Vous avez dit Ostbelgien?

Lu sur le site de « La Libre.be »

CONTRIBUTION EXTERNE  à « La Libre »
Publié le jeudi 06 avril 2017 à 14h16  

OPINIONS Une opinion de Jules Gheude, essayiste politique (1).

La Constitution dit que la Belgique comprend trois communautés : française, flamande et la communauté germanophone qui vient d’être débaptisée au profit de « OstBelgien ». Une violation de l’Etat de droit.Souvent prompts à brandir la notion d’ »Etat de droit », les hommes politiques sont aussi les premiers à la violer.

Un « Etat de droit » implique prioritairement le strict respect de ce qu’il est convenu d’appeler sa Loi fondamentale, autrement dit sa Constitution.

La Constitution belge stipule, en son article 2, que « la Belgique comprend trois communautés : la communauté française, la communauté flamande et la communauté germanophone ».

Aussi longtemps que cet article n’a pas été modifié selon la procédure prévue à cet effet, aucune autre dénomination ne peut être officiellement utilisée.

Or, le 25 mai 2011, les responsables francophones ont pris la décision de se regrouper dorénavant sous le vocable « Fédération Wallonie-Bruxelles ». Et aujourd’hui, c’est au tour des responsables germanophones de débaptiser leur Communauté au profit de « OstBelgien ».

Chaque fois que je suis amené à prendre la parole en Flandre, une question m’est régulièrement posée : « Avec cette Fédération Wallonie-Bruxelles, n’avez-vous pas une arrière-pensée en tête ? Ne serait-ce pas une façon de préparer la mise sur pied d’une Belgique sans nous ? »

La fédération Wallobrux

Dans une récente interview accordée à « Doorbraak », Jan Verroken, qui amena en 1968 le gouvernement Vanden Boeynants à tomber sur l’affaire de Louvain (le fameux « Walen buiten ») déclare : « Si j’étais encore au CVP, je lutterais pour faire la même chose que les Wallons. Ils font la fédération Wallobrux. J’aurais fait depuis longtemps une Fédération Flandre-Bruxelles. Il faut toujours faire la même chose que son adversaire. Ils ne peuvent tout de même pas nous reprocher de vouloir faire la même chose qu’eux ? Et c’est ainsi que nous sommes encore loin de la confédération. Mais les Flamands ne s’y connaissent pas assez en tactique. »

Bien vu de la part du vieux renard. En créant à son tour une « Federatie Vlaanderen-Brussel », la Flandre aurait démontré que Bruxelles se trouvait en quelque sorte cogérée, ce que prévoit d’ailleurs le projet confédéraliste que son Parlement a adopté en 1999.

Le hic bruxellois

Mais il y a un hic. Bruxelles est aussi, depuis 1988, une Région à part entière, avec ses frontières propres. Et au fil des années, la spécificité bruxelloise n’a cessé de se consolider.

C’est ainsi que l’étude réalisée par Rudi Janssens de la VUB en 2013, révèle que 73,9 % des Bruxellois opteraient pour l’autonomie en cas de disparition de la Belgique. Seuls 4 % se tourneraient vers la Flandre, et 4,6 % vers la Wallonie.

On voit donc le côté chimérique de ce Wallobrux, qualifié par François Perin de « Belgique en réduction, aussi médiocre et superficielle que l’autre » !

Dans son livre « De Ordelijke Opdeling van België – Quid nunc ? » (La Division ordonnée de la Belgique – Quid nunc ?), Gerolf Annemans, député européen du Vlaams Belang, écrit : « Notre conclusion doit donc être la suivante : une Flandre souveraine et indépendante, en ce compris Bruxelles, est indispensable, souhaitable et réalisable, mais il faut que cela intervienne à relativement court terme. »

Soucieuse d’encadrer au mieux sa minorité bruxelloise, la Flandre a opté, dès le départ, pour la fusion des échelons communautaire et régional, en établissant son unique Parlement et son unique gouvernement à Bruxelles, dont elle a, en outre, fait sa capitale. On comprend la stratégie, d’autant que Bruxelles se trouve enclavée en territoire flamand.

Les règles de l’ex-Yougoslavie

Mais Bruxelles, nous l’avons dit, est aussi une région clairement délimitée sur le plan géographique. Lors du démantèlement de l’ex-Yougoslavie, on a vu que les frontières administratives internes, par définition non fixées par des traités internationaux, avaient été prises en considération. Ce fut consacré dans le rapport de la « Commission Badinter » en 1992.

Cette jurisprudence pourrait dès lors s’appliquer en cas de disparition de la Belgique. En d’autres termes, la division se ferait sur une base régionale, puisque les communautés ne peuvent être géographiquement délimitées (à l’exception toutefois de la germanophone).

Feu Xavier Mabille, le président du Crisp, a fort bien résumé les choses : « La Flandre – ou du moins une majorité parmi les personnes et les institutions qui en assurent l’expression politique – pourrait décider de son autodétermination. Elle ne déciderait pas pour autant du même coup du destin de la Wallonie ni de celui de Bruxelles. »

Via la légitimité démocratique de son Parlement, la Flandre pourrait donc s’ériger en Etat souverain. Mais en intégrant d’autorité Bruxelles, elle engendrerait un contentieux qui ne pourrait se régler qu’au niveau international, avec toutes les difficultés que cela comporte.

L’appellation « Ostbelgien »

Pour en revenir à la population germanophone, ce fut, nous pensons, une erreur de l’avoir intégrée dans la Région wallonne. En choisissant l’appellation « Ostbelgien », ses responsables politiques entendent sans doute affirmer clairement une identité propre, tant sur le plan communautaire que régional. Si la Flandre devait faire sécession, il reviendrait aux Wallons, aux Bruxellois et… aux germanophones de choisir, en toute liberté, la voie de leur avenir.

→ (1) Dernier livre paru : « Le Testament wallon – Les vérités dérangeantes » (Mon Petit Editeur, Paris, 2016). La version néerlandaise est sortie ce 28 mars chez « Doorbraak Boeken », avec une préface du politologue de la KU Leuven Bart Maddens : « Waals Testament – Ongemakkelijke wazarheden over de toekomst van België ».

Si les Belges pouvaient élire le futur président de la République française…

Voici ce qu’on peut lire aujourd’hui dans La Libre :

Si les Belges pouvaient élire le futur président de la République française, ils désigneraient Emmanuel Macron. C’est ce qui ressort du Baromètre La Libre / RTBF / Dedicated. Le président d’En marche! virerait de justesse en tête au premier tour avec 26%, juste devant la patronne de l’extrême droite (25%).

Le socialiste Benoît Hamon arriverait 3e (13%) devant François Fillon (12%) et Jean-Luc Mélenchon (8%).

Cela dit, les indécis représentent encore 35% des personnes interrogées.

En Flandre, Le Pen l’emporte

Par région, l’écart se creuse entre Macron et Le Pen à Bruxelles et en Wallonie. Le candidat d’En marche! monte à 23% à Bruxelles et même 27% en Wallonie contre respectivement 15% et 23 % pour Le Pen. En Flandre, par contre, Marine Le Pen décroche la première place devant Macron  (28% – 26%).

Au second tour, en cas de duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, le nouveau venu s’imposerait avec 62 % des suffrages. La présidente du Front national est systématiquement défaite au second tour quel que soit son adversaire. Le front républicain semblant, en tout cas lors des sondages, rester très solide. Fillon décrocherait ainsi 54% pour 46% à la présidente du FN. Benoît Hamon ferait encore mieux avec 59% pour 41% pour Marine Le Pen.

Des résultats finalement assez proches de ceux annoncés par les instituts de sondages français. Autre donnée similaire en Belgique et en France, Emmanuel Macron l’emporte contre tous ses adversaires au second tour. Il distancie Fillon de 36% (68% – 32%) et enregistre le même score face à Hamon que face à Marine Le Pen (62% – 38%).

Ce sondage a été réalisé auprès de 2.898 électeurs belges entre le 16 et le 20 mars 2017. La marge d’erreur maximale est de 3% sur l’échantillon en Flandre, de 3,2% en Wallonie et à Bruxelles et de 1,8% sur l’échantillon national.

Voir aussi, sur le site de la RTBF, la séquence du journal télévisé intitulée Présidentielle : les Belges se passionnent (30 mars 2017).

Tombeau pour les humanités

Ce texte de Natacha Polony a été publié sur son blog le 20 septembre 2011.

Les Japonais, qui savent plus que nous que les hommes et leur mémoire sont les garants de la civilisation, ont imaginé le statut de Trésor vivant, qu’ils décernent à ceux de leurs anciens dont le savoir et l’autorité morale incarnent leur Nation. Le 16 septembre, dans la discrétion de quelques entrefilets de presse, la France a perdu un de ses Trésors vivants.

Lucien Jerphagnon, jeune homme de 90 ans, a tiré sa révérence. Son sourire espiègle ne viendra plus éclairer le monde et nous mener à la rencontre de ces hommes qui, il y a vingt-cinq siècles, ont poussé la réflexion et le questionnement sur des chemins que nous ne faisons qu’emprunter à leur suite.

Lucien Jerphagnon était, après Jacqueline de Romilly et Jean-Pierre Vernant, un des derniers représentants de cette culture humaniste que la mise à mort du latin et du grec dans les écoles françaises condamne aux oubliettes de l’Histoire. Car l’encyclopédisme qu’ils avaient hérité d’une Renaissance où l’on pensait que l’Homme conquiert sa dignité par le savoir n’avait rien de cet élitisme que fustigent les égalitaristes complaisants. Avec le « vieux Jerph » – comme il se surnommait lui-même – la philosophie antique et l’histoire romaine parlaient à chacun de nous, comme à un ami. « On n’a pas le droit d’emmerder un lecteur – ou un étudiant – qui ne vous a rien demandé », disait-il en riant. Alors, il déroulait ses récits comme des romans, et les empereurs romains s’animaient sous sa plume en un tableau fascinant.

Avant tous les autres, il fit émerger, derrière la figure tutélaire de Platon, ces philosophes présocratiques qui prônaient le bonheur et le plaisir. Avant tous les autres, il sut, tant il avait intériorisé cette culture, tant il l’incarnait tout simplement, nous rendre proche une pensée antique dont on a voulu nous faire croire qu’elle ne servait plus à rien dans un monde voué à la technologie et à la performance. Et sa petite moustache frisait de joie, ses yeux s’illuminaient d’une jubilation communicative, quand il racontait Julien l’apostat ou Saint Augustin.

Lui qui se promenait si facilement dans les siècles, et qui rappelait que l’école devrait avant tout dépayser, c’est-à-dire nous conduire vers des lieux et des époques à nous inconnus, avait publié notamment un petit ouvrage merveilleux sur la sottise, rassemblant, de Simonide à Valéry Larbaud, d’Hésiode à Maurice Druon, autant de citations sur les différentes manières d’être sot. « J’ai dit la sottise, pour ne pas dire la connerie » plaisantait-il. Et de regretter qu’aucune thèse n’ait jamais été consacrée à déterminer la nature de cette étrange affection, et sa variation au cours des siècles.

Et d’observer, surtout, combien cette sagesse de l’école primaire de son enfance, qui incitait les jeunes gens à tourner sept fois leur langue dans leur bouche pour éviter la honte de proférer une énormité, s’était évanouie avec l’impératif d’épanouissement de tous et l’injonction à ne pas juger, même le pire con. « Gardons-nous en effet de jamais oublier que nul ne se défausse absolument de la sottise, toujours prête à envahir la façon dont on regardait pas plus tard qu’hier les choses et les gens. On n’est que trop tenté de reproduire à son profit la maxime selon laquelle « la sottise, c’est les autres ». Des textes que j’ai mis sous les yeux de mes lecteurs, il ressort que nul en ce monde ne s’en peut croire exempté du seul fait d’être lui et pas l’autre ni les autres. Qui se trouverait à le penser, ne fût-ce qu’un instant, démontrerait par là même, et de façon apodictique, que nul parmi les humains ne saurait échapper au péril de la sottise, certains y étant plus exposés que d’autres. On ne démontre jamais si bien le mouvement qu’en marchant. » (La… sottise? Vingt-huit siècles qu’on en parle, Albin Michel)

Ce qui préservait le vieux Jerph de toute pédanterie, qui est une des formes de la connerie, c’était autant cet humour de l’homme si baigné de culture qu’il sait la relativité des choses, que la profonde droiture que confère une vertu aujourd’hui disparue : les Grecs l’appelaient aïdôs, ce sens de l’honneur qui nous oblige à nous montrer dignes du regard des autres. On pourrait aussi l’appeler vergogne, et ce n’est pas un hasard si ce mot n’est plus employé que dans une forme négative, pour déplorer que nous soyons tous, désormais, « sans vergogne ».

Lucien Jerphagnon est mort, et j’ai pleuré en recevant la triste enveloppe cernée de noir. Car si je défends, à longueur d’articles et de livres, une école qui transmette les humanités, c’est pour que tout enfant puisse un jour vivre dans un monde où existeraient des Lucien Jerphagnon, et les entendre, et les comprendre. Cher Lucien, vous m’aviez un jour déclaré avec une solennité de potache brillant : « Nous vous faisons notre fille honoris causa » et c’est sans doute la seule chose dont je me sente fière. La seule chose dont je tenterai toute ma vie d’être au moins un tout petit peu digne.

PS: Que ceux qui n’ont jamais eu la curiosité de se promener sur le site de Lucien Jerphagnon aillent le visiter pour découvrir l’œuvre de ce merveilleux géant.

Une nouvelle webtv : Orwell TV

Le Comité Orwell de Natacha Polony devra peut-être changer de nom

Liberation.fr 20 mars 2017
Fondé en 2016 par plusieurs journalistes, le Comité Orwell, qui porte des idées souverainistes, lance une web TV. Une nouvelle exposition parvenue aux ayants droit de l’auteur de « 1984 », qui pourraient bien obtenir un changement de nom du comité.
C’est une récupération qui avait déjà été pointée du doigt sur le plan intellectuel, mais qui pourrait se voir mise en cause juridiquement dans les temps à venir. Créé en mai 2015 par plusieurs journalistes dont Natacha Polony (sa figure de proue), le Comité Orwell est passé à une nouvelle étape ce lundi en lançant sa web TV, Orwell TV, accessible sur abonnement. Il s’agit, ni plus ni moins, de mettre en images les idées que les membres de ce comité en guerre contre la « pensée unique » défendent déjà sur leur site, mais aussi dans les médias où ils travaillent, comme Europe 1 (où Natacha Polony est chargée de la revue de presse), Paris Première (où Natacha Polony dispose de sa propre émission, Polonium, produite par la même société qu’Orwell TV), ou encore le Figaro (où Natacha Polony a disposé d’une chronique et où un autre membre fondateur du Comité Orwell, Alexandre Devecchio, travaille).

Dans la vidéo de présentation mise en ligne sur le site, Natacha Polony rappelle la volonté du comité : défendre un « souverainisme populaire » contre « l’absence totale de pluralisme sur des sujets comme l’Europe, la globalisation, le libéralisme ». Et pour elle, la figure de l’écrivain George Orwell (1903-1950), célèbre pour son roman d’anticipation 1984, est la mieux à même de représenter ce projet : « le totalitarisme théorisé par Orwell dans 1984, ce n’est pas seulement celui qu’ont incarné le stalinisme et le nazisme. La manipulation du langage, sa réduction à des éléments de communication, la pression sur chacun pour qu’il se persuade qu’il ne voit pas ce qu’il voit, tout cela correspond parfaitement à une forme moderne de totalitarisme soft. Et qui est d’autant plus efficace qu’il n’a pas besoin de la coercition », dit-elle.

Sauf que (…)

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Le français pour richesse

Le 20 mars c’est la journée internationale de la francophonie :

220 millions de locuteurs sur les 5 continents fêtent le français dont nous Wallons et Bruxellois de langue française.

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Unesco en français

Le 20 mars c’est la journée internationale de la francophonie : 220 millions de locuteurs sur les 5 continents fêtent le français http://on.unesco.org/2nqT8j7
En mars,
c’est le “ Mois de la contribution Wikipedia ” francophone…« Il nous faut sensibiliser la communauté francophone
de la liberté de contribution à cet outil de diffusion de savoir.

Dont le nombre d’articles en anglais est d’environ 15 millions,
en français de 3 à 4 millions ! » En mars,
c’est le “ Mois de la contribution Wikipedia ” francophone…

 » Il nous faut sensibiliser la communauté francophone
de la liberté de contribution à cet outil de diffusion de savoir. « 

Valérie Faisien

La « clause Molière » : une discrimination ?

On sait combien la Flandre est sensible à la question linguistique, et cela ne date pas d’hier ou de la montée en puissance de la N-VA. Ce sont les sociaux-chrétiens flamands qui ont provoqué le « Walen buiten », à Louvain; et autour de Bruxelles, on aime rappeler qu’on est « waar vlamingen thuis zijn ». Il est donc piquant de voir la Louvaniste Marianne Thyssen qui, voici quelques années, dirigeait le CD&V (« Christen-Democratisch en Vlaams »), s’en prendre à la façon dont certaines municipalités françaises cherchent à imposer l’usage du français sur les chantiers publics au niveau local.

A l’origine de cette mesure controversée, appelée la « clause Molière », il y a un élu LR, adjoint au maire d’Angoulême et directeur d’hôpital. Il s’en explique ici dans le Figaro :

« J’ai dû faire construire un nouvel hôpital à Confolens, près d’Angoulême, et je me suis rendu compte sur le chantier que je n’avais aucun interlocuteur à qui m’adresser, car personne ne parlait français. J’ai donc eu l’idée de rajouter cette clause et ai pu constater son efficacité. Dès la première réunion de chantier, une PME locale qui employait des Polonais non francophones a décidé de favoriser l’emploi local plutôt que de recourir à un interprète. »

Voici ce qu’on peut lire aujourd’hui sur le site du Figaro :

Selon la Commission européenne, la Clause Molière est une « discrimination »

La Commissaire européenne à l’emploi Marianne Thyssen ne mâche pas ses mots dans un entretien au Parisien. Elle estime que la « Clause Molière » – appliquée dans plusieurs régions- n’est pas l’intérêt de la France.

La « Clause Molière » divise. (…) Certaines régions en ont fait une priorité: elle est désormais soutenue par cinq régions de droite (Pays de la Loire, Hauts-de-France, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes et Île-de-France), une région de gauche (Centre Val-de-Loire), cinq départements et de nombreuses villes. À la question « Faut-il imposer la maîtrise du français sur les marchés publics? », les internautes du Figaro.fr ont répondu « oui », à 86%.

Cependant, cette « Clause Molière » est vue d’un très mauvais œil par certains. Selon Marianne Thyssen, Commissaire européenne à l’emploi, c’est une « discrimination ». Dans un entretien au Parisien, elle s’offusque de cette mesure. « Sur le plan juridique, je pense que cette clause est une discrimination contraire à législation européenne. Ce n’est pas par un repli sur soi que l’on peut régler les problèmes de l’emploi. Ce type de protectionnisme n’est pas l’intérêt » de la France, ajoute-t-elle. (…)

IN MEMORIAM René Swennen

C’est avec une grande tristesse que notre ami Jean-René Dheur nous apprend le décès de René Swennen pour qui la France était la patrie des Wallons. Nous présentons à son épouse ainsi qu’à sa famille nos plus sincères condoléances.

Laissons la parole à Jean-René Dheur :

C’est lors d’une discussion, il y a quelques semaines, avec une de mes filles, avocat au barreau de Liège, que j’ai appris le décès de l’avocat-écrivain…

Je l’ai rencontré à quelques occasions – débats, conférences – mais n’étais pas un de ses intimes.

Je l’ai essentiellement connu en tant qu’auteur – c’est l’ancien prof qui parle – notamment lorsque, au début des années 80, j’ai lu un petit ouvrage écrit sur un mode léger mais qui allait faire un fameux bruit dans le landerneau politique : Belgique requiem. Ce fut pour moi une révélation ! Et le “rattachisme” longtemps mis sous le boisseau allait enfin pouvoir sortir de l’obscurité où l’avait cantonné le conformisme belge. Cet essai et son auteur ont été pour moi comme une sorte de déclic : moi qui jusqu’alors ne jurais que par l’indépendance de la Wallonie, j’ai découvert que d’autres solutions étaient possibles puisque plusieurs personnalités en discutaient depuis des décennies… mais jamais de cette manière, si proche du quotidien.

Comme Rennequin Sualem, autre personnage qui a fait connaître le Pays de Liège au Pouvoir français, René Swennen est né à Jemeppe-sur-Meuse mais 300 ans plus tard que l’illustre mécanicien, le 5 janvier 1942.

Après de brillantes études à la Faculté de droit de l’université de Liège où il obtient le titre de Docteur en droit, il s’inscrit au barreau de Liège, mais, peut-être à l’instar d’un de ses personnages Giovanni – (son double ?) immigré sicilien en Belgique qui se cherche entre Liège, Palerme et Paris –, comme lui, René Swennen s’installera un temps à Paris ; il s’inscrira au barreau de la capitale, y plaidera un certain temps mais surtout pourra nouer de nombreux contacts dans les milieux juridique, politique et plus particulièrement dans le monde littéraire… Car parallèlement à sa carrière d’avocat, René Swennen va, à partir de la fin des années 70, se mettre à l’écriture essentiellement de romans historiques et de pièces de théâtre qui se verront pour la plupart accueillies favorablement par la critique et récompensés de prix prestigieux pour certains, notamment :

  • le Prix Max Barthou de l’Académie française en 1979 pour Dom Sébastien, roi de Portugal
  • le Prix Paul Flat également attribué par l’Académie, en 1984 pour Palais-Royal
  • le Prix Victor-Rossel en 1987 pour les Trois Frères

Parmi tous ses ouvrages – il en a écrit une douzaine –, c’est d’abord son essai politique Belgique requiem que les gens retiendront. Celui-ci sera en effet les prémices d’un engagement politique qui se concrétisera par l’adhésion de René Swennen au Mouvement wallon pour le Retour à la France puis au R.W.F., parti politique.

Lors de la création du RWF en 1999, malgré une activité professionnelle intense,  nous le retrouvâmes ainsi que son épouse à chaque reprise sur les listes présentées par son parti. J’eus l’occasion en ces circonstances de le rencontrer et d’entretenir avec lui des échanges d’idées particulièrement féconds. Je me souviens également d’une de ses prestations dans une émission de Frédéric Taddeï « Ce soir (ou jamais) » où il brilla dans sa présentation de la problématique belge.

Saumane

Sur le français en Tunisie

La Tunisie réaffirme son choix du français

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde