brésil à l’Inde, des politiques linguistiques se décident, de nouveaux espaces linguistiques s’organisent et s’affirment.

Cette nouvelle donne remet en cause l’idée même du monopole d’une langue unique dans la communication mondiale. Les grandes langues internationales qui se maintiendront ou qui surgiront ne le devront pas au simple fait du hasard. Elles le devront en grande partie à la manière dont seront exploités les atouts dont chacune dispose.

Emergente, cette configuration culturelle et linguistique globale est une chance pour l’avenir mondial du français, langue qui dispose de larges atouts.

  1. Par l’Histoire : au fil des siècles, la langue française s’est illustrée en portant très loin les outils critiques d’une pensée libre et singulière et les progrès des sciences. Elle a exprimé les grands principes des Lumières et les a offerts au monde. Successivement, elle a été l’instrument de l’émancipation sociale, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.
  2. Par son universalité : la langue française est utilisée sur toute la planète par de très nombreuses nations à l’intérieur d‘elles-mêmes comme dans leurs rapports avec le monde, ainsi que dans les activités scientifiques et technologiques les plus avancées, de la génétique moléculaire à la conquête spatiale.
  3. Par son statut de langue de travail et de langue officielle du système des Nations unies et de nombreuses organisations internationales, continentales et régionales, et par le statut de la France de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.
  4. Par la démographie : avec la perspective de plus d’un demi-milliard de locuteurs francophones pour le milieu du siècle, principalement grâce à l’Afrique, mais également à la France qui devrait devenir le pays le plus peuplé du continent européen après la Russie.

Ces atouts sont considérables. Ils constituent des leviers puissants pour que la langue française, dans le respect de la diversité des langues et des cultures des peuples qui composent l’espace francophone, continue à jouer le rôle qui est le sien depuis des siècles. Ces leviers, que d’autres nous envient, doivent être saisis avec détermination et constance.

En priorité, les décideurs des secteurs public et privé du monde francophone doivent quitter le modèle dominant qui a façonné leur existence au siècle dernier et ajuster leurs choix au monde multipolaire tel qu’il advient. La soumission, la démission et la résignation linguistiques constituent les véritables menaces pour l’avenir de notre langue.

Le «tout anglais» constitue une obsession d’un autre temps et d’un autre monde. Il est une impasse d’où il faut au plus vite sortir dans l’intérêt des peuples ayant le français en partage. Notre confiance en l’avenir de la langue française n’est pas naïve. Elle appelle une vigoureuse politique d’affirmation linguistique. Cette politique doit comprendre notamment :

  1. L’application stricte des législations linguistiques nationales quotidiennement bafouées par les intérêts particuliers et le conformisme ambiant, aussi bien dans les secteurs public que privé, notamment pour le français langue du travail.
  2. La diversification de l’enseignement des langues étrangères et des filières bilingues vers plusieurs grandes langues dont celles des pays émergents (arabe, chinois, espagnol, portugais).
  3. L’exigence de la publication en français, et dans d’autres langues si nécessaire, de tous les travaux issus de la recherche médicale et scientifique publique dans l’ensemble des pays francophones.
  4. La circulation facilitée pour les étudiants, les écrivains et les artistes, ainsi que les chercheurs de l’espace francophone tant il est évident qu’il n’y a pas de francophonie si les francophones sont interdits de circulation dans cet espace.
  5. Un appui massif à la numérisation des patrimoines anciens et vivants de l’ensemble des pays francophones afin d’assurer la présence du français et des langues partenaires dans l’espace virtuel devenu un lieu essentiel de communication, de mobilisation et de rassemblement.
  6. Le renforcement de la recherche sur les systèmes de traduction automatique et leurs implications industrielles, afin d’assurer la présence du français parmi les grandes langues pivots qui s’imposeront dans l’intercommunication planétaire.
  7. La priorité d’une politique bilatérale et multilatérale, forte et pérenne, en direction de l’Afrique francophone pour le développement optimal de son système éducatif.
  8. L’utilisation de la langue française par les représentants des pays francophones dans les organismes internationaux.

Il ne s’agit pas pour le monde francophone de se dresser contre la langue anglaise ou contre toute autre langue. Il s’agit d’ouvrir nos yeux sur la réalité nouvelle, et de mettre en œuvre, dans le contexte de la mondialisation multipolaire, une stratégie offensive pour la langue française, qui assurera son avenir en valorisant ses nombreux atouts. Nous appelons les citoyens des pays francophones à exercer leur vigilance individuelle et à développer leur mobilisation collective pour que soit respecté l’usage de notre langue mondiale en partage. Nous appelons fermement nos gouvernements à réviser leur politique et leur pratique linguistiques, à abandonner les discours de circonstance sur la francophonie et à relever le défi de l’affirmation déterminée de la langue française dans la polyphonie du nouveau monde.

Echantillons parmi les 3000 signatures de personnalités recueillies :

Edem Awumey, écrivain Mimi Barthélémy, conteuse Louise Beaudoin, députée de Rosemont Québec Karim Beyekhlef, directeur, centre de recherche en droit public, université de Montréal Marie-Roger Biloa, directrice d’ Africa international Daniel Boyer, secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec Jean Charbonnel, ancien minsitre, France Malek Chebel, philosophe Fernand Daoust, ancien président de la Fédération des travailleurs du Québec Pierre Demers, président de la LISULF, Québec Pape Diouf, ancien président de l’Olympique de Marseille, Sénégal et France Bernard Dorin, Ambassadeur de France, président de France-Haïti Denys Ferrando-Durfort, président Le français en partage, France Jean-Sébastien Dupuit, ancien président du Centre national du livre Gabrielle Durana, chroniqueuse économique Charles Durand, professeur, ancien directeur de l’institut francophone d’informatique à Hanoï, France Dominique Gallet, producteur du magazine télévisé Espace francophone, France Yasmine Ghata, écrivain Monique Giroux, animatrice, Radio-Canada Paula Jacques, écrivain et journaliste Marie-France Kenny, présidente, Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada Vénus Khoury-Ghata, écrivain, Liban et France Rachid Koraïchi, plasticien Antonine Maillet, écrivain, Acadie Mona Makki, rédactrice en chef Espace francophone Charles-Étienne Lagasse, inspecteur général à Wallonie-Bruxelles International, vice-président d’Eunic-Bruxelles, professeur de droit public belge et européen Philippe Lorin, illustrateur Jean-Tabi Manga, recteur, Université de Yaoundé, Cameroun Luc Martin-Chauffier, syndicaliste, France Yves Michaud, ancien député, et Délégué général du Québec en France, Québec Mariette Mulaire, présidente, Agence nationale et internationale du Manitoba ; Jean-Benoît Nadeau, écrivain, Québec Dominique Noguez, écrivain, France Gilles Rhéaume, Professeur de philosophie, journaliste, Québec Zachary Richard, auteur, compositeur, interprète Jean-Louis Roy, historien, écrivain, diplomate, responsable de l’Observatoire mondial des droits de l’Homme, Canada Philippe de Saint Robert, écrivain, ancien Haut Commissaire à la langue française Alimata Salembere, ancienne directrice de la culture, Agence internationale de la Francophonie, Burkina Faso Amadou Lamine Sall, poète , Sénégal Albert Salon, ancien Ambassadeur, France Claire Simard, ancienne directrice du Musée de la civilisation, Québec Monique Simard, directrice générale du programme français, Office national du film,  du Canada Gilbert Sinoué, écrivain Gérard Sournia, géographe, France.

 

Liens entre la Province de Liège et la France

Les mots employés par Michel Forêt en conclusion de son discours me rappellent immanquablement ceux prononcés par un de mes meilleurs amis, Nîmois, que j’avais invité à venir à Liège. Après plusieurs jours passés à découvrir notre Cité Ardente, il, s’était exclamé : « c’est fou, mais ici, je ne me sens pas du tout à l’étranger. J’ai vraiment l’impression  de vivre dans une ville française. »
Paul D.
Lu sur le site de la RTBF
Ce lundi midi, à Liège, dans les salons de l’Hôtel provincial, le Général d’armée Jean-Louis Georgelin, grand chancelier de la Légion d’honneur a remis au Gouverneur Michel Foret la croix d’officier de la Légion d’honneur.

De nombreuses personnalités étaient présentes pour assister à cette remise de décoration. Dans ses fonctions, le Gouverneur Michel Foret incarne le sens de l’accueil et met rapidement à l’aise ses invités : « Nous savons que la Légion d’honneur est née le 19 mai 1802 par la volonté du Premier consul, Napoléon Bonaparte, et que les valeurs qu’elle apporte sont majeures : pas de privilèges, ni d’exemptions, ni de rétributions mais la reconnaissance du seul mérite individuel acquis et non transmis. Si bien sûr Napoléon est associé à l’histoire de la Légion d’honneur, Liège est associée pleinement à la fois à l’histoire de Napoléon et à la Légion d’honneur. Napoléon est venu deux fois en visite officielle à Liège, en 1803 et en 1811. Ce qui laisse songeur si l’on sait, par exemple, qu’il ne prit jamais le temps de visiter Rome, alors que son fils en était roi. Au cours de deux derniers siècles, les traces de Napoléon à Liège se sont d’ailleurs multipliées dans les mémoires et jusque dans nos rues. Quant à la Légion d’honneur, Liège est la première ville étrangère à l’avoir reçue, le 7 août 1914, suite à la résistance héroïque de la ville contre l’envahisseur, et le premier civil décoré était Liégeois. Il s’agit du maître mineur Hubert Goffin, le seul ouvrier décoré de la Légion d’honneur de toute l’époque napoléonienne, qui sauva ses compagnons d’une mort certaine grâce à son courage lors de la catastrophe de la mine de Beaujon le 28 février 1812, suite à une inondation provoquée par un coup de grisou. Et comment ne pas citer, poursuit Michel Foret, l’un des premiers artistes à avoir été décoré de la Légion d’honneur, le musicien liégeois André-Modeste Grétry ». Voilà autant de témoignage qui permettent de dire qu’à Liège, vous êtes chez vous… », conclut Michel Foret.

Bonne nouvelle pour l’aéroport de Liège

 Notre ami André Brévers nous envoie l’information suivante qu’il a glanée sur le site du quotidien « La Meuse » . Il l’assortit du commentaire suivant :

« Et ce qu’il faudrait, c’est associer leur arrivée avec une visite de Liège avant qu’ils ne disparaissent dans les entrailles flamandes ……. que feront nos Responsables pour les retenir quelque peu ? Ahhhhhh si on avait un musée SIMENON ………… seul grand écrivain au monde à ne pas être célébré dans sa propre ville. »

Liege Airport vient d’annoncer qu’il accueillera à partir de fin avril des vols charters chinois, à raison de trois par semaine. La compagnie U-Tour travaille à partir de…
Par lameuse.be

Dix classements dans lesquels la France arrive en tête

 

Ce genre de classement qui mélange entre autres exportation de footballeurs avec nombre de grands écrivains, importance du nucléaire en termes d’énergie, stratégie du luxe, productivité de la vigne, système de santé ou semences tricolores a de quoi surprendre en termes de valeurs avec un « V » minuscule ou majuscule. Si certaines ne peuvent que nous réjouir, d’autres, à mon sens, sont discutables, voire insignifiantes. Ne boudons pourtant pas notre plaisir de voir les réussites indiscutables de la France dont le tourisme, le vin, les semences sans O.G.M., la construction des voiliers, les services administratifs en ligne performants, les prix Nobel de littérature et un système de santé solide sont remarquables, même si les statistiques en ce dernier domaine datent de 2000 et que notre système de santé wallon doit à ce jour être plus proche du système français que ne l’indiquent les chiffres de 2000.

Paul D.

Le Monde.fr | 02.03.2015 à 13h03 • Mis à jour le 03.03.2015 à 10h30 | Par Mathilde Damgé

Les raisons de douter des performances économiques de la France sont nombreuses mais celles qui permettent de se réjouir existent aussi. L’Hexagone est le premier dans les dix classements suivants, établis au niveau mondial :

La première destination touristique

Il y a eu dans le monde en 2014 plus de 1,1 milliard de touristes internationaux, selon les chiffres provisoires de l’Organisation mondiale du tourisme. Parmi eux, 84,7 millions se sont rendus en France, ce qui permet à notre pays de rester la première destination touristique mondiale.

Ces chiffres provisoires, révélés par le groupement de professionnels du tourisme Alliance 46.2, montrent toutefois que l’Hexagone stagne par rapport à l’an dernier. Le président François Hollande a décrété à l’été 2013 une mobilisation générale pour redynamiser le tourisme français, érigeant le sujet en « cause nationale ». Le but étant de repasser devant l’Espagne en termes de recettes touristiques.

Lire notre décryptage : La France est-elle vraiment la première destination touristique mondiale ?

Une vigne productive

La France a retrouvé en 2014 son titre de premier producteur de vin. Elle l’avait cédé en 2012 à l’Italie, qui rétrograde à la deuxième marche du podium. L’Espagne complète le trio de tête, consacrant le Vieux Continent comme fournisseur principal de vin de la planète. Selon les chiffres de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), le pays du bourgogne, du bordeaux et du champagne totaliserait 46,2 millions d’hectolitres dans ses cuves, soit une hausse en volume de 10 % par rapport à 2013.

Paul TRIDON/CC-by-SA-2.0

La stratégie du luxe

Les maisons du luxe françaises paradent au premier rang du marché mondial des produits de luxe, selon l’étude 2013 du cabinet de conseil Bain & Company. Les marques tricolores monopoliseraient un quart du chiffre d’affaires du secteur au niveau mondial, selon les calculs des consultants. Sur 270 marques de prestige dans le monde, 130 sont françaises, rapporte le ministère de l’économie.

Les semences tricolores sur toute la planète

La France reste classée au premier rang des exportateurs mondiaux de semences agricoles de grandes cultures, maïs en tête, selon les chiffres du groupement corporatiste mondial International Seed Federation (.pdf).

En 2012, le chiffre d’affaires de la filière des exportations de semences française se maintient à 1,6 milliard d’euros ; les deux suivants, Pays-Bas et Etats-Unis, atteignent respectivement 1,4 et 1,35 milliard d’euros.

Les footballeurs s’exportent bien

Les footballeurs français s’expatrient avec succès. Selon l’Observatoire du football du Centre international d’étude du sport de Neuchâtel, 113 joueurs ayant grandi dans l’Hexagone évoluent cette saison dans les quatre plus grands championnats européens (Italie, Angleterre, Espagne, Allemagne).

Un record : l’Observatoire constate que la « France est devenue pour la première fois l’origine la plus représentée parmi les expatriés » au sein des quatre autres plus grands championnats du continent. Les deux autres nationalités les plus représentées dans des équipes étrangères sont le Brésil et l’Argentine.

Des voiliers qui sillonnent des mers

La France est au premier rang mondial pour l’exportation de voiliers, selon les derniers chiffres des douanes, datant de 2013 :

La France domine le marché des voiliers à l’export
Created with Highcharts 4.1.3Part du marché (en %)FranceAllemagneRoyaume-UniPays-BasAfrique du SudTurquieEtats-UnisItalieAutre0102030405060Département des statistiques et des études économiques, direction générale des douanes et droits indirects

« La production de voiliers, fer de lance de l’industrie tricolore, s’établit à 422,6 millions d’euros de chiffre d’affaires (…) dont 75 % sont réalisés à l’export », précise la Fédération des industries nautiques (chiffres 2012-2013), qui regroupe les entreprises du secteur.

Les segments du monocoque et du multicoque habitables, sur lesquels la France est également leader mondial participent à cette performance. Outre les voiliers, l’Hexagone est également leader du pneumatique et de la glisse, ajoute la FIN.

Lire : La France premier exportateur mondial de voiliers

Des services administratifs en ligne performants

Selon une étude de l’Organisation des Nations unies (page 46), la France a des raisons d’être fière de son développement numérique puisqu’elle prend la tête d’un classement européen basé sur trois critères : les infrastructures de télécommunications, le niveau d’éducation des habitants et les services en ligne proposés par l’administration. Ces derniers arrivent à la première place au niveau mondial grâce au site service-public.fr.

Les as de l’atome

Même si cette proportion a commencé à diminuer, la France est le pays le plus « nucléarisé » au monde, en termes d’énergie, puisqu’elle produit 73 % de son électricité grâce à ses réacteurs nucléaires, selon les derniers chiffres (2013) du Nuclear Energy Institute.

Cette indépendance énergétique, voulue par le général De Gaulle après la seconde guerre mondiale, est toutefois mise en balance avec la nécessité de diversifier la couverture énergétique tricolore. La part de l’atome dans la fourniture énergétique française doit descendre à 50 % d’ici 2025, a promis François Hollande.

L'écrivain Patrick Modiano lors de la cérémonie de remise du prix Nobel de littérature, le 10 décembre, à Stockholm. L’écrivain Patrick Modiano lors de la cérémonie de remise du prix Nobel de littérature, le 10 décembre, à Stockholm. AFP/JONATHAN NACKSTRAND

Le pays des grands écrivains

Avec Patrick Modiano, la France a empoché son 15e prix Nobel de littérature. Le tout premier prix avait aussi été attribué à un Français, Sully Prudhomme, en 1901.

La France est le pays qui affiche le plus grand nombre de lauréats. Sur 111 prix décernés depuis 1901, les 15 Français prennent donc la tête du classement des nationalités les plus récompensées, devant les Etats-Unis (12 lauréats), le Royaume-Uni (10), l’Allemagne et la Suède (8 chacun).

Lire notre décryptage : Nationalité, sexe, langue : portrait-robot des Prix Nobel de littérature

Le meilleur système de santé

Certes le rapport (.PDF) date de l’an 2000 mais le constat de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est sans appel : la France dispose du meilleur service de soins de la planète, ou du moins des 191 pays membres de l’organisation. « L’analyse conclut que la France fournit les meilleurs soins de santé généraux, suivie notamment de l’Italie, de l’Espagne, d’Oman, de l’Autriche et du Japon. »

Dans les anciens rapports, la France était troisième (le Japon caracolant en tête), mais seul le niveau de santé général de la population – essentiellement la durée de vie – était pris en compte. Dans l’approche adoptée par l’OMS en 2000, des critères plus qualitatifs ont été ajoutés, comme le fonctionnement du système de santé et la satisfaction des malades, la part financée directement par les populations et la répartition équitable des soins.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/03/02/10-classements-dans-lesquels-la-france-arrive-en-tete_4550553_4355770.html#77mACzJPrWimYICs.99

La Commissaire européenne à la justice donnerait bien la fessée à la Belgique

Cela fait quand même désordre pour un Etat qui accueille d’éminentes institutions européennes.

Lu sur le site du « Vif-L’Express »

09/03/15 à 15:10 – Mise à jour à 15:09

Source : Belga

La Belgique n’a transmis à l’Europe aucune donnée permettant d’évaluer l’efficacité de son système judiciaire. 

Justice : la Belgique dans les mauvais élèves européens
La commissaire européenne à la Justice, Vera Jourova. © Belga

La commissaire européenne à la Justice, Vera Jourova, a présenté lundi matin le « Justice Scoreboard 2015 », un screening des systèmes judiciaires européens en vue d’améliorer l’efficacité, l’indépendance et la qualité de la Justice en Europe.

Les données, récoltées par le CEPEJ (organe du Conseil de l’Europe), par le Forum économique mondial, la Banque mondiale ou directement par la Commission européenne auprès de ses Etats membres, fournissent, en près de 50 graphiques, des informations comparées sur le nombre d’affaires introduites par habitants, la formation des magistrats, le temps nécessaire pour traiter une affaire en Justice ou le nombre de femmes au sein des différentes juridictions.

« En 2014, la plupart des Etats membres ont entrepris des réformes de leur système judiciaire, effort que la Commission salue et soutient », a souligné la commissaire Vera Jourova. « Nous savons qu’une fois mises en œuvre, cela met du temps à en constater les résultats, mais le nouveau tableau de bord nous donne des signes encourageants. »

Aucune donnée permettant d’évaluer l’efficacité du système judiciaire

La Belgique fait cependant figure de mauvais élève: elle n’a transmis aucune donnée permettant d’évaluer l’efficacité de son système judiciaire. Le nombre d’affaires introduites? Inconnu. Le temps nécessaire pour résoudre une affaire en première instance? Sait pas.

Contrairement à certains pays – le Royaume-Uni, la Pologne et l’Espagne – il ne s’agit cependant pas, dans le chef de la Belgique, d’un refus catégorique de communiquer ses données. La Belgique fait face à « un problème de capacités » informatiques, avec des outils ICT inefficaces, indiquait une source européenne.

« J’ai moi-même été étonnée de voir la Belgique parmi les pays en défaut », a commenté Mme Jourova. « Je vais demander aux autorités belges de mieux coopérer » avec la Commission européenne et les autres Etats membres. « Le tableau de bord de la Justice permet en effet d’augmenter la confiance mutuelle entre les Etats membres », a-t-elle précisé.

BELGIQUE : UN PAYS PATHETIQUE

LA BELGIQUE, PAYS PATHETIQUE…

Analyse écrite par Philippe Dutilleul sur son blog « blogandcrocs.blogpost.com ». Pour rappel, l’ex-journaliste de la RTBF avait été le concepteur, le scénariste et le réalisateur principal du désormais célèbre journal télévisé fiction du 13 décembre 2006 qui annonçait la déclaration unilatérale d’indépendance de la Flandre. Cette émission avait déclenché un véritable électrochoc sur une population wallonne et bruxelloise de langue française. Je me souviens d’un appel téléphonique d’un proche qui m’invitait à venir déboucher le champagne pour fêter l’événement en famille…

Personnellement, j’avais opté de zapper sur la chaîne privée « BelRTL ». J’avais vite conclu à un canular bien orchestré. Tous les Wallons et Bruxellois de langue française se souviennent encore aujourd’hui de la vive émotion suscitée par un coup drôlement bien monté. L’électrochoc reçu s’inscrivit-il dans le temps ? Non, hélas ! L’analyse de Philippe Dutilleul date du 24 janvier 2014, mais elle reste d’une brûlante actualité. Le gouvernement Michel ne reproduit-il pas ce que disait déjà le gouvernement Di Rupo : « il faut sauver le pays ! » ? Di Rupo puis Michel ont endossé avec enthousiasme le même costume et ce ne sont pas les jérémiades du triste 07 janvier 2015 de Di Rupo qui y changeront quelque chose.

Paul D.

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Le 13 janvier dernier, à l’initiative de la maison de la laïcité d’Ath, j’ai donné une conférence sur le thème choisi par les organisateurs « quel avenir pour la Belgique ? ».  D’autres conférenciers seront invités dans les semaines qui viennent à donner un autre point de vue avant les élections. Le mien est forcément un peu étriqué dans un document écrit. Devant les participants, j’ai l’habitude de sortir de mon texte, de l’illustrer par des anecdotes personnelles. D’autant que, j’insiste, je ne suis pas journaliste politique ; la tambouille politicienne  et les calculs électoraux ne m’intéressent pas.

Je l’ai placé néanmoins dans mon blog pour celles et ceux que la question belge intéresse. J’avoue qu’elle me fatigue de plus en plus mais  je reste citoyen de ce pays et ai donc accepté de m’exprimer. J’ajoute que le débat avec la salle fut courtois et enrichissant et que l’accueil des organisateurs fut à la hauteur.

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Si j’ai accepté de venir vous parler, un soir de Lundi perdu tournaisien, de la Belgique, au centre de vos préoccupations à quelques mois d’échéances électorales qu’on dit importantes, c’est que je suis encore motivé à défendre un point de vue minoritaire dans le centre et le sud du pays car, j’en conviens, mon influence est marginale. Mais cela ne m’empêche pas de dormir. Je ne suis pas un politicien, je n’ai rien à vendre, rien à offrir sinon le fruit d’une réflexion élaborée à partir d’une expérience personnelle et journalistique qui m’a amené à rencontrer nombre de personnes ayant un avis ou une position sur la question, en Flandre notamment. Cet exposé est donc celui d’un témoin, d’un observateur plus que d’un avocat  défendant une cause ou une thèse.

Il ne vous aura certainement pas échappé que depuis quelques mois, le climat communautaire en Belgique s’est apaisé, du moins c’est la version officielle d’un gouvernement et d’un premier ministre qui ont élaboré et fait voter une énième réforme de l’Etat, présentée comme le départ d’une nouvelle Belgique (pied de nez à la célèbre salle de spectacle bruxelloise) par les partis qui l’ont négociée, ce compris la scission du fameux arrondissement électoral  et judiciaire de Bruxelles/ Hal/ Vilvorde. La paix communautaire est donc revenue. Tout le monde devrait s’en réjouir.  La Belgique va de l’avant déclare Elio Di Rupo. La question qu’on peut légitimement se poser au regard du passé, c’est combien de temps tiendra cette nouvelle réforme qui, je le rappelle, est une demande émanant du Nord du pays ? J’ajouterai une forme de chantage. Autre évolution : le retour en force du « Belgicanisme » (excuser ce néologisme, ce belgicisme) ; pensez à Stromae ou à l’équipe nationale de football par exemple. Ce renouveau un tantinet nationaliste est entretenu par une caisse de résonnance unanimement complaisante, parfois déformante, qu’est la presse francophone, particulièrement  le journal « Le Soir » et son éditorialiste en chef, Béatrice DELVAUX  qui lave plus belge que le grand Jojo, c’est peu dire.

Je ne serai pas devant vous ce soir, et en de nombreux autres endroits ces dernières années,  pour parler de ce pays complexe qu’est la Belgique s’il n’y avait eu un événement médiatique qui a marqué les esprit : l’émission Bye-bye Belgium du 13 décembre 2006 dont je suis le concepteur, le scénariste et le réalisateur principal. C’est le point de départ de mon analyse sur ce pays, qui a elle aussi bien changé depuis mon enfance.… En le parcourant en tous sens pour nourrir le scénario de ce vrai-faux journal télévisé qui narrait la première heure de la fin de la Belgique par une décision unilatérale du Parlement flamand, je n’avais imaginé qu’elle soit à ce point divisée et déliquescente. Naïvement, je pensais que la bataille communautaire fonctionnait essentiellement sur des relents électoralistes. J’écarquillais les yeux devant le cynisme de mes interlocuteurs nationalistes flamands martelant, un sourire carnassier aux coins des lèvres, qu’on vivait déjà dans deux pays différents et qu’à terme le divorce était inéluctable. Ces gens à l’époque n’étaient que peu ou pas connus du côté francophone, je parle de Bart De Wever et de quelques autres. D’autre part, j’hallucinais devant des observateurs bien informés, pas nationalistes pour un sou ceux-là, penauds et fatalistes, m’affirmant que tout dossier d’importance au niveau fédéral est forcément l’objet de marchandages communautaires sans fin. Et que la Belgique n’existerait plus depuis longtemps s’il n’y avait Bruxelles, trait d’union, lien quasi indéfectible entre le Nord et le Sud. J’ai cherché en vain dans l’architecture institutionnelle de l’époque (et aujourd’hui mon sentiment n’a pas varié) quelque chose qui respire un parfum de moules frites ou de chicon au gratin (je ne parle pas de lapin aux pruneaux et à la bière), quelque chose qui soit la marque d’une quelconque préoccupation collective belge, je n’en ai pas trouvé et n’en trouve toujours pas.  Chacun roule d’abord pour sa région, sa communauté, sa commune, son parti bien sûr, et sa petite personne évidemment.  Je suis revenu de cette vaste enquête menée en 2005, début 2006, abasourdi mais résolu à tirer la sonnette d’alarme pour éviter qu’on disparaisse sans même s’en apercevoir en tant que citoyen belge. C’était l’objectif premier (mais pas le seul) de Bye-bye Belgium. Je n’avais pas encore médité cette phrase de Rik Torfs, le nouveau recteur de la KUL, ancien sénateur CD&V, réputé Flamand modéré, « La Belgique est tellement complexe que si l’on devait la constituer aujourd’hui on ne le ferait vraisemblablement pas ! ».

Pour synthétiser ma pensée et justifier le titre de mon exposé, un pays pathétique,  je dirai que la Belgique post unitaire fonctionne aujourd’hui par défaut, qu’elle existe toujours parce qu’on ne peut faire autrement, que le coût d’un divorce pénaliserait l’ensemble des régions et des communautés, y compris la Flandre, que la résistance au changement – et forcément la disparition d’un pays- est beaucoup plus forte que ne l’a imaginé  par exemple le courant nationaliste pourtant bien implanté dans toutes les strates de la société flamande, qu’il n’y a pas de solution satisfaisante pour Bruxelles à moins d’en faire une ville-Etat autonome, porte-drapeau de l’Union Européenne. Je n’évoque même pas l’attachement d’un certain nombre de francophones à la couronne, lien affectif et politique beaucoup moins prégnant en Flandre. De longues et difficiles négociations sur le partage de la dette, de la sécurité sociale (santé, pensions notamment), le renoncement des Flamands à Bruxelles sans compter les pressions externes de certains pays européens, rendent aléatoire voire fort improbable  une indépendance de la Flandre. J’ouvre néanmoins ici une parenthèse pour signaler que les référendums d’indépendance posés en Ecosse par rapport au Royaume-Uni en 2014 et en Catalogne par rapport à l’Espagne si la Cour Constitutionnelle le valide, vont quand même marquer les esprits en Europe et en Belgique. Je pose une simple question : à partir du moment où il ne s’agit pas d’un nationalisme expansif et agressif, qui vise à supprimer les minorités, au nom de quoi s’opposer à la volonté des peuples sans Etat d’en créer un après avoir consulté le peuple ? Les dirigeants actuels de la Commission européenne plus son Président (le belge  Herman Van Rompuy) ont déjà dit tout le mal qu’ils pensaient de telles initiatives autonomistes pourtant lancées par des gouvernements légalement élus. C ’est vrai que l’union européenne telle qu’elle fonctionne est un modèle de vertu démocratique…

Aujourd’hui, une large majorité de Belges francophones et une part significative de Flamands ne désirent pas la scission du pays. Mais si l’on additionne les voix de la NVA, du Vlaams Belang et dans une mesure moindre celles du CD&V, on dépasse largement les 50% des suffrages en Flandre. Il faut aussi ajouter la présence  influente d’anciens membres de la VU au sein du PVV et même du SP. Bart De Wever a intégré habilement cette réalité politique, lui qui, comme ses congénères du mouvement nationalisme flamand, a déplacé les revendications autonomistes du terrain purement politique et culturel (les réformes successives de l’Etat ont répondu à leurs aspirations et exigences) à celui de l’économique et du social. Le discours est bien rôdé, efficace et non dénué de sens.  Il est martelé régulièrement y compris sur des tracts distribués à la population en dehors des périodes électorales. La Wallonie, y lit-on, aujourd’hui plus pauvre et affaiblie vit aux dépends, aux crochets d’une Flandre plus riche (même si les transferts financiers se termineront endéans les 10 ans selon les derniers accords institutionnels). La mondialisation appelle des mesures drastiques (clairement de type libérale) pour maintenir la prospérité de la Flandre, y lit-on encore. La faiblesse du tissu industriel wallon, sa domination par le PS, un parti de gauche conservateur, les compromis toujours boiteux au niveau fédéral, une forme de mal gouvernance, poussent une partie importante de l’élite économique flamande (symbolisée par le Voka) à estimer qu’une Flandre autonome sinon indépendante s’en sortirait beaucoup mieux pour faire face aux défis modernes que dans le cadre de la Belgique même fédéralisée.  D’où la revendication toujours d’actualité y compris au CD&V d’un cadre confédéral « positif » (cette expression me fait sourire) pour la Belgique. En clair, on choisirait les matières minimalistes qu’on déciderait d’encore gérer ensemble et tout le reste irait aux régions, ce que la Constitution permet tout-à-fait. Ce mouvement a été enclenché depuis longtemps et renforcé par la nouvelle réforme de l’Etat puisque, ce n’est qu’un exemple, les allocations familiales seront régionalisées avec la difficulté spécifique de Bruxelles (je n’entrerai pas dans le détail de procédures hyper compliquées). La question qu’on doit dès lors se poser est la suivante : quelle valeur ajoutée représentera encore la Belgique dans cette hypothèse, fort probable à moyen terme, du confédéralisme…? Dont une personnalité libérale flamande comme Guy Verhofstadt vient de déclarer qu’il signifie séparatisme.

Pour la Flandre, la Belgique reste un nom connu à l’étranger, utile pour les échanges commerciaux, une solide tradition dont elle continuera à utiliser l’influence à son profit exclusif ; pour la Wallonie et Bruxelles, ce pays représente un réconfort moral et économique plus que politique. En fait la Flandre, pour utiliser une imagerie populaire, cherche le beurre, l’argent du beurre et en sus le sourire de la crémière, et les Wallons, dépendants, sont priés de dire merci.  Et ils le font en plus avec le sourire. J’en tire comme conclusion personnelle, c’est presque devenu une conviction, que nous serions meilleurs voisins que cohabitant. Et qu’il est temps de nous tourner vers nos autres voisins directs (Allemagne, France, Luxembourg) pour examiner quelles nouvelles coopérations nous pourrions entreprendre avec eux dans un engagement « Win Win », « gagnant gagnant » comme on dit aujourd’hui.  La Flandre devrait devenir un interlocuteur, un partenaire parmi d’autres avec qui nous passons des accords, avec nous faisons des affaires. Ni plus ni moins. Dans le cadre d’une Belgique qui deviendra à coup sûr encore plus squelettique demain ou plus de Belgique du tout, une hypothèse moins probable mais pas impossible à terme. Cela dépendra notamment de l’évolution de l’Europe, qui décide déjà de 80 % de notre législation, dans laquelle la Flandre, en particulier son courant nationaliste, espère un jour se fondre, la Belgique s’étant évaporée.

J’ai écrit dans l’introduction de mon dernier ouvrage « Ils sont fous ces Belges » que je n’ai jamais eu de rapport passionnel avec ce pays, n’étant pas nationaliste pour un sou bien que francophile convaincu. J’y ai même écrit qu’il ne me déplairait pas d’acquérir une autre nationalité, française par exemple, mais sans esprit cocardier ou chauvin qui caractérise trop souvent nos voisins d’outre-Quiévrain.  Ce qui doit faire frémir de colère tous les bons Belges francophones pas encore remis des blagues de Coluche. En fait, je n’ai aucun désamour avec la Belgique, mais de la lassitude, de l’ennui et même de la colère en tant que citoyen d’un pays dont les élus et les ministres placent la barre du curseur trop souvent au niveau de la médiocratie, du consensus mou, des accords boiteux, des arrangements entre amis. Les exemples foisonnent, j’ai écrit sur mon blog tout neuf le mal que je pensais de la particratie, cette forme dévoyée de la démocratie, qui tente par tous les moyens de maintenir ce pays en vie pour conserver ses privilèges et qui a trouvé un adversaire, un punching-ball rêvé en la personne de De Wever, l’ennemi public numéro un en Wallonie et à Bruxelles.  « Marianne » dans son édition de samedi dernier a d’ailleurs publié une carte blanche que j’ai écrite et qui a été refusée par « La Libre » et « De Standaard » Conséquence visible de cette très belge façon de conduire les affaires publiques : le niveau de dépolitisation de la société atteint des sommets, le corps social est assoupi, endormi, le débat réduit à la portion congrue. L’alternance politique n’existe pas puisqu’on retrouve les 4 partis traditionnels à l’un ou l’autre niveau de pouvoir d’une Belgique fédéralisée où les exécutifs se sont additionnés, et dont je rappelle qu’un décret régional vaut sur le plan normatif une loi fédérale… La majorité des Belges francophones sont démobilisés, sous-informés (quelle est leur connaissance réelle du mécano institutionnel belge par exemple ?), transformés en moutons de panurge, prêts à avaler toutes les couleuvres du pouvoir quel qu’il soit.

Ne croyez surtout pas que je veuille jeter le bébé avec l’eau du bain. J’ai écrit suffisamment de choses positives sur le côté convivial des Belges, sur cette identité faible qui les ouvre naturellement vers l’extérieur, sur la paix civile qui a toujours prévalu malgré nos différences (il y a des explications d’ordre religieux  par exemple) linguistiques et culturelles profondes, sur un tissu économique assez dynamique tourné vers l’exportation, sur une sécurité sociale, en particulier les soins de santé, qui reste performante même si la crise de la dette souveraine est en train de plomber ses performances médicales et sociales. Car le système belge, miné de l’intérieur par ses contradictions et conflits ne vit pas en autarcie (je suis curieux de voir comment va se mettre en place concrètement la nouvelle réforme de l’Etat, avec de vraisemblables ratés et un alourdissement de la pression fiscale, l’une des plus élevées au monde). Notre pays est confronté aux mêmes problèmes économiques  financiers, sociaux, écologiques qui secouent l’Europe et la planète entière. Si l’on en croit la communication officielle, la Belgique s’en sort plutôt mieux que ses voisins. Je ne partage pas ce point de vue mais je ne veux pas verser ce soir dans une querelle de chiffres et d’experts qui se trompent plus souvent qu’à leur tour.  Si je prends un seul secteur, le transport et la mobilité, le navetteur que je suis depuis quarante ans a pu mesurer la déglingue de la SNCB et la congestion insupportable du trafic automobile, vers Bruxelles notamment, sans qu’aucune politique nouvelle ne soit mise en place.  Je vous renvoie au chapitre de mon livre consacré à ce sujet et aux déclarations d’Alain Flaush, l’ancien patron de la STIB qui met le doigt là où ça fait mal. La Belgique, dit-il, est l’un des pays les plus embouteillés au monde sans qu’on y apporte de solutions durables faute de courage et de vision politique. Il parle d’amateurisme et du pays de l’à-peu-près. J’espère que mon exposé ne vous laissera pas un goût de trop peu. (Extraits page 215 et suivantes).

Je terminerai en disant, comme il y a deux ans dans une carte blanche demandée par « Paris Match » Belgique, que la seule façon d’exister de manière consistante, serait de se réformer de fond en comble, à commencer par la façon de faire de la politique. On en est plus éloigné que jamais. Je plaidais également pour une Belgique à 4 régions très largement autonomes avec une solidarité entre elles, en conservant le socle commun de la sécurité sociale.  La dernière réforme de l’Etat donne plus de responsabilités aux Régions mais je ne suis pas certain du tout que cela permettra une gestion plus efficace et parcimonieuse des affaires publiques. La démocratie est d’abord une exigence qualitative dont chaque citoyen devrait se sentir concerné et capable de peser sur les décisions en toute connaissance de cause. Dans cette perspective, même si notre Histoire est très différente, je pense que le modèle suisse pourrait être une référence intéressante sinon à copier, mais dont nous pourrions nous inspirer. Notre pays n’en prend pas le chemin.  Ce seront peut-être des éléments extérieurs qui obligeront la Belgique à se réformer fondamentalement au risque de la voir disparaître à terme ou à ne plus représenter une entité cohérente même coiffée d’une couronne.

Philippe Dutilleul

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde