LETTRE OUVERTE AUX WALLONNES ET AUX WALLONS FIERS DE L’ÊTRE

Par Pierre HAZETTE, citoyen inquiet, ancien ministre

Chère Madame, cher Monsieur,

Chers compatriotes,

Rassurez-vous : je ne vous écris pas pour vous inviter à ne plus aimer la Belgique, mais pour vous donner quelques raisons, tirées de l’expérience, d’aimer et d’aider la Wallonie.

Notre Belgique, petit royaume créé par les vainqueurs de Waterloo et, une fois rapetissé, pris en charge, une quinzaine d’années plus tard, par un aristocrate allemand, a réussi à être plus grande que ne le laissait prévoir l’exiguïté de son territoire.

Elle a colonisé un empire au cœur de l’Afrique; elle a joué un rôle majeur dans l’industrialisation de l’Europe; elle a pesé du poids de diplomates remarquables pour créer le Marché Commun, puis l’Union Européenne; au départ d’une production industrielle de qualité, elle a créé un filet de sécurité sociale efficace; elle a défendu avec succès la liberté de pensée et d’expression, la liberté de choisir sa religion ou de n’en point choisir, d’en changer ou d’y renoncer; elle a réussi à mettre l’enseignement et la formation de tous les niveaux en libre accès, sans distinction de sexe, pour tous les enfants, tous les adolescents, tous les jeunes gens, tous les adultes; elle a inscrit dans sa Constitution l’égalité entre l’homme et la femme ; elle s’est dotée d’une justice impartiale et équitable; les centres de recherche de ses universités, de ses entreprises, les découvertes de  ses savants et de ses chercheurs la signalent positivement aux yeux du monde; sa production littéraire, grammaticale, musicale, artistique, cinématographique, journalistique n’est pas en reste ; elle excelle aujourd’hui dans des disciplines sportives de renom mondial; elle organise à intervalles réguliers des élections sur un mode incontestablement démocratique, qui lui permettent de sanctionner l’action de son gouvernement.

La Wallonie, notre Wallonie a pris une place considérable dans cette histoire.

Au siècle dernier, comme la plupart des pays d’Europe, la Belgique a souffert de deux guerres sanglantes et monstrueuses.

Elle en est sortie dans le camp des vainqueurs, mais elle porte aujourd’hui encore les stigmates de ces conflits : des divergences graves ont révélé la distanciation de deux opinions publiques : à travers une consultation populaire sur la question royale, puis sur la condamnation et la répression des actes de collaboration avec l’envahisseur. Ces dissentiments laissent encore des traces : les oppositions se sont exprimées avec véhémence lors du débat d’investiture du Gouvernement en 2014.

Pourtant, une fracture bien plus lourde de conséquences s’est révélée au milieu de la décennie dorée, connue sous l’appellation de golden sixties. Il faut en chercher la survenance dans les chiffres austères du Produit Intérieur Brut. Pour la première fois depuis l’indépendance, le revenu individuel des Flamands dépassait celui des Wallons.

L’industrie traditionnelle qui avait fait la richesse du sillon Sambre et Meuse et, par l’effet de la solidarité nationale, celle de la Belgique entière, a raté le rendez-vous de la modernité. La sidérurgie, les verreries, les manufactures lainières, les charbonnages sont devenus déficitaires avant de sombrer. L’agriculture est restée confinée dans les productions traditionnelles.

Dans le même temps, les activités portuaires d’Anvers et de Zeebruges prospéraient et irriguaient un Hinterland qui accueillait des entreprises chimiques, des chantiers navals, des constructions d’automobiles, des petites et moyennes entreprises, intelligemment, orientées par le Boerenbond vers le secteur agro-alimentaire et, malencontreusement, vers les productions hors sol.

La prospérité flamande prit plusieurs formes : elle accompagna une authentique révolution culturelle. Le français perdit sa suprématie sur la vie intellectuelle et culturelle. La langue néerlandaise remplaça les dialectes régionaux ou locaux ou s’y superposa. L’opinion fut alertée par le montant des transferts financiers qui, sous l’égide d’une Belgique solidaire, allaient à flots récents mais continus du nord au sud. Le dénigrement n’était pas loin : le Wallon prétendument installé dans son hamac, chômeur professionnel, malade imaginaire et, si souvent, gréviste, offrait au Flamand l’occasion rêvée de faire payer aux francophones du nord, du centre et du sud du pays, le complexe de supériorité que ces derniers affichaient avec arrogance depuis la création de l’Etat belge. Aux yeux des Pères fondateurs, le pays né en 1830 ne pouvait être que francophone.

Mais nous étions à portée de vue de la fin du XXème siècle. Le conflit linguistique allait s’accentuer au rythme de l’expansion économique de la Flandre. La distance était ténue entre la fierté et l’identité culturelles revendiquées à juste titre et le nationalisme haineux. On entendit, à la tribune de la chambre des Députés, un extrémiste souhaiter « que crève la Belgique ». L’imprécation devint slogan : « België barst ! »

Dans ce raccourci historique, une date est à retenir :

1999

Il y a vingt ans, le parlement flamand se prononçait à la quasi-unanimité pour transformer l’Etat fédéral en un Etat confédéral. Dans sa résolution, il s’agissait de donner tous les pouvoirs aux régions. Celles-ci, Flandre, Wallonie, Bruxelles, décideraient souverainement des compétences qu’elles délégueraient à ce qui resterait de l’Etat central. Dans ce système, les régions seraient responsables de leurs dépenses comme de leurs recettes. La Wallonie, appauvrie par les bouleversements du XXème siècle, imprudente dans la gestion de son budget, s’est laissé entraîner dans un programme de diminution des transferts financiers qui portera ses fruits vénéneux en 2025 : elle y perdra 620 millions par rapport à la situation actuelle. Or, elle est aujourd’hui endettée à hauteur de 21,4milliards pour l’exercice de ses compétences propres ; elle a inscrit 13,819 Mds en recettes 2019 et 15,076 Mds en dépenses.  L’endettement s’accroît donc de 1,25 Mld sur l’année en cours.

2025, c’est demain et demain pourrait être un cataclysme.

La campagne électorale de 2019 n’a rien révélé de l’urgence majeure : des partis wallons ont annoncé des services gratuits et des diminutions du temps de travail. Pas de quoi mériter un brevet de bonne gouvernance ! Pas non plus d’analyse lucide des échos qui venaient du parti majoritaire en Flandre.

Les nationalistes, qui ne renient pas leur projet indépendantiste et pronostiquent la fin de la Belgique en 2025, se voulaient rassurants : leur hyper-président revendiquait le leadership du gouvernement flamand. Quant à la fonction de Premier ministre du gouvernement fédéral, elle serait sollicitée par le numéro 2 du parti. Un politologue, bravant l’engagement indépendantiste de la NVA, les résultats des récentes élections communales et provinciales, comme les intentions de votes révélées par les instituts de sondage, estimait bravement qu’il n’y a pas plus de 5% de Flamands qui souhaitent l’indépendance de leur Région.

Comment analyser ces messages apparemment contradictoires ? Si on excluait toute volonté de bienveillance des nationalistes flamands à l’égard des Wallons « se prélassant dans leurs hamacs », selon le mot du candidat Premier ministre, il restait une hypothèse plus que vraisemblable :

LE PIEGE SE REFERME SUR LA WALLONIE

A situation inchangée, c’est à dire, à défaut de découvrir un filon d’or dans le Borinage, la Wallonie sera confrontée à un endettement insupportable et comme la dévaluation est désormais impossible, il reste trois pistes qui se rejoignent d’ailleurs : la suppression de dépenses à choisir pour leur faible rendement, la diminution de celles qui ne pourraient être évitées et l’augmentation, jusqu’à l’asphyxie, de la fiscalité.

Il n’est pas certain que la conjonction de ces trois moyens suffise à convaincre les institutions financières d’alourdir par de nouveaux emprunts la dette wallonne. Ce ne serait, d’ailleurs pas une solution, mais l’aggravation du problème. La Commission européenne ne manquerait pas d’y mettre son veto.

Revenons à la fiscalité.

C’est ici, en effet, que la Flandre escompte son bénéfice et que la NVA, pour le lui assurer, entend mener à la fois la politique régionale et fédérale, celle-ci favorisant celle-là. Sans modification de la Constitution, la Flandre compte bien profiter de l’arrivée des entreprises wallonnes qui fuiront l’impôt avec d’autant plus d’empressement que les avantages fiscaux leur seront promis par un gouvernement flamand riche des moyens financiers qu’il ne devra bientôt plus à la solidarité nationale. Si les propositions débattues dans la campagne électorale et visant l’aggravation des droits de succession devaient se réaliser, les investissements immobiliers auraient tôt fait de prendre, eux aussi, les chemins du nord.

On peut augurer que les centres de recherche, les chercheurs, les savants se verront offrir des conditions de travail et des rémunérations auxquelles on ne résiste pas. Les terres agricoles seront rachetées par de grands groupes flamands et l’industrie agro-alimentaire prospérera au bénéfice des sièges flamands. Le jambon d’Ardenne sera produit sur la terre d’élevage et dans ses fumoirs, mais il sera commercialisé par une société limbourgeoise ou malinoise.

 SI PIEGE IL Y A, PEUT-ON L’EVITER ?

J’ai invité Wallonnes et Wallons à aimer et à aider la Wallonie. Il n’y avait pas de smiley au bout de ma phrase. Mais l’optimisme n’est pas inconditionnel.

Commençons par les dépenses à faible rendement.

Notre Région de 3,5 millions d’habitants est administrée au plus près des citoyens par l’organisation des services communaux. La responsabilité politique en incombe à une assemblée délibérante, le Conseil communal, renouvelé tous les six ans. Le pouvoir exécutif est exercé par le Collège communal, qui représente la majorité des élus communaux. Le CPAS (Centre public d’action sociale) a en charge les problèmes sociaux des citoyens, en relation avec le Collège.

La tutelle des Communes et la politique générale de la Région peuvent être assurées par un Parlement d’une cinquantaine de Député(e)s et un Gouvernement de sept ou huit personnes.

Précisons, en passant, que l’immunité parlementaire sera supprimée dans les cas de présomption sérieuse de corruption.

On l’a compris : la suppression des Provinces signifie la fin des cinq députations provinciales et des cabinets qui assistent les députés provinciaux. Parmi les milliers de fonctionnaires provinciaux, il va de soi que le personnel des écoles provinciales sera assuré de garder son emploi sous l’administration régionale. Les agents administratifs ou le personnel technique et ouvrier seront prioritairement affectés, après audit, au suivi des dossiers qui passeront des provinces à la Région. Sur le territoire wallon, des services aussi essentiels que l’administration de la justice, de la police, des écoles ou des finances, l’entretien des domaines et des bâtiments publics trouveront, dans le personnel provincial libéré, la réponse à des problèmes récurrents que la presse illustre chaque semaine. Il y aura aussi des pertes d’emplois, mais la quantité ne peut en être déterminée a priori et des cellules de reconversion en atténueront l’effet. Il y aura aussi des édifices prestigieux qui se videront. On peut imaginer que des Palais provinciaux remplaceront avantageusement des « palais » de justice décrépits.

Passons à un autre niveau.

Depuis près d’un demi-siècle, les matières culturelles, d’abord, puis l’enseignement, sous l’empire d’une loi de financement calamiteuse, la protection de la jeunesse, la prévention des maladies, les relations internationales de la Communauté française sont traitées par une assemblée réunissant francophones de Wallonie et de Bruxelles. Des voix s’élèvent aujourd’hui pour que ces matières soient transférées aux deux Régions, dont la fédération est de peu d’utilité. Un accord de coopération doit suffire à traiter en commun ce qui doit l’être. Ainsi le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles quitterait la scène politique belge, en même temps que le gouvernement responsable devant lui. L’économie, attachée à cette montée en force de la Région se lit dans le budget de cette assemblée qui n’a pas réussi à créer entre les francophones du pays le lien fort et invincible dont ils avaient besoin.

C’est une autre dépense de rentabilité contestable que le démantèlement de l’ex-Communauté française amène dans le champ des réflexions. L’Institut public de radio-télévision coûte cher. Or, en 1999, le gouvernement de cette Communauté a signé avec la France un accord de coopération qu’il conviendrait d’adapter aux réalités. La Wallonie prendrait la place de la Communauté comme entité co-contractante et négocierait un créneau dans les chaînes publiques françaises pour rendre compte de l’actualité wallonne. Pour le reste, le nombre de téléspectateurs francophones de Belgique fidèles aux programmes français, aujourd’hui déjà, démontre que nous prendrions-là la voie d’économies indolores.

Les défenseurs irréductibles du service public devront aussi faire montre d’une force de persuasion peu commune pour démontrer que le transport par autobus est d’une efficacité reconnue par tous les usagers, quand ils sont abandonnés sur les trottoirs pour satisfaire les revendications des grévistes des TEC. Si l’OTW s’appliquait à rédiger un cahier des charges reprenant tous les services attendus d’un acteur majeur de la mobilité, soumettait ce cahier à la délibération du Parlement, puis invitait les transporteurs privés à soumissionner, dans le respect des règles de la concurrence, la Wallonie, sous le contrôle d’un Office moins politisé, y perdrait moins d’argent et les citoyens, moins de temps.

Poursuivons maintenant par une réflexion sur les dépenses indispensables à la Renaissance wallonne.

La Wallonie, responsable de l’éducation et de l’enseignement, depuis les crèches jusqu’aux Universités, ne peut plus se prétendre prisonnière de l’histoire de Belgique et de ses guerres scolaires.

La prise en charge de la petite enfance et l’enseignement fondamental seront assumés au plus près des familles, c’est à dire par l’autorité communale. Le subventionnement des initiatives tant publiques que privées sera assuré par la Région sur la base du principe constitutionnel d’égalité. Il appartiendra au pouvoir communal de vérifier que l’enseignement à domicile est dispensé dans le respect des programmes et des règlements d’hygiène et de sécurité.

Dans le souci de réduire les distances à parcourir par les élèves et de concentrer les moyens éducatifs et le matériel pédagogique, l’enseignement spécialisé, primaire et secondaire, l’enseignement général, technique et professionnel seront organisés sous forme pluraliste, soit par des pouvoirs publics, soit par des associations privées. L’accès aux cours de religion donnés sous la responsabilité des autorités des cultes reconnus sera facilité par le Gouvernement régional. Un cours de philosophie adapté à l’âge des élèves sera organisé aux frais de la Région dans toutes les écoles.

La formule permet de respecter le choix des parents et dispense le pouvoir de consentir des dépenses hors de proportion pour assurer le libre choix des religions, même quand les parents d’un seul élève le réclament.

Cette proposition qui rompt avec la tradition et les conventions du pacte scolaire doit être soumises à la concertation des parties concernées.

Il doit être entendu que toute institution scolaire reconnue d’utilité publique bénéficiera, sur pied d’égalité, de la prise en charge des traitements, des subventions régionales à la construction et au fonctionnement, dans la limite des moyens budgétaires de la Région.

Si nous partons du point de vue que nous sommes, nous Wallons, plus riches de temps que d’argent, il est urgent que nous nous organisions pour créer autour de nos écoliers, élèves ou étudiants, avec des citoyens dûment motivés, une société éducative dont je vais tenter d’esquisser les contours.

FIERS D’ETRE WALLONS

Ce titre m’est fourni par « Le chant des Wallons »

Il y eut un temps, en effet, où, après en avoir énuméré les raisons, nos ancêtres disaient leur fierté, sans agressivité, sans nationalisme.

Et si nous refaisions le même parcours ?

Nos entreprises de haute technologie brillent, notamment, dans le domaine de l’aéronautique et de l’armement. La qualité de notre eau souterraine donne, à nos bières et à notre whisky, une notoriété mondiale, qui rejaillit avec bonheur sur nos vins et mousseux.

Le lendemain de l’incendie de Notre-Dame de Paris, un convoi de poutres en lamellé-collé démarrait d’Etalle pour consolider l’édifice sinistré.

Dans l’industrie de la chaux, on parle peu de la transition énergétique, mais on s’y immerge en ouvrant un immense deuxième champ de panneaux photovoltaïques. L’exploitation énergétique de la biomasse concurrence l’industrie sucrière au moment où la culture de la betterave régresse.

L’exploitation des épaves de voitures montre un savoir-faire, doublé d’une ingéniosité peu commune. Un industriel réalise des prouesses dans le nettoyage des rues.

Dans la biotechnologie, nos universités ont ouvert la voie à des entreprises de haute performance, confirmant la vocation de nos chercheurs et entrepreneurs dans la production de médicaments.

Nos carrières, confrontées au repli de la sidérurgie, ont adapté leurs productions de calcaire et de chaux à de nouveaux besoins des industries chimiques.

La production agro-alimentaire met sur le marché des fromages, mais aussi des pâtisseries ou des sauces qui, revêtues de la certification hallal, conquièrent les pays musulmans.

La configuration de la Wallonie invite aussi à l’optimisme : la Région est couverte d’établissements d’enseignement supérieur en connexion avec des Universités et des Facultés en relation étroite avec des centres de recherches et des hôpitaux qui assurent à la fois la qualité des soins et leur proximité.

La Wallonie s’est inscrite dans une stratégie réussie de transport multimodal. Les aéroports de Charleroi et de Liège sont connectés avec les autoroutes et voies ferrées et, pour ce qui concerne Liège, on y ajoutera la voie d’eau et un port fluvial aux dimensions européennes.

Les changements climatiques et, notamment, la récurrence des sécheresses illustrent le potentiel extraordinaire de la Wallonie au sens où elle repose sur des ressources en eaux souterraines abondantes qui pourraient devenir une richesse convoitée dans les saisons qui s’annoncent.

Le tourisme se présente sous des dehors favorables dès lors que la couverture forestière et les prairies donnent une touche verte aux excursions et promenades, motivées par la recherche de sites naturels ou architecturaux remarquables. Ce n’est pas un hasard si les parcours de golf s’y multiplient.

Hors de tout préjugé, la pêche en rivière et la chasse sportive apportent, elles aussi, un attrait supplémentaire à l’industrie hôtelière et aux restaurants qui rivalisent de prouesses gastronomiques.

Une rengaine populaire du siècle dernier a parfois symbolisé la morosité des Wallons devant la gloire perdue : « Ley’m ploré. .. » (Laissez-moi à mes larmes). A vrai dire, si on le veut, les larmes ne sont plus de mise. Les conditions pourraient être réunies, au contraire, pour annoncer la renaissance wallonne.

Quand nos soldats étaient redoutés sur les champs de bataille de l’Europe féodale, quand nos maçons construisaient le réseau ferroviaire russe, quand nos ouvriers de l’acier implantaient la sidérurgie en Suède, ils devaient leur succès à leur professionnalisme. On appelait cette qualité d’un autre vocable.

C’était le devoir d’état.

L’expression a été rappelée par un Général français qui honorait le sacrifice de deux commandos d’élite, tués dans le combat qui libéra quatre otages au Burkina Faso en ce mois de mai 2019. Le devoir d’état est l’obligation morale incontournable d’accomplir, au mieux de ses possibilités, la tâche pour laquelle on est reconnu apte et compétent et dont on tire sa rémunération. C’est exactement l’image inversée du statut de ces administrateurs de l’intercommunale Publifin qui étaient rémunérés sans avoir à siéger. Tolérer cette aberration scandaleuse, c’est faire injure à celles et ceux, et ils sont heureusement nombreux, qui font honneur à leur devoir d’état.

Inévitablement, dès que le devoir d’état est reconnu comme la base de la bonne organisation de la société, se pose le dilemme de l’agent des services publics : son service au public est l’essence de son devoir d’état.  Peut-il, sans trahir ce devoir, abandonner ses élèves, à l’appel de son syndicat l’invitant à la grève ? Peut-il quitter l’hôpital sur injonction syndicale ? Peut-il, sans même une couverture syndicale, refuser de démarrer son autobus le matin et exposer les usagers à des problèmes parfois, souvent même, insolubles ? Le respect du devoir d’état n’éteint pas le droit de grève dans les services publics ; il crée un contexte particulier dont le principe fondamental est que dans un service public, jamais le public ne peut être pris en otage par la grève. Il faudrait graver ce principe dans la pierre des tours où sont censés travailler les fonctionnaires aiguilleurs du ciel.

Max Léo Gérard, ancien ministre des Finances, écrivait : « On peut concevoir le rendement d’une administration, comme représenté par le rapport de la production en un temps donné au coût des services pendant le même temps »

Voilà une base concrète à l’évaluation objective des fonctionnaires et un appel à une innovation que les acteurs économiques, empêtrés dans les arcanes administratifs attendent comme un puissant stimulus à l’investissement.

Il faut donc innover et créer, par exemple, une instance de conciliation qui entendra les revendications portées par les syndicats, analysées par les pouvoirs publics et les associations d’usagers qui auront le droit de s’exprimer. Il importera qu’en dernier ressort, le pouvoir soit reconnu à l’autorité publique de proposer la formule de sortie de crise, sans que jamais le service au public ne soit refusé.

Si la réflexion s’élargit, l’enjeu paraît se situer dans la restauration d’une formation à l’éthique personnelle et au bénéfice qu’en tirerait une société où chaque intervenant se soumettrait à son devoir d’état.

Un néologisme anglo-saxon a envahi le langage courant : les fake news. Les réseaux sociaux en sont les vecteurs privilégiés. C’est là qu’apparaît le nécessité de journalistes d’investigation et d’information qui s’appliqueraient le devoir d’objectivité dans la relation des faits et distingueraient clairement la relation et le commentaire personnel. Le grand public a besoin de références sûres. Or, c’est par la primauté de l’éthique personnelle que la société se protègera de l’emprise des réseaux sociaux qui dissolvent, émiettent et pulvérisent le démos, le peuple souverain.

Il va de soi que le rétablissement de l’éthique personnelle passe par la conscientisation des éducateurs, les parents dans la sphère privée, les enseignants dans les murs de l’école.

Restons un moment dans ces murs et interrogeons-nous sur le métier qui s’y exerce. L’accès à la profession est conditionné par une formation initiale en faculté universitaire ou dans un institut spécialisé. La matière à enseigner, la méthode à appliquer pour en assurer la transmission, l’art de conduire une classe et de guider les jeunes vers l’âge adulte font l’objet de quatre ou cinq années d’études. Si le devoir d’état a été inculqué, la confiance doit être assurée au jeune diplômé. Les conseils des collègues expérimentés ne seront pas un luxe, mais l’enseignement restera toujours un lien à créer entre un adulte responsable et un groupe de jeunes.

Il y a une cinquantaine d’années, un professeur de latin en classe terminale disait à ses élèves : « Si votre version s’intitule La mort de César, vérifiez qu’au terme de votre traduction, César soit bien mort ! »

On doit partir du même conseil aux jeunes enseignants : imprégnez-vous du programme et au terme de l’année scolaire, assurez-vous que vos élèves ont assimilé la matière.

De grâce, libérons les instits et les profs !

Que la confiance revienne à l’ordre du jour ! Le plaisir de rendre aux jeunes, dans une liberté guidée par le devoir d’état, le goût au bonheur d’apprendre, fera régresser rapidement la menace de pénurie. Ayons la sagesse d’intégrer dans cette confiance restaurée, les directions d’établissements et le corps d’inspection et reportons-nous au seul critère de pilotage qui vaille : le taux de réussite en fin d’année scolaire. Créons ce lien fort où le maître conduit l’élève à la réussite et où la classe atteste de la qualité du maître.

Ce lien comptera beaucoup dans la fierté d’être wallon et nous éloignera de la morosité que crée, avec une régularité désespérante, la publication des enquêtes PISA.

Néanmoins, la confiance retrouvée par la réhabilitation du devoir d’état, ne suffira pas.

Il faut, d’urgence, y ajouter les bienfaits de

LA SOCIETE EDUCATIVE

L’âge de sortie de la vie active est devenu au cours des années un problème majeur dans la vie des Etats européens. Il est indispensable que les responsables politiques intègrent l’allongement de l’espérance de vie ou la durée des études ou encore la persistance d’un chômage de longue durée pour évaluer la hauteur de l’effort fiscal réclamé des actifs cotisants.

Il n’est pas inconcevable, non plus, d’exclure du débat la contribution bénévole que les aînés peuvent apporter à la jeune génération comme à celle des actifs. La solidarité intergénérationnelle n’est pas une voie à sens unique.

Situons le cadre : il est communal.

Un échevin ajoute à ses compétences la contribution à la société éducative. En ville, il ou elle procède à un découpage par quartiers ; dans une commune rurale, les villages s’imposent comme cadre.  S’ouvre alors le catalogue des actions possibles, toutes orientées vers un apport à l’éducation ou à la formation continuée.

Citons en vrac quelques exemples qui n’épuisent pas le sujet :

1/l’accompagnement d’une école des devoirs, ouverte aux écoliers comme aux élèves, dans des locaux distincts. Proposer une avant-soirée d’accompagnement, une ou deux fois par semaine, à un parent ou grand-parent disponible ne paraît pas inimaginable ;

2/l’invitation à des tables de conversation où s’exercerait l’usage de la langue « des voisins » et où officieraient des habitants, dont la langue maternelle n’est pas le français. Un inventaire de ces native speakers révélerait à coup sûr des contributions bénévoles qui pourraient être utiles tant aux élèves qu’aux personnes actives désireuses d’enrichir leurs acquisitions langagières ;

3/l’initiation à des tâches manuelles que pourraient prendre en charge des bricoleurs, des techniciens, des artisans, des ouvriers retraités. On peut entrevoir que des écoliers ou des élèves pourraient être tentés de tester leurs capacités d’apprentissage dans des gestes qui révèlent l’intelligence de la main ;

4/la promotion de la diversité sportive, singulièrement à destination des filles. Les clubs sportifs ont montré la voie, mais elle conduit principalement au terrain de football, de basket ou de tennis. Il ne manque pas, cependant, de praticiens et de praticiennes dans d’autres disciplines, comme le hockey, le hand-ball ou la natation, qui compléteraient avantageusement l’offre sportive ouverte au public féminin ;

5/la musique, la danse, le théâtre, le dessin, la sculpture, la peinture sont des champs ouverts à la curiosité des enfants et des adolescents et ici aussi des intervenants expérimentés dans ces diverses formes d’arts pourraient faire montre de leur utilité sociale ;

6/la redécouverte du dialecte wallon passerait par des narrations, des saynètes, des chants dont le passé est riche et dont il reste encore assez de témoins pour intéresser un public de tous âges ;

7/les promenades découvertes ouvriraient les yeux des jeunes sur la diversité biologique : les oiseaux, les mammifères, les rongeurs, les plantes, les arbres, les batraciens dans les zones humides. On y ajouterait bien les roches ou l’habitat des différentes époques. Il y faudrait, bien sûr, des guides amoureux de la nature et des paysages, vierges ou façonnés par l’homme.

8/Un ami, exportateur de laboratoires scientifiques dans les pays d’Afrique, a ouvert ce type de labo dans son entreprise pour y attirer des jeunes tentés par les sciences. L’opération a fait long feu. La communauté scientifique en eût-elle été informée et sensibilisée, je suis certain que les jeunes s’y seraient présentés et les experts avec eux pour leur donner le goût des sciences.

Ceci n’est qu’une esquisse, et, je le répète, non exhaustive, mais rien n’est inaccessible. Il y faut, dans le chef des représentants de l’autorité communale, de la volonté, de l’enthousiasme, de la conviction pour entraîner l’adhésion des bénévoles.

Certes, la responsabilité communale ne s’arrêtera pas aux propositions.

Il faudra dégager des locaux, des moyens de transport, des défraiements, et l’autorité de tutelle devrait prendre sa part des efforts consentis.

La fierté d’être Wallon serait aussi fondée sur la réactivation de la responsabilité partielle qu’assumerait chaque adulte dans l’éducation, au sens large du terme, de la génération montante et tant mieux si, à travers les multiples activités proposées, naît et se développe le désir d’entreprendre.

C’est le carburant dont l’énergie wallonne a le plus grand besoin.

CONCLUSION

Dans la Belgique, fragile et menacée, que j’ai évoquée au début de cette Lettre Ouverte, rien ne serait plus dommageable que d’attendre pour voir venir.

J’en appelle au volontarisme et je condamne la passivité.

J’en appelle à la lucidité et je condamne l’aveuglement.

J’en appelle à l’action et je condamne l’attentisme.

J’en appelle à la prudence et je condamne l’aventurisme.

Un dernier mot à ce sujet.

L’indépendance de la Wallonie ne me paraît guère envisageable et, pour des raisons budgétaires comme en raison du poids de la dette belge, il serait catastrophique qu’elle s’engage dans cette voie.

Il serait tout aussi périlleux de n’envisager d’autre solution que le bon vouloir flamand.

En 1999, la Communauté française a signé un accord de coopération avec la France ; la Wallonie a fait de même en 2004, à la fin de la législature. Les portes sont ainsi ouvertes à la recherche de coopérations qui permettraient des économies d’échelles. Je viens de les évoquer dans l’audiovisuel. Elles sont possibles dans l’enseignement. Elles sont envisageables dans la représentation de la Wallonie à l’étranger où la France dispose de réseaux qui nous seraient accessibles, si la négociation s’engageait sur ce point.

La France est attentive aux développements du sécessionnisme de la Flandre. Un politologue observe que la Wallonie pourrait être intégrée à la France dans un chapitre séparé de la constitution républicaine, tout en préservant ses spécificités, en référence au statut particulier de l’Alsace. Mais si négociation il devait y avoir, nous servirions mal nos intérêts en nous présentant comme les bras cassés de la modernité. Montrons dès à présent ce que nous valons, ce que nous apporterions d’originalité, de créativité et d’inventivité, si nous réécrivions, nous -mêmes et pour les autres, notre propre histoire.

Il ne serait que temps que le gouvernement wallon ouvre la porte à une concertation permanente avec les autorités de la République.

On nous a assez seriné que gouverner, c’est prévoir. Un imprévu révèle toujours une défaillance politique.

Enfin, si je n’ai pas parlé de Bruxelles, c’est que l’analyse de la situation y est différente.

Capitale de l’Europe, c’est probablement dans cette direction que ses regards doivent se porter. Et puis, on y sent peu d’enthousiasme à partager le destin d’une Wallonie qu’on y suppose exsangue.

Quant à la Communauté germanophone, elle est entourée d’amis qui lui ouvrent les bras : la Wallonie, d’abord, mais aussi le Grand-Duché de Luxembourg ou le Land de Rhénanie Westphalie.

Chère Madame, cher Monsieur,

Chers compatriotes,

Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire jusqu’à son terme cette Lettre Ouverte.

Je la rends publique au terme de la campagne électorale. Mon espoir est qu’elle ouvre les yeux, les vôtres, bien sûr, mais aussi ceux des femmes et hommes politiques wallons qui porteront dans la négociation des gouvernements la responsabilité d’orienter notre avenir commun.

Votre dévoué,

Pierre HAZETTE.

hazettep@hotmail.com

10 réflexions sur « LETTRE OUVERTE AUX WALLONNES ET AUX WALLONS FIERS DE L’ÊTRE »

  1. J’adhère pleinement à la lettre de Monsieur Hazette.
    Monsieur Hazette par réalisme rejoint l’analyse de Monsieur Crucke: Commencer par régionaliser le royaume de Belgique en quatre entités autonomes avant de se lancer dans des grandes manœuvres institutionnelles.
    Vu la taille des deux plus petites régions, rien n’empêche Flandre et Wallonie d’établir un calendrier de divorce par consentement mutuel.
    Pourquoi effrayer la population et les investisseurs par des rodomontades d’hercules de foire ?

    Si l’indépendance de la Wallonie ne paraît guère envisageable. Il serait tout aussi catastrophique de s’accrocher à la Belgique moribonde.

    Si la France est attentive aux développements du sécessionnisme de la Flandre. Un rappel important : Jacques Attali proche conseiller de François Mitterrand et homme d’influence n’a jamais déconseillé au pouvoir français de rejeter la Wallonie.
    Il affirma même qu’elle en valait le coût.
     » Nous servirions mal nos intérêts en nous présentant comme les bras cassés de la modernité. » et en nous accrochant par courte vue et intérêts mesquins à la Belgique. Mais comment faire confiance à nos représentants politiques plus provinciaux étriqués qu’hommes d’Etat visionnaires.

    De plus cessons de nous focaliser sur le sort de Bruxelles, son réalisme et son imaginaire naviguent déjà avec la Flandre.La présence de la « Présidente » Onkelinx au PS bruxellois ne changera pas le cap de cette communauté particulière.

    Quant à la Communauté germanophone entourée d’amis qui lui ouvrent les bras : le Grand-Duché de Luxembourg ou le Land de Rhénanie Westphalie, que la Wallonie laisse retourner cette population vers son heimatland. Souvenons-nous qu’elle fut arrachée, à la Prusse, de force par la « petite et douce Belgique » en 1921 pour assouvir une vengeance qui devait la conduire jusqu’à Cologne comme le rêvaient les Ducs de Brabant au 12e/13e siècles.
    On ne se change pas, pas vrai Monsieur Pirenne !

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  2. Vivement que l’on mette fin au rôle des deux informateurs qui cherchent à faire un gouvernement qui ne sera jamais un gouvernement. La Belgique est le Titanic, elle est finie. Il faut se le mettre dans la tête. On peut faire ce que l’on veut. Le navire a commencé à prendre l’eau. C’est fini. Que ce soit dans 6 mois, 1 an, peut-être 2. Franchissons cette porte et ne parlons plus des cette Belgique qui n’est plus que flamande.On coupe et c’est fini. Vive le divorce.
    Albert

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  3. Merci à M. Hazette pour cette lettre ouverte qui devrait être lue partout et diffusée le plus largement possible, et ce y compris au Parlement wallon (l’Elysette) à Namur, capitale de notre chère région!

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    1. Certes, oui, mais si  » La polémique a fait énormément de bruit sur les réseaux sociaux et ce samedi matin, l’humoriste répondait à son tour au politicien N-VA. Avec une certaine ironie, évidemment, puisqu’il parle d’erreur… avant de faire remarquer qu’il est non Wallon, mais Bruxellois et donc… flamand.  » ( lire RTBF INFO)
      Si Monsieur De Warzée signale qu’il n’est pas Wallon ( c’est son droit légitime), il se présente comme Bruxellois donc Flamand ! Cela  » interpelle  » car personne n’a relevé cette dernière remarque. Voyez-vous si bruxellois signifie en finalité flamand, alors que l’on supprime rapidement la pseudo Communauté française, pompe à fric au détriment de la Wallonie. Et que la proposition de Monsieur Crucke : Belgium = quatre Régions soit appliquée sans sourciller.

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  4. Jean-luc Ledent : Intéressant …… mais c’est naïf, utopique. Il y a 2 sociétés, une libérale (flamande) et l’autre socialiste (wallonne).
    Petite leçon de socialisme:
    Un professeur d’économie dans un lycée annonce fièrement qu’il n’a jamais vu un seul de ses élèves échouer, à l’exception d’une année, où ce fut la classe entière qui a connu l’échec.
    Cette classe était entièrement convaincue que le socialisme était une idéologie qui fonctionnait, et que personne n’était ni pauvre ni riche !
    Un système égalitaire parfait en somme !

    Le professeur dit alors :
    OK donc, nous allons mener une expérience de socialisme dans cette classe.
    A chaque contrôle, on fera la moyenne de toutes les notes et chacun recevra cette note. Ainsi personne ne ratera son contrôle et personne ne caracolera en tête avec de très bonnes notes, en méprisant les autres.
    Après le 1er contrôle, on fit la moyenne de la classe et tout le monde obtint un 13/20.
    Les élèves qui avaient travaillé dur n’étaient pas très heureux, au contraire de ceux qui avaient peu travaillé.
    A l’approche du 2ème contrôle, les élèves qui avaient peu travaillé en firent encore moins tandis que ceux qui s’étaient donné de la peine pour le 1er test décidèrent de lever le pied et de moins travailler. La moyenne de ce contrôle fut de 9/20 ! Personne n’était satisfait.
    Quand arriva le 3ème contrôle à leur grande surprise, tous ratèrent leur examen final.
    Le professeur leur expliqua alors que le socialisme finit toujours mal car, quand la récompense est importante, l’effort pour l’obtenir est forcément important, tandis que si on confisque les récompenses, plus personne n’essaie de réussir.
    Les choses sont aussi simples que çà.

    Voici un petit extrait de discours qui résume parfaitement les choses
    Vous ne pouvez pas apporter la prospérité aux pauvres en la retirant aux riches.
    Tout ce qu’un individu reçoit sans rien faire pour l’obtenir, un autre individu a dû travailler pour le produire sans en tirer profit.
    Tout Pouvoir ne peut distribuer aux uns que ce qu’il a préalablement confisqué à d’autres.
    Quand la moitié d’un peuple croit qu’il ne sert à rien de faire des efforts car l’autre moitié les fera pour elle, et quand cette dernière moitié se dit qu’il ne sert à rien d’en faire car ils bénéficieront à d’autres, cela mes amis, s’appelle le déclin et la fin d’une nation.
    On n’accroît pas les biens d’un pays en les divisant.

    Dr. Adrian Rogers, 1931

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    1. C’est bien pour cela que nous devons devenir Français. En Wallonie, nous avons aujourd’hui 24 % de socialistes. Dans le système belge, un tel parti contrôle 80 % du pouvoir politique. Dans un système majoritaire à deux tours, le PS serait totalement balayé. Ou à tout le moins, il y aurait une alternance salutaire.

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