Communiqué de l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE

De nombreux traités et accords de coopération ont été conclus à plusieurs reprises par la Communauté française et la Région wallonne dans le cadre des compétences internationales dont elles disposent.(X) Certains de ces textes visent les relations de ces entités fédérées avec la République française.

Parmi eux, l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE a relevé un texte signé le 22.03.1999, publié ici et en France (2000-90 du 02.02.2000) portant accord de coopération linguistique, culturelle, éducative et scientifique entre le Gouvernement de la Communauté française de Belgique et la République française.(XX)

L’ALLIANCE WALLONIE FRANCE s’interroge tout particulièrement sur les suites concrètes données :

 –  aux échanges d’informations et d’expériences prévus à l’article 6 : actions communes, conditions d’accès aux études ; 

–  aux soutiens de projets émanant des institutions universitaires relevant des parties à l’accord de coopération et en particulier les projets susceptibles de bénéficier de financements multilatéraux (art. 9).

Il est en effet intéressant de connaître quel usage a été fait de cette coopération dans la quête de subsides européens orientés vers la relance et les innovations numériques.

Puisque ces accords prévoient également la création de commissions mixtes qui doivent, à dates régulières, évaluer la mise en application des mesures conjointement décidées, il était bien normal que l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE puisse prendre connaissance des effets escomptés de ces accords. 

Nous apprenons, avec effarement, que ladite commission ne se serait plus réunie… depuis 2009 !

L’ALLIANCE WALLONIE FRANCE aimerait connaître les raisons pour lesquelles DOUZE années se sont écoulées, vraisemblablement sans contacts, alors que de tels accords de coopération, correctement appliqués, eussent sans doute favorisé des collaborations fructueuses.  Il lui paraît utile de pouvoir compter, dans un débat démocratique, sur les capacités d’investigation de la presse pour éclairer les retombées financières dont se privent ainsi la Communauté française et la Région wallonne, malgré leur endettement alarmant.

L’ALLIANCE WALLONIE FRANCE invite tout organe de presse intrigué par cette inexplicable inertie à se pencher sur les effets désastreux de cette politique du verbe préférée à des actions pragmatiques et réalistes.

  (X) 1) Décret du 17.12.2003 entre tous les gouvernements transfrontaliers relatif aux collectivités territoriales et organismes publics locaux. Un décret similaire a également été signé en 2004, en fin de législature, entre la Région wallonne et la République française.

         2) Décret du 16.03.2007 ; échange de notes diplomatiques relatif à la coopération dans les régions frontalières.

(XX) Décret du 09.12.1999 tel que décrit ci-dessus.

10 réflexions sur « Communiqué de l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE »

  1. Comment voulez-vous que la France se penche sur la cas de la Wallonie si les responsables wallons se désintéressent de l’avenir de leur Région ?
    Lorsque l’on observe et examine les liens académiques, économiques, journalistiques, culturels et même politiques tissés entre la Région Flandre et la République française, on peut comprendre que la France s’intéresse plus à cette Région qu’à la nôtre.
    A la longue, la Wallonie politique dégoûtera définitivement la France de s’intéresser à son devenir et à sa réintégration dans l’Hexagone.
    On pourrait croire que la Wallonie politiqiue préfère sombrer corps et bien dans l’ordre nouveau germanique du BENELUX !

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    1. Madame, le Gouvernement walllon peut légalement prendre langue avec le Gouvernement français afin de mener les tractations préalables à l’inévitable intégration de la Wallonie dans l’Hexagone. Préparer la voie de la libération n’implique pas l’explosion instantanée du Royaume de Belgique. Par contre, cela décoincera la Flandre et lui offrira une opportunité similaire vis-à-vis des Pays-Bas.
      Je vois mal l’Union Européenne s’attaquer à la France, malgré la faiblesse actuelle de cette dernière, comme elle ose s’attaquer à la Pologne, à la Hongrie et à la République Serbe de Bosnie (désireuse de s’unir à la Serbie).
      Je me permets de vous proposer la lecture du récent livre de Georges-Henrie Soutou : « EUROPA ».
      Vous découvrirez avec effroi l’esprit malsain de l’Union Européenne qui perpétue « l’Ordre Nouveau en Europe », concocté par Rome et Berlin, dirigé par Berlin à partir de 1940.
      Si la défaite de l’Allemagne fit échouer ce plan de vassalisation des pays occupés, le projet survécut à 1945 puisqu’il fut repris par les pères fondateurs de la présente Union européenne que nous devons « honorer » aujourd’hui.

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  2. Valmy a raison, les politicards wallons ont renoncé à l’action, définition stricte du centrisme. Le PS ? Le MR ? Les nouveaux MRP/PSC/CDU/DC de notre époque !!! Leur coussin, c’est le nombre élevé de fonctionnaires. J’ai lu une étude fort marrante sur la paupérisation de la Wallonie, qui pourrait paraître hors-sujet, mais qui est révélatrice de la profondeur du gouffre dans le quel nous tombons: les 3 premières voitures, de 2021, dans les Flandres, sont des BMW, des Volvo, mais, en Wallonie, la C3, les Dacia. La hausse du prix de l’énergie, du coût de la main d’oeuvre, des matières premières, a déjà divisé par 2, en quelques semaines, la production industrielle, transféré plus à l’Es car il faut maintenir les prix dans les rapports économiques avec les centrales d’achat. Et ne comptez pas sur les temps partiels de la Distribution, de la Logistique, de l’HORECA, de la Sécurité, de l’Hygiène, des Services à la Personne, de l’Esthétique pour redresser l’économie. Le secteur du bâtiment, lui aussi, malgré une lourde charge de travail, en augmentation, a vu l’emploi salarié s’effondrer, dans les derniers chiffres, au profit de l’emploi indépendant. NON-FONCTIONNAIRES, LE TEMPS DE L’INSURRECTION SOCIALE&PATRIOTIQUE EST EN TRAIN D’ARRIVER !!!

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    1. —>Wiegand de Vigan

      Comment expliquez-vous l’absence de réaction du secteur marchand et des petits commerçants wallons face à l’écart d’aide flagrant entre les aides covid pour les commerçants flamands et wallons ? Et pourquoi ne se révoltent-ils pas, eux, qui ne sont pas des fonctionnaires ?

      Trop de fonctionnaires… on reconnaît la tendance Gheude : « quand ces bons à rien de parasites wallons auront fini de profiter du courageux travailleur flamand, il faudra bien qu’ils se tournent vers la France. »

      Et si on parlait du structurel ? A votre avis, à qui profitent les structures profondes de l’entité belgicaine ? Aux fonctionnaires wallons ? Aux hôpitaux ? Aux écoles ? Aux policiers ? Ah, salauds de fonctionnaires, hein ! Heureusement que les banquiers de l’Europe bruxellère sont là pour nous aider…

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  3. —->Valmy

    J’ai été un des premiers à vous en avertir (allez voir les commentaires des Français sur la Wallonie sur YT) et le pire est à venir : si ça se trouve, un jour, ce seront des Français qui donneront un coup de main aux Flamands pour nous chasser hors de chez nous.

    Pourquoi voulez-vous que les dirigeants wallons s’intéressent à la France ? Cela n’a rien d’évident. Regardez la composition des partis politiques «  »francophones » », avec des doubles guillemets : croyez-vous que leur langue maternelle à tous leurs membres soit le français ? L’évolution est de plus en plus marquée chez les jeunes générations… Sans oublier ceux qui se prennent pour des Flamands : comme Charles Michel, par exemple et il est loin d’être le seul.

    Promenez-vous à Liège… Quelle langue entendez-vous parler autour de vous ? Dernièrement, un article de La Meuse rapportait les propos d’un syndicaliste qui se flattait de ce que le site wallon d’Arcelor, au contraire de ce qui se passe dans « le nord du pays » (sic), n’organise aucune formation d’intégration pour la main-d’oeuvre étrangère au motif qu’il « y a toujours eu des étrangers à Liège. »

    Ben voyons comme disait l’autre.

    Still standing for culture comme on dit chez nous.

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    1. A quand l’esprit de rupture chez les Wallons ?

      De fait, PB, vous avez été des premiers à nous avertir du désintérêt des dirigeants wallons pour leur Région et leur peuple au point de provoquer l’indifférence de la France.
      Il est vrai, tous les partis politiques wallons se composent d’une présence de consonnances patronymiques de Flandre, d’Europe méditerranéenne et du continent africain.
      Cela induit que la langue maternelle de toutes ces personnes ne soit pas le français.
      Sans oublier, comme vous le signalez, ceux qui se revendiquent clairement Flamands tel Charles Michel, sans oublier aussi les frontaliers de la Ligne de démarcation linguistique tel Rudy Demotte.
      Toutes ces individualités, dont les racines familiales ne plongent pas en terre wallonne, entretiennent, dans leur intérêt personnel, une nostalgie unitaire belge et freinent, ou sabotent, du mieux qu’ils peuvent l’attraction naturelle de la Wallonie vers la France.
      Les grands défenseurs wallons de la première moitié du XX siècle ont tous disparus et l’esprit unitariste belge a formaté leurs successeurs.
      Mais permettez-moi de rappeler qu’en 1914, Jules Destrée fait volte-face et oublie le contenu de sa « Lettre à Albert 1er ».
      En octobre 1945 au Congrès National Wallon le vote en faveur du rattachement à la France sema la panique parmi tous les congressistes, à l’exception de Charles Plisnier.
      Or, en 1945, les congressistes représentent encore le « sang et la terre » de Wallonie.
      Souvenir de mes années à Wallonie Libre, une majorité de membres maudissaient la Flandre mais rejetaient la disparition de la Belgique.
      Vous comprendrez aisément que, dans cet état d’esprit, si l’Institut Jules Destrée demeure encore la mémoire de la Wallonie, il n’en est plus son étendard.
      Lorsque le Binchois, Georges-Louis Bouchez, plaide pour l’unitarisme en 2022, pourquoi voudriez-vous que les originaires de Flandre et les nouveaux Belges, de la seconde moitié du XXe siècle, relèvent le flambeau du combat wallon.
      Ils attribuent tout à la Belgique, comme le répète Monsieur Di Rupo, et rien à la Wallonie.
      Mais toutes ces personnalités politiques ambiguës perdent de vue que leur destin politique dépend de la Wallonie et qu’ils n’ont aucun espoir de repli vers la Flandre car la force de la Flandre réside en son esprit nationaliste et son désir de pureté « vlaams voelend ».
      Voilà pourquoi, le destin de la Wallonie doit se poursuivre jusqu’au naufrage pour les obliger à réagir uniquement afin de se sauver.
      Jules Gazon, professeur d’Economie à l’Université de Liège, évoquait depuis longtemps un scénario de faillite à la grecque.
      D’ailleurs, Elio Di Rupo, Ministre-président, qualifie d’abyssale la situation budgétaire de la Wallonie.
      Au point où l’agence de notation Moody’s dégrade la note de la Wallonie de A2 à A3.
      La Flandre, malgré sa richesse, ne pourra pas sauver une Wallonie en cessation de paiement ni aucun membre du Bénélux.
      La fin de la Belgique ne peut s’activer que par l’irrécupérable chavirement financier de la Wallonie ou, faute de mieux, par une régionalisation à quatre entités impliquant le dépouillement complet de l’Etat fédéral.
      Dans la Libre Belgique Echo du 22/01/2022, Vincent Brogneux, du Bureau de Plan, explique que lorsqu’on parle de recettes à la TVA, de l’impôt des sociétés, de l’impôt des personnes physique l’Etat fédéral ne restitue que 25% des recettes à la Wallonie.
      Toute baisse des dépenses de chômage est détournée vers la Sécurité sociale fédérale.
      Autre effet de fuite de l’argent wallon la fameuse loi de financement, mal négociée par les Wallons, qui n’incite pas à la croissance.
      Si la Wallonie pouvait récupérer les 75% de recettes que retient l’Etat fédéral, elle apparaîtrait, sans oublier son importance géostratégique fluviale, plus attrayante pour la France.
      Il faut espérer qu’en 2024, lors de la prochaine réforme de l’Etat, la Flandre refusera toute solidarité envers la Wallonie qui, proche de la cessation de paiement, se verra acculée soit à passer sous les fourches caudines confédérales de Mère Flandre soit à appeler la France à son secours.
      Dans les deux cas l’existence de l’Etat Belge, création du britannique Palmerston, s’écroulera.
      Sur le site de GEWIF, vous pourrez lire deux articles criant de vérité : CES WALLONS SANS YEUX ET SANS OREILLES 23-11-2021 et LA WALLONIE, « PETITE RÉGION PAUVRE D’UN PETIT PAYS » 04-01-2022
      Sans revenir sur la saga entre messieurs Bouchez et Crucke, Jean-Luc Crucke se dévoile comme un régionaliste convaincu, soutenant l’idée d’une Belgique à 4 Régions autonomes, signifiant la suppression des Communautés.
      Pourquoi la suppression des Communautés, option ne concernant que la Wallonie, devrait-elle faire obstacle à cette avancée affaiblissant définitivement la Belgique ?
      La suppression de la Communauté Wallonie-Bruxelles éclaircira la situation institutionnelle et soulagera la charge financière alourdissant l’esquif wallon à la dérive.
      Quant à la Flandre, rien ne l’oblige à renoncer à l’encadrement de sa minorité bruxelloise.
      Les derniers dix pourcents de Bruxellois néerlandophones représentent les véritables et incontestables Brabançons dans cette grande agglomération.
      Les nonante pour cent relèvent de groupes humains aussi divers qu’exogènes au Brabant flamand / thiois.
      Bruxelles et ses communes appartiennent, géographiquement, historiquement, civilisationnellement, politiquement et économiquement au Vlaams Brabant donc aux Plats-Pays néerlandais méridionaux.
      La Région bruxelloise actuelle n’est jamais qu’un avatar du régime étatique belge. Cela ne concerne pas les Wallons !
      C’est maintenant que l’esprit de rupture devrait surgir chez les Wallons car s’il est vrai que Jean-Luc Crucke soutienne aussi l’option de l’intégration de la Wallonie à la France, alors, il est urgent qu’il batte le rappel de tous les mandataires réunionistes, tous partis confondus et qu’ils forment un gouvernement provisoire pour activer l’opération.

      Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. Guillaume d’Orange-Nassau

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  4. Ce jour, le 24/01/2022, j’ignore si ma réponse, du 22/1/2022, à PB sera acceptée ou non. Peu importe !
    Je signale un article aussi époustouflant que dramatique dans la Libre ECO du samedi 22/01/2022.
    La faillite de la Région wallonne y est clairement envisagée, sauf si la Wallonie pouvait détenir la totalité de ses moyens financiers et si elle pouvait lever l’impôt comme une entité totalement autonome ou plutôt indépendante.
    Bref, on conspue la proposition flamande d’une confédération belge mais on admet, sans le dire, que cette solution extrême faciliterait les choses.
    Comprenne qui pourra ?

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  5. PB, voici encore un exemple déshonorant d’un journaliste pétri de belgitude.
    Olivier Rogeau ose écrire que les Wallons sont étrangers à la France, à sa langue, à sa culture.
    Aucun historien sérieux n’ affirme cela.
    Mais ils établissent que les Wallons appartiennent à la romanité, à la lague d’oïl comme tous les peuples sis entre la « frontière linguistique néerlandaise », la frontière allemande, jusqu’à la limite de la langue d’oc. Langue d’oïl et langue d’oc forment la France millénaire.
    Ce journaliste ne rappelle pas le choix, au 12e siècle, de la langue française par les intellectuels liégeois, en général des ecclésiastiques.
    Ce mouvement s’étendit d’ailleurs à toutes les régions romanes.
    Pour leur malheur les provinces wallonnes, depuis le partage de Verdun au 9e siècle, demeurèrent otages du 1er Empire Germanique et les monarques français échouèrent à les en détacher.
    Le pire, qu’un Liégeois fasse l’impasse sur l’union de la Principauté à la France en 1794, relève de la trahison intellectuelle.

     » La langue d’oïl est une langue gallo-romane qui s’est développée dans la partie nord de la France, le sud de la Belgique et les îles anglo-normandes. Elle englobe alors différents dialectes cousins (français, orléanais, bourguignon-morvandiau, champenois, lorrain roman, picard, wallon, normand, gallo, angevin, tourangeau, sarthois, mayennais, percheron, franc-comtois, poitevin, saintongeais, berrichon, bourbonnais). Ce groupe linguistique du nord a conservé un important substrat celtique et subi une grande influence des parlers germaniques. D’un dialecte d’oïl à l’autre, on parvient à se comprendre grâce à l’écrit administratif. A Paris (aux XIe-XIIe siècles), on parle un français « poreux » à tous ces dialectes, qui devient une référence linguistique au XIVe siècle, parce que la ville est désormais la capitale politique et administrative du royaume. » (Isabelle Bernier, historienne)

    Voici l’article en question:

     » Les Wallons ne sont pas de culture française  »
    • 01/11/13 à 16:47

    Olivier Rogeau
    Journaliste au Vif/L’Express
    Pour le sociologue liégeois Michel De Coster, les Wallons sont victimes d’une occultation de leur identité. Il s’en prend aux historiens, pour qui les Wallons sont de culture française. Retour sur quelques pages brillantes et méconnues du passé wallon.
    Dans un livre (1) au titre peu attractif et non dépourvu d’ambiguïtés – La culture wallonne -, mais au sous-titre déjà plus interpellant – Pourquoi n’est-elle pas soluble dans la culture française -, et au contenu franchement provocateur, Michel De Coster dénonce l’occultation d’une identité wallonne spécifique.
    Le Vif/L’Express : Vous avez des mots durs à l’encontre des historiens de la Wallonie. N’ont-ils pas mis en relief la richesse du patrimoine wallon ?
    Michel de Coster : D’abord, admettez qu’ils ont été bien lents à s’atteler à la tâche ! Plus de soixante ans séparent l’apostrophe lancée par Jules Destrée au roi, en 1912 – « Sire, il n’y a pas de Belges, rien que des Wallons et des Flamands… », de la première Histoire de la Wallonie, publiée par Léopold Genicot en 1973. Il a donc fallu attendre la création officielle de la Région wallonne, dans la foulée de la révision constitutionnelle de l971-1972, pour voir les historiens s’intéresser au sujet. Certes, Félix Rousseau avait déjà écrit, en 1955, Wallonie, terre romane, mais ce petit ouvrage était centré sur l’histoire linguistique. Ceci dit, je déplore surtout que des historiens comme Rousseau, Genicot et Hervé Hasquin, auteur, en 1999, de La Wallonie, son histoire, postulent que les Wallons sont de culture française.
    N’est-ce pas une évidence ?
    Non, c’est un postulat, qui revient à nier l’existence d’une culture wallonne spécifique. Il y a un paradoxe à vouloir démontrer, comme ils le font, l’originalité de l’histoire de la Wallonie, et à proclamer dans le même temps que la Wallonie appartient à la civilisation française et entend s’y intégrer pleinement.
    Que reprochez-vous, plus précisément, à ces historiens ?
    Identifier un peuple à une langue, comme ils le font, n’a pas de sens. Quiconque parle français n’est pas nécessairement Français, ou même de civilisation française. Dites à un Irlandais ou à un Ecossais qu’il est de culture anglaise, en raison de sa langue, et vous risquez de prendre un mauvais coup. La culture globale, sociétale, tient certes à la langue, mais aussi à des traditions, une organisation collective.
    A l’appui d’une contestation de l’identité wallonne, on allègue l’invention relativement récente des mots « Wallonie » et « wallon ». Ces mots seraient plus anciens qu’on ne le dit ?
    Pour les historiens Philippe Destatte, Léon-Ernest Halkin, Hervé Hasquin, Jean Pirotte et l’essayiste Guido Fonteyn, la paternité du mot « Wallonie » reviendrait soit à Charles Grandgagnage, soit à Albert Mockel, deux poètes du XIXe siècle. L’invention daterait, selon ces historiens, de 1844, 1858 ou 1886. En réalité, le terme existait déjà au XVIIe siècle, et peut-être même avant. Il apparaît en 1641 sur des documents topographiques, où il est question d’une province gallo-belge de Wallonie.
    Vous déplorez une tiédeur, une apathie dans l’affirmation d’une identité wallonne. Pourquoi, selon vous, ce « déficit identitaire » ?
    Outre l’omerta sur notre histoire, pourtant aussi prestigieuse que celle de la Flandre, il y a une origine politique à ce déficit : l’affirmation d’une culture wallonne nuit à l’homogénéisation de l’ensemble Wallonie-Bruxelles, basé sur la francophonie. De plus, les multiples dénominations officielles de l’espace wallon ont brouillé l’image de marque de la Wallonie : Région wallonne, Communauté française, Fédération Wallonie-Bruxelles. Par ailleurs, la Wallonie a connu un brassage ethnique intense : des centaines de milliers d’émigrés flamands se sont installés en Wallonie depuis 1840, quand les récoltes de blé et de pommes de terre cultivés au nord du pays ont été affectées par des parasites et qu’une épidémie de fièvre typhoïde conjuguée au choléra a décimé la population. Le nombre incalculable de patronymes flamands en Wallonie, dont celui de votre serviteur, est révélateur du métissage flamand-wallon, qui brouille notre identité.
    Comment renforcer l’identité wallonne ?
    Il y a sûrement un effort à fournir sur le plan scolaire pour tenter de combler l’ignorance crasse des Wallons à l’égard de leur histoire. Je pense aussi que l’affirmation forte de l’identité flamande conduira, à terme, à un renforcement de l’identité wallonne. A ceux qui me disent que cette identité wallonne ne fait pas le poids face aux sous-régionalismes en Wallonie, je réponds que la Flandre présente, elle aussi, une grande diversité, que Limbourgeois, Anversois et autres sont différents, et que cela n’empêche pas la Flandre de s’affirmer, de se proclamer « nation ».

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