Pour de nouvelles élections

Par Paul MÉLOT

« De nouvelles élections n’y changeront rien »; « On a voté, pourquoi revoter? »; « De nouvelles élections renforceront les extrémismes de droite ou de gauche » : politologues, politiques, journalistes ou hommes de la rue s’expriment mais il convient de recevoir ces affirmations avec beaucoup de circonspection !

Réfléchissons : a) les élections de mai 2019 ont-elles apporté des changements significatifs ? Oui, à coup sûr, aussi évident qu’un nez au milieu de la figure !

                         b) ces changements ont-ils modifié, amplifié les clivages politiques ? Oui, mais ils étaient prévisibles tant les divergences étaient flagrantes avant les élections.

                         c) les positions majoritaires, tant au Nord qu’au Sud, antinomiques, restent aux antipodes, malgré le temps qui passe.

Dès lors, une nouvelle consultation électorale peut-elle déboucher sur une autre voie ? Je prends le pari que OUI :

a) résultats confirmés et amplifiés constatés, le monde politique serait enfin amené à prendre ses responsabilités et à ne pas retarder l’inéluctable : une scission cohérente et honnête de deux peuples contraints à la co-existence depuis le Congrès de Vienne.

b) s’opposer à une nouvelle consultation, c’est, corollairement, s’obliger à tout nouvel « équilibre » (sic!) au détriment , une fois de plus, de la Wallonie. Donc, prolonger l’hégémonie flamande et enterrer définitivement le redressement ô combien nécessaire de notre Wallonie.

c) une bonne fois pour toutes, la consultation populaire n’est-elle pas, jusqu’à nouvel ordre, le moyen le plus démocratique qui soit, face à l’immobilisme que nous constatons actuellement ? Et rebattre les cartes, sermonner le monde politique qui joue à ignorer la réalité du fossé existant.

d) faire courir les bruits d’une inutilité, n’est-ce pas faire le jeu de ceux qui clament que « les élections ne servent à rien. C’est toujours les mêmes qui reviennent », donc les partisans d’une non-démocratie ?

e) mais encore, sait-on que si les votes blancs et nuls étaient additionnés et intégrés dans les dévolutions des sièges, les scores individuels des partis seraient érodés encore plus. Hommes politiques, réfléchissez donc !

f) enfin, au motif de la démocratie, n’est-il pas comique de vouloir retarder une consultation – par ailleurs inéluctable – quelle que soit l’échéance dans le temps, proche ou lointaine ? Ont-ils si peur que cela ? L’électeur a de la mémoire, contrairement à ce qu’on essaie de faire croire, sinon pourquoi les résultats de mai ont-ils tant modifié la donne arithmétique ? (donc politique!)

Politiques, politologues, journalistes, hommes de la rue : réfléchissez, Salvini n’est pas loin…

10 réflexions sur « Pour de nouvelles élections »

  1. Monsieur Mélot, votre analyse se tient parfaitement pour autant que l’on s’amuse à pousser le  » jeu démocratique » indéfiniment, lequel, en Belgique, s’apparente depuis belle lurette à une comedia del arte, à une lamentable bouffonnerie.
    Bien au contraire, comme en Tchécoslovaquie, la rencontre de deux  » Salvini », un wallon et un flamand, devient urgente afin de couper le nœud gordien de notre misérable existence depuis 1815.
    Malheureusement, une démocratie efficace butte souvent sur la réticence des peuples à bousculer leurs habitudes. L’Histoire de France l’explicite. Sans Napoléon Bonaparte la Révolution de 1789 aurait  » tourné en eau de boudin ». Sans Napoléon Bonaparte, la France retournait au passé.
    Sans deux  » Salvini », un wallon et un flamand, afin de régler le divorce par consentement mutuel, dans l’intérêt de chacun, le cancer belge continuera encore de croître et ses métastases  » prolongeront l’hégémonie flamande et enterreront définitivement le redressement ô combien nécessaire de notre Wallonie.  »
    Le problème en Wallonie, aucun parti politique ne présente actuellement de candidat « Salvini » soit par belgitude francophobe soit par manque de courage soit par une structure cadenassée au profit du président et de ses hommes ou femmes liges.
    Di Rupo, aux origines proches de Salvini, tire ses intérêts du Royaume de Belgique; il ne changera pas de cap.
    Michel ( fils de et copain de) bénéluxien convaincu tire profit du multilatéralisme; il ne changera pas de cap.
    Il ne sert à rien de retourner au urnes car le constat est clair: la situation est bloquée par l’émergence de fait d’une Nation flamande avec un  » Salvini  » à sa tête.
    Il faut espérer que Bart De Wever tienne bon et oblige le PS à passer à la table des dernières négociations.
    Les résultats des dernières élection le confirment, le monde politique se doit de prendre, ENFIN,  » ses responsabilités et à ne pas retarder l’inéluctable : une scission cohérente et honnête de deux peuples contraints à la co-existence depuis le Congrès de Vienne. »
    Heureusement pour nous Wallons, au 21e siècle en Europe occidentale, la Flandre n’a aucun intérêt matériel, financier, commercial, politique à couler  » le radeau de la Méduse socialo-wallon » .
    Je dirais même plus : elle a intérêt à nous fourguer à la France !
    nb: le Boerenbond et Colruyt travaillent avec la France…..

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  2. Pourquoi alors, ne pas oser une « consultation populaire » sur la question de la continuité ou non de cet Etat qu’on appelle Belgique!!! Puisque le « référendum » n’existe pas comme en France, osons poser la question aux gens dans l’isoloir: oui ou non à la continuité de la Belgique (au niveau fédéral) comme un Etat unifié et prendre alors les mesures nécessaires en cas de scission définitive… Au moins, on sera fixé une bonne fois pour toutes! Mais ils n’oseront jamais (ou alors peut-être les flamands au niveau régional) mais les francophones eux n’auraient pas grand chose à perdre puisque je suis déjà à peu près sûr du résultat au niveau wallon, bien trop belgicain, en revanche au niveau flamand et au vu du dernier score cumulé N-VA/Vlaams Belang…Les Wallons auraient plus peur du résultat en Flandre qu’en Wallonie je crois!

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    1. Vous mettez le doigt là où cela fait vraiment mal, Monsieur SamuelB. Ainsi vous oseriez imaginer une  » consultation populaire  » (nom donné, en Belgique, au référendum consultatif organisé en 1950 sur le retour du roi Léopold III) portant sur le confédéralisme, la Régionalisation à quatre, ou l’avenir de cet Etat !
      Nous sommes déjà deux.
      Veuillez remarquer que j’use de l’euphémisme pour éviter l’ horrifiant vocabulaire indépendantiste.
      Un Etat ne meurt jamais, il s’estompe, il s’évanouit, il se transforme, etc.
      Oui, cela vaudrait la peine que la Flandre l’impose puisqu’elle détient la majorité au parlement. Et dans le cas du présent blocage de nos « institutions », la Flandre pourrait proposer un consultation populaire sur la question de la pérennité de l’Etat belge. Rédigée avec beaucoup d’hypocrisie la question pourrait recevoir l’assentiment majoritaire en Flandre. Et, le résultat serait « plié » d’autant que personne (ni civils ni militaires ni policiers) ne se rebellera cette fois-ci, assurément pas au Nord ( le VOKA et le Boerenbond préférant le Veau d’Or à l’Archevêque de Mechelen) et pas plus au Sud car il n’y a plus personne sauf un dernier petit carré de la FGTB/ CARAPILS.
      Espérons que l’idée germera dans l’esprit d’un parlement en Flandre.

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  3. Pourquoi alors, ne pas oser une « consultation populaire » sur la question de la continuité ou non de cet Etat qu’on appelle Belgique ? (SamuelB – 24 août 2019).

    Oui, pourquoi pas ?

    Alliance Wallonie France pourrait réfléchir à la question et la proposer comme solution à tous les partis intéressés soit essentiellement en Flandre.

    Il ne sert à rien de s’adresser aux  » Hommes d’Etat wallons  » !

    Pourquoi? Voici quelques éléments de réponses:

    1) le 3/7/2019, site de la NVA en français, PEUT-ETRE ETES-VOUS PLUS WALLONS QUE VOUS NE LE PENSEZ ? ( Sander Loones, député);
    (NDLR: à ‘époque, l’article a été proposé sur ce site)

    2) le 20/8/2019, Libre Belgique, opinions, POUR UN GOUVERNEMENT PROVISOIRE COMME EN 1830-1831 (sic) (Francis Delpérée, constitutionnaliste, ancien député CDH);
    (NDLR: que revive la bonne bourgeoisie belge)

    3) le 23/8/2019, Doorbraak, A QUOI SERT UN GOUVERNEMENT FEDERAL S’IL N’Y A PAS DE VISION PARTAGEE DE L’AVENIR ?
    Pieter Bauwens (Wat hebben we aan een federale regering als er geen gedeelde toekomstvisie is ?);

    4) le27/8/2019, Libre Belgique, opinions/débats, page 38, SORTONS CE PAYS DES SABLES MOUVANTS DE L’ IMMOBILISME (Christian Leysen, député fédéral OpenVLD).

    En conclusion: La NVA tente de déciller les yeux aveugles des Wallons et Doorbraak ou la voix du Mouvement flamand analyse la situation à l’instar d’ Alliance-Wallonie-France ou du RWF ou de Gewif.

    Les députés flamands traditionnels voudraient bien avancer vers le  » décrochage » mais paniquent à l’idée de perdre les élections et de subir les reproches du VOKA du VBO ou du BOERENBOND .

    Monsieur Delpérée rêve d’un coup de force comme en 1830-1831. Cela montre clairement un dénis total de la signification du suffrage universel chez les partis traditionnels wallons et bruxellois.

    En conclusion: des élections, NON ! Une consultation populaire, OUI !
    Le tout, en Flandre, sera de poser ou traduire de « manière adéquate » la question simple : Stop ou encore ?

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