Tous les articles par alliancewalloniefrance

La Flandre prend bien le pouvoir…

Les révélations de Paris Match parues en mai dernier se confirment et se renforcent à travers un nouvel état des lieux !

Dans sa dernière édition, l’hebdomadaire inventorie les postes de diplomates, magistrats et hauts représentants occupés par des Belges dans les principales organisations internationales. Sa conclusion est qu’avec 15 postes sur 21 attribués à des néerlandophones, la Flandre monopolise la représentation internationale de la Belgique. Parmi les six fonctions restantes dévolues aux francophones, seules quatre (OTAN, Conseil de l’Europe, Cour de Justice de l’Union européenne, Banque centrale européenne) sont de premier plan selon Paris Match.

Le magazine avait déjà consacré en mai dernier un large dossier à la « flamandisation » de l’appareil public en dénonçant une mainmise flamande sur les organes de sécurité et les fonctions d’autorité de l’Etat. Interrogé par Paris Match, le député CDH Georges Dallemagne déplore la marginalisation des francophones tant au plan national qu’international. « Il n’est plus possible de se retrancher derrière l’ignorance ou la naïveté », souligne le parlementaire fédéral.

Selon lui, « il y a une volonté de préserver la Pax Belgica au prix d’une représentation illégitime et déséquilibrée de notre pays à l’étranger ». Et de conclure: « Le désintérêt global du monde politique francophone (pour ce sujet) est d’autant plus incompréhensible que, depuis quelque temps, Bart De Wever est sorti du bois. Il n’hésite plus à exposer sa stratégie, qui consiste à mettre l’Etat fédéral et sa représentation extérieure au service des intérêts flamands. »

Jacques Lenain

Note de l’AWF : ceci ne fait que confirmer ce que notre mouvement citoyen exprime depuis sa création.

Il ne suffit pas pour nos femmes et hommes politiques de faire un état des lieux, mais de passer à l’action. N’y aurait-il que le nord de la Belgique qui puisse parler du communautaire ?

Nous retenons la récente déclaration d’ Isabelle Durant, députée écolo : « au fédéral, sur mille dossiers, mille sont communautaires ». Par cette déclaration, Madame Durant  exprimait très bien que chaque dossier traité au fédéral comportait ne fut-ce qu’une touche communautaire. Dans ces conditions, que signifie encore le groupe commun « Ecolo-Groen » qui, selon les derniers sondages profite à Groen, mais non à Ecolo ?

Comment réagir à cette situation ?   En rejoignant l’AWF !

Le jour où notre mouvement citoyen réunira des milliers de membres à proclamer que nous voulons que l’injustice belge se termine, nos représentants politiques se verront dans l’obligation de quitter leurs discours pour agir.

L’école, un centre de triage ?

Lettre envoyée à Pierre Bouillon, journaliste

Pourquoi tant de simplisme pour expliquer le désolant classement de la Communauté Française Wallonie-Bruxelles après cette énième enquête Pisa ? Car il s’agit bien de simplisme intellectuel quand on prétend expliquer un phénomène aussi complexe par une cause unique comme le triage des forts et des faibles conçu et organisé par notre système scolaire.

Tout au long de ma formation, en histoire et en sciences politiques, j’ai appris que tout phénomène social ne pouvait s’expliquer qu’en termes d’analyse multi–variée et j’ai la conviction que les causes de la déglingue scolaire sont multiples, à la fois internes (la « boîte noire » de la motivation et de l’autonomie des acteurs, les démarches méthodologiques (quels apprentissages de la lecture et avec quelle efficacité, quelles manipulations mathématiques et pendant combien de temps… ?) et externes (les ressources allouées, la valorisation du travail intellectuel, et donc de l’effort, dans une société où prime le rendement immédiat, l’engagement parental en faveur de la culture…).

Comment expliquer pareille posture intellectuelle, sinon par une idéologie : celle de l’infrastructure marxisante qui privilégie la notion de classe sociale pour expliquer la société.

Le monde est plus complexe, M. Bouillon ! Et l’école aussi quand on la connaît de l’intérieur, quand on évite de la reconstruire en fonction de son histoire personnelle.

Ni l’intellectuel, ni le journaliste ne devraient se satisfaire d’une posture aussi réductrice.

Bien à vous,

Jean-Luc Lefèvre

Directeur d’écoles normale et secondaire en retraite

« Marianne » et Pisa

Ci-dessous, un article de Marianne que nos « responsables » devraient lire avant de décider,  j’en retire notamment

1) « la recherche de corrélations n’est qu’un premier pas, très insuffisant, vers l’imputation causale » : enfin, quelqu’un qui se rappelle de ses cours de statistiques et qui n’est donc ni incompétent, ni malhonnête;

 2) mise en garde contre la tendance à  aller piocher l’une ou l’autre mesure dans un pays « plus efficace », en dehors de tout contexte global (« il est vain de vouloir emprunter des éléments isolés, qui perdent de leur sens hors de leur contexte ») : que celles et ceux qui veulent emprunter au système finlandais l’idée du non-redoublement imposé et généralisé lisent cet article;

3) mise en évidence de biais dans la méthode : dès les premiers résultats PISA, j’avais écrit un article mettant en évidence le « caractère anglo-saxon » des démarches qui sous-tendent le questionnement des élèves.

Jules Jasselette, Echevin de l’Instruction honoraire à la Ville de Liège

Tribune dans l’hebdomadaire « Marianne »

Ecole : sachons faire bon usage du classement PISA

Par Charles Hadji, Professeur émérite (Sciences de l’éducation), Université Grenoble Alpes

Quels qu’ils soient, bons ou mauvais, il n’est pas possible d’ignorer superbement les résultats d’une enquête telle que PISA…

Sur The Conversation, Marie Duru-Bellat a consacré une analyse très pertinente aux problèmes de « lecture » des résultats des enquêtes PISA. Un lecteur a cru y déceler une « hâte » suspecte à « désamorcer » les résultats annoncés ce mardi 6 décembre 2016.

Cette hâte manifesterait la crainte de la vérité, et le désir de cacher le fait « qu’en France on ne sait plus enseigner ». Marie Duru-Bellat dénonçait un risque de « dérapage » dans une interprétation précipitée. Monsieur Jeanneret dénonce un risque d’affadissement, voire de déni, des résultats eux-mêmes. Ces deux risques sont-ils réels ? Qu’y a-t-il le plus à craindre ?

Des données pleines d’enseignement

Il est clair que la politique de l’autruche est condamnable. Quels qu’ils soient, bons ou mauvais, il n’est pas possible d’ignorer superbement les résultats d’une enquête telle que PISA. Certes, celle-ci souffre de quelques imperfections, que Marie-Duru-Bellat rappelle à juste titre, et qui avaient déjà été pointées, entre autres, par Julien Grenet dans Le Monde en 2013.

On peut retenir l’existence de biais culturels (familiarité avec le type d’exercices et de questions) ; l’importance des marges d’erreur inhérentes à une enquête portant sur des échantillons ; et enfin le fait que tous les jeunes de 15 ans ne sont pas concernés, alors que les situations scolaires des jeunes touchés varient selon les pays.

Cela fragilise le palmarès, mais n’enlève rien à la richesse des données recueillies, ni à l’intérêt de la périodicité régulière du recueil d’informations, qui rend possible le constat d’évolutions.

À cet égard, il faut bien reconnaître que, de 2000 à 2012, la courbe (descendante) des résultats des jeunes Français ne s’est pas inversée, bien au contraire ! Tous les 3 ans, on peut faire le même, et très préoccupant, constat : la France décroche, et s’enfonce, tandis que les inégalités scolaires s’accroissent. Refuser de voir cette réalité constituerait bien un inadmissible déni, pouvant faire suspecter que l’on veut cacher quelque chose. Par exemple, sa part de responsabilité dans les mauvais résultats…

Comparaison n’est pas raison

Que peuvent faire d’utile ceux qui voudraient dépasser le stade des lamentations ?

Deux voies, complémentaires, se présentent :

1. essayer de comprendre comment on en est arrivé là (repérage et analyse des erreurs commises) ; identifier d’éventuels facteurs d’amélioration. La première voie conduit à approfondir l’analyse de la situation française, pour voir ce qui « cloche » ; la seconde, à rechercher ce qui marche ailleurs, dans les pays les mieux classés. Dans les deux cas, il faudrait pouvoir établir des relations de causalité.

2.  Dans le second cas, par exemple, comme Marie Duru-Bellat l’a souligné, il est vain de vouloir emprunter des éléments isolés, qui perdent de leur sens hors de leur contexte. Car il faudrait tenir compte de la globalité et de la complexité des situations.

De plus, les pays obtenant les meilleurs résultats (exemples, la Corée du Sud et la Finlande en 2009), peuvent avoir des « politiques éducatives » très différentes, voire opposées (pression et sélection d’un côté, patience et accompagnement de tous de l’autre). Que choisir : régime sévère et rythme d’enfer, ou bien vision positive et responsabilisation de l’élève ? Et quand Shanghaï prend la tête en 2012, faut-il vouloir transformer les écoliers français en bourreaux de travail, et les soumettre à une « ubuesque docilité » de type chinois ?

Comment fonctionne l’enquête PISA ? (OCDE, 2016).

La tentation du patchwork

Ce qui est à craindre est donc bien, ici, la précipitation naïve qui conduirait à faire son marché en piochant dans le magasin universel de ce qui semble avoir réussi, comme si toutes les pratiques étaient interchangeables. Une mise en garde contre le risque d’une recherche superficielle et précipitée de pratiques efficaces était salutaire.

Emprunter la première voie place devant le même problème. Il faudrait pouvoir repérer, sinon, dans l’idéal, des réseaux, du moins quelques lignes indiscutables, de causalité. Une première étape sera la mise en évidence de corrélations entre deux variables. Par exemple, les résultats des élèves, et : leur origine socio-économique ; l’implication des parents ; le type de logement occupé par la famille ; la durée de la journée d’école ; le niveau des dépenses consacrées à l’éducation ; la qualité des enseignants ; la durée et le niveau de leur formation.

Mais, pour que la corrélation prenne du sens, il faudrait la situer dans un contexte politique et social concret. En observant, par exemple, que le salaire des enseignants est en recul, en France, depuis 1995. Ou que leur formation a été supprimée sous le quinquennat Sarkozy !

Mais, pour intéressante qu’elle soit, la recherche de corrélations n’est qu’un premier pas, très insuffisant, vers l’imputation causale. Car d’une part elle ne relie le plus souvent que deux variables seulement. Et, d’autre part, elle n’est nullement gage de causalité.

Une troisième variable, ou (plus vraisemblablement) un réseau de variables, peuvent être à l’œuvre derrière la corrélation mise en évidence. Ce qui est à craindre à ce stade est donc la croyance selon laquelle une variable reliée par corrélation à une autre est ipso facto cause de cette autre. Et de conclure trop vite (autre précipitation coupable) que l’on a trouvé la cause de ce qui cloche.

Relier le transversal et le longitudinal

La recherche des causes exigerait une identification des dynamiques éducatives à l’œuvre dans la durée. Il faudrait pour cela, comme l’écrit Duru-Bellat, pouvoir relier le transversal – les résultats d’une enquête – et le longitudinal – des séquences temporelles entre les variables. Ce qui est d’autant plus grave que cette recherche s’effectue le plus souvent en tenant pour causes possibles des réalités aussi larges que floues, comme l’école, les « politiques éducatives », le « savoir enseigner » (« on ne sait plus enseigner… »), voire l’action (à coup sûr néfaste) des « pédagogistes ».

Ce que l’on peut redouter le plus est donc bien finalement que l’on tombe dans une lecture partisane des résultats de l’enquête. Ce risque devient majeur quand l’on veut interpréter les données produites en recherchant des causes dans l’axe d’un questionnement sur les responsabilités. C’est alors la porte ouverte à tous les raccourcis, et à toutes les interprétations sauvages, dans des grilles de lecture imprégnées d’idéologie.

Personne n’est à l’abri. Ni, certes, ceux qui voudraient gommer leur part de responsabilité. Ni, plus encore, ceux qui verraient là une occasion de terrasser leurs ennemis intimes. Comme, par exemple, ceux qui entonneront à pleins poumons le petit air que fredonnent déjà les pourfendeurs des « assassins » de l’école (qui, soyons-en sûrs, se sentiront revigorés par les résultats de l’enquête PISA) :

« Si ça ne va pas mieux

C’est la faute à Meirieu

Si l’on tend vers zéro

C’t’à cause des pédagos ! »

Charles Hadji, Professeur émérite (Sciences de l’éducation), Université Grenoble Alpes

Note de l’AWF : le raisonnement de Charles Hadji ne s’applique-t-il pas aussi à la Wallonie ? 

Un sommet de la francophonie à Bruxelles

Le journal Le Soir publie aujourd’hui cette « carte blanche » de Gaëtan Van Goidsenhoven, député bruxellois et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, chef de groupe MR au Parlement francophone bruxellois.

Un sommet de la Francophonie à Bruxelles pour donner sens à nos valeurs

Membre de plein droit de la Francophonie, la Belgique n’en a jamais accueilli le sommet, qui se tient tous les deux ans depuis 1986. La capitale de l’Europe va-t-elle enfin saisir l’opportunité d’une candidature pour 2022 ?

Le 27 novembre dernier s’est clôturé le XVIe Sommet de la Francophonie. À cette occasion, dans la capitale malgache, 84 États et gouvernements ayant le « français en partage » se sont réunis. Si ces pays et collectivités représentent ensemble pas moins de 900 millions d’hommes et de femmes, notre langue compte en réalité (selon les chiffres de 2014) 274 millions de locuteurs répartis sur les cinq continents. Selon les projections, ils seront 400 millions en 2025, plus de 700 millions en 2050 et pourraient dépasser le milliard d’individus à l’horizon 2065.

Sans verser dans une forme d’optimisme béat sur l’avenir de l’espace francophone, force est de constater que son dynamisme contredit le défaitisme qui est trop souvent exprimé par les défenseurs de la langue française. Rappelons également que notre langue est la seconde qui soit la plus pratiquée dans les organisations internationales. Pour autant, si le français progresse au Sud, force est de constater que, sur le continent européen, il a été progressivement marginalisé à partir des années 90, au profit d’un recours unilatéral à l’Anglais. Dans le contexte de l’Union européenne post-Brexit, ce n’est pas tant la défense d’une langue contre une autre qu’il faut promouvoir mais bien celle du multilinguisme dans l’espace européen. Quel sens donner aux inquiétudes populaires face au Ceta et plus encore au TTIP si nous ne parvenons pas à agir en faveur de notre propre langue et, au-delà, au bénéfice d’une diversité culturelle à l’échelle européenne ?

Une candidature pour 2022 ?

L’Etat belge, tout comme la Fédération Wallonie-Bruxelles, sont des membres de plein droit de la Francophonie. Ils le sont respectivement depuis 1970 pour le premier et 1980 pour le second. Pour ce qui concerne la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous arrivons à 36 ans d’implication au sein des instances francophones dont elle est l’un des principaux contributeurs. Pourtant, alors que nous venons de clôturer le XVIe Sommet de l’OIF, il faut constater que jamais cet événement majeur ne s’est déroulé en Belgique. En 2018, ce sera le tour de l’Arménie et en 2020, celui de la Tunisie. Une candidature pour 2022 est donc largement envisageable, nous disposons de six ans pour la préparer. Qu’un pareil sommet soit par ailleurs accueilli au cœur même de la capitale de l’Europe, Bruxelles, ville cosmopolite ouverte sur le monde, serait riche de sens. Comme riche de sens serait cette occasion de rappeler la place de la langue française en Europe et l’importance du dialogue des cultures dans un monde de plus en plus globalisé.

Une occasion à ne pas manquer

Le ministre-président Rudy Demotte a dernièrement souligné que la Francophonie devait être irréprochable en son sein et intransigeante sur ses valeurs. Organiser un sommet à Bruxelles permettrait de donner une tribune extraordinaire à cette exigence de respect des droits humains, de tolérance et d’ouverture aux autres cultures. Ce serait une occasion unique de raffermir les valeurs portées par la Francophonie à l’heure où, de sommet en sommet, la multiplication des adhésions sans réelle attache avec cette dernière risquerait de vider l’institution de son identité. Le malaise est patent avec la demande d’adhésion de l’Arabie saoudite en qualité de membre observateur. Si la décision sur cette adhésion a toutefois été reportée, il semble temps de se pencher sur l’avenir de la Francophonie internationale. En tant qu’organisateur d’un prochain sommet à Bruxelles, nous aurions la possibilité de positionner la question des valeurs au centre du questionnement francophone comme nous pourrions porter haut la voix de la Francophonie au cœur même des institutions européennes. Qui oserait prétendre qu’une pareille occasion ne doit pas être saisie ?

FRANCE INTER TRAHIT !

France Inter a donc décidé de cesser d’émettre en longues ondes. Au-delà de toutes considérations techniques et financières au sujet desquelles il y aurait sans doute bien des choses à dire, elle a ainsi pris le parti de se défaire d’une part de ses auditeurs, (très) fidèles pour certains d’entre eux, français souvent mais pas seulement, vivant à l’étranger.

Je ressens cela comme de la trahison.  Et les solutions palliatives exposées sur le site de la chaîne ne corrigent en rien cette impression : je ne balade pas mon ordinateur de pièces en pièces pour écouter la radio, le smartphone s’écoute avec une oreillette et l’achat d’une radio connectée (!) n’est financièrement pas négligeable, à fortiori quand il peut être question d’équiper son chez soi déjà pourvu en radios « ordinaires ». Il nous est proposé du bricolage technocratique et puéril en lieu et place d’un système simple et qui a fait ses preuves !

Un juriste spécialisé aurait peut-être un avis à émettre : sacrifier de la sorte une part se ses auditeurs est-il parfaitement légal au vu des obligations que doit assumer un service public ? Pour ma part, je ne peux réagir que comme l’un de ces auditeurs fidèles qui se voient, littéralement, trompés, trahis. Comme Français, je m’interroge sur une stratégie qui fera en sorte que la France perde une voix à l’étranger. Et comme citoyen conscient, je ne peux que m’interroger sur la portée d’une décision qui fera en sorte que le privé, une nouvelle fois, retirera les marrons du feu. France Inter se retirant, de fait et en dépit des bricolages au-dessus évoqués, permettra à Europe 1, RTL et consorts de s’épanouir sans plus de concurrent sérieux…

France Inter doit rester fidèle autant que nous le sommes…

Jean-Christophe Yu

Auditeur français (de père en fils !) vivant en Belgique (Liège)

Le Sommet de la Francophonie à Madagascar et la France

Nous en traitons en 2 temps. Ici : aspects institutionnels et géopolitiques. Ultérieurement : décisions et retombées politiques, sociétales ; éducation-formation ; enseignement du français ; coopération culturelle et technique ; « Stratégie de croissance partagée » et (co-)développement économique « durable » ; réseau francophone numérique (RFN).

Aspects institutionnels, géopolitiques et diplomatiques 

Le 16ème Sommet des Chefs d’État et de gouvernement des « pays ayant le français en partage » s’est tenu les 26-27/11/ 2016 à Antananarivo. Depuis le 1er, organisé en 1986 à Versailles/Paris par M. Mitterrand avec une vingtaine de partenaires, l’OIF créée en 1997 à Hanoï a crû. Madagascar a accueilli de nombreuses délégations et 4 nouveaux membres : 2 observateurs : Argentine et Corée du Sud ; et 2 gouvernements participants : Ontario et Nouvelle Calédonie.

Mais une vingtaine seulement des nombreuses et fortes délégations étaient conduites par un chef d’État ou de gouvernement. Alors qu’au XVème Sommet, en 2014 à Dakar, les chefs d’État africains étaient deux fois plus nombreux. À « Tana » manquaient : Joseph Kabila (RDC), Ibrahim Boubakar Keita (Mali), Paul Biya (Cameroun), Alpha Condé (Guinée), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Faure Eyadema (Togo), Théodore Obiang Nguema (Guinée Équatoriale), Patrice Talon (Bénin), Alassane Ouattara (RCI- Côte d’Ivoire !)… La délégation marocaine était forte, mais le Roi Mohamed VI, pourtant présent dans la Grande Île la semaine précédente, n’a pas participé au Sommet en personne. Pour la plupart des absents, l’élection à Dakar de Mme Michaëlle Jean, non africaine, perçue comme ex-Gouverneur général du Canada, et non « du Sud » malgré ses origines haïtiennes, et bénéficiant au moins de la complaisance du Président Hollande, reste une potion amère à avaler, alors que les Africains n’avaient pu s’entendre sur l’un des leurs, comme le veut une tradition non écrite…

Ce Sommet de Tana montre que la forte position de la France dans la Communauté mondiale organisée des pays francophones n’est plus ce qu’elle fut. La France ne représente d’ailleurs plus que le quart des 274 M. des francophones du monde, dont le nombre est appelé à croître jusqu’à plus que doubler en 2050, à la condition (indispensable !…) que les partenaires africains continuent à l’avoir comme langue officielle, véhiculaire principale de l’enseignement, vecteur des principaux médias, langue seconde d’usage d’une partie substantielle de leur population, ou combinaison d’une partie de ces fonctions. Or, face aux pressions des « amis anglo-saxons » et de leurs collabos à l’intérieur, cette conscience et la volonté d’agir faiblissent. En France, après MM. Giscard et Mitterrand, les gouvernements ont relâché leur intérêt, diminué les crédits, y compris bilatéraux pour l’action culturelle extérieure, la Coopération et l’OIF. À Tana, le Président français s’est montré souvent absorbé par ses difficultés intérieures, et, pour la première fois, n’a pas assisté à la conférence de clôture du Sommet. Les médias français, de leur côté, n’ont assuré qu’une couverture discrète, et parfois peu constructive, de l’évènement.

Le Canada a, du reste, profité de la baisse de pression française, sur les plans tant de l’aide canadienne – multi et bilatérale – que de la visibilité médiatique. Son Premier Ministre M. Justin Trudeau, qualifié de « Star du Sommet » a saisi cette tribune pour développer toutes ses positions « sociétales », du reste peu goûtées par plusieurs responsables africains présents.

L’admission en Francophonie institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie comme membre associé alors qu’elle est territoire d’outre-mer de la RF peut étonner. C’est un alignement sur la Belgique et le Canada, pays fédéraux membres de l’OIF, qui y ont des entités fédérées – donc non indépendantes – mais qui ont des gouvernements, à compétence limitée, et que leurs chefs ont représentées à Tana. Le Royaume de Belgique a la Wallonie, et le Canada a le Nouveau-Brunswick, l’Ontario admis à ce Sommet, et le Québec*. La France n’est pas fédérale, mais a soutenu l’admission de la Nouvelle Calédonie qu’elle avait dotée d’un gouvernement propre, aux compétences limitées mais lui permettant de s’inscrire mieux dans son environnement économique très éloigné de la métropole, et d’y faire rayonner la France et le français.

Au total, les dirigeants de la France et des pays francophones développés « du Nord » doivent prendre une pleine conscience de cette montée légitime du Sud, belle chance pour la Francophonie dans son ensemble et son potentiel de développement. Un potentiel, un atout de premier ordre aussi pour la France, à condition que ses prochains gouvernements, ses entreprises, ses médias, veuillent bien, sans arrogance ni désinvolture, y prendre, à côté d’actives ONG, toute la place qui les attend, et y affirmer à la fois une pleine solidarité Nord-Sud et Ouest-Est, et leurs légitimes intérêts**.

* Le Québec y avait été admis dès 1986 avec l’aide de la France et des Africains, dans une optique plutôt séparatiste, contre le gré d’Ottawa, qui avait bloqué l’admission pendant plus de 16 ans, et a fait depuis lors entrer deux autres provinces « sûres », dans une banalisation du Québec qui, aujourd’hui, semble s’en accommoder.

** En liaison, très  possible, avec la valorisation de ses départements et territoires d’outre-mer, voisins d’États francophones, et  de son immense domaine maritime de 11,7 millions de km2, le 2ème  du monde, juste derrière celui des Etats-Unis.

Albert Salon, Président de l’ALF (Avenir de la Langue Française)

N.B. : visitez le site de l’ALF

Le territoire wallon amputé

CESSION D’ UN TERRITOIRE WALLON À LA HOLLANDE, SANS CONTREPARTIE. POURQUOI  CE CADEAU GRACIEUX ? 

visé-maastricht

Le 27 novembre 2013, dans un article très documenté qui se basait sur une information donnée par le quotidien « La Libre » du 7 novembre , un membre de notre groupe de parrainage, Jacques Lenain, posait pas mal de bonnes questions sur cette cession qui, à l’époque, n’en était encore qu’au stade de projet.  Il terminait son article  par ces mots :

« Les citoyens franco-belges actifs ne peuvent laisser, sans réagir, l’État Belgique, sous direction flamande, céder 14 hectares de territoire wallo-belge, sans contrepartie connue, à la Hollande. Plus encore les Wallons, qui, quel que soit leur sentiment d’appartenance, ne peuvent consentir à un tel abandon. Mais c’est évidemment encore plus vrai pour les « régionalistes » wallons, concernés au premier chef par la perte d’un territoire exclusivement wallon, sans compensation, et qui ne peuvent se taire, sauf à consentir à se renier.

A ce stade de l’affaire, ceux qui consentent à voir l’enjeu de principe qu’elle représente, doivent interroger, fermement, les pouvoirs publics belges et wallons. Ce projet d’échange territorial belgo-hollandais est-il bien ainsi que le dit « La Libre », « lesté », en l’état, d’une perte territoriale pour la Belgique et la Wallonie, et, si oui, pourquoi n’obéit-il pas aux règles habituelles des traités interétatiques relatifs à des échanges territoriaux de ce type ?

Pour notre part, puisque cette affaire est loin d’être conclue – elle ne le sera qu’une fois validée par la loi votée par le Parlement et promulguée par le Roi – nous ne manquerons pas d’en assurer le suivi, et d’intervenir à nouveau en tant que de besoin. »

A 3 ans de distance presque jour pour jour, le moment du suivi est arrivé.

Visite d’Etat aux Pays-Bas: le couple royal belge reçu de manière solennelle à Amsterdam

Belga

Le roi Philippe et la reine Mathilde sont arrivés lundi à Amsterdam pour effectuer une visite d’État de trois jours aux Pays-Bas. Les souverains belges ont été accueillis à 11h00 par le roi Willem-Alexander et la reine Maxima lors d’une cérémonie officielle sur la place du Dam, à proximité du palais royal.

D’ici mercredi, la délégation belge qui accompagne le couple royal – composée entre autres d’hommes politiques et d’une soixantaine d’entreprises – visitera des institutions économiques, politiques et culturelles visant à mettre en évidence les « relations exceptionnelles » entre les deux pays.

Commentaires de l’AWF :

  1. Parmi les nombreux accords bilatéraux qui seront signés entre les Pays-Bas et la Belgique figure aussi la cession aux Pays-Bas des 14 hectares de territoire wallon et ce,  sans contre partie. 
  2. Quel est le représentant politique wallon qui va s’élever contre cette spoliation de notre territoire ?
  3. Parmi la soixantaine d’entreprises qui font partie de la délégation officielle, quelle est la proportion d’entreprises wallonnes ?
  4. Après les accords d’intégrations des armées belges déjà largement flamandisées et néerlandaises, n’assistons-nous pas à un nouveau signal significatif d’intégrations économiques, sociétales, culturelles et autres entre la Belgique et les Pays-Bas et ceci au détriment d’une Wallonie qui ne pourra sortir de cette aventure que minorée ?  
  5. Qu’attendent nos représentants politiques wallons pour activer les accords bilatéraux signés en 1999 et 2004 entre la France et la Wallonie que nous réclamons depuis 2014 ?
  6. Qu’attendent les centres d’études des partis politiques wallons pour mettre sur la table tous les projets du devenir de la Wallonie ?
  7. Qu’attendent nos médias pour mettre en relief le déséquilibre belge qui ne pourra que nuire à la population wallonne et particulièrement aux travailleurs les plus fragiles de celle-ci. (travailleurs indépendants et travailleurs tant du privé que du public) ?

Paul D.

Et si l’on parlait cuisine ?

Que le monde de la gastronomie, celui des grands chefs étoilés, des restaurants aux noms évocateurs, celui du guide Michelin se rassurent. Je veux parler de la vraie cuisine, celle qui restaure à la fois le corps et l’esprit, celle qui a l’ambition de façonner et de conduire les citoyens. Entre ces deux univers, un seul point commun : les chefs ont tous un ego très développé, une prétention à toute épreuve. Pour le reste, il suffit de comparer Belges et Français.

Chez nous, les chefs de la cuisine politique, ou prétendus tels, tous ces petits potentats confortablement assis sur leur lotissement ethnique, décident seuls des leaders politiques de demain, de celles et de ceux qui pourront cumuler les casquettes et donc aussi les rentes de situation. Ils en décident seuls, dans leur arrière-cuisine, loin de fourneaux qui ne ronflent pas même en dormant. La tambouille aseptisée d’une minable gargote de province, mal éclairée, mal famée.

Outre-Quiévrain, les grands chefs de la tribu gauloise sont des citoyens qui ne sont pas des chefs de clans, des chefs de meute, et encore, parce que la corporation est moins cadenassée, moins oligarchique. Ensemble, en de grands raouts, sur les plateaux de télévision, ils vont à la rencontre de leurs « clients » pour connaître leurs goûts, apprivoiser leurs désirs, échanger à propos des recettes de chacun, aider à faire son choix…La cuisine à la carte en quelque sorte, une cuisine variée qui a abandonné les conserves devenues rances du passé. Cela sent bon les épices et les saveurs d’un terroir aéré ; on entend aussi crépiter les fourneaux. C’est la direction du restaurant qui est ici en jeu, un mandat de président de République, allergique au  cumul ; c’est aussi de valeurs et de compétence qu’il s’agit. Le client en est seul juge.

Cela se passe près de chez nous. Sommes-nous mieux « nourris » ? La cuisine est-elle moins lourde à digérer ? Serions-nous incapables de choix citoyens ?

Où sont les grands chefs toqués ? Où sont les tocards ?

Jean-Luc Lefèvre

15 novembre 2016 : jour de fête…!

Senatus populusque romanus

SPQR : « Le sénat et le peuple de Rome ». Cette inscription fleurit depuis des siècles à travers la ville de Rome, depuis les arcs de triomphe jusqu’aux taques des égouts.                                                                   

Au Royaume de Belgique, il y a belle lurette que le Sénat n’existe plus que sous les ors des palais de la nation, puisque c’est ainsi qu’on appelle les locaux du Parlement.                                                                                

Vénérable institution, puisqu’on trouve un sénat dans de nombreux pays démocratiques, aux côtés du Gouvernement et de la Chambre des représentants qui font l’essentiel du travail législatif. Du point de vue législatif, son utilité a été contestée, d’aucun estimant qu’une relecture des textes par le Sénat n’apportait pas une plus-value législative considérable.                  

Comme Montesquieu nous l’a appris, aux côtés de l’exécutif et du judiciaire, le législatif est l’un des piliers fondamentaux de la démocratie. Mais on peut  modifier les choses.         

En Belgique, depuis une réforme de 2011, il reste  60 sénateurs : 36 flamands, et 24 francophones.        

Le coût de fonctionnement de l’institution est de 72.132.750 € par an : 21% pour les sénateurs actuels et anciens, 23% pour le personnel d’appui, 40,5% pour le personnel statutaire, et 10% pour les frais de fonctionnement. Le traitement de la Présidente du Sénat est le plus important du pays.

Que penser de l’idée de la Présidente du Sénat, Madame Christine Defraigne, d’organiser ce 15 novembre 2016 au Sénat une réception d’après-Te Deum à l’occasion de la fête du roi ?

Il s’agit, à l’évidence, d’une volonté de redorer le blason d’un sénat qui n’a plus beaucoup de raison d’être, et du même coup, celui de la monarchie et de la Belgique unitaire. Le journal Le Soir du lendemain nuançait le degré d’attachement des Belges à la Royauté : sur base de chiffres de 2014, 66,1% des Wallons et  45,4% des Flamands prônaient une monarchie protocolaire ou la république.

Dès lors, en un premier temps, il y a lieu de soumettre à révision constitutionnelle la suppression pure et simple du Sénat, qui ne peut même plus être considéré comme un lieu de rencontre productif acceptable par les différentes régions du pays. »Senatus delendus est », aurait dit Caton l’Ancien…

Par ailleurs, pour des raisons pratiques et financières, pourquoi ne pas faire coïncider la fête du Roi du 15 novembre avec le 11 novembre, date de souvenirs qu’il est important de commémorer ? Dans le même esprit, vu les évolutions institutionnelles bien en cours, on pourrait fusionner dès 2017 la fête des  Régions wallonne et bruxelloise avec celle de la Communauté française ou de la fédération Wallonie-Bruxelles.

Resterait bien entendu la fête nationale du 21 juillet pour permettre à la Reine Mathilde d’exhiber les superbes chapeaux qu’elle porte à merveille; aussi bien, le Roi Philippe porte très bien la tenue de pilote de chasse quand il rend visite aux aviateurs en mission au Proche-Orient. Ils excellent dans leurs rôles protocolaires.

Voilà de substantielles économies en vue…

Georges-Henry Simonis