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Neuf questions que vous n’osez pas poser sur le Panthéon

Au-delà de la pompe officielle et des morceaux de bravoure (« Entre ici, Jean Moulin… ») , francetv info répond à ces questions que vous n’avez jamais osé poser sur le Panthéon et les panthéonisations.

Le Panthéon vu depuis le jardin du Luxembourg, à Paris.
Le Panthéon vu depuis le jardin du Luxembourg, à Paris. (MANUEL COHEN / AFP)

François Mitterrand, sept, François Hollande, quatre. Le premier président socialiste de la Ve République avait procédé à une floppée de panthéonisations pendant ses deux septennats. Le second fait entrer, mercredi 27 mai, quatre résistants d’un coup au Panthéon : Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay.

>> DIRECT. Suivez la cérémonie d’entrée au Panthéon des quatre résistants

Mais à quoi rime ce funèbre cérémonial d’entrée au Panthéon ? Qu’y a-t-il réellement dans les caveaux ? Qui décide des panthéonisations ? Pourquoi y a-t-il une croix sur ce bâtiment soi-disant laïque ? Francetv info répond à neuf questions que vous n’avez jamais osé poser sur le Panthéon.

1 Les quatre choisis par François Hollande pour entrer au Panthéon, c’est qui déjà ?

Pour commémorer la fin de la seconde guerre mondiale, le président de la République panthéonise quatre résistants. Avec un souci de parité affiché puisque deux hommes, Pierre Brossolette (1903-1943) et Jean Zay (1904-1944), et deux femmes, Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002) et Germaine Tillion (1907-2008), y entrent simultanément.

Vous êtes un peu court sur ces nouveaux « grands hommes » et femmes honorés par « la patrie reconnaissante » ? Francetv info vous a préparé l’antisèche sur le héros de la Résistance Pierre Brossolette, qui s’est suicidé pour ne pas parler, le 22 mars 1944, après avoir été capturé par la Gestapo. L’ethnologue Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, nièce de Charles et future présidente d’ATD-Quart Monde, sont restées, elles, liées toute leur vie par leur amitié forgée en déportation, au camp de concentration de Ravensbrück (Allemagne). Quant à Jean Zay, après avoir été ministre de l’Education du Front populaire, en 1936, il est mort en juin 1944, quinze jours après le Débarquement, assassiné par la Milice.

Portraits de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillon affichés au Panthéon pour l'exposition "Quatre vies en résistance", du 28 mai 2015 au 10 janvier 2016. 
Portraits de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillon affichés au Panthéon pour l’exposition « Quatre vies en résistance », du 28 mai 2015 au 10 janvier 2016.  (YANN KORBI / CITIZENSIDE / AFP)

2 Le Panthéon, c’est une sorte de cimetière, c’est ça ?

Oui, c’est sa vocation depuis deux siècles. En 1791, l’Assemblée révolutionnaire a décidé de faire une nécropole des « grands hommes » de l’église Sainte-Geneviève, située dans le 5e arrondissement de Paris. Commandée par Louis XV à l’architecte Soufflot, celle-ci a paru idéale : vide, en cours de finition, elle n’était encore ni consacrée ni affectée à une paroisse. La crypte, au sous-sol, abrite 26 caveaux, qui peuvent chacun contenir une douzaine de cercueils. Théoriquement, donc, plus de 300 personnes peuvent y être accueillies. Comme il n’y en a que 77 (panthéonisation du 27 mai incluse), il reste de la place.

Mais tous les corps des personnalités ne se trouvent pas dans les caveaux. Mieux vaut n’y pas regarder de trop près : le cercueil de Nicolas de Condorcet est vide, les cendres de Jean Moulin sont incertaines, le corps de Louis Braille y repose sans ses mains, si précieuses pour lire l’écriture tactile des aveugles qu’il a inventée, d’autres caveaux ne contiennent qu’une urne où repose un cœur…

Cette aura funèbre alimente aussi quelques légendes, pas toujours avérées. L’administrateur du Panthéon, Pascal Monnet, fin connaisseur du lieu, assure qu’il n’y a pas d’accès direct au bâtiment par les catacombes, comme le dit la rumeur. En revanche, il y avait bien jadis un passage en sous-sol entre le lycée Henri-IV et le monument.

La tombe de Jean Jaurès au Panthéon.
La tombe de Jean Jaurès au Panthéon. (MANUEL COHEN / AFP)

3 Qui est au Panthéon, déjà ?

Après l’entrée des quatre résistants, il y aura au total 75 personnalités honorées au Panthéon, plus deux inhumées sans être honorées. Si vous voulez tester vos connaissances sur le sujet, francetv info vous propose ce quiz, qui réserve quelques surprises (un peu d’aide ? Ni De Gaulle, ni Napoléon n’y sont enterrés, mais Voltaire, ci-dessous, y est entré en 1791).

La statue de Voltaire au Panthéon.
La statue de Voltaire au Panthéon. (MANUEL COHEN / AFP)

Que dire du profil-type du panthéonisé, sinon qu’il est assez homogène ? A trois exceptions près (Marie Curie, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion), son genre est masculin. Entré sous l’Empire plus d’une fois sur deux, le « grand homme » est très majoritairement un militaire ou un politique. Si quelques écrivains (Hugo, Dumas, Zola) ou scientifiques (Marcellin Berthelot, Paul Painlevé, les Curie) se sont glissés dans la crypte, il ne s’y trouve qu’un seul peintre (Joseph-Marie Vien, artiste officiel du premier Empire) et aucun musicien.

4 Qui décide d’une panthéonisation ? C’est magouille et compagnie ?

Comme vous y allez ! Oui… et non, comme toujours. Sur deux siècles, la panthéonisation est le plus souvent le fait du prince, qu’il s’appelle Napoléon ou François Hollande. Si celles de Voltaire et Rousseau, sous la Révolution, ont été votées par l’Assemblée, les 42 suivantes ont été décidées par l’empereur.

Comme l’explique l’historien Christophe Prochasson, la procédure s’est à nouveau faite collégiale sous les IIIe et IVe Républiques : les panthéonisations étaient approuvées par les députés. L’instauration de la Ve République marque le retour au bon plaisir impérial : le chef de l’Etat choisit seul. La Réunion des musées nationaux avait bien organisé en 2013 une consultation sur internet en vue de la panthéonisation 2015, mais c’est François Hollande qui a tranché. Et qui a délibérément ignoré la révolutionnaire féministe Olympe de Gouges (1748-1793), pourtant plébiscitée par les internautes.

5 Donc il y a forcément des polémiques à chaque panthéonisation ?

Oui. Comme le souligne Christophe Prochasson, la panthéonisation témoigne d’« un état d’esprit à un moment donné ». Elle est orientée, donc sujette à discussion. Le Parti communiste a ainsi reproché à François Hollande de panthéoniser deux socialistes, mais aucun communiste alors que le PCF était une des composantes importantes de la Résistance.

Autre polémique attachée à la cuvée 2015, celle lancée en 2013 dans Le Monde par le journaliste Pierre Péan. « Faire entrer Pierre Brossolette au Panthéon » est « un affront à Jean Moulin », avait estimé l’auteur de Vies et morts de Jean Moulin, puisque les deux hommes étaient rivaux pour unifier la Résistance.

Des féministes, enfin, ont noté que le président du Centre des monuments nationaux, Philippe Belaval, dans son rapport sur la modernisation du Panthéon (Pour faire entrer le peuple au Panthéon), suggérait de ne faire entrer en 2015 que des femmes pour rétablir un peu plus l’équilibre entre les sexes… Avis non suivi.

Le précédent chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, avait, lui, suscité des remous en voulant panthéoniser deux personnalités classées à gauche : Albert Camus, et Aimé Césaire, mais les familles s’étaient opposées au transfert des cendres. Nicolas Sarkozy avait néanmoins inauguré une plaque en l’honneur du poète martiniquais, sans polémique.

6 Et pourquoi y a-t-il toujours une croix sur le Panthéon, alors qu’il est laïque ?

Ce tombeau laïque des « grands hommes » garde plus d’une trace de son passé religieux. L’administrateur du Panthéon, Pascal Monnet, relève ainsi la forme du bâtiment (nef et abside, donc en forme de croix) ou encore  « le Christ en majesté dans l’abside du début du XXe siècle ».

Mosaïque d'Ernest Hébert (1817-1908) représentant le Christ en majesté dans l'abside du Panthéon.
Mosaïque d’Ernest Hébert (1817-1908) représentant le Christ en majesté dans l’abside du Panthéon. (MANUEL COHEN / AFP)

Et la croix tout en haut du dôme, pourquoi a-t-elle été maintenue ? « Elle avait été démontée au moment de la Commune, au XIXe siècle, et remplacée par un drapeau rouge, note Pascal Monnet. Puis elle a été remise au début de la IIIe République et maintenue depuis, malgré les restaurations. » Pourquoi ? « C’est l’histoire du monument qui veut ça », philosophe Philippe Bélaval. Qui met les points sur les « i » : le bâtiment n’est plus consacré, « ce n’est plus une église ».

7 Et ailleurs, ils ont aussi leur Panthéon ?

« Non, il n’y a pas de véritable équivalent », répond Philippe Bélaval. Il juge qu’au Royaume-Uni, l’abbaye de Westminster, avec quelque 3 000 sépultures de rois, reines et personnages célèbres, ne « répond pas au même principe », mais se montre, en même temps, beaucoup plus exhaustive.

A l’inverse, le Panthéon national créé à Lisbonne en 1916 fait pâle figure à côté du nôtre : une dizaine de personnalités à peine, dont la chanteuse de fado Amalia Rodrigues et un footballeur, Eusébio da Silva Ferreira.

8 On ne peut pas dépoussiérer tout ça ?

Si, et on y songe sérieusement ! D’autant qu’il y a urgence à rendre plus attractive cette sépulture républicaine hétéroclite et lacunaire, où, désormais, nombre de familles ne veulent plus transférer les dépouilles de leurs morts. Ainsi, seule une urne contenant de la terre prélevée sur les tombes de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz entrera au Panthéon le 27 mai.

Dès 2013, le président du Centre des monuments nationaux, Philippe Belaval, a rendu un rapport pour « rendre au peuple » ce « monument intimidant ». Il suggère notamment de se doter d’outils numériques dignes de ce nom. Objectif : que le Panthéon, pour l’instant cantonné à 750 000 visiteurs par an, parvienne à dépasser le million. Avec un bémol cependant : ne pas sombrer dans le côté « parc à thème » qui jurerait avec la vocation funéraire du monument.

9 J’ai eu la flemme de tout lire. Vous me faites un résumé ?

François Hollande transfère mercredi 27 mai quatre résistants au Panthéon : deux hommes, Pierre Brossolette (1903-1943) et Jean Zay (1904-1944), et deux femmes, Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002) et Germaine Tillion (1907-2008). Au total, fin mai, 75 personnalités sont honorées dans ce temple républicain : 72 hommes et seulement trois femmes. Il s’agit, en grande majorité, de militaires et de politiques, suivi de scientifiques et d’écrivains. Très peu d’artistes, en revanche, et aucun musicien.

Etre enterré au Panthéon, ça vous tente ? Seul le chef de l’Etat, sous la Ve République, peut en décider. Il reste de la place (le monument peut accueillir 300 dépouilles), mais, paradoxalement, de moins en moins de candidats : les familles sont désormais réticentes à exhumer leurs morts pour les y transférer

Augmentation de près de 467 ha de réserves naturelles en Wallonie

Belga – Lu sur le site de « Sud Presse »

La surface des réserves naturelles en Wallonie a été augmentée jeudi de 467 hectares par une décision du gouvernement wallon, a annoncé le ministre de la Nature, René Collin.

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Création de 18 réserves naturelles domaniales<br />
M. Crahay

Création de 18 réserves naturelles domaniales

L’exécutif a approuvé la création de dix-huit nouvelles réserves naturelles domaniales, ainsi que l’extension de trois réserves existantes.

Les nouvelles réserves sont situées à Tellin, Pepinster, Verviers, Sainte-Ode, Tenneville (3 réserves), Saint-Hubert (2), Ferrières, Libin, Libramont (2), Saint-Hubert, Amay, Doische, Amblève et Hamoir.

Trois réserves existantes sont étendues, à Libin-Libramont, Tenneville et Saint-Léger.

Le français, langue la plus « sexy » au monde

Une étude démontre que le français est la langue la plus charmeuse pour les non-francophones. Surprise, non ?

Image d'illustration

M6info/AFP – Image d’illustration

A l’heure où le «french bashing » – comprenez la mode qui veut que les étrangers, en particulier les médias, moquent les Français pour tout et n’importe quoi – fait recette, ne nous privons pas d’un joli et franc «cocorico» devant le résultat gratifiant de l’étude menée à l’initiative de l’application Babbel, spécialisée dans l’apprentissage des langues.

Figurez-vous en effet que le français apparait en tête des langues considérées comme les « plus sexy ». Et toc !

Selon ce palmarès, réalisé auprès de 14 000 sondés, le français s’impose largement. La cote d’amour atteint 34% des votes chez les non-francophones et devance deux autres langues latines : l’italien (24,4%), puis l’espagnol (15,8%).

Un accent charmant

Même triomphe dans la catégorie «accent». Ne soyons pas complexés par notre accent, au contraire, c’est visiblement un vrai argument de séduction, plébiscité par 37,4% des votants non francophones. La classe. Italien et Anglais complètent le podium.

Les francophones préfèrent l’italien

Tout le monde adore le français sauf… les francophones. Besoin d’exotisme ?  Ils font en tout cas basculer la tendance lorsqu’on les rajoute à l’échantillon. Dans ce cas, l’italien pointe en tête dans la case «sexy» avec une cote de 45%. Vient ensuite l’anglais. En queue de classement, l’allemand et le chinois. Dans ce cas de figure, (francophones et non-francophones réunis), l’accent anglais reprend du poil de la bête, et vire en tête (39%) devant les accents italiens et espagnols. Il faut donc en déduire que nous n’aimons pas notre propre langue ?

L’amour sans frontières

Autre constat, l’amour est visiblement plus fort que la langue (n’y voyez rien de malicieux) puisque nous sommes près de 95 % à envisager de se lancer dans l’apprentissage d’une langue étrangère par amour, là où Allemands et Suisses plafonnent à 83%. Merveilleux non ?

Commentaire : si le 1e § ne peut que ravir celles et ceux qui ont le français en partage,  le § qui envisage un seul accent français m’ horripile au plus au point.

L’application Babbel mélange langue et accents et nie la diversité des accents français au travers du Québec, du français de Belgique, de Suisse, du Val d’Aoste, de France et d’ailleurs … Rien qu’en Wallonie, je n’aurais pas assez des dix doigts de la main pour énoncer la diversité des accents.

Par contre, je suis bien d’accord avec cette tendance des francophones à l’auto-flagellation et à n’avoir qu’une piètre opinion de leur langue. Les Français ne sont pas les derniers à pratiquer le  » french bashing » et à manquer de considération pour eux-mêmes ainsi que pour leur langue. Où est ce fameux chauvinisme que nombre de Bruxellois francophones et, parfois de Wallons, aiment attribuer à leurs frères français ?

Le dernier § ne peut qu’emporter notre adhésion : « par amour, nous sommes 95 % à envisager d’apprendre une langue étrangère.  » Ce n’est pas beau, cela ?

 

Un Mouvement de Résistance Wallonne

La Wallonie stagne depuis trop longtemps.

En 1961, le syndicaliste socialiste liégeois André Renard  s’était dit convaincu que, sans l’instauration du fédéralisme et l’adoption de réformes de structures, la région ne parviendrait pas à se redresser. Il fonda donc le Mouvement Populaire Wallon. Son décès prématuré, en 1963, ainsi que l’opposition virulente à laquelle il se heurta de la part du Parti Socialiste Belge, ne permit pas de modifier la situation dans un délai raisonnable.

Il fallut attendre 1974 pour que, sous l’impulsion de François Perin, alors ministre de la Réforme des Institutions, un système de régionalisation préparatoire fût adopté.

Le Parti Socialiste, qui se trouvait à l’époque dans l’opposition, pratiqua la politique de la chaise vide au sein du Conseil régional wallon « provisoire », qualifié de parlement croupion, et s’empressa du supprimer celui-ci lors de son retour au pouvoir en 1977.

Ce n’est qu’en 1980 que la Wallonie se vit enfin dotée, de manière définitive, d’outils régionaux lui permettant, dans un certain nombre de domaines, de s’autogouverner. Au fil des ans, ces domaines n’ont cessé de s’étendre.

Comment expliquer, dès lors, que la Région ne soit toujours pas parvenue à décoller ? Divers plans de redressement ont vu le jour depuis une dizaine d’années. Mais, comme l’a constaté récemment un jury international, ils n’ont pas réussi à apporter les résultats escomptés.

La Wallonie se débat aujourd’hui avec un taux de chômage toujours élevé, une dette de 18,6 milliards d’euros, et l’impossibilité d’atteindre l’équilibre budgétaire.

Quant à la population wallonne, elle surprend par son apathie.

La Wallonie n’est le bien d’aucun parti politique. Son avenir constitue un enjeu qui concerne chacun de ses habitants. Sa jeunesse est concernée au premier chef !

Trop de temps a été perdu en vaines querelles de clochers politiques. Des exemples sont là pour nous montrer qu’il n’y a pas de fatalité. D’autres régions sont parvenues à s’en sortir.

Mais il faut, pour cela, saisir la nécessité de revoir les choses de fond en comble, d’adapter la situation aux règles du XXIe siècle.

Lors d’une entrevue qu’il eut avec Robert Liénard de l’Université de Louvain, le général de Gaulle avait déclaré :

Chaque peuple ne peut se redresser que par lui-même. Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et qui mobiliseront ce qui en reste. (…) rien n’est jamais définitivement perdu dans la vie des peuples si ses dirigeants ne s’abandonnent pas au faux fatalisme de l’histoire.

La vérité dont parlait de Gaulle, quelle est-elle aujourd’hui ?

1° Pour ne plus avoir à dépendre d’une structure étatique qui l’empêchait de prendre elle-même les décisions susceptibles de promouvoir sa prospérité, la Wallonie a revendiqué la régionalisation. Mais une expérience de 25 ans révèle un fiasco. Il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître.

2° Le fédéralisme, instauré officiellement depuis 1993, n’a pas sauvé la Belgique. Il est même dépassé, puisque, depuis 1999, la Flandre s’est clairement prononcée en faveur du confédéralisme. Et c’est le ministre-président CVP Luc Van den Brande qui en a lancé l’idée.

3° La survie de la Belgique est compromise par l’irrésistible montée du nationalisme flamand, lequel ne s’incarne pas dans la seule N-VA. Comme l’a fait remarquer l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck :

La relation entre le nationalisme et la démocratie-chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand.

Pour le dire autrement, la Flandre est devenue une Nation, comme le stipule d’ailleurs expressément le préambule de la « Handvest voor Vlaanderen », adoptée en 2012 par le Parlement flamand UNANIME.

Cela aussi, Charles de Gaulle l’avait bien compris :

J’ai pourtant la conviction que seule leur prise en charge par un pays comme la France peut assurer l’avenir à vos trois à quatre millions de Wallons.

Voilà la vérité !

Toute idée de changement radical se heurte systématiquement à l’opposition réactionnaire. Il y a toujours ceux qui seront en retard d’une guerre.

Il suffit de relire ces phrases, publiées dans « La Libre Belgique » du 26 mars 1976 :

Connaissant la malice du ministre de la Réforme des Institutions (François Perin), nous serons donc vigilants. Car c’est « pas à pas » précisément que se poursuit, depuis plus de quinze ans, la « résistible aventure de la régionalisation », une aventure à laquelle il serait bon sans doute de mettre fin dès lors que le mot séduisant de « régionalisation » ne couvre plus les nécessités de la décentralisation mais les jalons vers le fédéralisme socio-économique.

L’heure n’est plus aujourd’hui à se rejeter la faute de l’échec, mais à oser voir la dure réalité en face.

L’avenir de l’Etat belge n’est en rien garanti. La question communautaire ressurgira dès 1999.

La mission des dirigeants wallons consiste à faire en sorte que la Région ne se retrouve pas mise devant le fait accompli, contrainte de réagir dans l’urgence et la précipitation.

Evoquant l’hypothèse de la scission de l’Etat, Xavier Mabille, l’ancien président du CRISP, déclarait :

Hypothèse dont je dis depuis longtemps qu’il ne faut en aucun cas l’exclure.

Voilà pourquoi il importe que le peuple wallon, et notamment ses jeunes espoirs, entre en résistance pour faire comprendre à ses dirigeants qu’il n’entend pas être le dindon de la farce.

Comme il y eut un Mouvement Populaire Wallon, il devrait y avoir un Mouvement de Résistance Wallonne !

Jules Gheude

(1) Dernier livre paru : « François Perin – Une Plume / L’Oeuvre écrite », préface de Michel Hermans, Editions de la Province de Liège, 2015.

 

Pour un 8 mai jour férié comme en France

 

Le 8 mai est un jour important de notre histoire, c’est l’anniversaire de la défaite du nazisme et de la cohorte d’horreurs inhérentes à une idéologie immonde. Bien des Wallons ne comprennent pas que ce ne soit pas un jour férié comme c’est le cas en France.  On peut d’autre part s’étonner que le 11 novembre, date de la fin de la Première Guerre mondiale reste toujours jour férié surtout si nous considérons que l’armistice signé en 1918 ne fut pas synonyme de paix, mais au contraire le germe de mesures vexatoires,  et irréalistes vis-à-vis de l’ Allemagne. Celles-ci  ne pouvaient susciter chez le citoyen allemand que rancoeur  et vengeance.

Pourquoi le 8 mai n'est pas un jour férié ?
© Reuters

Une date surtout diplomatique

Le 8 mai 1945, l’Allemagne capitule lors de la signature du traité de Reims. Cela signe la fin de la seconde guerre mondiale en Europe. Pourtant, le centenaire de la guerre 14-18 semble avoir comme étouffé les 70 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale explique  Herman Van Goethem. Il est vrai que contrairement au 11 novembre, date de l’armistice, commune à tous les Belges, la fin de la Seconde Guerre mondiale n’est pas associée au 8 mai chez la plupart des Belges. Il s’agit plus d’une date diplomatique. La quasi-totalité de la Belgique fut libérée dès septembre 1944 et à l’hiver 1944 pour les Ardennes. Techniquement, la Seconde Guerre mondiale va encore se prolonger 4 mois, jusqu’au 2 septembre 1945, lorsque le Japon capitule à son tour. À titre d’exemple, les Pays-Bas fêtent la fin de la guerre 40-45 le 5 mai. Ce flou autour d’un instant T aurait donc contribué au choix du 11 novembre. Tout comme un manque de consensus précise Bart Eeckhout dans De Morgen. Si les mentalités ont changé depuis les années 1980, et encore plus ces derniers temps, dans les années 1960 et 1970, le mouvement flamand idéalise la collaboration et considère l’immédiat après-guerre comme une chasse aux sorcières et pas vraiment comme une occasion de se réjouir.

Pourtant, durant des décennies, les écoliers et l’administration avaient congé le 8 mai. Cependant, en 1974, une nouvelle loi limite à dix les jours fériés par an en Belgique. En 1983, un des gouvernements Martens décide de retirer pour de bon ce jour de la liste des jours fériés officiels puisqu’il ne concernait qu’une partie de la population. Cela n’empêchera pas la région bruxelloise de prendre en 2007 le 8 mai comme le jour officiel de sa fête, sans pour autant en faire un jour férié pour ses écoles et son administration.

Les soubresauts du 8 mai en France

Aujourd’hui le 8 mai est un jour férié en France, mais ça n’a pas toujours été le cas. Le 20 mars 1953, on déclare que le 8 mai est un jour férié. Mais dès 1959, dans une logique de rapprochement avec l’Allemagne, on le supprime. Il ne sera réinstauré qu’à l’arrivée à la présidence de François Mitterrand en 1981.

Nombre de jours fériés en Europe

Selon le classement Mercer, la Finlande est le pays le plus généreux avec 15 jours fériés. Avec 10 jours, la Belgique en a autant que le Luxembourg, la Norvège, et le Portugal. Les moins bien lotis sont les Hongrois, les Hollandais et les Anglais avec 8 jours seulement. Certains économistes arguent que la Belgique n’a pas besoin d’un jour férié supplémentaire en mai, mois où on en dénombre déjà 3 avec le premier mai, l’Ascension et la Pentecôte. Des jours fériés catholiques il est vrai et la question de jours fériés uniquement laïques revient régulièrement agiter le débat. Le Portugal a décidé en 2012 de supprimer 4 jours fériés. La décision est effective depuis 2013. Résultat deux ans plus tard ? Le Portugal aurait gagné environ 0,5 point de PIB entre 2013 et 2014, celui-ci passant de 212 à 220 milliards de dollars.

Ndlr : en ajoutant le 8 mai, jour férié en Wallonie, nous atteindrions les 11 jours que compte également la France et nous resterions dans la moyenne européenne. Comment attribuer le gain de 0,5 point de P.I.B. portugais à la suppression de 4 jours fériés ? L’emploi du conditionnel quant à ce gain est parfaitement approprié.

Non aux forages de Shell en Arctique

Incroyable! Nous sommes plus d’un million à avoir dit ’non!’ aux forages de Shell dans l’Arctique en 3 jours à peine! Leurs plateformes ont accosté à Seattle et il nous reste peu de temps avant qu’elles n’arrivent en Arctique. Signez et diffusez tout autour de vous!

Le gouvernement américain vient de donner l’autorisation à Shell de forer des puits de pétrole dans l’Arctique, mettant ainsi en danger notre climat et la faune océanique. Mais quelqu’un a le pouvoir de freiner leur course vers l’Arctique: Ed Murray, le maire de Seattle, un homme sensible à l’environnement. Signez pour demander au maire de Seattle de prendre la bonne décision pour notre planète:

Signez maintenant
Le gouvernement américain vient de donner l’autorisation à la multinationale Shell de forer des puits de pétrole dans des zones vierges de l’Arctique, menaçant gravement notre climat et la faune des océans. Mais il est possible de les arrêter.

Avant que Shell n’arrive en Arctique, leurs énormes bateaux doivent faire escale à Seattle. Mais un homme a le pouvoir de freiner leur course vers l’Arctique: Ed Murray, le maire de Seattle, que nous savons sensible à l’environnement. Il a déjà averti Shell que leurs plateformes n’auraient pas l’autorisation de se ravitailler à Seattle, mais ils lui ont répondu qu’ils utiliseraient le port quoi qu’il arrive.

Maintenant, c’est à M. Murray de décider: déposer les armes ou combattre jusqu’au bout pour l’Arctique. Nous savons qu’il est de notre côté, mais s’opposer à l’une des plus grandes multinationales de l’histoire, cela demande du courage. Montrons au maire que le monde entier est avec lui et avec les habitants de Seattle dans leur combat sans merci pour dire “Non” aux forages de Shell dans l’Arctique. Signez maintenant:

https://secure.avaaz.org/fr/shell_drilling_rb/?bEBYKab&v=58727

Chères amies, chers amis,

Le gouvernement américain vient de donner l’autorisation à la multinationale Shell de forer des puits de pétrole dans des zones vierges de l’Arctique, menaçant gravement notre climat et la faune des océans. Mais il est possible de les arrêter.

Avant que Shell n’arrive en Arctique, leurs énormes bateaux doivent faire escale à Seattle. Mais un homme a 
le pouvoir de freiner leur course vers l’Arctique: Ed Murray, le maire de Seattle, que nous savons sensible à l’environnement. Il a déjà averti Shell que leurs plateformes n’auraient pas l’autorisation de se ravitailler à Seattle, mais ils lui ont répondu qu’ils utiliseraient le port quoi qu’il arrive.

Maintenant, c’est à M. Murray de décider: déposer les armes ou combattre jusqu’au bout pour l’Arctique. Nous savons qu’il est de notre côté, mais s’opposer à l’une des plus grandes multinationales de l’histoire, cela demande du courage. Montrons au maire que le monde entier est avec lui et avec les habitants de Seattle dans leur combat sans merci pour dire “Non” aux forages de Shell dans l’Arctique. Signez maintenant:

https://secure.avaaz.org/fr/shell_drilling_rb/?bEBYKab&v=58727

Les forages arctiques sont extrêmement incertains et dangereux pour notre climat. La base de garde-côtes la plus proche se trouve à plus de 1000 milles nautiques des zones d’extraction. Si quelque chose ne se passe pas comme prévu – ce qui, de l’aveu même de Shell, est probable – il serait impossible d’intervenir.

Mais ce qui reste incompréhensible, c’est que nous envisagions d’exploiter ce pétrole dans des conditions aussi extrêmes. Pour la communauté scientifique, c’est totalement incompatible avec l’objectif de conserver le climat dans lequel l’humanité s’est développée. Des profits pour Shell ou un climat sûr pour tous? La décision devrait être facile à prendre!

À Seattle, la bataille fait rage. La semaine dernière, alors que la pression des organisations locales était montée d’un cran, le maire a déclaré à Shell que leurs permis ne les autoriseraient pas à réaliser les activités prévues. Mais les bateaux de Shell sont déjà arrivés à Seattle, en violation des règles démocratiques les plus élémentaires.

Dans le passé, M. Murray a déjà pris position en faveur l’environnement. Aujourd’hui, il a une chance unique d’être le champion qu’attendent les peuples du monde entier en mettant ses avocats et sa police entre les plateformes de Shell et les fragiles immensités de l’Arctique. Notre destin dépend de sa décision: apportons-lui le soutien sans faille qu’il mérite pour prendre la bonne décision. Cliquez ici pour signer maintenant:

https://secure.avaaz.org/fr/shell_drilling_rb/?bEBYKab&v=58727

Il ne s’agit pas juste de protéger les ours polaires et toutes les autres magnifiques espèces de l’Arctique. Il s’agit d’interdire l’extraction du pétrole dans une des zones les plus préservées de la planète et de soutenir avec tout notre espoir et toute notre détermination l’homme qui peut freiner Shell, ici et maintenant. Faisons entendre aux pollueurs du monde entier que nous serons toujours là, ensemble, pour un avenir 100% propre.

Avec espoir,

David, Mais, Emma, Mia, Andrew et toute l’équipe d’Avaaz

Pour plus d’informations:

Les Etats-Unis autorisent le forage de pétrole et de gaz dans l’Arctique (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/energies/article/2015/05/12/les-etats-unis-autorisent-le-forage-de-petrole-et-de-gaz-dans-l-arctique_4631526_1653054.html#lthT5cX2msYwOI1F.99

Obama autorise Shell à chercher du pétrole dans l’Arctique (Le Figaro)
http://www.lefigaro.fr/societes/2015/05/12/20005-20150512ARTFIG00103-obama-autorise-shell-a-chercher-du-petrole-dans-l-arctique-d-alaska.php

Les dangers du dégel de l’Arctique et de l’exploitation de ses ressources (Francetvinfo)
http://geopolis.francetvinfo.fr/les-dangers-du-degel-de-larctique-et-de-lexploitation-de-ses-ressources-59675

Prospection pétrolière en Arctique (Greenpeace)
http://www.greenpeace.org/france/fr/campagnes/energie-et-climat/fiches-thematiques/risques-et-impacts-potentiels/

Selon le maire, Shell doit déposer une demande de permis auprès du port pour que ses bateaux puissent accoster (The Seattle Times, en anglais)
http://www.seattletimes.com/seattle-news/politics/mayor-port-needs-new-permit-to-host-oil-drilling-fleet/

L’increvable Belgique et ses néo-Belges

Nous assistons à un tir groupé des médias francophones qui s’émerveillaient voici 15 jours de commenter une enquête menée par la KUL dans la seule région flamande. Ils remettent le couvert sur la table avec une nouvelle étude menée cette fois par l’UCL.  Ce  n’est pas la première fois que sondages, enquêtes ou commentaires s’intéressent à la seule Flandre et que les médias francophones laissent éclater leur joie. Ainsi avons-nous lu avant les dernières élections législatives que les nationalistes  représentaient en réalité 9 % du corps électoral flamand, que les « Diables Rouges » étaient une arme anti NV-A … On a vu le résultat !

Cette semaine, c’est l’exaltation : « Les Belges tiennent encore à leur mère patrie ». Les deux enquêteurs mettent face à face le sentiment d’appartenance au pays (la Belgique) et à leur région (Flandre et Wallonie oubliant au passage la région bruxelloise) confondant allègrement communautés linguistiques et régions.

Encore faudrait-il expliquer les différences notoires qui existent entre sondages, enquêtes et études qui ne répondent pas aux mêmes règles. Lors d’une enquête, la personne qui interroge, qu’elle le veuille ou non, influence la ou les réponse(s) que va lui donner son interlocuteur. Un sondage répond à des exigences beaucoup plus strictes qui sont traitées par des instituts qui tiennent à leur réputation et selon des critères bien définis avec une marge d’erreur déterminée.

 

Les Belges tiennent encore à leur mère patrie

© Image Globe

Selon eux, l’identification à la Belgique a augmenté ces 15 dernières années dans les deux communautés linguistiques, rapporte « Le Soir » mardi dernier.

En Flandre, 50% des personnes interrogées en 2014 s’identifiaient en premier lieu à la Belgique. Soit 5% de plus qu’en 1991. Ce sentiment est toutefois plus important auprès de la population que parmi les élites flamandes.

Du côté wallon, 65% des personnes sondées s’identifient d’abord en tant que Belges. Les auteurs relèvent par ailleurs que les Wallons sont peu concernés par la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Dans Les chagrins de la Belgique, que Le Vif/L’Express dévoilait, en primeur, l’historien britannique Martin Conway dissèque les trois années d’après-Libération du pays. Tous les ingrédients étaient alors réunis pour que la Belgique s’effondre. Or elle a survécu. 

L'increvable Belgique et ses néo-Belges

© Belga

Surtout, s’émerveille Conway, « l’Etat-nation belge resta en place, sans le moindre changement. Il n’y eut pas de révision de la Constitution de 1831 ; Bruxelles ne céda pas une once de pouvoir aux régions, émergentes, de Flandre et de Wallonie ». Et, concrètement, « la Belgique put prendre sa place pleine et entière, d’ailleurs de plus en plus centrale, dans le nouvel ordre ouest-européen ». Au fil de son volumineux ouvrage, l’éminent historien britannique, se basant sur des archives inédites, tente d’expliquer le pourquoi de cette résurrection belge.

Mais il rappelle que le miracle fut de courte durée : « Dès les années 1960, il devint clair que la Belgique ne  »fonctionnait » plus, en tant que communauté politique, de la même façon qu’elle l’avait fait durant le siècle passé. Le fossé qui se creusait de plus en plus entre de larges pans de la population et les principaux partis, le système politique dont ils étaient l’expression, (…) ainsi que l’émergence de mouvements flamands et wallons étaient autant de symptômes d’une crise politique devenue, à la fin des années 1960, une réalité incontournable. »

Ce fut alors l’avènement des grandes réformes de l’Etat, la première intervenant en 1970, la dernière en date se matérialisant aujourd’hui, tout en n’ayant pas encore révélé tous ses effets, même aux yeux de ceux qui en sont les instigateurs. Conway considère donc qu' »à la fin du vingtième siècle, la Belgique est devenue le symbole d’un Etat en situation d’échec, ou plus exactement de ce qui arrive lorsque les structures politiques et les liens moins tangibles de citoyenneté partagée s’effilochent au sein d’un Etat-nation européen. » (ndlr : la Belgique ne fut jamais une nation, mais un Etat des plus florissants quand l’industrie wallonne eut atteint son apogée)

La Belgique sera un formidable sujet d’étude pour les historiens du siècle prochain

L’heure de la liquidation du pays sonne-t-elle dès lors maintenant, septante ans après la fin de la Deuxième Guerre ? Pas encore, assure l’historien britannique : « Peut-être la Belgique a-t-elle, en effet, cessé de fonctionner effectivement en tant que communauté politique ; mais aucune des diverses solutions  »post-Belgique » n’a su gagner l’appui massif de la population. »

L’enquête de l’Université catholique de Leuven (KUL), réalisée en Flandre entre le 2 octobre 2014 et le 16 mars 2015, ne révèle pas autre chose. Publiée ce 28 avril, elle démontre même un regain d’intérêt des citoyens flamands pour l’autorité fédérale ou à tout le moins une satisfaction face au système actuel : seulement 36,4 % d’entre eux souhaitent un renforcement de l’autonomie des Régions et des Communautés, alors qu’ils étaient 46,9 % en 2007 et 49,8 % en 2003. De la même façon, plus de la moitié des électeurs interrogés (56,7 %) déclarent s’identifier d’abord comme Belges, avant d’être Flamands (27,7 %). (ndlr : comment pourrait-il en être autrement avec une Flandre exerçant à la sauce flamande, très anglo-saxonne, de plus en plus de compétences au sein de sa région et où elle se sert sans vergogne au fédéral (l’Etat belge) au profit de la Flandre en s’appuyant sur les puissantes machines politiques que sont la N-VA, le CD&V et l’Open-VLD. De son côté, la Région de Bruxelles, par un P.I.B. très élevé, continue de faire profiter ses classes sociales les plus privilégiées d’une accumulation d’institutions internationales et d’industries qui ont établi leur siège social en son sein sans trop s’occuper d’une politique qui profiterait à tous ses citoyens. Côté wallon, nous attendons toujours un projet mobilisateur clair qui permettrait à la Région de réussir une reconversion industrielle forte après la saignée de la sidérurgie, la Fédération Wallonie-Bruxelles, créature hybride sans politique définie,  servant de paravent à la situation économique véritable de la Wallonie, surtout en ce qui concerne les finances publiques wallonnes. ) 

Cela, avec un gouvernement fédéral ultra dominé par les partis du Nord. Et au sein duquel la formation la plus importante aspire toujours ouvertement à l’évaporation de la Belgique. L’époque actuelle, avec cet exécutif inédit et cette évolution institutionnelle cruciale, sera donc un formidable sujet d’étude pour les historiens du siècle prochain. Ils y décrypteront probablement comment « cet impossible pays » a donné naissance, près de deux cents ans après sa création, non pas aux « post-Belges » mais à ce qui ressemble bel et bien à une sorte de « néo-Belges ». Sans qu’on sache jusqu’ici s’il faut ou non s’en réjouir.

Pour la population wallonne, il y a lieu de ne pas s’en réjouir car après le gouvernement Michel surviendra la 7ème réforme de l’ Etat qui, petit à petit, mettra fin aux transferts financiers entre la Flandre et la Wallonie évalués aujourd’hui à 7 milliards d’€. Cette situation engendrera une diminution des prestations sociales conjuguée à une augmentation des impôts. Il est plus que temps que nos dirigeants politiques disent cette cruelle vérité aux Wallonnes et Wallons. Faute de ne pas avoir anticipé à temps le risque d’appauvrissement inhérent à une Wallonie autonome, ce sont les mouvements sociaux , voire l’insurrection qu’il faudra affronter. Ce scénario peut vous paraître excessivement noir. Nous pensons qu’il est, hélas, tout simplement réaliste. Dès maintenant, il importe de mettre sur la table tous les scénarios possibles afin de choisir celui qui, par la solidarité, mettra la Wallonie à l’abri du pire. Le rôle de l’ AWF est d’être cet éveilleur des consciences des décideurs politiques, sociétaux, économiques, culturels et autres. Il est aussi d’implorer les médias de cesser d’occulter la vérité sur le futur wallon.

Paul D.

L’institutrice ou l’instituteur maternel pourra enseigner en primaire etc…

« Décidément, on n’ a pas encore tout vu. L’imagination (pour se faire mousser) n’a pas de limite. » Ce commentaire est celui de M. Jules Jasselette qui fut un brillant Echevin de l’ Instruction à la ville de Liège.

 18/05/15 – 22h24  Source: Belga

© belga.

Le groupe de travail chargé de débroussailler le terrain avant de réformer la formation initiale des enseignants, comme le prévoit l’accord de majorité PS-cdH en Fédération Wallonie-Bruxelles, est tombé d’accord pour suggérer une plus grande flexibilité à l’avenir dans l’affectation des enseignants entre niveaux d’enseignement.

Ainsi, comme le rapporte lundi le quotidien Le Soir sur son site internet, l’enseignant maternel pourrait à l’avenir enseigner aussi en 1re et 2e primaires, tandis que l’instituteur de primaire pourrait travailler en 3e maternelle.

Quant au régent (affecté aujourd’hui au secondaire inférieur), il pourrait enseigner demain en 5e et 6e primaires également. Le titulaire d’un Master universitaire (secondaire supérieur), pourrait, lui, enseigner aussi en 3e secondaire.

Ces changements doivent permettre d’adoucir le passage aujourd’hui difficile entre les différents niveaux d’enseignement. Nombre de jeunes éprouvent en effet de grandes difficultés à passer de primaire en secondaire, comme l’attestent les différences de résultats entre le Certificat d’Etudes de base (CEB, organisé en fin de primaire) et le CE1D, organisé à l’issue de la 2e année de secondaire.

Selon le quotidien, cette idée novatrice est appuyée à la fois par la ministre de l’Education, Joëlle Milquet, et le ministre en charge de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt.

Elu Di Rupo et la seule conviction du pouvoir

 

Très bel article écrit par le journaliste Thierry Fiorelli sur le site du  » Vif-L’Express ». Je vous en laisse juge …

Les dirigeants de pays, de partis, se coupent toujours davantage des réalités. Sans s’en rendre compte une seconde, persuadés qu’ils sont d’être de la race des seigneurs démontre impitoyablement Marc Dugain dans son livre Quinquennat.

Elu Di Rupo et la seule conviction du pouvoir
Elio Di Rupo © Belga

Marc Dugain est un personnage fascinant. Français né au Sénégal, petit-fils de « gueule cassée », fils de résistant, ancien patron de compagnies aériennes, il est devenu romancier à succès la quarantaine passée. Depuis, quinzes bonne années plus tard donc, il a été adapté au cinéma, a créé des mises en scène pour le théâtre et fait partie des chroniqueurs stars du Point. Voilà que sort ces jours-ci son dernier roman, Quinquennat. En réalité, c’est le deuxième volet d’une trilogie (Emprise en constituait le premier) consacrée au monde politique. Aux hommes politiques surtout. Dans son récit, Dugain, qui les a côtoyés dans la « vraie vie », qui les scrute depuis longtemps, fouille au plus profond de leur psychologie, de leur âme-même. Et il remonte de cette plongée avec une certitude : ceux qui comptent réellement, ceux qui pèsent, en France depuis Chirac et Mitterrand jusqu’à Sarkozy, Hollande ou Valls, ont une telle soif de pouvoir qu’elle finit, toujours et pour tous, par se transformer en unique moteur de leur action, de leur engagement, de leurs ambitions.

C’est le pouvoir qui importe, et lui seul. Décrocher le pouvoir, et puis le garder. Et ce but devient obsession. Et cette obsession frise la pathologie. Dans la mesure où, alors, les raisons qui mènent à la lutte pour ce pouvoir sont évacuées. Les convictions politiques, les projets de société, la foi authentique en des valeurs sont balayées par l’objectif d’occuper la fonction suprême. Et l’élimination de tous ceux et tout ce qui s’y opposent ou feraient figure d’obstacles devient un objectif en soi. A force, démontre impitoyablement Dugain, ces dirigeants de pays, de partis, se coupent toujours davantage des réalités. Sans s’en rendre compte une seconde, persuadés qu’ils sont d’être de la race des seigneurs.

Des élus.

En écoutant Elio Di Rupo, ce 11 mai, interrogé sur les ondes de la RTBF, on ne pouvait pas ne pas faire le lien avec les politiques décrits par Marc Dugain. Parce que tout le discours du président du PS, toute sa réflexion y sont à nouveau apparus comme articulés autour de la seule logique d’occupation du pouvoir. Pratiquement un an après des élections dont il croyait dur comme fer qu’elles le confirmeraient dans son rôle de chef du gouvernement national, un peu plus de six mois après la constitution d’une équipe dont son parti a été débarqué, c’est en monarque déchu et contraint à l’exil qu’il s’exprimait. Amer, reprochant à ses adversaires d’avoir trahi, accusant les médias de le saboter, esquivant toute critique à l’égard de sa présidence pour laquelle il était l’unique candidat (« Il faut respecter ceux qui sont élus, or j’ai été élu ») et osant même un « Je suis un Premier ministre qui met son expérience au profit de son parti » alors qu’il ne dirige plus qu’un parti d’opposition en grande difficulté.

C’est donc un homme de pouvoir mais auquel le pouvoir a échappé qui parlait. Sans autre programme que l’ambition de le récupérer, un jour ou l’autre. Sans autocritique. Sans visions concrètes, au-delà de la rhétorique, pour garantir le bien-être du plus grand nombre.

L’élu Di Rupo n’est évidemment pas le seul dans ce cas. Mais il incarne, aujourd’hui, plus que tous les autres, ce politique que Marc Dugain définit comme ayant un inextinguible « besoin d’être nommé. La comparaison peut sembler énorme, mais c’est assez proche du ressort du tueur en série qui a, avant tout, besoin d’exister, d’être nommé, c’est-à-dire remarqué, de lire son nom en haut de l’affiche. » Un projet strictement personnel, donc.

Gauche, droite, communautarisme et Marianne

Les Français se sont comportés avec un sang-froid et une dignité admirables face aux attentats de janvier. Peut-on en dire autant de tout le monde ? Rien n’est moins sûr car il y a aujourd’hui à gauche, des « laïcs-mais », et à droite, des « laïcs-désormais », des lanceurs d’alerte contre l' »islamophobie », comme Emmanuel Todd et Edwy Plenel d’un côté et, de l’autre, des personnes qui veulent transformer la laïcité en machine de guerre, non contre l’islamisme – ce serait légitime -, mais contre les musulmans.

Voilà bien l’un des effets les plus inattendus, les plus stupéfiants des attentats terroristes de janvier : la droite est en train de se rallier bruyamment à la laïcité, tandis que la gauche est en train de l’abandonner sur la pointe des pieds. Oh ! pas toute la droite, et pas toute la gauche… Sinon, je me demande bien où nous, à Marianne*, nous pourrions nous loger.

Mais de grâce, pas d’hypocrisie : le chassé-croisé est bel et bien en cours : il y a aujourd’hui à gauche, des « laïcs-mais », et à droite, des « laïcs-désormais ».

Quant au point d’achoppement, il est clair que c’est l’islam, que c’est la place de l’islam dans la société. Cette gauche-là, sans le dire, et parfois en le disant, s’est convertie au communautarisme, c’est-à-dire qu’elle reconnaît pour légitimes à l’intérieur de la société des groupes d’appartenance ethniques ou religieux, et surtout qu’elle envisage d’en faire des sujets de droit.

Autrement dit, cédant à la pression de cette partie de la communauté musulmane qui entend conquérir une existence visible dans la société française, et surtout voir cette existence reconnue, avec des intérêts propres et peut-être demain des droits propres, elle accepte de facto une sorte de Yalta religieux, où la France se composerait dorénavant de communautés catholiques, musulmanes, protestantes, juives, athées, comme au Liban par exemple.

Tel est l’enjeu de la bataille engagée depuis un quart de siècle autour du foulard et aujourd’hui de la jupe, des prières dans la rue, de l’abattage halal, des repas dans les cantines scolaires, des programmes d’histoire et d’instruction civique dans les collèges et lycées, de l’apartheid sexuel dans les piscines publiques, etc. A peine un problème est-il résolu qu’un nouveau se présente et l’on peut faire confiance aux communautaristes de tout poil pour inventer de nouveaux impératifs « religieux » et mener une guérilla sans fin contre l’indifférenciation républicaine de la cité. Pour le moment, les autres communautés religieuses ont réagi avec beaucoup de sang-froid, voire parfois de connivence, mais on peut être certain qu’à terme la concurrence pour l’affichage des croyances religieuses s’accentuera et fera de l’espace public un grand champ de foire pour les intégrismes rivaux. A ce moment-là, les idiots utiles du communautarisme de gauche protesteront de leur bonne foi et crieront que l’on va trop loin : mais il sera trop tard ; ils auront joué leur rôle de crétins accoucheurs d’un monde qui n’est pas le leur.

« La laïcité est le droit de déranger tous les tabous, afin que chacun demeure libre ». A l’inverse, la droite et l’extrême droite qui ont longtemps penché du côté du communautarisme, notamment par solidarité avec l’Eglise catholique, sont en train de se convertir à la doctrine républicaine classique, celle qui ne reconnaît que les individus comme porteurs de droits, à l’exclusion des communautés de toutes sortes, qui sont totalement libres d’agir à l’intérieur de la légalité républicaine, sans être aucunement reconnues ou subventionnées. De ce côté-là, le risque est autre : c’est celui de transformer la laïcité en machine de guerre, non contre l’islamisme – ce serait légitime -, mais contre les musulmans eux-mêmes. Cette tentation existe, comme elle exista jadis de la part de laïcistes acharnés contre le catholicisme.

Nous ne devons en aucun cas y céder. Et cela, le peuple français l’a parfaitement compris. A la différence de certains lanceurs d’alerte contre l’« islamophobie », comme Emmanuel Todd et Edwy Plenel, qui prennent leurs délires pour des réalités, les Français se sont comportés avec un sang-froid et une dignité admirables face à des attentats racistes qui avaient pour but de dresser l’ensemble du peuple de France contre sa partie musulmane. Tous, chrétiens, juifs, athées et même parfois musulmans, ont réagi en véritables laïcs, c’est-à-dire qu’ils ont refusé de communautariser les crimes contre Charlie Hebdo et le supermarché de la porte de Vincennes. Ils ont refusé de faire de l’islam le coupable et de tomber dans le piège qu’on leur tendait. Quand, au prix d’une sociologie dévoyée et infantile, Emmanuel Todd retourne contre les victimes le racisme des assassins, l’esprit est empli d’indignation et le cœur, d’accablement.

Le communautarisme est la négation de l’identité nationale au profit de l’identité des communautés qui sont censées la composer. C’est pourquoi il est un pistolet braqué au cœur de la nation. Je sais un gré infini à Caroline Fourest d’avoir, dans un livre lucide et courageux**, exalté avec panache la laïcité à la française contre le relativisme anglo-saxon. Celui-ci consiste à s’incliner devant tous les tabous, afin de ne contrarier personne. La laïcité est au contraire le droit de les déranger tous, afin que chacun demeure libre.

Car ce qui menace aujourd’hui le monde, ce n’est pas le blasphème, c’est la censure, et sous l’empire de la menace et de la loi de la violence, l’autocensure. J’ai été souvent choqué par les dessins de Charlie. Mais je défendrai jusqu’au bout son droit à me choquer. Et, quand je vois des hommes de gauche prêter la main à la bigoterie communautariste, je me dis qu’il est temps de se révolter contre l’imposture.

Jacques Julliard 

 * L’hebdomadaire « Marianne »

** Eloge du blasphème, Grasset

 

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde