En passant

Oui, je suis un pervers et un idolâtre

Ci-dessous une lettre qui a fait un tabac sur la toile. Elle est écrite par un jeune journaliste de Toulouse, Simon Castéran, dont la cousine a été assassinée au Bataclan.

Publié le 14 novembre 2015 par Simon Castéran

Mon cher Daech,

J’ai bien lu ton communiqué de presse victorieux. Comme on l’imagine, tu dois être heureux du succès de tes attaques menées vendredi soir à Paris. Massacrer des civils innocents qui ne demandaient qu’à jouir d’un bon match de foot, d’un concert de metal ou tout simplement d’un petit restau entre potes, ça défoule, pas vrai ? Alors certes, ça ne te change pas beaucoup des milliers d’exactions commises quotidiennement, depuis des années, en Irak et en Syrie. Mais en bonne multinationale des lâches et des peine-à-jouir que tu es, il te fallait t’imposer sur le marché occidental. Ce que tu as fait, dès janvier, avec l’attentat de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Toutes mes félicitations : grâce à tes happenings sordides et sanglants, la marque Daech est plus forte que jamais. Elle a même effacé jusqu’au souvenir d’Al-Qaeda qui, à côté de toi, semble désormais presque raisonnable.

Donc, tu as tué. Oh bien sûr, pas par goût du sang et de la violence, mais au nom « d’Allah le Très Miséricordieux ». Moi qui croyais que la « miséricorde » suppose la bonté et l’indulgence envers les autres, je ferais mieux de jeter mon dictionnaire. Et de m’acheter une kalachnikov et des grenades, pour m’en aller distribuer à mon tour amour et compassion partout où vous vous trouvez. Avant de laisser, sur vos corps enfin bénis, la photo de ma cousine Madeleine, que votre miséricorde a lâchement assassinée vendredi au Bataclan.

L’eussiez-vous connue, que vous l’auriez détestée immédiatement. C’était une femme libre et heureuse, pleine de cette lumière intérieure qui vous manque tant. Horreur suprême, c’était aussi une intellectuelle, qui aimait son métier de prof de lettres en collège. Car oui, chez nous, les femmes ont non seulement le droit d’être éduquées, mais aussi d’enseigner. Tout comme elles ont le droit d’aller où bon leur semble, d’écouter de la musique, de boire de l’alcool et d’aimer qui elles veulent. Sans burqa, ni violence. Bref, de jouir de cette liberté qui vous fait tant horreur. Et dont Paris, « la capitale des abominations et de la perversion », dis-tu, s’est fait depuis longtemps la représentante.

Oui, chers soeurs et frères, n’en doutons pas : l’abomination et la perversion n’est pas à chercher dans le massacre d’innocents par des fanatiques surarmés, qui travestissent le Coran en un manuel du parfait petit terroriste, mais dans cette vie païenne, faite de plaisirs et de joie. Cette « fête de la perversité » qui réunit, de semaine en semaine, des milliers « d’idolâtres » ; lesquels, au lieu d’adorer la Mort comme vous le faites en « [divorçant] de la vie d’ici-bas », préfèrent se rassembler pour communier ensemble, dans un instant de partage et d’adoration de l’existence.

À ce titre, mon petit, ridicule, mesquin Daech, je te dois un aveu : moi aussi, je suis un pervers et un idolâtre. J’aime la vie, le metal, les restaus et, parfois même, regarder un match de foot. Mea culpa, mea maxima culpa. Je suis un Croisé, comme tu dis. Un Croisé de la liberté, de l’amour et de la convivialité ; à la différence, cependant, que contrairement à toi, j’ai évolué depuis le Moyen-Âge. Ma religion n’est pas faite de fer et de sang, comme la tienne, mais de chair et d’espoir. Aussi, si tu veux un bon conseil, mon cher Daech, dépêche-toi : car l’Histoire est sur tes talons, et déjà les Lumières que tu veux éteindre menacent ton califat d’un autre âge.

« Allah est le plus grand », écris-tu. « Or c’est à Allah qu’est la puissance ainsi qu’à Son messager et aux croyants. Mais les hypocrites ne le savent pas » (sourate 63, verset 8). Sur ce point, je ne peux que te donner raison. Qu’on l’appelle Dieu, Yahvé ou Allah, le Tout-puissant n’a guère besoin que l’on tue en son nom, ni que l’on pervertisse Ses lois. Alors, pourquoi continuer à tuer ? Ton Seigneur est-il si faible, dans ton esprit, qu’il ne puisse agir de lui-même ? Je ne peux le croire. Ce que je crois, en revanche, c’est que tu t’arranges bien de Son silence. Qu’en tuant au nom de ce même Islam et des musulmans que tu prétends défendre, tout en les assassinant, c’est la Création divine que tu détruis. Ce qui fait de toi un impie, un pécheur, encore plus coupable que le croyant que tu exècres, ou les païens que nous sommes. Mais cela, les hypocrites ne le savent pas.

Cet article est dédié à la mémoire de ma cousine Madeleine, dont le seul crime fut d’aimer la vie. A la demande de ma famille, sa photo a été retirée, afin que de mauvais esprits n’en fassent pas un usage outrageant sur les réseaux sociaux.

© Jean Jullien

© Jean Jullien

Hommage au mode de vie des Français

Bien sûr, la violence extrême est loin de se concentrer sur Paris, mais ce défi lancé à nos sociétés démocratiques est de nature à faire réagir les démocrates. L’onde de choc est mondiale. Cela conduit à rendre hommage à la France, pour qu’elle reste la France. Voici un commentaire anonyme lu sur le site du New York Times. Nous n’en aurions pas pris connaissance (et n’aurions aucune raison d’en parler) s’il n’avait fait le tour de la toile et fait l’objet d’un article sur le site du journal Le Soir. 

La magnifique lettre d’un anonyme à la France dans le New York Times

« La France incarne tout ce que les fanatiques religieux ont toujours haï : la jouissance de la vie sur Terre d’une myriade de façons : une tasse de café parfumé et un croissant au beurre le matin, de belles femmes habillées en robes courtes qui sourient librement dans la rue, l’odeur du pain chaud, une bouteille de vin partagée entre amis, une touche de parfum, les enfants qui jouent au Jardin du Luxembourg, le droit de ne croire en aucun Dieu, de ne pas se soucier des calories, de flirter et fumer et de faire l’amour en dehors du mariage, de prendre des vacances, de lire ce qu’on veut, d’aller gratuitement à l’école, de jouer, rire, argumenter, de se moquer des prélats et des politiciens, de ne pas se soucier de la vie après la mort.

« Aucun pays ne profite autant de la vie que les Français. Paris, nous t’aimons. Nous pleurons pour toi. Tu es en deuil ce soir, et nous sommes à tes côtés. Nous savons que tu riras à nouveau un jour, tu chanteras, tu feras l’amour et tu guériras, parce que l’amour de la vie est ton essence. Les forces du mal vont reculer. Elles vont perdre. Elles perdent toujours. » (Trad.fr.)

Voir aussi : Le Metropolitan Opera de New York reprend la Marseillaise.

Et aussi, sur le site de La Libre : La Marseillaise chantée dans le monde entier.

Wallons, Bruxellois de langue française, Français, nous vivrons debout

Malgré toute cette monstruosité, une phrase frappe sans cesse dans ma tête …  » Tout ce qui est excessif est insignifiant. « 
Ces fanatiques anecdotiques et insignifiants, se veulent représentant d’un être suprême mais ne représentent en définitive que la folie humaine et les horreurs qui peuvent en découler.
Ils veulent nous faire taire… Nous Parlerons plus fort.
Ils veulent nous faire peur… Nous en Rigolerons.
Ils veulent nous mettre à genoux… Nous Relèverons la tête.
Ils veulent nous diviser… Nous nous rassemblerons.
Ils veulent nous apprendre l’intolérance… Nous enseignerons la tolérance.
Ils veulent nous imposer leur dictat … Nous soutiendrons nos démocraties.
Il veulent amener la guerre… Nous garderons la paix.
Nous sommes juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes, athées, agnostiques…
Nous sommes Paris, Bruxelles, Tunis, Bagdad…
Nous sommes égyptien, américain, israélien, palestinien…
Nous sommes UN, nous sommes TOUS…
Nous sommes debout.

Thibaud de Ridder

Le regard de Pierre Kroll sur les attentats de Paris

MÉDIAS – TÉLÉSAMEDI 14 NOVEMBRE 2015, 13H31

Vivre avec « ça »…

« Comment aurais-je pu mener comme je le fais depuis quelques semaines l’émission de radio « Un samedi en enfer » sur la Première avec les événements tragiques qui ont à nouveau marqué Paris », assène Pierre Kroll.

Le dessinateur est une nouvelle fois choqué. Triste. Profondément. « Mais entendons-nous bien, je ne renie absolument pas la nécessité de pratiquer l’humour, bien au contraire. C’est une force que nous devons persévérer à déployer face à ces fanatiques. Eux n’attendent que cela, d’ailleurs, que nous faisions courbe rentrante. Mais il n’en est pas question. Ils détestent l’humour. Ils ont prouvé hier qu’ils détestaient la vie. Ils se sont attaqués hier à des symboles très forts de notre vie quotidienne, du divertissement au sens le plus humain qui soit. Ils se sont attaqués à la vraie vie, ils ont pris l’assaut d’une salle de concert, d’un stade foot et de restaurants. C’est fort, très fort. Il est d’autant plus nécessaire de continuer à rire d’eux. Comme le font au quotidien des amis caricaturistes en Tunisie ou en Algérie, qui se moquent des « barbus ». Il faut surtout continuer à le faire et à ne pas plier face à ces terroristes qui cultivent à merveille la peur. Je l’ai d’ailleurs fait il y a quelques jours en illustrant un petit apprenti djihadiste qui tenait mal son couteau… »

« En fait, je me dis, de manière un peu cynique que c’est « bienvenue au club », pour nous tous. Ce que quantité de gens dans le monde, dont énormément de musulmans d’ailleurs, vivent au jour le jour, à Bagdad, à Beyrouth, nous allons aussi y être confrontés. C’est dans l’ordre des choses quelque part. Nous assistons à une mondialisation de l’horreur, et pour y faire face, l’humour est une arme que nous allons devoir brandir plus haut que jamais comme certains le font depuis des années dans des pays martyrisés par le fanatisme. Nous allons devoir vivre avec ça… », conclut l’humoriste, un brin fataliste.

Liège aux côtés de Paris

Attentats de Paris : réactions et mesures prises par le Collège communal de Liège

La Ville de Liège tient à manifester sa solidarité vis-à-vis de la France et de la population parisienne face aux attentats de ce vendredi 13 novembre 2015.

Les Liégeoises et les Liégeois sont d’autant plus interpellés par ces actes ignobles qu’ils entretiennent avec la France et Paris des relations privilégiées façonnées par l’histoire.

Afin de rendre hommage aux victimes et d’exprimer le soutien de la population liégeoise dans ces circonstances, le Collège communal a décidé de :

  • Mettre en berne les drapeaux, dont les couleurs françaises, en façade de l’Hôtel de Ville
  • Adresser un message de condoléances au Président de la République française, François HOLLANDE, ainsi qu’à la Maire de Paris, Anne HIDALGO.
  • Ouvrir un registre de condoléances à l’Hôtel de Ville selon les horaires suivants :
  • ces samedi 14/11 et dimanche 15/11 de 14h à 17h
  • du lundi 16/11 au vendredi 20/11 de 10h à 16h
  • Registre de condoléances en ligne ►

La Ville de Liège tient également à adresser un message particulier de réconfort et d’amitiés aux milliers de citoyens français vivant à Liège, parmi lesquels de nombreux étudiants. A cet égard, le Consul honoraire de la République française, Michel CLOES, a également pris la décision de mettre en berne le drapeau en façade du Consulat honoraire.

Solidarité de l’AWF avec le peuple de France

Veuillez lire ci-dessous le communiqué de presse envoyé ce matin à tous les médias de Wallonie et de Bruxelles

Solidarité de l’AWF avec le peuple de France

Le mouvement citoyen Alliance Wallonie France, profondément choqué par les assassinats de Paris, tient à marquer sa solidarité avec l’extrême tristesse de Mme Claude-France Arnould, Ambassadrice de la France en Belgique, ainsi qu’avec le peuple de France. Il présente aux familles touchées par le deuil ses condoléances les plus fraternelles.

Loin de laisser la peur nous envahir, l’AWF exprime davantage encore les Valeurs de Liberté, d’Egalité, de Fraternité et de Laïcité que nous partageons avec nos Sœurs  et Frères de France. L’Union entre la Wallonie et la France fera notre force. Dans la ligne des rassemblements citoyens qui ont suivi les attentats de janvier 2015 à Paris, l’AWF participera à tout rassemblement citoyen digne et rassembleur.

Ensemble, nous vaincrons la barbarie. 

Marianne pleure 3

Scandale : les manoeuvres des lobbies agrochimiques

Un de nos administrateurs, Louis Nisse, nous demande de publier l’appel suivant, ce que nous faisons avec le plus grand des plaisirs.

Des millions de citoyens ignorent encore la gigantesque entourloupe qui a eu lieu cet été à Bruxelles, et les arrangements en catimini des lobbies agrochimiques pour faire autoriser, au mépris des lois protégeant les pollinisateurs, un nouveau pesticide tueur d’abeilles dernière génération, le Sulfoxaflor (1).

Aidez-nous à faire que le scandale éclate !

Alors même que les règlements européens exigent que des tests abeilles soient menés avant la mise sur le marché de nouveaux pesticides(2), et que l’EFSA, l’Autorité sanitaire européenne, elle-même reconnaît que ces tests n’ont pas été menés – alors que d’après son rapport le produit présente un « risque élevé pour les abeilles »… (3)

… les lobbies agrochimiques ont réussi par un tour de force incroyable à faire autoriser ce pesticide en Europe. Et ce, alors qu’il vient même d’être interdit aux Etats-Unis à cause de sa toxicité sur les pollinisateurs ! (4)

Ces puissants groupes de pression disposent d’un arsenal incroyable pour influer sur les décisions européennes – je vais vous en dire plus dans quelques lignes.

Aujourd’hui Pollinis a besoin de votre soutien pour révéler ces abus le plus largement possible en Europe, et convaincre un maximum de citoyens qu’il devient urgent de s’opposer massivement, par notre nombre et notre poids, aux actions qui permettent à quelques grosses firmes agrochimiques de faire la loi en Europe.

Savez-vous comment les lobbies s’y prennent pour imposer leurs produits aux institutions européennes ?

 Infiltration des comités scientifiques : comme personne dans les institutions européennes n’est capable de mener les tests scientifiques nécessaires pour évaluer la dangerosité d’un pesticide sur les abeilles(5), les autorités sanitaires délèguent ce travail à un groupe « informel » d’experts, l’ICPBR (International Commission on Plant-Bee Relationships) qui, lui, est composé aux deux tiers par… des membres de l’industrie agrochimique !(6)

 Infiltration des comités consultatifs : parmi les 943 conseillers à l’agriculture auprès de la Commission européenne, 80% représentent des groupes d’intérêts qui défendent l’agriculture intensive, ou viennent directement de l’industrie agro-alimentaire. Ces conseillers sont là entre autres pour… aider la Commission dans l’autorisation de nouvelles substances en Europe ! (7)

 Armées de lobbyistes sur place à Bruxelles pour faire pression directement sur les décideurs politiques, tisser des réseaux jusque dans les bureaux les plus reclus de la Commission, organiser des RDV privés dont aucun compte-rendu n’est disponible… Au total, ce sont plus de 400 lobbyistes professionnels qui travaillent ainsi d’arrache-pied à Bruxelles pour défendre les intérêts de l’agrochimie et l’agriculture industrielle. Et en face, à peine une poignée de défenseurs des citoyens pour les contrer…

 Financements scientifiques et académiques de grande ampleur pour blanchir leurs produits. C’est par exemple la fameuse bataille des études scientifiques qui a eu lieu ces derniers mois à Bruxelles au sujet des pesticides néonicotinoïdes : alors qu’une bonne centaine d’études indépendantes montrent la nocivité extrême de ces pesticides pour les abeilles (8), l’agrochimie se paye de son côté un nombre encore plus grand d’études démontrant le contraire. Résultat : les autorités européennes chargées de trancher ont été inondées par les études de l’agrochimie, et il a fallu une mobilisation incroyable des scientifiques et des associations de citoyens qui les soutiennent pour continuer à peser dans la balance !

 Chantage à la délocalisation et pressions diverses sur les responsables politiques : Quand, malgré cette mainmise incroyable sur les décisions européennes, les citoyens arrivent à convaincre la Commission et le Parlement d’agir dans leur intérêt… les lobbies utilisent l’appareil juridique ! C’est ce qui s’est passé avec le moratoire sur les trois néonicotinoïdes : après une bataille de deux ans des associations de citoyens, d’apiculteurs et de défenseurs de l’environnement, la Commission a été contrainte d’interdire pendant deux ans trois de ces pesticides tueurs d’abeilles : Résultat : Bayer, BASF et Syngenta ont immédiatement démarré un procès. (9)

Alors oui, on peut le dire : les lobbies ont leurs pions partout. Et la bataille va être longue pour que les citoyens reprennent le pouvoir qui leur a été confisqué.

Mais quand je vois les avancées cruciales que nous avons obtenues, vous et moi, dans notre combat pour la protection des abeilles, de la nature et de notre alimentation, je me dis que nous avons les capacités d’organiser rapidement le contre-pouvoir citoyen qui manque terriblement aujourd’hui à Bruxelles. A condition de s’y prendre correctement, et que chacun mette un peu la main à la pâte.

Jamais la Commission européenne n’aurait promulgué d’interdiction partielle des pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles (et n’aurait été sur le point de les interdire définitivement !) si nous n’avions sonné le tocsin avec les apiculteurs, et n’avions mobilisé les citoyens à travers toute l’Europe – 1 million de personnes regroupées derrière le slogan #StopNeonics !

Petit à petit, et grâce au soutien des membres de Pollinis, notre association s’est équipée et renforcée, nous avons gagné en expérience et en connaissance du terrain.

Si bien que, quand l’industrie agrochimique est revenue à la charge avec son pesticide tueur d’abeilles dernière génération, le Sulfoxaflor, nous étions prêts pour la riposte :

– Nous avons immédiatement levé le lièvre : ce pesticide autorisé pendant l’été, malgré les mises en garde des autorités sanitaires, a fait l’objet d’une procédure exceptionnelle qui ne respecte pas les lois européennes protégeant les pollinisateurs !

– Nous avons mené l’enquête : à Bruxelles d’un côté, pour comprendre comment les lobbies avaient pu réussir un tel tour de force dans la plus grande discrétion ; et auprès de la communauté scientifique de l’autre côté, pour découvrir ce que nous craignions déjà : que ce pesticide a sur les abeilles le même effet que les néonicotinoïdes en passe d’être interdits !

– Nous avons dénoncé le scandale, auprès des médias, des institutions, et des politiques, et nous avons immédiatement lancé la contre-offensive en mobilisant plus d’une centaine de milliers de citoyens en quelques jours.

Une procédure d’objection a été déposée au Parlement européen pour annuler la décision de la Commission – elle a été, on pouvait s’y attendre, aussitôt déboutée – et un collectif d’apiculteurs va porter l’affaire auprès de la Cour de Justice de l’Union Européenne.

C’est une force de frappe que nous ne pouvions que rêver d’avoir il y a encore deux ans !

Mais c’est encore malheureusement bien insuffisant pour contrer l’influence des lobbies agrochimiques à Bruxelles, leur armée de lobbyistes et leurs connexions dans toutes les institutions et comités consultatifs qui existent !

Pour organiser efficacement et rapidement un contre-pouvoir citoyen qui puisse vraiment peser dans la balance face à l’agrochimie – notre lobby à nous, les défenseurs de l’abeille et de la nature – il n’y a pas 36 solutions : nous devons être nombreux, et nous devons trouver un financement.

Car vous le savez, ce qui fait la force des lobbies qui défendent les intérêts de l’agrochimie, ce sont les budgets exorbitants – des dizaines de millions d’euros – que les firmes industrielles leur déversent chaque année.

En face, nous ne pouvons pas espérer rivaliser sans un minimum de moyens.

Bien sûr je ne suis pas en train de dire que de simples citoyens doivent pouvoir sortir des millions. ici à Pollinis, nous n’avons pas besoin de ce genre de budget : tout le monde travaille pour le combat, pas pour l’argent !

Mais pour pouvoir installer un bureau permanent à Bruxelles, au plus près des institutions, pour surveiller les manœuvres des lobbies de l’agrochimie, déjouer leurs combines et les dénoncer publiquement pour les tuer dans l’œuf – avant qu’elles ne mettent en péril l’alimentation et la santé de toute la population ! – nous avons besoin de réunir rapidement un budget de 120.000 euros.

C’est une somme, j’en suis très conscient. Mais il suffit que 4000 personnes donnent 30 euros pour que ce budget soit bouclé et que nous puissions étendre immédiatement le réseau de surveillance des lobbies à Bruxelles, pour leur couper l’herbe sous le pied à la moindre nouvelle attaque sur les abeilles, l’environnement ou notre santé !

Aussi, je vous le demande : pouvez-vous SVP contribuer dès aujourd’hui, par votre don, à organiser cette contre-offensive aux lobbies à Bruxelles ?

Notre objectif dans les semaines à venir est clair :

 Faire éclater le scandale du Sulfoxaflor partout en Europe, et montrer à des millions de personnes à travers tout le continent les manœuvres des lobbies de l’agrochimie pour faire autoriser leurs produits nocifs pour les abeilles et l’environnement, au mépris des lois et de la volonté des citoyens.

– Organiser un contre-pouvoir sur place, au plus près des institutions, pour mener l’enquête, déjouer dans l’œuf les combines des agrochimistes, et les empêcher de sacrifier impunément notre alimentation et notre santé pour sécuriser leurs profits.

Aussi, si vous pouvez nous aider à mener ce plan de bataille à terme, rapidement, nous vous en serons tous très reconnaissants ici à Pollinis. Quelle que soit la somme que vous pourrez donner (15, 30, 50, 100 ou 200 euros, ou même plus si vous le pouvez !) ce sera une aide précieuse.

L’enjeu est gigantesque.

Si nous ne nous dressons pas d’urgence, tous ensemble, face à l’industrie agrochimique et son armée de lobbyistes, si nous les laissons faire la loi impunément à Bruxelles, non seulement il sera trop tard pour faire interdire le pesticide tueur d’abeilles dernière génération qu’ils viennent de faire autoriser de façon scandaleuse, mais la voie sera libre pour eux pour faire passer n’importe quelle nouvelle substance dévastatrice pour les pollinisateurs et la nature !

Les colonies d’abeilles qui résistent tant bien que mal aux cocktails d’intrants toxiques qui sont déversés dans les champs sont déjà trop fragilisées pour supporter de nouvelles attaques chimiques… Et qu’adviendra-t-il quand elles auront été décimées, elles qui sont responsables de la reproduction de 80 % des plantes que nous utilisons ou consommons ?

Arrêtons le massacre, dès maintenant. Je compte sur vous, et vous remercie par avance pour votre engagement et votre soutien dans ce combat crucial pour l’avenir des abeilles et de la nature.

Nicolas Laarman

Délégué général

Pour faire un don à Pollinis, cliquez ici

Références :

  1. RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2015/1295 DE LA COMMISSION du 27 juillet 2015 portant approbation de la substance active «sulfoxaflor». 
    Pour plus d’informations, voir Les lobbies agrochimiques font autoriser le Sulfoxaflor, un pesticide tueur d’abeilles dernière génération
  2. RÈGLEMENT (CE) no 1107/2009 du Parlement européen et du Conseil concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, et modifiant l’annexe du règlement d’exécution (UE) no 540/2011 de la Commission.
  3. EFSA (European Food Safety Authority), 2014.Conclusion on the peer review of the pesticide risk assessment of the active substance sulfoxaflor. EFSA Journal 2014;12(5):3692,170pp. doi:10.2903/j.efsa.2014.3692
  4. Le dossier de la bataille juridique sur le site américain Earthjustice
    La décision de la Cour d’Appel américaine (Case: 13-72346)
  5. Corporate Europe Observatory et European Beekeeping Coordination, novembre 2010, Le futur des abeilles est-il entre les mains du lobby des pesticides ?
  6. La faillite de l’évaluation des pesticides sur les abeilles (Le Monde du 09 juin 2012)
  7. Lire le rapport et les recommandations adressées à la Commission par le Médiateur européen (European Ombudsman) sur le sujet : Decision of the European Ombudsman closing her own-initiative inquiry OI/7/2014/NF concerning the composition of Civil Dialogue Groups brought together by the European Commission’s DG Agriculture 
    Ou les dossiers de Corporate Europe Observatory sur le sujet :
    European Ombudsman calls for ‘structural’ reform of DG AGRI Expert Groups
    Parliament freezes problematic expert groups budget for second time in four years
  8. Taskforce on systemic pesticides, Worldwide integrated assessment of the impacts of systemic pesticides on biodiversity and ecosystems
  9. Demande d’annulation du règlement d’exécution (UE) n° 485/2013 de la Commission, du 24 mai 2013, modifiant le règlement d’exécution (UE) n° 540/2011 en ce qui concerne les conditions d’approbation des substances actives clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride et interdisant l’utilisation et la vente de semences traitées avec des produits phytopharmaceutiques contenant ces substances actives (JO L 139, p. 12) :

Bayer : http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?docid=144414&mode=lst&pageIndex=1&dir=&occ=first&part=1&text=&doclang=EN&cid=143210

Syngenta : http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=144446&pageIndex=0&doclang=FR&mode=req&dir=&occ=first&part=1&cid=144112

BASF : http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=146343&pageIndex=0&doclang=FR&mode=req&dir=&occ=first&part=1&cid=144112

 
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