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Waterloo 1815: l’occasion de se rafraîchir la mémoire

OPINIONS | vendredi 12 juin 2015 à 11h13 sur le site de la RTBF

  • Une Belgique autrichienne

    La Belgique est alors administrée par l’empereur d’Autriche, François II. Par la convention de Pilnitz, ce dernier s’entend avec le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II, pour restaurer le pouvoir absolu du roi de France, Louis XVI.

    La réaction du ministère girondin-jacobin ne se fait pas attendre : une déclaration de guerre est adressée à l’empereur d’Autriche. Après l’échec d’une première tentative d’invasion des Pays-Bas autrichiens, fin avril 1792, le général Dumouriez remporte, le 6 novembre 1792, la victoire de Jemappes, grâce à laquelle il fait tomber les « provinces Belgiques » dans l’escarcelle française, à l’exception du Luxembourg et du Limbourg.

    Héritage éphémère, puisque, le 18 mars 1793, les Autrichiens récupèrent leurs possessions après avoir remporté la victoire de Neerwinden.

    Mais le 26 juin 1794, la contre-offensive française déclenchée à Fleurus aboutit à la conquête définitive des Pays-Bas autrichiens, ainsi que de la Hollande. Avec la chute de Liège, un mois plus tard, c’est le pouvoir épiscopal qui disparaît dans la principauté.

    Une Belgique française

    Nous voici donc Français, administrés tour à tour par la Convention (1792-1795), le Directoire (1795-1799), le Consulat (1799-1804) et l’Empire (1804-1814).

    Durant les premiers mois d’avril 1814, va se dérouler la Campagne de France contre la sixième coalition. Mais Napoléon ne peut empêcher celle-ci d’atteindre Paris et, le 6 avril, il se voit contraint d’abdiquer. C’est l’exil sur l’Ile d’Elbe et la restauration de la monarchie des Bourbons, en la personne de Louis XVIII.

    Une Belgique hollandaise

    Conclu le 30 mai 1814 entre ce dernier et les puissances alliées, le traité de Paris stipule, en son article VI, que la Hollande, placée sous la souveraineté de la maison d’Orange, recevra un accroissement de territoire. Cet accroissement visera la Belgique et sera ratifié par le Congrès de Vienne, le 15 mars 1815, Guillaume Ier d’Orange se retrouvant ainsi à la tête du Royaume uni des Pays-Bas.

    Entre-temps, Napoléon s’est évadé de l’Ile d’Elbe, le 26 février et a rétabli son pouvoir à Paris, forçant Louis XVIII à se réfugier à Gand, c’est-à-dire en Belgique… hollandaise. Et c’est aussi dans cette Belgique hollandaise, que Napoléon a décidé d’en découdre avec les puissances alliées, plus que jamais liguées contre lui. Il sait que, pour l’emporter, il doit tout faire pour éviter que Prussiens et Anglais se présentent devant lui en rangs unis.

    Sa tactique consiste donc à affronter d’abord l’armée prussienne de Blücher. C’est la victoire de Ligny, le 16 juin. Sauf que la victoire n’est pas totale, puisqu’une partie des Prussiens ont battu en retraite. Ordre est donc donné au général Grouchy de les retrouver et de les empêcher de rallier les troupes anglaises de Wellington, concentrées à Mont-Saint-Jean, à quelques kilomètres de Waterloo.

    Le 18 juin, alors que Napoléon attend Grouchy pour lancer l’offensive finale, c’est Blücher qui vient prêter main-forte à Wellington pour assurer la victoire.

    A la question : Et si Napoléon avait remporté la bataille ? 

    Yves Vander Cruysen, échevin du Tourisme à Waterloo, répond : C’est de l’histoire-fiction, il a perdu. S’il avait gagné, il aurait sans doute signé un traité avec les alliés afin de préserver les frontières de la France et garantir la paix. Nos territoires seraient restés hollandais, ce qu’ils étaient depuis le 15 mars 1815.

    Qu’il nous soit permis d’émettre un avis différent.

    Nous pensons, en effet, qu’une victoire de la France aurait mis fin à la parenthèse hollandaise de la Belgique et assuré un destin différent à cette dernière.

    Le Royaume uni des Pays-Bas fut loin d’être une réussite. Il s’écroula d’ailleurs en 1830 pour donner naissance, à la conférence de Londres, au Royaume indépendant de Belgique.

    Talleyrand participa à cette conférence en tant qu’ambassadeur de France. Dans la biographie qu’il lui consacre, G. Lacourt-Gayet rapporte cette conversation que la princesse de Lieven eut avec le « diable boiteux », en date du 29 octobre 1832 :

    Prince T. – Eh bien ! Parlons de nos deux armées. Qu’en pensez-vous ?

    Moi. – Que vous avez pris beaucoup de peine pour quelque chose qui ne durera guère.

    Prince T. – Ah ! ah ! vous le pensez !

    Moi . – Et vous, mon prince ?

    Prince T. – Je l’espère.

    Moi.- Quoi ! vraiment que votre royaume belge et votre roi belge…

    Prince T. – Ne durerons pas. Tenez, ce n’est pas une nation. Deux cents protocoles n’en feront jamais une nation ; cette Belgique ne sera jamais un pays ; cela ne peut tenir.

    Moi.- Eh bien ! mais après, quoi ?

    Prince T. – Dites-le vous-même.

    Moi. – Oh ! si vous voulez mon opinion, la voici : la Belgique à la Hollande ou la Belgique partagée.

    Prince T.- Eh bien ! partageons ; cela nous fera toujours passer la soirée. Arrangez-moi cela.

    Moi.- Rien de plus facile ; il faut contenter tout le monde.

    Prince T. – Qui est tout le monde ?

    Moi. – Voici qui n’en est pas : ni nous, ni l’Autriche.

    Prince T. – Eh bien ! reste ?

    Moi.- Vous, un peu ; la Hollande, beaucoup ; et la Prusse, probablement ; et puis…

    Prince T. – Et puis qui ?

    Moi. – Oh ! à l’Angleterre, quelque chose. Anvers, par exemple.

    Prince T. (frappant le plancher de sa canne, la table de son poing, de façon à faire bondir sa tasse et éveiller l’attention de tout le salon.) – Anvers ! Anvers à l’Angleterre ! Mais savez-vous que c’est révoltant ce que vous dites là ! Quoi ! l’Angleterre sur le continent ? Madame, tant qu’il y aura une France si petite qu’elle soit, il n’y aura pas, il ne peut y avoir l’Angleterre sur le continent. Vous me révoltez ; cela n’est pas soutenable ; ce que vous sites là, c’est abominable

    Moi.- Eh bien ! mon prince, ne lui donnons rien. Cela m’est égal.

    Prince T. – Allons ! allons ! je vois bien que vous plaisantez.

    Moi. – Comment ? vous le découvrez à présent.

    Prince T. – Mais c’est que tout le reste était si bien. Tenez ! je vous remercie d’être venue causer avec moi. Je ne vous savais pas si bonne enfant ; je vois qu’on peut s’arranger avec vous.

    On peut imaginer aisément, au départ de cette conversation, comment Talleyrand aurait réglé le cas belge si la France était sortie victorieuse à Waterloo…

    Toujours est-il que lors de la bataille, la dualité communautaire belge se manifesta. Dans son « Histoire des Belges », Henry Dorchy constate, en effet : Les Belges se divisèrent en 2 camps : les uns, surtout recrutés en Wallonie, se rangèrent du côté des Français ; d’autres, originaires de Bruxelles et de la Flandre, soutinrent les Anglo-Prussiens et les Hollandais de Guillaume d’Orange (…). au soir de la bataille, les populations wallonnes (en particulier les Carolorégiens et les Namurois) accueillirent les soldats français en retraite et soignèrent les blessés.

    Jules Gheude

    Jules Gheude se définit comme essayiste politique. Il est né à Braine-l’Alleud en 1946. En 2008, il lance le « Manifeste pour la convocation des États généraux de Wallonie ». Depuis février 2010, Jules Gheude coordonne les travaux du Gewif (Groupe d’Études pour la Wallonie intégrée à la France). Son intérêt marqué pour la problématique communautaire belge l’a amené à écrire plusieurs ouvrages sur le sujet.

P.S. et P.S. : deux poids et deux mesures

Nous reproduisons une nouvelle fois un coup de gueule bien senti de Jean-Luc Lefèvre.

Bonjour,

Un coup de gueule, encore un ! Veuillez m’en excuser, mais…

DE BRIGODE, hier soir, une fois de plus, a pris la posture de SAINT – JUST. Pour, cette fois, condamner VALLS et son voyage à Berlin, avec enfants, dans l’avion du gouvernement, pour assister à la finale de l’Europe League, dont coût 25 000€ ! Que ce dernier s’est engagé à rembourser !!!

Mais, quand DI RUPO, à deux reprises, s’est rendu au Brésil pour encourager les Diables, dont coût 500 000€, il n’a rien dit !!! Il s’agissait aussi, pourtant d’un Premier Ministre ! Et de l’argent public !

Le citoyen belge l’a appris plus tard, par hasard !!! Le consensus belgo-belge, sans doute, qui n’existe pas en France ! Et, surtout, vu de…Belgique !

Qu’est-ce que ce journalisme dévoyé et…subsidié ???

J’ai interrogé le médiateur de la RTBF. J’attends sa réponse et vous en informerai.

Merci de toujours me lire,

Jean-Luc Lefèvre

Emptinne

Choix de vie et choix de société

Le Traité Transatlantique dans nos assiettes en une seule image

taftaSource de l’image: Comité Stop-TAFTA via Sott.net

Soit-dit en passant: Certains considèrent peut-être que le sujet est redondant et que nous en parlons beaucoup sur le blog, mais il faut bien comprendre que le TAFTA, c’est le cancer assuré si on ne s’en tient qu’à l’alimentation, l’impact va être colossal puisque tous les droits vont être donnés aux multinationales. Quand à nous, nous ne serons que plus étouffés financièrement, et quand on aura chopé un bon gros cancer, alors cela sera direct à la chimio pour terminer le travail : continuer à nous ponctionner toujours plus tout en favorisant les intérêts de groupes privés qui n’ont rien de bienveillants ! Ils ont même réussi à valider le brevet sur les semences naturelles, ce n’est plus une catastrophe, ni une trahison, c’est bien au delà…

A ceci, nous tenons à rappeler l’exigence française de l’exception  culturelle dans tout traité de coopération. Non, le culture n’est pas une marchandise ! Ou si elle l’est aux yeux de ceux qui ne voient en elle qu’un produit qui se vend et s’achète, elle ne peut répondre aux mêmes critères de marchandisation.

Paul D.

Start-up: la Flandre a déjà largué la Wallonie.

09/06/15 à 10:30 – Mise à jour à 10:42

Source : Trends-Tendances

N.B. : le titre de cet article a été modifié par la rédaction de notre site

Marc Coucke, Duco Sickinghe (ex-Telenet) et d’autres grands noms du business flamand se mettent au service des jeunes pousses du numérique. Les start-up flamandes Engagor et Amplidata se vendent des dizaines de millions aux Etats-Unis. REstore, Teamleader, Ojoo et Nallian lèvent plusieurs millions. La Flandre a-t-elle déjà pris une large longueur d’avance.

Start-up: la Flandre a-t-elle déjà largué la Wallonie?

La Belgique des start-up. © DR

Depuis quelques mois, la planète start-up du numérique est en pleine ébullition en Belgique (Ndlr : lisez en Flandres). Les bonnes nouvelles se succèdent entre les levées de fonds, les belles reventes de start-up belges (Ndlr : lisez « flamandes ») et le plan start-up du ministre de l’Agenda numérique, Alexander De Croo (Open Vld). Pas plus tard que le 21 mai, la PME gantoise Engagor (une plateforme de services à la clientèle et d’engagement social) annonçait fièrement sa reprise par son concurrent américain Clarabridge pour un montant non dévoilé mais que certains observateurs évaluent à plus de 30 millions d’euros. Une nouvelle opération qui démontre que nos start-up belges, et nos jeunes entrepreneurs, ont l’étoffe nécessaire pour imposer un projet d’entreprise et (bien) le vendre. Ce n’est pas Jérémy Le Van, fondateur de Sunrise, qui dira le contraire, lui qui a revendu son bébé à Microsoft pour 100 millions de dollars.

Mais à y regarder de plus près, nombre de ces bonnes nouvelles concernent en réalité les start-up flamandes du numérique (software et Internet). « Alors qu’il y a trois ou quatre ans, on sentait que le marché francophone était précurseur sur le créneau des start-up avec le lancement du Betagroup, de Nest’Up etc., cela a changé depuis un an, commente Frederik Tibau, journaliste spécialisé chez Datanews. Et grâce à de nombreuses initiatives, la Flandre rattrape son retard. » L’une des plus grosses acquisitions de start-up belges réalisées ces derniers temps est sans doute celle d’Amplidata par le géant mondial du stockage de données Western Digital. Si le montant de l’opération n’est, lui non plus, pas dévoilé, nos informations laissent entendre que l’opération fut juteuse (plusieurs centaines de millions). Amplidata est, elle aussi, une firme flamande. Tout comme Teamleader qui a annoncé, en mai, une levée de fonds à 2,5 millions d’euros pour son développement. Ou encore Ojoo qui a levé 1 million d’euros, Nallian qui annonce 1,25 million et REstore qui a trouvé 7 millions d’euros en Belgique.

Trop peu d’exemples francophones

Est-ce à dire que les bonnes nouvelles made in Belgique francophone  (Ndlr : appécions cette façon de dire les choses (sic) ) se perdent dans le désert ? Pas du tout ! Récemment, Take Eat Easy, start-up bruxelloise qui entend numériser la livraison de repas à domicile, a attiré Rocket Internet dans son capital et levé 6 millions d’euros. Softkinetic, spécialiste de la reconnaissance de mouvement, continue son bonhomme de chemin et installe discrètement sa technologie auprès de partenaires de renom et négocie avec une multitude de géants mondiaux.

Mais force est de constater un certain dynamisme ces derniers mois en Flandre, que l’on retrouve moins du côté francophone, en Wallonie en particulier. En premier lieu du côté des investisseurs. « Il y a beaucoup plus de business angels en Flandre qu’en Wallonie, c’est une évidence, avance tout de go Frank Maene, managing partner du fonds Volta Venture. Et c’est aussi le cas en matière de venture capitalist. » L’homme s’y connaît. Il est l’une des figures de proue de l’investissement dans les start-up en Belgique. Depuis courant 2014, il est à la tête du plus gros fonds privé « internet et software ». Il dispose de 55 millions d’euros à injecter dans les start-up. Pour l’instant, Volta Ventures n’a pris que deux participations depuis son lancement dans BeaSwitch et Sentiance, deux firmes flamandes. En mars, on apprenait que le richissime Marc Coucke investissait 7 millions d’euros dans Volta Ventures. L’ancien CEO de Telenet, Duco Sickinghe a aussi créé son fonds, Fortino, pour prendre pied dans l’univers des start-up. Avec une première participation à 2,5 millions dans Teamleaders. En 2013 déjà, un autre dirigeant de l’opérateur malinois (son ex-COO), Jan Vorstermans, décidait de créer Qunova pour investir (et coacher !) de jeunes pousses. Ce fonds vient de se structurer en VentureWise dans lequel on retrouve notamment Bart Becks (ancien CEO de Skynet et chantre du numérique en Belgique). Sans oublier Jurgen Ingels qui, après avoir vendu Clear2Pay pour 375 millions d’euros, a créé SmartFin Capital, un fonds dédié aux start-up numériques dans le domaine des « fintech ». Son compère Michel Akkermans, co-fondateur de Clear2Pay, est lui aussi l’une des figures emblématiques des start-up aujourd’hui.

Réinvestir dans l’écosystème

A observer cette structuration des investisseurs en Flandre, on ne peut qu’y voir une méthode « à l’américaine » où les entrepreneurs et dirigeants à succès mettent à disposition des projets innovants une partie de leur trésor de guerre. Dries Buytaert, créateur de Drupal et de la société Acquia qui a levé l’an passé pas moins de 50 nouveaux millions de dollars aux Etats-Unis, a réinjecté une partie de ses économies dans Volta Ventures. Et Folke Lemaitre, fondateur d’Engagor fraîchement rachetée aux Etats-Unis, a d’ores et déjà annoncé qu’il allait réinvestir dans des start-up en Belgique !

Côté francophone, « nommer cinq business angels se révèle vite compliqué », critique un responsable de start-up francophone. Les noms des frères Zurstrassen, de Pierre Lhoest d’EVS ou de Cédric Donck reviennent régulièrement. « Mais il est vrai, que l’on n’a pas d’équivalent à un Volta Ventures du côté francophone, constate Roland Nobels, responsable du business development chez Mymicroinvest. Ce sont surtout des structures publiques locales qui se mettent au service des jeunes entreprises. » Seuls le « start-up studio » eFounders et le programme d’accélération Nest’up, à Mont-Saint-Guibert, sortent un peu du lot. Si eFounders est un projet privé, Nest’up est financé par Creative Wallonia (programme du gouvernement wallon à hauteur de… 200.000 euros) et a notamment cocooné Take Eat Easy ou la prometteuse Sortlist. Mais une fois sorties de Nest’up, les jeunes entreprises doivent aller frapper à différentes portes pour trouver de nouveaux fonds. Quelques fonds privés créés par l’un ou l’autre entrepreneurs existent, comme le LeanFund lié à Nest’up, qui investit de petits montants aux débuts de la vie de l’entreprise. Take Eat Easy, Djump, Sortlist, 1001Belges y ont fait appel. Pour le reste, les créateurs ont le choix : Meusinvest, Sambreinvest, Nivelinvest, autant de structures publiques morcelées localement.

Une réalité qui fait grimper aux rideaux Xavier Damman, entrepreneur wallon à succès derrière Storify et expatrié aux Etats-Unis. « Les Flamands ont eu l’intelligence de donner les rênes d’institutions comme iMinds qui fait de l’excellent boulot à des gens de terrain qui sont eux-mêmes des entrepreneurs. Cela fait toute la différence. La Wallonie est beaucoup trop politisée et cela ralentit son développement économique. Au 21e siècle, le politique ne doit plus diriger, il doit définir un cadre et laisser les rênes aux gens de terrain… »

Réussites à l’international

Surtout, certains observateurs soulignent l’importance d’avoir des investisseurs tels que Frank Maene, Jurgen Ingels ou autres Duco Sickinghe. « Ces gens ont en général leur propre expérience d’entrepreneurs ou d’intrapreneurs et un réseau international qu’ils mettent au service des start-up dans lesquelles ils investissent, analyse Jean-Michel Noé, M&A senior manager chez Deloitte Fiduciaire. Une personne comme Frank Maene joue parfaitement son rôle de venture capitalist (VC) belge et connecte ses start-up avec les investisseurs et les corporates, y compris à l’international. » Les récentes reventes d’Amplidata et d’Engagor ou la levée de fonds d’un Showpad (8,5 millions l’an passé) sont de parfaites illustrations de réussites flamandes à l’international. A plus forte raison si ces entreprises parviennent à garder l’essentiel de leur technologie en Belgique. « On sent, il est vrai, plus d’alignement vers l’international en Flandre avec les VC, le Voka, les chambres de commerce et le gouvernement flamand », constate Jean-Michel Noé. « Aujourd’hui en Flandre, l’esprit des start-up est beaucoup plus tourné vers l’international, enchaîne Alexis Safarikas, cofondateur de la start-up wallonne ListMinut. Il y a là-bas une vision et une connaissance du digital et une volonté de lancer des projets qui peuvent s’exporter. Or, il faudrait une même approche en Wallonie car le marché d’une start-up n’est, par définition, pas cantonné à un si petit marché. » La start-up wallonne a d’ailleurs levé des fonds auprès de business angels néerlandophones et a déplacé son siège vers notre capitale. (Ndlr : que voilà une grande idée (sic) )

La Wallonie plus performante ?

Reste qu’il ne faut pas noircir totalement le tableau francophone. Omar Mohout, senior advisor chez Sirris, le centre collectif de l’industrie technologique, souligne qu’il « faut dépasser la simple perception et les annonces de belles réussites récentes du côté flamand ». Ce Flamand avance le nombre de start-up et, pour lui, la Wallonie n’est pas en retard. L’étude menée par Sirris montre que 50 % des créations de start-up ont eu lieu en Flandre, 33 % à Bruxelles et 17 % en Wallonie. L’expert met ces chiffres en perspective en les comparant à la participation des régions au PIB (2013). La Flandre génère, d’après la Banque nationale, 58 % du PIB, Bruxelles 18 % et la Wallonie 24 %. « On voit bien qu’en matière de start-up, c’est Bruxelles qui est plus performante et que la Flandre réalise une performance proportionnellement beaucoup moins bonne que la Wallonie », argumente Omar Mohout. Cette constatation serait encore plus flagrante quand on examine les start-up les plus mûres : la Wallonie accueille 29 % de ces start-up (voir tableau). Bien sûr, la distinction géographique ne plaît pas à tout le monde et n’a « aucun sens dans l’univers numérique », nous rétorquent plusieurs interlocuteurs. « A l’heure du numérique, le monde est un village et le marché d’une start-up est mondial », nous glisse un jeune responsable de start-up. Certes, mais la Wallonie cherche son renouveau, dans le numérique notamment. C’est bien Jean-Claude Marcourt qui veut voir la Wallonie grimper dans le train des « meilleures régions au monde en termes de numérique », nous confiait-il début avril, en marge des assises du numérique. Pour y parvenir, la Wallonie devra aller un pas plus loin. « Je crois qu’il est très important de déjà commencer par renforcer les liens de l’écosystème des start-up wallonnes avec l’écosystème en Flandre, insiste Jean-Michel Noé (Ndlr : encore un doux rêveur ce Jean-Michel Noé) . Mieux s’intégrer dans l’association STARTUPS.be et, très certainement, faire plus de lobbying pour mieux mettre en avant les atouts et les réussites wallonnes pour se positionner sur la carte numérique. »

Il est, en effet, symptomatique de constater que lors du Benelux TechTour,(Ndlr : invention très prometteuse pour la Wallonie (sic)) une initiative de l’association des start-up pour mettre en relation les jeunes pousses et les investisseurs dans le Benelux, les arrêts se sont faits à Bruxelles, Anvers et Rotterdam. Aucune ville wallonne n’a trouvé sa place dans ce programme réunissant plus d’une centaine d’investisseurs et 75 start-up ! D’ailleurs, dans les 12 lauréats des Tech Tour Awards, on ne trouve aucun francophone… (Ndlr : qui s’en étonnera ?)

Do you speak english ?

Peut-être est-il temps d’apprendre l’anglais. C’est aussi basique que cela mais de nombreux intervenants nous ont souligné ce point faible. La maîtrise de la langue internationale fait encore trop souvent défaut en Wallonie. « Or l’anglais devrait être omniprésent dans les start-up, y compris côté francophone, insiste Roland Nobels de Mymicroinvest. Quand on organise une session de crowdfunding en live, trop d’entrepreneurs francophones perdent leur tonus quand ils doivent pitcher en anglais. D’ailleurs, aujourd’hui, ils font leur présentation dans leur langue… » Sur cette question cruciale de l’apprentissage de la langue, Jean-Claude Marcourt répondait, dans nos colonnes en avril, que « le problème de l’anglais n’est plus un problème chez nos jeunes ».

 

Les gares du Grand Paris Express

Par Michel Feltin-Palas, publié le 09/06/2015 à 14:31, mis à jour à 15:14

EXCLUSIF – Treize architectes sont mobilisés pour imaginer 16 stations de la ligne 15 du Grand Paris Express qui devront être prêtes d’ici 2022, entre Noisy-Champs et Pont de Sèvres. Aperçu en images de l’intérieur et extérieur de ces stations qui cherchent à être des espaces de vie autant agréables que praticables.

Gare du Nord-noisy-champs

Perspective extérieure de Noisy Champs.Ici se croiseront demain trois lignes de métro et une ligne de RER. Pour rendre ces correspondances simples et agréables, Jean-Marie Duthilleul a fait descendre la nature dans la gare et rendu visibles tous les moyens de transports. En cohérence avec la cité Descartes toute proche, dédiée à la ville durable. relier les villes d’Ile de France entre elles sans avoir à passer par Paris. Un projet d’envergure nommé « Grand Paris Express » dont la première étape est la construction et l’ouverture de 16 gares allant de Noisy-Champs à Pont de Sèvres. Les gares de Villejuif-Institut Gustave Roussy et Saint-Maur-Créteil descendront jusqu’à 50 mètres sous terre, ce qui représente un véritable défi technique et esthétique.

Commentaire de l’ AWF : et dire que nos « décideurs » (sic) sont toujours incapables de construire le moindre R.E.R. qui désengorgerait la circulation entre Brabant wallon, Région de Bruxelles et Brabant flamand.

Cet article est à faire suivre à vos contacts sans modération !

Une bonne nouvelle…!!!

Les tarifs de distribution changent. Un mot d’explication

Votre facture d’électricité est constituée de 4 composants :

  • Le prix de l’énergie (34% de votre facture totale). Le prix que vous payez effectivement à votre fournisseur d’électricité pour votre énergie consommée
  • La contribution énergie verte et coûts de cogénération (10% de votre facture totale). Il s’agit du coût des certificats verts et de cogénération pour satisfaire aux exigences régionales en matière d’énergie verte
  • Les tarifs de réseaux (48% de votre facture totale). Il s’agit du coût pour amener l’énergie à l’endroit où elle sera consommée.
  • Les taxes et surcharges imputées par les pouvoirs publics sur la consommation (8% de votre facture totale)

Votre facture de gaz naturel est constituée de 3 composants :

  • Le prix de l’énergie (48% de votre facture totale). Le prix que vous payez effectivement pour votre énergie consommée et le transport de celle-ci
  • Les tarifs de réseaux (distribution) (32% de votre facture totale). Il s’agit du coût pour amener l’énergie à l’endroit où elle sera consommée.
  • Les taxes et surcharges imputées par les pouvoirs publics sur cette consommation (20% de votre facture totale).

Les pourcentages sont des chiffres moyens pour un client résidentiel

  • avec une consommation d’électricité moyenne de 5000 kWh/an, compteur jour/nuit, 45% de consommation de jour
  • avec une consommation de gaz naturel moyenne de 23250 kWh/an
  • contrat Easy fixed, tva inclus, gestionnaire de réseau de distribution ORES Hainaut
  • compte tenu des nouveaux tarifs de distribution dès juin 2015

  • en Wallonie

     

    La CWaPE (le régulateur d’énergie wallon) a approuvé les tarifs de réseau de distribution . Ces adaptations sont d’application à partir du 1er juin 2015.

     

    • Les tarifs de distribution représentent une part importante de votre facture. Quelle part ?
    • Les tarifs sont déterminés par les gestionnaires de réseau et approuvés par la CWaPE
    • Ces tarifs sont les mêmes chez tous les fournisseurs d’énergie et sont portés en compte sur votre facture d’énergie. Les montants sont reversés aux gestionnaires de réseau.
    • Les modifications apportées aux tarifs de distribution diffèrent pour l’électricité et le gaz naturel et dépendent de l’endroit où vous vivez et de votre profil de consommation.

    Vous trouverez ci-dessous un aperçu des adaptations par gestionnaire de réseau.

    Evolution des coûts de distribution en  juin 2015 par rapport à 2014, en € par an

    Les montants ci-dessous sont d’application pour une consommation moyenne. L’impact de ces augmentations pour vous peut donc être plus ou moins important selon votre consommation.

      Electricité Gaz naturel
    Tarif normal
    3.500kWh
    Tarif bi-horaire
    5.000kWh
    Tarif exclusif nuit
    9.500 kWh +
    normal 3.500 kWh
    23250 kWh
    AIEG +38€ +54€ +136€
    AIESH +76€ +95€ +231€
    GASELWEST
    ORES (Brabant wallon) +21€ +25€ +52€ +74€
    ORES (Est) +55€ +68€ +148€
    ORES (Hainaut) +45€ +58€ +131€ +144€
    ORES (Luxembourg) +16€ +21€ +49€ +24€
    ORES (Mouscron) +11€ +18€ +57€ +137€
    ORES (Namur) +33€ +40€ +88€ +71€
    ORES (Verviers) +94€ +111€ +226€
    PBE +99€ +104€ +296€
    REGIE DE WAVRE +3€ +99€ +67€
    TECTEO – RESA +17€ +23€ +50€ +43€

     

Charleroi: deux cents marcheurs en centre-ville

Marie Adam Publié le dimanche 07 juin 2015 à 19h22 – Mis à jour le lundi 08 juin 2015 à 10h55 sur le site de « La Libre ».

Hainaut

On a l’habitude de voir déambuler des marcheurs aux quatre coins de l’Entre-Sambre-et-Meuse à cette époque de l’année. Par contre, on s’attend moins à les retrouver dans les rues de Charleroi. Samedi, près de deux cents d’entre eux ont pourtant défilé dans le centre-ville, accompagnés des tambours et des fifres.

Ils portaient des costumes du premier et du second Empire. Les groupes étaient issus de Monceau-sur-Sambre, Jumet, Gosselies, Charleroi, Marcinelle ou encore Gilly Sart-Culpart. Le cortège a démarré de l’esplanade de la gare de Charleroi-Sud sur le coup de 14h et a rejoint la ville haute en passant par les Quais de Brabant, la rue de l’Ecluse, le parc Reine Astrid et la place Charles II.

Des salves à gogo

Vers 16h, les compagnies ont offert un bataillon carré et des tirs de salves sur la place du Manège. Cette marche avait pour but de commémorer le passage à Charleroi de l’empereur Napoléon, deux cents ans plus tôt, alors qu’il était en chemin vers Waterloo.

L’échevine en charge de l’animation et des fêtes Julie Patte (PS) voulait, par la même occasion, valoriser le folklore régional. « Des marches se déroulent un peu partout et certaines sont très bien implantées dans les quartiers. Je pense bien sûr à Jumet et sa Madeleine mais aussi à Gilly. Le but de cette manifestation est de faire rayonner les autres marches plus petites, de leur donner de la visibilité. »…

La Belgique? Quelle place dans le monde?

Bonjour,

Vous trouverez ci-dessous un billet d’humeur consacré à la place de la Belgique dans l’échiquier international. Je vous remercie de votre patience à me lire.

« Trois évènements  dans l’actualité récente, pris au hasard : l’Exposition universelle de Milan, l’affaire Özdemir à la rue des Deux-Eglises et l’ouverture, à Grozny, du procès de l’assassin présumé du jeune homme de Rossignol qui s’inscrivent dans le prolongement d’une panne systémique à Belgocontrol.

A Milan, ce qui doit être une vitrine de la Belgique, dans un pavillon qui vaut le détour, la rogne et la grogne d’employés contaminés par le virus national de la grève ! A Ankara, dans l’affaire Özdemir, un consul de Belgique qui prête une oreille attentive à une obscure citoyenne turque dont le seul mérite est d’être la fille d’un président contaminé par le virus du totalitarisme sous le seul prétexte qu’un parti politique belge assume des valeurs qui ne sont pas les siennes. A Grozny, malgré les démarches de la famille de la victime laissée dans une totale ignorance, l’état belge est absent, et donc silencieux, comme si la diplomatie ne servait pas, comme la France l’a encore récemment montré aux Philippines, à défendre ses ressortissants ?

Grozny, c’est en Russie et il ne convient pas d’y provoquer la susceptibilité d’un autre dirigeant politique nostalgique de son empire. Ankara, c’est la Belgique où réside une importante communauté turque flattée par un président de République qui s’investit pour son seul parti dans un tourisme électoral qui le conduit à Hasselt… Sans oublier, en octobre prochain, l’inauguration en Belgique, par le même président de république, d’Europalia Turquie ! Tout cela suffit à expliquer pourquoi, à Erevan, capitale de l’Arménie, une minable délégation ( un consul et… le vice-président N-VA du Sénat, pas sa présidente, M.R.) représentait la Belgique lors des commémorations du génocide.

La N-VA nous a promis l’évaporation de la Belgique. Rien à redire donc à ces « absences » sur la scène internationale ! Tout va bien ! Sauf que tout cela est aussi pitoyable dans la mesure où nos institutions ne se justifient plus que par elles-mêmes et l’on est en droit de s’interroger : pourquoi s’obstiner encore à les entretenir sinon pour la rente de situation qu’elles autorisent à certains ? »

Jean-Luc Lefèvre

Emptinne

Barème de l’impôt sur le revenu : les tranches d’imposition sur les revenus de 2014

Notre informateur notre fait très justement remarquer qu’il eut de mise de spécifier que ce barème de l’impôt sur le revenu concernait la France. Veuillez nous excuser pour cet oubli de taille !

Vous remarquerez  que  l’impôt des personnes physiques pratiqué par le service fédéral belge de la fiscalité est nettement moins avantageux pour les couches sociales moyennes et moins favorisées. 

Mis à jour le 15/04/15 16:00

Tranches d'imposition pour l'impôt sur le revenu

BAREME 2015 – Les tranches d’imposition sont un élément clé dans la détermination du montant que vous allez payer au titre de l’impôt sur le revenu. Tout comme la barème du quotient familial. Leurs montants pour cette année.

Au 1er janvier 2015, le barème d’imposition pour l’impôt sur le revenu a évolué. La première tranche d’imposition a été supprimée et le seuil de la deuxième tranche a été abaissé. Voici les 5 tranches d’imposition 2015 sur les revenus 2014.

Les tranches d’imposition applicables aux revenus 2014
Tranches de revenus Taux applicable
Source : Loi de finances 2015
jusqu’à 9 690 € 0%
de 9 690 € à 26 764 € 14%
de 26 764 € à 71 574 € 30%
de 71 574 € à 151 956 € 41%
plus de 151 956 € 45%

Les sommes prises en compte ne sont pas les revenus bruts mais les revenus nets imposables. Autrement dit, ce sont toutes vos ressources auxquelles il faut soustraire l’ensemble des avantages fiscaux dont vous pouvez bénéficier.

Le cas le plus simple est celui d’une personne seule, sans enfant à charge, sans décution particulière, qui bénéficierait d’un revenu net imposable de 42 000 euros. Son impôt serait calculé comme suit :
> De 0 aux 9 690 « premiers » euros gagnés de ce salaire net imposable : 0% d’impôt à payer.
> De 9 690 euros à 26 764 euros : 26 764 – 9 690 = 17 074 euros, imposés à 14% = (17 074*14)/100 = 2390,36 euros
> De 26 764 euros à 42 000 euros : 42 000 – 26 764 = 15 236 euros, imposés à 30% = (15 236*30)/100 = 4570,80 euros
> Impôt total : 0 +  2390,36 + 4570,80 = 6961,16 euros

Le quotient familial

Parmi les avantages fiscaux, il y a le quotient familial, qui permet de déterminer un revenu pour le foyer fiscal. Par exemple, si un foyer composé d’un couple marié depuis 10 ans avec deux enfants, cumule 60 000 euros de revenus, son revenu net imposable est de 54 000 euros. En application des règles de plafonnement du quotient familial, on divise ce total par le nombre de parts de quotient familial du foyer fiscal (3 parts dans ce cas). On obtient ainsi 18 000 euros. C’est sur ce montant que l’on va appliquer le barème progressif d’imposition.

Le quotient familial en fonction de la taille du foyer fiscal
Nombre d’enfants Nombre de part pour un couple marié ou pacsé Nombre de part pour un veuf ou une veuve Nombre de part pour un couple concubin Nombre de part pour une personne seule
Source : Direction générale des Finances publiques
0 2 1 1 1
1 2,5 2,5 1,5 2
2 3 3 2 2,5
3 4 4 3 3,5
4 5 5 4 4,5
Par enfant supplémentaire 1 1 1 1

Ainsi, le foyer fiscal dans notre exemple relève de la deuxième tranche (14 %) et non la troisième (30 %). Ce taux de 14 % c’est le taux marginal d’imposition. Il s’applique pour la part des revenus entrant dans la tranche d’imposition. Seuls les revenus compris entre 9 690 et 18 000 euros vont être taxés à hauteur de 14 % (ceux compris entre 0 et 9 690 euros étant taxés à 0 %). Soit 8310 euros x 14% = 1163,40 euros par part.

Revenu net imposable par part fiscale

Au final, le foyer fiscal dans notre exemple va payer 1 163,40 euros par part fiscale, soit un montant total de 3490,20 euros (puisque le foyer compte 3 parts) pour 54 000 euros de revenus imposables, soit un taux réel moyen d’imposition de 6,46 %. Sans le quotient familial, l’impôt à payer serait de 10 561 euros. Et s’il n’y avait pas ce calcul pondéré par tranche d’imposition, l’impôt à régler serait de 16 200 euros en appliquant le taux de 30 % à tous les revenus déclarés.

Situation ubuesque

Kathleen Wuyard
Mis en ligne vendredi 5 juin 2015, 9h52 sur le site du quotidien « Le Soir »

Certaines filières porteuses d’avenir sont en pénurie dans la région liégeoise. Ces formations sont boudées par les jeunes. Certaines sont même en voie de disparition…

Mais ce phénomène existe dans bien d’autres endroits en Wallonie et en France

 La désertion se marque particulièrement en première et deuxième années. © René Breny

  • La désertion se marque particulièrement en première et deuxième années. © René Breny

La situation est ubuesque. De la menuiserie à l’électromécanique en passant par la transformation du métal, l’Institut Saint-Laurent à Liège propose un vaste panel de formations donnant accès à des métiers en pénurie. Un passeport garanti vers l’emploi en ces temps économiques incertains. Et pourtant : au lieu d’être prises d’assaut, ces formations sont boudées par les Liégeois. A tel point que dès septembre 2015, la filière de technique de transition en électromécanique sera supprimée du programme de l’Institut Saint-Laurent. Le sous-directeur, Yvan Troka, tire la sonnette d’alarme : «  La situation est très préoccupante : nous allons devoir supprimer la filière électromécanique, et la filière usinage est menacée également. Pourtant, les entreprises sont très demandeuses des profils d’ouvriers qualifiés. Il y a 20 ans, nous avions 1.800 élèves inscrits à l’école. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 623.  » Une désertion qui se marque particulièrement en première et deuxième années. «  La plupart des élèves s’orientent d’abord vers l’enseignement général. On a fait croire pendant des années que le tertiaire allait révolutionner le monde, que tout le monde allait travailler dans un bureau avec un beau costume et un beau salaire. Pourtant, quand on voit la situation de certains jeunes universitaires, on se dit qu’il vaut mieux être un bon tourneur qu’un mauvais avocat… même du point de vue salarial !  », déplore Yvan Troka. Selon lui, l’image négative qui reste associée aux métiers techniques est pour beaucoup dans le manque d’engouement dans jeunes : «  On a toujours cette image de métiers sales, où on a chaud, il faut porter de lourdes charges… C’est fini tout ça, les métiers techniques ont bien évolué ! » Et Yvan d’ajouter, meurtri : «  On a orienté les élèves pendant trop longtemps vers l’intellectuel et aujourd’hui, on se rend compte trop tard qu’on ne sait rien faire sans le manuel. Moi, quand je vois des entrepreneurs liégeois forcés d’aller chercher des ouvriers à l’étranger faute de main-d’œuvre à Liège, ça me fait mal au cœur. »

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde