Paul Magnette en France

L’opinion de Jules Gheude

En août 2011, alors candidat aux primaires du PS en vue de l’élection présidentielle, François Hollande effectua une visite éclair à Bruxelles. A cette occasion, il accorda une interview au « Soir » : Quand je vois les voix socialistes qui s’expriment en Wallonie… Toutes ces voix… Qui nous ont parfois manqué… Nous pourrions les prendre là…

Sept ans plus tard, le PS français est en état de décomposition et propose à Paul Magnette d’être tête de liste pour les élections européennes de 2019. Faut-il considérer cela comme un premier pas officiel vers l’intégration de la Wallonie en France ? Toujours est-il que le fait est significatif.

Le PS français n’a pas oublié l’entêtement avec lequel Paul Magnette a combattu le CETA en 2016. Le nom du « petit Gaulois » fit ainsi le tour du monde.

Mais pour Paul Magnette, cette invitation française est quelque peu gênante. En 2010, il reçut le surnom d’Allemagnette après avoir tenu ces propos dans « La Libre » : Quand je vois la situation en France, je comprends qu’il n’y ait plus que trois rattachistes en Wallonie. Etre rattaché à un pays qui a une culture aux antipodes de la nôtre, c’est ridicule. (…) Il y a une rupture culturelle avec les Français. Si on doit se rattacher un jour, ce sera plutôt à l’Allemagne. C’est plus l’intérêt industriel de la Wallonie.

En 1958, André Renard, le syndicaliste socialiste liégeois, futur fondateur du « Mouvement Populaire Wallon », tenait un tout autre discours. A l’occasion de la Fête nationale française, il qualifiait la France de grand flambeau, de grande lumière de culture. Et il ajoutait : Notre cœur reste attaché à la France. Nous avons foi dans cette France qui, pour nous, est éternelle.

Paul Magnette doit relire d’urgence son catéchisme wallon. Dans « La Wallonie, terre mosane » (Institut Jules Destrée, 1960), voici ce qu’écrit l’historien namurois Félix Rousseau : Pourquoi les Wallons parlent-ils français depuis des siècles, pourquoi ont-ils adopté la culture française, alors que – au point de vue politique – pendant plus d’un millénaire (à part Tournai et le Tournaisis) l’ensemble des terres wallonnes n’ont été françaises que pendant vingt années, exactement de 1794 à 1814 ? (…) Et cependant, dès le XIIIe siècle, c’est le français qui est adopté partout comme langue littéraire. Voilà le fait capital de l’histoire intellectuelle de la Wallonie. Sans aucune contrainte, de leur pleine volonté, les Wallons sont entrés dans l’orbite de Paris et, depuis sept siècles, avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie, n’ont cessé de participer à la culture française.

Vous réciterez cela chaque soir avant de vous endormir…

Dans la mouvance française de gauche, Jean-Luc Mélenchon, le leader de « La France insoumise », joue un rôle non négligeable. En 2010, il écrivait sur son blog : On a compris que suis un « rattachiste », comme on dit. Si les Flamands s’en vont, si la Belgique « s’évapore », alors que les Wallons viennent avec nous. Ce serait la conclusion d’une pente prise il y a des siècles et maintenue sans désemparer dans les sentiments populaires des Wallons comme des Français.

Il y a quelques années, Paul Magnette se disait surpris de l’irrésistible ascension du nationalisme flamand : On pensait que tout cela n’était que du folklore !

François Perin, lui, avait très vite saisi les choses. Dans son livre « La Belgique au défi », publié en… 1962, il lançait cette mise en garde : Le nationalisme flamand n’est pas la création de l’incivisme de deux occupations étrangères ; c’est le résultat de la poussée irrésistible du peuple flamand. Si aucune révision constitutionnelle n’intervient à temps, l’éclatement du pays pourrait se solder par des institutions centrales très simples : des délégués des gouvernements wallon, flamand et bruxellois se concertent d’une manière régulière au sein d’un conseil fédéral et passent des conventions entre Etats pour la gestion d’intérêts communs (…). Les trois parties gardent la plénitude de leur souveraineté : seules des conventions entre voisins régleraient les problèmes auxquels ils seraient inévitablement confrontés. C’est une formule de confédération centrifuge.

Une confédération centrifuge. N’est-ce pas précisément ce dont il est question aujourd’hui ? Sauf que, dans l’esprit de Bart De Wever, il n’y aurait plus que deux Etats, la Flandre et la Wallonie, entre lesquels chaque Bruxellois devrait choisir pour ce qui concerne les compétences communautaires : impôt des personnes, système de sécurité sociale, aide sociale, immigration et intégration.

Il ne fait aucun doute que, réduite à l’état de coquille vide, la Belgique serait vite considérée comme superflue.

Les Wallons réaliseront alors très vite où se situent vraiment leurs intérêts.

Comme l’avait confié le général de Gaulle au professeur Robert Liénard de l’Université de Louvain : J’ai la conviction que seule leur prise en charge par un pays comme la France peut assurer l’avenir à vos trois à quatre millions de Wallons.

5 réflexions sur « Paul Magnette en France »

  1. Aujourd’hui « une confédération centrifuge », hier une séparation administrative, voilà un siècle que des patriotes wallons théorisent la sortie de la Wallonie de l’imbroglio « pénitentiaire » belge.

    Voilà un siècle, qu’ils attendent, non seulement, la mise en application de leurs théories par leurs adversaires, mais encore, qu’ils renâclent lorsque ces derniers leur offrent la LIBERATION tant désirée.

    Personne ne parlait du syndrome de Stockholm en 1917 quand l’Allemagne leur présenta la séparation administrative sur un plateau !
     » N’est-ce pas précisément ce dont il est question aujourd’hui ? Sauf que, dans l’esprit de Bart De Wever, il n’y aurait plus que deux Etats, la Flandre et la Wallonie (…) (lire Jules Gheude, ci-dessus).

    A remarquer que la régionalisation et maintenant le confédéralisme ( à la sauce Bart de Wever ) ne présentent rien de neuf, rien de plus que la séparation administrative à la wallonne de 1912, appliquée pour la première fois en 1917, avortée en 1918 et enfin relancée en 1970 ( voir la Constitution dite belge). A relire les textes d’origine: Bruxelles en Flandre et Namur en Wallonie.

    Les francophones ? Pas de problème soit ils demandent la citoyenneté flamande soit ils demandent la citoyenneté wallonne et ils demeurent là où ils habitent comme n’importe quel citoyen dépendant de l’Union européenne, jouissant des droits, devoirs et protection prévus par les traités de Paris, Rome, Maastricht, Amsterdam, Nice, Lisbonne ( etc.).

    Cela accompli, les Wallons « au grand cœur » laisseront assurément les descendants des citoyens prussiens de l’Ostbelgien rejoindre l’Heimatland.

    Pourquoi appliquer à plus petit que soi ce que de plus puissant vous firent subir ?

     » Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Matthieu 22:39)

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  2. Bonjour,
    « ensemble des terres wallonnes n’ont été françaises que pendant vingt années, exactement de 1794 à 1814 ? »
    Sans pour autant mettre la France en avant précédemment ces terres étaient dans le sein d’autres envahisseurs. Pauvres futurs Belges que nous allions devenir.
    Quant au Général de Gaulle, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis lors. Ici en France, dès l’instant où cela rapporte de l’argent comme pour la Flandre en Belgique, ils seront preneurs. Et ce n’est pas l’actuel Président qui bougera un pouce pour cette parcelle de terre. Ces ambitions se trouvent bien ailleurs.
    Je reste Bruxelloise avant tout.

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  3. « Se rattacher à l’Allemagne »!!! Il devait avoir bu un peu trop de péquet pour sortir une ânerie pareille!!!!!!!!!! Qu’est-ce qu’on irait foutre en Allemagne??? A la limite, ok pour la Communauté germanophone (Eupen, Saint-Vith, etc…), ça resterait logique, mais sinon, c’est n’importe quoi! Notre meilleur avenir, à nous à Wallons, c’est avec la France qu’il devrait se faire…

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  4. Monsieur Magnette, comment dire? Je ne le sens pas. Il dansera toujours comme Elio sifflera. Dois-je vous rappeler que sa position contre les « accords » dits « Ceta » le surprenait presque lui-même, qu’il a très vite opéré une courbe rentrante, courbe atlantiste, cela va sans dire, et qu’enfin, une diplomate canadienne l’a couvert de ridicule en prétendant l’avoir roulé au prix d’une larmichette. Si vous voyez en lui un meneur naturel, c’est une erreur selon moi.

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  5. Il n’y a riem a espérer des nains politiques tant Francais que Wallons.
    Le Général les qualifiait de politichiens tout est dit.
    Hier 50eme annivrerssaire de l’explosion de la premiere bolme H
    francaise. La France devemait la cimquème puissance nucleaire
    Pas un mot dans la presse subventionnée et pas une céébratiom
    par le locataire de l’Elysée. voir Gaullisme.fr

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