Daniel Bacquelaine, régionaliste francophile

Daniel Bacquelaine, le médecin de province

François Brabant Publié le dimanche 05 juillet 2015 à 09h23 – Mis à jour le dimanche 05 juillet 2015 à 09h24

Voici douze mois encore, la rue de la Loi s’en moquait. « Bacquelaine ? Pas un foudre de guerre » , riait-on sous cape. En octobre 2014, quand il a été promu ministre des Pensions, à presque 62 ans, les ricanements ont fusé : « En voilà un qui a la tête de l’emploi. »

Depuis, chargé de défendre la retraite à 67 ans, l’une des réformes les plus contestées du gouvernement Michel, Daniel Bacquelaine mène sa barque tout en pondération. Son tempérament pépère, voire indolent, était jusqu’il y a peu son talon d’Achille ? C’est à présent son maître atout.

Là où d’autres ministres libéraux (Hervé Jamar, Marie-Christine Marghem, Jacqueline Galant) ont paru vulnérables, déstabilisés par les critiques, il fait front avec flegme. « Dans le dossier des pensions, la star, ce n’est pas le ministre, c’est le sujet « , note un élu libéral. Avec son style non agressif, Bacquelaine ne cristallise pas les haines. L’opposition cherche les incidents, il n’en donne pas. »

Dans l’entretien qu’il accorde à « La Libre », un paragraphe a particulièrement retenu notre attention, celui intitulé  » Régionaliste francophile ». Dans celui-ci, Daniel Bacquelaine rappelle que pas moins de trois Bacquelaine figurent dans l’encyclopédie du Mouvement wallon, Maurice, son père, Jean, son oncle et Marie-Louise, sa tante.

(Notes puisées dans l’encyclopédie du mouvement wallon) : proches du mouvement wallon, Jean, Maurice et Marie-Louise écrivirent dans « Le pays Libre », un hebdomadaire libéral fondé en 1936 ouvert à la problématique wallonne…

En 1940, Maurice se retrouve prisonnier en Allemagne tandis que Jean et Marie-Louise adhèrent à un groupe de résistance mis sur pied par Fernand Schreurs à Liège. Ce groupe fusionne avec le groupe W, constituant ainsi la section liégeoise de « Wallonie Libre clandestine »…

Jean, rédacteur de celle-ci,  écrivit notamment des articles consacrés aux relations économiques franco-belge.

Tous les trois étaient au Congrès national wallon de 1945.

Daniel Bacquelaine n’a pas rompu avec cet héritage. Ses sentiments pour la Belgique sont mitigés et ceux touchant le nationalisme flamand farouches. Aux questions que lui posent les médias sur une intégration de la Wallonie dans la République française, sa réponse reflète sa douce pondération : « ce problème n’est pas d’actualité ». Il tait ainsi sa conviction profonde : si l’évaporation de l’ Etat belge s’accélère, le scénario d’une Wallonie française emportera ses faveurs. Et il est loin d’être le seul partageant cet avis dans les quatre grands partis wallons.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s