Les élections en Wallonie

Une opinion de Jules Gheude publiée sur le site de la RTBF.

Les candidats aux élections communales profiteront des Fêtes de Wallonie pour se faire voir et vendre leur marchandise. Le ministre-président wallon et le président du Parlement wallon saisiront l’occasion pour mettre en avant les changements opérés depuis un an par la nouvelle majorité et en appeler à la fierté collective. Le Chant des Wallons sera entonné à pleins poumons, le péket coulera à flots et l’on rira de bon cœur aux vannes du curé distillées lors de la traditionnelle messe en wallon, avant de se séparer sur l’air du Bia bouquet.

Il est vrai que l’humour du curé lui permet aussi d’asséner quelques vérités brutales et de dénoncer les travers d’une société trop souvent égoïste et aveugle.

Mes d’jins, si vous saviez !

Il paraît, selon les analyses de l’Iweps (Institut wallon de l’Evaluation, de la Prospective et de la Statistique), que les Wallons se sentent avant tout belges et que 93% d’entre eux sont farouchement opposés à la séparation du pays.

Présent dans l’assemblée, à titre d’invité officiel, le ministre-président flamand N-VA ne peut s’empêcher d’afficher un léger sourire. Il sait, lui, que ses six millions de concitoyens constituent une véritable nation, qui verse chaque année à la Wallonie quelque 7 milliards d’euros. Et il se dit en lui-même : Profitez-en bien, les petits, car l’extinction de ces transferts est programmée. Comme est aussi programmée, pour la N-VA, l’émergence d’une République flamande souveraine (article 1er des statuts).

Les responsables politiques francophones se gardent bien d’aborder le sujet. En 1999, lorsque le Parlement flamand a approuvé les fameuses résolutions d’inspiration confédérale, ils n’ont d’ailleurs pas saisi l’importance de l’événement. Tout se passe, dans leur esprit, comme si la Belgique fédérale était vouée à l’éternité. D’aucuns proposent même aujourd’hui de ramener certaines compétences dans le giron de l’Etat central. Ils appellent cela refédéraliser. Car il est vrai que les six réformes de la Constitution opérées depuis 1970 ont rendu le mille-feuille institutionnel indigeste, voire immangeable.

Mes d’jins ! Savez-vous exactement ce qu’est le confédéralisme ? Non, ce n’est pas le fédéralisme des cons, comme l’a un jour défini Francis Delpérée. C’est une manière d’aller au séparatisme en toute légèreté. Pas de révolution, mais un processus évolutif, pour reprendre les termes de Bart De Wever, le président de la N-VA.

On ne va pas démolir directement la baraque belge. On va d’abord la dépouiller de l’essentiel de ses meubles pour les confier à deux propriétaires, Monsieur Flandre et Madame Wallonie, entre lesquels chaque Bruxellois devra choisir le régime qu’il souhaite pour ses formalités « personnalisables » : impôt des personnes, régime de sécurité sociale, etc.

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre la suite : la baraque belge ne servant plus à rien, autant la dynamiter !

En prononçant son discours aux Fêtes de Wallonie, Willy Borsus, le ministre-président wallon ne pourra s’empêcher de songer à l’an prochain. Car si les sondages actuels se confirment, il y a de fortes chances pour que le discours 2019 soit confié à un(e) socialiste !

Au lendemain des élections du 26 mai 2019, Elio Di Rupo s’empressera de constituer une coalition de gauche avec le PTB et Ecolo (peut-être même avec DéFi…), tandis qu’informateurs, médiateurs, conciliateurs et autre démineurs se succéderont en un ballet sans fin. En 2010, le cirque a duré 541 jours !

La mise sur pied d’une coalition de gauche en Wallonie sera du pain bénit pour Bart De Wever. Elle reflètera, en effet, sa définition de la Belgique : Flamands et Wallons vivent sur deux planètes et constituent deux démocraties. Aussi, en fin stratège qu’il est, attendra-t-il patiemment que les négociations s’embourbent pour mettre le dossier du confédéralisme sur la table. Pour ce faire, il pourra compter sur le soutien du CD&V, dont le président Wouter Beke a confié, en 2007, au journal québécois « Le Devoir » : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

Toute la question est là : le PS finira-t-il par lâcher du lest ? Si l’on en juge par les épisodes précédents (le lâchage de José Happart et le maintien des Fourons en Flandre en 1988 ; les concessions que l’on se refusait d’envisager et que l’on finit par faire en 2001 en échange d’un maigre refinancement de la Communauté française ; la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde sans extension territoriale de Bruxelles en 2012), la chose n’est pas à exclure.

Comme l’a fort justement écrit Paul-Henry Gendebien dans son livre « Belgique – Le dernier quart d’heure » en 2006 : « On n’entendit plus les matamores se proclamant ‘non-demandeurs’. (…) La barricade francophone était en papier mâché. »

Elio Di Rupo, Paul Magnette et consorts n’ignorent toutefois pas que, privée des transferts financiers en provenance de Flandre, la Wallonie serait confrontée à une situation budgétaire intenable, qui l’obligerait à se serrer drastiquement la ceinture.

Professeur d’économie émérite de l’Université de Liège, Jules Gazon s’est penché sur le cas d’une Wallonie livrée à elle-même. Son constat est sans appel :  La seule solution serait une diminution drastique des dépenses publiques wallonnes. Une diminution de 25% s’imposerait. Cela signifie qu’on devrait lourdement élaguer dans les allocations et les salaires de la fonction publique. Dans un tel cas de figure, un climat quasi révolutionnaire naîtrait en Wallonie. Des allocations et des salaires plus bas pour le personnel de l’Etat affaibliraient la demande intérieure wallonne, ce qui rendrait une relance économique encore plus difficile.

Mes d’jins, si vous saviez !

Pour sauver, de façon éphémère, la cadre belge et revenir quelque temps au pouvoir, Elio Di Rupo prendra-t-il ce risque ? Ou, se souvenant des propos tenus jadis par le général de Gaulle – J’ai la conviction que seule leur prise en charge par un pays comme la France peut assurer l’avenir à vos trois à quatre millions de Wallons – , estimera-t-il que le moment est enfin venu de prendre langue avec les autorités françaises pour négocier un statut d’intégration-autonomie ?

Jules Gheude

5 réflexions sur « Les élections en Wallonie »

  1.  » Il paraît, selon les analyses de l’Iweps (Institut wallon de l’Evaluation, de la Prospective et de la Statistique), que les Wallons se sentent avant tout belges et que 93% d’entre eux sont farouchement opposés à la séparation du pays. » (lire ci-haut).
    Merci, Monsieur Gheude, vous pointez le drame ! En cinquante-huit ans, la coalition d’intérêts Politique-Finance-Médias transformèrent un peuple fier en MOUTONS AVEUGLES prêts à la tonde et au sacrifice rituel. C’est à pleurer que de devoir mettre ses espoirs dans l’action nationaliste du Mouvement flamand !

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  2. Révolution wallonne ! ( Olivier Chastel sur RTBF INFO 01/09/2018)

     » On sait que la manne financière qui vient du fédéral est dégressive sur 10 ans et donc la Wallonie doit se préparer à vivre en totale autonomie » dit Olivier Chastel.

    Vivre en autonomie signifie devoir se serrer la ceinture. Il devient plus qu’ urgent d’ alerter les Wallons. Mais celui qui dévoile la vérité doit être éliminé c’est-à-dire dans le présent cas de figure évincé lors du prochain scrutin au profit de bonimenteurs qui chanteront, la bouche en cœur, TOUT VA TRES BIEN MADAME LA MARQUISE…

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  3. Rentrée politique d’Olivier Maingain FDF/DéFI à Wavre : « Ni PS, ni MR si l’électeur nous en donne les moyens » (09/09/2018)

    Du mauvais Molière : les fourberies de Maingain.

    Bien implanté sur l’échiquier politique à Bruxelles, FDF/DéFI compte y conforter sa présence aux prochaines élections communales et faire son entrée dans la majorité de la Ville de Bruxelles. (ndlr :attention à la symbolique de cet objectif !) Mais FDF/Défi veut surtout obtenir le soutien de la Wallonie comme base arrière de sa lutte pro Belgica face à la Flandre.
    Et, bien évidemment, les Wallons tombent dans le panneau comme des alouettes dans le miroir. Pour preuve, les faire applaudir la ministre d’Etat et personnalité historique du FDF, Antoinette Spaak, la très charmante et policée belgicaine de service dont le « papa-fondateur-du-Bénélux », Paul-Henri Spaak, snobait et maudissait les Wallons.
    Au programme la dénonciation des « discours de mépris(sic) de certains dirigeants wallons pour la Wallonie, qui cherchent à diviser pour plaire à leurs alliés du nord du pays. Je n’accepte pas le scandaleux abaissement de cette dignité(sic) ». ; le renvoi pour un temps dans l’opposition ces partis qui ont fait tant de mal. Ni PS, Ni MR, c’est notre message pour le 14 octobre, si l’électeur nous en donne les moyens (ndlr : Le rêve passe !) ; LE RENFORCEMENT DE L’ANCRAGE WALLON avec l’arrivée de nombreuses personnalités de la société civile « qui n’avaient jamais fait de politique avant ». De là à voir dans les communales un réel examen de passage pour l’implantation wallonne du mouvement, il n’y a qu’un pas que l’opportuniste Maingain accomplit sans complexe.
    « On ne peut pas en vouloir aussi à un moment à des militants qui ont œuvré dans d’autres partis de s’être rendu compte de ce que sont les partis traditionnels et de vouloir s’engager dans une force politique qui tient un autre discours et qui a d’autres pratiques ».
    C’est à pleurer mais ces braves gens ne se sont jamais intéressés à la vie politique belgo-bruxelloise ? Ils n’ont jamais lu le Soir et la Libre Belgique ? Ils ne se rendent pas compte que Maingain et « Le Joueur de flûte de Hamelin » ne font qu’un ?
    Pour démonstration, dans Le Vif-L’Express du 13 /11/2009 : Olivier Maingain, président du FDF, se réfèrait à la pensée de Jean Gol pour déclarer : « la Flandre s’affirme, il ne sert à rien pour les francophones de pleurer sur le détricotage de l’Etat belge(…) Plutôt que de chercher à freiner les demandes flamandes, voyons plutôt ce que nous voulons pour nous ».
    Se disant néanmoins fermement attaché à la Belgique (sic) , Olivier Maingain, pour justifier les « droits des francophones » dans les six communes à facilités et au-delà, est prêt à accepter des facilités pour les néerlandophones dans certaines communes du Brabant wallon, en application de la  » convention-cadre européenne pour la protection des minorités nationales ». (sic)
    Il s’agit là d’un fantasme de belgicains œuvrant à la création d’une grande région bruxelloise bilingue, sorte de reconstitution en petit de l’ancienne province de Brabant. Olivier Maingain aime à rappeler que sa mère était flamande mais il oublie son père, Roger Maingain, un important militant wallon.
    L’angoisse de Maingain, la scission de BHV sans élargissement de la région bruxelloise serait « dramatique » parce qu’il s’agirait « d’une victoire du nationalisme » qui « faciliterait la tâche de ceux qui, dans le nord du pays pensent à l’indépendance, les délimitations administratives faisant autorité sur le plan international pour fixer les frontières d’un nouvel Etat.
    Le président du FDF/Défi, aujourd’hui encore, tient à prendre le contrepied de la thèse défendue par le Mouvement wallon, en accord sur ce point avec le Mouvement flamand, à savoir le principe de l’homogénéité linguistique et culturelle de la Wallonie et de la Flandre: aucune minorité linguistique et à fortiori « nationale », ne sera reconnue de part et d’autre de la frontière linguistique. Le Mouvement wallon s’inspire de l’exemple de la République française, qui ne reconnaît aucune minorité comme telle sur son territoire et a d’ailleurs, pour cette raison, refusé de signer la convention-cadre convention- cadre européenne pour la protection des minorités nationales.
    Dans le même article du Vif-Express : Eric Van Rompuy déclarait, « lorsque le problème de BHV sera résolu, Olivier Maingain connaîtra le même sort que José Happart. Mais, comparé à l’ancien leader fouronnais, « Maingain a une image très ambigüe : très francophone sans être régionaliste. Il apparaît comme le représentant des villas de la périphérie »(…) On ne peut non plus le considérer comme le pendant francophone de Bart De Wever qui, lui, veut engager la lutte finale, tandis que, « si la Belgique disparait, les francophones de la périphérie étant en Flandre, Maingain perdra tout ». (ndlr: à rappeler aux braves Wallons!)
    En 2009, M. Jean-Claude Marcourt, à l’époque vice-président du gouvernement wallon, déclara au Vif-L’Express : « Evidemment qu’on scindera un jour BHV ! La question, et là réside toute l’hypocrisie du FDF, c’est de savoir à quelles conditions ». Plaidant pour un continuum territorial entre Bruxelles et la Wallonie, le ministre socialiste wallon dit « comprendre les craintes de la Flandre : voir la présence francophone sur son territoire s’étendre comme une tache d’huile. Mais tout ce qui a été accepté doit être maintenu(…) Néanmoins, « peut-être vaudrait-il mieux de trancher définitivement la question territoriale, en disant : ça, c’est la Flandre, ça, c’est la Wallonie et ça, c’est Bruxelles. Et on n’en parle plus. C’est fini ! »

    ( Ndlr : Extraits de Liège-France Actualités , le blogue de feu André Schreurs, site rattachiste, samedi 14 novembre 2009 et de RTF INFO du 09/09/2018)

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  4. Après les vaches à lait flamandes, vous rêvez de vaches à lait françaises. La France n’a plus de sous, prenez-vous en charge. Marre des assistés de votre genre.

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    1. Monsieur Dubois, j’ai le plaisir de vous informer que la Flandre n’a jamais été « une vache à lait » au profit mesquin de la Wallonie.
      Par contre, si la Flandre industrielle existe, elle le doit au pillage des revenus engendrés par l’industrie wallonne par les organismes financiers BELGO-BRUXELLOIS depuis 1830.
      Les subsides alloués récemment par la Flandre à la Wallonie ne représentent qu’une infime goutte d’eau de ce que les gouvernements belges, à majorité flamando-bruxelloise, et la Société Générale de Belgique détournèrent au détriment de la Wallonie.
      Pour le peuple de Wallonie, retourner en France ne signifie pas tendre la sébile mais tout simplement, à l’instar du peuple d’Israël, RENTRER CHEZ LUI, RETROUVER LA MAISON.
      Mais, un Belge ne peut pas ou ne veut pas comprendre cela parce qu’il se sent déconcerté, perdu, désorienté, spolié d’un pays mythique édifié sur des mensonges politiques et des manipulations de l’Histoire destinés à camoufler l’agression, britannico-européenne, au 19e siècle, contre la France et l’arrachement de ses départements wallons au profit d’intérêts germaniques. La Belgique, puisque vous l’appelez ainsi, n’est qu’un feuilleton, une série tragique, qui débuta au 16e siècle avec l’autrichien Charles de Habsbourg et s’éternise lamentablement à ce jour.

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