Où en est-on ?

Le Grand Oral d’Isabel Albers (directrice L’Echo/De Tijd) : « La Belgique n’est pas loin de l’évaporation »

Ce compte rendu a été publié sur le site de la RTBF.

Directrice des rédactions de L’Écho et De Tijd, Isabel Albers est l’invitée du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 29 juin sur La Première et ce dimanche 30 juin sur La Trois. Isabel Albers passe en revue l’actualité politique, médiatique et économique, « vu de Flandre ». Cela commence par son analyse à propos du Vlaams Belang, deuxième parti de Flandre.

« Nous sommes journalistes », commence-t-elle. « Cela fait des années que nous donnons la parole au Vlaams Belang. Le cordon sanitaire est facile à exécuter en Wallonie, mais pas en Flandre, ils ont gagné les élections ».

Isabel Albers défend cette position. « Le Vlaams Belang dit clairement avoir un programme dénué de tout racisme. Mais en dehors du programme, on sait que ça va plus loin. Je crois qu’il faut parler à tout le monde, comme journaliste critique. »

Le fédéral

Jusqu’à présent, seuls les Germanophones sont parvenus à composer un gouvernement. Isabel Albers cite Karel De Gucht : « Il a dit que la Belgique n’allait pas disparaître dans un big-bang, mais plutôt s’évaporer. À un moment donné, dit-il, personne ne voudra plus former de gouvernement fédéral. Ce moment n’est pas loin. »

La Flandre

L’exclusive du PS à l’encontre de la N-VA est en partie liée au fait que les nationalistes ouvrent la porte au Vlaams Belang. Mais s’agit-il d’une véritable ouverture ou d’une pièce de théâtre ?

« Il y a un silence radio, mais selon mes informations, ils ont discuté du contenu. Mais le moment est venu de passer à l’acte. Bart De Wever veut montrer qu’il a entendu le signal des électeurs du Vlaams Belang. La première solution côté flamand, c’est la N-VA avec le CDenV et le VLD. »

La Wallonie

En Wallonie, c’est un gouvernement minoritaire soutenu de l’extérieur et incluant la société civile qui se dessine. « Le coquelicot. Un nouveau mot que j’ai appris », sourit-elle. Pour Marie-Hélène Ska (CSC), cette idée est à côté de la plaque.

Qu’en pense-t-elle ? « Je suis d’accord avec elle. Cela semble moderne, mais c’est un retour aux piliers, des organisations qui n’ont pas été élues démocratiquement. Ce sont les hommes et femmes politiques élues qui doivent gouverner. C’est pour masquer un gouvernement qui a une alliance minoritaire. »

Une « solution » qui, selon Isabel Albers, n’est souhaitable à aucun niveau de pouvoir. « La meilleure option est de gouverner avec des majorités larges. »

Elle a dit :

Former un gouvernement « arc-en-ciel » au fédéral, bonne idée ? « On aurait un pays gouverné par des partis de nains. Qu’importent les votes, les mêmes partis restent au pouvoir. C’est un mauvais signal. »

A propos du PTB : « Ils sont aussi dangereux pour la démocratie, comme le Vlaams Belang, car ce sont des populistes. Ils ne sont pas intéressés à la gestion d’un pays. »

A propos du confédéralisme : « C’est encore trop flou. Même la N-VA n’est pas prête. Des réformes sont souhaitables, mais il faudrait commencer par se mettre à la table. »

Aller revoter ? « Ce serait le pire scénario. Cela reviendrait à dire ouvertement aux Belges qu’on se moque d’eux. Trois jours après les résultats, j’entendais déjà cette option. »

Sur la situation économique de la Wallonie : « Il n’y a pas de raison que cela n’aille pas en Wallonie. Est-ce la faute du PS ? Partiellement peut-être… La faute aussi à l’enseignement francophone. Il n’y a qu’à regarder les enquêtes PISA. »

Comment résoudre le casse-tête fédéral ? « Cela prendra du temps, vu les exclusives du PS et de la N-VA (l’un refusant de discuter avec l’autre), mais ils doivent se parler. »

6 réflexions sur « Où en est-on ? »

  1. En ce qui me concerne, j’entrevois un gouvernement wallon MR-Ecolo-Cdh, car il n’y aura pas moyen de faire autrement. Dès ce moment, le PS, exclu de Wallonie, se ruera sur la NVA pour faire un gouvernement fédéral avec Elio comme Premier et avec le confédéralisme en toile de fond. Si c’est le cas, mieux vaut qu’Elio négocie directement la fin du pays, qu’on gagne des étapes qui, de toute manière, sont inéluctables.

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  2. Pour le symbolique, Philippe 1er de Belgique se tiendra solitaire sur l’estrade ce 21 juillet. Un roi sans réel gouvernement, ciel !
    En saluant ses troupes, défilant devant lui, se souviendra-t-il des gémissements d’Auguste à l’annonce de la terrible défaite dans la forêt du Teutobourg ? « Varus, rends-moi mes légions ! » . S’écriera-t-il : « Elio, Bart, rendez-moi mes ministres fédéraux » ?
    Si par hasard il a lu  » Une nation introuvable  » de François Perin, commencera-t-il à saisir la signification profonde du « Mane, Thecel, Phares » soit « compté, pesé, divisé » du prophète Daniel. « Tes jours sont comptés ; tu as été trouvé trop léger dans la balance ; ton royaume sera partagé » entre Flandre et Wallonie.
    Qui sait …

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  3. Reprenant un article de la RTBF INFO de ce 3 juillet 2019, traitant de la nomination de Charles Michel, homme lige du Président multilatéraliste Macron, il paraîtrait qu’au MR des noms de remplaçants sont déjà cités pour prendre son relais, Willy Borsus, Sophie Wilmès, Jean-Luc Crucke…
    Le futur président devrait, selon les informations, surtout relancer le parti. Le MR vient de connaître une défaite électorale ( ndlr: n’exagérons pas svp ). Sans doute pas le meilleur des contextes pour succéder à Charles Michel, heureux ( tout comme le fut son coreligionnaire Verhofstadt) de partir à l’Europe.
    Bref, peu importe qui reprendra la charge intérimaire de premier ministre mais comme président du MR, Jean-Luc Crucke ( ndlr: quatre régions autonomes) pourrait faire avancer la transformation de l’Etat belge avantageusement pour la Wallonie. Là, Bart pourrait y trouver de l’intérêt.

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  4. « Enfin Malherbe vint » (Nicolas Boileau) . Pardon « Enfin Magnette survint » (Valmy).
    Dans un article paru sur le site de la RTBF, le 11 juillet 2019, « La grosse imposture de ces élections, c’est le PTB » , Paul Magnette coupe court à la rumeur d’une entrée du MR dans le gouvernement de Brussel.
    « On n’a pas discuté de ce genre de choses, on a discuté de méthodes. » Avant d’ajouter que « dans un régime fédéral, il y a la Flandre d’un côté, il y a la Wallonie, il y a Bruxelles, chacun a sa propre dynamique ».
    CHACUN A SA PROPRE DYNAMIQUE ! « Tiens, tiens, tiens voilà le printemps qui chante » ( Ray Ventura et ses collégiens). Comme tout peut arriver dans une vie….

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  5.  » Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1830, les troupes hollandaises se sont retirées de Bruxelles, marquant par là le début de l’indépendance de la Belgique. La Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles commémore les journées révolutionnaires du 23 au 27 septembre 1830. » (Wikipédia)
    En fait, au point où on en est dans « la Belgique indépendante »(sic), il semblerait nécessaire aux Wallons de changer, d’urgence, la date de commémoration de son identité, en vue d’inspirer à ce peuple un nouvel élan vers le futur.
    Les Flamands choisissent le 11 juillet 1302. Par cette date, sans qu’ils l’avouent, ils remettent plus en cause la succession de Charlemagne et son indivision successorale ignorant les diversités humaines de l’empire carolingien: le traité de Verdun (843) et le traité de Meerssen ( 870). Mais les Wallons pourraient s’en souvenir également. Treize siècles de malheurs pour les uns comme pour les autres à cause d’une succession « européenne » exemplative du déni des réalités des peuples, déjà à cette époque.
    Il ne faut pas oublier qu’antérieurement, l’Empire romain, malgré sa brutalité impitoyable pour maintenir « la paix », tenait compte des peuples qui le composaient.
    Mais soit laissons aux Flamands leur Fête des Eperons d’or, cela les regarde.
    Observons, en outre, que les « echte Brusseleirs » fêtent leurs spécificités le 5 mai ( l’Iris) et le 11 juillet (Eperons d’or) !
    Dès lors, pourquoi les Wallons doivent-ils absolument se ridiculiser à commémorer le 27 septembre 1830 ? Ont-ils vraiment gommé de leur mémoire que de 1795 à 1815, ils adoptèrent sans réserve leur qualité de CITOYENS FRANCAIS ?
    Toutes les nations, tous les peuples, au cours des siècles, changèrent pour diverses raisons leurs dates commémoratives.
    En conséquence, d’autant que cela ne coûte que le prix de la volonté et du papier, proposons au Parlement de Wallonie d’abandonner le funeste et « dévalorisé » 27 septembre soit par le 20 janvier ( 20/01/1793 Plébiscite du Pays de Liège en faveur de l’union à la France) soit le 1er octobre ( 01/10/1795 la Convention entérine la réunion du Pays de Liège, des Pays-Bas autrichiens (pour le Hainaut, Namur et province de Luxembourg) et reconnaît à leurs habitants la citoyenneté française). Cela aurait le mérite de la clarté au vu de l’évolution chaotique du « Failed Belgium Kingdom ».
    Bien évidemment, les locataires du Boulevard- de- l’Empereur- autrichien ainsi que certains Amis de Charles- le-bourguignon-européiste-multilaréliste de l’avenue de la Toison d’Or, sans oublier les petits hommes verts et les relégués- dans- l’opposition de la Belgicanie, marqueraient assurément des réticences .
    Mais qui sait ?

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  6. En route vers la régionalisation de la Belgium army ?

    Un centre de formation par province pour rendre l’armée plus attrayante ( Vif,23/07/19) Source : Belga
    Le sommet de la Défense est actuellement en contact avec les gouverneurs de province afin d’établir dans chacune d’entre elles un centre de formation pour jeunes recrues. (…) (…) (…)
    Le principal syndicat militaire, le SLFP Défense, réagit positivement au plan de décentralisation de la formation. « En ce qui nous concerne, il s’agit d’une très bonne initiative », a commenté Boris Morenville, président de l’organisation. « Nous devons être plus attractifs. Une de nos propositions est la régionalisation. Si les gens peuvent se former et travailler plus près de chez eux, c’est un gage de stabilité et ils pourront rester au sein de l’armée », a-t-il précisé.

    NDLR : Le très unitariste Ministre de la Défense Didier Reynders soutient le projet provincial comme existaient les régiments locaux avant 1914 et encore avant 1940.
    Faire et défaire c’est toujours faire.
    Et en Belgium, saperlipopette, les rêves unitaristes butent toujours sur les réalités humaines. Sire, il n’y a pas de Belges ! Pour le prochain défilé du 21 juillet, il vous faudra engager des Wallons et des Flamands, sans quoi : Kaput !

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