Monsieur le Premier sur le départ

Par Frédéric BAEYENS

« Monsieur le Premier ministre,

Permettez-moi de vous féliciter pour votre nomination comme Président du Conseil européen. Votre expérience politique belge, votre personnalité et votre intelligence permettront certainement à l’Union européenne de retrouver la voie du compromis et de l’optimisme. La construction européenne reste l’unique chance pour notre continent de préserver la paix et de rivaliser sur le plan économique, sur pied d’égalité, avec la Chine ou les Etats-Unis.

La tâche sera rude face au pessimisme ambiant et face aux populismes et nationalismes divers qui éclosent sur le territoire de l’Union. Votre force de travail, votre conviction, votre sens de la politique et votre capacité de communication permettront, je l’espère, aux eurosceptiques de retrouver l’envie d’Europe. Des pas essentiels devront être franchis pour démocratiser le fonctionnement des institutions, pour approfondir les politiques européennes en termes de défense commune, de politique sociale et environnementale commune, de justice et police, de gestion des flux migratoires… L’Européen doit retrouver la conviction écornée que l’Union européenne l’enrichit et le protège. Il y a du pain sur la planche, mais le Brexit devrait permettre d’approfondir des politiques restées en rade depuis longtemps, même si les progrès à réaliser devront l’être selon la formule de la géométrie variable.

Le peu d’encouragement que vous avez obtenu de la part des partis francophones montre à quel point le monde politique wallon et bruxellois sombre de plus en plus dans la médiocrité. Cela me rapproche du second point, essentiel, de mon mail.

Certains détracteurs expliquent votre nomination européenne par votre allégeance à Emmanuel Macron. Peu importe. Votre amitié avec le Président français nous servira.

Souvenez-vous des paroles prophétiques de votre père. Il déclarait au Figaro en 1996 : « Je n’ose plus dire que le rattachisme soit une idée folle. Si l’espace francophone ne devient pas une réalité, si le séparatisme est inéluctable, alors les Wallons diront : je préfère être Français plutôt que Wallon. Moi, personnellement, si je dois choisir entre être Wallon dans un Etat socialiste ou être Français, je préfère devenir Français. Entre un Etat wallon replié sur lui-même et la France, je choisis la France car la Wallonie c’est un cul-de-sac économique, social, culturel. Nous avons des contacts avec Paris et je suis sûr que Paris ne ferait pas longtemps la fine bouche. »

Dans le cul de sac, nous y sommes et risquons d’y rester longtemps…

Je vous invite à relire les études du professeur Michel Quévit. En substance, la Flandre a, depuis toujours, détourné les moyens de la Belgique à son profit. La richesse wallonne a permis de doper l’essor économique flamand. Lorsque le retour d’ascenseur devait permettre à une politique industrielle digne de ce nom de transformer la structure de l’économie wallonne, nous avons assisté au « plus un franc flamand pour l’économie wallonne », et à la régionalisation des compétences, sans les moyens. Cette Wallonie paupérisée devenait un oiseau pour le chat socialiste…

Aujourd’hui, le confédéralisme devient inéluctable. Les flamands ne sont pas forcément séparatistes lorsqu’on leur permet d’être panflamandistes. Le confédéralisme permettra à la Flandre de se dispenser de toutes les solidarités avec la Wallonie, de poursuivre le développement de la Flandre en occupant les terres wallonnes, de profiter de la main d’œuvre wallonne, et de rapatrier les plus-values vers la Flandre où seront payés les impôts. En d’autres mots, le confédéralisme permettra de faire de la Wallonie une Colonie de Flandre. Le gouvernement wallon aura le même statut qu’un gouvernement africain de pacotille et ses membres pourront jouir d’avantages et des attributs du pouvoir. Ils s’en contenteront…

Le général De Gaulle disait : « Je connais la Wallonie aussi bien et peut-être mieux que le Québec. C’est votre drame d’appartenir à un Etat qui assistera impassible à votre déclin. C’est une manière de faire place à d’autres. C’est une tradition historique germanique d’occuper les terrains en friche. Je regrette de devoir vous dire : Chaque peuple ne peut se redresser que par lui-même. Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et qui mobiliseront ce qui en reste. Bien entendu si, un jour, une autorité politique représentative de la Wallonie s’adressait officiellement à la France, ce jour-là, de grand cœur, nous répondrions favorablement à une demande qui aurait toutes les apparences de la légitimité. Avant, c’est impossible. »

Vous allez occuper une des fonctions les plus importante au niveau européen, voire la plus importante. Je sais, évidemment, que l’Union européenne a des difficultés avec les conflits de nationalités qui existent au sein des Etats-membres de peur de l’effet domino. Mais la France a accepté la réunification allemande. L’Allemagne devrait être en mesure d’accepter la réunification française.

J’espère que vous repenserez aux termes prononcés par votre père, et que vous serez un de ces chefs jeunes qui diront la vérité au peuple (même si c’est difficile aujourd’hui dans votre nouvelle fonction).

En d’autres termes, j’espère que vous pourrez user de votre influence pour que cette idée du rattachement de la Wallonie à la France puisse avancer à pas de géants durant votre mandat européen.

Je vous souhaite plein succès dans votre nouvelle fonction et vous prie, d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de mes salutations distinguées.

2 réflexions sur « Monsieur le Premier sur le départ »

  1. Intéressant! Cependant, je doute que M. Michel (fils) soit convaincu par un rattachement de la Wallonie à la France. Quant à son père, il a pu très certainement prononcer ces paroles à un moment donné, mais les pensait-il vraiment???

    En attendant, j’ai trouvé ceci sur le site de la RTBF:
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_les-jeunes-n-va-proposent-de-vendre-la-wallonie-a-trump-pour-1?id=10296435
    Ca me fait penser à une réplique du regretté Louis de Funes (pour rester dans l’humour): « ils nous narguent mon adjudant »!!! LOL

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  2. De grâce, n’en jetez plus, Monsieur Baeyens, « Michel le Jeune » va vous prendre au mot.
    En fait comme dans une fable bien connue de La Fontaine, vous le mettez en danger de mort ( les Allemands écrivent : En danger de vie…).
    Le Président Macron a placé un pion, un clone, un « copycat » ! Précisément  » son expérience politique belge, sa personnalité et son intelligence  » le rendent aussi dangereux pour l’Europe que pour nous Wallons.
    Je vous en prie, Monsieur Baeyens, relisez les classiques  » la construction européenne a été créée comme vassale docile et affaiblie de l’Amérique du Nord et non comme préservatrice de la paix ( cfr: la présence de l’OTAN) et encore moins de rivale sur le plan économique, sur pied d’égalité, avec la Chine ( cfr:les ouvertures aux routes de la soie) ou le continent américain (cfr: tous les traités de libre échange défavorables à nos économies).
    De plus, au vu de la politique belge, avec Charles Michel, l’Europe est GRANDE ouverte à l’immigration débridée tous horizons, au communautarisme religieux et aux caïds de la drogue dans nos cités.
    Quant au rattachement de la Wallonie à la France, je me permets de vous renvoyer au commentaire très pertinent de Monsieur SamuelB en date du 22 août 2019 à 09:40.
    Navré mais aucun politique wallon traditionnel ne souhaite, à ce jour, le rattachement de la Wallonie à la France. Même Monsieur Jean Luc Crucke, le Monsieur Quatre Régions Autonomes, ne veut pas entendre de « confédéralisme ». Alors le Carolus Miguel Magnus de l’Union européenne……

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