Football : le Nord et le Sud

C’est un vieux projet qui revient sans cesse à la surface : la BeNeLiga, un championnat de football commun aux meilleurs clubs de Belgique et des Pays-Bas, pour élever le niveau de la compétition et, bien sûr, du moins l’espère-t-on, celui des recettes financières. En hockey sur glace, le championnat belge s’est étendu au Benelux en 2015 mais le football est un sport autrement populaire et, de ce fait, changer de cadre induirait, là plus qu’ailleurs, des effets de nature identitaire, comme s’il était plus naturel de nous associer aux Pays-Bas qu’à la France.

Il y a une dizaine d’années, quand le Standard de Liège était dirigé par Lucien D’Onofrio, il semblait clair que le club liégeois préférait se projeter dans la Ligue 1 française plutôt que dans un championnat commun avec les Pays-Bas. Le discours a changé avec Roland Duchâtelet : du temps où il était le patron du Standard, cet homme d’affaires plus flamand que liégeois était un chaud partisan de la BeNeLiga (mais, à défaut, il menaçait d’inscrire son club dans le championnat français). Depuis que Bruno Venanzi a repris le Standard de Liège, celui-ci a retrouvé son identité liégeoise et il n’est pas question, pour lui, de suivre aveuglément le patron du Club de Bruges dans son envie de BeNeLiga: « Je préfère jouer avec le Standard à Marseille plutôt que contre… Nic et Nac », a-t-il répondu en novembre passé. Ce pour quoi nous tenions à le remercier.

Monsieur le Président,

Avant d’aborder l’objet de notre lettre, permettez-nous de nous présenter brièvement. Nous animons un mouvement citoyen et pluraliste ayant pour objectif de réveiller l’identité wallonne et de réorienter la Wallonie vers la francophonie en général et vers la France en particulier. Ce mouvement a été baptisé : Alliance Wallonie-France (AWF).

La presse a rapporté votre réaction aux tentatives de créer et d’imposer aux Wallons une «BENELIGUE». Dire que vous préféreriez évoluer dans le championnat français est l’évidence même : participer à une compétition prestigieuse tirerait vers le haut le Standard de Liège et tous les clubs wallons.

C’est donc avec émotion et un réel enthousiasme que nous partageons votre opinion et nous tenions à vous en remercier.

Enfin, nous sommes heureux de constater que votre action ne se limite pas au domaine sportif. Elle se manifeste également dans vos initiatives économiques. En promouvant un partenariat professionnel avec la Chine, vous orientez la Wallonie vers le grand large et non plus seulement vers les brumes du Nord. Et de cela aussi, nous tenons à vous remercier.

Vous voyez grand pour le Standard de Liège. Nous aussi, nous voyons grand pour la Wallonie. Nous aimerions qu’elle redevienne fière d’elle-même. Nous aimerions que la Wallonie signe des traités économiques avec la France. Nous aimerions qu’elle explore les richesses de la francophonie et du reste du monde.

Nous aimerions que la Wallonie revienne dans l’Histoire.

Encore une fois, un grand merci.

Nicolas Thirion, Président de l’AWF

7 réflexions sur « Football : le Nord et le Sud »

  1. Bravo Monsieur Thirion, voilà aussi une opportunité destinée à tester la  » wallonité  » de nos dirigeants politiques. Qu’ils déposer une proposition de décret régionalisant TOUT le sport wallon afin de le rapprocher structurellement du sport français;. tout cela bien évidemment dans une approche  » européenne ».  » Et pour les Flamands la même chose  » ; ce qui devrait plaire à la NVA et VB.

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  2. Alors là, en tant que rattachiste et supporter du Standard de Liège, cet article et cette lettre au Président Bruno Venanzi, me fait bien plaisir!!! Un grand merci à vous M. Thirion. Je ne peux qu’acquiescer à 100%!
    Et j’ajouterais qu’étant également supporter de l’Excelsior Virton (où on chante la Marseillaise en cas de victoire au stade du Faubourg) je verrais bien ce club (qui commence à se faire une place dans le Top 5 wallon), je les verrais bien en Ligue 2 ou en Nationale en France…
    Grand merci à vous et encore de bien bons vœux pour 2020 à toutes et à tous, dirigeants, responsables, membres, sympathisants de l’AWF.

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  3. J’aime : « Les patrons flamands appellent à régionaliser complètement l’Emploi et la Santé (Le Soir du 07/01/20) « .
    Le VOKA en oublie le sport ? Pourtant, cela rapporte beaucoup !

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  4. @Valmy

    vous savez, dans ce pays, beaucoup de fédérations sportives sont déjà scindées en ailes flamandes et francophones. A part peut-être le foot justement comme « dernier village belge (gaulois) résistant à la scission » un peu comme Astérix et ses compagnons! Ce sont encore les Diables-Rouges qui maintiennent quelque peu l’illusion!!! Parce qu’au sinon « l’Union belge » de Football porte bien mal son nom à vrai dire! Comme la devise du pays d’ailleurs: « l’union fait la force »! Ha ha ha laissez-moi rire!

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    1. Eh! bien, Monsieur SamuelB, espérons que l’actuel blocage du système, que l’on pourrait dénommer « La Firme » comme la monarchie britannique, aboutisse à nouvelle devise :  » L’ union fera le divorce  » !
      Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » (Guillaume d’Orange)

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  5. Anderlecht: Une identité très flamande.

    Ce paragraphe est extrait d’un article du Vif daté du 16 janvier 20120.
    Anderlecht, usine à gaz flamande par Olivier Mouton

    Plus personne n’a encore l’image d’Anderlecht comme un club bruxellois depuis bien longtemps. Son hinterland sociologique se situe dans le Pajottenland et le Brabant flamand. Ses soutiens sont le plus souvent issus du capitalisme flamand ou des rangs des libéraux nordistes (le ministre Guy Vanhengel en tête). « Quand Anderlecht est faible, le football belge est faible », souligne le père du capitalisme belge, Etienne Davignon, à LN 24. La flopée de réactions est éloquente : « Stevie » est une guerre en retard, les modèles d’avenir se situent désormais à Bruges (en tête), Anvers et Gand. Karel Van Eetvelt fut patron de l’Unizo, l’un des organes représentatifs des indépendants flamands, il est proche des milieux politiques flamands (on en reparlera), à lui de s’inspirer de ces modèles nordistes. Wouter Vandenhaute, notamment patron de Woestijnvis, est un des inspirateurs du paysage télé flamand. L’ancrage flamand se renforce encore et toujours. C’est là où l’or git.

    NDLR: Si c’est le cas la régionalisation semble effective et elle peut être entérinée. Qu’en pensez-vous chers lecteurs ?

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